L’ours Valentin sera exploité les 4, 5, 6, 11 et 12 juin 2022 aux Grandes Médiévales du Grand Parc d’Andilly

Le vote de la LOI n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes ayant acté, en son article 49, l’interdiction des spectacles itinérants avec des ours ou des loups dans un délai de deux ans, nous espérions que les organisateurs de fêtes médiévales feraient preuve de raison et renonceraient à faire venir des montreurs d’ours pour les festivités à venir.

Malheureusement, les organisateurs des Grandes Médiévales du Grand Parc d’Andilly ont décidé d’inviter le montreur d’ours Frédéric Chesneau pour l’édition 2022. Le programme nous indique que l’ours Valentin devra assurer 13 représentations de 20 minutes :

  • le 4 juin 2022 à 13h45, 16h30 et 19h45
  • le 5 juin 2022 à 13h45, 16h30 et 19h45
  • le 6 juin à 13h45 et 16h30
  • le 11 juin 2022 à 13h45, 16h30 et 19h45
  • le 12 juin 2022 à 13h45 et 16h30

Si ces “spectacles” restent légaux jusqu’à la fin du mois de novembre 2023, ils n’en demeurent pas moins immoraux. Les députés et les sénateurs ont inscrit l’interdiction prochaine de ces spectacles dans la loi en jugeant que les ours et les loups n’avaient rien à faire dans des fêtes médiévales ou autres spectacles itinérants. Il est d’autant plus incompréhensible que les organisateurs des Grandes Médiévales du Grand Parc d’Andilly aient choisi de maintenir la programmation de cette animation pour l’édition 2022.

Nous vous demandons d’écrire courtoisement aux organisateurs de cet évènement pour leur demander de renoncer à la venue de l’ours Valentin. L’équipe bénévole d’AVES France vous rappelle que nous ne cautionnons aucun propos violent ou insultes. Vos demandes auront d’autant plus de poids auprès des organisateurs si vos messages sont courtois et argumentés. 

-> Pour contacter les Grandes Médiévales : https://www.grandparc-andilly.com/nous-contacter

 

Fin de partie pour les dresseurs Poliakov / Bruneau, anciens propriétaires des ours Micha, Bony et Glasha

Il aura fallu des années de combat pour obtenir la fermeture de l’établissement de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov à Chauvigny-du-Perche, dans le Loir-et-Cher. Par un arrêté du 28 octobre 2021, qu’AVES France a pu se procurer grâce au soutien de l’équipe du Sénateur Arnaud Bazin, le Préfet du Loir-et-Cher a mis un terme à des années de souffrances des animaux détenus par ces dresseurs, dont plusieurs animaux sont morts malgré nos nombreuses alertes.

Retour sur ce dossier qui a révélé les failles d’un système...

29 août 2015 : l’ours Micha est présenté à la fête du cochon de Crépy-en-Valois

Depuis sa création en 2005, AVES France dénonce les spectacles de montreurs d’ours et tente de faire évoluer l’opinion publique sur la place des ours dans ce type d’évènements. Une adhérente, toujours à nos côtés aujourd’hui, nous informe que les Poliakov vont se produire avec leur ours Micha lors de la fête du cochon de Crépy-en-Valois. En effet, sur son site internet, la mairie de Crépy s'extasie de la présence de ces artistes.

«  Mais la grande nouveauté cette année, c'est sans conteste le spectacle de dressage des animaux avec Les Poliakov et leur ours Micha. »  

Nous décidons de nous rendre à la représentation, conscients que la diffusion d’images de ce pauvre ours exploité touchera le coeur des militants de la cause animale, et espérant que cette mauvaise publicité pour Crépy-en-Valois les fera réfléchir sur leurs programmations à venir, mais encouragera aussi les autres villes à renoncer à ce genre d’animation. 

Ces spectacles sont légaux, puisque l’arrêté du 18 mars 2011 fixe les conditions de détention et d'utilisation des animaux vivants d'espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants. Il précise pour les ours que : «  Les animaux doivent être muselés et tenus en laisse. Un point fixe solidement implanté dans le sol et situé à proximité immédiate du lieu où se tiennent les animaux doit permettre de les attacher en cas de besoin. Un nombre suffisant de personnel doit se trouver à proximité immédiate du spectacle afin de pouvoir maîtriser de cette manière les animaux. Toutefois, si les animaux sont présentés en cage circulaire ou séparés du public par une clôture électrique installée à la périphérie de la piste, le port d'une muselière n'est pas obligatoire. A défaut du respect de l'ensemble de ces dispositions ou si les animaux ont présenté un caractère pouvant être agressif, les ours doivent être présentés au public en cage circulaire de la même manière que les félidés. » 

En 2011, quand cet arrêté a été adopté, AVES France n’avait pas encore développé son activité de sensibilisation des élus. Petite association menée par un tout petit groupe de bénévoles, nous n’envisagions pas alors de pouvoir participer à l’élaboration de lois ou de règlements. 

Notre absence a permis aux dresseurs de faire passer dans les annexes de l’arrêté des conditions de détention scandaleuses pour leurs animaux : 

Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d'au minimum :
― dans le cas des animaux d'une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;
― dans le cas des animaux d'une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres.
Il doit être possible d'isoler les animaux.
Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s'appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n'excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu'à leur retour.

C’est ainsi que les « montreurs d’ours » ont pu présenter leurs ours lors de fêtes médiévales, lors de marchés de Noël ou autres fêtes de village sans tenir compte des besoins de leurs animaux, puisque la loi les autorisait à les détenir jusqu’à 4 jours dans le véhicule qui servait à leur transport. 

A partir de ce moment-là, il n’était plus question pour AVES France de seulement dénoncer en amont la programmation de spectacles de montreurs d’ours en écrivant aux municipalités. Les organisateurs ne comprenaient pas notre hostilité à ces spectacles et très peu de nos concitoyens avaient une idée précise du calvaire des ours lors de ces représentations. C’est la raison pour laquelle nous avons alors fait le choix de filmer les spectacles afin de les diffuser sur les réseaux sociaux, qui prenaient petit à petit de l’ampleur en France, mais aussi en prévenant les médias et en demandant à l’administration d’effectuer des contrôles. 

Dans le cas du spectacle des Poliakov à Crépy-en-Valois, nous avions alerté la DDPP en amont, car nous savions que l’ours Micha avait déjà à l’époque des problèmes de santé. En effet, dès 2014, un lanceur d’alerte nous avait écrit pour nous raconter qu’il avait travaillé « à sa grande honte » chez les Poliakov, et qu’il souhaitait nous informer de ce qu’il avait pu y voir. Le témoignage était étayé de photos des ours dans leurs geôles de béton. La réponse de la DDPP était laconique. Elle tenait en deux phrases : « Des agents se sont rendus sur place et n'ont pu observer les animaux. Concernant la sécurité du public, elle ne relève pas des services de la DDPP. » 

Le 10 septembre 2015, quelques jours seulement après l'émotion provoquée par les vidéos de l'ours Micha tournées par notre association à Crépy-en-Valois, où l'on voyait le pauvre ours contraint de marcher sur un ballon en équilibre sur des rails et de prendre des postures de soumission devant le public, un habitant d’Envronville, petite commune de Seine-Maritime, nous a confié avoir reçu un flyer pour la fête médiévale du village, qui devait se dérouler le dimanche 27 septembre 2015 sur le terrain de foot d’Envronville. Sur ce document, il est écrit qu'un « spectacle avec les ours Poliakov » aurait lieu de 16h à 18h, avec les ours Bony et Micha. 

En quelques jours, le comité des fêtes d'Envronville a reçu des milliers d'emails pour demander aux organisateurs de cette fête médiévale d'annuler la prestation des ours. Prenant conscience de leur erreur d'avoir fait appel aux Poliakov et ne pouvant de toute façon ni assurer la sécurité du public, ni même faire face au risque de manifestation des militants de la cause animale, le Maire d'Envronville n'a pas autorisé la manifestation. Ainsi, pour des raisons de sécurité, le contrat a été rompu, bien que ce dernier ne comportait aucune clause d’annulation.

AVES France a ensuite pu filmer des représentations de l’ours Micha le 15 août 2016 à Saint-Tricat, puis le 28 août 2016 à Arcis-sur-Aube. Chacune des représentations se terminait par une joute verbale entre les dresseurs et un public médusé, qui commençait à prendre conscience du calvaire subi par un ours physiquement diminué et pourtant exploité en public. 

 

En août 2016 puis en juin 2017, AVES France a reçu plusieurs témoignages concordants sur les conditions de détention des ours. Nous avons informé les autorités locales. La fondation Brigitte Bardot, également destinataire de témoignages alarmants, a également prévenu la DDPP qui a effectué un contrôle en juin 2016 n’ayant pas permis de mettre en évidence des actes de maltraitance, mais qui avait révélé des non conformités. Nous n’avons jamais eu plus de détails sur l’ampleur de ces « non conformités ».

En mai 2018, alors que nous n’arrivons plus à trouver de représentations avec les ours des Poliakov, nous apprenons suite à des recherches que la société des Poliakov, cyniquement nommée SAS animal bien-être, a été mise en liquidation judiciaire le 11 février 2018. Nous écrivons alors à la DDCSPP du Loir-et-Cher pour leur communiquer cette information, mais aussi nous émouvoir du sort des animaux présents sur le site, puisque la situation financière du couple semble précaire.  

La réponse de la DDCSPP est une nouvelle fois brève, mais témoigne qu’ils ont reçu notre alerte : « Nous n'avons à ce jour aucune information sur le devenir des animaux de la SAS Animal Bien-être. Nous allons demander à M. Poliakov et Mme Bruneau de nous indiquer ce qu'il en est. En vous remerciant de nous en avoir informé. » ce à quoi je me permets de répondre : « Merci beaucoup pour votre réponse et les actions que vous mettrez en place pour obtenir des informations sur le devenir des animaux de la SAS Animal Bien-être. J’avoue être assez inquiet sur le devenir des trois ours, car si la société est en liquidation judiciaire, je me demande comment le couple peut trouver les moyens de nourrir ses animaux. N’hésitez pas à me tenir informé si vous obtenez des renseignements et si une solution de placement doit-être trouvée. » Nous ne recevrons plus d’autre réponse. 

