Pétition : le ministère de l’écologie en état d’urgence pour la reprise de la chasse

Alors que tous les dossiers sur lesquels travaillent les associations de protection de la nature et des animaux sauvages sont bloqués depuis des mois, le Ministère de la transition écologique et solidaire est pleinement mobilisé depuis plusieurs semaines pour que la chasse puisse reprendre au plus vite.

Il est insupportable pour nos organisations de voir que le gouvernement et nos assemblées représentatives sont mobilisés pour permettre la reprise au plus tôt des activités de chasse, alors que les Français souffrent encore de la pandémie qui aurait provoqué à ce jour le décès de plus de 28.000 personnes dans l’hexagone et 318.500 dans le monde !

Le confinement a eu des effets bénéfiques sur les animaux sauvages. Le Président nous a vanté les mérites d’un monde nouveau. Tout porte à croire que les priorités du gouvernement sont pourtant toujours dictées par un vieux monde à la solde du lobby de la chasse.

SIGNER LA PÉTITION
https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/scandale-ministere-ecologie-etat-urgence-reprise/90469

 

RAPPEL DES RÈGLES GÉNÉRALES :

Les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse sont fixées tous les ans dans chaque département, par arrêté préfectoral. Pour être valide, les préfectures doivent respecter plusieurs règles :

  • le projet d’arrêté doit-être soumis à la CDCFS dont l’avis est requis pour la fixation de chaque période de chasse (article R.421-29 du code de l’environnement) ;
  • le projet d’arrêté doit-être accompagné d’une note de présentation mentionnant des données exhaustives permettant aux contributeurs de se positionner en fonction des documents présentés ;
  • le projet d’arrêté doit-être soumis à l’avis du public pour une durée de 21 jours (l’article 7 de la Charte de l’environnement prévoit que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ») ;
  • la préfecture doit ensuite rédiger une note de synthèse motivant son arrêté final et publier les avis reçus pour une durée de 3 mois.
  • l’arrêté est alors publié au Registre des Actes Administratifs (RAA) au moins 20 jours avant la date de sa prise d’effet (art. R.424-6).

 


CONTEXTE PARTICULIER LIÉ À LA CRISE SANITAIRE : 

L’État d’urgence sanitaire avait suspendu les procédures de consultation du public.

Encore en pleine gestion de la crise sanitaire, le gouvernement a adopté le Décret n° 2020-453 du 21 avril 2020 portant dérogation au principe de suspension des délais pendant la période d’urgence sanitaire liée à l’épidémie de covid-19 :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041812533

 

Article 2 :

«  En application du second alinéa de l’article 9 de l’ordonnance du 25 mars 2020 susvisée, compte tenu des enjeux de protection des intérêts fondamentaux de la Nation, de sécurité, de protection de la santé et de la salubrité publique, de sauvegarde de l’emploi et de l’activité et de préservation de l’environnement, reprennent leur cours, sept jours à compter de la publication du présent décret, les délais des procédures suivantes : (…) 

6° La procédure de consultation du public préalable à l’édiction, sur le fondement des articles L. 424-2 et R. 424-1 et suivants du code de l’environnement, des arrêtés préfectoraux fixant les dates d’ouverture et fermeture de la chasse ;

7° La procédure de consultation du public préalable à l’édiction, sur le fondement des articles L. 425-8, R. 425-1-1 et R. 425-2 du code de l’environnement, des arrêtés préfectoraux arrêtant le prélèvement minimum et maximum de grand gibier ; »

 

Dès la prise d’effet de ce décret, toutes les préfectures ont mis en ligne leurs projets d’arrêtés afin d’autoriser au plus vite l’ouverture de la chasse. Cependant, les délais légaux des différentes procédures à respecter devaient logiquement décaler de plusieurs semaines l’ouverture de la chasse d’été. 

Le 7 mai 2020, Edouard Philippe a présenté à l’assemblée nationale le projet de loi n°2907 portant diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de covid‑19, dans lequel il était clairement mentionné le souhait de faire reprendre les activités de chasse le 1er juin 2020, ce qui était impossible en respectant les procédures sus-mentionnées.

http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b2907_projet-loi

La publication de ce décret démontre la volonté du gouvernement à autoriser la reprise de la chasse le plus rapidement possible.

Dans le contexte de la crise sanitaire que nous subissons tous en ce moment, nous nous interrogeons sur les raisons de l’exécutif à donner la priorité aux intérêts personnels de quelques-uns plutôt qu’à l’intérêt général.

Le ministère de la transition écologique et solidaire vient pourtant d’adopter le Décret n° 2020-583 du 18 mai 2020 portant adaptation temporaire de dispositions réglementaires relatives à la chasse pendant la crise sanitaire liée au covid-19.

 

Art. 1er. – III. – Jusqu’au 10 juillet 2020 inclus, les délais prévus aux articles R. 424-6 et R. 425-2 du code de l’environnement sont réduits à sept jours.

 

Pour rappel :

Article R.424-6
La chasse à tir est ouverte pendant les périodes fixées chaque année par arrêté du préfet, pris sur proposition du directeur départemental de l’agriculture et de la forêt après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, et publié au moins vingt jours avant la date de sa prise d’effet.

Article R.425-2
L’arrêté préfectoral prévu au deuxième alinéa de l’article L. 425-8 doit intervenir au moins un mois avant le début de chaque campagne cynégétique. Ce délai est ramené à trois semaines pour le plan de chasse relatif au sanglier et dans les départements autres que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. 

Le nombre minimal et le nombre maximal d’animaux fixés par cet arrêté s’imposent aux plans de chasse individuels.

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=B8FFF899EE5FA24603FA571C14C0CE88.tplgfr38s_3?cidTexte=JORFTEXT000041889261&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000041889221

 

Il n’y a aucune nécessité à une reprise rapide de la chasse qui correspond à des intérêts particuliers. 

Pire encore, permettre l’ouverture de la chasse à l’issue d’un délai trop court après la publication de l’arrêté préfectoral qui l’autorise aurait pour conséquence de permettre la destruction d’animaux sans qu’un juge, même saisi en urgence, n’ait eu le temps de se prononcer sur la régularité de cet acte. Cette situation permettrait alors l’exercice d’activités de chasses illégales durant toute la période nécessaire à la justice pour se prononcer.

Permettre la chasse en période estivale fait également courir un risque non négligeable aux randonneurs et aux promeneurs, accidents qui mettront en cause la responsabilité de l’Etat via ses préfets.

