Alerte sur les destructions de la faune en période de confinement – Lettre ouverte à Emmanuel Macron

12 organisations ont répondu à l’appel de l’ASPAS et co-signé une lettre ouverte adressée au Président de la République le 23 avril 2020, afin de l’alerter sur les destructions de la faune en période de confinement.

Monsieur le Président de la République,

Au moment où le confinement est légitimement imposé aux Français, de nombreuses préfectures dérogent à ces mesures de salubrité publique pour faire abattre des animaux sauvages. Cette grande hétérogénéité des règles, à la carte, ne peut que créer la confusion et même l’indignation.

La plupart des arrêtés préfectoraux prévoient la possibilité d’autoriser des abattages d’animaux sauvages en cas de dégâts aux cultures et pour motif sanitaire. Or nous savons aujourd’hui que le motif sanitaire est utilisé à tort par les préfets eux-mêmes, preuve en est les nombreux arrêtés autorisant encore récemment les tirs de renards en vue de lutter contre l’échinococcose alvéolaire, en contradiction avec les publications scientifiques et les recommandations ministérielles. Un motif potentiellement fallacieux est ainsi invoqué pour justifier des sorties supplémentaires en période de confinement drastique. L’établissement d’une liste nationale des motifs précis à même de pouvoir justifier ces interventions est indispensable, afin que les Préfets s’y réfèrent et s’y contraignent.

Concernant les dégâts aux cultures, l’utilité de la politique de destruction de la faune sauvage pour lutter contre d’éventuelles atteintes ainsi que l’ampleur exacte des dégâts imputés restent toujours à démontrer, et font l’objet de débats récurrents lors de l’adoption des listes des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts ».

Aussi, nous vous demandons d’adopter une décision encadrant sans équivoque les activités de chasse et de destruction de manière homogène sur l’ensemble du territoire, et selon des préconisations scientifiques, à l’instar de l’ensemble des décisions adoptées par le gouvernement depuis que l’état d’urgence sanitaire a été décrété.

Nous déplorons que pendant cette crise, qui nous interpelle vivement quant à notre rapport à la faune sauvage, les abattages injustifiés restent la norme.

Et ce d’autant plus que, si les destructions réalisées en période « normale » font l’objet de compte-rendu voire de réunions préalables, justifications (certes discutables) à l’appui, il n’en est rien concernant l’ensemble des destruction autorisées en cette période. En effet, les interventions se font pour la plupart sur autorisations administratives individuelles auxquelles nous n’avons pas accès, et sans compte-rendu. Il n’existe donc aucune visibilité, aucune transparence quant à ces dérogations.

Aussi, nous demandons qu’à l’issue de cet épisode sanitaire, un état des lieux précis et régulier soit réalisé quant au nombre exact de dérogations et autorisations individuelles d’intervention délivrées dans chaque département, quant aux dégâts ayant justifié ces autorisations (nature et ampleur), et quant aux animaux abattus (nombre et espèce).

On entend de plus en plus de chasseurs, Willy Schraen en 1re ligne, exiger de ne plus être les seuls à devoir payer les dégâts dans les cultures dus en particulier aux sangliers. Or ces dégâts sont directement corrélés à la gestion catastrophique des chasseurs de cette espèce depuis plusieurs décennies (hybridation avec les cochons domestiques, tirs sélectifs visant à épargner les laies reproductrices, agrainage dissuasif qui favorise le développement l’espèce, etc.). Les chasseurs demandent à chasser plus longtemps alors que leurs interventions ne règlent en rien le problème sur la durée. Nous pensons que cette crise est le moment opportun pour considérer d’autres solutions d’équilibre entre l’agriculture et la faune sauvage, basées sur des mesures de protection plutôt que de destruction.

Nos associations sont par ailleurs régulièrement interpellées par leurs membres suite à des coups de feu entendus depuis leur domicile ou des pièges trouvés lors de leur courte promenade autorisée. Ces personnes dont le lien à la nature est fondé sur le respect et la réciprocité ne comprennent pas cet acharnement, qui plus est en période de confinement. Ces actes sont peut-être réalisés en application des dérogations sus-évoquées, mais rien ne permet de le vérifier, par conséquent nous sommes bien incapables de leur répondre quant à la légalité de ces actes. Et nous sommes loin de mesurer l’ampleur réelle du problème au regard des infractions dont personne n’aura jamais connaissance.