Le 6 septembre 2018, les Poliakov créent l’association Vive la fête. La création de cette structure leur aurait été conseillée par les autorités locales pour pouvoir continuer à exploiter leurs animaux malgré la liquidation judiciaire de leur entreprise.

Nous apprenons que les Poliakov se produisent avec leurs animaux dans des soirées privées, comme le 22 décembre 2018 lors d’une soirée où des convives sont invités à se coucher sur l’ours Micha, extrêmement affaibli, mais où le singe Mina est également présent. Nous obtiendrons malheureusement ces éléments après la dernière représentation publique de Micha en septembre 2019.

Entre temps, nous apprenons que de nombreuses associations sont soudainement intéressées par le dossier Poliakov. Ayant toujours mis l’intérêt des animaux avant le notre, nous partageons depuis plusieurs années toutes les informations que nous réussissons à trouver sur les Poliakov… ce qui n’est malheureusement pas réciproque. 

Ce n’est qu’en mai 2019 que le nom des dresseurs réapparaît sur le programme d’une fête médiévale, à Villedieu-le-Château. A cette période, AVES France participe aux côtés de nombreuses organisations de protection animale à la mission ministérielle sur le bien-être animal. Nous informons donc nos partenaires de la présence de l’ours à Villedieu-le-Château et leur demandons de ne pas divulguer l’information afin d’éviter toute annulation par les dresseurs. AVES France et FOUR PAWS décident de se rendre sur place afin de vérifier si Micha participe au spectacle, mais les Poliakov ont été mis en demeure de réaliser des soins sur l’animal et ne se déplacent finalement qu’avec leurs aras, expliquant au public que l’ours est malade.  

En septembre 2019, AVES France est alertée par un habitant des Hauts-de-France que les Poliakov vont se produire le dimanche 8 à Racquinghem. Dans le secret le plus total, nous décidons de nous rendre sur place. Nous ne prévenons qu’un enquêteur de la fondation 30 millions d’amis afin d’organiser un contrôle par des agents de l’OFB et veillons à ce que la DDCSPP du Loir-et-Cher ne soit pas tenue informée de ce contrôle et de notre présence sur place. 

Lorsque l’ours Micha entre en scène, nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Micha apparaît affaibli. Il refuse d’exécuter certaines parties du spectacle, alors qu’il reproduit ce numéro invariablement depuis des années. Il s’assoit, s’allonge, renverse les obstacles que ses dresseurs lui imposent de franchir. Des jets d’urine s’échappent à chaque fois que ses pattes infectées touchent le sol. L’ours est mourant. Pourtant, les dresseurs ont obtenu quelques jours auparavant un certificat vétérinaire attestant que Micha est en capacité de réaliser son spectacle. Ce sera son dernier.

 

A la fin de la représentation, deux agents de  l’OFB réalisent un contrôle qui provoque l’ire d’Alexandre Poliakov, mais les dresseurs sont autorisés à repartir avec l’ours. 

Sur la route du retour, traumatisés par les images de cet ours en souffrance, nous publions l’intégralité de la vidéo sur nos réseaux sociaux et envoyons ces images au cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire.

Parallèlement, nous apprenons que l’association One Voice s’est procurée des vidéos des ours dans leurs geôles de béton, tournées chez les dresseurs et les a publiées. Nous alertions sur les conditions de détention des ours depuis longtemps, grâce aux photos transmises par d’anciens employés, mais enfin le ministère prend la mesure de ce dossier. Tous les médias se font l’écho du calvaire des ours des Poliakov et reprennent les dernières images de Micha, tournées par notre association à Racquinghem. La ministre ordonne une inspection, qui confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapables de les faire prodiguer, les Poliakov décident de confier l’ours au zoo-refuge La Tanière, où il recevra des traitements pendant plusieurs semaines. Il meurt pourtant le 12 novembre 2019, affaibli par des années de mauvais traitements. 

Sous la pression, nous parvenons à obtenir la saisie des deux autres ours détenus par le couple. Le mâle, Bony, est envoyé au refuge de l’Arche. La femelle, Glasha, est envoyée au Bärenpark Schwarzwald, en Allemagne, où elle est renommée Franca. AVES France est alors tenue à l’écart des échanges entre la préfecture et les fondations, ce qui reste traumatisant encore aujourd’hui vu notre investissement sur ce dossier. 

Enfin un procès pénal : l’heure des comptes ? 

L’énorme médiatisation du dossier pousse de très nombreuses organisations de protection animale à déposer plainte contre les dresseurs. De notre côté, conscients des enjeux et de l’importance de ce procès à venir, nous prenons le temps de réunir tous les éléments que nous avons rassemblé pendant de nombreuses années pour que notre plainte soit complète et permette de mettre en lumière l’ampleur du dossier. Notre plainte est déposée en décembre 2019. 

Lors de l’audience qui a été reportée d’un an à cause de la pandémie de Covid-19, huit associations se sont constituées partie civile. C’est donc le mercredi 12 mai 2021 que s’est tenu le procès de Dany Bruneau et de Alexandre (Sacha) Poliakov. 

13h49 : ouverture de l’audience. 

Nous apprenons que Mme Bruneau ne sera pas présente, car elle serait hospitalisée pour une maladie grave. Monsieur Poliakov, lui, s’avance à la barre.

Le Président du Tribunal lui rappelle les nombreuses infractions pour lesquelles il est poursuivi, avant de revenir sur l’enquête de l’OFB qui a conduit à la rédaction d’un Rapport de Manquements Administratifs suite à un contrôle en février 2019, dont les prévenus ont pris possession mais qu’ils n’ont pas lu.

Le Président rappelle qu’en 2015, M. Poliakov a demandé une extension de son autorisation d’ouverture pour accueillir des perroquets, et que la DDCSPP lui a donné cette autorisation, mais qu’il s’était engagé à réaliser des travaux avant le 31 décembre 2015. Or, lors du contrôle de février 2019, les travaux n’étaient pas terminés et les oiseaux vivaient toujours dans une ancienne remorque de camion frigorifique sans lumière extérieure et sans accès à une volière. M. Poliakov évoque des problèmes de trésorerie et des travaux réalisés mais non terminés, affirmant qu’aujourd’hui, les travaux sont terminés. 

Pourtant en mars 2019, un rapport vétérinaire indiquait que les oiseaux restaient 365 jours par an dans leurs petites cages avec cette conclusion : “Il est contre les bonnes pratiques et le bien-être animal de maintenir des oiseaux dans un local fermé, non aéré et sans accès extérieur et à la lumière naturelle 365 jours par an.” C’est le même vétérinaire qui s’était alarmé de l’état de santé de Micha et avait recommandé un “suivi vétérinaire plus soutenu et ne plus faire de représentation dans sa condition médicale”. Il poursuivait en disant qu’“en l’état actuel des choses, il est pour moi médicalement contre-indiqué de déplacer cet animal de son environnement, tout mouvement forcé étant une source de douleur importante.”

Le Président attire ensuite l’attention du prévenu sur la détention illicite du singe magot. M. Poliakov affirme que la DDCSPP a perdu son dossier en 2015. Il a redéposé un dossier qui a été rejeté. M. Poliakov finit par avouer détenir illégalement le singe, que nous avions vu travailler lors d’une prestation en décembre 2018.

La détention illégale concerne aussi un ara militaire qui avait été utilisé à Villedieu-le-Château, ce qu’avait pu identifier Arnauld Lhomme en visionnant nos photos du spectacle, puisque nous étions présents à cette représentation. La provenance de plusieurs oiseaux reste douteuse.

Le rapport de l’OFB indique aussi qu’aucun animal n’était identifié sur le fichier i-Fap, ce qui a depuis été régularisé.

Le Président s’étonne qu’il faille toujours autant de temps à M. Poliakov pour tenir compte des remarques de l’administration et remet en cause son professionnalisme. “Vous étiez dans le collimateur d’associations de protection des animaux depuis 2014, suite à des spectacles ou des dénonciations d’anciens employés. C’est de cette manière que le focus a été mis sur votre exploitation” poursuit le Président, avant d’enchaîner sur la qualification de ces “employés”. Etait-ce du travail dissimulé ?

Alexandre Poliakov affirme que c’était des stagiaires, des cavalières qui venaient pour monter les chevaux.

– Contre quelle contrepartie ? l’interroge-t-on.
– Rien. Parfois elles voulaient aider, nettoyer, alors on nettoyait les box ensemble.

Le Président du Tribunal énumère les témoignages de ces jeunes femmes qui, après leurs absences, devaient récurer les box, parfois plein de crottin ; jusqu’à 40 cm !

Ils pataugeaient dans leurs déjections ! M. Poliakov dit : “patauger ça veut dire dans l’eau ?” Il lui est répondu que “patauger” signifie que les box étaient plein de crottin et d’urine et que le terme “patauger” est tout à fait approprié.

M. Poliakov affirme qu’au maximum les box n’étaient pas récurés pendant une semaine et que les chevaux étaient au pré. Mais alors comment autant de témoignages concordants peuvent affirmer le contraire et les conditions déplorables dans lesquelles vivaient les chevaux ? Même la DDCSPP, en 2017, met en demeure le couple et précise que les box non curés entraînent des infections au niveau des sabots des chevaux.

Après l’inspection du 8 juin 2017, laquelle conduit la DDCSPP à mettre en demeure le couple pour plusieurs manquements (travaux non terminés, identifications de nombreux animaux manquantes, soins aux animaux non réalisés…), M. Poliakov s’était engagé à terminer les travaux pour mars 2018, ce qui est resté une vaine promesse.