Nous, organisations de protection des animaux et de la biodiversité, demandons l’annulation de l’article 1er du décret n° 2020-583 qui n’a aucune justification sanitaire et qui ne participe donc pas à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Liste des signataires : 

  • AVES France
  • PAZ
  • One Voice
  • Dignité Animale
  • AOC, Alliance des Opposants à la Chasse
  • ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages
  • ÉCA – Évolution Condition Animale

Communiqué de presse sur les périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau

Chaque année, le 15 mai résonne comme une date qui signe le retour de l’assaut des pelles et des pioches sur les terriers de blaireaux afin de les déterrer, c’est le début de la période dite « complémentaire » de vénerie sous terre. Celle-ci s’ajoute à la période dite « normale » autorisée à partir de l’ouverture générale de la chasse, de la mi-septembre jusqu’au 15 janvier. La trêve de la chasse sous terre est une relative quiétude pour cette espèce qui ne dure que 4 mois par an dans la majorité des 93 départements de France métropolitaine (hors Paris et Corse).

La vénerie sous terre est exercée en tant que loisir (terme utilisé dans le rapport de l’ANSES publié en août 2019), ce mode de chasse est encore pratiqué aujourd’hui presque partout en France (sauf dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et le Territoire-de-Belfort). Il faut toutefois noter une relative régression de son autorisation pour la période complémentaire.

L’ASPAS vient de publier une carte sur la base des informations transmises par notre association. Celle-ci met en évidence les départements où la période complémentaire n’est plus autorisée.

Concrètement, le pourtour méditerranéen n’est presque plus concerné par l’application de la période complémentaire, et les secteurs géographiques du nord-est et du sud-ouest de la France présentent des avancées encourageantes qui laissent entrevoir prochainement un abandon progressif. Ces départements vont dans le bon sens et montrent la volonté des préfets d’aller vers la voie de la raison ; nous ne pouvons qu’encourager les autres départements à suivre ces exemples qui démontrent qu’il n’est plus possible d’autoriser aujourd’hui, arbitrairement, de telles pratiques non fondées scientifiquement.

C’est ainsi que la période complémentaire n’a pas été reconduite en 2019 dans l’Orne et la Haute-Saône et en 2020 dans le Gers, la Lozère et le Tarn. Elle est réduite dans l’Ariège, l’Aube, le Cher, la Dordogne, le Gard, la Loire, la Marne, la Meuse, le Pas-de-Calais, le Rhône et la Haute Savoie. Le facteur principal qui a permis ces évolutions est sans conteste le fait de la mobilisation désormais ancrée pour un certain nombre de citoyens de participer aux consultations publiques.

Plus qu’une opposition de principe sur la pratique barbare de la vénerie sous terre, ce sont la pertinence des arguments qui ont permis aux préfets de prendre la mesure des carences de justifications de ces autorisations. Un arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux en date du 9 juillet 2019 a été rendu en ce sens suite à un recours de l’association Indre Nature.

Par le biais de notre site dédié aux consultations publiques, nous les signalons au public afin que tout un chacun puisse y répondre et s’exprimer en toute connaissance de cause. Nos bénévoles se mobilisent actuellement pour diffuser ces consultations publiques tout en mentionnant des arguments appropriés.

Au-delà des consultations publiques, dont la participation du plus grand nombre est essentielle, les associations de protection de la nature dénoncent régulièrement cette pratique cruelle sur les différents plans éthique, juridique, médiatique et politique.

Nous avons relevé à ce jour que plusieurs préfectures ont proposé dans leur projet d’arrêté préfectoral relatif à la chasse des dates d’autorisation de l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau à partir du 15 mai 2020. Compte tenu du délai de la procédure de consultation publique et bien que cette date d’ouverture soit effectivement mentionnée dans l’arrêté, aucune intervention ne pourra être pratiquée dans les départements du Loiret, des Pyrénées-Orientales, de la Haute-Savoie, de la Haute-Vienne, de l’Essonne et du Val-d’Oise avant la publication de l’arrêté préfectoral, sinon ce serait ILLÉGAL.

Il convient également de préciser qu’en raison des dates incohérentes mentionnées dans l’arrêté préfectoral signé le 28 juin 2019 pour le département du Jura, relatives à l’exercice de la période complémentaire, la vénerie sous terre du blaireau ne pourra pas être pratiquée dans ce département à compter du 15 mai 2020 et ce jusqu’à l’ouverture générale de la chasse en septembre, sinon ce serait ILLÉGAL.

Nous appelons les autorités administratives et les fédérations de chasse à faire respecter ces conditions légales.

Alerte sur les destructions de la faune en période de confinement – Lettre ouverte à Emmanuel Macron

12 organisations ont répondu à l’appel de l’ASPAS et co-signé une lettre ouverte adressée au Président de la République le 23 avril 2020, afin de l’alerter sur les destructions de la faune en période de confinement.

Monsieur le Président de la République,

Au moment où le confinement est légitimement imposé aux Français, de nombreuses préfectures dérogent à ces mesures de salubrité publique pour faire abattre des animaux sauvages. Cette grande hétérogénéité des règles, à la carte, ne peut que créer la confusion et même l’indignation.

La plupart des arrêtés préfectoraux prévoient la possibilité d’autoriser des abattages d’animaux sauvages en cas de dégâts aux cultures et pour motif sanitaire. Or nous savons aujourd’hui que le motif sanitaire est utilisé à tort par les préfets eux-mêmes, preuve en est les nombreux arrêtés autorisant encore récemment les tirs de renards en vue de lutter contre l’échinococcose alvéolaire, en contradiction avec les publications scientifiques et les recommandations ministérielles. Un motif potentiellement fallacieux est ainsi invoqué pour justifier des sorties supplémentaires en période de confinement drastique. L’établissement d’une liste nationale des motifs précis à même de pouvoir justifier ces interventions est indispensable, afin que les Préfets s’y réfèrent et s’y contraignent.

Concernant les dégâts aux cultures, l’utilité de la politique de destruction de la faune sauvage pour lutter contre d’éventuelles atteintes ainsi que l’ampleur exacte des dégâts imputés restent toujours à démontrer, et font l’objet de débats récurrents lors de l’adoption des listes des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts ».

Aussi, nous vous demandons d’adopter une décision encadrant sans équivoque les activités de chasse et de destruction de manière homogène sur l’ensemble du territoire, et selon des préconisations scientifiques, à l’instar de l’ensemble des décisions adoptées par le gouvernement depuis que l’état d’urgence sanitaire a été décrété.

Nous déplorons que pendant cette crise, qui nous interpelle vivement quant à notre rapport à la faune sauvage, les abattages injustifiés restent la norme.

