Démonstrations de rapaces : mettons un terme au calvaire des rapaces exploités pour le divertissement.

Vous êtes nombreux à nous avoir demandé d’agir contre les démonstrations de rapaces, extrêmement fréquentes en France dans les fêtes médiévales (pour leur version itinérante), mais également dans des établissements fixes (La Volerie des Aigles, Les Aigles du Léman, Les Aigles des Remparts…).  AVES France vous invite à visionner la vidéo de RAO – Reporters for Animals Only et à vous forger un avis sur ces spectacles.

En Belgique, de nombreuses associations dénoncent l’exploitation commerciale des rapaces sous des prétextes pédagogiques, à l’instar de nos actions contre les spectacles de montreurs d’ours et de loups en France. Sur le principe, AVES France est évidemment opposée à l’exploitation des rapaces, mais nous aimerions recruter un ou plusieurs bénévoles ayant une bonne connaissance des rapaces pour se charger de ce dossier. Si vous souhaitez vous engager avec nous, remplissez le formulaire pour les bénévoles.

« Jadis, la fauconnerie était l’art de dresser des oiseaux de proie afin d’attraper du gibier. Aujourd’hui adaptée à notre époque, cette maîtrise ancestrale classée par l’UNESCO est essentiellement utilisée afin d’effaroucher des oiseaux qui, en sur nombre, occasionnent des nuisances. Cependant, certains faussaires n’ont pas hésité à détourner ce savoir-faire et exploitent désormais les rapaces au travers d’activités purement lucratives et récréatives. Tel est le cas des spectacles qui exhibent ces oiseaux sauvages lors de marchés médiévaux, de journées portes ouvertes dans les écoles ou encore lors de cérémonies de mariage. » peut-on lire sur le site de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux.

Pourquoi les associations recommandent-elles d’interdire les démonstrations d’oiseaux de proie, et en particulier l’exhibition des rapaces nocturnes, dans les spectacles itinérants ou fixes ?

Les démonstrations de rapaces sont abusivement qualifiées de « spectacle de fauconnerie ». Il faut pourtant bien distinguer la fauconnerie de ces exhibitions de rapaces en tant qu’activité lucrative et purement récréative.

  • conditions de détention : les animaux utilisés pour ces spectacles sont enfermés de longues heures dans des cages minuscules pour le transport (représentations itinérantes). Ils sont maintenus attachés ou encagés entre les représentations, et exhibés devant un public bruyant et pas toujours respectueux.
  • source de stress : la proximité de avec le public est une source de stress importante. Certains dresseurs permettent même au public de caresser les oiseaux, ou paradent au milieu de la foule. Les rapaces nocturnes sont exhibés toute la journée et subissent un bouleversement de leur rythme biologique et le stress de l’exposition à la lumière du jour.
  • certains dresseurs privent les oiseaux de nourriture afin de motiver leur retour lors des spectacles d’envol. Parfois, un chaperon est posé sur la tête de l’oiseau, couvrant ses yeux afin de le maintenir calme.
  • des spectacles pédagogiques ? Les rapaces captifs utilisés dans les activités récréatives ne présentent pas un comportement naturel. L’exploitation de ces animaux sauvages donne une perception erronée au public qui méconnaît la nature des rapaces et leurs besoins, qu’ils comparent à ceux des animaux domestiques. La captivité ne peut répondre aux besoins de ces oiseaux dont l’horizon se limite souvent à la vue des barreaux de leurs cages.
  • menace sur la conservation d’espèces. Certaines associations, comme Natagora, considèrent que « l’engouement des démonstrateurs et des particuliers pour les rapaces peut dans certains cas inciter à leur capture en pleine nature et générer un trafic illégal compromettant la conservation de certaines espèces. »
  • risque écologique. Natagora affirme également que « les envols itinérants d’oiseaux de proies, parfois exotiques, sont susceptibles d’effrayer et de perturber les oiseaux alentours ainsi que le reste de la faune locale. Ce risque étant décuplé lors de l’évasion de ces rapaces. »

De nombreuses associations ou groupes locaux, comme la LPO, proposent des sorties sur le terrain ou des activités de sensibilisation qui permettent de découvrir les oiseaux dans leur environnement naturel.

Festad’oc de Trèbes : la fête de la honte et du mal-être animal (taureaux, ours, rapaces…)

Connaissez-vous le Festad’Oc de Trèbes ?

Cette fête de la cruauté se déroulera les 2, 3 et 4 août 2019 dans la ville de Trèbes, près de Carcassonne.

Il suffit de consulter le programme pour s’en convaincre : lâchers de taureaux, fauconnerie, montreur d’ours, toro-piscine… on se demande comment ce genre de festivités est encore permis en 2019 ! Ne sait-on pas s’amuser à Trèbes sans exploiter des animaux ?

 

-> Signez notre pétition : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/festad-oc-trebes-fete-honte-mal/70760

En ce qui concerne le montreur d’ours, il s’agit encore une fois de Frédéric Chesneau, qui sera pourtant la veille au soir aux Nocturnes de Ferrières-en-Gâtinais. Il devra parcourir près de 700 Km avec son ours, pendant la nuit, pour pouvoir se produire à Trèbes le dimanche 4 août à 10h30 puis à 17h, dans les Arènes de la ville (et donc en plein soleil ?).

AVES France et Paris Animaux Zoopolis demandent à Eric Ménassi, Maire de Trèbes, d’annuler ces spectacles dégradants pour les animaux, et notamment l’exhibition de l’ours qui devra parcourir près de 1400 kilomètres aller/retour pour deux prestations d’une quinzaine de minutes ! L’année dernière, pour les seuls spectacles recensés par notre association, l’ours Valentin a parcouru plus de 17.000 kilomètres !

Si ces spectacles sont encore légaux en France, ils sont interdits dans plusieurs pays d’Europe. La fédération des vétérinaires européens recommande depuis 2015 à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire l’utilisation de mammifères sauvages dans les cirques itinérants en Europe. 67% des Français sont favorables à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques (source IFOP 2019 pour 30 Millions d’Amis).

Les spectacles de montreurs d’ours doivent être interdits, compte tenu de l’impossibilité absolue de répondre de façon adéquate aux besoins physiologiques, mentaux et sociaux des animaux. Un spectacle d’ours représente toujours un danger pour le public, les conditions de représentation risquant de troubler la quiétude de l’animal et de le rendre potentiellement dangereux.

La législation actuelle ne prend pas en compte le bien-être des animaux, l’arrêté du 18 mars 2011 permettant aux dresseurs de maintenir leurs animaux jusqu’à quatre jours dans un van, une camionnette ou une remorque.

Actuellement en France, une petite dizaine d’ours sont exploités dans les spectacles. AVES France, qui a participé à la mission ministérielle sur le bien-être animal lancée par le ministère de la transition écologique et solidaire aux côtés d’autres associations (Paris Animaux Zoopolis, Fondation Brigitte Bardot, SPA…), demande l’interdiction de ces spectacles. Une proposition de loi visant à l’interdiction de tout spectacle itinérant ou fixe ayant recours à des ours ou des loups a également été déposée le 22 mai 2019 pour encadrer la fin de cette pratique moyen-âgeuse : http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/propositions/pion1969/(index)/propositions-loi

Monsieur le Maire, montrez au public que votre ville est sensible au bien-être des animaux et renoncez au spectacle du montreur d’ours. Vous pouvez lui écrire courtoisement ou l’interpeler sur Twitter (@eric_menassi @villedetrebes) et déposer un commentaire courtois sur facebook.