Chronique littéraire : les déchets ça suffit ! de Jacques Exbalin

Vous allez penser « encore un livre sur les déchets », oui, mais celui-là est drôlement bien pour deux raisons. D’abord il est écrit par un homme engagé, mais un « monsieur-tout-le-monde ». Il a été enseignant, pratiquant l’éducation à l’environnement, a monté son association et surtout a été bénévole pour ramasser les déchets, partout où il pouvait. Et le regard d’un citoyen actif, présent sur le terrain, ça change tout !

Ensuite, parce que malgré les milliers d’articles écrits sur les déchets, Jacques Exbalin m’a pourtant appris des choses.

L’ouvrage est centré plus précisément autour du plastique, ce fléau des temps modernes, et l’auteur analyse avec logique les effets pervers d’une consommation immodérée de ce dérivé du pétrole dans notre vie quotidienne. A ceux qui se fichent totalement de savoir que des animaux meurent tous les jours en ingurgitant des sacs plastiques, sachez qu’on s’empoisonne lentement mais sûrement, nous, humains,  (avis aux amateurs de miel, d’huitres ou de bière !) à cause notamment (mais pas que) des micro-billes que l’on trouve désormais dans un grand nombre de produits. Et si on commence tous à connaître les effets de la pollution due aux plastiques dans les océans, on demeure encore largement ignorant de celle qui atteint nos réserves d’eau douce, comme nos lacs par exemple. Même nos articles de randonnée (les chaussures pour ne nommer qu’un accessoire) peuvent polluer à cause de leurs composants, c’est ahurissant !

Mais ce livre ne contient pas que de mauvaises nouvelles et informations déprimantes, l’auteur relève quelques méthodes ou inventions qui peuvent contribuer à faire baisser le volume des déchets. Et puis surtout, à l’instar de la famille zéro déchets, sachez que nous pouvons tous agir dans notre vie quotidienne grâce à nos choix de consommation.

Enfin, il n’est pas interdit, non plus, d’aller donner un coup de main à une association de temps en temps, pour aller collecter les déchets sur un site naturel. Dans presque tous les départements, on peur trouver au moins une journée dédiée au ramassage des dépôts sauvages.

Un ouvrage court publié aux éditions l’Harmattan (130 pages seulement !), percutant et bourré d’infos à faire circuler partout, cela va sans dire.

Bourgogne : participez à l’enquête hérisson !

Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) © Ludovic Jouve

Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) © Ludovic Jouve

 

Nous relayons cet appel de Bourgogne Nature, merci de participer !

Bien familier, le hérisson d’Europe est un petit mammifère omnivore que l’on rencontre souvent près de nos habitations.

Un auxiliaire pour le jardinier !

Le hérisson d’Europe peut vivre jusqu’à une dizaine d’années. Il fait deux portées par an de quatre à sept jeunes dans un nid de feuilles et de mousses (ou même de papiers ou de chiffons) situé dans une cabane de jardin, un tas de bois, un tas de tuiles, sous une haie,…Il apprécie la chaleur des logis, notamment des granges et écuries ou encore des garages. Quand le froid arrive et que la nourriture se fait plus rare, il ne tente pas de lutter contre le froid. Il hiberne pendant cinq mois dès le début de l’automne jusqu’à mars dans un abri calme (ronces, terrier, tronc d’arbre,…).

Ce petit mammifère construit soigneusement un nid étanche et isolé. C’est au cours du mois d’avril que le hérisson sort de sa longue période d’hibernation et réapparaît.

Pour mener l’enquête ?

Si vous avez vu un hérisson mort ou vivant sur la route, sachez que vous êtes en possession de données scientifiques intéressantes : vous connaissez l’espèce, la date, l’endroit où vous l’avez observé. Partagez cette observation en l’intégrant à une base de données régionale de Bourgogne : la Bourgogne Base Fauna.

Rendez-vous sur ICI pour participer aux E-Observations.

Vers le lien : http://faune.bourgogne-nature.fr/fr/actualites/oh-un-herisson_246_A461.html

 

 

 

 

Royal s’acharne contre les loups

Les associations le craignaient, c’est désormais officiel (JO du 19/04/17) : la ministre de l’Environnement autorise l’abattage de 2 loups supplémentaires. Pourtant, les scientifiques viennent de démontrer que les tirs mettent en péril la population de loups en France ! Nous attaquons en justice la décision de Ségolène Royal.

