Fin de partie pour les dresseurs Poliakov / Bruneau, anciens propriétaires des ours Micha, Bony et Glasha

Il aura fallu des années de combat pour obtenir la fermeture de l’établissement de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov à Chauvigny-du-Perche, dans le Loir-et-Cher. Par un arrêté du 28 octobre 2021, qu’AVES France a pu se procurer grâce au soutien de l’équipe du Sénateur Arnaud Bazin, le Préfet du Loir-et-Cher a mis un terme à des années de souffrances des animaux détenus par ces dresseurs, dont plusieurs animaux sont morts malgré nos nombreuses alertes.

Retour sur ce dossier qui a révélé les failles d’un système...

29 août 2015 : l’ours Micha est présenté à la fête du cochon de Crépy-en-Valois

Depuis sa création en 2005, AVES France dénonce les spectacles de montreurs d’ours et tente de faire évoluer l’opinion publique sur la place des ours dans ce type d’évènements. Une adhérente, toujours à nos côtés aujourd’hui, nous informe que les Poliakov vont se produire avec leur ours Micha lors de la fête du cochon de Crépy-en-Valois. En effet, sur son site internet, la mairie de Crépy s'extasie de la présence de ces artistes.

«  Mais la grande nouveauté cette année, c'est sans conteste le spectacle de dressage des animaux avec Les Poliakov et leur ours Micha. »  

Nous décidons de nous rendre à la représentation, conscients que la diffusion d’images de ce pauvre ours exploité touchera le coeur des militants de la cause animale, et espérant que cette mauvaise publicité pour Crépy-en-Valois les fera réfléchir sur leurs programmations à venir, mais encouragera aussi les autres villes à renoncer à ce genre d’animation. 

Ces spectacles sont légaux, puisque l’arrêté du 18 mars 2011 fixe les conditions de détention et d'utilisation des animaux vivants d'espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants. Il précise pour les ours que : «  Les animaux doivent être muselés et tenus en laisse. Un point fixe solidement implanté dans le sol et situé à proximité immédiate du lieu où se tiennent les animaux doit permettre de les attacher en cas de besoin. Un nombre suffisant de personnel doit se trouver à proximité immédiate du spectacle afin de pouvoir maîtriser de cette manière les animaux. Toutefois, si les animaux sont présentés en cage circulaire ou séparés du public par une clôture électrique installée à la périphérie de la piste, le port d'une muselière n'est pas obligatoire. A défaut du respect de l'ensemble de ces dispositions ou si les animaux ont présenté un caractère pouvant être agressif, les ours doivent être présentés au public en cage circulaire de la même manière que les félidés. » 

En 2011, quand cet arrêté a été adopté, AVES France n’avait pas encore développé son activité de sensibilisation des élus. Petite association menée par un tout petit groupe de bénévoles, nous n’envisagions pas alors de pouvoir participer à l’élaboration de lois ou de règlements. 

Notre absence a permis aux dresseurs de faire passer dans les annexes de l’arrêté des conditions de détention scandaleuses pour leurs animaux : 

Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d'au minimum :
― dans le cas des animaux d'une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;
― dans le cas des animaux d'une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres.
Il doit être possible d'isoler les animaux.
Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s'appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n'excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu'à leur retour.

C’est ainsi que les « montreurs d’ours » ont pu présenter leurs ours lors de fêtes médiévales, lors de marchés de Noël ou autres fêtes de village sans tenir compte des besoins de leurs animaux, puisque la loi les autorisait à les détenir jusqu’à 4 jours dans le véhicule qui servait à leur transport. 

A partir de ce moment-là, il n’était plus question pour AVES France de seulement dénoncer en amont la programmation de spectacles de montreurs d’ours en écrivant aux municipalités. Les organisateurs ne comprenaient pas notre hostilité à ces spectacles et très peu de nos concitoyens avaient une idée précise du calvaire des ours lors de ces représentations. C’est la raison pour laquelle nous avons alors fait le choix de filmer les spectacles afin de les diffuser sur les réseaux sociaux, qui prenaient petit à petit de l’ampleur en France, mais aussi en prévenant les médias et en demandant à l’administration d’effectuer des contrôles. 

Dans le cas du spectacle des Poliakov à Crépy-en-Valois, nous avions alerté la DDPP en amont, car nous savions que l’ours Micha avait déjà à l’époque des problèmes de santé. En effet, dès 2014, un lanceur d’alerte nous avait écrit pour nous raconter qu’il avait travaillé « à sa grande honte » chez les Poliakov, et qu’il souhaitait nous informer de ce qu’il avait pu y voir. Le témoignage était étayé de photos des ours dans leurs geôles de béton. La réponse de la DDPP était laconique. Elle tenait en deux phrases : « Des agents se sont rendus sur place et n'ont pu observer les animaux. Concernant la sécurité du public, elle ne relève pas des services de la DDPP. » 

Le 10 septembre 2015, quelques jours seulement après l'émotion provoquée par les vidéos de l'ours Micha tournées par notre association à Crépy-en-Valois, où l'on voyait le pauvre ours contraint de marcher sur un ballon en équilibre sur des rails et de prendre des postures de soumission devant le public, un habitant d’Envronville, petite commune de Seine-Maritime, nous a confié avoir reçu un flyer pour la fête médiévale du village, qui devait se dérouler le dimanche 27 septembre 2015 sur le terrain de foot d’Envronville. Sur ce document, il est écrit qu'un « spectacle avec les ours Poliakov » aurait lieu de 16h à 18h, avec les ours Bony et Micha. 

En quelques jours, le comité des fêtes d'Envronville a reçu des milliers d'emails pour demander aux organisateurs de cette fête médiévale d'annuler la prestation des ours. Prenant conscience de leur erreur d'avoir fait appel aux Poliakov et ne pouvant de toute façon ni assurer la sécurité du public, ni même faire face au risque de manifestation des militants de la cause animale, le Maire d'Envronville n'a pas autorisé la manifestation. Ainsi, pour des raisons de sécurité, le contrat a été rompu, bien que ce dernier ne comportait aucune clause d’annulation.

AVES France a ensuite pu filmer des représentations de l’ours Micha le 15 août 2016 à Saint-Tricat, puis le 28 août 2016 à Arcis-sur-Aube. Chacune des représentations se terminait par une joute verbale entre les dresseurs et un public médusé, qui commençait à prendre conscience du calvaire subi par un ours physiquement diminué et pourtant exploité en public. 

 

En août 2016 puis en juin 2017, AVES France a reçu plusieurs témoignages concordants sur les conditions de détention des ours. Nous avons informé les autorités locales. La fondation Brigitte Bardot, également destinataire de témoignages alarmants, a également prévenu la DDPP qui a effectué un contrôle en juin 2016 n’ayant pas permis de mettre en évidence des actes de maltraitance, mais qui avait révélé des non conformités. Nous n’avons jamais eu plus de détails sur l’ampleur de ces « non conformités ».

En mai 2018, alors que nous n’arrivons plus à trouver de représentations avec les ours des Poliakov, nous apprenons suite à des recherches que la société des Poliakov, cyniquement nommée SAS animal bien-être, a été mise en liquidation judiciaire le 11 février 2018. Nous écrivons alors à la DDCSPP du Loir-et-Cher pour leur communiquer cette information, mais aussi nous émouvoir du sort des animaux présents sur le site, puisque la situation financière du couple semble précaire.  