Le Président poursuit sur l’état des ours, qui n’étaient plus suivis par un vétérinaire depuis le dernière visite de Florence Ollivet-Courtois en 2011. Le Président rappelle que le rapport de février 2019 indiquait dans quel était dramatique était Micha : “Le vétérinaire dit que l’animal ne pouvait plus marcher, que c’était handicapant ; ça ne vous a pas alertés ?” M. Poliakov assure qu’il faisait des soins à son ours tous les jours, ce que réfutent les vidéos tournées par One Voice. Pour la représentation à Racquinghem, c’est leur vétérinaire pour animaux domestiques qui leur a fourni un certificat disant que l’état de santé de l’ours était satisfaisant. “Il n’y a que des vétérinaires chiens et chats chez nous, pas de vétérinaire pour les animaux sauvages” se défend Alexandre Poliakov, refusant de reconnaître que son ours n’était pas en état pour se produire à Racquinghem. Le Président déplore que le vétérinaire en question, qui a été entendu par la gendarmerie, n’a pas été interrogé sur ce certificat.

“L’ours a bien travaillé ? C’était une belle représentation ?” demande le Président, qui a vu les images que nous avons tournées lors de la dernière représentation de Micha.

 

“L’ours il faisait tout tout seul, répond M. Poliakov, il fallait à peine le guider”. Ce jour-là, Micha n’en pouvait plus, il renversait les obstacles, s’allongeait. Il était à bout de forces. Son niveau de douleur était estimé à 11. Le procureur rappelle le choc des images, de la souffrance des animaux à laquelle M. Poliakov semble hermétique. Il rappelle une condamnation à une amende avec sursis le 3 avril 2013 pour défaut de certificat de capacité. Il rappelle les nombreux contrôles depuis son installation dans le Loir-et-Cher, les nombreuses procédures, mises en demeure (2008, 2009, 2011, 2017, 2019…). Il aura fallu la mort de Micha, une pression médiatique et des poursuites judiciaires pour qu’enfin M. Poliakov prenne la mesure de ses actes et assume ses responsabilités.

Le procureur considère que la situation financière de M. Poliakov et Mme Bruneau ne permet pas de les condamner à des amendes, et propose donc 1 mois de prison avec sursis à l’encontre de Mme Bruneau et 4 mois avec sursis pour M. Poliakov. A la demande des associations parties civiles, il réclame des peines complémentaires, et notamment l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des animaux, de détenir des animaux et la confiscation de leurs animaux, ainsi que 400€ par contravention.

Alors que nous attendions ce procès depuis des années pour insister sur les nombreux éléments qui constituaient notre plainte et les conclusions de partie civile préparées par Géo Avocats, le défilé des trop nombreuses parties civiles dans ce dossier a rapidement semblé énerver le président du tribunal. Passant après les plaidoiries plus ou moins pertinentes d’associations plus ou moins proches du dossier, nous avons du résumer au maximum notre intervention, ce qui fut frustrant étant donné notre connaissance du dossier. L’affaire a été mise en délibéré au 1er septembre 2021.

En attendant le délibéré, les animaux, même ceux détenus illégalement, devaient rester chez les Poliakov alors que Alexandre Poliakov était désormais chauffeur-livreur en intérim et que Mme Bruneau était - aux dires de Monsieur Poliakov - hospitalisée pour une maladie grave. Dès le lendemain de l’audience, j’adressais un mail aux services de l’Etat pour leur demander qui allait prendre soin des animaux. Pas de réponse. 

Un verdict largement en-dessous de nos attentes

Le 1er septembre 2021, le jugement correctionnel tombe. 

Le Tribunal correctionnel de Blois reconnaît Monsieur Poliakov coupable :

  • de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés ;
  • du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha ;
  • du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques,
  • du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques ;
  • du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité ;
  • du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.

Le Tribunal l’a ainsi condamné à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple et à 150 € d’amende.

Le Tribunal a également reconnu Madame Bruneau coupable de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019 pour les psittacidés, et l’a condamnée à 150€ d’amende.

Au-delà des manquements administratifs, seul M. Poliakov est reconnu coupable du délit de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha. 

Sur l’action civile, le tribunal a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de Action protection animale, mais recevables les constitutions de partie civile de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis concernant leurs demandes dirigées à l’encontre de Monsieur Poliakov et uniquement s’agissant de l’infraction de mauvais traitement commis septembre 2019 à Racquinghem au préjudice de l’ours Micha. L’action civile reposait donc sur les images qu’AVES France a pu tourner lors de la dernière représentation de l’ours. Sans notre travail et les alertes transmises à l’administration pendant plusieurs années, les Poliakov auraient-ils été condamnés ? 

Cette reconnaissance de notre travail par le tribunal rend pour nous encore plus incompréhensible le refus de l’administration d’échanger avec nous, mais également le comportement de certaines autres parties civiles, qui ont réécrit l’histoire à leur avantage ou refusé par la suite de répondre à nos sollicitations pour obtenir la saisie définitive de l’ensemble des animaux. 

Après le verdict, une interrogation sur le devenir des animaux

Nous n’espérions pas recevoir des dommages et intérêts dans ce dossier. Même si les Poliakov ont été condamnés à nous verser 250€ au titre des dommages et intérêts et 150 euros au titre des frais de justice, sommes que nous n’avons pas reçues à ce jour, nous avions prévu de reverser à la fondation pour les Ours qui prend en charge l’ourse Franca depuis novembre 2019. 

Le sort des animaux a toujours été notre seul moteur et nous avons soutenu les structures qui ont pris en charge les ours à la hauteur de nos moyens. Nous avons attribué 2500€ au refuge de l’Arche et plus de 4000€ à la fondation pour les Ours, qui gère le Bärenpark Schwarzwald. 

Le tribunal n’ayant pas prononcé de peines complémentaires, seule la préfecture pouvait déterminer le sort des animaux. Nous avons donc écrit au ministère et aux services de la préfecture pour les prier de prononcer la fermeture de l’établissement des Poliakov et la saisie des animaux. 

La préfecture n’a jamais répondu à nos sollicitations, ni à nos courriers recommandés, ni à ceux envoyés par le cabinet d’avocats qui nous représente, qui se faisaient également le relais des équipes du Bärenpark Schwarzwald. 

Devant l’absence de réponse à nos sollicitations, nous avons lancé une pétition en ligne sur le site MesOpinions.com, relayée en Allemagne par la fondation pour les Ours.

Nous avons demandé et obtenu le soutien de plusieurs députés et du sénateur Bazin, qui nous a informé la semaine dernière, alors que nous étions en visite au Bärenpark Schwarzwald pour prendre des nouvelles de l’ourse Franca, qu’il avait reçu une réponse du préfet du Loir-et-Cher l’informant de la fermeture de l’établissement des Poliakov, et donc du placement définitif des ours, qui resteront dans leurs structures d’accueil. 

Mais notre surprise, c’est que cet arrêté a été pris le 28 octobre 2021 ! 

Depuis des mois, nous continuons à nous battre pour obtenir la fermeture de l’établissement des Poliakov et la saisie des animaux, alors que la préfecture a signé la fin de la partie le 28 octobre 2021. Pire, le singe Mina et des perroquets, pour lesquels nous avions envoyé des courriers à l’administration afin d’obtenir le placement, seraient morts depuis le mois de juin 2021 ! 

Aujourd’hui, le dossier Poliakov/Bruneau se referme enfin. Ce dossier aura été une parfaite illustration de bout en bout de la difficulté de mettre en place le sauvetage d’animaux sauvages en France, avec une administration qui refuse tout échange, mais également des associations ou refuges qui se méprisent, s’ignorent, ou se tirent dans les pattes… L’image que nous avons donné à l’étranger est déplorable, et tout autant incompréhensible pour nous qui nous battons bénévolement pour les animaux. Malgré ce constat amer, nous avons renforcé nos liens avec certaines structures. Nous savons aujourd’hui qui se bat pour la gloire et qui met ses forces au service des animaux. C’est avec les secondes que nous continuerons à travailler dans les prochaines années. 

Depuis qu’elle est arrivée au Bärenpark en novembre 2019, personne n'a pris de nouvelles de Franca à part AVES France. Elle vit désormais dans des conditions idéales, dans un vaste enclos forestier en forêt noire, même si elle devra finir sa vie en captivité. Espérons qu’elle réussira à oublier, un jour, la vie misérable qui lui a été imposée chez ses anciens dresseurs. Nous nous engageons à vous donner régulièrement de ses nouvelles. 

Lettre ouverte : AVES France et la STIFTUNG für BÄREN demandent à Barbara Pompili et au Préfet du Loir-et-Cher de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019

Le 6 septembre 2021, l’association AVES France, la STIFTUNG für BÄREN / Fondation pour les Ours et le cabinet Géo Avocats ont adressé un courrier recommandé à Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique et à François Pesneau, Préfet du Loir-et-Cher, leur demandant de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019.

Voici les courriers qui leur ont été adressés et pour lesquels nous attendons une réponse dans les plus brefs délais, nos e-mails étant restés sans réponse.

Courrier de l’association AVES France : 

Madame la Ministre,
Monsieur le Préfet du Loir-et-Cher,

Vendredi 14 mai 2021, soit deux jours après le procès des Poliakov auquel j’ai pu assister en tant que représentant de partie civile pour AVES France, j’ai envoyé un message au ministère de la transition écologique, à la DDETSPP et à l’OFB pour vous interroger sur le devenir des animaux détenus à Chauvigny-du-Perche, le verdict ayant été mis en délibéré au 1er septembre 2021.

Nous avions appris lors du procès que Mme Bruneau était hospitalisée pour une maladie grave et que M. Poliakov était devenu chauffeur livreur. Je vous avais alors fait par de mon inquiétude pour les animaux encore sur place, ne sachant pas qui en prendrait soin. Seul le ministère m’a répondu, pour me dire que vous n’aviez pas d’information mais que vous alliez vous rapprocher de l’OFB.

Mercredi 1er septembre, après des mois d’attente, nous avons enfin reçu le verdict dans l’affaire qui nous opposait aux Poliakov.

Nos alertes n’ont jamais été prises au sérieux. Le procès a confirmé qu’en plus de la maltraitance sur leurs ours et le défaut de soins puisqu’aucun veterinaire spécialisé n’avait visité les animaux depuis une dizaine d’années, les perroquets étaient détenus dans une remorque sans accès à la lumière du jour et les chevaux vivaient dans des box non récurés. Le procès a prouvé que les témoignages que nous recevions et que nous partagions avec la DDCSPP du Loir-et-Cher étaient justifiés et que les Poliakov ne s’occupaient pas correctement de leurs animaux.