Et ce d’autant plus que, si les destructions réalisées en période « normale » font l’objet de compte-rendu voire de réunions préalables, justifications (certes discutables) à l’appui, il n’en est rien concernant l’ensemble des destruction autorisées en cette période. En effet, les interventions se font pour la plupart sur autorisations administratives individuelles auxquelles nous n’avons pas accès, et sans compte-rendu. Il n’existe donc aucune visibilité, aucune transparence quant à ces dérogations.

Aussi, nous demandons qu’à l’issue de cet épisode sanitaire, un état des lieux précis et régulier soit réalisé quant au nombre exact de dérogations et autorisations individuelles d’intervention délivrées dans chaque département, quant aux dégâts ayant justifié ces autorisations (nature et ampleur), et quant aux animaux abattus (nombre et espèce).

On entend de plus en plus de chasseurs, Willy Schraen en 1re ligne, exiger de ne plus être les seuls à devoir payer les dégâts dans les cultures dus en particulier aux sangliers. Or ces dégâts sont directement corrélés à la gestion catastrophique des chasseurs de cette espèce depuis plusieurs décennies (hybridation avec les cochons domestiques, tirs sélectifs visant à épargner les laies reproductrices, agrainage dissuasif qui favorise le développement l’espèce, etc.). Les chasseurs demandent à chasser plus longtemps alors que leurs interventions ne règlent en rien le problème sur la durée. Nous pensons que cette crise est le moment opportun pour considérer d’autres solutions d’équilibre entre l’agriculture et la faune sauvage, basées sur des mesures de protection plutôt que de destruction.

Nos associations sont par ailleurs régulièrement interpellées par leurs membres suite à des coups de feu entendus depuis leur domicile ou des pièges trouvés lors de leur courte promenade autorisée. Ces personnes dont le lien à la nature est fondé sur le respect et la réciprocité ne comprennent pas cet acharnement, qui plus est en période de confinement. Ces actes sont peut-être réalisés en application des dérogations sus-évoquées, mais rien ne permet de le vérifier, par conséquent nous sommes bien incapables de leur répondre quant à la légalité de ces actes. Et nous sommes loin de mesurer l’ampleur réelle du problème au regard des infractions dont personne n’aura jamais connaissance.

La seule solution qui se présente à nous est de les mettre en relation avec l’Office français de la biodiversité. Or les contrôles des actes de chasse au sens large sont suspendus, ce qui favorise les actes de braconnage. Cette décision est en outre incohérente avec celle de certains départements qui autorisent chasseurs et lieutenants de louveterie à participer à des tirs de loups ou encore les agents de développement des fédérations départementales de chasseurs à exercer leurs activités de contrôle.

Afin que la faune sauvage ne paie un lourd tribut en cette période, nous vous demandons de bien vouloir tout mettre en oeuvre pour que des moyens de protection soient rapidement distribués aux inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité afin que ceux-ci puissent exercer leur activité de contrôle sur le terrain dans les meilleurs délais. Leur simple présence sur le territoire aura un effet dissuasif non négligeable.

Rappelons que les activités liées aux soins délivrés aux animaux sauvages sont très largement suspendues, tout comme les activités liées aux études et à la connaissance de la nature. Nous déplorons que seules les activités maintenues soient celles visant la destruction de cette faune. Pour des motifs sanitaires et éthiques, cette situation est incompréhensible pour les citoyens que nous représentons.

Vous annoncez une sortie progressive du confinement à partir du 11 mai, pourtant, de nombreux arrêtés préfectoraux autorisent d’ores et déjà la vénerie sous terre du blaireau dès le 15 mai. Peut-on sérieusement envisager que soit pratiquée cette chasse collective au moment où la plus grande vigilance devra être observée ? Peut-être plus insensé encore, sauf intervention de votre part, la chasse à tir (activité qui provoque chaque année quantité de morts et d’accidents graves) pourra être autorisée dès le 1er juin, au moment même où les Français, après avoir été confinés, souhaiteront se ressourcer dans la nature…

En espérant que vous saurez entendre nos demandes malgré les circonstances exceptionnelles auxquelles vous devez faire face, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre très haute considération.

Pour les associations signataires,
Madline RUBIN
Directrice ASPAS

Les associations co-signataires :
Animal Cross, Anymal, Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), AVES France, Blaireau & Sauvage, Convention Vie et Nature (CVN), Convergence Animaux Politique (CAP) Fondation Brigitte Bardot, Mélès, One Voice, RAssemblement pour une France sans Chasse

Chasse et confinement : lettre ouverte au Président de la République (PDF)

ARNAQUES AU CONFINEMENT : STOP AUX DÉROGATIONS POUR LES CHASSEURS !

Alors que des citoyens se font verbaliser pour avoir porté une assistance vitale à des animaux, des chasseurs bénéficient de dérogations injustifiables scientifiquement pour nourrir ou tuer des sangliers, détruire des oiseaux ou d’autres espèces jugées indésirables. L’ASPAS, AVES France et CROWLIFE demandent l’arrêt immédiat de cette justice à deux vitesses. Soutenez-nous en apportant votre voix à notre pétition commune, qui sera adressée à Elisabeth Borne (Ministre de la Transition écologique et solidaire), Didier Guillaume (Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation) et Olivier Véran (Ministre de la Santé).

-> SIGNER ICI <-

Les mesures de confinement et de limitation des déplacements décidées le 17 mars et visant à freiner la propagation du virus doivent être respectées. Par tous. Même si elles exigent des efforts et des renoncements sans précédent.

L’interdiction de tout acte de chasse, collective ou individuelle, fait partie de ces mesures en vigueur et, en principe, elle s’étend à la destruction des ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, ex-nuisibles). Sur le terrain pourtant, dans les départements, nous constatons que la trêve n’est pas de mise partout.

Dans les Landes par exemple, si toute chasse collective est proscrite, la chasse individuelle par tir et par piégeage est possible, en particulier celle aux sangliers pour prévenir les dégâts aux cultures. L’arrêté préfectoral (AP n°2020/429 du 20.03.20) permet aux agriculteurs et aux chasseurs landais de déroger, la fédération départementale de chasse précisant même les gestes barrières à respecter lors du dépeçage d’un animal à deux ! Ailleurs, dans le Jura par exemple, c’est la chasse collective aux corvidés qui est prévue par arrêté préfectoral (AP n°39-2020-03-20-001), une chasse d’autant plus abjecte et cruelle que les oiseaux sont en pleine période de reproduction : les adultes tués ne retournant pas au nid, les petits agoniseront lentement et sûrement.