La réponse de la DDCSPP est une nouvelle fois brève, mais témoigne qu’ils ont reçu notre alerte : « Nous n'avons à ce jour aucune information sur le devenir des animaux de la SAS Animal Bien-être. Nous allons demander à M. Poliakov et Mme Bruneau de nous indiquer ce qu'il en est. En vous remerciant de nous en avoir informé. » ce à quoi je me permets de répondre : « Merci beaucoup pour votre réponse et les actions que vous mettrez en place pour obtenir des informations sur le devenir des animaux de la SAS Animal Bien-être. J’avoue être assez inquiet sur le devenir des trois ours, car si la société est en liquidation judiciaire, je me demande comment le couple peut trouver les moyens de nourrir ses animaux. N’hésitez pas à me tenir informé si vous obtenez des renseignements et si une solution de placement doit-être trouvée. » Nous ne recevrons plus d’autre réponse. 

Le 6 septembre 2018, les Poliakov créent l’association Vive la fête. La création de cette structure leur aurait été conseillée par les autorités locales pour pouvoir continuer à exploiter leurs animaux malgré la liquidation judiciaire de leur entreprise.

Nous apprenons que les Poliakov se produisent avec leurs animaux dans des soirées privées, comme le 22 décembre 2018 lors d’une soirée où des convives sont invités à se coucher sur l’ours Micha, extrêmement affaibli, mais où le singe Mina est également présent. Nous obtiendrons malheureusement ces éléments après la dernière représentation publique de Micha en septembre 2019.

Entre temps, nous apprenons que de nombreuses associations sont soudainement intéressées par le dossier Poliakov. Ayant toujours mis l’intérêt des animaux avant le notre, nous partageons depuis plusieurs années toutes les informations que nous réussissons à trouver sur les Poliakov… ce qui n’est malheureusement pas réciproque. 

Ce n’est qu’en mai 2019 que le nom des dresseurs réapparaît sur le programme d’une fête médiévale, à Villedieu-le-Château. A cette période, AVES France participe aux côtés de nombreuses organisations de protection animale à la mission ministérielle sur le bien-être animal. Nous informons donc nos partenaires de la présence de l’ours à Villedieu-le-Château et leur demandons de ne pas divulguer l’information afin d’éviter toute annulation par les dresseurs. AVES France et FOUR PAWS décident de se rendre sur place afin de vérifier si Micha participe au spectacle, mais les Poliakov ont été mis en demeure de réaliser des soins sur l’animal et ne se déplacent finalement qu’avec leurs aras, expliquant au public que l’ours est malade.  

En septembre 2019, AVES France est alertée par un habitant des Hauts-de-France que les Poliakov vont se produire le dimanche 8 à Racquinghem. Dans le secret le plus total, nous décidons de nous rendre sur place. Nous ne prévenons qu’un enquêteur de la fondation 30 millions d’amis afin d’organiser un contrôle par des agents de l’OFB et veillons à ce que la DDCSPP du Loir-et-Cher ne soit pas tenue informée de ce contrôle et de notre présence sur place. 

Lorsque l’ours Micha entre en scène, nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Micha apparaît affaibli. Il refuse d’exécuter certaines parties du spectacle, alors qu’il reproduit ce numéro invariablement depuis des années. Il s’assoit, s’allonge, renverse les obstacles que ses dresseurs lui imposent de franchir. Des jets d’urine s’échappent à chaque fois que ses pattes infectées touchent le sol. L’ours est mourant. Pourtant, les dresseurs ont obtenu quelques jours auparavant un certificat vétérinaire attestant que Micha est en capacité de réaliser son spectacle. Ce sera son dernier.

 

A la fin de la représentation, deux agents de  l’OFB réalisent un contrôle qui provoque l’ire d’Alexandre Poliakov, mais les dresseurs sont autorisés à repartir avec l’ours. 

Sur la route du retour, traumatisés par les images de cet ours en souffrance, nous publions l’intégralité de la vidéo sur nos réseaux sociaux et envoyons ces images au cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire.

Parallèlement, nous apprenons que l’association One Voice s’est procurée des vidéos des ours dans leurs geôles de béton, tournées chez les dresseurs et les a publiées. Nous alertions sur les conditions de détention des ours depuis longtemps, grâce aux photos transmises par d’anciens employés, mais enfin le ministère prend la mesure de ce dossier. Tous les médias se font l’écho du calvaire des ours des Poliakov et reprennent les dernières images de Micha, tournées par notre association à Racquinghem. La ministre ordonne une inspection, qui confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapables de les faire prodiguer, les Poliakov décident de confier l’ours au zoo-refuge La Tanière, où il recevra des traitements pendant plusieurs semaines. Il meurt pourtant le 12 novembre 2019, affaibli par des années de mauvais traitements. 

Sous la pression, nous parvenons à obtenir la saisie des deux autres ours détenus par le couple. Le mâle, Bony, est envoyé au refuge de l’Arche. La femelle, Glasha, est envoyée au Bärenpark Schwarzwald, en Allemagne, où elle est renommée Franca. AVES France est alors tenue à l’écart des échanges entre la préfecture et les fondations, ce qui reste traumatisant encore aujourd’hui vu notre investissement sur ce dossier. 

Enfin un procès pénal : l’heure des comptes ? 

L’énorme médiatisation du dossier pousse de très nombreuses organisations de protection animale à déposer plainte contre les dresseurs. De notre côté, conscients des enjeux et de l’importance de ce procès à venir, nous prenons le temps de réunir tous les éléments que nous avons rassemblé pendant de nombreuses années pour que notre plainte soit complète et permette de mettre en lumière l’ampleur du dossier. Notre plainte est déposée en décembre 2019. 

Lors de l’audience qui a été reportée d’un an à cause de la pandémie de Covid-19, huit associations se sont constituées partie civile. C’est donc le mercredi 12 mai 2021 que s’est tenu le procès de Dany Bruneau et de Alexandre (Sacha) Poliakov. 

13h49 : ouverture de l’audience. 

Nous apprenons que Mme Bruneau ne sera pas présente, car elle serait hospitalisée pour une maladie grave. Monsieur Poliakov, lui, s’avance à la barre.

Le Président du Tribunal lui rappelle les nombreuses infractions pour lesquelles il est poursuivi, avant de revenir sur l’enquête de l’OFB qui a conduit à la rédaction d’un Rapport de Manquements Administratifs suite à un contrôle en février 2019, dont les prévenus ont pris possession mais qu’ils n’ont pas lu.

Le Président rappelle qu’en 2015, M. Poliakov a demandé une extension de son autorisation d’ouverture pour accueillir des perroquets, et que la DDCSPP lui a donné cette autorisation, mais qu’il s’était engagé à réaliser des travaux avant le 31 décembre 2015. Or, lors du contrôle de février 2019, les travaux n’étaient pas terminés et les oiseaux vivaient toujours dans une ancienne remorque de camion frigorifique sans lumière extérieure et sans accès à une volière. M. Poliakov évoque des problèmes de trésorerie et des travaux réalisés mais non terminés, affirmant qu’aujourd’hui, les travaux sont terminés. 

Pourtant en mars 2019, un rapport vétérinaire indiquait que les oiseaux restaient 365 jours par an dans leurs petites cages avec cette conclusion : “Il est contre les bonnes pratiques et le bien-être animal de maintenir des oiseaux dans un local fermé, non aéré et sans accès extérieur et à la lumière naturelle 365 jours par an.” C’est le même vétérinaire qui s’était alarmé de l’état de santé de Micha et avait recommandé un “suivi vétérinaire plus soutenu et ne plus faire de représentation dans sa condition médicale”. Il poursuivait en disant qu’“en l’état actuel des choses, il est pour moi médicalement contre-indiqué de déplacer cet animal de son environnement, tout mouvement forcé étant une source de douleur importante.”

