i-boycott : oui au cirque à Noël, mais sans animaux !

Suite à un post de l’humoriste Guillaume Meurice sur les réseaux sociaux, j’ai découvert l’association i-boycott.org. L’association I-Boycott est désireuse de voir notre économie évoluer dans un sens éthique et durable (où le consommateur possède un pouvoir décisionnel). Elle met à notre disposition un outil permettant au citoyen consommateur de devenir acteur décisionnaire au sein de l’économie.

Pétition vs Boycott

Depuis longtemps, les pétitions ont le vent en poupe. On trouve des pétitions sur tous les sujets sur Internet, mais elles sont trop rarement couronnées de succès. L’avantage du boycott, c’est que les citoyens s’engagent à ne pas acheter un service ou un produit et explique par la signature du boycott la raison pour laquelle il boude l’entreprise ciblée, et quelles actions elle pourrait mettre en place pour le séduire à nouveau.

Ayant reçu un mail publicitaire pour m’inviter à acheter des billets pour le spectacle de Noël du Cirque Médrano, mais dans lequel l’exploitation d’animaux sauvages semblait être un argument commercial, j’ai décide de lancer un appel au boycott.

CIRQUE MÉDRANO : POUR UN SPECTACLE DE NOËL SANS ANIMAUX !

Comme chaque année, de nombreuses villes vont proposer un spectacle de cirque à leurs administrés pour les fêtes de fin d’année. Ce sera le cas à Angoulème, Compiègne, Nantes, Bordeaux, Marseille – Vivaux, Nice, Nancy, Rouen, Saint Nazaire, Nimes, Metz, Troyes et Reims où le Grand Cirque de Noël Médrano se produira entre novembre 2017 et janvier 2018.

Ce rendez-vous annuel est souvent synonyme de fête dans l’esprit des spectateurs, car passées les portes du chapiteau, ils sont plongés dans un monde artificiel, où les tracas du quotidien n’existent plus. Ce divertissement enchante petits et grands par ses lumières, sa musique légère et ses numéros prestigieux. Pourtant, nous vous demandons de ne pas vous rendre cette année aux représentations du cirque Médrano.

Le Grand cirque de Noël Médrano, ce sont 40 animaux exploités sur la piste aux étoiles ! 

Parmi les animaux présentés lors du Grand cirque de Noël, la cavalerie, les animaux exotiques et des tigres. Le cirque Médrano n’est pas inconnu des associations de protection des animaux, qui dénoncent régulièrement les manquements du cirque. Aucun cirque ne peut prétendre offrir des conditions de vie décentes à leurs animaux : ils subissent un dressage dur pour offrir aux spectateurs l’illusion qu’ils prennent du plaisir à exercer des tours spectaculaires, ils vivent dans des cages à longueur de temps et ne sortent de leurs geôles que le temps d’effectuer leurs numéros. Constamment sur les routes, derrière des barreaux, les animaux de cirque sont exploités et font des spectateurs des complices de leur malheur.

Médrano a été épinglé à plusieurs reprises et c’est la raison pour laquelle associations (Code animal, AVES France…) et collectifs citoyens (Pisteurs de cirques, collectif PANTHER…) surveillent ce cirque et organisent des manifestations régulièrement.

  • Septembre 2016 : Un chameau et une dromadaire du cirque Médrano sont euthanasiés après la chute du camion du cirque. Très âgées, les éléphantes Lechmee, Mina et Kamala continuent d’être utilisées par le cirque Medrano, qui les fait se produire sur scène et parader au milieu des voitures.
  • Jusqu’à la fin 2011, le cirque Médrano proposait aux enfants de monter sur le dos d’éléphants. Cette pratique, dangereuse était contraire à la législation en vigueur et notamment à l’arrêté 18 mars 2011. Selon l’article 3 de l’arrêté du 21 novembre 1997, les éléphants sont considérés comme « espèce dangereuse » , aussi. Les enfants se mettaient en danger par risque de chute mais aussi parce que les éléphants sont imprévisibles et dangereux.
  • 2008, des ours exploités dans des conditions indignes : numéro scandaleux de la baronne Maxy Niedermeyer, présentant un ours polaire, un ours brun et un tigre écuyer.
  • Février 2002 : Alexander Lacey, dompteur de fauves anglais (3 lionnes et 4 tigres), n’est pas en possession d’une certificat de capacité valable pour se produire dans un cirque en France. Pour cette raison, le Préfet de la Nièvre a décidé d’interdire, pour des raisons de sécurité publique, la présence des animaux sauvages (tigres, lions, éléphants) tant lors du spectacle que dans la ménagerie. Le cirque se produit quand même : « Toutes les représentations du cirque présenteront des animaux sauvages, malgré l’interdiction décidée par le Préfet de la Nièvre. © http://www.cirques-de-france.fr/ou-sont-ils/médrano

Les animaux de cirques souffrent ! 

Les animaux de cirque, et particulièrement d’espèces non domestiques, se voient imposer des conditions de vie totalement modifiées par rapport à celles auxquelles leur espèce s’est adaptée. Le premier constat, immédiat, concerne les aspects sociaux. Les animaux sociaux, comme les éléphants et la plupart des herbivores, sont astreints à vivre en solitaire, tandis que les animaux solitaires comme les tigres doivent composer avec une vie de groupe. D’autre part, les cirques n’offrent pas aux animaux captifs d’enrichissement de leur milieu, qui leur permettrait d’exprimer leurs comportements naturels. Cette privation sensorielle se traduit par des troubles du comportement, dont les plus détectables sont les stéréotypies, définies comme des séquences comportementales incongrues, répétitives et sans signal d’arrêt. © http://www.cirques-de-france.fr/de-quoi-souffrent-ils

Le cirque peut-il survivre sans animaux ? 

