Le zoo d’Amnéville perd son statut de membre permanent de l’EAZA

L’établissement de Michel Louis, qui a fait l’objet d’une inspection de l’Association européenne des zoos en juin, est rétrogradé au statut de membre temporaire pour un an. En cause : son numéro de dressage de tigres, le Tiger World.

Les activités de cirque ne sont pas compatibles avec les missions des zoos. C’est la conclusion rendue par l’EAZA, Association européenne des zoos et des aquariums, qui s’est penchée sur le cas du zoo d’Amnéville cet été.

Code animal et Aves avaient conjointement, en mai dernier, demandé à l’organisation d’exclure l’établissement de Michel Louis de la liste de ses membres. Motif : l’introduction d’un numéro de cirque avec des tigres, le Tiger World, qui avait choqué tant de nombreux défenseurs des animaux que la communauté des zoos.

Lire la suite : Le zoo d’Amnéville perd son statut de membre permanent de l’EAZA

Le Ripoublicain Lorrain continue de servir la soupe au TigerWorld d’Amnéville

Hier, lundi 1er juin 2015 à 16h41, nous avons reçu un message d’une « journaliste » – permettez les guillemets – du « Républicain » Lorrain, nous demandant de la rappeler dans l’heure, car un article allait être publié dans l’édition du lendemain au sujet de l’annulation du happening contre TigerWorld. 

   

Pour rappel, AVES France et Code animal ont lancé une action depuis déjà de longs mois contre ce spectacle de dressage de tigres et, forts de 40.000 soutiens, obtenu une inspection du zoo par l’EAZA dans les jours à venir. 

269Life a décidé d’organiser un happening devant le zoo. Programmé pour le samedi 6 juin, des centaines de militants s’étaient engagés à s’y rendre. Mais le Préfet en a décidé autrement en interdisant que la manifestation, statique et pacifique, ne se tienne à moins de 4 kilomètres du zoo. On commencerait presque à se demander si l’on a encore, en France et en 2015, le droit d’exprimer une opinion si celle-ci va à l’encontre d’une entreprise qui brasse des millions d’euros… 14 millions en 2011 ! A ce niveau là, on a bien droit à une protection rapprochée et à une publicité pleine page dans les torchons locaux. 

Mais revenons-en aux méthodes du Ripoublicain Lorrain. 

Depuis le début des travaux, on ne compte plus les « articles » qui annoncent en fanfare la création de l’attraction TigerWorld. Permettez, une fois encore les guillemets, car utiliser le terme d’articles pour qualifier les publicités déguisées que le journal fait au zoo est une insulte aux vrais articles des vrais journaux écrits par de vrais journalistes. 

Donc la méthode est de décider en conférence de rédaction qu’on va faire un nouvel article promotionnel sur le zoo d’Amneville, mais il faut changer d’angle pour ne pas que ce soit trop perçu par le lecteur comme de la publicité. Pensez-vous… Donc, une heure avant la clôture, on demande en urgence une réaction aux gens concernés. Enfin, presque, puisque pour parler d’une action 269Life ils ont envoyé un message à AVES France. Gros travail journalistique. Mais de toute façon, la messe était déjà dite. Le pseudo article était déjà écrit, sur un ton d’un mépris pour les défenseurs de la cause animale que je n’avais encore jamais rencontré auparavant. On y retrouve tous les clichés : « parisiens », refusant les « bêtes en cage » ou que « l’homme se prête à une consommation de viandes, poissons et autre nourriture provenant du règne animal ». Mieux encore, les membres de 269Life se sont « autoproclamés défenseurs de la cause animale ». Par contre, TigerWorld est qualifiée d' »animation d’envergure ». 

J’entends souvent dire qu’il faut soutenir la presse locale. Je comprends ceux qui le font. Mais de grâce, ne lisez pas cette merde, tout juste bonne à allumer le barbecue pour faire griller nos saucisses de tofu. 