Le Président attire ensuite l’attention du prévenu sur la détention illicite du singe magot. M. Poliakov affirme que la DDCSPP a perdu son dossier en 2015. Il a redéposé un dossier qui a été rejeté. M. Poliakov finit par avouer détenir illégalement le singe, que nous avions vu travailler lors d’une prestation en décembre 2018.

La détention illégale concerne aussi un ara militaire qui avait été utilisé à Villedieu-le-Château, ce qu’avait pu identifier Arnauld Lhomme en visionnant nos photos du spectacle, puisque nous étions présents à cette représentation. La provenance de plusieurs oiseaux reste douteuse.

Le rapport de l’OFB indique aussi qu’aucun animal n’était identifié sur le fichier i-Fap, ce qui a depuis été régularisé.

Le Président s’étonne qu’il faille toujours autant de temps à M. Poliakov pour tenir compte des remarques de l’administration et remet en cause son professionnalisme. “Vous étiez dans le collimateur d’associations de protection des animaux depuis 2014, suite à des spectacles ou des dénonciations d’anciens employés. C’est de cette manière que le focus a été mis sur votre exploitation” poursuit le Président, avant d’enchaîner sur la qualification de ces “employés”. Etait-ce du travail dissimulé ?

Alexandre Poliakov affirme que c’était des stagiaires, des cavalières qui venaient pour monter les chevaux.

– Contre quelle contrepartie ? l’interroge-t-on.
– Rien. Parfois elles voulaient aider, nettoyer, alors on nettoyait les box ensemble.

Le Président du Tribunal énumère les témoignages de ces jeunes femmes qui, après leurs absences, devaient récurer les box, parfois plein de crottin ; jusqu’à 40 cm !

Ils pataugeaient dans leurs déjections ! M. Poliakov dit : “patauger ça veut dire dans l’eau ?” Il lui est répondu que “patauger” signifie que les box étaient plein de crottin et d’urine et que le terme “patauger” est tout à fait approprié.

M. Poliakov affirme qu’au maximum les box n’étaient pas récurés pendant une semaine et que les chevaux étaient au pré. Mais alors comment autant de témoignages concordants peuvent affirmer le contraire et les conditions déplorables dans lesquelles vivaient les chevaux ? Même la DDCSPP, en 2017, met en demeure le couple et précise que les box non curés entraînent des infections au niveau des sabots des chevaux.

Après l’inspection du 8 juin 2017, laquelle conduit la DDCSPP à mettre en demeure le couple pour plusieurs manquements (travaux non terminés, identifications de nombreux animaux manquantes, soins aux animaux non réalisés…), M. Poliakov s’était engagé à terminer les travaux pour mars 2018, ce qui est resté une vaine promesse.

Le Président poursuit sur l’état des ours, qui n’étaient plus suivis par un vétérinaire depuis le dernière visite de Florence Ollivet-Courtois en 2011. Le Président rappelle que le rapport de février 2019 indiquait dans quel était dramatique était Micha : “Le vétérinaire dit que l’animal ne pouvait plus marcher, que c’était handicapant ; ça ne vous a pas alertés ?” M. Poliakov assure qu’il faisait des soins à son ours tous les jours, ce que réfutent les vidéos tournées par One Voice. Pour la représentation à Racquinghem, c’est leur vétérinaire pour animaux domestiques qui leur a fourni un certificat disant que l’état de santé de l’ours était satisfaisant. “Il n’y a que des vétérinaires chiens et chats chez nous, pas de vétérinaire pour les animaux sauvages” se défend Alexandre Poliakov, refusant de reconnaître que son ours n’était pas en état pour se produire à Racquinghem. Le Président déplore que le vétérinaire en question, qui a été entendu par la gendarmerie, n’a pas été interrogé sur ce certificat.

“L’ours a bien travaillé ? C’était une belle représentation ?” demande le Président, qui a vu les images que nous avons tournées lors de la dernière représentation de Micha.

 

“L’ours il faisait tout tout seul, répond M. Poliakov, il fallait à peine le guider”. Ce jour-là, Micha n’en pouvait plus, il renversait les obstacles, s’allongeait. Il était à bout de forces. Son niveau de douleur était estimé à 11. Le procureur rappelle le choc des images, de la souffrance des animaux à laquelle M. Poliakov semble hermétique. Il rappelle une condamnation à une amende avec sursis le 3 avril 2013 pour défaut de certificat de capacité. Il rappelle les nombreux contrôles depuis son installation dans le Loir-et-Cher, les nombreuses procédures, mises en demeure (2008, 2009, 2011, 2017, 2019…). Il aura fallu la mort de Micha, une pression médiatique et des poursuites judiciaires pour qu’enfin M. Poliakov prenne la mesure de ses actes et assume ses responsabilités.

Le procureur considère que la situation financière de M. Poliakov et Mme Bruneau ne permet pas de les condamner à des amendes, et propose donc 1 mois de prison avec sursis à l’encontre de Mme Bruneau et 4 mois avec sursis pour M. Poliakov. A la demande des associations parties civiles, il réclame des peines complémentaires, et notamment l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des animaux, de détenir des animaux et la confiscation de leurs animaux, ainsi que 400€ par contravention.

Alors que nous attendions ce procès depuis des années pour insister sur les nombreux éléments qui constituaient notre plainte et les conclusions de partie civile préparées par Géo Avocats, le défilé des trop nombreuses parties civiles dans ce dossier a rapidement semblé énerver le président du tribunal. Passant après les plaidoiries plus ou moins pertinentes d’associations plus ou moins proches du dossier, nous avons du résumer au maximum notre intervention, ce qui fut frustrant étant donné notre connaissance du dossier. L’affaire a été mise en délibéré au 1er septembre 2021.

En attendant le délibéré, les animaux, même ceux détenus illégalement, devaient rester chez les Poliakov alors que Alexandre Poliakov était désormais chauffeur-livreur en intérim et que Mme Bruneau était - aux dires de Monsieur Poliakov - hospitalisée pour une maladie grave. Dès le lendemain de l’audience, j’adressais un mail aux services de l’Etat pour leur demander qui allait prendre soin des animaux. Pas de réponse. 

Un verdict largement en-dessous de nos attentes

Le 1er septembre 2021, le jugement correctionnel tombe. 

Le Tribunal correctionnel de Blois reconnaît Monsieur Poliakov coupable :

  • de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés ;
  • du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha ;
  • du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques,
  • du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques ;
  • du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité ;
  • du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.

Le Tribunal l’a ainsi condamné à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple et à 150 € d’amende.

Le Tribunal a également reconnu Madame Bruneau coupable de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés, et l’a condamnée à 150€ d’amende.

Au-delà des manquements administratifs, seul M. Poliakov est reconnu coupable du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha. 

Sur l’action civile, le tribunal a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de Action protection animale, mais recevables les constitutions de partie civile de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis concernant leurs demandes dirigées à l’encontre de Monsieur Poliakov et uniquement s’agissant de l’infraction de mauvais traitement commis septembre 2019 à Racquinghem au préjudice de l’ours Micha. L’action civile reposait donc sur les images qu’AVES France a pu tourner lors de la dernière représentation de l’ours. Sans notre travail et les alertes transmises à l’administration pendant plusieurs années, les Poliakov auraient-ils été condamnés ? 

