Non à l’exploitation de l’ours Valentin à la Semaine Cévenole d’Alès les 2 et 3 octobre 2021

Du 27 septembre au 3 octobre 2021 se tiendra la Semaine Cévenole à Alès, dans le Gard, sur le thème du moyen-âge.

Au programme, des visites culturelles, des concerts, des expositions, des défilés costumés pour une semaine “conviviale, festive et culturelle”.

Malheureusement, le montreur d’ours Frédéric Chesneau sera également présent avec l’ours Valentin. 

Alors que les députés ont voté en janvier une proposition de projet de loi incluant l’interdiction des spectacles itinérants avec des ours ou des loups, et plus globalement la fin des spectacles avec des animaux sauvages captifs dans les cirques, projet qui sera débattu fin septembre au Sénat, la mairie d’Alès et Alès Agglo montrent qu’ils n’ont que faire du bien-être animal.

Pour se rendre à Alès, l’ours Valentin devra parcourir 1200 kilomètres (aller/retour), soit une quinzaine d’heures sur la route. 

Nous demandons au maire d’Alès, Max Roustan, et à Christophe Rivenq, Président d’Alès Agglo et 1er adjoint au maire d’Alès, d’annuler les représentations avec l’ours Valentin, afin que la programmation de la Semaine Cévenole soit réellement “conviviale, festive et culturelle”, comme l’annonce le programme.

AVES France vous invite à signer cette pétition :
https://www.mesopinions.com/petition/animaux/presence-montreur-semaine-cevenole-ales-2/157514

Vous pouvez aussi interpeler les élus de la ville d’Alès via Twitter (en restant corrects dans vos messages) ou en utilisant notre tweet ci-dessous.

Pour que la Semaine Cévenole d'@AlesAgglo et @VilledAles soit réellement conviviale, festive et culturelle, renoncez à la présence du montreur d'ours exploitant l'#ours Valentin. @CRivenq @aves_france Cliquez pour tweeter

Lettre ouverte : AVES France et la STIFTUNG für BÄREN demandent à Barbara Pompili et au Préfet du Loir-et-Cher de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019

Le 6 septembre 2021, l’association AVES France, la STIFTUNG für BÄREN / Fondation pour les Ours et le cabinet Géo Avocats ont adressé un courrier recommandé à Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique et à François Pesneau, Préfet du Loir-et-Cher, leur demandant de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019.

Voici les courriers qui leur ont été adressés et pour lesquels nous attendons une réponse dans les plus brefs délais, nos e-mails étant restés sans réponse.

Courrier de l’association AVES France : 

Madame la Ministre,
Monsieur le Préfet du Loir-et-Cher,

Vendredi 14 mai 2021, soit deux jours après le procès des Poliakov auquel j’ai pu assister en tant que représentant de partie civile pour AVES France, j’ai envoyé un message au ministère de la transition écologique, à la DDETSPP et à l’OFB pour vous interroger sur le devenir des animaux détenus à Chauvigny-du-Perche, le verdict ayant été mis en délibéré au 1er septembre 2021.

Nous avions appris lors du procès que Mme Bruneau était hospitalisée pour une maladie grave et que M. Poliakov était devenu chauffeur livreur. Je vous avais alors fait par de mon inquiétude pour les animaux encore sur place, ne sachant pas qui en prendrait soin. Seul le ministère m’a répondu, pour me dire que vous n’aviez pas d’information mais que vous alliez vous rapprocher de l’OFB.

Mercredi 1er septembre, après des mois d’attente, nous avons enfin reçu le verdict dans l’affaire qui nous opposait aux Poliakov.

Nos alertes n’ont jamais été prises au sérieux. Le procès a confirmé qu’en plus de la maltraitance sur leurs ours et le défaut de soins puisqu’aucun veterinaire spécialisé n’avait visité les animaux depuis une dizaine d’années, les perroquets étaient détenus dans une remorque sans accès à la lumière du jour et les chevaux vivaient dans des box non récurés. Le procès a prouvé que les témoignages que nous recevions et que nous partagions avec la DDCSPP du Loir-et-Cher étaient justifiés et que les Poliakov ne s’occupaient pas correctement de leurs animaux.

Aujourd’hui, malgré un dossier pénal très lourd, contenant de multiples éléments à charge, le tribunal n’a condamné monsieur Poliakov qu’à 4 mois de prison avec sursis et 150€ d’amende, et madame Bruneau à 150€ d’amende, certains faits étant prescrits. Nous les avions pourtant dénoncés en temps et en heure, mais l’administration les avait ignorés.

Je ne vous cache pas ma sidération à l’annonce du verdict, ainsi que celle de nos soutiens et de nos partenaires. Nous ne nous attendions pas à des peines d’amende élevées, le tribunal ayant suivi les réquisitions du procureur, mais nous espérions que ces peines dérisoires seraient compensées par des peines complémentaires.

Nous comptions évidemment sur ces peines complémentaires pour régler définitivement le sort des animaux encore présents chez les dresseurs, mais également la situation administrative précaire des ours qui ont été placés au refuge de l’Arche et au Bärenpark Schwarzwald de la Fondation pour les Ours, en Allemagne.

En refusant de se prononcer sur le sort des animaux, le tribunal renvoie cette responsabilité à la préfecture, qui n’a rien fait pour les protéger pendant de trop longues années. Notre crainte est évidemment que les dresseurs puissent conserver leurs animaux malgré leur condamnation. Nos partenaires en Allemagne sont extrêmement inquiets du devenir de Franca (ex Glasha), qui retrouve peu à peu une vie normale depuis son placement en novembre 2019. Vous trouverez, jointe à notre courrier, la lettre de la Fondation pour les Ours demandant que soit prononcé le placement définitif de Franca dans leur sanctuaire.

En quelques jours, plus de 36.500 personnes ont également signé notre pétition, appuyant le courrier qui vous a été envoyé par le cabinet Géo Avocats, qui nous représente dans cette affaire.

Nous vous demandons :

  • de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019 ;
  • de procéder au retrait des certificats de capacité de Monsieur Poliakov et Madame Bruneau ;
  • d’ordonner la fermeture  de l’établissement mobile de présentation au public d’animaux vivants d’espèces non domestiques et de  l’établissement d’élevage d’ours non ouvert au public exploité par Madame Bruneau et Monsieur Poliakov.

Madame la Ministre, nous vous demandons de bien vouloir vous rapprocher de la préfecture du Loir-et-Cher, de la DDETSPP et de l’OFB afin que la situation administrative des animaux soit réglée au plus vite.

Merci par avance de me tenir informé des actions qui seront entreprises par vos services.

Je vous prie d’agréer, madame la Ministre, Monsieur le Préfet, l’expression de ma très haute considération.