L’article en question : http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-metz-agglo-et-orne/2015/06/02/zoo-le-happening-des-anti-annule

   

La préfecture refuse le happening devant le zoo d’Amnéville

Le happening organisé par 269LIFE FRANCE le 6 juin pour protester contre le Tiger World et plus généralement contre les zoos, centres de détention pour animaux, est annulé.

Le refus est motivé par une soit disant « gène à la circulation » mais nous ne sommes pas dupes !!!

La préfecture refuse que cette manifestation se déroule à côté du zoo et propose un lieu à 4 kms du zoo annulant tout impact du happening.

Une nouvelle fois le droit de manifester de façon pacifique est bafoué et nous dérangeons !!! Y aurait il eu tractations, accords secrets ?

269 LIFE FRANCE explique leur décision d’annuler cet événement :

– comme indiqué ci-dessus, nous avons essuyé un refus « motivé » pour gène de la circulation de la part de la préfecture.
– précédemment, 3 militants sont allés tractés et ont fini au bout de 10 mn au poste de la gendarmerie.
« – faire venir des militants de loin, occasionne beaucoup de frais et certains n’en ont pas les moyens,
– surtout si nous nous faisons embarquer au bout de 10 mn après 4 heures de trajet aller et 4 heures retour.
– de plus, nous nous sentons responsables des militants qui nous font confiance et nous leur devons cette honnêteté et loyauté
– et pour finir, notre contact, sur place, ayant déclaré pour nous la manifestation, a vu sa famille convoquée et interrogée par la gendarmerie locale…
Nous vous laissons apprécier les moyens de pression exercées… »

Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot ……

Pour ceux qui sont dans la région d’Amnéville une militante organise un tractage d’information pour dénoncer la maltraitance liée à ce zoo. Pour les personnes intéressées merci de contacter Tiphaine Carélie à l’aide du formulaire ci-dessous.

Merci pour votre mobilisation.
AVES FRANCE continuera ses actions contre le zoo d’Amnéville et le spectacle du Tiger World avec les associations partenaires.

ACTION TERMINEE ! MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION !

Tiger World : Code animal et Aves France demandent à l’EAZA d’exclure le zoo d’Amnéville

Le 11 avril dernier, le zoo d’Amnéville franchissait un cap de plus dans l’exploitation animale et dans le détournement de sa mission de conservation : il inaugurait le Tiger World, un « spectacle » de dressage de fauves, sept tigres du Bengale et deux tigres blancs.

Le 24 avril, Code animal et Aves France réagissaient en lançant une action en ligne composée de trois parties :

  • une pétition demandant à Michel Louis, propriétaire du zoo, de renoncer à ce numéro ;
  • un formulaire d’envoi de mails à l’EAZA, l’association européenne des zoos et des aquariums, lui demandant de rayer le zoo d’Amnéville de la liste de ses membres ;
  • une tweetstorm #NonAuTigerWorld destinée au compte Twitter de l’EAZA, pour faire participer les internautes à la protestation.

Aujourd’hui, la pétition (en ligne depuis janvier 2014) a recueilli plus de 38 000 signatures et sera envoyée à l’EAZA par Aves France. Près de 500 mails ont également été expédiés par les internautes à l’EAZA. Environ 5 500 comptes Twitter ont été atteints par la « tempête de tweets ». Code animal a écrit à l’EAZA pour lui faire part de la mobilisation et pour exiger l’exclusion de l’établissement de Michel Louis.

Car les zoos, qui revendiquent des missions d’éducation du public et de conservation des espèces, se trouvent là face à une aberration en termes de discours. Comment parler de pédagogie quand on présente des animaux dans des numéros contre-nature, le plus souvent douloureux, quand on les contraint – un traumatisme pour cette espèce solitaire – à partager en groupe un espace restreint ? Comment parler de respect et de préservation des espèces quand le dressage seul est une coercition pour des animaux sauvages ravalés au rang de biens de consommation ?