L’ASPAS, soutenue par One Voice et les autres associations de CAP Loup, saisit le Conseil d’État pour demander l’annulation de l’arrêté ministériel permettant de tuer 2 loups. La ministre promet qu’il sera suivi d’un autre arrêté identique. Ces 4 loups s’ajouteront aux 36 abattus officiellement depuis juillet 2016. Sur une population estimée à moins de 300, ce nombre de 40 abattages voulus par la ministre met en péril la conservation de l’espèce en France. Ce ne sont plus seulement les associations qui le disent, c’est désormais le résultat de l’étude biologique rendue en mars dernier par le MNHN(1) et l’ONCFS(2) à la demande du ministère lui-même !

À ce total de 40, s’ajoutent 10 loups trouvés morts depuis juillet 2016, principalement suite à des collisions, et non décomptés par l’État. A tout cela s’ajoute encore le braconnage invisible. Celui-ci est encouragé par la politique de tirs massifs confiés à des chasseurs incontrôlés, pendant que les moyens de l’ONCFS(2) sont utilisés pour tuer des loups avec une brigade dédiée, au lieu de lutter contre le braconnage.

Les tirs autorisés par ce nouvel arrêté sont encore nommés « tirs de défense (renforcée ou non) », mais ceci ne trompe personne : ils peuvent être réalisés par des chasseurs ou des agents de l’ONCFS(2), hors d’une situation de prédation sur le bétail et loin de celui-ci. Ces tirs politiques ne feront pas baisser la prédation sur le bétail. Ils ne l’ont jamais fait. L’étude biologique commandée par le ministère le rappelle. Mais pour la ministre, il s’agit ni plus ni moins d’abattre un maximum de loups avant les élections. La ou le prochain(e) ministre en charge du dossier devra sauver les loups de France.

Les associations de CAP Loup

Loup : appel au soutien des éleveurs en Bourgogne-Franche-Comté !

Rappel : Aves France a signé cet appel du 10 février.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

A travers l’Appel du 10 février 2017 de Bretenière, une vingtaine d’organisations agricoles et environnementales de la région Bourgogne-Franche-Comté s’associent pour demander aux pouvoirs publics d’anticiper dès maintenant le retour du Loup.

Nous réclamons un soutien à la mise en place de mesures de protection dans les élevages, notamment pour l’acquisition et l’entretien de chiens de protection chez les paysans volontaires.

            La région Bourgogne-Franche-Comté est concernée par la présence de deux grands prédateurs pouvant porter atteinte aux troupeaux herbagers : le Lynx et le Loup.

            Réapparu dans les années 1970, le Lynx compte aujourd’hui une centaine d’individus sur le massif jurassien. Du fait de sa nature, la cohabitation avec cette espèce semble possible, bien que des dégâts se fassent ressentir dans certains élevages non protégés.

            Le Loup connaît une expansion démographique et territoriale depuis son retour officiel en France dans le massif du Mercantour au début des années 1990. Cette espèce, protégée par la Convention de Berne, revient progressivement dans notre région via plusieurs fronts de colonisation (Alpes, Centre, Vosges, Suisse et Allemagne). Une quarantaine d’attaques sur troupeaux y ont été recensées ces dernières années, dont certaines très récemment dans la Nièvre. La cohabitation avec le Loup est nettement plus compliquée qu’avec le Lynx, les dispositifs de protection montrant leurs limites dans d’autres territoires très concernés comme sur le massif alpin.

            Parmi les mesures de protection, la présence de chiens adaptés à la défense des troupeaux est considérée comme un élément primordial. Ceux-ci, sans constituer une solution infaillible et unique, permettent d’atténuer considérablement l’impact des attaques des grands prédateurs. Or, le recours à un chien de protection pour un éleveur implique des contraintes : coût d’acquisition et d’entretien, éducation et gestion de l’animal, risque d’accident avec des promeneurs… D’autre part, le chien s’avère rarement efficace avant deux années d’immersion au sein du troupeau.       

            Le Plan National Loup prévoit aujourd’hui le financement à 80 % d’aides à la protection, mais il s’applique seulement pour certaines communes définies précisément par arrêté préfectoral. En outre, l’Etat débloque des crédits d’urgence en situation de crise liée à des attaques mais ils sont insuffisants et interviennent trop tardivement. Il est donc fondamental d’anticiper. 

            C’est pourquoi nous demandons dès à présent aux pouvoirs publics :

–          d’aider financièrement les éleveurs souhaitant s’équiper en dispositifs de protection et particulièrement pour l’acquisition et l’entretien de chiens de protection ;

–          d’appuyer la structuration d’une filière performante et accessible de chiens de protection ;

–          de mettre en œuvre un plan de sensibilisation auprès du public sur la présence des chiens de protection.