Christophe CORET
Président d’AVES France

Pour rappel :

Résumé du verdict du 1er septembre 2021 :

SUR L’ACTION PUBLIQUE

Alexandre POLIAKOV :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Relaxe du chef d’utilisation non autorisé d’animal d’espèce non domestique, les seuls faits matériellement constatés n’ayant pas eu lieu le 5 février 2019 à CHAUVIGNY DU PERCHE (natinf 10442),
• constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; coupable de cette infraction pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha, le prévenu ayant accepté à l’audience en présence de son avocat de comparaître volontairement sur ces faits (natinf 22458),
• Coupable du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 25588),
• Coupable du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 10450),
• Coupable du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité (natinf 10452)
• Coupable du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification (natinf 32752).

condamne Alexandre POLIAKOV à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple , le condamne à 150 € d’amende pour la C4

Dany BRUNEAU :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; (natinf 22458)

Condamne Dany BRUNEAU à la peine de 150 € d’amende pour la C4

SUR L’ACTION CIVILE

Constate que l’association ACTION PROTECTION ANIMALE a été fondée le premier mai 2020 et a été déclarée le 16 juillet 2020 au registre des associations du TJ de Metz soit postérieurement aux faits pour lesquels les prévenus sont poursuivis ; déclare en conséquence irrecevable sa constitution de partie civile en application des dispositions de l’article 2-13 du code de procédure pénale ;

Déclare irrecevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis s’agissant de leurs demandes dirigées à l’encontre de Madame BRUNEAU l’infraction pénale dont le tribunal la déclare coupable n’étant pas visées à l’article 2-13 du code de procédure pénale qui est d’interprétation stricte.

Déclare recevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis concernant leurs demandes dirigées à l’encontre de Monsieur POLIAKOV et uniquement s’agissant de l’infraction de mauvais traitement commis courant septembre 2019 à Raquinghem au préjudice de l’ours Micha.

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association ONE VOICE la somme de 500 € de DI + 200 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association AVES France la somme de 250 € de DI + 150 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation BB la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation 30 millions d’amis la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association Stéphane LAMART la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association du club d’étude et de protection des animaux et de la nature la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la SPA la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

 

Courrier de la Fondation pour les Ours : 

Courrier du cabinet Géo Avocats : 

 

Affaire Poliakov : mobilisation suite au verdict scandaleux qui condamne les dresseurs sans leur retirer leurs animaux !

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Mercredi 12 mai 2021 s’était tenu le procès pénal d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs était jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances. L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, avait déposé une plainte en décembre 2019 et s’était constituée partie civile lors de ce procès.

Le verdict a été rendu le 1er septembre 2021. Depuis son annonce, nous sommes sidérés ! Quand la France prendra-t-elle au sérieux les affaires de maltraitance sur des animaux ?

Par une décision en date du 1er septembre 2021, le Tribunal correctionnel de Blois a reconnu Monsieur Poliakov coupable :

  • de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés ;
  • du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha ;
  • du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques,
  • du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques ;
  • du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité ;
  • du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.

Le Tribunal l’a ainsi condamné à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple et à 150 € d’amende.

Le Tribunal a également reconnu Madame Bruneau coupable de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés, et l’a condamnée à 150€ d’amende.

Des amendes dérisoires, mais nous espérions des peines complémentaires…

Le montant dérisoire des amendes prononcées résulte de la situation financière des prévenus, le Procureur ayant requis des peines qui ne « rajoutent pas de la misère à la misère », d’après ses propres termes lors de l’audience.

En conséquence, par cette décision, le Tribunal reconnaît les nombreuses carences des prévenus dans le soin des animaux et l’exploitation de leur établissement. Plus encore, le Tribunal a jugé l’infraction de mauvais traitements caractérisée sur l’ours Micha, aujourd’hui décédé.

Pourtant, les peines complémentaires demandées par nos associations (interdiction de détenir des animaux à vie, confiscation des animaux encore présents, placement de l’ensemble des animaux dans des établissements spécialisés…) n’ont pas été prononcées.

Dès lors, il appartient à la Préfecture de placer définitivement les animaux, et notamment les ours Glasha (désormais Franca) et Bony auprès des refuges qui les accueillent actuellement. Un retour de ces ours à Chauvigny-du-Perche est inconcevable compte tenu du dossier pénal existant à l’encontre de Madame Bruneau et Monsieur Poliakov et de leur condamnation pour des infractions graves.

AVES France ne baisse pas les bras et lance une nouvelle mobilisation pour obtenir le retrait définitif de l’ensemble des animaux ! 

Monsieur le Préfet, Madame la Ministre, il vous est donc demandé :

  • de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019 ;
  • de procéder au retrait des certificats de capacité de Monsieur Poliakov et Madame Bruneau ;
  • d’ordonner la fermeture  de l’établissement mobile de présentation au public d’animaux vivants d’espèces non domestiques et de  l’établissement d’élevage d’ours non ouvert au public exploité par Madame Bruneau et Monsieur Poliakov.

Il vous appartient dorénavant de protéger définitivement ces animaux des mauvais traitements, conditions de détention inadaptées et défaut de soins dont ils ont été victimes en raison de l’incapacité financière et morale de Monsieur Poliakov et Madame Bruneau.

SIGNEZ NOTRE PETITION SUR MESOPINIONS.COM

#PPLAnimaux : une pétition pour demander une présentation du texte dans les plus bref délais au Sénat

Le 29 janvier 2021, près de deux ans après le lancement de la mission ministérielle sur le bien-être animal par François de Rugy et quatre mois après l’annonce faite par Barbara Pompili le 29 septembre 2020 de mettre progressivement un terme à l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, l’assemblée nationale a adopté la Proposition de loi “visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale” (texte adopté n°558).

Depuis, nos organisations attendent que le Sénat se saisisse du texte, qui ne pourra entrer en vigueur que si ses propositions sont votées par les sénateurs.

Entre le gouvernement et le Sénat, on se renvoie la balle, chacun estimant que c’est à l’autre de mettre ce texte en débat. Sauf que le temps passe, et fait augmenter nos craintes que cette proposition de loi ne soit jamais débattue et que les avancées tant attendues pour les animaux sauvages captifs par une majorité des français ne voient jamais le jour.

Du côté du ministère, on se veut rassurant, affirmant que si le débat ne peut avoir lieu au Sénat, la ministre pourra prendre un décret… mais nous sommes déjà le 29 mai 2021 et il ne reste qu’un an avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron.

Nous estimons donc que cette Proposition de loi, enregistrée au Sénat sous le n°326, doit faire l’objet d’une étude rapide dans le cadre de la procédure accélérée engagée. A ce jour, aucune inscription n’a été faite à l’agenda pour débattre de ce texte d’une grande importance, attendu par une majorité de Français comme en attestent plusieurs enquêtes d’instituts de sondages.

Parmi les objectifs de cette PPL figurent : la lutte contre les abandons via un encadrement plus strict de la vente des animaux de compagnie (interdiction de la vente des chiens et chats en animaleries dès 2024) et un renforcement des peines en cas d’abandons, l’interdiction des manèges/carrousels à poneys dans les foires, la fin des animaux sauvages dans les cirques cinq ans après la promulgation de la loi, l’interdiction des spectacles de cétacés en delphinarium (dans un délai de 7 ans pour les dauphins, 2 ans pour les orques), la fin des spectacles itinérants d’ours et de loups, l’interdiction des élevages de visons pour la fourrure dans un délai de deux ans…

Nous vous invitons donc à signer cette pétition appelant les sénateurs (conférence des présidents) à inscrire, dans les plus brefs délais, la Proposition de loi n°326 “visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale”. 

Cette pétition officielle, déposée sur le site du Sénat par Christophe Marie, de la Fondation Brigitte Bardot, nécessite une authentification sécurisée : https://petitions.senat.fr/initiatives/i-638


Compte-rendu du procès de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov

Mercredi 12 mai 2021 s’est tenu le procès de Dany Bruneau et de Alexandre (Sacha) Poliakov, dresseurs établis à Chauvigny-du-Perche et bien connus dans le Loir-et-Cher.