Code animal et Aves France s’insurgent contre cette entreprise scandaleuse sur le plan éthique. L’association de protection animale 269 Life France a également rejoint la protestation et organisera un happening le 6 juin devant le zoo d’Amnéville.

Contact

• Franck Schrafstetter, président de Code animal : info@code-animal, 06 14 82 21 84
• Christophe Coret, président d’Aves France : contact@aves.asso.fr

#TigerWorld Acte III : happening le samedi 6 juin 2015 devant le zoo d’Amnéville

ATTENTION : le rassemblement devant le zoo a été interdit par la préfecture. Merci de ne pas vous rendre au happening : http://www.aves.asso.fr/2015/06/le-ripoublicain-lorrain-continue-de-servir-la-soupe-au-tigerworld-damneville/

AVES France lutte depuis janvier 2014 contre TIGERWORLD, le spectacle de tigres du zoo d’Amnéville. Depuis avril 2015, plusieurs représentations quotidiennes ont lieu dans le parc zoologique qui a décidé de se transformer en cirque.

Acte I : pétition et débat public

L’acte I de notre action a consisté en une pétition signée aujourd’hui par plus de 38.000 personnes. Le but était de montrer à Michel Louis, directeur de l’établissement, que le public s’opposait à l’exploitation des animaux et à la transformation d’un parc zoologique en cirque. Nous avons médiatisé l’affaire afin que naisse un débat autour de ce sujet, sans toutefois recevoir un écho favorable de l’administration française, des associations nationales, européennes et internationales qui gèrent les parcs zoologiques ou de la direction du parc. Cependant, nos articles ont été lus par 45.000 personnes dont 38.000 ont signé la pétition. Nous avons même obtenu le témoignage de Patrick Jardin, responsable du CERZA et du Parc des Félins, qui dénonce fermement ces parcs qui, pour le profit, « n’hésitent pas à abuser des animaux sauvages pour des effets toujours plus spectaculaires ».

Acte II : CyberAction avec Code Animal

Le 24 avril 2015, AVES France et Code Animal ont lancé une nouvelle phase à la mobilisation. Nous avons décidé de lancer une mobilisation sur internet. Désormais, TigerWorld n’est plus un projet, c’est devenu une réalité. Les médias français, toujours acquis à la cause de ceux qui leur fournissent de belles images d’animaux, ont tous réalisé des « reportages », qu’on pourrait plutôt qualifier de « publicités » car aucune chaîne ne nous a permis de nous exprimer. Pas un mot sur l’opposition au projet. Rien ! Le zoo d’Amnéville est puissant car il brasse énormément d’argent. Il finance même des projets de conservation de la faune sauvage. Alors pas de vague ! Tout le monde laisse Michel Louis faire ce qu’il veut. Nous avons donc demandé à nos militants d’envoyer des mails à l’EAZA (l’Association européenne des zoos et des aquariums) pour lui demander la radiation du zoo d’Amnéville de ses membres. En quelques jours, près de 450 emails ont été envoyés… pas de réponse ; ça vous étonne ?

Acte III : happening contre TigerWorld devant le zoo d’Amnéville le samedi 6 juin 2015

Puisque nous ne sommes pas entendus et que Michel Louis, fort du succès de TigerWorld, nous menace désormais de la création d’un delphinarium dans les années à venir, une nouvelle action a été initiée par 269 Life. AVES France s’associe bien évidemment à cette action et certains de nos membres seront également sur place. Nous vous invitons d’ailleurs à les rejoindre. Vous trouverez plus d’informations sur la page Facebook : https://www.facebook.com/events/1466606540297950/

Vous trouverez aussi des propositions de covoiturage pour vous rendre sur place : https://www.facebook.com/events/467777230047844/

Le lieu prévu pour le happening se situe juste à côté de l’entrée du Zoo d’Amnéville : 1 rue du Tigre – 57360 AMNÉVILLE

CyberAction : Non au spectacle de dressage de tigres « Tiger World » au zoo d’Amnéville !

