Chasse et destructions administratives

Trop longtemps nous avons laissé le lobby de la chasse imposer sa loi et ancrer dans l’inconscient collectif son absolue nécessité. Les fédérations de chasse réalisent les comptages qui sont utilisés par les administrations pour établir les plans de chasse. Elles fournissent aux préfectures les rapports, les déclarations de dégâts, exigent des arrêtés leur permettant d’effectuer des destructions administratives et parlent à l’oreille des politiques dans les plus hautes sphères du pouvoir.

L’idée qu’une régulation des animaux sauvages est nécessaire a été entretenue par l’explosion démographique des sangliers. Pourtant, cet alibi ne tient pas quand on sait que malgré des prélèvements de sangliers qui ont augmenté de + de 2000% entre 1970 et 2020, jamais ces animaux n’ont été aussi nombreux. Le rôle de régulateur est clairement remis en question et nous sommes de plus en plus nombreux à nous opposer au saccage du milieu naturel par les chasseurs.

Consultations publiques

Préfectures et ministère de l’environnement sont obligés de consulter le public sur les décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement (démocratisation du dialogue environnemental). AVES France a créé un site pour vous aider à répondre à ces consultations en vous donnant les bases argumentaires et les marches à suivre.

Les principales actions d'AVES France sur le dossier chasse : 



JOURS SANS CHASSE

Dans le cadre du projet Engagement Animaux 2022, AVES France a défendu l’interdiction de la chasse au moins deux jours par semaine, dont le dimanche, ainsi que les jours fériés et les vacances scolaires.

La France compte moins d’un million de chasseurs, qui ont provoqué 3.325 accidents de chasse ces 20 dernières années, dont 421 mortels selon les chiffres de l’Office français de la biodiversité. De plus en plus de Français, utilisateurs du milieu naturel et non chasseurs, ne supportent plus de se faire confisquer l’accès à la nature six à huit mois par an, par les titulaires du permis de chasse, pourtant moins nombreux chaque année (-25% en 2020 par rapport à 2000) et qui représentent à peine plus de 1% de la population française. Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il existe un conflit d’usage qui ne se résorbera qu’en limitant les interactions entre non-chasseurs et chasseurs. Le rôle de régulateur du chasseur est également décrié, puisque malgré des prélèvements de sangliers qui ont augmenté de + de 2000% entre 1970 et 2020, jamais ces animaux n’ont été aussi nombreux. De l’aveux de Willy Schraen, Président de la Fédération nationale de chasse, sur RMC le 9 novembre dernier, les chasseurs ne régulent pas. Ils ont déséquilibré durablement le milieu naturel en détruisant les prédateurs, en relâchant des animaux issus d’élevages et en nourrissant le gibier. Des études scientifiques montrent que l’arrêt de la chasse de certaines espèces (comme le renard) n’a pas entraîné l’explosion démographique annoncée par les chasseurs dans les pays voisins. La chasse est un loisir qui tue des animaux sauvages, mais qui met aussi en danger les êtres humains. Suspendre la chasse deux jours par semaine, dont le dimanche, les jours fériés et les vacances scolaires, permettrait aux Français non chasseurs de se reconnecter avec la nature en toute quiétude. Cela diminuerait aussi fortement le nombre d’accidents de chasse, qui ont lieu principalement le dimanche, et offrirait aussi une trêve aux animaux sauvages.

ÉROSION DE LA BIODIVERSITÉ

Parmi les modes de chasse et de piégeage, les pratiques cruelles et barbares doivent être bannies car elles entraînent des souffrances excessives et inutiles. Il s’agit notamment des chasses traditionnelles, chasse à courre, vénerie sous terre, chasse à l’arc, chasse en enclos et des pièges tuants, mutilants et non sélectifs. Le respect de la tradition ne peut justifier de perpétuer ces types de chasse cruels et barbares pour les animaux.