La seule solution qui se présente à nous est de les mettre en relation avec l’Office français de la biodiversité. Or les contrôles des actes de chasse au sens large sont suspendus, ce qui favorise les actes de braconnage. Cette décision est en outre incohérente avec celle de certains départements qui autorisent chasseurs et lieutenants de louveterie à participer à des tirs de loups ou encore les agents de développement des fédérations départementales de chasseurs à exercer leurs activités de contrôle.

Afin que la faune sauvage ne paie un lourd tribut en cette période, nous vous demandons de bien vouloir tout mettre en oeuvre pour que des moyens de protection soient rapidement distribués aux inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité afin que ceux-ci puissent exercer leur activité de contrôle sur le terrain dans les meilleurs délais. Leur simple présence sur le territoire aura un effet dissuasif non négligeable.

Rappelons que les activités liées aux soins délivrés aux animaux sauvages sont très largement suspendues, tout comme les activités liées aux études et à la connaissance de la nature. Nous déplorons que seules les activités maintenues soient celles visant la destruction de cette faune. Pour des motifs sanitaires et éthiques, cette situation est incompréhensible pour les citoyens que nous représentons.

Vous annoncez une sortie progressive du confinement à partir du 11 mai, pourtant, de nombreux arrêtés préfectoraux autorisent d’ores et déjà la vénerie sous terre du blaireau dès le 15 mai. Peut-on sérieusement envisager que soit pratiquée cette chasse collective au moment où la plus grande vigilance devra être observée ? Peut-être plus insensé encore, sauf intervention de votre part, la chasse à tir (activité qui provoque chaque année quantité de morts et d’accidents graves) pourra être autorisée dès le 1er juin, au moment même où les Français, après avoir été confinés, souhaiteront se ressourcer dans la nature…

En espérant que vous saurez entendre nos demandes malgré les circonstances exceptionnelles auxquelles vous devez faire face, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre très haute considération.

Pour les associations signataires,
Madline RUBIN
Directrice ASPAS

Les associations co-signataires :
Animal Cross, Anymal, Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), AVES France, Blaireau & Sauvage, Convention Vie et Nature (CVN), Convergence Animaux Politique (CAP) Fondation Brigitte Bardot, Mélès, One Voice, RAssemblement pour une France sans Chasse

Chasse et confinement : lettre ouverte au Président de la République (PDF)

Pandémie de Covid-19 en Indonésie : Patrick Rouxel a besoin de vous pour venir en aide aux ours malais.

La pandémie de coronavirus qui touche de très nombreux pays n’a pas épargné l’Indonésie, où Patrick Rouxel s’est installé avec son association AIDER LES OURS depuis plusieurs années. Aujourd’hui, seul contre Goliath, il est resté sur place pour aider autant d’animaux que possible avec les moyens à sa disposition. Il y a tellement d’animaux qui vivent dans des conditions lamentables en Indonésie, et le COVID-19 ne fait qu’empirer les choses. AVES France vous invite à faire un don pour lui apporter votre aide :

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Le message de Patrick Rouxel :

Pendant l’année 2019 et début 2020 nous avons réussi à finir la construction des 15 enclos forestiers à Samboja Lestari pour ses 72 ours malais du Borneo Orangutan Survival Foundation (BOSF), et nous avons aussi construit un enclos de 1 hectare pour 5 ours au refuge du Orangutan Foundation International (OFI). Nous sommes actuellement en train de transférer les ours dans ces nouveaux enclos. Pour en savoir plus : http://aiderlesours.org/2019-2/

L’arrivée inattendue de 9 oursons à Samboja Lestari depuis Septembre 2019 nous a gardé bien occupés. Les plus petits ont besoin d’attention 24 heures sur 24 et les plus grands ont besoin d’être promenés en forêt et de recevoir de l’affection afin qu’ils puissent devenir des adultes sains et confiants malgré le fait d’avoir été capturés et privés de leur mère dès leur plus jeune âge. J’espérais que nous puissions tenter de relâcher certains de ces oursons à la vie sauvage comme je l’avais fais dans mon film Life is One, mais avec la crise actuelle du COVID-19 qui frappe aussi l’Indonésie, il n’est plus possible de planifier de tels projets.

Une fois que tous les ours de Samboja Lestari seront installés dans leurs nouveaux enclos et que la crise du COVID-19 sera derrière nous, j’espère me rendre dans un autre refuge appelé le Wildlife Rescue Centre (WRC) à côté de Jogjakarta sur l’ile de Java. Ce refuge abrite environ 150 animaux de toutes les espèces, du crocodile à l’orang-outan, et tous ont besoin de meilleures conditions de vie. Ma prochaine mission sera donc de rendre la vie de ces animaux (et des employés) plus agréable. Mais pour l’instant le WRC fait face à de grandes difficultés financières car ils dépendent des dons des bénévoles étrangers qui ont tous annulés leurs séjours. Le refuge à besoin d’aide pour nourrir les animaux et payer ses frais de gestion. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le blog de Aider les Ours : http://aiderlesours.org/category/blog/

Au nom des ours et de tous les animaux que je parviens à aider grâce à votre soutien, merci.