Cette reconnaissance de notre travail par le tribunal rend pour nous encore plus incompréhensible le refus de l’administration d’échanger avec nous, mais également le comportement de certaines autres parties civiles, qui ont réécrit l’histoire à leur avantage ou refusé par la suite de répondre à nos sollicitations pour obtenir la saisie définitive de l’ensemble des animaux. 

Après le verdict, une interrogation sur le devenir des animaux

Nous n’espérions pas recevoir des dommages et intérêts dans ce dossier. Même si les Poliakov ont été condamnés à nous verser 250€ au titre des dommages et intérêts et 150 euros au titre des frais de justice, sommes que nous n’avons pas reçues à ce jour, nous avions prévu de reverser à la fondation pour les Ours qui prend en charge l’ourse Franca depuis novembre 2019. 

Le sort des animaux a toujours été notre seul moteur et nous avons soutenu les structures qui ont pris en charge les ours à la hauteur de nos moyens. Nous avons attribué 2500€ au refuge de l’Arche et plus de 4000€ à la fondation pour les Ours, qui gère le Bärenpark Schwarzwald. 

Le tribunal n’ayant pas prononcé de peines complémentaires, seule la préfecture pouvait déterminer le sort des animaux. Nous avons donc écrit au ministère et aux services de la préfecture pour les prier de prononcer la fermeture de l’établissement des Poliakov et la saisie des animaux. 

La préfecture n’a jamais répondu à nos sollicitations, ni à nos courriers recommandés, ni à ceux envoyés par le cabinet d’avocats qui nous représente, qui se faisaient également le relais des équipes du Bärenpark Schwarzwald. 

Devant l’absence de réponse à nos sollicitations, nous avons lancé une pétition en ligne sur le site MesOpinions.com, relayée en Allemagne par la fondation pour les Ours.

Nous avons demandé et obtenu le soutien de plusieurs députés et du sénateur Bazin, qui nous a informé la semaine dernière, alors que nous étions en visite au Bärenpark Schwarzwald pour prendre des nouvelles de l’ourse Franca, qu’il avait reçu une réponse du préfet du Loir-et-Cher l’informant de la fermeture de l’établissement des Poliakov, et donc du placement définitif des ours, qui resteront dans leurs structures d’accueil. 

Mais notre surprise, c’est que cet arrêté a été pris le 28 octobre 2021 ! 

Depuis des mois, nous continuons à nous battre pour obtenir la fermeture de l’établissement des Poliakov et la saisie des animaux, alors que la préfecture a signé la fin de la partie le 28 octobre 2021. Pire, le singe Mina et des perroquets, pour lesquels nous avions envoyé des courriers à l’administration afin d’obtenir le placement, seraient morts depuis le mois de juin 2021 ! 

Aujourd’hui, le dossier Poliakov/Bruneau se referme enfin. Ce dossier aura été une parfaite illustration de bout en bout de la difficulté de mettre en place le sauvetage d’animaux sauvages en France, avec une administration qui refuse tout échange, mais également des associations ou refuges qui se méprisent, s’ignorent, ou se tirent dans les pattes… L’image que nous avons donné à l’étranger est déplorable, et tout autant incompréhensible pour nous qui nous battons bénévolement pour les animaux. Malgré ce constat amer, nous avons renforcé nos liens avec certaines structures. Nous savons aujourd’hui qui se bat pour la gloire et qui met ses forces au service des animaux. C’est avec les secondes que nous continuerons à travailler dans les prochaines années. 

Depuis qu’elle est arrivée au Bärenpark en novembre 2019, personne n'a pris de nouvelles de Franca à part AVES France. Elle vit désormais dans des conditions idéales, dans un vaste enclos forestier en forêt noire, même si elle devra finir sa vie en captivité. Espérons qu’elle réussira à oublier, un jour, la vie misérable qui lui a été imposée chez ses anciens dresseurs. Nous nous engageons à vous donner régulièrement de ses nouvelles. 

Affaire Poliakov : le parquet ne fera pas appel !

Quelques jours après l’annonce du verdict dans l’affaire qui nous opposait aux dresseurs Alexandre Poliakov et Danya Bruneau, AVES France a demandé au procureur d’interjeter appel de la condamnation pénale. Nous apprenons aujourd’hui que le parquet ne fera pas appel.

 

Rappel du verdict : 

Par une décision en date du 1er septembre 2021, le Tribunal correctionnel de Blois a reconnu Monsieur Poliakov coupable :

  • de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés ;
  • du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha ;
  • du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques,
  • du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques ;
  • du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité ;
  • du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.

Le Tribunal l’a ainsi condamné à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple et à 150 € d’amende.

Le Tribunal a également reconnu Madame Bruneau coupable de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés, et l’a condamnée à 150€ d’amende.

Pourquoi nous demandions au procureur de faire appel ?

Lors du procès, malgré un dossier accablant, le procureur avait requis de ne pas prononcer des peines d’amendes, la situation financière des dresseurs étant extrêmement précaire. Toutefois, nous avions insisté sur l’importance de prononcer des peines complémentaires, afin de sceller le sort de leurs animaux.

Les peines complémentaires étaient celles que nous attendions le plus au cours de ce procès. Nous espérions obtenir :

  • le retrait des certificats de capacité
  • la saisie de l’ensemble des animaux et leur placement dans des structures adaptées
  • l’interdiction de posséder des animaux

Le 1er septembre, le Tribunal a reconnu la culpabilité des dresseurs Alexandre Poliakov et Danya Bruneau, mais ne s’est pas prononcé sur l’avenir des animaux, laissant cette décision entre les mains de l’administration.

En tant que partie civile, AVES France pourrait faire appel des dispositions civiles, c’est à dire demander la révisions des dommages et intérêts qui nous ont été alloués. Mais le but de ce procès n’était pas d’obtenir de l’argent (les dommages et intérêts que nous avions demandés devaient être reversés au Bärenpark Schwarzwald de la Fondation pour les ours, qui prend en charge Franca (ex-Glasha depuis novembre 2019).

Seul l’appel du procureur avait un sens à nos yeux, puisqu’il aurait pu interjeter appel des dispositions pénales (donc de la peine prononcée) afin qu’un juge statue sur le sort des animaux.

 

Et maintenant ? 

AVES France reste mobilisée pour que le ministère de la transition écologique et la préfecture du Loir-et-Cher se saisissent de la condamnation pénale (puisqu’on le rappelle, les dresseurs ont tout de même été reconnus coupables d’actes de maltraitance) afin de prononcer le retrait des certificats de capacité des dresseurs et la saisie des animaux.

La préfecture a le pouvoir de retirer les certificats de capacité qu’elle attribue lorsque les dresseurs font preuve de manquements et de négligences. Les trois ours des Poliakov n’avaient pas vu un vétérinaire depuis 10 ans. Les perroquets ont vécu dans le noir, sans accès à un espace volière pendant de longues années. Les chevaux vivaient dans des box non récurés. Plusieurs animaux étaient détenus illégalement. Le singe et certains perroquets étaient utilisés en représentations en toute illégalité. Le procès pénal a confirmé tous ces éléments du dossier, même si certains actes étaient prescrits.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons tous les soutiens possibles (associations, particuliers, parlementaires…), pour appuyer nos demandes auprès du ministère de la transition écologique et du préfet du Loir-et-Cher, afin qu’ils appliquent des sanctions administratives, sur la base de la condamnation pénale. 