À vos claviers pour demander à l’EAZA de ne pas être complice du Tiger World d’Amnéville !

Aves France et Code animal organisent ensemble une cyberaction pour que le zoo d’Amnéville renonce à son spectacle de dressage de tigres, Tiger World. Cette “attraction”, qui met en scène sept tigres du Bengale et deux tigres blancs, est une absurdité et une aberration pour qui prétend œuvrer pour la préservation des espèces comme pour l’éducation du public. <lire l’article sur Zoo-de-france.com>

Nous savons que l’initiative de Michel Louis, directeur du zoo d’Amnéville, a d’ores et déjà suscité un certain émoi chez les propriétaires de zoo. Nous demandons aujourd’hui à l’EAZA, Association européenne des zoos et des aquariums, de refuser d’être complice de l’établissement de Michel Louis en le rayant de ses membres.

Vous pouvez nous y aider depuis votre ordinateur ! Voici comment.

  • Participez à notre Tweestorm d’une semaine, en envoyant le Tweet suivant (texte + image) :

Tweetstorm #NonAuTigerWorld L’ @EAZAFund doit rayer le zoo d’ #Amneville de ses membres. Zoo-de-france.com

fb_tigerworld_profil

 

  • Changez votre photo de profil sur Facebook pendant une semaine, prenez la nôtre !
  • Signez notre pétition pour demander au directeur du zoo d’Amnéville de renoncer à son projet et faire part de votre mécontentement aux élus de la communauté de communes du pays Orne-Moselle : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/spectacle-tigres-tiger-world/11337
  • Envoyez un mail à l’EAZA pour lui demander de rayer le zoo d’Amnéville de ses membres en remplissant le formulaire ci-dessous :

ACTION TERMINEE ! MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION !

Les parcs zoologiques ne sont pas des cirques

AVES France a lancé une pétition en janvier 2014 contre le projet TIGER WORLD du zoo d’Amnéville. Depuis, des dizaines de milliers d’anonymes ont signifié leur désaccord avec ce projet, sans que nous ne réussissions à obtenir d’opposition de la part des professionnels du secteur. C’est désormais chose faite.

Aujourd’hui, Patrick Jardin, co-fondateur du CERZA et fondateur du Parc des Félins, romp l’omerta et prend la parole pour « réagir sur l’évolution de certaines enseignes qui n’hésitent pas aujourd’hui à déformer notre métier et notre but de conserver les espèces menacées. »

Son but ? Défendre  les parcs zoologiques, ceux qui n’ont pas oublié leur mission et qui sont aujourd’hui menacés par « d’autres établissements qui n’hésitent pas à abuser des animaux sauvages pour des effets toujours plus spectaculaires ». Car tous les parcs zoologiques « ne sabordent pas leurs valeurs en ne pensant qu’à l’apport financier que ces animaux de captivité peuvent leur apporter. »

Nous vous livrons son témoignage, étant l’un des seuls du secteur à prendre position contre les dérives actuelles.

Les parcs zoologiques ne sont pas des cirques

Le passé des parcs et jardins zoologiques n’a pas toujours été des plus glorieux. Historiquement, les ménageries royales étaient uniquement destinées à satisfaire la curiosité des anciens puissants de ce monde et de montrer leur suprématie au reste de la population. L’ouverture des premiers zoos au grand public n’a guère amélioré cette vision. Ceux-ci sont devenus une vitrine de la puissance coloniale : des entassements d’animaux sauvages dans des espaces confinés sans respect de leurs besoins fondamentaux, voilà ce que l’on trouvait encore au début du XXème siècle.

Les résultats observés aujourd’hui, sont le fruit d’un long processus. Plus de trente ans depuis la signature de la Convention de Washington ont du s’écouler pour considérer que le bien-être, la conservation, et l’éducation devait être des prérogatives des établissements zoologiques.

