Roumanie : la révolte des bergers qui protègent leurs troupeaux !

S’il y a un pays — que je connais bien — où la cohabitation entre le pastoralisme et la faune sauvage ne pose pas (ou peu) de problème, c’est bien la Roumanie !

Pour y avoir vécu plusieurs années et y avoir rencontré des bergers — ou, devrais-je dire, de vrais bergers, ceux qui gardent encore leurs troupeaux — je peux témoigner que ce pays européen avait de quoi être montré en exemple sur les rapports entre les bergers et les grands prédateurs. S’il y aurait beaucoup à dire sur d’autres sujets, là, pour le coup, les roumains avaient des leçons à nous donner !

Car si, en France, une poignée d’éleveurs fait la loi et obtient le droit de vie et de mort sur les quelques grands prédateurs — pourtant protégés — qui peuplent encore nos forêts et nos montagnes (notre poignée d’ours, de lynx et de loups), en hurlant à qui veut l’entendre que la cohabitation est « IM-POS_SIBLE ! », c’est loin d’être le cas en Roumanie.

J’y ai rencontré des bergers qui m’expliquaient que la protection des troupeaux, c’était leur métier ! Que bien sûr des ours et des loups s’approchaient, mais qu’ils étaient là pour les chasser, que leur simple présence faisait fuir les prédateurs.

Il y a pourtant des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes également dans ce pays d’Europe de l’Est ! Peut-être parce qu’il y a toujours eu des prédateurs et, qu’en tout temps, il a fallu partager le territoire avec eux, COHABITER, il y a eu une transmission entre les générations de bergers et il y a encore aujourd’hui une fierté à protéger le troupeau.

Il y a aussi le fait que beaucoup d’élevages sont dédiés à la fabrication du fromage. Telemea, Caș, Cașcaval, Urdă, brânză de burduf… autant de fromages qui nécessitent une traite plusieurs fois par jour. La vie de la « stână » est rythmée par une véritable vie pastorale, par les troupeaux qui partent le matin, conduits par des bergers et leurs chiens, puis qui rentrent pour la traite avant de passer la nuit en pleine nature, mais parqués et sous la surveillance à la fois humaine et canine ! Oui, voilà comment on élève des brebis dans une zone à prédateurs. Et si tout n’est pas rose en Roumanie, j’ai vu ces bergers. Je les admire. Ceux qui crient au loup, chez nous, en France, feraient bien de s’en inspirer !

Mais, un jour, cette belle image s’est assombrie.

Les bergers, mécontents, sont entrés dans Bucarest, la capitale de la Roumanie !

Après les révoltes paysannes de 1907, voici les bergers roumains à nouveau dans la rue. Je vous rassure, rien à voir… à part le fait qu’ils comptent bien se faire entendre par le gouvernement ! A l’appel de plusieurs associations d’éleveurs, ils ont organisé une manifestation mardi devant le parlement pour s’opposer à une modification de la législation qui devait limiter le nombre de chiens de protection, sous peine de devoir payer une amende allant jusqu’à 1500 lei !

La loi prévoyait un seul chien en plaine, deux chiens en zone de collines et 3 dans les montagnes ! Mais qui est derrière cette loi ? Les chasseurs en premier plan !

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« Inițiatorii legii au preluat, practic, argumentele vânătorilor, şi anume că prea mulți câini la stâne afectează animalele sălbatice, dar și turismul și vânătoarea. » Liviu Dragnea.

« Les initiateurs de cette loi ont repris les arguments des chasseurs, qui disent qu’un nombre trop élevé de chiens sur les estives affecte la faune sauvage, mais également le tourisme et la chasse. »

Une association ornithologique a également appelé à la limitation du nombre de chiens pour garder les troupeaux, estimant que ceux-ci sont mal nourris et qu’ils fuguent, redeviennent sauvages, se reproduisent et s’attaquent aux oiseaux qui pondent au sol, mais aussi aux grands mammifères. Plutôt que d’empêcher les bergers de protéger correctement leurs troupeaux, ce qui conduirait à une situation analogue à notre dramatique exemple français qui consiste à abattre les grands prédateurs plutôt que de protéger les moutons, trouvons d’autres solutions !