Le retrait des certificats de capacité des dresseurs permettrait d’obtenir la saisie des animaux et leur placement dans des sanctuaires adaptés.

Nous vous invitons à partager encore notre pétition : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/condamnation-penale-poliakov-demandons-placement-immediat/156839

Vous pouvez aussi interpeler l’administration sur Twitter à l’aide de ce Tweet : Procès #Poliakov : le parquet ne fera pas appel. Le sort des #animaux est entre les mains du @prefet41. Je soutiens l'action d'@aves_france et je demande le placement de l'ensemble des animaux dans des structures adaptées. @Ecologie_Gouv Cliquez pour tweeter

Lettre ouverte : AVES France et la STIFTUNG für BÄREN demandent à Barbara Pompili et au Préfet du Loir-et-Cher de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019

Le 6 septembre 2021, l’association AVES France, la STIFTUNG für BÄREN / Fondation pour les Ours et le cabinet Géo Avocats ont adressé un courrier recommandé à Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique et à François Pesneau, Préfet du Loir-et-Cher, leur demandant de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019.

Voici les courriers qui leur ont été adressés et pour lesquels nous attendons une réponse dans les plus brefs délais, nos e-mails étant restés sans réponse.

Courrier de l’association AVES France : 

Madame la Ministre,
Monsieur le Préfet du Loir-et-Cher,

Vendredi 14 mai 2021, soit deux jours après le procès des Poliakov auquel j’ai pu assister en tant que représentant de partie civile pour AVES France, j’ai envoyé un message au ministère de la transition écologique, à la DDETSPP et à l’OFB pour vous interroger sur le devenir des animaux détenus à Chauvigny-du-Perche, le verdict ayant été mis en délibéré au 1er septembre 2021.

Nous avions appris lors du procès que Mme Bruneau était hospitalisée pour une maladie grave et que M. Poliakov était devenu chauffeur livreur. Je vous avais alors fait par de mon inquiétude pour les animaux encore sur place, ne sachant pas qui en prendrait soin. Seul le ministère m’a répondu, pour me dire que vous n’aviez pas d’information mais que vous alliez vous rapprocher de l’OFB.

Mercredi 1er septembre, après des mois d’attente, nous avons enfin reçu le verdict dans l’affaire qui nous opposait aux Poliakov.

Nos alertes n’ont jamais été prises au sérieux. Le procès a confirmé qu’en plus de la maltraitance sur leurs ours et le défaut de soins puisqu’aucun veterinaire spécialisé n’avait visité les animaux depuis une dizaine d’années, les perroquets étaient détenus dans une remorque sans accès à la lumière du jour et les chevaux vivaient dans des box non récurés. Le procès a prouvé que les témoignages que nous recevions et que nous partagions avec la DDCSPP du Loir-et-Cher étaient justifiés et que les Poliakov ne s’occupaient pas correctement de leurs animaux.

Aujourd’hui, malgré un dossier pénal très lourd, contenant de multiples éléments à charge, le tribunal n’a condamné monsieur Poliakov qu’à 4 mois de prison avec sursis et 150€ d’amende, et madame Bruneau à 150€ d’amende, certains faits étant prescrits. Nous les avions pourtant dénoncés en temps et en heure, mais l’administration les avait ignorés.

Je ne vous cache pas ma sidération à l’annonce du verdict, ainsi que celle de nos soutiens et de nos partenaires. Nous ne nous attendions pas à des peines d’amende élevées, le tribunal ayant suivi les réquisitions du procureur, mais nous espérions que ces peines dérisoires seraient compensées par des peines complémentaires.

Nous comptions évidemment sur ces peines complémentaires pour régler définitivement le sort des animaux encore présents chez les dresseurs, mais également la situation administrative précaire des ours qui ont été placés au refuge de l’Arche et au Bärenpark Schwarzwald de la Fondation pour les Ours, en Allemagne.

En refusant de se prononcer sur le sort des animaux, le tribunal renvoie cette responsabilité à la préfecture, qui n’a rien fait pour les protéger pendant de trop longues années. Notre crainte est évidemment que les dresseurs puissent conserver leurs animaux malgré leur condamnation. Nos partenaires en Allemagne sont extrêmement inquiets du devenir de Franca (ex Glasha), qui retrouve peu à peu une vie normale depuis son placement en novembre 2019. Vous trouverez, jointe à notre courrier, la lettre de la Fondation pour les Ours demandant que soit prononcé le placement définitif de Franca dans leur sanctuaire.

En quelques jours, plus de 36.500 personnes ont également signé notre pétition, appuyant le courrier qui vous a été envoyé par le cabinet Géo Avocats, qui nous représente dans cette affaire.

Nous vous demandons :

  • de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019 ;
  • de procéder au retrait des certificats de capacité de Monsieur Poliakov et Madame Bruneau ;
  • d’ordonner la fermeture  de l’établissement mobile de présentation au public d’animaux vivants d’espèces non domestiques et de  l’établissement d’élevage d’ours non ouvert au public exploité par Madame Bruneau et Monsieur Poliakov.

Madame la Ministre, nous vous demandons de bien vouloir vous rapprocher de la préfecture du Loir-et-Cher, de la DDETSPP et de l’OFB afin que la situation administrative des animaux soit réglée au plus vite.

Merci par avance de me tenir informé des actions qui seront entreprises par vos services.

Je vous prie d’agréer, madame la Ministre, Monsieur le Préfet, l’expression de ma très haute considération.

Christophe CORET
Président d’AVES France

Pour rappel :

Résumé du verdict du 1er septembre 2021 :

SUR L’ACTION PUBLIQUE

Alexandre POLIAKOV :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Relaxe du chef d’utilisation non autorisé d’animal d’espèce non domestique, les seuls faits matériellement constatés n’ayant pas eu lieu le 5 février 2019 à CHAUVIGNY DU PERCHE (natinf 10442),
• constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; coupable de cette infraction pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha, le prévenu ayant accepté à l’audience en présence de son avocat de comparaître volontairement sur ces faits (natinf 22458),
• Coupable du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 25588),
• Coupable du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 10450),
• Coupable du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité (natinf 10452)
• Coupable du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification (natinf 32752).

condamne Alexandre POLIAKOV à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple , le condamne à 150 € d’amende pour la C4

Dany BRUNEAU :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; (natinf 22458)

Condamne Dany BRUNEAU à la peine de 150 € d’amende pour la C4

SUR L’ACTION CIVILE

Constate que l’association ACTION PROTECTION ANIMALE a été fondée le premier mai 2020 et a été déclarée le 16 juillet 2020 au registre des associations du TJ de Metz soit postérieurement aux faits pour lesquels les prévenus sont poursuivis ; déclare en conséquence irrecevable sa constitution de partie civile en application des dispositions de l’article 2-13 du code de procédure pénale ;

Déclare irrecevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis s’agissant de leurs demandes dirigées à l’encontre de Madame BRUNEAU l’infraction pénale dont le tribunal la déclare coupable n’étant pas visées à l’article 2-13 du code de procédure pénale qui est d’interprétation stricte.

Déclare recevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis concernant leurs demandes dirigées à l’encontre de Monsieur POLIAKOV et uniquement s’agissant de l’infraction de mauvais traitement commis courant septembre 2019 à Raquinghem au préjudice de l’ours Micha.