            Ces revendications sont reprises par l’appel collectif du 10 février 2017 de Bretenière. Cet appel finalise un cycle de deux journées organisées sur le thème de la protection des troupeaux, dont le compte-rendu est disponible sur http://bourgognefranchecomte.c onfederationpaysanne.fr/.

 

 

mars 2017 : le point sur le loup

Il y a une semaine, un troupeau de moutons a été attaqué dans la Nièvre, à Lurcy le bourg. 10 brebis tuées et 7 blessées. L’ONCFS ayant conclu à une attaque « loup non exclu », il est probable que ce soit le même animal qui était présent à Chougny.

La préfecture a fait paraitre un communiqué de presse dont nous apprécions les propos modérés (rappel sur le fait que le loup est une espèce protégée) , et a précisé que l’indemnisation de l’éleveur de Chougny était en cours. Un point important car il est contre-productif de faire attendre les éleveurs lorsqu’il s’agit d’indemniser les pertes.

Il est primordial de continuer à informer le grand public sur la biologie dans la Nièvre et nous préparons à ce titre d’autres animations, rencontres ou conférences jusqu’à la fin de l’année 2017.

Par ailleurs, l’émergence d’un collectif dont l’objectif est de doter les éleveurs volontaires de Bourgogne Franche-Comté de chiens de protection permettra d’instaurer des échanges constructifs entre éleveurs et associations de protection de la nature.

Nous vous invitons à consulter régulièrement le site ou la page facebook de CAP LOUP qui fait régulièrement état des difficultés économiques des éleveurs (cours de la viande, maladies des moutons, attaques des chiens errants…) et dont les loups ne sont absolument pas responsables.

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source photo : Olivier Janet/Cap loup

Chronique littéraire : connaître, comprendre et protéger la forêt

Au sein du catalogue de l’Institut pour le développement forestier, vous allez trouver beaucoup d’ouvrages techniques destinés aux forestiers et fatalement peu compréhensibles pour l’amoureux des forêts, l’accent étant presque toujours mis sur la production de bois. Mais dans ce catalogue spécialisé, on trouve aussi des ouvrages très accessibles et davantage tournés vers l’écologie, comme celui que je vous présente aujourd’hui.

 

En 168 pages, l’auteur fait le tour des connaissances actuelles sur la forêt, et rappelle les innombrables services rendus par l’écosystème forestier : il nous procure du bois pour nous chauffer mais assure aussi une bonne qualité de l’eau, de l’air, joue un rôle de rempart contre le dérèglement climatique, protèges les sols de l’érosion, abrite un grand nombre d’espèces animales et végétales. Enfin, ce n’est pas mentionné mais je le rappelle, la forêt nourrit notre imaginaire…

A l’aide de schémas et de dessins, Léon Mathot explique le fonctionnement des arbres, le rôle des insectes ou des champignons, démontrent les interactions entre espèces, de manière claire et simple. Il se pique même d’égratigner les pratiques de chasse !

Un bon ouvrage synthétique, très accessible, que je conseille absolument, et qui peut servir de document de base pour une animation « grand public ».

En vente par correspondance au CNPF, 47 rue de Chaillot 75116 Paris ou sur www.foretpriveefrancaise.com au prix de 19 €.

Chronique littéraire: Mon petit jardin en permaculture

Voilà un ouvrage tout à fait enthousiasmant. Certes, ce n’est pas le premier qui traite de la permaculture, mais le propos de l’auteur, Joseph Chauffrey, se démarque réellement du discours général. Ce jardinier urbain se consacre aux touts petits jardins des villes. Son propre exemple est édifiant, pour 150 mètres carrés en ville, il récolte 300 kg de fruits et légumes par an ! Alléchant, non ?

Cela l’est d’autant plus, et voilà pourquoi l’ouvrage est chroniqué sur notre site, parce ce jardin vit et prospère en harmonie avec la nature: aucun engrais chimique, pas de pesticides, un bon voisinage avec les « mauvaises » herbes, et une biodiversité étonnante comprenant aussi bien de petits arbres (vive le micro-verger !), des fleurs que des insectes à foison, sans compter la petite mare.

La preuve que lorsqu’on laisse la nature tranquille, la vie revient s’installer.

L’accent est mis sur le sol, et le sacro-saint paillis, mais pour un jardin aussi petit, des ajustements seront parfois nécessaires, aussi bien pour les associations de légumes que pour la date des semis.