Devant le Tribunal correctionnel de Blois, une trentaine de militants associatifs se sont réunis pour demander justice pour les animaux détenus par le couple. En ligne, la e-manifestation organisée par AVES France et MesOpinions.com a attiré plus de 14.000 manifestants entre 8h et 18h ! Le mot d’ordre est simple : nous demandons le retrait des certificats de capacité et la confiscation de l’ensemble des animaux.

13h49 : ouverture de l’audience. 
Nous apprenons que Mme Bruneau ne sera pas présente, car elle serait hospitalisée pour une maladie grave. Monsieur Poliakov, lui, s’avance à la barre.
Le Président du Tribunal lui rappelle les nombreuses infractions pour lesquelles il est poursuivi, avant de revenir sur l’enquête de l’OFB qui a conduit à la rédaction d’un Rapport de Manquements Administratifs suite à un contrôle en février 2019, dont les prévenus ont pris possession mais qu’ils n’ont pas lu.

Le Président rappelle qu’en 2015, M. Poliakov a demandé une extension de son autorisation d’ouverture pour accueillir des perroquets, et que la DDCSPP lui a donné cette autorisation, mais qu’il s’était engagé à réaliser des travaux avant le 31 décembre 2015. Or, lors du contrôle de février 2019, les travaux n’étaient pas terminés et les oiseaux vivaient toujours dans une ancienne remorque de camion frigorifique sans lumière extérieure et sans accès à une volière. M. Poliakov évoque des problèmes de trésorerie et des travaux réalisés mais non terminés, affirmant qu’aujourd’hui, les travaux sont terminés. Pourtant en mars 2019, un rapport vétérinaire indiquait que les oiseaux restaient 365 jours par an dans leurs petites cages avec cette conclusion : “Il est contre les bonnes pratiques et le bien-être animal de maintenir des oiseaux dans un local fermé, non aéré et sans accès extérieur et à la lumière naturelle 365 jours par an.” C’est le même vétérinaire qui s’était alarmé de l’état de santé de Micha et avait recommandé un “suivi vétérinaire plus soutenu et ne plus faire de représentation dans sa condition médicale”. Il poursuivait en disant qu’“en l’état actuel des choses, il est pour moi médicalement contre-indiqué de déplacer cet animal de son environnement, tout mouvement forcé étant une source de douleur importante.”

Le Président attire ensuite l’attention du prévenu sur la détention illicite du singe magot. M. Poliakov affirme que la DDCSPP a perdu son dossier en 2015. Il a redéposé un dossier qui a été rejeté. M. Poliakov finit par avouer détenir illégalement le singe, que nous avions vu travailler lors d’une prestation en décembre 2018.

La détention illégale concerne aussi un ara militaire qui avait été utilisé à Villedieu-le-Château, ce qu’avait pu identifier Arnauld Lhomme en visionnant nos photos du spectacle, puisque nous étions présents à cette représentation. La provenance de plusieurs oiseaux reste douteuse.

Le rapport de l’OFB indique aussi qu’aucun animal n’était identifié sur le fichier i-Fap, ce qui a depuis été régularisé.

Le Président s’étonne qu’il faille toujours autant de temps à M. Poliakov pour tenir compte des remarques de l’administration et remet en cause son professionnalisme. “Vous étiez dans le collimateur d’associations de protection des animaux depuis 2014, suite à des spectacles ou des dénonciations d’anciens employés. C’est de cette manière que le focus a été mis sur votre exploitation” poursuit le Président, avant d’enchaîner sur la qualification de ces “employés”. Etait-ce du travail dissimulé ?

Alexandre Poliakov affirme que c’était des stagiaires, des cavalières qui venaient pour monter les chevaux.
– Contre quelle contrepartie ? l’interroge-t-on.
– Rien. Parfois elles voulaient aider, nettoyer, alors on nettoyait les box ensemble.

Le Président du Tribunal énumère les témoignages de ces jeunes femmes qui, après leurs absences, devaient récurer les box, parfois plein de crottin ; jusqu’à 40 cm !
Ils pataugeaient dans leurs déjections ! M. Poliakov dit : “patauger ça veut dire dans l’eau ?” Il lui est répondu que “patauger” signifie que les box étaient plein de crottin et d’urine et que le terme “patauger” est tout à fait approprié.

M. Poliakov affirme qu’au maximum les box n’étaient pas récurés pendant une semaine et que les chevaux étaient au pré. Mais alors comment autant de témoignages concordants peuvent affirmer le contraire et les conditions déplorables dans lesquelles vivaient les chevaux ? Même la DDCSPP, en 2017, met en demeure le couple et précise que les box non curés entraînent des infections au niveau des sabots des chevaux.

Après l’inspection du 8 juin 2017, laquelle conduit la DDCSPP à mettre en demeure le couple pour plusieurs manquements (travaux non terminés, identifications de nombreux animaux manquantes, soins aux animaux non réalisés…), M. Poliakov s’était engagé à terminer les travaux pour mars 2018, ce qui est resté une vaine promesse.

Le Président poursuit sur l’état des ours, qui n’étaient plus suivis par un vétérinaire depuis le dernière visite de Florence Ollivet-Courtois en 2011. Le Président rappelle que le rapport de février 2019 indiquait dans quel était dramatique était Micha : “Le vétérinaire dit que l’animal ne pouvait plus marcher, que c’était handicapant ; ça ne vous a pas alertés ?” M. Poliakov assure qu’il faisait des soins à son ours tous les jours, ce que réfutent les vidéos tournées par One Voice. Pour la représentation à Racquinghem, c’est leur vétérinaire pour animaux domestiques qui leur a fourni un certificat disant que l’état de santé de l’ours était satisfaisant. “Il n’y a que des vétérinaires chiens et chats chez nous, pas de vétérinaire pour les animaux sauvages” se défend Alexandre Poliakov, refusant de reconnaître que son ours n’était pas en état pour se produire à Racquinghem. Le Président déplore que le vétérinaire en question, qui a été entendu par la gendarmerie, n’a pas été interrogé sur ce certificat.

“L’ours a bien travaillé ? C’était une belle représentation ?” demande le Président, qui a vu les images que nous avons tournées lors de la dernière représentation de Micha.

“L’ours il faisait tout tou seul, répond M. Poliakov, il fallait à peine le guider”. Ce jour-là, Micha n’en pouvait plus, il renversait les obstacles, s’allongeait. Il était à bout de forces. Son niveau de douleur était estimé à 11. Le procureur rappelle le choc des images, de la souffrance des animaux à laquelle M. Poliakov semble hermétique. Il rappelle une condamnation à une amende avec sursis le 3 avril 2013 pour défaut de certificat de capacité. Il rappelle les nombreux contrôles depuis son installation dans le Loir-et-Cher, les nombreuses procédures, mises en demeure (2008, 2009, 2011, 2017, 2019…). Il aura fallu la mort de Micha, une pression médiatique et des poursuites judiciaires pour qu’enfin M. Poliakov prenne la mesure de ses actes et assume ses responsabilités.

Le procureur considère que la situation financière de M. Poliakov et Mme Bruneau ne permet pas de les condamner à des amendes, et propose donc 1 mois de prison avec sursis à l’encontre de Mme Bruneau et 4 mois avec sursis pour M. Poliakov. A la demande des associations parties civiles, il réclame des peines complémentaires, et notamment l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des animaux, de détenir des animaux et la confiscation de leurs animaux, ainsi que 400€ par contravention.