D’un département à l’autre, les modalités d’instruction de la demande et les pratiques susceptibles d’être autorisées ou interdites varient. Ici, jusqu’à 100m des cultures, le tir peut être admis sous réserve d’être seul sur le site ; ailleurs encore, le déplacement doit s’effectuer seul, sans précision de l’obligation ou non d’être seul sur le site. Dans la Somme, on peut obtenir l’autorisation de nourrir les appelants de chasse, alors que ces oiseaux enfermés devraient simplement être libérés ; en Côte d’Or, celle d’agrainer… et donc d’entretenir des sangliers pourtant accusés d’être les plus gros destructeurs de cultures !

Ici et là, invoquer un risque sanitaire ou des dégâts particuliers aux cultures permet donc de déroger à l’interdiction nationale de la chasse. Les déplacements dérogatoires, quand ils ne sont pas professionnels mais individuels, entrent dans la case « participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative ». Cette option, apparue lors de la dernière actualisation de la feuille des déplacements dérogatoires, apporte la souplesse nécessaire à la planification d’opérations de destruction.

Sauf mobilisation massive, la mort va continuer à être donnée et, ce, d’autant plus tranquillement que dans les médias et sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont réjouis de la trêve imprévue pour la vie sauvage que promettait l’interdiction de la chasse. C’était sans compter sur les opérations de « nettoyage » … et la puissance du lobby des chasseurs, qui se croit au-dessus de tout.

En tout état de cause, nos associations considèrent que la destruction d’animaux sauvages ne revêt aucun caractère de nécessité, ni d’urgence, et que le risque sanitaire ne saurait être invoqué pour justifier de telles opérations. Au contraire, nous soulignons que les opérations de destruction sont susceptibles de contribuer à la propagation du coronavirus lequel représente un risque sanitaire majeur et avéré, justifiant que nous demandions l’interdiction totale de la chasse et des opérations de destruction, sans dérogation possible.

AVES France attaque l’arrêté du préfet des Côtes-d’Armor pour protéger les blaireautins

Comme vous le savez, nous avons formé un recours en annulation devant le Tribunal administratif de Rennes à l’encontre de l’arrêté du préfet des Côtes-d’Armor venant fixer l’ouverture des périodes de chasse pour la saison 2019/2020.

Cet arrêté autorise en effet la vénerie sous terre du blaireau durant une période complémentaire (du 15 mai au 14 septembre 2020), c’est-à-dire en pleine période de dépendance du blaireautin à l’égard de sa mère.

Une telle décision se heurte alors aux dispositions de l’article L.424-10 du code de l’environnement, lequel interdit toute destruction des petits ou portées d’espèces de mammifères, même lorsque la chasse de ces espèces est permise. L’ouverture de cette période complémentaire est donc illégale, ce que notre recours ne manque pas de démontrer, documentation scientifique à l’appui. 

Face à l’irréversibilité des abattages de blaireaux qui seraient réalisés en application de cette décision, nous avons déposé, en plus de notre recours en annulation, une requête en référé afin que le juge administratif statue en urgence et suspende les effets de l’arrêté dans l’attente de l’issue du recours.

Après une plaidoirie tenue le 3 janvier dernier, Madame la juge des référés du Tribunal administratif de Rennes a rendu une ordonnance le 6 janvier, par laquelle elle a rejeté nos demandes provisoires.

Cependant, le motif de ce rejet est propre au contexte particulier applicable à une procédure de référé et ne vient en rien invalider nos arguments au fond.

En effet, Madame la juge des référés a simplement indiqué qu’il est possible que le Tribunal administratif se prononce sur la légalité de l’arrêté préfectoral avant l’ouverture de la période complémentaire. L’urgence n’était donc, d’après elle, pas caractérisée à la date de l’audience.

L’ordonnance de rejet repose uniquement sur ce motif et ne donne en aucun cas raison à la préfecture, ni à la fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor, intervenant à l’action.

L’illégalité de l’ouverture d’une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau étant incontestable – et incontestée par l’ordonnance du juge des référés – nous maintenons chacun des points de notre argumentaire initial jusqu’à l’issue de la procédure au fond.

Pour soutenir notre action, nous vous invitons à adhérer à AVES France. L’adhésion est accessible à partir de 0,85€ par mois ou 10€ par an.

LE FUTUR OFFICE FRANÇAIS DE LA BIODIVERSITE MENACÉ PAR LES LOBBIES DE LA CHASSE

Fusion AFB/ONCFS : Signez la pétition !

Réunis les 11 et 12 avril 2019, les Sénateurs ont complètement dénaturé le projet de loi consacrant la fusion entre l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et l’Agence Française de la Biodiversité.
Le nombre de cadeaux indécents abandonnés au monde de la chasse, notamment fiscaux, marqueraient un recul historique de la protection de la nature en France et hypothéquerait les chances de succès du futur établissement public. Les ONG demandent au gouvernement, qui a le dernier mot, d’en revenir au consensus sorti de la première lecture à l’Assemblée nationale.

En l’état et tel que voté par le Sénat, l’Agence française pour la biodiversité deviendrait l’Office français de la biodiversité et de la chasse. Les chasseurs obtiendraient au moins 10% de sièges au conseil d’administration, de même que les organisations agricoles et forestières.

L’une des missions de l’Office serait de contribuer à l’exercice de la chasse et de la pêche en eau douce, durables, mission qui ne relevait ni de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, ni de l’Agence française de la biodiversité.

Les fédérations régionales des chasseurs pourraient se voir confier la gestion des réserves naturelles nationales, et des réserves nationales de la chasse et de la faune sauvage aujourd’hui sous la responsabilité de l’Etat. Au même moment, la superficie minimale des réserves de chasse communales ou intercommunales (censées permettre à la faune de se reconstituer) passerait de 10% à 5% de la superficie du territoire.

Concernant les espèces, le tableau est aussi sombre : sous prétexte de« gestion adaptative » toutes les espèces seraient susceptibles d’être chassées à partir du moment où elles sont en bon état de conservation ou posent des problèmes. Des dérogations seraient accordées pour chasser les oiseaux migrateurs après la fermeture sous différents prétextes (sans respect pour la directive européenne pour les oiseaux et après avoir perdu 12 fois devant le Conseil d’Etat s’agissant de chasser les oies migratrices…). Le gouvernement serait censé remettre au Parlement avant le 1er janvier 2020 un rapport sur la présence du loup en France et des préconisations pour « remédier aux difficultés constatées ». Comme si cela n’était pas suffisant, l’obligation de l’instauration d’un permis de chasser en Guyane, obtenue en 2017, est supprimée. Cerise sur le gâteau, les modes de chasses traditionnelles (Cf. glu, étranglement, écrasement des oiseaux…) entreraient dans le« patrimoine cynégétique national ».