Selon un récent sondage, 85% des Français souhaitent que les actes de cruauté sur les animaux sauvages soient interdits et 83% des Français sont favorables à l’interdiction du déterrage des blaireaux (sondage Ipsos 2018 pour One Voice). La chasse à la glu et autres chasses traditionnelles (à la tenderie, à la matole, aux pantes) piègent les oiseaux, parfois d’espèces menacées, entraînant stress, blessures et parfois mort. Ces pratiques sont malheureusement toujours autorisées dans la loi alors même qu’elles ont été jugées contraire au droit de l’Union européenne par les tribunaux. À la chasse à l’arc, l’animal est rarement tué sur le coup et peut connaître des heures d’agonie. Lors de la chasse en enclos, les animaux, prisonniers sur un territoire, ne peuvent pas s’échapper. La traque peut durer longtemps, accroissant leur stress d’autant. Il apparaît également urgent que certains modes de piégeages soient également remis en cause en raison de la souffrance inutile qu’ils infligent. Tous les pièges tuants et blessants s’avèrent non sélectifs et tuent animaux domestiques et espèces protégées dans d’atroces souffrances. Les pièges cages sont des solutions alternatives. Cette mesure a été portée par plusieurs organisations dans le cadre de la campagne Engagement Animaux 2022. Nous demandons l’interdiction de l’ensemble de ces pratiques de chasse et de piégeage.

LES ESPÈCES EN DÉCLIN

La liste des espèces chassables en métropole comprend 91 espèces dont au moins un tiers (putois, lièvre, tourterelle des bois, tétras, perdrix, barge à queue noire…) est en déclin ou est classé en mauvais état de conservation sur la liste rouge des espèces menacées dressée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sur ce point, la réglementation va donc à l’encontre de toute logique de préservation de la biodiversité.

A l’aune de la 6ème extinction de masse, il est indispensable de revoir cette liste pour en retirer les espèces en déclin ou en mauvais état de conservation.

Cette mesure a été portée par le collectif Engagement Animaux 2022 et nous continuerons à la défendre dans les prochaines années, notamment auprès des parlementaires.

INTRODUCTION D'ANIMAUX ISSUS D'ÉLEVAGES DANS LE MILIEU NATUREL

Malgré les risques de pollution génétique, les chasseurs sont autorisés à pratiquer des relâcher d'animaux issus d'élevages. AVES France s'oppose à cette pratique.

LE GIBIER DE REPEUPLEMENT : les chasseurs introduisent massivement, au printemps, des reproducteurs sur un territoire en espérant qu'il en survivra un maximum pour permettre la réalisation de tableaux de chasse convenables à l'ouverture de la chasse.

LE GIBIER DE TIR : Sans la moindre éthique, des chasseurs apportent le matin même de la chasse ou la veille le gibier que d'autres vont tirer peu après l'ouverture des caisses. Dans ces deux cas de figure, les animaux ont de faibles chances de survie dans la nature, et constituent des proies faciles pour les prédateurs.

VÉNERIE SOUS TERRE

Cette pratique consiste à envoyer des chiens dans les terriers des blaireaux afin de les terroriser jusqu’à ce que les chasseurs parviennent à les déterrer puis à les tuer au fusil ou à l’arme blanche, mettant un terme à plusieurs heures de souffrance et de stress infligés à l’animal.

Cette chasse nuit à l’équilibre cynégétique en ce qu’elle entraîne la mort de blaireautins, comme l’a révélé la vidéo de l’association One Voice qui est parvenue à infiltrer un équipage de vénerie sous terre. Les petits, non matures sexuellement, sont tués avant d’avoir eu la possibilité de se reproduire, ce qui nuit à la croissance démographique de cette espèce au rythme de reproduction lent.

Protégé par la Convention de Berne, le blaireau ne peut pas être chassé dans de nombreux pays de l’Union européenne. Le Conseil de l’Europe considère d’ailleurs que la vénerie sous terre, spécialité française largement décriée, « ne peut être considérée comme efficace ni humain[e], et constitue un sport ».

Le blaireau est victime d’une réputation injustifiée : les dégâts qui lui sont reprochés sont minimes et en réalité imputables à d’autres espèces telles que le sanglier. Le petit mammifère peut en outre aisément être repoussé à l’aide de techniques très simples et peu coûteuses.