L’affaire est mise en délibéré au 1er septembre 2021. 

Les animaux, même ceux détenus illégalement, restent en attendant chez les Poliakov alors que Alexandre Poliakov est désormais chauffeur-livreur en intérim et que Mme Bruneau est hospitalisée pour une maladie grave. On peut se demander qui va prendre soin des animaux. Sans compter qu’en cherchant des informations sur les réseaux sociaux, on s’aperçoit qu’il y a quelques jours à peine, Mme Bruneau interrogeait ses connaissances sur les traitements par vermifuge pour ses perroquets… qui visiblement ne sont toujours pas suivis par un vétérinaire.

Procès Poliakov : un rassemblement et une e-manifestation !

E-manifestation mercredi 12 mai pour rendre justice à l’ours Micha et demander le retrait de l’ensemble des animaux des Poliakov

 

Mercredi 12 mai à Blois, aura lieu le procès tant attendu d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs sera jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances.

L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, a déposé une plainte en décembre 2019 suite au décès de l’ours Micha et s’est constituée partie civile lors de ce procès. AVES France co-organise un rassemblement devant le Tribunal correctionnel de Blois, à 12h45, aux côtés d’autres organisations de protection animale.

Elle a également lancé une E-manifestation (manifestation en ligne) sur la plateforme MesOpinions qui sera accessible de 8h à 18h le 12 mai. Cet évènement permettra à chacun de montrer son soutien à ce combat, de demander au Tribunal correctionnel de Blois une condamnation exemplaire des Poliakov et de prononcer à leur encontre une interdiction de détenir des animaux à l’avenir. 

Voici le lien de la E-manifestation qui s’ouvrira mercredi 12 mai à 8h : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/retrait-ensemble-animaux-poliakov/137965

Cet évènement exceptionnel sera accessible à tous. Pour que la mobilisation soit prise en compte, il suffira de cliquer sur “Je manifeste”.

Une vidéo retraçant la triste histoire de Micha et de ses congénères sera diffusée sur la page de la manifestation le Jour J.

Nous comptons sur votre mobilisation, physique ou virtuelle !

Procès Poliakov – 
Rassemblement unitaire devant le tribunal correctionnel de Blois mercredi 12 mai 2021 à 12h45 pour dénoncer l’exploitation des animaux et des actes de maltraitance.

Nous avons tous encore en mémoire les images sordides des ours Micha, Bony et Glasha, enfermés dans des geôles en béton chez leurs dresseurs, ou celles de l’ours Micha, à bout de forces, contraint d’exécuter son numéro devant le public de Racquinghem, quelques semaines avant de mourir. Mercredi 12 mai 2021, nos organisations appellent les militants de la cause animale à se rassembler à 12h45 devant le tribunal correctionnel de Blois, où se tiendra l’audience des parties civiles lors du procès des « Poliakov ». 

© L’ours Micha dans sa geôle - One Voice 2019

Retour sur les faits : 

Depuis de nombreuses années, plusieurs associations de protection animale s’inquiètent des conditions de détention et d’exploitation des animaux détenus par les Poliakov, et alertent régulièrement les autorités à leur sujet. 

En 2014, un soigneur animalier contacte l’association AVES France pour dénoncer les conditions de détention des animaux détenus par le couple : « il m'a fallu quelques jours à peine pour me rendre compte que les conditions de captivité des ours (et des autres animaux qu'ils possèdent) sont inacceptables », affirmait ce témoin resté cinq mois sur place, et révélant que Micha « a de nombreux problèmes de santé : il n'use pas ses griffes, du coup elles ont tendance à rentrer dans la plante du pied et à occasionner des blessures. Il a aussi des gros problèmes "d'allergies". C'est le seul qui sort un peu, pour aller travailler en spectacle. »

Son témoignage est accompagné de photos des ours dans leur prison de béton, que nous transmettons aux autorités… 

© Photos des installations des ours - mai 2014 confiées à AVES France par un lanceur d’alerte. 

« En mai, à cause d'une inspection de la DDPP, ils ont été transférés en urgence dans le bâtiment (deux heures avant l'arrivée des inspecteurs). Cela à ensuite posé de nombreux problèmes car les travaux n'étaient pas terminés. Du coup, même si leur espace de vie était plus grand, leurs conditions de vie étaient à mon sens moins bonnes (sol en béton brut, copeaux toujours humides, pas de lumière…). De plus, c'est devenu dangereux de les nourrir puisqu'ils pouvaient passer les pattes à travers les grilles. J’ai failli me faire accrocher plusieurs fois par Glasha et j'ai même perdu un arrosoir en l'abreuvant. Bony avait même développé un pathologie qui pour moi était une sorte de gale puisqu'il perdait ses poils et se grattait jusqu'au sang contre les murs. Quand je suis parti, le parc n'était toujours pas terminé (et loin de l'être) et de toute manière, Sacha m'avait confié que les ours ne seraient pas sortis dedans régulièrement. Parce que d'une part il voulait être présent en permanence pour les surveiller, et d'autre part il craignait que s’ils étaient laissés trop libres, ils ne veuillent plus "travailler". A noter aussi qu'en 5 mois de présence, je n'ai jamais vu les ours être sortis de leur logement (que ce soit pour travailler ou pour se promener), à part Micha quand il allait en spectacle (peut être 3-4 fois en 5 mois). » 

 En 2015, AVES France filme la prestation de l’ours Micha à la fête du cochon de Crépy-en-Valois. L’ours est enfermé dans une fourgonnette dont il ne sort que pour assurer ses représentations. Il traverse le public en boitant. La publication de la vidéo du spectacle crée l’émoi chez les protecteurs des animaux, mais la DDPP de l’Oise, invitée à venir contrôler l’état de santé de l’ours, nous répondra simplement qu’elle n’a pas pu accéder à l’animal.

En 2016, l’ours Micha participe à un spectacle à Arcis-sur-Aube. Une nouvelle fois, AVES France filme le spectacle. L’ours arrive sur scène en bavant, étant resté dans un van pour chevaux puis dans une cage en plein soleil, sans eau. Comme à Crépy-en-Valois en 2015, des spectateurs prennent à partie les dresseurs à la fin de la représentation et dénoncent l’état de l’ours, dont les griffes se recourbent dans ses soles plantaires. Pourtant, les autorités administratives ne prendront pas même la peine de se déplacer ce jour-là. 

A la suite de la publication de nos vidéos, d’autres lanceurs d’alerte contactent nos organisations pour nous fournir des témoignages concordants de ce qu’ils ont pu voir chez les Poliakov. Plusieurs associations de protection animale, dont AVES France, Code Animal, One Voice, la Fondation Brigitte Bardot ou 30 millions d’amis, contactent les autorités administratives et judiciaires… mais rien ne change pour les animaux détenus par le couple. 

Pour la Saint-Valentin 2018, le couple exhibe Micha dans un restaurant de Bagnolet. One Voice dépose plainte. Quelques mois après, celle-ci est classée sans suite, l'association dépose alors un nouveau recours.

Toujours en 2018, la société des Poliakov « SAS animal bien-être » dépose le bilan. Des solutions de prise en charge des animaux sont proposées, mais les agents de la préfecture du Loir-et-Cher ne saisissent pas l’opportunité d’offrir une vie décente aux animaux du couple. Pire, elles semblent minimiser leurs difficultés et leur incapacité à prendre en charge leurs animaux décemment. 

En 2019, le ministère de la transition écologique ordonne enfin une enquête. 