Comme si ça ne suffisait pas, le Sénat veut instaurer un délit d’entrave à l’action de chasse puni de un an d’emprisonnement et 30.000€d’amende.

De son côté, la Fédération nationale des chasseurs reçoit un fonds de la part de l’Etat ou de l’OFB (dans tous les cas des citoyens français) de 10 € par permis de chasse, soit au moins 10 M€ pour conduire des actions en faveur de la biodiversité.

Nos organismes exigent de la part du gouvernement qu’il revienne sur le texte tel qu’issu des travaux de l’Assemblée. En conservant les quelques dispositions positives en matière de police de l’environnement et de sécurité de la chasse introduites au Sénat. La création d’un nouvel établissement public fusionnant l’AFB et l’ONCFS ne peut se faire en concédant d’énormes contreparties aux chasseurs au détriment de la préservation de la faune et de l’équilibre budgétaire des politiques en faveur de l’eau et de la biodiversité. 

ALLIANCE DES OPPOSANTS À LA CHASSE – ANIMAL CROSS – ASSOCIATION AERHO – ASSOCIATION CHATS DES RUES – ÉDUCATION ÉTHIQUE ANIMALE – ASSOCIATION PERLE – ASSOCIATION PHILIBERT- ASSOCIATION POUR LA PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES (ASPAS) – ASSOCIATION SAM – ASSOCIATION STÉPHANE LAMART – ASSOCIATION VÉNUS – AVES FRANCE – CODE ANIMAL – COLLECTIF CHATS (588 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – COLLECTIF VESEA – C’EST ASSEZ ! – COLLECTIF LE LOBBY DES 4 PATTES – COLLECTIF POUR L’ABOLITION DE LA CHASSE A COURRE (CACC) – CONFÉDÉRATION NATIONALE DÉFENSE DE L’ANIMAL – CONVENTION VIE ET NATURE (CVN) – DIGNITÉ ANIMALE – ECOLE DU CHAT D’OLLIOULES – FONDATION 30 MILLIONS D’AMIS – FONDATION ASSISTANCE AUX ANIMAUX – FONDATION BRIGITTE BARDOT – FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT (FNE) – GOUPIL CONNEXION – HALTE MALTRAITANCES ANIMALES (HMA – 21 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – L214 – LA BERGERIE ET COMPAGNIE – LA FERME DES RESCAPÉS – LA FONDATION DROIT ANIMAL, ÉTHIQUE ET SCIENCES – LES CHATS LIBRES AIGUES MORTAIS – LES PATTES MAUVES (68 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – LIGUE POUR LA PROTECTION DES OISEAUX (LPO) – MOUNTAIN WILDERNESS FRANCE – NOÉ – OFFICE POUR LES INSECTES ET LEUR ENVIRONNEMENT (OPIE) – OISEAUX ÉTHOLOGIE – ONE VOICE – PARIS ANIMAUX ZOOPOLIS – REGUL’ MATOUS – SURFRIDER FOUNDATION – SUR LES TRACES DU LOUP – TENDUA

Fusion AFB/ONCFS : Signez la pétition !

10 associations lancent une pétition pour l’interdiction des grenailles de plomb en France.

NE LAISSONS PAS LA NATURE ET NOTRE SANTÉ SE FAIRE PLOMBER PAR LA CHASSE.

Frédéric Daniel, le responsable du dossier blaireau de l’association AVES France, travaillait depuis plusieurs mois sur cette pétition qui demande l’interdiction des grenailles de plomb en France.

Une interdiction a déjà été prise contre les munitions au plomb dans les zones humides, mais ce n’est pas suffisant. Chaque année en France 8.000 tonnes de grenailles de plomb issus de millions de cartouches de chasse sont éparpillées dans la nature.

Signez la pétition !Pétition Plomb Nature

Et ailleurs ? Quelle réglementation ?

En Europe, la plupart des pays du nord ont légiféré sur la grenaille de plomb dans les années 90 : Danemark, Pays-Bas, Finlande et Norvège ont instauré une interdiction totale, Belgique Suède et Lettonie, une interdiction partielle. La Suisse, le Royaume-Uni, l’Espagne, Chypre, Israël et la Russie ont limité ou supprimé la grenaille de plomb. En France, l’interdiction de l’utilisation des cartouche au plomb dans les zones humides semble peu respectée, en dépit de la réglementation.

Des substituts moins toxiques ou non toxiques existent. La grenaille d’acier semble la solution idéale du point de vue environnemental.

Nous demandons que la vente et l’utilisation des munitions au plomb soit interdite en France, ceci en application du principe de précaution en raison la forte toxicité de ce métal.

Pour signer la pétition, rendez-vous sur le site créé par AVES France spécialement dédié à cette action :
https://www.petition-plomb-nature.fr/

Signataires : AVES France, Nature et Humanisme, ASPAS, Convention Vie et Nature, Collectif du 21 Septembre (AOC), Meles, Collectif Animalier du 06, ANIMAL CROSS, Pôle Grands Prédateurs, Nature Midi-Pyrénées.

3ème RDV organisé par CAP (Convergence Animaux Politique) – La protection des animaux sauvages

Mercredi 16 mai 2018 s’est tenue la troisième rencontre organisée par CAP – Convergence Animaux Politique, collectif qu’AVES France a rejoint en 2017.

36 parlementaires étaient présents ou représentés pour cette nouvelle rencontre entre associatifs, députés et sénateurs.

Catherine Helayel (AJD – Association Animal Justice et Droit) a ouvert cette rencontre en parlant du statut de l’animal sauvage, puis Jean-Philippe Olivier (Animal Cross) et Christophe CORET (AVES France) ont exposé la situation actuelle de l’ours brun dans les Pyrénées.

Madline Reynaud a ensuite parlé de la grande et de la petite vénerie pour l’ASPAS Association pour la protection des animaux sauvages, soutenue par Gérard Martin de la CVN – Convention Vie et Nature. Enfin, François Darlot du RAC a argumenté en faveur du dimanche sans chasse

Le député Bastien Lachaud a présenté sa proposition de loi visant à interdire la chasse à courre qu’il a déposée en janvier.

Le député Loïc Dombreval a présenté le travail du groupe d’études condition animale qu’il préside à l’Assemblée nationale.

CAP fait un travail formidable pour soutenir nos associations et nous permettre d’avoir des échanges directs ou indirects avec nos élus. Aussi, si vous souhaitez leur apporter votre aide, vous pouvez leur faire un don ou acheter un badge ou un bracelet de la collection Origami dans notre boutique Bearz.