Il est vrai que les chiens de bergers sont souvent considérés comme des outils de travail, que le suivi vétérinaire n’est pas toujours suffisant et qu’ils ne sont pas nourris avec des croquettes Premium vendues à prix d’or. Justement parce qu’ils doivent les nourrir, les bergers n’ont aucun intérêt à avoir plus de chiens que nécessaire ! Laissons-leur gérer cela eux-mêmes. Par contre, peut-être le gouvernement pourrait-il légiférer sur un encadrement de la reproduction des chiens, un puçage obligatoire des animaux, un suivi vétérinaire régulier (à noter que les chiens sont déjà tous suivis gratuitement pour la vaccination anti-rabique, chaque année).

Après des affrontements devant le Parlement, il semble que le gouvernement ait reculé et que les sanctions financières à l’encontre des bergers trop bien protégés soient abandonnées…

Quant aux chasseurs qui s’estiment en compétition avec les chiens des bergers, peut-être pourraient-ils commencer par déclarer leurs prises et mettre un terme au braconnage… parce que malheureusement, cela aussi j’ai pu l’observer lorsque j’ai vécu en Roumanie.

http://www.romanialibera.ro/actualitate/eveniment/protest-al-crescatorilor-de-oi–in-fata-parlamentului-402176

500€ pour la lutte contre les gaz de schiste en Roumanie

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Vous connaissez sans doute l’histoire du pot de terre contre le pot de fer, ou celle de David contre Goliath. La lutte dans laquelle s’est lancée l’association VIRA, en Roumanie, est de celles-ci : une petite association qui essaye d’empêcher l’américain CHEVRON & co. de s’installer dans leur pays pour y exploiter les gaz de schistes.

La lutte est forcément inégale. Face au rouleau compresseur qu’est l’entreprise américaine et à ses nombreux soutiens politiques, il n’est pas facile de lutter.

AVES France a donc décidé d’envoyer 500 euros à l’association VIRA et de poursuivre la campagne google adwords afin de faire connaître leur combat. Car malgré des milliers de personnes mobilisées, le gouvernement ne semble pas vouloir reculer.

L’hiver approchant, l’association a besoin de fonds pour poursuivre le mouvement :

  • des tentes, des vêtements imperméables, du combustible pour le groupe électrogène…
  • des bannières, des pancartes, des drapeaux pour être visibles
  • assurer l’alimentation pour les bénévoles
  • organisation de réunions publiques sur le thème de l’agriculture durable et les alternatives économiques à l’exploitation des gaz de schiste
  • organisation d’ateliers pour aider les communautés à s’organiser pour lutter efficacement contre les gaz de schiste
  • information des localités voisines (dépliants, matériel d’information).

Nous savons que notre modeste contribution ne suffira pas et c’est pourquoi nous vous invitons à faire un don à AVES France afin que nous puissions leur apporter notre soutien, une nouvelle fois, dans les semaines ou les mois à venir.

 

Lire aussi : Chevron débarque en Roumanie : il y a de l’eau dans le gaz… de schiste !

Le scandale, c’est d’apprendre qu’on mange du cheval ou qu’on mange de la merde ?

Ce matin, je me lève et comme tous les jours, je lis la presse devant un bol de thé.

Je suis évidemment attiré par ce titre du Petit Journal de Bucarest : « CONSOMMATION – De la viande surgelée jetée dans un lac. »

Des centaines de kilogrammes de viande surgelée ont été retrouvées samedi sur le bord du lac Tarniţa, dans le département de Cluj (ouest), selon la police roumaine.
Des sacs de viande ont également été découverts au fond lac, a ajouté le directeur de la direction sanitaire et vétérinaire du Cluj, Nicolae Pivaru. Plusieurs équipes de l’Inspectorat pour les situations d’urgences, dont des scaphandriers, sont intervenues pour récupérer toute la marchandise. « Nous allons amener la viande au laboratoire pour des analyses », a déclaré M. Pivaru, alors que la police a ouvert une enquête. La semaine dernière, un lot d’une centaine de kilogrammes de viande de cheval étiqueté comme étant du bœuf et destiné au marché roumain a été retrouvé à la suite d’un contrôle de l’Autorité de sécurité alimentaire et vétérinaire roumaine (ANSVA).