Il faudra attendre septembre 2019, alors que nos organisations participent depuis des mois à la mission ministérielle sur le bien-être animal, pour qu’enfin nos alertes soient prises au sérieux. 

L’association One Voice informe le cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire, qu’elle a en sa possession de nombreuses heures de vidéos tournées dans les « quartiers d’hiver » des Poliakov, à Chauvigny-du-Perche, montrant la détresse de leurs animaux et les conditions indignes de leur détention. 

Parallèlement, AVES France se rend à Racquinghem, le dimanche 8 septembre 2019, où les Poliakov ont été invités à se produire avec leurs perroquets et avec l’ours Micha. AVES France, avec l’aide de la fondation 30 millions d’amis, demande à l’Office Français de la Biodiversité de réaliser un contrôle, puisqu’une précédente inspection avait conduit les autorités à interdire la participation de l’ours à toute représentation en raison de son état de santé. L’ours apparaît amaigri et affaibli devant le public, les pattes infectées. Il refuse d’effectuer plusieurs parties du numéro, renverse les obstacles qu’il doit franchir, s’allonge au sol. A l’issue de cette pénible représentation, deux inspecteurs de l’OFB vont contrôler le couple, qui présente un certificat vétérinaire attestant que leur ours est en état de se produire devant un public. 

Les images de ce spectacle sont transmises au ministère et rendues publiques, alors même que One Voice publie celles des conditions de détentions des animaux des Poliakov. Le ministère lance une enquête et la presse relaye ce cas avéré de maltraitance animale. Enfin nos alertes sont prises au sérieux. 

Une vétérinaire dépêchée sur place confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapable de lui prodiguer, Sacha Poliakov choisit de confier son ours au zoo-refuge La Tanière, où il finira par mourir le 12 novembre 2019. 

Sous la pression de nombreuses organisations de protection animale, le préfet du Loir-et-Cher demande la saisie des deux autres ours détenus par le couple. L’ours Bony est envoyé au refuge de l’Arche, tandis que Glasha rejoint le Bärenpark Schwarzwald, en Allemagne, de la Fondation pour les ours. 

© AVES France : à gauche, arrivée de Bony au refuge de l’Arche - à droite, Glasha, renommée Franca, au Bärenpark Schwarzwald. 

 

Plusieurs plaintes déposées contre les Poliakov

 

Si la justice administrative a récemment décidé de ne pas accéder aux demandes de l’association One Voice, ce que nous dénonçons, elle renvoie à la justice pénale la responsabilité de se prononcer sur les demandes des associations, et notamment le retrait définitif des ours, mais aussi de l’ensemble des animaux encore détenus par le couple. Le couple de dresseurs sera en effet jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances.

La dernière visite d’un vétérinaire pour les ours datait de 2011. Ils vivaient dans des geôles bétonnées avec un accès à l’enclos extérieur très restreint. Les dresseurs ne possédaient pas de certificat de capacité pour le singe Mina, alors qu’ils l’exploitaient lors d’évènements lucratifs. Sa cage n’était pas nettoyée régulièrement. Les oiseaux (psittacidés et columbinae) étaient enfermés dans une remorque de camion frigorifique sans lumière du jour et sans accès à une volière pour les dix tourterelles. Les box des chevaux n’étaient pas nettoyés régulièrement et les conditions d’enfermement prolongées ont provoqué un surpoids et une grande souffrance. 

Pour toutes ces raisons, nous considérons que la justice ne doit plus permettre à ces individus la détention du moindre animal, qu’il s’agisse d’animaux sauvages ou domestiques. L’administration a également sa part de responsabilité dans cette affaire, n’ayant pas pris au sérieux les alertes de nos organisations. A ce jour, plus de deux ans après le lancement de la mission ministérielle sur le bien-être animal, nous déplorons toujours l’absence de mesures effectives, malgré les annonces de Barbara Pompili. Si une proposition de loi a bien été votée en première lecture par l’assemblée nationale en janvier 2021, le texte n’est toujours pas à l’ordre du jour en vue de son adoption par le Sénat. 

Les organisateurs du rassemblement : 

 

Communiqué de la Fondation pour les Ours, qui a pris en charge l’ourse Franca (ex Glasha), avant le procès des dresseurs Poliakov le 12 mai 2021 à Blois

Le 12 novembre 2019, j’ai pleuré la mort de l’ours Micha.
J’ai appris la nouvelle peu de temps après avoir quitté le bureau des députées Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias, accompagné par la fondation Brigitte Bardot et par FOUR PAWS, alors que nous militions pour l’interdiction des spectacles de montreurs d’ours et le placement des animaux dans des sanctuaires adaptés.
Tant de fois j’ai du me replonger dans le dossier Poliakov pour retracer l’historique de nos signalements.
Si souvent j’ai eu les tripes et le coeur qui se serraient en revoyant les photos ou les vidéos que j’avais tournées lors de leurs représentations.
Combien de cauchemars j’ai eu en imaginant les conditions de captivité de leurs animaux, dont la majorité vivait dans leurs excréments et certains dans le noir.
Il fallait, pour la rédaction de la plainte pénale que nous avons déposée en décembre 2019 avec le cabinet Geo Avocat, retrouver les mails des lanceurs d’alerte, les échanges avec les agents de la DDCSPP, les images que nous avions envoyées à ceux dont le rôle était de protéger ces animaux, mais qui les ont laissés se dégrader en parfaite connaissance de la situation catastrophique de leurs dresseurs.

Je ne pensais pas qu’il ressortirait quelque chose de positif de cette rage accumulée contre les services de l’Etat, qui ont fermé les yeux et nous ont demandé avec tant d’insistance de regarder ailleurs, et de cette douleur de n’avoir pas réussi à sauver Micha.

Il nous aura fallu batailler pour obtenir la saisie des ours Bony et Glasha, mais quelques semaines après la mort de Micha, l’ours Bony a été confié au refuge de l’Arche et Glasha a rejoint le Bärenpark Schwarzwald. De tout ce fiasco est née Franca. Changement de nom pour une nouvelle vie, et pour moi la satisfaction de voir l’ourse s’épanouir dans un endroit où les animaux sont certes captifs, mais où ils sont respectés et où tout est fait pour qu’ils retrouvent une vie la plus normale possible, discrètement entourés par une formidable équipe dévouée pour leur bien-être. Aujourd’hui en voyant Franca dans son enclos, je n’ai qu’un seul regret : celui de n’avoir pas réussi à libérer Micha assez tôt.

Christophe CORET
Président d’AVES France

 

 

Communiqué de presse de la STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours, avant le procès des dresseurs Poliakov le 12 mai 2021 à Blois

Arthrose, dentition très abîmée, fourrure présentant des zones dégarnies, problèmes au niveau des griffes et tumeur sous l’œil gauche – l’état physique dans lequel FRANCA est arrivée à l’ALTERNATIVER WOLF und BÄRENPARK SCHWARZWALD/Parc Alternatif des Loups et Ours de Forêt-Noire était épouvantable. Les nombreuses années d’enfermement dans une geôle de béton ont par ailleurs provoqué d’énormes dégâts psychologiques. FRANCA présente régulièrement de fortes stéréotypies, qui se manifestent chez elle par le fait de tourner en rond. Dans ces moments-là, elle semble ne plus tenir compte du monde extérieur et de l’espace qui l’entourent. 