En France, les responsables des cirques assurent que sans animaux, les cirques ne survivraient pas. Pourtant, plusieurs exemples nous prouvent que si la qualité des numéros est là, les gens se déplacent aussi nombreux pour voir un spectacle de cirque, même si aucun animal n’est exploité sous le chapiteau. Certains établissements en ont même fait leur marque de fabrique, comme le Cirque du Soleil ou, plus récemment, le cirque Joseph Bouglione qui a annoncé qu’il se passerait désormais de la présence d’animaux sauvages captifs dans ses spectacles.

« J’ai vu un sondage qui indiquait que 80 % des Français étaient sensibles à la cause animale. Notre métier, c’est de faire un spectacle pour la famille. Si une très large majorité des familles est sensible à la cause animale, on ne peut pas continuer à faire un spectacle qui les dérange. Je ne me voyais pas continuer à présenter des animaux à des gens qui ressentent une gêne morale en venant au cirque. » a expliqué André-Joseph Bouglione à l’association 30 Millions d’amis.

Si la France fait une fois de plus figure d’exception en faisant de la résistance et en refusant d’évoluer et de reconnaître que le dressage d’animaux sauvages n’est plus tolérable à notre époque, à l’étranger, de nombreux pays interdisent l’exploitation des animaux sauvages, comme le montre cette liste publiée par IFAW :

  • Interdiction nationale d’utiliser tout animal dans les cirques : Chypre, Grèce, Malte et Bolivie
  • Interdiction nationale d’utiliser les animaux sauvages dans les cirques : Autriche, Bosnie Herzégovine, Croatie, Slovénie, Colombie, Costa Rica, Salvador, Panama, Paraguay, Pérou, Singapour, Israël et Mexique
  • Interdiction nationale d’utiliser la plupart des animaux sauvages dans les cirques : Belgique, Bulgarie et Pays-Bas
  • Interdiction nationale d’utiliser certaines espèces dans les cirques : République tchèque, Danemark, Finlande, Portugal, Suède et Inde
  • Interdiction nationale d’utiliser les espèces d’animaux sauvages endémiques dans les cirques : Équateur
  • Interdiction nationale d’utiliser les animaux nés dans la nature dans les cirques : Estonie, Hongrie et Pologne
  • Interdictions locales d’utiliser les animaux dans les cirques : Irlande, Norvège, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Argentine, Brésil, Chili et Australie

Aussi, nous demandons au public de boycotter le spectacle de Noël du cirque Médrano dans toutes les villes dans lesquelles il se produira, pour montrer à la direction de cet établissement itinérant qu’ils sont attachés au bien-être animal et qu’ils ne souhaitent plus voir d’animaux sous les chapiteaux ou dans les fêtes de villages (montreurs d’ours, meneurs de loups, animaux dans les cirques…).

Nous demandons aux cirques d’inventer de nouveaux spectacles en se passant des animaux, persuadés que les artistes de cirques auront la créativité et le talent pour remplacer les numéros de dressage qui ont fait leur temps. L’exploitation des animaux n’est plus supportable à notre époque et nous invitons les cirques à en prendre conscience dès maintenant afin de vite modifier leurs habitudes, afin que le public puisse retrouver la joie d’assister à des spectacles sans devoir supporter l’idée qu’ils cautionnent l’exploitation ou la maltraitance d’animaux sauvages ou domestiques.

ENGAGEZ-VOUS : SIGNEZ LE BOYCOTT !

Un meneur de loups attaqué par son mâle alpha

ça s’est passé samedi lors des fêtes johanniques à Reims : un montreur de loup qui était entré dans l’enclos installé dans les jardins situés à l’arrière de la cathédrale pour présenter ses animaux et leur mode de vie a semble-t-il oublié quelques règles de sécurité élémentaires.

Alors qu’il venait pour partager sa connaissance de l’animal, il s’est interposé entre le mâle alpha et un autre loup de la meute, entre lesquels l’agressivité devaient probablement déranger le spectacle. Les spectateurs ont alors appris ce qu’est un mâle aplha : un chef de meute, le loup qui fait la loi. Celui-ci s’est jeté sur le montreur et l’a mordu à la cuisse et aux avant-bras, avant qu’il soit évacué et soigné.

Le responsable des animations interviewé par le journal l’Union affirme que « C’est pour éviter tout incident avec le public que nous exigeons des conditions draconiennes de sécurité avec les animaux. »

Nous imaginons évidemment le traumatisme des familles et la mauvaise image que ce meneur de loup a transmis au public qu’il était censé « sensibiliser ».

Nous dénonçons cette forme de spectacle mettant en scène des animaux sauvages depuis longtemps. Cet incident prouve une nouvelle fois que ces animaux ne sont pas à leur place dans ces exhibitions.

Nous espérons au moins que les organisateurs réfléchiront à deux fois avant d’inviter à nouveaux des montreurs d’animaux sauvages lors des futures éditions de leur fête, et que les parents n’emmèneront plus leurs enfants assister à ces spectacles.

Ecoutez cette news sur RPA : la radio de la protection animale.