La rédaction (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 25 février 2013

 

En plein ChevalGate (ou horsegate) depuis la découverte par Findus que ses plats cuisinés « au boeuf » contenaient de la viande de cheval en provenance de Roumanie, et alors même que l’enquête incriminait le fournisseur Spanghero, qui aurait refilé du cheval en toute connaissance de cause, les français et même les européens semblent découvrir qu’ils ne savent pas ce qu’ils mangent.

Et cet article publié dans Le Monde semble le confirmer :

En Grande-Bretagne, la Food Standards Agency (FSA) a annoncé que 35 examens en laboratoire avaient révélé la présence de viande de cheval dans des produits au bœuf, sur 3 634 tests pratiqués.
Les produits examinés seraient déjà retirés de la vente.

Dans le même temps, le groupe de produits surgelés Iglo a annoncé le retrait « à titre de précaution » de plusieurs produits en Belgique, Irlande, Grande-Bretagne et Pays-Bas après la découverte de viande de cheval dans du chili con carne produit par un fournisseur belge. Sodexo a également retiré tous les produits contenant du boeuf congelé de ses chaînes de restauration au Royaume-Uni.

Je vais être franc : je comprends que des gens puissent être choqués de manger du cheval. Avant de devenir végétarien, je refusais de manger certains animaux, comme le lapin ou le cheval.

Mais finalement, ce qui me choque, c’est que le débat ne dépasse pas l’idée que des industriels, pour faire plus de profit, ont remplacé de la viande de boeuf par de la viande de cheval.

Non, personnellement, ce qui me choque, c’est que les français et même les européens sont traumatisés d’apprendre qu’on leur a fait manger du cheval, mais pas qu’on leur fasse bouffer de la merde !

Car la viande hachée qui rentre dans la composition de la majorité des plats préparés, disons-le, est loin d’être de la viande de qualité. C’est en fait un gloubiboulga de viande et de déchets malaxés pour obtenir quelque chose qui ressemble à du steak haché, qui en a l’aspect et probablement de loin le goût, et qui est en fait composé des restes qui, au lieu de partir à l’équarrissage ou d’être transformés en croquettes pour nos animaux de compagnie, sont désormais valorisés en lasagnes, moussaka ou je ne sais quel autre délice à faire réchauffer au micro-onde.

Alors, pour ceux qui veulent voir quelques images choquantes, voici un reportage. A 12 minutes, quelques images sur les élevages de porc. A 14:50, les poulets. A 17:30, les œufs et les poussins. A 25:50, le lait. A 29:45, le bœuf et les gaz à effet de serre. A 32:23, le poisson.

Même végétarien, je ne suis pas sûr de ce que je mange. Les fruits et les légumes sont arrosés de pesticides et malheureusement, beaucoup de produits biologiques viennent de pays lointains où le manque de contrôles ne garantie rien… j’ai des exemples précis en tête que je vous épargne, mais le bio non bio sera à mon avis un scandale à venir.

Sans avouer que, même végétarien, il m’arrive comme beaucoup d’entre nous de faire quelques exceptions sur le poisson, principalement pour ne pas m’interdire toute vie sociale… (car oui, je connais trop de VG dont les positions extrêmes conduisent à se couper du reste du monde).

Il faut juste rappeler que l’Union Européenne, corrompue par les lobbies, a de nouveaux autorisé que les farines animales rentrent dans la composition des aliments des poissons. Et cette foi, il n’y aura pas de problème, pas de scandale sanitaire, c’est garantie !

Rarement nous parlons végétarisme sur AVES France parce que ce n’est pas l’objet de l’association. Cependant, il me semblait important de recentrer le débat lié à la viande de cheval sur le vrai scandale : OUI, nous mangeons de la merde.

© Vignette : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Lasagne_-_stonesoup.jpg