Les interactions avec des congénères et d’autres animaux sauvages sont très bénéfiques pour agir contre ces troubles du comportement. La configuration des installations en plein air, les nombreuses odeurs, les cachettes, les buissons, le ruisseau, les troncs d’arbres, le terrain pentu par endroits, tout cela contribue également à stimuler ses capacités mentales et physiques. 

Les années passées chez les dresseurs ont hélas eu de si graves conséquences que des soins vétérinaires intensifs s’avèrent nécessaires. La tumeur sous l’œil a déjà pu être retirée, et d’importants soins de chirurgie dentaire devront à nouveau être réalisés prochainement, les mâchoires étant également endommagées. La gravité de l’état de santé de FRANCA est le signe manifeste de longues années d’absence ou d’insuffisance de soins, et témoigne de négligences.

Peu après son arrivée au BÄRENPARK SCHWARZWALD, elle a pu entrer en hivernation dans les boxes d’acclimatation, sans doute pour la première fois de son existence. Début 2020, au sortir de l’hiver, elle a fait ses premiers pas dans les grandes installations à ciel ouvert, en pleine nature. Son pelage s’est rapidement régénéré et elle est aussi devenue plus en forme de jour en jour, grâce aux déplacements sur le terrain escarpé. Elle a très vite rencontré des ours, puis un lynx. L’exercice et les distractions, suscités notamment par la cohabitation des animaux, sont utiles pour lutter contre l’arthrose et les troubles du comportement.

Une guérison complète n’est hélas plus possible après une telle détention abusive. Il y a eu trop de dommages causés dans ce cachot. Mais fort heureusement pour FRANCA, elle a pu être délivrée à temps de sa prison. Pour MICHA, l’aide est arrivée trop tard. La STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours s’était engagée dès 2015 à l’accueillir dans l’un de ses refuges pour ours. Il aurait pu tout comme FRANCA y couler une paisible retraite dans un environnement respectueux de ses comportements naturels, et évoluer à son rythme dans de vastes espaces boisés protégés, en compagnie de congénères et d’animaux d’autres espèces. MICHA aurait pu vivre le restant de ses jours dignement, en véritable ours.

Nous, STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours, espérons sincèrement que FRANCA et MICHA n’ont pas enduré toutes ces souffrances et ce calvaire en vain, mais que leur histoire pourra contribuer à épargner pareil destin à d’autres animaux sauvages.

Procès Poliakov : AVES France s’est constituée partie civile

Communiqué de presse - 3 mai 2021

La mort de l'ours Micha avait créé l'émoi en 2019 ; le procès de ses dresseurs se tiendra enfin le 12 mai prochain.

LES POLIAKOV DEVANT LA JUSTICE.
Pour AVES France, les Poliakov ne doivent plus pouvoir détenir le moindre animal. 

 

Mercredi 12 mai 2021 se tiendra le procès pénal d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs sera jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances. L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, a déposé une plainte en décembre 2019 et s’est constituée partie civile lors de ce procès. 

Avis d’audience à partie civile :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/6830c1ded2b0c44e1612515229d93950

AVES France est une association de protection de la nature et de la faune sauvage libre et captive, dont le siège social est situé à Rouen. C’est la seule association française à s’être spécialisée contre les spectacles d’ours et de loups. Elle dénonce ces spectacles depuis 2005 et se rend régulièrement sur les lieux de spectacles afin de filmer les représentations, pour sensibiliser le public et le législateur. AVES France a notamment participé en 2019 à la mission ministérielle sur le bien-être animal lancée par François de Rugy, alors ministre de la transition écologique et solidaire, et rencontré de nombreux députés pour les convaincre d’interdire ces spectacles moyenâgeux. 

Rencontre avec Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias à l'Assemblée nationale, le 12 novembre 2019, juste avant d'apprendre la mort de l'ours Micha. 

 

L’association connaissait bien les Poliakov, rencontrés à plusieurs reprises lors de leurs représentations. Au cours des dix dernières années, AVES France avait alerté les autorités administratives et judiciaires sur le cas préoccupant de l’ours Micha, et notamment sur ses problèmes de santé. 

En 2014, un soigneur animalier avait contacté l’association AVES France pour dénoncer les conditions de détention des animaux détenus par le couple : « il m'a fallu quelques jours à peine pour me rendre compte que les conditions de captivité des ours (et des autres animaux qu'ils possèdent) sont inacceptables », affirmait ce témoin resté cinq mois sur place, et révélant que Micha « a de nombreux problèmes de santé, il ne s'use pas les griffes du coup celles ci ont tendance à rentrer dans la plante du pied et a occasionner des blessures, il a aussi des gros problèmes "d'allergies". C'est le seul qui sort un peu, pour aller travailler en spectacle. »

Son témoignage était accompagné de photos des ours dans leur prison de béton, que nous avions transmises aux autorités… 

2 des 3 ours des Poliakov dans leurs cellules en 2014 - photos confiées à AVES France par un ancien employé des Poliakov. 

 

« En mai, à cause d'une inspection de la DDPP, ils ont été transférés en urgence dans le bâtiment (deux heures avant l'arrivée des inspecteurs). Cela a ensuite posé de nombreux problèmes car les travaux n'étaient pas terminés, du coup même si leur espace de vie était plus grand, leur conditions de vies étaient à mon sens moins bonnes (sol en béton brut, copeaux toujours humides, pas de lumière…). De plus, c'est devenu dangereux de les nourrir puisqu'ils pouvaient passer les pattes à travers les grilles, j'ai failli me faire accrocher plusieurs fois par Glasha et j'ai même perdu un arrosoir en l'abreuvant. Bony avait même développé un pathologie qui pour moi était une sorte de gale puisqu'il perdait ses poils et se grattait jusqu'au sang contre les murs Quand je suis parti le parc n'était toujours pas terminé (et loin de l'être) et de toute manière Sacha m'avait confié que les ours ne seraient pas sortis dedans régulièrement. Parce que d'une part il voulait être présent en permanence pour les surveiller, et d'autre part il craignait que si ils étaient laissés trop libres, il ne veuillent plus "travailler". Anoter aussi qu'en 5 mois de présence je n'ai jamais vu les ours être sortis de leur logements (que ce soit pour travailler ou pour se promener). A part micha quand il allait en spectacle (peut être 3-4 fois en 5 mois). » poursuivait le témoin.

En 2015, Christophe CORET, Président d’AVES France, avait filmé l’ours qui présentait un boitement à la patte arrière gauche et des griffes non usées, qui se recourbaient sous ses soles plantaires. « C’était un problème connu qui aurait du pousser les autorités à intervenir, mais les signalements et les plaintes de notre association ont été classées et la préfecture du Loir-et-Cher nous a adressé une fin de non recevoir. Pourtant, d’anciens employés nous ont fourni des attestations pour dénoncer la situation, déjà alarmante à l’époque, des trois ours détenus par le couple et de leurs autres animaux. Une personne s’est même rendue sur place pour leur acheter un âne et nous avait décrit l’état désastreux des enclos, nous affirmant que les box des chevaux n’étaient pas nettoyés et que les équidés avaient de la merde jusqu’aux genoux », affirme Christophe CORET. 

© AVES France - L'ours Micha à Crépy-en-Valois en 2015
La vidéo du spectacle : https://www.youtube.com/watch?v=uZvVzl0iqnE

« Circulez, il n’y a rien à voir ! » 

Les agents de la DDPP ont-ils seulement pris une seule fois nos alertes au sérieux ? La nouvelle propriétaire de l’âne nous a informé que c’est à elle qu’on cherchait des noises alors qu’elle avait acheté l’animal aux Poliakov pour le sortir de la misère. Les agents de la DDCSPP lui auraient reproché d’avoir acheté un animal non identifié. 