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association ONE VOICE la somme de 500 € de DI + 200 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association AVES France la somme de 250 € de DI + 150 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation BB la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation 30 millions d’amis la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association Stéphane LAMART la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association du club d’étude et de protection des animaux et de la nature la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la SPA la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

 

Courrier de la Fondation pour les Ours : 

Courrier du cabinet Géo Avocats : 

 

Procès Poliakov : AVES France s’est constituée partie civile

Communiqué de presse - 3 mai 2021

La mort de l'ours Micha avait créé l'émoi en 2019 ; le procès de ses dresseurs se tiendra enfin le 12 mai prochain.

LES POLIAKOV DEVANT LA JUSTICE.
Pour AVES France, les Poliakov ne doivent plus pouvoir détenir le moindre animal. 

 

Mercredi 12 mai 2021 se tiendra le procès pénal d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs sera jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances. L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, a déposé une plainte en décembre 2019 et s’est constituée partie civile lors de ce procès. 

Avis d’audience à partie civile :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/6830c1ded2b0c44e1612515229d93950

AVES France est une association de protection de la nature et de la faune sauvage libre et captive, dont le siège social est situé à Rouen. C’est la seule association française à s’être spécialisée contre les spectacles d’ours et de loups. Elle dénonce ces spectacles depuis 2005 et se rend régulièrement sur les lieux de spectacles afin de filmer les représentations, pour sensibiliser le public et le législateur. AVES France a notamment participé en 2019 à la mission ministérielle sur le bien-être animal lancée par François de Rugy, alors ministre de la transition écologique et solidaire, et rencontré de nombreux députés pour les convaincre d’interdire ces spectacles moyenâgeux. 

Rencontre avec Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias à l'Assemblée nationale, le 12 novembre 2019, juste avant d'apprendre la mort de l'ours Micha. 

 

L’association connaissait bien les Poliakov, rencontrés à plusieurs reprises lors de leurs représentations. Au cours des dix dernières années, AVES France avait alerté les autorités administratives et judiciaires sur le cas préoccupant de l’ours Micha, et notamment sur ses problèmes de santé. 

En 2014, un soigneur animalier avait contacté l’association AVES France pour dénoncer les conditions de détention des animaux détenus par le couple : « il m'a fallu quelques jours à peine pour me rendre compte que les conditions de captivité des ours (et des autres animaux qu'ils possèdent) sont inacceptables », affirmait ce témoin resté cinq mois sur place, et révélant que Micha « a de nombreux problèmes de santé, il ne s'use pas les griffes du coup celles ci ont tendance à rentrer dans la plante du pied et a occasionner des blessures, il a aussi des gros problèmes "d'allergies". C'est le seul qui sort un peu, pour aller travailler en spectacle. »

Son témoignage était accompagné de photos des ours dans leur prison de béton, que nous avions transmises aux autorités… 

2 des 3 ours des Poliakov dans leurs cellules en 2014 - photos confiées à AVES France par un ancien employé des Poliakov. 

 

« En mai, à cause d'une inspection de la DDPP, ils ont été transférés en urgence dans le bâtiment (deux heures avant l'arrivée des inspecteurs). Cela a ensuite posé de nombreux problèmes car les travaux n'étaient pas terminés, du coup même si leur espace de vie était plus grand, leur conditions de vies étaient à mon sens moins bonnes (sol en béton brut, copeaux toujours humides, pas de lumière…). De plus, c'est devenu dangereux de les nourrir puisqu'ils pouvaient passer les pattes à travers les grilles, j'ai failli me faire accrocher plusieurs fois par Glasha et j'ai même perdu un arrosoir en l'abreuvant. Bony avait même développé un pathologie qui pour moi était une sorte de gale puisqu'il perdait ses poils et se grattait jusqu'au sang contre les murs Quand je suis parti le parc n'était toujours pas terminé (et loin de l'être) et de toute manière Sacha m'avait confié que les ours ne seraient pas sortis dedans régulièrement. Parce que d'une part il voulait être présent en permanence pour les surveiller, et d'autre part il craignait que si ils étaient laissés trop libres, il ne veuillent plus "travailler". Anoter aussi qu'en 5 mois de présence je n'ai jamais vu les ours être sortis de leur logements (que ce soit pour travailler ou pour se promener). A part micha quand il allait en spectacle (peut être 3-4 fois en 5 mois). » poursuivait le témoin.

En 2015, Christophe CORET, Président d’AVES France, avait filmé l’ours qui présentait un boitement à la patte arrière gauche et des griffes non usées, qui se recourbaient sous ses soles plantaires. « C’était un problème connu qui aurait du pousser les autorités à intervenir, mais les signalements et les plaintes de notre association ont été classées et la préfecture du Loir-et-Cher nous a adressé une fin de non recevoir. Pourtant, d’anciens employés nous ont fourni des attestations pour dénoncer la situation, déjà alarmante à l’époque, des trois ours détenus par le couple et de leurs autres animaux. Une personne s’est même rendue sur place pour leur acheter un âne et nous avait décrit l’état désastreux des enclos, nous affirmant que les box des chevaux n’étaient pas nettoyés et que les équidés avaient de la merde jusqu’aux genoux », affirme Christophe CORET. 

© AVES France - L'ours Micha à Crépy-en-Valois en 2015
La vidéo du spectacle : https://www.youtube.com/watch?v=uZvVzl0iqnE

« Circulez, il n’y a rien à voir ! » 

Les agents de la DDPP ont-ils seulement pris une seule fois nos alertes au sérieux ? La nouvelle propriétaire de l’âne nous a informé que c’est à elle qu’on cherchait des noises alors qu’elle avait acheté l’animal aux Poliakov pour le sortir de la misère. Les agents de la DDCSPP lui auraient reproché d’avoir acheté un animal non identifié. 

A chaque représentation des Poliakov avec l’ours Micha, AVES France contactait les DDPP des départements concernés. Pourtant, jamais aucun contrôle n’a permis de mettre un terme aux souffrances de Micha, les DDPP se conformant aux propos rassurants de leurs collègues du Loir-et-Cher, qui affirmaient que les problèmes de boitement de Micha étaient anciens et que rien ne l’empêchait de se produire normalement. Aujourd’hui encore, nous nous demandons pourquoi ils ont bénéficié toutes ces années d’une telle clémence de la part des agents de la DDCSPP du Loir-et-Cher. 

En 2018, le Président d’AVES France alerte à nouveau la DDCSPP du Loir-et-Cher et les informe de la liquidation judiciaire de l’entreprise des Poliakov, cyniquement nommée « SAS Bien-être animal ». « Nous nous sommes immédiatement inquiétés du sort de leurs animaux, et notamment de celui des trois ours, en proposant d’offrir une prise en charge. La DDCSPP n’était pas au courant de cette liquidation judiciaire et nous a dit prendre contact avec le couple, suite à quoi nous n’avons plus eu de nouvelles. » confie Christophe CORET. 

Echanges de mails avec la DDCSPP :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/c8c18a1cb7f4007bc5f312d6ce2d2449 

 

En 2019, tout s’accélère ! 

Ce n’est qu’en mai 2019 que le nom des dresseurs réapparaît sur le programme d’une fête médiévale, à Villedieu-le-Château. AVES France et FOUR PAWS décident de se rendre sur place afin de vérifier si Micha participe au spectacle, mais les Poliakov ont été mis en demeure de réaliser des soins sur l’animal et ne se déplacent finalement qu’avec leurs aras, expliquant au public que l’ours est malade. 