L’appellation «Parc zoologique» est aujourd’hui menacée par d’autres établissements qui n’hésitent pas à abuser des animaux sauvages pour des effets toujours plus spectaculaires. Pour attirer un maximum le public, tous les moyens sont bons. Les animaux sauvages font l’objet de toutes les convoitises de la part des humains : chassés, piégés ou braconnés pour certains ; enfermés, exhibés ou détenus illégalement pour d’autres.
Que le spectacle commence… Hypnotisé par certains reportages télévisés, le public reste conquis par la proximité entre l’homme et l’animal sauvage. Cette fausse vérité d’un lion qui aime être caressé par un humain, est insoutenable pour Le Parc des Félins.

Les intentions de ces parcs sont purement spéculatrices, et se vouent à une désinformation impressionnante, que nous avons réduite depuis des années.
Les sollicitations pour caresser ou biberonner un félin sont nombreuses et nous émettons ce constat amer de l’amalgame qui est fait entre les parcs zoologiques, qui ont le devoir de respecter l’animal sauvage, et les cirques qui déforment leur beau naturelle.

Depuis plus de 30 ans, Patrick Jardin, cofondateur du parc CERZA et fondateur du Parc des Félins, milite activement contre l’exploitation de ces animaux sauvages. Les différents établissements qu’il a crées ont toujours eu pour
objectif l’élevage d’animaux dans des conditions de vie optimales.

Inutile de faire du spectacle pour susciter l’émerveillement chez petits et grands. Le monde du vivant est suffisamment beau et riche pour qu’il y ait nécessité de le pervertir avec des numéros contre nature. Les exemples récents, largement mis en lumière par les médias vont à l’encontre de notre travail.

Qu’y atil de plus beau qu’une tigresse qui élève sereinement sa progéniture ? Car ne l’oublions pas, si la tendance actuelle est de faire rentrer le spectacle au cœur du monde des parcs zoologiques, notre devoir est de s’interroger sur le quotidien des animaux qui subissent la loi du plus spectaculaire…

Rappelons que pour satisfaire cette hérésie de caresser des lions, des tigres et autres animaux sauvages, ou de travailler, comme ils l’énoncent, les bébés sont arrachés à leur mère pour satisfaire le besoin primitif de l’humain
qui n’est autre que de s’imposer à lui !

Qu’y atil de pédagogique là dedans ?
Que font tous ces animaux lorsqu’ils ne sont pas en représentation ? Dans quelles conditions viventils réellement ?

Il est de notre devoir d’enseigner aux nouvelles générations le respect de la faune. Comment nos descendants peuventils avoir envie de nous aider à protéger toute cette biodiversité si on tolère aujourd’hui de les voir contraints à des prouesses sans respect de leur intégrité ??

Il n’y a aucune vocation pédagogique à tout cela… sinon celle que les intérêts commerciaux prévalent en tout point
sur le respect du vivant…

Lire également en PDF :
Parc des Félins militant
zoo le grand mensonge Patrick Jardin

 

Photo fournie par le Parc des félins. ©  Olivier Wojciechowski et Eric Simon

« Putain d’écologistes de merde ! » : le directeur du zoo d’Amnéville perd son sang froid.

Cet article a initialement été écrit pour « Le + » du Nouvel Obs, qui n’en a pas voulu car son ton n’était pas assez partisan. Le voici donc ici… pour que chacun puisse se forger sa propre opinion.

Le zoo d’Amnéville, un exemple de réussite pour une structure privée

Un des plus beaux parc zoologique d’Europe présentant 2000 animaux des 5 continents, c’est ainsi que se présente le zoo d’Amnéville sur son site internet. Et pour cause ! Le zoo, qui a ouvert ses portes le 28 juin 1986 à l’initiative de Michel Louis, s’est forgé une solide réputation. Au fil des années, il est devenu l’un des trois plus important parc zoologique de France et accueille plus de 600.000 visiteurs par an. Cette structure privée, qui présente 360 espèces différentes, s’étend sur 17 hectares et emploie 120 à 200 salariés ; un bel exemple de succès.