Aujourd’hui, malgré un dossier pénal très lourd, contenant de multiples éléments à charge, le tribunal n’a condamné monsieur Poliakov qu’à 4 mois de prison avec sursis et 150€ d’amende, et madame Bruneau à 150€ d’amende, certains faits étant prescrits. Nous les avions pourtant dénoncés en temps et en heure, mais l’administration les avait ignorés.

Je ne vous cache pas ma sidération à l’annonce du verdict, ainsi que celle de nos soutiens et de nos partenaires. Nous ne nous attendions pas à des peines d’amende élevées, le tribunal ayant suivi les réquisitions du procureur, mais nous espérions que ces peines dérisoires seraient compensées par des peines complémentaires.

Nous comptions évidemment sur ces peines complémentaires pour régler définitivement le sort des animaux encore présents chez les dresseurs, mais également la situation administrative précaire des ours qui ont été placés au refuge de l’Arche et au Bärenpark Schwarzwald de la Fondation pour les Ours, en Allemagne.

En refusant de se prononcer sur le sort des animaux, le tribunal renvoie cette responsabilité à la préfecture, qui n’a rien fait pour les protéger pendant de trop longues années. Notre crainte est évidemment que les dresseurs puissent conserver leurs animaux malgré leur condamnation. Nos partenaires en Allemagne sont extrêmement inquiets du devenir de Franca (ex Glasha), qui retrouve peu à peu une vie normale depuis son placement en novembre 2019. Vous trouverez, jointe à notre courrier, la lettre de la Fondation pour les Ours demandant que soit prononcé le placement définitif de Franca dans leur sanctuaire.

En quelques jours, plus de 36.500 personnes ont également signé notre pétition, appuyant le courrier qui vous a été envoyé par le cabinet Géo Avocats, qui nous représente dans cette affaire.

Nous vous demandons :

  • de prononcer le placement définitif des animaux détenus par les Poliakov auprès d’établissements spécialisés, et des ours Glasha et Bony, auprès des refuges qui les ont accueillis depuis novembre 2019 ;
  • de procéder au retrait des certificats de capacité de Monsieur Poliakov et Madame Bruneau ;
  • d’ordonner la fermeture  de l’établissement mobile de présentation au public d’animaux vivants d’espèces non domestiques et de  l’établissement d’élevage d’ours non ouvert au public exploité par Madame Bruneau et Monsieur Poliakov.

Madame la Ministre, nous vous demandons de bien vouloir vous rapprocher de la préfecture du Loir-et-Cher, de la DDETSPP et de l’OFB afin que la situation administrative des animaux soit réglée au plus vite.

Merci par avance de me tenir informé des actions qui seront entreprises par vos services.

Je vous prie d’agréer, madame la Ministre, Monsieur le Préfet, l’expression de ma très haute considération.

Christophe CORET
Président d’AVES France

Pour rappel :

Résumé du verdict du 1er septembre 2021 :

SUR L’ACTION PUBLIQUE

Alexandre POLIAKOV :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Relaxe du chef d’utilisation non autorisé d’animal d’espèce non domestique, les seuls faits matériellement constatés n’ayant pas eu lieu le 5 février 2019 à CHAUVIGNY DU PERCHE (natinf 10442),
• constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; coupable de cette infraction pour les faits commis à Raquinghem courant septembre 2019 au préjudice de l’ours Micha, le prévenu ayant accepté à l’audience en présence de son avocat de comparaître volontairement sur ces faits (natinf 22458),
• Coupable du chef d’exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 25588),
• Coupable du chef d’ouverture non autorisée d’établissement détenant des animaux non domestiques (natinf 10450),
• Coupable du chef d’exploitation d’établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques sans certificat de capacité (natinf 10452)
• Coupable du chef de détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification (natinf 32752).

condamne Alexandre POLIAKOV à la peine principale de 4 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple , le condamne à 150 € d’amende pour la C4

Dany BRUNEAU :

• Relaxe du chef de sévices graves ou acte de cruauté envers animaux (natinf 125),
• Constate la prescription de l’action publique de la contravention de placement ou maintien d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance entre le premier janvier 2016 et le 19 septembre 2018 (natinf 6899), concernant cette contravention pour la période de prévention entre le 20 septembre 2018 et le 17 octobre 2019, relaxe faute d’élément matériel pour les ours brun, le singe mago et les chevaux. Coupable sur cette période de prévention pour les psittacidés.
• Relaxe du chef de mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par exploitant d’un établissement détenant des animaux pour les faits commis à CHAUVIGNY DU PERCHE du premier janvier 2016 au 17 octobre 2019 ; (natinf 22458)

Condamne Dany BRUNEAU à la peine de 150 € d’amende pour la C4

SUR L’ACTION CIVILE

Constate que l’association ACTION PROTECTION ANIMALE a été fondée le premier mai 2020 et a été déclarée le 16 juillet 2020 au registre des associations du TJ de Metz soit postérieurement aux faits pour lesquels les prévenus sont poursuivis ; déclare en conséquence irrecevable sa constitution de partie civile en application des dispositions de l’article 2-13 du code de procédure pénale ;

Déclare irrecevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis s’agissant de leurs demandes dirigées à l’encontre de Madame BRUNEAU l’infraction pénale dont le tribunal la déclare coupable n’étant pas visées à l’article 2-13 du code de procédure pénale qui est d’interprétation stricte.

Déclare recevables les CPC de ONE VOICE, du CEPAN, de la fondation BB, de l’association AVES, de la SPA, de l’association Stéphane LAMART, de la fondation 30 millions d’amis concernant leurs demandes dirigées à l’encontre de Monsieur POLIAKOV et uniquement s’agissant de l’infraction de mauvais traitement commis courant septembre 2019 à Raquinghem au préjudice de l’ours Micha.

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association ONE VOICE la somme de 500 € de DI + 200 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association AVES France la somme de 250 € de DI + 150 € 475-1 CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation BB la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la fondation 30 millions d’amis la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association Stéphane LAMART la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à l’association du club d’étude et de protection des animaux et de la nature la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

Condamne Monsieur POLIAKOV à régler de ce chef à la SPA la somme de 1 € symbolique de DI, dit n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 475-1 du CPP

 

Courrier de la Fondation pour les Ours : 

Courrier du cabinet Géo Avocats : 

 

Procès Poliakov : un rassemblement et une e-manifestation !

E-manifestation mercredi 12 mai pour rendre justice à l’ours Micha et demander le retrait de l’ensemble des animaux des Poliakov

 

Mercredi 12 mai à Blois, aura lieu le procès tant attendu d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs sera jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances.

L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, a déposé une plainte en décembre 2019 suite au décès de l’ours Micha et s’est constituée partie civile lors de ce procès. AVES France co-organise un rassemblement devant le Tribunal correctionnel de Blois, à 12h45, aux côtés d’autres organisations de protection animale.

Elle a également lancé une E-manifestation (manifestation en ligne) sur la plateforme MesOpinions qui sera accessible de 8h à 18h le 12 mai. Cet évènement permettra à chacun de montrer son soutien à ce combat, de demander au Tribunal correctionnel de Blois une condamnation exemplaire des Poliakov et de prononcer à leur encontre une interdiction de détenir des animaux à l’avenir. 

Voici le lien de la E-manifestation qui s’ouvrira mercredi 12 mai à 8h : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/retrait-ensemble-animaux-poliakov/137965

Cet évènement exceptionnel sera accessible à tous. Pour que la mobilisation soit prise en compte, il suffira de cliquer sur “Je manifeste”.

Une vidéo retraçant la triste histoire de Micha et de ses congénères sera diffusée sur la page de la manifestation le Jour J.

Nous comptons sur votre mobilisation, physique ou virtuelle !

Communiqué de la Fondation pour les Ours, qui a pris en charge l’ourse Franca (ex Glasha), avant le procès des dresseurs Poliakov le 12 mai 2021 à Blois

Le 12 novembre 2019, j’ai pleuré la mort de l’ours Micha.
J’ai appris la nouvelle peu de temps après avoir quitté le bureau des députées Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias, accompagné par la fondation Brigitte Bardot et par FOUR PAWS, alors que nous militions pour l’interdiction des spectacles de montreurs d’ours et le placement des animaux dans des sanctuaires adaptés.
Tant de fois j’ai du me replonger dans le dossier Poliakov pour retracer l’historique de nos signalements.
Si souvent j’ai eu les tripes et le coeur qui se serraient en revoyant les photos ou les vidéos que j’avais tournées lors de leurs représentations.
Combien de cauchemars j’ai eu en imaginant les conditions de captivité de leurs animaux, dont la majorité vivait dans leurs excréments et certains dans le noir.
Il fallait, pour la rédaction de la plainte pénale que nous avons déposée en décembre 2019 avec le cabinet Geo Avocat, retrouver les mails des lanceurs d’alerte, les échanges avec les agents de la DDCSPP, les images que nous avions envoyées à ceux dont le rôle était de protéger ces animaux, mais qui les ont laissés se dégrader en parfaite connaissance de la situation catastrophique de leurs dresseurs.

Je ne pensais pas qu’il ressortirait quelque chose de positif de cette rage accumulée contre les services de l’Etat, qui ont fermé les yeux et nous ont demandé avec tant d’insistance de regarder ailleurs, et de cette douleur de n’avoir pas réussi à sauver Micha.

Il nous aura fallu batailler pour obtenir la saisie des ours Bony et Glasha, mais quelques semaines après la mort de Micha, l’ours Bony a été confié au refuge de l’Arche et Glasha a rejoint le Bärenpark Schwarzwald. De tout ce fiasco est née Franca. Changement de nom pour une nouvelle vie, et pour moi la satisfaction de voir l’ourse s’épanouir dans un endroit où les animaux sont certes captifs, mais où ils sont respectés et où tout est fait pour qu’ils retrouvent une vie la plus normale possible, discrètement entourés par une formidable équipe dévouée pour leur bien-être. Aujourd’hui en voyant Franca dans son enclos, je n’ai qu’un seul regret : celui de n’avoir pas réussi à libérer Micha assez tôt.