En septembre 2019, AVES France est alertée par un habitant des Hauts-de-France que les Poliakov vont se produire le dimanche 8 à Racquinghem. Dans le secret le plus total, nous décidons de nous rendre sur place. Nous ne prévenons qu’un enquêteur de la fondation 30 millions d’amis afin d’organiser un contrôle par des agents de l’OFB et veillons à ce que la DDCSPP du Loir-et-Cher ne soit pas tenue informée de ce contrôle et de notre présence sur place. 

 © Photo de Micha le 8 septembre 2019 à Racquinghem - Stéphanie Lefebvre pour AVES France

Lorsque l’ours entre en scène, nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Micha apparaît affaibli. Il refuse d’exécuter certaines parties du spectacle, alors qu’il reproduit ce numéro invariablement depuis des années. Il s’assoit, s’allonge, renverse les obstacles que ses dresseurs lui imposent de franchir. L’ours est mourant. Pourtant, les dresseurs ont obtenu quelques jours auparavant un certificat vétérinaire attestant que Micha est en capacité de réaliser son spectacle. Ce sera son dernier.

A la fin de la représentation, deux agents de  l’OFB réalisent un contrôle qui provoque l’ire d’Alexandre Poliakov, mais les dresseurs sont autorisés à repartir avec l’ours. 

Sur la route du retour, traumatisés par les images de cet ours en souffrance, nous publions l’intégralité de la vidéo sur nos réseaux sociaux et envoyons ces images au cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire.

https://www.facebook.com/watch/?v=927488810947095

Parallèlement, nous apprenons que l’association One Voice s’est procurée des vidéos des ours dans leurs geôles de béton, tournées chez les dresseurs et les a publiées. Nous alertions sur les conditions de détention des ours depuis longtemps, grâce aux photos transmises par d’anciens employés, mais enfin le ministère prend la mesure de ce dossier. Tous les médias se font l’écho du calvaire des ours des Poliakov et reprennent les dernières images de Micha, tournées par notre association à Racquinghem. La ministre ordonne une inspection, qui confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapables de les faire prodiguer, les Poliakov décident de confier l’ours au zoo-refuge La Tanière, où il recevra des traitements pendant plusieurs semaines. Il meurt pourtant le 12 novembre 2019, affaibli par des années de mauvais traitements. 

Sous la pression, nous parvenons à obtenir la saisie des deux autres ours détenus par le couple. Le mâle, Bony, est envoyé au refuge de l’Arche. La femelle, Glasha, est envoyée au Barenpark Schwarzwald, en Allemagne, où elle est renommée Franca.

© AVES France - arrivée de Bony au refuge de l'Arche.
La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=gPLjxQqBNrY

La mort de Micha, un drame qui aurait pu être évité. 

Les Poliakov sont incontestablement responsables de la mort de leur ours, et c’est ce que nous plaiderons lors du procès le 12 mai prochain. Alors que la DDCSPP nous demandait de regarder ailleurs et de « laisser les Poliakov tranquilles », nous savons maintenant que toutes nos craintes étaient parfaitement fondées et que l’administration qui avait en charge de protéger les animaux détenus par le couple a fermé les yeux sur leurs difficultés, leurs négligences et a laissé la situation se dégrader, alors que leur rôle aurait du être de les convaincre à confier leurs animaux à des structures compétentes, étant en incapacité de leur offrir des conditions de vie décentes. 

Leurs animaux n’avaient plus vu un vétérinaire depuis 2011, alors que le certificat de capacité qui leur a été accordé par la préfecture les obligeait à prendre soin de leurs animaux. L’autopsie de Micha a révélé (entre autres) qu’il était infesté de parasites, puisqu’il n’avait plus reçu de vermifuge depuis 2011. Sa patte arrière gauche était infectée et sanglante. L’ours présentait des masses infiltrantes et purulentes sur toute la surface de la peau, ce qui n’a pas empêché ses dresseurs de lui imposer des représentations. 

Pire, le battage médiatique autour de cette affaire, lors du dernier semestre 2019, conduit un particulier à nous contacter, pour nous raconter que l’ours Micha et le singe Mina ont participé à l’arbre de Noël d’une entreprise en décembre 2018. L’ours déambulait dans la maison en s’urinant dessus. Une vidéo montre un des organisateurs s’allonger sur l’ours devant ses dresseurs, alors que l’animal était déjà très probablement en souffrance. 

Les mises en demeure n’ont jamais été suivies de sanctions. L’enclos des ours n’a jamais été terminé. Les aras et les tourterelles vivaient dans la remorque d’un camion frigorifique sans accès extérieur, sans pouvoir jouir de la lumière du jour et sans volière. Les box des chevaux n’étaient pas nettoyés lorsque les stagiaires étaient absents ou en repos. Le singe Mina était détenu illégalement. Un des trois ours n’était pas correctement enregistré. Les ours vivaient dans ce que les Poliakov appelaient des tanières, mais qui étaient en réalité des box en béton qui n’ont jamais été terminés. Le témoignage de plusieurs employés ont confirmé que les ours n’avaient pas accès à l’extérieur tous les jours, parce qu’ils ne s’entendaient pas et que les Poliakov craignaient qu’ils ne veuillent plus travailler s’ils sortaient trop souvent. Pendant des années, seul Micha participait aux spectacles car c’était l’ours le plus docile. Les autres restaient enfermés, et Glasha ne sortait plus car ses dresseurs en avaient peur. 

On peut se demander pourquoi les Poliakov n’ont jamais accepté de remettre leurs animaux à des refuges adaptés. Pourquoi la DDCSPP n’a jamais cherché à les convaincre d’arrêter et pourquoi les associations qui lançaient l’alerte ont été considérées avec autant de mépris de la part des autorités administratives et judiciaires. 

Le 12 mai 2021, nous appelons les amis des animaux à se réunir pour rendre un dernier hommage à l’ours Micha, victime d’un système qui n’a pas su le protéger. 

Nous demanderons au tribunal de déclarer Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau coupables des infractions qui leur sont reprochées, d’ordonner la confiscation de l’ensemble des animaux détenus par Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement des articles 521-1 du Code pénal et L.215-11 du Code rural et de la pêche maritime, de prononcer l’interdiction définitive de détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal et de prononcer l’interdiction définitive d’exercice d’une activité professionnelle impliquant la représentation ou la détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal.

AVES France réclame 15.000 euros au titre de son préjudice moral, somme que l’association souhaite reverser en partie aux structures qui prennent en charge les ours exploités pour le divertissement. 

AVES France réaffirme sa volonté de faire interdire les spectacles des montreurs d’ours et de loups en France et continue à se mobiliser pour que le projet de loi voté en première lecture à l’assemblée nationale puisse être présenté prochainement au Sénat. Nous espérons qu’à l’issue de ce procès, Bony sera définitivement confié au refuge de l’Arche et Franca au Barenpark Schwarzwald de la Fondation pour les ours, en Allemagne. Mais nous pensons aussi à Valentin, à Lucien, à Lutchak, à Shadow et à Kilian, encore exploités en 2021 et qui ne peuvent toujours pas vivre leur vie d’ours. 

© Glasha a été renommée Franca à son arrivée au Bärenpark Schwarzwald. Crédit Stéphanie Lefebvre pour AVES France. 
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=LpW_bvJJPQ8


IMPORTANT : 
AVES France met gratuitement à la disposition des médias qui souhaitent aborder le procès Poliakov les photos et vidéos tournées lors des spectacles (lien du drive sur demande)

Christophe CORET, Président d'AVES France, représentera l'association le 12 mai prochain lors de l'audience des parties civiles. Il sera aux côtés de Maître Coline ROBERT, du cabinet GEO AVOCATS.