Bon courage et bonne santé.

Patrick Rouxel
www.aiderlesours.org
Page Facebook : https://www.facebook.com/pg/sunbearoutreach/posts/

ARNAQUES AU CONFINEMENT : STOP AUX DÉROGATIONS POUR LES CHASSEURS !

Alors que des citoyens se font verbaliser pour avoir porté une assistance vitale à des animaux, des chasseurs bénéficient de dérogations injustifiables scientifiquement pour nourrir ou tuer des sangliers, détruire des oiseaux ou d’autres espèces jugées indésirables. L’ASPAS, AVES France et CROWLIFE demandent l’arrêt immédiat de cette justice à deux vitesses. Soutenez-nous en apportant votre voix à notre pétition commune, qui sera adressée à Elisabeth Borne (Ministre de la Transition écologique et solidaire), Didier Guillaume (Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation) et Olivier Véran (Ministre de la Santé).

-> SIGNER ICI <-

Les mesures de confinement et de limitation des déplacements décidées le 17 mars et visant à freiner la propagation du virus doivent être respectées. Par tous. Même si elles exigent des efforts et des renoncements sans précédent.

L’interdiction de tout acte de chasse, collective ou individuelle, fait partie de ces mesures en vigueur et, en principe, elle s’étend à la destruction des ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, ex-nuisibles). Sur le terrain pourtant, dans les départements, nous constatons que la trêve n’est pas de mise partout.

Dans les Landes par exemple, si toute chasse collective est proscrite, la chasse individuelle par tir et par piégeage est possible, en particulier celle aux sangliers pour prévenir les dégâts aux cultures. L’arrêté préfectoral (AP n°2020/429 du 20.03.20) permet aux agriculteurs et aux chasseurs landais de déroger, la fédération départementale de chasse précisant même les gestes barrières à respecter lors du dépeçage d’un animal à deux ! Ailleurs, dans le Jura par exemple, c’est la chasse collective aux corvidés qui est prévue par arrêté préfectoral (AP n°39-2020-03-20-001), une chasse d’autant plus abjecte et cruelle que les oiseaux sont en pleine période de reproduction : les adultes tués ne retournant pas au nid, les petits agoniseront lentement et sûrement.

D’un département à l’autre, les modalités d’instruction de la demande et les pratiques susceptibles d’être autorisées ou interdites varient. Ici, jusqu’à 100m des cultures, le tir peut être admis sous réserve d’être seul sur le site ; ailleurs encore, le déplacement doit s’effectuer seul, sans précision de l’obligation ou non d’être seul sur le site. Dans la Somme, on peut obtenir l’autorisation de nourrir les appelants de chasse, alors que ces oiseaux enfermés devraient simplement être libérés ; en Côte d’Or, celle d’agrainer… et donc d’entretenir des sangliers pourtant accusés d’être les plus gros destructeurs de cultures !

Ici et là, invoquer un risque sanitaire ou des dégâts particuliers aux cultures permet donc de déroger à l’interdiction nationale de la chasse. Les déplacements dérogatoires, quand ils ne sont pas professionnels mais individuels, entrent dans la case « participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative ». Cette option, apparue lors de la dernière actualisation de la feuille des déplacements dérogatoires, apporte la souplesse nécessaire à la planification d’opérations de destruction.

Sauf mobilisation massive, la mort va continuer à être donnée et, ce, d’autant plus tranquillement que dans les médias et sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont réjouis de la trêve imprévue pour la vie sauvage que promettait l’interdiction de la chasse. C’était sans compter sur les opérations de « nettoyage » … et la puissance du lobby des chasseurs, qui se croit au-dessus de tout.

En tout état de cause, nos associations considèrent que la destruction d’animaux sauvages ne revêt aucun caractère de nécessité, ni d’urgence, et que le risque sanitaire ne saurait être invoqué pour justifier de telles opérations. Au contraire, nous soulignons que les opérations de destruction sont susceptibles de contribuer à la propagation du coronavirus lequel représente un risque sanitaire majeur et avéré, justifiant que nous demandions l’interdiction totale de la chasse et des opérations de destruction, sans dérogation possible.