A chaque représentation des Poliakov avec l’ours Micha, AVES France contactait les DDPP des départements concernés. Pourtant, jamais aucun contrôle n’a permis de mettre un terme aux souffrances de Micha, les DDPP se conformant aux propos rassurants de leurs collègues du Loir-et-Cher, qui affirmaient que les problèmes de boitement de Micha étaient anciens et que rien ne l’empêchait de se produire normalement. Aujourd’hui encore, nous nous demandons pourquoi ils ont bénéficié toutes ces années d’une telle clémence de la part des agents de la DDCSPP du Loir-et-Cher. 

En 2018, le Président d’AVES France alerte à nouveau la DDCSPP du Loir-et-Cher et les informe de la liquidation judiciaire de l’entreprise des Poliakov, cyniquement nommée « SAS Bien-être animal ». « Nous nous sommes immédiatement inquiétés du sort de leurs animaux, et notamment de celui des trois ours, en proposant d’offrir une prise en charge. La DDCSPP n’était pas au courant de cette liquidation judiciaire et nous a dit prendre contact avec le couple, suite à quoi nous n’avons plus eu de nouvelles. » confie Christophe CORET. 

Echanges de mails avec la DDCSPP :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/c8c18a1cb7f4007bc5f312d6ce2d2449 

 

En 2019, tout s’accélère ! 

Ce n’est qu’en mai 2019 que le nom des dresseurs réapparaît sur le programme d’une fête médiévale, à Villedieu-le-Château. AVES France et FOUR PAWS décident de se rendre sur place afin de vérifier si Micha participe au spectacle, mais les Poliakov ont été mis en demeure de réaliser des soins sur l’animal et ne se déplacent finalement qu’avec leurs aras, expliquant au public que l’ours est malade. 

En septembre 2019, AVES France est alertée par un habitant des Hauts-de-France que les Poliakov vont se produire le dimanche 8 à Racquinghem. Dans le secret le plus total, nous décidons de nous rendre sur place. Nous ne prévenons qu’un enquêteur de la fondation 30 millions d’amis afin d’organiser un contrôle par des agents de l’OFB et veillons à ce que la DDCSPP du Loir-et-Cher ne soit pas tenue informée de ce contrôle et de notre présence sur place. 

 © Photo de Micha le 8 septembre 2019 à Racquinghem - Stéphanie Lefebvre pour AVES France

Lorsque l’ours entre en scène, nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Micha apparaît affaibli. Il refuse d’exécuter certaines parties du spectacle, alors qu’il reproduit ce numéro invariablement depuis des années. Il s’assoit, s’allonge, renverse les obstacles que ses dresseurs lui imposent de franchir. L’ours est mourant. Pourtant, les dresseurs ont obtenu quelques jours auparavant un certificat vétérinaire attestant que Micha est en capacité de réaliser son spectacle. Ce sera son dernier.

A la fin de la représentation, deux agents de  l’OFB réalisent un contrôle qui provoque l’ire d’Alexandre Poliakov, mais les dresseurs sont autorisés à repartir avec l’ours. 

Sur la route du retour, traumatisés par les images de cet ours en souffrance, nous publions l’intégralité de la vidéo sur nos réseaux sociaux et envoyons ces images au cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire.

https://www.facebook.com/watch/?v=927488810947095

Parallèlement, nous apprenons que l’association One Voice s’est procurée des vidéos des ours dans leurs geôles de béton, tournées chez les dresseurs et les a publiées. Nous alertions sur les conditions de détention des ours depuis longtemps, grâce aux photos transmises par d’anciens employés, mais enfin le ministère prend la mesure de ce dossier. Tous les médias se font l’écho du calvaire des ours des Poliakov et reprennent les dernières images de Micha, tournées par notre association à Racquinghem. La ministre ordonne une inspection, qui confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapables de les faire prodiguer, les Poliakov décident de confier l’ours au zoo-refuge La Tanière, où il recevra des traitements pendant plusieurs semaines. Il meurt pourtant le 12 novembre 2019, affaibli par des années de mauvais traitements. 

Sous la pression, nous parvenons à obtenir la saisie des deux autres ours détenus par le couple. Le mâle, Bony, est envoyé au refuge de l’Arche. La femelle, Glasha, est envoyée au Barenpark Schwarzwald, en Allemagne, où elle est renommée Franca.

© AVES France - arrivée de Bony au refuge de l'Arche.
La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=gPLjxQqBNrY

La mort de Micha, un drame qui aurait pu être évité. 

Les Poliakov sont incontestablement responsables de la mort de leur ours, et c’est ce que nous plaiderons lors du procès le 12 mai prochain. Alors que la DDCSPP nous demandait de regarder ailleurs et de « laisser les Poliakov tranquilles », nous savons maintenant que toutes nos craintes étaient parfaitement fondées et que l’administration qui avait en charge de protéger les animaux détenus par le couple a fermé les yeux sur leurs difficultés, leurs négligences et a laissé la situation se dégrader, alors que leur rôle aurait du être de les convaincre à confier leurs animaux à des structures compétentes, étant en incapacité de leur offrir des conditions de vie décentes. 

Leurs animaux n’avaient plus vu un vétérinaire depuis 2011, alors que le certificat de capacité qui leur a été accordé par la préfecture les obligeait à prendre soin de leurs animaux. L’autopsie de Micha a révélé (entre autres) qu’il était infesté de parasites, puisqu’il n’avait plus reçu de vermifuge depuis 2011. Sa patte arrière gauche était infectée et sanglante. L’ours présentait des masses infiltrantes et purulentes sur toute la surface de la peau, ce qui n’a pas empêché ses dresseurs de lui imposer des représentations. 

Pire, le battage médiatique autour de cette affaire, lors du dernier semestre 2019, conduit un particulier à nous contacter, pour nous raconter que l’ours Micha et le singe Mina ont participé à l’arbre de Noël d’une entreprise en décembre 2018. L’ours déambulait dans la maison en s’urinant dessus. Une vidéo montre un des organisateurs s’allonger sur l’ours devant ses dresseurs, alors que l’animal était déjà très probablement en souffrance. 

Les mises en demeure n’ont jamais été suivies de sanctions. L’enclos des ours n’a jamais été terminé. Les aras et les tourterelles vivaient dans la remorque d’un camion frigorifique sans accès extérieur, sans pouvoir jouir de la lumière du jour et sans volière. Les box des chevaux n’étaient pas nettoyés lorsque les stagiaires étaient absents ou en repos. Le singe Mina était détenu illégalement. Un des trois ours n’était pas correctement enregistré. Les ours vivaient dans ce que les Poliakov appelaient des tanières, mais qui étaient en réalité des box en béton qui n’ont jamais été terminés. Le témoignage de plusieurs employés ont confirmé que les ours n’avaient pas accès à l’extérieur tous les jours, parce qu’ils ne s’entendaient pas et que les Poliakov craignaient qu’ils ne veuillent plus travailler s’ils sortaient trop souvent. Pendant des années, seul Micha participait aux spectacles car c’était l’ours le plus docile. Les autres restaient enfermés, et Glasha ne sortait plus car ses dresseurs en avaient peur. 