Christophe CORET
Président d’AVES France

 

 

Communiqué de presse de la STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours, avant le procès des dresseurs Poliakov le 12 mai 2021 à Blois

Arthrose, dentition très abîmée, fourrure présentant des zones dégarnies, problèmes au niveau des griffes et tumeur sous l’œil gauche – l’état physique dans lequel FRANCA est arrivée à l’ALTERNATIVER WOLF und BÄRENPARK SCHWARZWALD/Parc Alternatif des Loups et Ours de Forêt-Noire était épouvantable. Les nombreuses années d’enfermement dans une geôle de béton ont par ailleurs provoqué d’énormes dégâts psychologiques. FRANCA présente régulièrement de fortes stéréotypies, qui se manifestent chez elle par le fait de tourner en rond. Dans ces moments-là, elle semble ne plus tenir compte du monde extérieur et de l’espace qui l’entourent. 

Les interactions avec des congénères et d’autres animaux sauvages sont très bénéfiques pour agir contre ces troubles du comportement. La configuration des installations en plein air, les nombreuses odeurs, les cachettes, les buissons, le ruisseau, les troncs d’arbres, le terrain pentu par endroits, tout cela contribue également à stimuler ses capacités mentales et physiques. 

Les années passées chez les dresseurs ont hélas eu de si graves conséquences que des soins vétérinaires intensifs s’avèrent nécessaires. La tumeur sous l’œil a déjà pu être retirée, et d’importants soins de chirurgie dentaire devront à nouveau être réalisés prochainement, les mâchoires étant également endommagées. La gravité de l’état de santé de FRANCA est le signe manifeste de longues années d’absence ou d’insuffisance de soins, et témoigne de négligences.

Peu après son arrivée au BÄRENPARK SCHWARZWALD, elle a pu entrer en hivernation dans les boxes d’acclimatation, sans doute pour la première fois de son existence. Début 2020, au sortir de l’hiver, elle a fait ses premiers pas dans les grandes installations à ciel ouvert, en pleine nature. Son pelage s’est rapidement régénéré et elle est aussi devenue plus en forme de jour en jour, grâce aux déplacements sur le terrain escarpé. Elle a très vite rencontré des ours, puis un lynx. L’exercice et les distractions, suscités notamment par la cohabitation des animaux, sont utiles pour lutter contre l’arthrose et les troubles du comportement.

Une guérison complète n’est hélas plus possible après une telle détention abusive. Il y a eu trop de dommages causés dans ce cachot. Mais fort heureusement pour FRANCA, elle a pu être délivrée à temps de sa prison. Pour MICHA, l’aide est arrivée trop tard. La STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours s’était engagée dès 2015 à l’accueillir dans l’un de ses refuges pour ours. Il aurait pu tout comme FRANCA y couler une paisible retraite dans un environnement respectueux de ses comportements naturels, et évoluer à son rythme dans de vastes espaces boisés protégés, en compagnie de congénères et d’animaux d’autres espèces. MICHA aurait pu vivre le restant de ses jours dignement, en véritable ours.

Nous, STIFTUNG für BÄREN/Fondation pour les Ours, espérons sincèrement que FRANCA et MICHA n’ont pas enduré toutes ces souffrances et ce calvaire en vain, mais que leur histoire pourra contribuer à épargner pareil destin à d’autres animaux sauvages.

Procès Poliakov : AVES France s’est constituée partie civile

Communiqué de presse - 3 mai 2021

La mort de l'ours Micha avait créé l'émoi en 2019 ; le procès de ses dresseurs se tiendra enfin le 12 mai prochain.

LES POLIAKOV DEVANT LA JUSTICE.
Pour AVES France, les Poliakov ne doivent plus pouvoir détenir le moindre animal. 

 

Mercredi 12 mai 2021 se tiendra le procès pénal d’Alexandre Poliakov et de Dany Bruneau, plus connus sous le nom des « Poliakov ». Le couple de dresseurs sera jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances. L’association AVES France, qui suivait ces dresseurs depuis de nombreuses années, a déposé une plainte en décembre 2019 et s’est constituée partie civile lors de ce procès. 

Avis d’audience à partie civile :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/6830c1ded2b0c44e1612515229d93950

AVES France est une association de protection de la nature et de la faune sauvage libre et captive, dont le siège social est situé à Rouen. C’est la seule association française à s’être spécialisée contre les spectacles d’ours et de loups. Elle dénonce ces spectacles depuis 2005 et se rend régulièrement sur les lieux de spectacles afin de filmer les représentations, pour sensibiliser le public et le législateur. AVES France a notamment participé en 2019 à la mission ministérielle sur le bien-être animal lancée par François de Rugy, alors ministre de la transition écologique et solidaire, et rencontré de nombreux députés pour les convaincre d’interdire ces spectacles moyenâgeux. 

Rencontre avec Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias à l'Assemblée nationale, le 12 novembre 2019, juste avant d'apprendre la mort de l'ours Micha. 

 

L’association connaissait bien les Poliakov, rencontrés à plusieurs reprises lors de leurs représentations. Au cours des dix dernières années, AVES France avait alerté les autorités administratives et judiciaires sur le cas préoccupant de l’ours Micha, et notamment sur ses problèmes de santé. 

En 2014, un soigneur animalier avait contacté l’association AVES France pour dénoncer les conditions de détention des animaux détenus par le couple : « il m'a fallu quelques jours à peine pour me rendre compte que les conditions de captivité des ours (et des autres animaux qu'ils possèdent) sont inacceptables », affirmait ce témoin resté cinq mois sur place, et révélant que Micha « a de nombreux problèmes de santé, il ne s'use pas les griffes du coup celles ci ont tendance à rentrer dans la plante du pied et a occasionner des blessures, il a aussi des gros problèmes "d'allergies". C'est le seul qui sort un peu, pour aller travailler en spectacle. »

Son témoignage était accompagné de photos des ours dans leur prison de béton, que nous avions transmises aux autorités… 

2 des 3 ours des Poliakov dans leurs cellules en 2014 - photos confiées à AVES France par un ancien employé des Poliakov. 

 

« En mai, à cause d'une inspection de la DDPP, ils ont été transférés en urgence dans le bâtiment (deux heures avant l'arrivée des inspecteurs). Cela a ensuite posé de nombreux problèmes car les travaux n'étaient pas terminés, du coup même si leur espace de vie était plus grand, leur conditions de vies étaient à mon sens moins bonnes (sol en béton brut, copeaux toujours humides, pas de lumière…). De plus, c'est devenu dangereux de les nourrir puisqu'ils pouvaient passer les pattes à travers les grilles, j'ai failli me faire accrocher plusieurs fois par Glasha et j'ai même perdu un arrosoir en l'abreuvant. Bony avait même développé un pathologie qui pour moi était une sorte de gale puisqu'il perdait ses poils et se grattait jusqu'au sang contre les murs Quand je suis parti le parc n'était toujours pas terminé (et loin de l'être) et de toute manière Sacha m'avait confié que les ours ne seraient pas sortis dedans régulièrement. Parce que d'une part il voulait être présent en permanence pour les surveiller, et d'autre part il craignait que si ils étaient laissés trop libres, il ne veuillent plus "travailler". Anoter aussi qu'en 5 mois de présence je n'ai jamais vu les ours être sortis de leur logements (que ce soit pour travailler ou pour se promener). A part micha quand il allait en spectacle (peut être 3-4 fois en 5 mois). » poursuivait le témoin.

En 2015, Christophe CORET, Président d’AVES France, avait filmé l’ours qui présentait un boitement à la patte arrière gauche et des griffes non usées, qui se recourbaient sous ses soles plantaires. « C’était un problème connu qui aurait du pousser les autorités à intervenir, mais les signalements et les plaintes de notre association ont été classées et la préfecture du Loir-et-Cher nous a adressé une fin de non recevoir. Pourtant, d’anciens employés nous ont fourni des attestations pour dénoncer la situation, déjà alarmante à l’époque, des trois ours détenus par le couple et de leurs autres animaux. Une personne s’est même rendue sur place pour leur acheter un âne et nous avait décrit l’état désastreux des enclos, nous affirmant que les box des chevaux n’étaient pas nettoyés et que les équidés avaient de la merde jusqu’aux genoux », affirme Christophe CORET. 

© AVES France - L'ours Micha à Crépy-en-Valois en 2015
La vidéo du spectacle : https://www.youtube.com/watch?v=uZvVzl0iqnE

« Circulez, il n’y a rien à voir ! » 

Les agents de la DDPP ont-ils seulement pris une seule fois nos alertes au sérieux ? La nouvelle propriétaire de l’âne nous a informé que c’est à elle qu’on cherchait des noises alors qu’elle avait acheté l’animal aux Poliakov pour le sortir de la misère. Les agents de la DDCSPP lui auraient reproché d’avoir acheté un animal non identifié. 

A chaque représentation des Poliakov avec l’ours Micha, AVES France contactait les DDPP des départements concernés. Pourtant, jamais aucun contrôle n’a permis de mettre un terme aux souffrances de Micha, les DDPP se conformant aux propos rassurants de leurs collègues du Loir-et-Cher, qui affirmaient que les problèmes de boitement de Micha étaient anciens et que rien ne l’empêchait de se produire normalement. Aujourd’hui encore, nous nous demandons pourquoi ils ont bénéficié toutes ces années d’une telle clémence de la part des agents de la DDCSPP du Loir-et-Cher. 

En 2018, le Président d’AVES France alerte à nouveau la DDCSPP du Loir-et-Cher et les informe de la liquidation judiciaire de l’entreprise des Poliakov, cyniquement nommée « SAS Bien-être animal ». « Nous nous sommes immédiatement inquiétés du sort de leurs animaux, et notamment de celui des trois ours, en proposant d’offrir une prise en charge. La DDCSPP n’était pas au courant de cette liquidation judiciaire et nous a dit prendre contact avec le couple, suite à quoi nous n’avons plus eu de nouvelles. » confie Christophe CORET. 