Un zoo qui a su évoluer pour s’adapter aux exigences du public

Oubliées les cages exigües et les enclos bétonnés. Désormais, les visiteurs attendent d’un parc zoologique que les animaux y soient choyés. Aussi, le zoo d’Amnéville a-t-il reconstitué certains milieux naturels dans lesquels évoluent leurs pensionnaires, comme l’espace « Amazone jungle » où des espèces comme le jaguar, le loup à crinière, le fourmilier arboricole, le tamarin ou le flamant du Chili, vivent au milieu d’une végétation luxuriante, agrémentée d’un ruisseau et de cascades. Pour recréer encore mieux cette illusion de liberté, certaines espèces cohabitent, comme elles le feraient dans la nature, à l’instar des girafes, des zèbres, des autruches, des cobes, des springboks, des grues, des ibis et des pélicans de la plaine africaine.

Car la mission d’un parc zoologique n’est plus seulement d’exposer des animaux. La sensibilisation du public à la préservation des animaux est indispensable dans tout parc qui se respecte, et est même devenue une obligation inscrite au chapitre 7 de l’Arrêté du 25 mars 2004 
fixant les règles générales de fonctionnement et les caractéristiques générales des installations des établissements zoologiques, qui précise que « les établissements doivent promouvoir l’éducation et la sensibilisation du public en ce qui concerne la nature, la biologie des espèces et la conservation de la diversité biologique, notamment en fournissant des renseignements sur les espèces exposées et leurs habitats naturels ». Ainsi, chaque zoo doit au minimum exposer une carte d’identité des espèces présentées, en précisant par exemple sa répartition géographique, son statut de protection et les menaces qui pèsent pesant sur la conservation de
l’espèce.

Le zoo d’Amnéville, qui reçoit des groupes scolaires et organise des stages pour les enfants ou des visites VIP pour les adultes, a rédigé une brochure pédagogique très complète, consultable gratuitement depuis son site internet.

 

Un zoo engagé

Si la participation aux actions de conservation des espèces animales est désormais inscrite dans la loi, par l’arrêté du 25 mars 2004 (chapitre 6), l’engagement du zoo d’Amnéville est une fois de plus louable. 16 programmes de conservation en milieux naturels sont soutenus financièrement par le zoo, pour un total en 2013 de 510.000 euros. Gorilles, lycaons, tapirs, rhinocéros, lynx, éléphants perçoivent les bénéfices du bon fonctionnement du parc, une partie du prix de l’entrée étant consacrée au financement de ces programmes.

Et pourtant…

En janvier 2014, une pétition contre le zoo d’Amnéville est postée sur le site mesopinions.com. Le jeune homme qui en est l’auteur dénonce un projet pharaonique lancé par le directeur du zoo d’Amnéville : Tiger World. Le parc réagit immédiatement en menaçant l’auteur de la pétition et le site qui l’héberge. Afin de ne pas céder aux pressions et de pouvoir faire face à d’éventuelles poursuites, c’est l’association AVES France qui reprendra cette pétition à son compte.

tiger

 

14 millions d’euros investis

Mais « Tiger World », c’est quoi ? Et pourquoi un zoo montré en exemple par tous est-il soudain sous le feu de toutes les critiques ?

Il faut, pour comprendre, revenir aux origines du zoo d’Amnéville.

« Le Parc Zoologique d’Amnéville est la réalisation d’un rêve d’enfant : la passion du monde animal, Michel LOUIS la reçut comme un coup de foudre à l’âge de 4 ans en visitant la ménagerie d’un grand cirque français ». Dans cette phrase extraite de la présentation du zoo sur son site internet comme dans la presse, le directeur du zoo d’Amnéville avoue que sa première passion a toujours été le dressage et que l’investissement dans l’attraction « Tiger World » va enfin lui permettre d’assouvir cette passion.

Pour mettre en scène ce show qu’il annonce unique au monde, il a confié la réalisation des décors de la salle de spectacles de 1800 places à la société AAB, qui présente les installations en détail sur son site internet. Les travaux sont en cours, pour une inauguration prévue en avril 2015.