Au final, et comme le souligne l’auteur, l’idée est de relocaliser la production de légumes : imaginez un peu, pas de transports polluants, des légumes sains, donc bio et surtout de saison. En plus, c’est à la portée de tous avec un minimum d’organisation. Une belle initiative porteuse d’espoir, alors, à vos grelinettes !

Editeur : Terre vivante

Prix : 14 €

Chronique littéraire : Ce qui compte vraiment de Fabrice Nicolino

Le nouveau livre de Fabrice Nicolino traite d’un sujet qui lui tient à coeur, cette urgence écologique qui devrait pousser tout un chacun à réagir et agir de manière significative. Comme à son habitude, l’auteur présente de manière implacable, l’état du malade, notre planète, lequel est plus que préoccupant, et le diagnostic est sans appel. Choisissant cinq thèmes, la campagne française, la restauration des écosystèmes dans le monde; l’état des mers et océans avec un point sur la pêche; les rivières; et enfin la cohabitation avec les animaux, l’auteur déroule son argumentaire truffé d’exemples saisissants.

Pour le lecteur attentif du blog de Nicolino, Planète sans visa, certaines informations, pour ne pas dire la plupart, ne seront pas à classer dans les scoops ! Le journaliste a entrepris un travail colossal depuis plusieurs années consistant à écrire encore et encore maints billets sur l’écologie, et sur pratiquement tous les sujets ou peu s’en faut. Cet ouvrage est en quelque sorte une compilation de certains thèmes, et emprunte également des données de précédents livres comme celui sur les pesticides.

Mais pour le lecteur et le citoyen lambda, certaines de ces informations, qui sont peu ou pas relayées par les médias traditionnels, risquent fort de paraitre non seulement déprimantes mais surréalistes. Devant tant d’atrocités et d’horreurs commises pour mettre à genoux un bout de nature ou une espèce animale, il est difficile de ne pas être authentiquement « sonné » et on pourrait presque se dire que non, cela n’a pas pu arriver, ça se saurait, les gouvernements auraient réagi… Que nenni, et c’est bien là la tragédie.

Or, si on ne peut donc plus compter sur les élus, les politiques en cheville avec les puissants lobbies mortifères, que faire ? Résister, se secouer les puces et changer notre perspective du monde.

Et voilà où se situe, à mes yeux, le petit point faible du livre. Fabrice Nicolino propose bien, en fin de chaque chapitre, un autre regard, un début d’idée ou d’action. Mais après ? Qui fait quoi ? Qui voudra se lever ? Vous, moi et quelques imbéciles heureux comme nous. Bon. Il faudra que l’on soit nombreux à nous retrousser les manches, mais face à l’inertie et l’indifférence quasi générale, cela nécessitera plus que du courage…

Malgré cette petite réserve, mais mon opinion est personnelle et totalement subjective, je ne crains pas de dire que ce livre doit être lu. Et pour ne pas terminer sur une note pessimiste, je dois bien reconnaître que les choses et les gens bougent et changent, parfois de manière inespérée. Des initiatives se créent, des citoyens se mobilisent. Ces petits ruisseaux qui se créent un peu partout formeront-ils une grosse rivière ? Je n’ai pas la réponse, mais je l’espère.

Editeur : Les liens qui libèrent

Prix : 18 €

Evénement : projection de La vallée des loups à Nevers

Nous avons le plaisir de vous annoncer la diffusion au cinéma Le Mazarin à Nevers, du film de Jean-Michel Bertrand, La vallée des loups, le jeudi 9 mars à 20h00.

Cette projection unique sera suivie d’une discussion co-animée par la vice-présidente du bureau Nièvre d’AVES France et du président de la LPO Nièvre.

Un grand merci au Mazarin pour avoir permis la réalisation de cette soirée.

On vous attends nombreux !

Tous les clients peuvent dès à présent réserver leurs places (6.50 € tarif unique –réductions habituelles acceptées ) sur le site : http://www.cinemazarin-nevers.fr/film/la-vallee-des-loups-2016/

 

Rappel : agenda de la Nièvre

Ce soir, vendredi à 20h00, petite conférence sur le loup dans les locaux de la LPO à Marzy, on vous attends !

© Fabio Palella – Fotolia.com

Demain samedi, à Nevers, à 13h30, rassemblement statique et pacifique pour dénoncer la venue du cirque Medrano, organisé par une association amie de l’Allier : le CHANT.

Rendez-vous boulevard Léon-Blum, sur le parking, face à l’entrée du stade Léo Lagrange.