Echanges de mails avec la DDCSPP :
https://avesfrance.wimi.pro/shared/#/file/c8c18a1cb7f4007bc5f312d6ce2d2449 

 

En 2019, tout s’accélère ! 

Ce n’est qu’en mai 2019 que le nom des dresseurs réapparaît sur le programme d’une fête médiévale, à Villedieu-le-Château. AVES France et FOUR PAWS décident de se rendre sur place afin de vérifier si Micha participe au spectacle, mais les Poliakov ont été mis en demeure de réaliser des soins sur l’animal et ne se déplacent finalement qu’avec leurs aras, expliquant au public que l’ours est malade. 

En septembre 2019, AVES France est alertée par un habitant des Hauts-de-France que les Poliakov vont se produire le dimanche 8 à Racquinghem. Dans le secret le plus total, nous décidons de nous rendre sur place. Nous ne prévenons qu’un enquêteur de la fondation 30 millions d’amis afin d’organiser un contrôle par des agents de l’OFB et veillons à ce que la DDCSPP du Loir-et-Cher ne soit pas tenue informée de ce contrôle et de notre présence sur place. 

 © Photo de Micha le 8 septembre 2019 à Racquinghem - Stéphanie Lefebvre pour AVES France

Lorsque l’ours entre en scène, nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Micha apparaît affaibli. Il refuse d’exécuter certaines parties du spectacle, alors qu’il reproduit ce numéro invariablement depuis des années. Il s’assoit, s’allonge, renverse les obstacles que ses dresseurs lui imposent de franchir. L’ours est mourant. Pourtant, les dresseurs ont obtenu quelques jours auparavant un certificat vétérinaire attestant que Micha est en capacité de réaliser son spectacle. Ce sera son dernier.

A la fin de la représentation, deux agents de  l’OFB réalisent un contrôle qui provoque l’ire d’Alexandre Poliakov, mais les dresseurs sont autorisés à repartir avec l’ours. 

Sur la route du retour, traumatisés par les images de cet ours en souffrance, nous publions l’intégralité de la vidéo sur nos réseaux sociaux et envoyons ces images au cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire.

https://www.facebook.com/watch/?v=927488810947095

Parallèlement, nous apprenons que l’association One Voice s’est procurée des vidéos des ours dans leurs geôles de béton, tournées chez les dresseurs et les a publiées. Nous alertions sur les conditions de détention des ours depuis longtemps, grâce aux photos transmises par d’anciens employés, mais enfin le ministère prend la mesure de ce dossier. Tous les médias se font l’écho du calvaire des ours des Poliakov et reprennent les dernières images de Micha, tournées par notre association à Racquinghem. La ministre ordonne une inspection, qui confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapables de les faire prodiguer, les Poliakov décident de confier l’ours au zoo-refuge La Tanière, où il recevra des traitements pendant plusieurs semaines. Il meurt pourtant le 12 novembre 2019, affaibli par des années de mauvais traitements. 

Sous la pression, nous parvenons à obtenir la saisie des deux autres ours détenus par le couple. Le mâle, Bony, est envoyé au refuge de l’Arche. La femelle, Glasha, est envoyée au Barenpark Schwarzwald, en Allemagne, où elle est renommée Franca.

© AVES France - arrivée de Bony au refuge de l'Arche.
La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=gPLjxQqBNrY

La mort de Micha, un drame qui aurait pu être évité. 

Les Poliakov sont incontestablement responsables de la mort de leur ours, et c’est ce que nous plaiderons lors du procès le 12 mai prochain. Alors que la DDCSPP nous demandait de regarder ailleurs et de « laisser les Poliakov tranquilles », nous savons maintenant que toutes nos craintes étaient parfaitement fondées et que l’administration qui avait en charge de protéger les animaux détenus par le couple a fermé les yeux sur leurs difficultés, leurs négligences et a laissé la situation se dégrader, alors que leur rôle aurait du être de les convaincre à confier leurs animaux à des structures compétentes, étant en incapacité de leur offrir des conditions de vie décentes. 

Leurs animaux n’avaient plus vu un vétérinaire depuis 2011, alors que le certificat de capacité qui leur a été accordé par la préfecture les obligeait à prendre soin de leurs animaux. L’autopsie de Micha a révélé (entre autres) qu’il était infesté de parasites, puisqu’il n’avait plus reçu de vermifuge depuis 2011. Sa patte arrière gauche était infectée et sanglante. L’ours présentait des masses infiltrantes et purulentes sur toute la surface de la peau, ce qui n’a pas empêché ses dresseurs de lui imposer des représentations. 

Pire, le battage médiatique autour de cette affaire, lors du dernier semestre 2019, conduit un particulier à nous contacter, pour nous raconter que l’ours Micha et le singe Mina ont participé à l’arbre de Noël d’une entreprise en décembre 2018. L’ours déambulait dans la maison en s’urinant dessus. Une vidéo montre un des organisateurs s’allonger sur l’ours devant ses dresseurs, alors que l’animal était déjà très probablement en souffrance. 

Les mises en demeure n’ont jamais été suivies de sanctions. L’enclos des ours n’a jamais été terminé. Les aras et les tourterelles vivaient dans la remorque d’un camion frigorifique sans accès extérieur, sans pouvoir jouir de la lumière du jour et sans volière. Les box des chevaux n’étaient pas nettoyés lorsque les stagiaires étaient absents ou en repos. Le singe Mina était détenu illégalement. Un des trois ours n’était pas correctement enregistré. Les ours vivaient dans ce que les Poliakov appelaient des tanières, mais qui étaient en réalité des box en béton qui n’ont jamais été terminés. Le témoignage de plusieurs employés ont confirmé que les ours n’avaient pas accès à l’extérieur tous les jours, parce qu’ils ne s’entendaient pas et que les Poliakov craignaient qu’ils ne veuillent plus travailler s’ils sortaient trop souvent. Pendant des années, seul Micha participait aux spectacles car c’était l’ours le plus docile. Les autres restaient enfermés, et Glasha ne sortait plus car ses dresseurs en avaient peur. 

On peut se demander pourquoi les Poliakov n’ont jamais accepté de remettre leurs animaux à des refuges adaptés. Pourquoi la DDCSPP n’a jamais cherché à les convaincre d’arrêter et pourquoi les associations qui lançaient l’alerte ont été considérées avec autant de mépris de la part des autorités administratives et judiciaires. 

Le 12 mai 2021, nous appelons les amis des animaux à se réunir pour rendre un dernier hommage à l’ours Micha, victime d’un système qui n’a pas su le protéger. 

Nous demanderons au tribunal de déclarer Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau coupables des infractions qui leur sont reprochées, d’ordonner la confiscation de l’ensemble des animaux détenus par Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement des articles 521-1 du Code pénal et L.215-11 du Code rural et de la pêche maritime, de prononcer l’interdiction définitive de détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal et de prononcer l’interdiction définitive d’exercice d’une activité professionnelle impliquant la représentation ou la détention d’animaux sauvages à l’encontre de Monsieur Alexandre Poliakov et Madame Dany Bruneau sur le fondement de l’article 521-1 du Code pénal.

AVES France réclame 15.000 euros au titre de son préjudice moral, somme que l’association souhaite reverser en partie aux structures qui prennent en charge les ours exploités pour le divertissement. 

AVES France réaffirme sa volonté de faire interdire les spectacles des montreurs d’ours et de loups en France et continue à se mobiliser pour que le projet de loi voté en première lecture à l’assemblée nationale puisse être présenté prochainement au Sénat. Nous espérons qu’à l’issue de ce procès, Bony sera définitivement confié au refuge de l’Arche et Franca au Barenpark Schwarzwald de la Fondation pour les ours, en Allemagne. Mais nous pensons aussi à Valentin, à Lucien, à Lutchak, à Shadow et à Kilian, encore exploités en 2021 et qui ne peuvent toujours pas vivre leur vie d’ours. 

© Glasha a été renommée Franca à son arrivée au Bärenpark Schwarzwald. Crédit Stéphanie Lefebvre pour AVES France. 
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=LpW_bvJJPQ8


IMPORTANT : 
AVES France met gratuitement à la disposition des médias qui souhaitent aborder le procès Poliakov les photos et vidéos tournées lors des spectacles (lien du drive sur demande)

Christophe CORET, Président d'AVES France, représentera l'association le 12 mai prochain lors de l'audience des parties civiles. Il sera aux côtés de Maître Coline ROBERT, du cabinet GEO AVOCATS.

Christophe CORET est disponible pour les sollicitations média par téléphone, mail ou visioconférence.

Demandes de coordonnées :

 

Une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale en débat mardi 26 janvier 2021 à l’assemblée nationale

Depuis 2019, AVES France – comme de nombreuses associations de protection des animaux – contribue à l’élaboration de nouvelles lois pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Notre association a participé activement à la mission ministérielle sur le bien-être animal initiée par François de Rugy en 2019, et a été force de proposition lors des rencontres avec les ministres qui se sont succédés à ce poste, mais également avec les députés et sénateurs qui se sont saisis de ce dossier.

Avec notre partenaire CAP (convergence animaux politique), nous avons en particulier veillé à ce que les ours et les loups ne soient pas oubliés, comme ce fût le cas il y a 10 ans lors de l’adoption de l’arrêté du 18 mars 2011, qui avait permis de maintenir un ours jusqu’à 4 jours dans un véhicule de transport, dans le cadre de spectacles itinérants.

Si la ministre Barbara Pompili a annoncé, à notre grande satisfaction, la fin des spectacles itinérants avec des animaux sauvages, le calendrier reste extrêmement brumeux. Alors que nous avions négocié avec nos partenaires des places dans des sanctuaires spécialisés pour offrir des enclos adaptés aux ours et aux loups actuellement exploités dans les spectacles en France, l’absence d’un calendrier d’application des mesures pose un réel problème pour la prise en charge de ces animaux.