Chaque bracelet vendu rapporte 5€ à CAP : https://bearz.org/shop/bearz_rond/bracelets-collection-origami/

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Lettre ouverte à Nicolas Hulot à propos du statut juridique du blaireau européen

Monsieur le Ministre d’Etat,

Par le biais de cette lettre ouverte, nous avons l’honneur d’attirer votre haute attention sur la situation du blaireau européen (Meles meles) dans notre pays, nous faisant l’écho de l’indignation d’un nombre considérable de nos concitoyens.

Cet animal fait l’objet d’une chasse cruelle et injustifiée. Le blaireau est chassé principalement par déterrage, un mode de chasse particulièrement inhumain de par la cruauté et l’extrême violence qui ressort de sa capture et de sa mise à mort. Des chiens sont introduits dans les galeries et les animaux capturés sont extirpés de leur terrier, attrapés avec des pinces métalliques et mis à mort à l’aide d’un poignard. Les petits, eux, sont généralement donnés en pâture aux chiens.

La vénerie sous terre n’existe pratiquement plus qu’en France, tous les pays d’Europe occidentale l’ont interdite en raison de sa brutalité.

Nous attirons votre attention sur une pétition créée en janvier 2016 qui rassemble aujourd’hui près de 124.000 signataires. Cette pétition en ligne qui vous est adressée demande le classement du blaireau en espèce protégée. Celle-ci est soutenue par de nombreuses associations de protection animale ou de l’environnement. Ce grand nombre de signataires est révélateur de la contestation citoyenne d’une pratique barbare qui n’est rien d’autre qu’un loisir pour certains chasseurs, et devenue aujourd’hui inacceptable dans la conscience collective. Le blaireau est strictement protégé dans la plupart des pays européens : Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal. Il est également totalement protégé dans notre pays dans le département du Bas-Rhin depuis 2004 sans que cela ne pose de problème.

L’arrêté du 17 février 2014 modifiant l’arrêté du 18 mars 1982 relatif à l’exercice de la vénerie sous terre vise à renforcer l’encadrement de ce mode de chasse. Pourtant, des comportements peu acceptables sont régulièrement rapportés, comme par exemple la poursuite des opérations de déterrage lorsque la présence dans le terrier d’une espèce protégée est constatée ou l’application de méthodes de mise à mort des blaireaux adultes et juvéniles que l’on peut considérer comme relevant de la torture. Ces faits sont des manquements graves aux prescriptions du nouvel arrêté et sont, le cas échéant, passibles de sanctions comme le prévoit l’article 521-1 du code pénal qui punit de peines correctionnelles le fait d’exercer des actes de cruauté à l’encontre d’un animal captif.

Cependant, au-delà des considérations éthiques, cet animal est en voie de raréfaction dans de nombreux départements. Selon le rapport de l’ONF (20/01/2008), le blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction (2,3 jeunes par femelle et par an), et sa dynamique de population est influencée par diverses activités humaines telles que les infrastructures routières qui favorisent les collisions, le braconnage et la disparition progressive de son habitat, alors que la moitié des individus ne dépasse pas l’âge d’un an… Pourtant, malgré une mortalité annuelle très importante, des décisions préfectorales arbitraires autorisent sa chasse lors des périodes de dépendance des jeunes et cela sans aucun fondement scientifique. Ces décisions sont prises avec l’appui des Fédérations de chasse, pour être appliquées à une époque où les chasseurs n’ont plus rien à chasser, à part les battues administratives du sanglier, et semblent ainsi combler une demande cynégétique.

L’application des périodes de chasse complémentaires (du 15 mai au 15 septembre) est laissée à l’appréciation des préfets. C’est ainsi que chaque année en moyenne 70 préfectures autorisent ces périodes de chasse complémentaire du blaireau dans leur département. C’est précisément ce pouvoir de décision laissé aux préfets qui crée une dérive intolérable, faute de disposer d’un encadrement réglementaire et législatif strict.

Ainsi, pour justifier la chasse du blaireau européen, les préfets invoquent des motifs pour le moins contestables qui laissent perplexes les spécialistes de la nature. Le problème de la tuberculose bovine, dont le blaireau peut être porteur est régulièrement apporté pour justifier sa chasse. Les milieux scientifiques ont démontré clairement qu’il n’existe pas de foyer bactérien tuberculinique au sein de la faune sauvage ; sa contamination vient à la base des élevages concentrationnaires bovins qui sont responsables d’avoir implicitement porté Mycobacterium bovis au sein de la faune sauvage par le biais de pratiques irresponsables. Outre la mise en oeuvre de mesures de biosécurité drastiques qui sont essentielles dans les secteurs concernés par la maladie, des solutions sont à trouver pour aider les éleveurs à faire face à la difficulté prophylactique de mise en place de la vaccination des cheptels bovins pour combattre la propagation de la maladie.

En ce qui concerne le comportement de certains chasseurs de grand gibier comme le chevreuil et le cerf, qui ont pris l’habitude de vider et laisser sur place des viscères d’animaux potentiellement infectés dont se nourrissent d’autres espèces sauvages, ces pratiques contribuent à favoriser la dispersion de la tuberculose bovine (estimation de 5000 tonnes par an en France sur les bases des prélèvements statistiques de l’ONCFS).

Lorsqu’un projet a une incidence sur l’environnement, la loi impose aux préfectures de recueillir l’avis des citoyens et des associations qui souhaitent s’exprimer sur le sujet. Cette volonté de souci démocratique semble cacher un mépris total pour la contestation citoyenne comme en témoigne, par exemple, le résultat de la consultation publique de la préfecture de l’Oise qui prévoyait d’autoriser le piégeage et le tir de nuit du blaireau pour l’année 2017 pendant 5 mois sur 124 communes de ce département, et la synthèse qui en a résulté où 1220 avis défavorables argumentés avaient été émis, soit 77% des avis recueillis. Le projet d’arrêté avait tout de même été adopté. Les éléments de réponse apportés par la préfecture sur la synthèse de cette consultation publique manquaient d’objectivité et de rigueur scientifique et dénotaient un point vue exclusivement cynégétique, n’apportant finalement pas de réponses satisfaisantes sur les avis défavorables émis.

Les décisions finales prises par les préfectures sur le sujet du blaireau sont contraires au maintien dans un état de conservation favorable des populations de l’espèce et sont tout autant opposées aux volontés démocratiques de l’immense majorité de nos concitoyens.

