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Non à la venue de l’ours Valentin à Bormes les mimosas les 19-20-21 mai 2018

Du 19 au 21 mai 2018, l’ours Valentin devra parcourir 1700 kilomètres pour « amuser » les spectateurs de la fête médiévale de Bormes les mimosas. Il assurera six spectacles pendant trois jours, une semaine seulement après ses prestations aux Ponts-de-Cé et Le Malzieu. Valentin aura ainsi parcouru pas moins de 3100 kilomètres en deux semaines… pensez-vous que sa vie soit aussi rêvée que ce que va raconter son dresseur ? Nous, on n’y croit pas une seconde !

Nous vous invitons à soutenir notre demande d’annulation du spectacle de Valentin en signant la pétition ci-dessous.

Pour information, vous trouverez ici le Courrier adressé au maire de Bormes-les-mimosas par AVES France.

 

Non à Valentin à Bormes les mimosas les 19-20-21 mai

Mr François Arizzi, maire de Bormes les mimosas, DDPP du var

Monsieur le Maire,
Mesdames et messieurs les agents de la DDPP du Var,

Du 19 au 21 mai 2018, Frédéric Chesneau et son ours Valentin participeront aux Médiévales de Bormes les mimosas.

AVES France demande l'annulation de la venue de l'Ours Valentin à Bormes les mimosas les 19, 20 21 mai.

En tant que protecteur des animaux et en signant cette pétition j'apporte mon soutient à la demande de cette association et je cautionne le courrier ci-dessous qui vous a été adressé par le Président d'AVES France.

"Monsieur le Maire,

Du 19 au 21 mai 2018, Frédéric Chesneau et son ours Valentin participeront à votre fête médiévale. Ils feront 850 kilomètres pour venir « amuser » vos administrés. Pour rentrer chez eux, ils parcourront à nouveau 850 kilomètres. Valentin aura passé 1700 kilomètres sur les routes de France pour assurer six prestations aux médiévales de Bormes-les-mimosas. Une semaine avant, il aura parcouru 1400 kilomètres pour se rendre aux Ponts-de-Cé et à Le Malzieu, soit pas moins de 3100 kilomètres en deux semaines. Pensez-vous réellement que sa vie soit aussi rêvée que ce qu’a pu vous raconter son dresseur ?

Monsieur le Maire, on ne peut pas sensibiliser le public à la protection de la nature en lui offrant un spectacle mettant en scène un ours qui a été coupé de son milieu naturel, un animal brisé dont le comportement naturel a été perverti à but mercantile. Aucune magie dans ce numéro ; juste un ours asservi et rendu totalement dépendant de son dresseur.

Nous connaissons le discours de ce dresseur par coeur. Il va assurer à son public qu’il a sauvé son ours, un ours qui serait mort, abattu par d’odieux chasseurs s’il n’avait pas eu la chance de croiser sa route. Il va ensuite dire qu’un ours en captivité vit plus longtemps (statistiquement) qu’un ours libre. Ce n’est pas un mensonge, juste de la manipulation. On ne peut pas se justifier d’avoir arraché un ourson à son milieu naturel parce qu’il aurait pu être victime de la dure loi de la nature. Accepter ce discours trompeur signifierait que toute la faune sauvage mondiale devrait être enfermée dans des zoos ou des cirques pour mieux la protéger, la gaver de médicaments pour éviter les maladies… et dresser ces animaux — quand même — pour faire vivre ceux qui les exploitent. Non, décidément, je ne peux me résoudre à qualifier ce genre de discours de « prestation pédagogique ».

En tant que Président de l’association AVES France, je déplore que les spectacles mettant en scène des ours bruns ou des ours noirs soient aussi fréquents en France et connaissent un nouvel essor depuis une quinzaine d’années, grâce au succès des fêtes médiévales, alors que cette activité disparaît dans le reste du monde. Ces spectacles sont immoraux, mais encore légaux dans notre pays, mais nous lançons cette année une vaste campagne auprès des députés pour faire modifier la législation. Car savez-vous que les montreurs d’ours échappent à une contrainte essentielle grâce à un paragraphe que l’on trouve en annexe III de l’Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d'utilisation des animaux vivants d'espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants ? Si les associations de protection des animaux s’opposent souvent aux conditions de détention des animaux sauvages dans les cirques, savez-vous qu’une exception contenue dans cet arrêté permet aux dresseurs d’ours de se dédouaner de la principale mesure pourtant établie pour le bien-être de leurs animaux ?

L’annexe III de cet arrêté porte sur les « exigences minimales relatives à l’hébergement des espèces dans les installations utilisées pour la réalisation des spectacles itinérants ». On peut y lire, pour les ours bruns et les ours noirs :

« Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d'au minimum :
― dans le cas des animaux d'une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;
― dans le cas des animaux d'une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres. »

Par ce passage, l’administration reconnaît qu’un ours a besoin d’un minimum d’espace, y compris lorsqu’il se trouve sur un lieu de spectacle — même si 12 m2 sont évidemment insuffisants à nos yeux. Or, cette disposition règlementaire est balayée par la phrase suivante, toujours en Annexe III de l’arrêté du 18 mars 2011 :

« Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n'excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu'à leur retour. »

Ce paragraphe permet aux montreurs d’ours — en France et en 2018 ! — de garder leurs animaux enfermés dans des vans ou dans des fourgonnettes jusqu’à quatre jours, pour sillonner la France et proposer leurs spectacles. Les ours ne sortent que durant les courtes périodes pendant lesquelles ils sont exhibés au public. Ayant personnellement assisté à plusieurs représentations, je peux vous assurer que même les spectateurs qui assistent à ces représentations sont le plus souvent choqués par les conditions de détentions de ces animaux-clowns, condamnés par une législation inadaptée et empêchant aussi bien les associations comme la nôtre que les services de l’Etat (DDPP principalement) d’agir.