Afin de compléter les mesures réglementaires qui seront prises par le ministère de la transition écologique, les députés de la majorité ont déposé la Proposition de loi nº 3661 visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale, présentée par les député(e)s Laëtitia ROMEIRO DIAS, Loïc DOMBREVAL, Dimitri HOUBRON, Aurore BERGÉ, Samantha CAZEBONNE, David CORCEIRO, Vincent LEDOUX, Martine LEGUILLEBALLOY, Claire O’PETIT, Laurianne ROSSI, Corinne VIGNON, Christophe CASTANER, Patrick MIGNOLA, Olivier BECHT, Roland LESCURE, Barbara BESSOT BALLOT, des membres du groupe La République en Marche et apparentés (1), les membres du groupe Mouvement Démocrate et Démocrates apparentés (2) et des membres du groupe Agir ensemble (3). Liste complète : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3661_proposition-loi

De nombreux amendements ont été déposés par les députés à la demande de nos associations.

AVES France a demandé notamment l’interdiction immédiate de détenir des ours ou des loups dans le but de les produire en spectacle, fixe ou itinérant, et cela dès la promulgation de la loi. Nous remercions d’ailleurs Aude Luquet, Frédérique Tuffnell, Claire O’Petit, Cédric Villani, Matthieu Orphelin, Paula Forteza, Hubert Julien-Laferrière et Albane Gaillot pour leurs amendements sur l’article 14.

Nous saluons et soutenons aussi les amendements visant à la création d’une définition juridique pour les structures d’accueil recueillant des animaux sauvages exotiques, soit non indigènes, saisis ou abandonnés, portés par Code Animal.

En effet, la proposition de loi vise à interdire la présence des animaux d’espèces non domestiques dans les structures itinérantes, dans les delphinariums et pour les montreurs d’ours et de loups. C’est une avancée majeure qui répond aux attentes fortes d’une majorité de la population française. De nombreux animaux sauvages captifs devront, à terme, être pris en charge dans des structures adaptées. Pourtant, il n’existe toujours aucun cadre légal sur ce qu’est un sanctuaire ou un refuge.

Il nous semble indispensable que ces amendements soient adoptés !

Les amendements en discussion : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements?dossier_legislatif=DLR5L15N41126

 

Un rassemblement devant l’assemblée nationale mardi 26 janvier 2021

A l’initiative du parti animaliste, un rassemblement aura lieu mardi 26 janvier à partir de 13h30, près de l’Assemblée Nationale (Place du Président Édouard Herriot, 75007 PARIS).

AVES France y participera pour soutenir cette proposition de loi, tout en déplorant l’absence de débat sur certaines pratiques de chasse particulièrement cruelles (vénerie sous terre, chasse à courre) ou sur le sort réservé aux animaux qui sont inclus sur la liste des nuisibles par le ministère, et notamment le renard qui est pourtant, comme tout le monde le sait désormais, un allié de taille dans la lutte contre les ravageurs des cultures.

Rendez-vous donc mardi 26 janvier, dans le respect des gestes barrière, mais mobilisés pour les animaux sauvages.

https://www.facebook.com/events/1037201090123142/

Contre l’exploitation commerciale des animaux sauvages !

Les annonces de Barbara Pompili assurant la fin imminente des spectacles itinérants avec des animaux sauvages est un premier pas que nous espérions depuis de nombreuses années. Mais quelle sera la vie de ces animaux s’ils restent chez leurs dresseurs ? Dans quel vide juridique vont-ils s’engouffrer pour tenter de continuer à exploiter leurs animaux ? Ouvrir de faux sanctuaires ? Louer leurs animaux pour des interactions avec le public ? Organiser des shootings photos ? Pourrait-on se satisfaire d’une interdiction des spectacles si une économie parallèle, incontrôlable, venait à se généraliser ? C’est pourquoi nous pensons indispensable que les animaux soient placés dans des structures adaptées à leurs besoins. On ne peut pas transiger avec le bien-être animal. Nous avons demandé à Bernd Nonnenmacher, Directeur de la FONDATION POUR LES OURS, de nous donner son avis. Il nous a adressé cette lettre puissante, que nous remettrons mercredi 4 novembre 2020 au cabinet de la ministre Barbara Pompili.

PRISE DE POSITION DE LA STIFTUNG für BAREN / FONDATION POUR LES OURS

Imaginez que vous soyez parfumeur et obligé de travailler sur un chalutier. Imaginez que vous pratiquiez le marathon, mais êtes obligé de passer le restant de vos jours dans un fauteuil roulant. Imaginez que vous soyez parent et que l’on vous oblige à abandonner votre enfant.

De terribles images, qui sont pourtant le quotidien de la plupart des animaux sauvages en captivité. Ils sont inondés de stimuli, enfermés dans des espaces exigus et arrachés à leur progéniture.

Les animaux sauvages sont faits pour vivre dans la Nature. Les ours ont, par exemple, un odorat extrêmement sensible, bien meilleur que celui des chiens. Ils peuvent distinguer de fines nuances pour trouver des herbes aromatiques, des baies et des noix, ils peuvent sentir une charogne à plusieurs kilomètres. Leur corps est conçu pour parcourir de longues distances. Tout comme les loups, ils peuvent se déplacer très loin, à la recherche de nourriture ou de partenaire, et ceci chaque jour. Ce sont des êtres fascinants et impressionnants qui peuvent affronter les conditions les plus extrêmes. C’est justement ce qui fait d’eux ce qu’ils sont : des animaux sauvages. Si on leur retire tout cela, que reste-t-il ? Une coquille vide et sans vie.

Ce sont des faits auxquels nous – FONDATION POUR LES OURS – sommes confrontés quotidiennement. Les animaux dans nos deux projets de protection animale, ours, loups et lynx, ont tous été exploités par les êtres humains. Si les degrés et techniques de maltraitance peuvent différer, les auteurs de ces abus ne poursuivent qu’un unique but – satisfaire un public avide de spectacle.

Nous pouvons citer l’exemple d’AGONIS, un ours avec qui il était possible de faire des photos quand il était ourson. Aucun problème pour le prendre dans ses bras pour un selfie et en profiter pour lui donner quelque chose à manger. Il a été pour cela arraché à la Nature, et sa mère braconnée. Élevé au biberon, il recevait des récompenses pour que les touristes puissent s’amuser avec lui. Il est aujourd’hui âgé de presque cinq ans. S’il était resté dans la Nature, il serait devenu depuis un véritable ours, qui aurait probablement lui-même une progéniture, et mènerait dans les forêts une vie libre et autonome. Au lieu de cela, il souffre de graves troubles du comportement, et de violentes attaques de panique durant lesquelles il suce frénétiquement sa patte lorsqu’il voit des êtres humains. Quelques mois à être manipulé par eux ont suffi pour briser cet ours, dont l’espèce est pourtant celle des plus grands prédateurs présents sur le continent européen.

Ces pratiques ne se retrouvent pas seulement dans les cirques, mais également dans toutes les formes de spectacles avec des animaux. Pour que des animaux sauvages tels les ours soient malléables, ils doivent être rendus dépendants des êtres humains. Le conditionnement par la nourriture d’un côté, la punition de l’autre. Un dresseur utilise ces techniques pour rendre les animaux dociles, pas pour leur bien. Les animaux ne réalisent pas les numéros par plaisir, mais parce qu’ils n’ont pas le choix.

Les mentalités évoluent de plus en plus au sein de la société face à ce type de « divertissements », et cela est aussi dû au travail d’organisations comme la nôtre. Cela entraîne dans de nombreux pays européens des mesures politiques pour l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages dans les cirques ou avec des dresseurs. Les personnes concernées profitent alors des lacunes du système juridique et trouvent des possibilités partout sur le continent pour conserver coûte que coûte les animaux. Les dérives extrêmes comme dans la célèbre série sur Netflix Tiger King ne sont malheureusement pas une fiction, c’est aussi une réalité au cœur de l’Europe. Nous avons personnellement visité ce type de structures et constaté ce qu’il s’y passait de nos propres yeux. Sous couvert de création de sanctuaire ou de refuge, des dresseurs ou personnes privées sans aucune compétence continuent de travailler, et font à présent fortune en proposant selfies et câlins avec des espèces sauvages, et ce toujours au détriment des animaux. Il faut à tout prix éviter que de nouveaux secteurs d’activité n’émergent. Les animaux continuent d’être exploités dans ces structures, et ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Des atteintes corporelles comme de l’arthrose sévère, des lésions articulaires ou des déformations posturales, des inflammations ou pertes de dents, des troubles de la vue sont apparus chez presque tous nos pensionnaires au cours des 25 dernières années.

Que se passe-t-il quand un animal sauvage au lourd passé se retrouve enfin dans un environnement respectueux de ses comportements, avec de vastes étendues au cœur de la forêt, traversées par un ruisseau ? Ses anciens propriétaires lui manquent-ils ? Fait-il spontanément des numéros ? La réponse est non, à 100%. En 25 années à prendre soin au quotidien d’animaux autrefois exploités, il n’y a eu aucun jour, aucun moment, où un ours, un loup ou un lynx ait montré le moindre signe de regret pour sa vie « d’avant », bien au contraire. Ils peuvent enfin laisser s’exprimer l’envie de nature qui a été réprimée durant des années. Ils s’épanouissent, se dépassent. Des ours âgés, aveugles, se trouvent parfaitement à leur aise sur un terrain forestier accidenté. Des loups qui étaient exposés sur une surface nue savourent les possibilités de cachettes dans les fourrés, et parviennent à former une véritable meute. Ce sont des exemples qui se sont produits dans nos enclos à ciel ouvert et ce ne sont pas des cas uniques.

Nous ne pouvons pas changer le passé des animaux, mais nous pouvons leur proposer un avenir respectueux de leurs comportements naturels, une vie qui vaille la peine d’être vécue.

Comment?

Grâce à des structures d’accueil, dans lesquelles ils pourront être pris en charge dans des conditions optimales, et il faut pour cela suffisamment d’espace. Enrayer la reproduction des espèces sauvages captives permettrait de soulager grandement les structures existantes, puisque la « production » de futurs cas d’animaux à sauver serait ainsi largement réduite.