Les Préfectures ne sont d’ailleurs jamais en mesure de justifier de la réalité des dégâts qu’il aurait provoqués. Elles se fondent sur les allégations des chasseurs et ne publient aucune donnée démontrant l’existence d’éventuels dégâts. Cette pratique cruelle et injustifiée, tant scientifiquement que légalement, n’a donc aucune raison de perdurer en France, pays signataire de la Convention de Berne et qui se pose en défenseur de la biodiversité.

En 2020, à l’initiative d’AVES France, six organisations ont donc demandé au Ministère de la transition écologique et solidaire d’interdire cette pratique et de veiller à ce qu’aucune période complémentaire de chasse par vénerie sous terre ne soit autorisée sur le territoire national.

Nous avons ensuite saisi le conseil d’état et sommes encore à ce jour dans l’attente d’une position des sages sur cette pratique cruelle.

Signez la pétition

Soutenez la pétition déposée au Sénat avant le 30 septembre 2022 ! Objectif : 100.000 signatures pour que le Sénat examine notre demande.

LES ESPÈCES SUSCEPTIBLES D'OCCASIONNER DES DÉGÂTS

Chaque année, en France, des millions d’animaux sauvages sont massacrés, par tir, piégeage, déterrage. Anciennement qualifiés de « nuisibles » les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont classées sur une liste revue tous les 3 ans par le Ministère en charge de l’Écologie et qui détermine dans quels départements renards, fouines, martres, belettes, putois, corbeaux freux, corneilles noire, pies bavardes, geais des chênes et étourneaux sansonnet seront tués toute l’année sans quotas spécifiques.

Ce traitement spécial infligé à certaines espèces animales a de graves conséquences sur les populations de ces espèces, mais aussi sur leur milieu.

D’innombrables données scientifiques ont clairement confirmé l’utilité des prédateurs naturels sur notre environnement, qu’il est pourtant primordial de protéger.

Maillons essentiels à l’équilibre d’un milieu, ces espèces permettent par exemple de réguler naturellement les populations de rongeurs. Si les dégâts aux cultures et aux récoltes sont parfois invoqués, ces considérations sont généralisées à l’ensemble du département au lieu de s’appliquer au cas par cas. Elles ne doivent plus être suffisantes pour tuer les animaux sur l’ensemble du département, sans quotas, sans tenir compte de leur utilité dans l’écosystème ou des mesures alternatives possibles.

INTERDIRE LES PRATIQUES LES PLUS CRUELLES

Parmi les modes de chasse et de piégeage, les pratiques cruelles et barbares doivent être bannies car elles entraînent des souffrances excessives et inutiles. Il s’agit notamment des chasses traditionnelles, chasse à courre, vénerie sous terre, chasse à l’arc, chasse en enclos et des pièges tuants, mutilants et non sélectifs. Le respect de la tradition ne peut justifier de perpétuer ces types de chasse cruels et barbares pour les animaux.

Selon un récent sondage, 85% des Français souhaitent que les actes de cruauté sur les animaux sauvages soient interdits et 83% des Français sont favorables à l’interdiction du déterrage des blaireaux (sondage Ipsos 2018 pour One Voice). La chasse à la glu et autres chasses traditionnelles (à la tenderie, à la matole, aux pantes) piègent les oiseaux, parfois d’espèces menacées, entraînant stress, blessures et parfois mort. Ces pratiques sont malheureusement toujours autorisées dans la loi alors même qu’elles ont été jugées contraire au droit de l’Union européenne par les tribunaux.

À la chasse à l’arc, l’animal est rarement tué sur le coup et peut connaître des heures d’agonie. Lors de la chasse en enclos, les animaux, prisonniers sur un territoire, ne peuvent pas s’échapper. La traque peut durer longtemps, accroissant leur stress d’autant. Il apparaît également urgent que certains modes de piégeages soient également remis en cause en raison de la souffrance inutile qu’ils infligent. Tous les pièges tuants et blessants s’avèrent non sélectifs et tuent animaux domestiques et espèces protégées dans d’atroces souffrances. Les pièges cages sont des solutions alternatives.

Cette mesure a été portée par plusieurs organisations dans le cadre de la campagne Engagement Animaux 2022. Nous demandons l’interdiction de l’ensemble de ces pratiques de chasse et de piégeage.