Ces dernières années, malgré une contestation importante, plusieurs départements ont pris des mesures de destruction massive du blaireau. Sur ce sujet, la conclusion du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) publié le 13 juin 2016 intitulé « La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage » est très claire : « Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage.» Ce conseil scientifique préconise notamment la vaccination des animaux dans les secteurs concernés par la bactérie. Une méthode qu’elle juge «prometteuse» et qui pourtant n’est pas proposée en France. Les scientifiques ont en outre constaté en Grande Bretagne que l’abattage de blaireaux sains et malades était contre-productif. En effet, les blaireaux éliminés d’un territoire sont remplacés par d’autres venant d’autres secteurs où la bactérie est potentiellement présente, contribuant ainsi à propager la maladie.

Nous rappelons également que les périodes choisies pour ces abattages — tout comme les périodes complémentaires de chasse du blaireau — sont en contradiction avec  l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, selon lequel « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au moment des périodes complémentaires de chasse du blaireau comme l’a démontré une étude dénommée « Contribution à l’étude de la reproduction des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France» réalisée par Virginie Boyaval, éthologue sur le blaireau : « […] au mois de mai, juin, juillet, les blaireaux juvéniles ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum. La destruction des blaireaux débutant généralement à partir de la mi-mai, compromet le succès de reproduction de l’espèce. La destruction des mères allaitantes, laisse de nombreux orphelins incapables de survivre seul ».

De plus, l’année 2017 aura été une année noire pour les blaireaux et les petits. Non seulement, nous avons constaté des naissances extrêmement tardives en raison d’un hiver très sec et les petits sont nés juste avant une période très chaude et sèche. Cette sécheresse a provoqué un manque de nourriture évident (vers de terre, source de nourriture principale des mères allaitantes) et des maladies parasitaires internes, provoquant une mortalité importante.

En ce qui concerne les dégâts aux cultures qui lui sont imputés, ils sont bien souvent en réalité causés par le sanglier. Les Fédérations de chasse tiennent souvent le blaireau pour responsable des dégâts, pour lesquels elles n’ont pas à indemniser les agriculteurs quand ils sont le fait du blaireau. Il faut de plus préciser que compte tenu de la faible densité des populations de blaireaux et de la taille de cet animal, les dégâts constatés, lorsqu’ils sont réellement le fait du mustélidé, ne peuvent être que minimes. Sur ce point, des méthodes comme l’utilisation de répulsifs ont montré leur efficacité. Nous précisons également que le blaireau est un animal utile qui a toute sa place dans un écosystème équilibré. Il joue un rôle sanitaire indéniable en contribuant à éviter la propagation de maladies par l’élimination des cadavres d’animaux sauvages, il évite aussi la prolifération des larves de hannetons, nids de guêpes, limaces et autres campagnols, compensant largement les déprédations de cultures. Cet animal est donc un précieux allié de l’agriculteur.

Rappelons que c’est après avoir découvert des estomacs de blaireaux remplis de vers blancs que Robert Hainard, un célèbre naturaliste suisse, a convaincu la commission genevoise (Suisse) de la chasse de sortir le blaireau de la liste des nuisibles.

Le respect d’un engagement international tient de l’honneur d’un pays. Pourtant, s’agissant de la conservation de la vie sauvage, les lois et règlements ne sont pas à la hauteur de ce qui a été signé et ratifié dans le cadre du Conseil de l’Europe. En effet, l’application de ces périodes complémentaires de chasse, que nous estimons inconsidérées, sont en contradiction avec le statut juridique du blaireau qui, pour rappel, est classé en annexe III de la Convention de Berne. D’après le texte de celle-ci, la France, en tant que partie à la convention, devrait prendre les « mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III » (article 7). Cela passe notamment par l’obligation de « maintenir l’existence de ces populations hors de danger ». Ce classement impose clairement à la France de ne pas porter atteinte à l’espèce. Pourtant, le volume d’étude en matière de référencement des terriers et des effectifs est quasi inexistant. Cet état de fait met bien en exergue une gestion cynégétique de l’espèce… D’après les estimations des associations de protection de la nature, qui s’inquiètent de la disparition progressive du mustélidé dans plusieurs régions, il resterait environ 150 000 individus, dont 10 000 sont braconnés chaque année et 30 000 sont victimes de la circulation routière. Pourtant, en 2011, le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement rappelait : « Cette espèce a une dynamique de population relativement faible et risquerait de disparaître à court terme en cas de pression de destruction trop forte.» (publié dans le JO Sénat du 07/04/2011 – page 882). En résumé, sur le sujet du blaireau, et dans les faits, la France est en infraction notoire.

Nous rappelons l’engagement du Président de la République, M. Emmanuel Macron — alors candidat aux élections présidentielles — à prendre des mesures visant à protéger les espèces lors des périodes critiques. Dans un entretien accordé à la Ligue de Protection des Oiseaux, à la question suivante : « Que propose Emmanuel Macron pour interdire la chasse des mammifères en période de dépendance des jeunes ? » M. Macron a répondu : « D’une façon plus générale, il est fondamental que les dates de chasse soient fixées en dehors des périodes de fragilité particulière des espèces. […]». La période de dépendance des jeunes s’inscrit bien entendu pleinement dans ce cadre de « période de fragilité des espèces ». Cet engagement vaut parole d’honneur, la promesse du Président de la République ne doit pas rester sans suite.

Ainsi que nous l’avons démontré précédemment, l’éventuelle objection d’une mise en espèce protégée du blaireau sous couvert de difficultés quelles qu’elles soient ne saurait être justifiée en raison des solutions qu’il est possible d’y apporter.

Nous souhaitons que les prescriptions du Code de l’environnement et de la Convention de Berne soient respectées.

Il apparaît désormais clairement que le statut juridique de cette espèce doit être reconsidéré. Concrètement, nous vous appelons à prendre des mesures de mise en protection stricte du blaireau européen.

En attendant, nous souhaiterions nous entretenir avec vous pour évoquer la reconsidération du statut juridique de cet animal à l’heure et au jour qui vous conviendront le mieux.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre d’Etat, l’expression de notre haute considération.

Frédéric DANIEL, auteur de la pétition sur change.org

et les associations signataires de cette lettre ouverte :

Pierre ATHANAZE, Président d’ANRF
Action Nature Rewilding France

Hubert BASLE,
Membre de Nature Midi-Pyrénées

Virginie BOYAVAL,
Présidente de Meles

Gérard CHAROLLOIS, Président de la CVN
Convention Vie et Nature

Christophe CORET,
Président d’AVES France

Marc GIRAUD, Porte-parole de l’ASPAS
Association pour la protection des Animaux sauvages

Jacques LUCBERT,
Président d’Indre Nature

Mariette Vanbrugghe, Présidente du GDEAM-62
Groupement de Défense de l’Environnement de l’Arrondissement de Montreuil/mer

Samedi 1er octobre 2016 : grande manifestation contre la chasse à Paris

Samedi 1er octobre 2016, AVES France sera présente pour cette grande manifestation contre la chasse.
Nous espérons que vous y serez nombreux à venir discuter avec nous !