Christophe CORET est disponible pour les sollicitations média par téléphone, mail ou visioconférence.

Demandes de coordonnées :

 

Justice pour les ours Micha, Bony, Glasha et les animaux détenus par les Poliakov

En raison de la pandémie de COVID-19 qui touche notre pays,
l’audience du mercredi 8 avril 2020 a été reportée au mercredi 12 mai 2021.
AVES France vous invite à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Blois à partir de 12h :
https://www.facebook.com/events/502340711164168 

 

Le procès de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov (dits “les Poliakov”), le couple de dresseurs établis à Chauvigny-du-Perche, dans le Loir-et-Cher, aura lieu mercredi 8 avril 2020 à 13h30 au Tribunal judiciaire de Blois.

Suite à la mort de l’ours Micha, que nous avions filmé lors de sa toute dernière prestation à Racquinghem (62) le dimanche 8 septembre 2019, ses “propriétaires” sont poursuivis pour :

  • sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif
  • mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par l’exploitant d’un établissement détenant des animaux
  • placement ou maintien d’animal domestique ou d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance

L’association AVES France s’est évidemment constituée partie civile, puisque nous suivions ce dossier depuis de nombreuses années. Pour nous, la mort de Micha est un drame qui aurait pu être évité si l’administration avait joué son rôle et n’avait pas fait la sourde oreille lors des nombreux signalements qui lui ont été rapportés. Micha a été exploité jusqu’à la fin, dans des conditions effroyables (cf. L’ours Micha et le singe Mina exploités par les Poliakov lors d’une soirée privée à Villenave d’Ornon le 22 décembre 2018). C’est la raison pour laquelle nous demandons aujourd’hui le retrait définitif de tous les animaux détenus par le couple et de leur certificat de capacité.

Les Ours Bony et Glasha saisis sous la pression

La mort de Micha a créé une onde de choc et une large médiatisation, qui a même dépassé nos frontières. L’administration a été mise en cause et une forte pression a été exercée sur le Préfet du Loir-et-Cher dans le but de protéger les autres animaux détenus par le couple. Vendredi 29 novembre 2019, les ours Bony et Glasha ont enfin été saisis afin de recevoir des soins dans des sanctuaires adaptés. Leur saisie n’est cependant pas définitive et c’est la raison pour laquelle nous attendons le procès du 8 avril 2020 avec impatience. Nous espérons également pouvoir obtenir la saisie des autres animaux, et notamment le singe Mina qui a été exploité illégalement pendant plusieurs années.

Aujourd’hui, Bony est au Refuge de l’Arche (cf. Les ours des Poliakov, Bony et Glasha, ont été placés dans des refuges).

Glasha, renommée Franca, a été prise en charge par l’Alternativer Wolf- und Bärenpark Schwarzwald. Catherine et Beate nous donneront de ses nouvelles le samedi 22 février 2020 dans le cadre de la Journée mondiale pour sauver les ours, et en profiteront pour nous expliquer comment le Parc Alternatif des Loups et Ours de la Forêt-Noire prend en charge les animaux qui ont souffert de la captivité et du dressage.

5000 € pour soutenir les refuges

Grâce à votre soutien, mais aussi avec l’aide des utilisateurs du moteur de recherche Lilo, AVES France a pu effectuer un don de 2500€ fin 2019 pour soutenir le refuge de l’Arche, qui a pris en charge Bony. Le conseil d’administration de l’association a décidé d’attribuer un autre don de 2500€ au Bärenpark Schwarzwald pour sa prise en charge de Glasha – Franca.

 

L’Etat doit mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages !

Si les Poliakov sont responsables des mauvais traitements sur les animaux dont ils avaient la charge, il faut se rappeler que l’exploitation des animaux sauvages est encore légale en France, dans les cirques, les spectacles fixes ou itinérants, dans les soirées privées…

Près d’un an après le lancement de la Mission ministérielle sur le bien-être animal par le Ministère de la transition écologique et solidaire, où sont les annonces promises ? Les décisions courageuses ? Les mesures ambitieuses ? Faudra-t-il d’autres Micha pour qu’enfin nos politiques aient le courage de mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages captifs en France ?

Notre pétition contre les spectacles ayant recours à des ours et des loups : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/montreurs-loups-mettons-terme-exploitation-animaux/44785

Cyber-action : Libérons les animaux des Poliakov (ours Bony et Glasha, singe Mina, perroquets…)

EDIT : L’ours Micha est mort le 12/11/2019. Le texte de la  cyber-action a été mis à jour. 915 mails ont été envoyés au Préfet à ce jour. Continuons de demander au Préfet du Loir-et-Cher le retrait du certificat de capacité des Poliakov et le placement de Bony et Glasha, mais aussi des autres animaux dans des structures adaptées.

Cyber-action après le texte
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En septembre 2019, suite aux actions des associations, l’ours Micha a été placé au zoo-refuge La Tanière pour y recevoir des soins. S’il n’avait pas reçu un traitement adapté, l’ours Micha aurait pu mourir d’une infection généralisée. Pourtant, AVES France, comme d’autres associations, dénoncent les conditions de vie des animaux des Poliakov depuis de nombreuses années, sans la moindre réaction des autorités. C’est sous la pression des associations et des médias que Micha a échappé à la mort.

Dès le 18 septembre 2019, à notre initiative, 21 organisations de protection animale ont adressé un courrier à la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, pour dénoncer l’incapacité des Poliakov à prendre soin de leurs animaux et demander le placement en urgence de tous leurs pensionnaires dans des refuges adaptés. Nous n’avons JAMAIS reçu de réponse à ce courrier.

Le député Loïc Dombreval a dénoncé cette situation dans un tweet : « La situation de l’ours Mischa démontre l’inefficacité totale des contrôles règlementaires alors qu’il reste de nbx autres animaux en captivité dans des états de santé déplorables » et a envoyé un courrier au Préfet du Loir-et-Cher pour demander le placement des ours Bony et Glasha.

Le zoo-refuge La Tanière, qui a pris en charge l’ours Micha, a également publié une lettre-ouverte au Préfet du Loir-et-Cher pour dénoncer cette situation :

La réponse du Préfet du Loir-et-Cher au député Loïc Dombreval n’est pas satisfaisante :


Ensemble, libérons les animaux des Poliakov !

Trop, c’est trop !
2 mois après le sauvetage de l’ours Micha, nous ne pouvons plus tolérer que ses geôliers puissent encore détenir des animaux.
AVES France lance donc une cyber-action à destination du Préfet du Loir-et-Cher afin de demander la saisie de l’ensemble des animaux des Poliakov, leur placement dans des structures adaptées, mais également le retrait de leur certificat de capacité. Vous pouvez participer à cette action en utilisant notre lettre-type ci-dessous. Il suffit de choisir une réponse-type par paragraphe. Vous pouvez également, si vous le préférez, envoyer un message courtois et personnalisé au préfet à l’adresse suivante : pref-courrier[at]loir-et-cher.gouv.fr. N’oubliez pas de nous mettre en copie : actions[at]aves.asso.fr.


 

Optionnel. Vous pouvez préciser ici si vous faites parti d'une association. Par exemple : "Sympathisant AVES France"...
(choisissez une option)

 

© Photo d’illustration : Stéphanie Lefebvre pour AVES France