On peut se demander pourquoi les Poliakov n’ont jamais accepté de remettre leurs animaux à des refuges adaptés. Pourquoi la DDCSPP n’a jamais cherché à les convaincre d’arrêter et pourquoi les associations qui lançaient l’alerte ont été considérées avec autant de mépris de la part des autorités administratives et judiciaires. 

Le 12 mai 2021, nous appelons les amis des animaux à se réunir pour rendre un dernier hommage à l’ours Micha, victime d’un système qui n’a pas su le protéger. 

Nous demanderons au tribunal de déclarer Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau coupables des infractions qui leur sont reprochées, d’ordonner la confiscation de l’ensemble des animaux détenus par Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement des articles 521-1 du Code pénal et L.215-11 du Code rural et de la pêche maritime, de prononcer l’interdiction définitive de détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal et de prononcer l’interdiction définitive d’exercice d’une activité professionnelle impliquant la représentation ou la détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal.

AVES France réclame 15.000 euros au titre de son préjudice moral, somme que l’association souhaite reverser en partie aux structures qui prennent en charge les ours exploités pour le divertissement. 

AVES France réaffirme sa volonté de faire interdire les spectacles des montreurs d’ours et de loups en France et continue à se mobiliser pour que le projet de loi voté en première lecture à l’assemblée nationale puisse être présenté prochainement au Sénat. Nous espérons qu’à l’issue de ce procès, Bony sera définitivement confié au refuge de l’Arche et Franca au Barenpark Schwarzwald de la Fondation pour les ours, en Allemagne. Mais nous pensons aussi à Valentin, à Lucien, à Lutchak, à Shadow et à Kilian, encore exploités en 2021 et qui ne peuvent toujours pas vivre leur vie d’ours. 

© Glasha a été renommée Franca à son arrivée au Bärenpark Schwarzwald. Crédit Stéphanie Lefebvre pour AVES France. 
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=LpW_bvJJPQ8


IMPORTANT : 
AVES France met gratuitement à la disposition des médias qui souhaitent aborder le procès Poliakov les photos et vidéos tournées lors des spectacles (lien du drive sur demande)

Christophe CORET, Président d'AVES France, représentera l'association le 12 mai prochain lors de l'audience des parties civiles. Il sera aux côtés de Maître Coline ROBERT, du cabinet GEO AVOCATS.

Christophe CORET est disponible pour les sollicitations média par téléphone, mail ou visioconférence.

Demandes de coordonnées :

 

L’assemblée nationale adopte en première lecture la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale.

Vendredi 29 janvier 2021, l’assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitrance animale. Cette proposition de loi fait suite aux nombreux échanges entre les associations de protection animale et les parlementaires, qui ont entendu et compris les attentes des Français sur ce sujet.

Si on peut regretter que cette proposition de loi n’aborde pas certains sujets, comme la corrida, la chasse à courre, la vénerie sous terre (…), il faut reconnaître que c’est la plus grande avancée obtenue pour les animaux depuis des dizaines d’années.

Le texte initial a été amendé grâce au travail de nos associations et à son partenaire CAP (Convergence Animaux Politique), qui fait le lien entre nos structures et les parlementaires. Ces amendements, adoptés en commission des affaires économiques, ont permis de renforcer le texte, en élargissant l’interdiction des spectacles à l’ensemble des animaux, mais également en raccourcissant les délais de mise en application.

Le texte qui a été présenté en séance publique à partir du mardi 26 janvier 2021 a également fait l’objet de nombreux amendements (509 amendements), certains visant à renforcer la proposition de loi, alors que d’autres avaient pour but de l’affaiblir.

Nous devons saluer le courage des rapporteurs, M. Loïc Dombreval , M. Dimitri Houbron et Mme Laëtitia Romeiro Dias , qui ont défendu leur proposition de loi et se sont opposés à certains amendements du gouvernement. Le ministère de la transition écologique souhaitait notamment garder la main sur la liste des animaux interdits de spectacles, mais aussi sur les délais d’application. Pour la fourrure, il souhaitait maintenir le délai de 5 ans qu’avait annoncé Barbara Pompili.

Après des débats, parfois d’une mauvaise foi impressionnante, notamment sur la question de la fermeture des delphinariums, l’assemblée nationale a adopté la proposition de loi par 47 voix contre 2.

Quelles avancées obtenues ?

La proposition de loi renforce les sanctions en cas de maltraitance animale et la répression de la zoopornographie. La vente de chiens et de chats en animalerie sera interdite. Les ventes de NAC seront encadrées par une liste positive. La cession d’animaux de compagnie sur internet ne sera plus autorisée pour les particuliers et les mineurs ne pourront plus acheter un animal sans autorisation parentale. Les chats errants devront être stérilisés.

Le texte prévoir l’interdiction de l’exploitation d’animaux non domestiques dans les cirques et les émissions de télévision, de la pratique des « montreurs » d’ours et de loups et de la détention des cétacés dans les delphinariums. Les manèges à poneys seront également interdits.

Grâce aux amendements qui ont été adoptés, la fin des spectacles avec des ours et des loups a été élargie aux loups hybrides, et est passé de 5 ans à 2 ans. L’acquisition et la reproduction d’ours et de loups en vue de les présenter au public dans le cadre de spectacles itinérants sera interdite dès promulgation de la loi. Pour les animaux de cirque, l’interdiction des spectacles est prévue dans 5 ans, car certains animaux sont très nombreux et les associations auront besoin de temps pour trouver des places dans les structures d’accueil adaptées. Il est évident que le but est d’éviter toute euthanasie d’animaux, ou tout placement dans des structures inadaptées. Cependant, il est probable que le ministère accélère l’interdiction de présentation en spectacles de certains animaux, comme les éléphants ou les hippopotames, par voie règlementaire.

Enfin, les élevages de visons seront interdits dans un délai de 2 ans et immédiatement pour les autres espèces non domestiques exclusivement élevées pour la fourrure.

Quels députés ont soutenu cette proposition de loi ?

La cause animale est trans-partisane. Même si cette proposition de loi est imparfaite, il représente une avancée que nous attendions depuis de nombreuses années. Nous déplorons que seulement 81 députés sur 577 se sont suffisamment sentis concernés pour participer à son vote.

Qui a donc voté pour ce texte ?

  • Groupe La République en Marche (269 membres) : 51 POUR – 1 non votant (Président de l’Assemblée nationale)
  • Groupe Les Républicains (105 membres) : 5 POUR – 1 non votant (Président de séance)
  • Groupe Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés (58 membres) : 4 POUR
  • Groupe Socialistes et apparentés (29 membres) : 2 POUR
  • Groupe Agir Ensemble (21 membres) : 4 POUR
  • Groupe UDI et Indépendants (19 membres) : 2 POUR – 2 CONTRE
  • Groupe La France insoumise (17 membres) : 5 POUR
  • Groupe Libertés et Territoires (17 membres) : 2 POUR
  • Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16 membres) : aucun membre présent
  • Non inscrits (24) : 4 POUR

Et après ?

L’adoption de ce texte par l’assemblée nationale, en première lecture, est un premier pas.

Dans quelques semaines, il sera présenté au Sénat. Nous restons donc vigilants et espérons que nos sénateurs n’affaibliront pas ce texte et seront au rendez-vous pour faire évoluer la façon dont la France traite ses animaux.

Si le Sénat modifie le texte, une commission paritaire mixte devra trouver un compromis.

© Photos : Michel Pourny – 2021
© Visuels : Aurélie Khelil