Mais il est primordial de faire interdire par des décisions politiques l’existence de toutes les structures exploitant les animaux sauvages, et ce dans toute l’Europe. Ce n’est qu’ainsi que pourra être empêché l’établissement de tels « nouveaux modèles économiques », qui sous un nouvel habillage contribueront à faire perdurer et augmenter encore la souffrance animale.

Nos partenaires et nous, organisations membres du réseau international EARS (European Alliance of Rescue Centres and Sanctuaries) avons reçu en 2018 20 000 demandes, parmi lesquelles 1400 animaux qui avaient besoin d’une prise en charge, ce qui représente environ 80 animaux par partenaire EARS ! Les places dans des structures d’accueil sérieuses sont cependant limitées. C’est pourquoi cette forme d’exploitation doit dès à présent être interdite et contrôlée.

Nous pouvons ensemble épargner à des générations futures d’animaux sauvages une telle souffrance, et nous pouvons sauver des animaux.

Bernd Nonnenmacher,
Directeur de la FONDATION POUR LES OURS
www.baer.de

Comment aider la Fondation sur les Ours ?

Pour soutenir la Fondation pour les Ours, AVES France met en vente des tirages d’art. 
Chaque commande nous permet de reverser 40€ à la fondation. 
https://bearz.org/categorie-produit/tirages-art/

Vous pouvez également parrainer les animaux du parc, faire un don ou réserver une visite guidée. N’hésitez pas à contacter Catherine Rutz pour plus d’informations. 

En utilisant le moteur de recherche Lilo, vous soutenez également AVES France qui apporte régulièrement son soutien au Bärenpark Schwarzwald, géré par la Fondation pour les Ours. 

Justice pour les ours Micha, Bony, Glasha et les animaux détenus par les Poliakov

En raison de la pandémie de COVID-19 qui touche notre pays,
l’audience du mercredi 8 avril 2020 a été reportée au mercredi 12 mai 2021.
AVES France vous invite à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Blois à partir de 12h :
https://www.facebook.com/events/502340711164168 

 

Le procès de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov (dits “les Poliakov”), le couple de dresseurs établis à Chauvigny-du-Perche, dans le Loir-et-Cher, aura lieu mercredi 8 avril 2020 à 13h30 au Tribunal judiciaire de Blois.

Suite à la mort de l’ours Micha, que nous avions filmé lors de sa toute dernière prestation à Racquinghem (62) le dimanche 8 septembre 2019, ses “propriétaires” sont poursuivis pour :

  • sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif
  • mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par l’exploitant d’un établissement détenant des animaux
  • placement ou maintien d’animal domestique ou d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance

L’association AVES France s’est évidemment constituée partie civile, puisque nous suivions ce dossier depuis de nombreuses années. Pour nous, la mort de Micha est un drame qui aurait pu être évité si l’administration avait joué son rôle et n’avait pas fait la sourde oreille lors des nombreux signalements qui lui ont été rapportés. Micha a été exploité jusqu’à la fin, dans des conditions effroyables (cf. L’ours Micha et le singe Mina exploités par les Poliakov lors d’une soirée privée à Villenave d’Ornon le 22 décembre 2018). C’est la raison pour laquelle nous demandons aujourd’hui le retrait définitif de tous les animaux détenus par le couple et de leur certificat de capacité.

Les Ours Bony et Glasha saisis sous la pression

La mort de Micha a créé une onde de choc et une large médiatisation, qui a même dépassé nos frontières. L’administration a été mise en cause et une forte pression a été exercée sur le Préfet du Loir-et-Cher dans le but de protéger les autres animaux détenus par le couple. Vendredi 29 novembre 2019, les ours Bony et Glasha ont enfin été saisis afin de recevoir des soins dans des sanctuaires adaptés. Leur saisie n’est cependant pas définitive et c’est la raison pour laquelle nous attendons le procès du 8 avril 2020 avec impatience. Nous espérons également pouvoir obtenir la saisie des autres animaux, et notamment le singe Mina qui a été exploité illégalement pendant plusieurs années.

Aujourd’hui, Bony est au Refuge de l’Arche (cf. Les ours des Poliakov, Bony et Glasha, ont été placés dans des refuges).

Glasha, renommée Franca, a été prise en charge par l’Alternativer Wolf- und Bärenpark Schwarzwald. Catherine et Beate nous donneront de ses nouvelles le samedi 22 février 2020 dans le cadre de la Journée mondiale pour sauver les ours, et en profiteront pour nous expliquer comment le Parc Alternatif des Loups et Ours de la Forêt-Noire prend en charge les animaux qui ont souffert de la captivité et du dressage.

5000 € pour soutenir les refuges

Grâce à votre soutien, mais aussi avec l’aide des utilisateurs du moteur de recherche Lilo, AVES France a pu effectuer un don de 2500€ fin 2019 pour soutenir le refuge de l’Arche, qui a pris en charge Bony. Le conseil d’administration de l’association a décidé d’attribuer un autre don de 2500€ au Bärenpark Schwarzwald pour sa prise en charge de Glasha – Franca.

 

L’Etat doit mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages !

Si les Poliakov sont responsables des mauvais traitements sur les animaux dont ils avaient la charge, il faut se rappeler que l’exploitation des animaux sauvages est encore légale en France, dans les cirques, les spectacles fixes ou itinérants, dans les soirées privées…

Près d’un an après le lancement de la Mission ministérielle sur le bien-être animal par le Ministère de la transition écologique et solidaire, où sont les annonces promises ? Les décisions courageuses ? Les mesures ambitieuses ? Faudra-t-il d’autres Micha pour qu’enfin nos politiques aient le courage de mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages captifs en France ?

Notre pétition contre les spectacles ayant recours à des ours et des loups : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/montreurs-loups-mettons-terme-exploitation-animaux/44785

Les ours des Poliakov, Bony et Glasha, ont été placés dans des refuges

Dimanche 8 septembre 2019, le tristement célèbre Ours Micha du couple de dresseurs Bruneau-Poliakov, était contraint une dernière fois de “faire le show” dans une fête de village à Racquingem. AVES france, alertée quelques jours plus tôt par un militant local (merci Stéphane), était sur place pour obtenir des images récentes de l’ours, qui n’était plus apparu publiquement depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise SAS Animal Bien être. Avec la complicité de la Fondation 30 millions d’amis, nous avons alerté les autorités et organisé un contrôle ONCFS, afin de vérifier si l’ours était bien apte à se produire. Micha est apparu sur scène amaigri, fatigué, présentant des difficultés de concentration et se couchant régulièrement au lieu de répéter le numéro pour lequel il avait été dressé pendant de nombreuses années.

Nos vidéos ont permis d’alerter le Ministère de la transition écologique et solidaire, qui recevait parallèlement des images tournées par One Voice chez les Poliakov.

La ministre, déjà sensibilisée sur ce dossier par les actions de lobbying que nous menions depuis des années avec d’autres structures, comme la Fondation Brigitte Bardot, a rapidement pris la décision de placer Micha en urgence au zoo-refuge La Tanière afin qu’il y soit soigné.

Mardi 12 novembre 2019, alors que des représentants d’AVES France, de la Fondation Brigitte Bardot et de Four Paws étaient reçus à l’assemblée nationale par Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias pour leur remettre le résultat de nos pétitions contre les “spectacles” des montreurs d’ours, l’ours Micha subissait une opération pour tenter de le sauver, opération suite à laquelle il n’a pu se réveiller.

Suite à la mort de Micha, la contestation s’est poursuivie pour demander la saisie de tous les animaux détenus par le couple de dresseurs. Nos organisations ont multiplié les courriers et les lettres ouvertes, les politiques ont demandé des comptes au Préfet du Loir-et-Cher, des milliers de citoyens attristés par la mort de l’ours ont participé à notre cyber-action.

Vendredi 29 novembre 2019, nos actions conjointes ont enfin payé !
Bony et Glasha ont été placés dans des refuges pour y recevoir des soins adaptés.
Bony est arrivé au refuge de l’Arche peu après 16h, où il a pu se reposer dans un abri. Il bénéficiera d’un bel enclos et d’un personnel aux petits soins, notamment pour soigner ses problèmes dentaires.
La femelle, Glasha, est arrivée dans la nuit en Allemagne, à l’Alternativen Wolf- und Bärenpark Schwarzwald. Elle sera soignée de sa tumeur à l’oeil et de ses problèmes dentaires. Elle bénéficiera d’un magnifique enclos forestier où elle pourra retrouver une vie d’ours presque normale.

 

2500€ pour le refuge de l’Arche

AVES France n’a pas les moyens financiers des grandes fondations, mais nous tenons à soutenir les refuges qui prennent en charge les ours. Aussi, le refuge de l’Arche recevra 2500€ pour la prise en charge de Bony. Nous attribuerons également un don prochainement au Bärenpark pour l’accueil de Glasha.

Notre soutien est rendu possible par vos adhésions, dons, achats dans notre boutique Bearz, mais aussi par les utilisateurs du moteur de recherche Lilo qui nous soutiennent, et toutes les personnes qui ont acheté un bracelet Ours chez Nature & Découvertes ou chez Gifts for change.

Le combat continue sur le plan judiciaire !

Si Bony et Glasha sont pour l’instant en sécurité, notre devoir est maintenant d’attaquer les Poliakov en justice afin que leur certificat de capacité leur soit retiré. En effet, nous refusons que leurs ours puissent leur être rendus, ou même qu’ils en prennent d’autre en charge. Nous voulons que tous leurs animaux leur soient confisqués et qu’ils soient soignés dans des structures adaptées. Le temps judiciaire peut être long. Nous nous y préparons. Nous continuerons bien évidemment notre lobbying pour que tous les spectacles des montreurs d’ours et de loups soient interdits en France, et soutiendront les demandes des associations partenaires, comme Paris Animaux Zoopolis, qui militent activement pour l’interdiction de l’exploitation de tous les animaux sauvages dans les cirques et les spectacles itinérants.