Mais l’association AVES France ne comprend pas ce mélange des genres et s’insurge contre ce projet. Au nom des 30.000 signataires de la pétition, l’association a saisi les organismes dont le zoo d’Amnéville se vante être adhérent (EAZA, WAZA, AFdPZ, IZE et QC) et le ministère de l’écologie, afin de leur demander si, désormais, les parcs zoologiques vont troquer leur « mission de conservation » en « dressage d’animaux » pour ne plus être des zoos, mais des cirques.

« Pour l’heure, personne ne s’est ému de cette situation », s’inquiète l’association qui ne compte pas en rester là. « Il est regrettable qu’un parc zoologique montré en exemple puisse devenir une arène de cirque. C’est même inacceptable car ce projet sera à coup sûr repris ailleurs. On ne peut pas sensibiliser le public en leur montrant des numéros de domptage, c’est complètement à l’opposé de la mission d’un parc zoologique en 2014. Le directeur prévoit également d’investir dans une piscine à dauphins, une autre abomination pour nous. Il affirme que Tiger World sera un spectacle unique en son genre, réalisé dans un décor époustouflant, et qui chamboulera la perception du monde animal dans les zoos. Pour nous, c’est la plus grande dérive que nous avons à combattre pour que les animaux dans les zoos ne deviennent pas des saltimbanques. »

« Sales fascistes, putain d’écologistes de merde ! »

Ces critiques, Michel LOUIS refuse de les entendre. « Je revendique le fait d’être l’héritier des grands dresseurs de cirque. Avec ce spectacle, je compte bien réhabiliter le cirque traditionnel, attaqué par quelques extrémistes qui passent leur temps à asséner des contre-vérités » a-t-il déclaré au Républicain Lorrain en juillet 2013, le journal ayant consacré plusieurs articles à son projet.

Si Marion Cabrol, la responsable pédagogique du zoo d’Amnéville, a fait pression sur l’auteur initial de la pétition, elle a refusé de débattre avec l’association AVES France, lui adressant simplement le mail suivant : « Je ne débattrais ni de votre email ni du sujet de Tiger World avec vous : ce n’est pas mon rôle, je laisse le soin à ma direction de décider de la suite. Cette discussion est donc close. Vous n’aurez pas d’autres réponses de ma part. » La direction du parc, elle, n’a jamais répondu, ni même donné suite à ses menaces de plainte en diffamation.

Pourtant, les critiques semblent agacer la direction du zoo, au point de la faire sortir de sa réserve.

Cyril LEDUC, de l’association Félins-préservation, a rencontré Michel LOUIS alors qu’il effectuait un tournage sur le travail des soigneurs animaliers. « Au cours de la conversation où je présentais l’Association « felins-preservation » nous en sommes venus à parler des conditions de vie des animaux dans les Cirques, mais à ce moment précis de la discussion, assez conviviale au départ, le Directeur a immédiatement changé de comportement… et est devenu insultant et menaçant à notre égard avec des termes et des mots totalement déplacés et grossiers tels que : « Sales fascistes, putain d’écologistes de merde ! » et bien d’autres insultes complètement sorties du contexte de notre visite. Dans le quart d’heure qui a suivi cet épisode, nous avons été expulsés « manu militari » et raccompagnés hors du parc sur le parking public, où même là, notre présence n’était même plus souhaitée. » Devant ces propos choquants et insultants, il a décidé de publier un article pour dénoncer l’attitude du directeur du zoo d’Amnéville, tout en saluant « le bon travail du personnel dévoué à leurs tâches ».

Et vous, êtes-vous favorables au dressage d’animaux dans les zoos français ?

Répondre au sondage :

http://www.mesopinions.com/sondage/animaux/etes-contre-spectacles-domptage-animaux-sein/1664

P.S. : merci à Cyril LEDUC pour son soutien sur ce dossier.