Le Collectif du 21 septembre (75 associations), rejoint par Sea Shepherd, la Fondation Brigitte Bardot et One Voice, organise une grande manifestation pour en finir avec la chasse et le piégeage.

La chasse est un divertissement mortifère pratiqué par moins de 1,5 % de la population. Pourtant, chaque année, ce sont 30 millions d’animaux 1 qui sont abattus par les pratiquants de ce loisir ! Les chasseurs français, tuent tous les ans 25 millions d’oiseaux2, soit le quart du tableau de chasse européen !

Nous devons en finir avec ce loisir qui, bien que pratiqué par moins d’un million de personnes, s’impose 7 jours sur 7 pendant des mois (plus longue période de chasse en Europe !).

Chaque année, des randonneurs, ramasseurs de champignons, vététistes, agriculteurs sont blessés ou tués par des chasseurs. Cela sans que les pouvoirs publics ne prennent la moindre mesure :

  • Pas de limite d’alcoolémie pour les chasseurs
  • Pas de visite médicale, donc de contrôle de la vue, pour ces personnes qui se servent pourtant de leur arme dans des milieux fréquentés par d’autres usagers de la nature ! Cette mesure est pourtant obligatoire pour les tireurs sportifs qui pratiquent leur loisir dans des enceintes sécurisées…
  • La France est le seul pays d’Europe où la chasse est pratiquée pendant les deux jours du week-end. Le seul également où la chasse est ouverte tous les jours de la semaine !

Les chasseurs tentent par une imposture intellectuelle, de justifier la pratique de la chasse comme étant une indispensable « régulation » des espèces :

  • L’alouette, la bécasse ou la sarcelle ont-elles besoin de régulation ?
  • Des espèces menacées de disparition (Grand tétras, tétras lyre ; lagopède, etc…) sont toujours chassées en France !
  • Chaque année, 20 millions de faisans, perdrix et autres animaux « de tirs » sont lâchés par les sociétés de chasse pour être abattus quelques jours après. Est-ce là de la régulation ou un jeu de massacre ?
  • Les chasseurs ont multiplié par 10 en 35 ans les populations de sangliers dont ils entretiennent la
    surpopulation pour satisfaire leurs adhérents ou actionnaires.
  • Ils pourchassent souvent avec force cruauté les prédateurs naturels qu’ils considèrent comme des
    concurrents: mustélidés, renards (un million d’animaux tués/an), le loup et le blaireau provoquant ainsi des
    déséquilibres extrêmement préjudiciables à la biodiversité.

Des solutions simples peuvent être mises en place pour cohabiter intelligemment avec la faune de notre pays qui subit les contraintes du développement continu des activités humaines. Ces solutions peuvent nous permettre d’en finir avec ce loisir d’un autre âge, pour le respect du vivant et pour que chaque citoyen puisse bénéficier de la nature sans craindre de se faire tirer dessus, nous manifesterons :

Le 1er octobre de 10h à 13h, Place Joachim Bellay (Paris 1er)
La manifestation sera accompagnée de stands associatifs et de restauration sur place.

Elle sera suivie de la projection du film de Kate Amiguet : Chasseur, tueur, imposteur ?
Salle Jean Dame à 14h30 (entrée à 14h). Il sera suivi d’un débat avec la réalisatrice, Gérard Charollois (président de la CVN auteur du livre « Pour en finir avec la Chasse) et Pierre Athanaze (Président d’Action Nature, auteur du « Livre noir de la chasse)

Contact presse : Pierre ATHANAZE 06 08 18 54 55
Kate AMIGUET 00 41 079 441 71 71
Liste des associations du Collectif du 21 septembre : 269 LIFE FRANCE, Acta Antispécisme (ou Acta Gironde), Ambassade des Pigeons, Action Nature Rewilding France, AEC, Animal Cross, AEP, Animalsace, Animalibre, APIE ( Association de Protection et d’Initiation à l’Environnement), Association du Collectif Animalier du 06, Association Sauvegarde du Château de Flée, AVES France, AVF (Association Végétarienne de France), AVRE, Bio Vivre en Brie, Brouillard Définitif, CAUSA, C’est Assez, C’Topoil, CCE2A (Collectif Contre l’Expérimentation et l’Exploitation Animales), CHAMADE (CHaumière et Médiation Animalistes), C.H.A.N.T (pour une Cohabitation Harmonieuse avec les autres Animaux et la Nature sur Terre), CNPA (Collectif Nantais Pour les Animaux), Collectif Société Anti Fourrure, Combactive, CHATEAU de FLEE; Monument historique,C.RÉ.DO. Pigeons et Protection Animale, CREL (Club de Reconnaissance et d ‘Entraide aux Lévriers), CVAAD, CVN (Convention Vie et Nature), DDA (Droits des Animaux), Droit des Animaux Sud, Dignité Animale, Entre Chiens et Loups, Groupe d’Actions Animales Moselle, Guadeloupe Animaux, F.G.N. (Fées Gardiennes de la Nature), GREEN, Humanimo, INFO VEGANE, Initiatives Terre, Jack et Jessie Protection Animale, la fondation M.A.R.T. (Mouvement pour les Animaux et le Respect de la Terre), La Griffe, La Voie de l’Hirondelle, La Tribu de Sapeur, L’arche de Valudo, Le Klan du Loup, Les désobéissants, L214, Laissons Leur Peau Aux Animaux (LLPAA),Les compagnons de Freya, Ligue Universelle pour la Nature et les Animaux, Les 3 a, Les Crins Verts, Liberté Egalité Animale 49 , Matoucoeur, MFP (Mission Française pour Singes en Danger), Mouvement pour la Cause Animale, Oïkos Kaï Bios, Oiseaux Nature, Patacha, Point Info Loup Lynx, RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), Protection Faune Sauvage Sedan, RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), Respectons, Initiatives Terre, Refuge “Ame’Ni’Maux”, Refuge « Amis des Bêtes », Sauvetage et Chats en Détresse, Secourisme Animalier, SSA49, SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), Stop Souffrances Animales 49, Vigilance Citoyenne pour le Pâtis, Wolf Eyes Asbl .