Les ours sont des animaux discrets et solitaires. Dans le milieu naturel, l’ours a un domaine vital très vaste, pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres carrés. L’ours peut ainsi parcourir en une seule nuit une vingtaine de kilomètres pour explorer son territoire ou se rendre sur une parcelle abritant des ressources alimentaires importantes. L’ours fuit instinctivement tout contact avec les hommes, mais aussi avec ses congénères, à l’exception des courtes périodes pendant lesquelles les mâles et les femelles se reproduisent. Tout ceci pour vous dire qu’un ours n’a pas sa place dans une fête médiévale.

Monsieur le Maire, nous vous demandons simplement de rejoindre le clan des maires qui ont eu le courage d’annuler le spectacle de ce montreur d’ours. Vous allez probablement recevoir plusieurs centaines de mails vous demandant cette annulation. S’il vous plaît, montrez au public que vous aimez les animaux et annulez la prestation de ce pauvre Valentin.

Enfin, puisque Frédéric Chesneau prévoit tout et qu’il vous a certainement dit qu’il avait le soutien d’associations, et même qu’il reverserait une partie de son cachet au refuge SPA de l’arche de Bousval, vous devez savoir que plusieurs associations ont dénoncé les fausses attestations de soutien qu’il présente (dont la fondation Brigitte Bardot) et que si M. Chesneau verse de l’argent au refuge de Bousval, c’est aussi (surtout ?) parce que ce refuge héberge l’ourse Julia qu’il a mise à la retraite… Il va également vous dire que Valentin a une remorque climatisée. Est-ce que cela peut justifier à vos yeux l’exploitation de cet ours et les milliers de kilomètres de transport que vous lui imposez en finançant de tels spectacles ?

Dans l’espoir que vous saurez entendre nos revendications pour Valentin et les autres ours de spectacles.

Christophe CORET,
Président d’AVES France"

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© Image d’illustration : copie d’écran du programme de la fête médiévale de Bormes les mimosas

 

 

 

Non à Valentin le 10 mai à la Baillée des filles aux Ponts de Cé

Le pauvre ours Valentin continue d’être exhibé dans toute la France. Avant d’être à Malzieu (48)  les 11, 12,13 mai 2018 (voir notre action), il sera exhibé aux Ponts de Cé (49) le 10 mai.

AVES France a envoyé un courrier au Sénateur Maire des Ponts de Cé pour lui demander d’annuler la prestation du montreur d’ours. En voici un court extrait :

Le 10 mai 2018, Frédéric Chesneau et son ours Valentin participeront à votre fête médiévale. Ils feront 275 kilomètres pour venir « amuser » vos administrés. Dès le lendemain, son ours devra assurer trois autres jours de spectacle à Le Malzieu, commune qui se trouve à 575 kilomètres de la vôtre ! Pour rentrer chez eux, ils feront encore près de 500 kilomètres. En quatre jours, Valentin aura passé 1350 kilomètres sur les routes de France. Pensez-vous réellement que sa vie soit aussi rêvée que ce qu’a pu vous raconter son dresseur ?

Notre courrier au Maire des Ponts de Cé

Demandons via le formulaire ci-dessous l’annulation de cette exhibition indigne de notre époque.

La pétition est envoyée aussi à la DDPP pour un contrôle dans le cas où l’exhibition serait maintenue.

Valentin au Pont de Cé (49) le 10 mai

Madame, Monsieur,

Aves France demande l'annulation de la venue de l'Ours Valentin à Pont de Cé le 10 mai 2018.

Je suis opposé à l'exploitation indigne des animaux dans des exhibitions où il leur est souvent demandé d'exécuter des tours contre-nature.

Les montreurs d’ours savent que le public tolère de moins en moins l’exploitation d’animaux sauvages pour animer des fêtes. Je ne crois pas en leur discours qui tente de justifier la présence sur scène d’un ours par le côté éducatif de ces présentations. Le comportement des ours lors de ces spectacles ne ressemble en rien à celui d’un ours dans son milieu naturel. On ne sensibilise pas le public en avilissant un être vivant et en le forçant à faire des numéros sous la contrainte.

Car toute démonstration d’animaux, même si la mise en scène est savamment étudiée pour rendre le dressage « naturel », entraîne de la part des dresseurs contraintes, brimades, souffrances et cela même s’ils s’en défendent.

Les animaux subissent le stress du transport - souvent long - et ne supportent ni la présence du public, ni les bruits ambiants (applaudissements, musique…).

J'attire votre attention sur l'aspect sécuritaire qui est du ressort des organisateurs, notamment en présence d’animaux sauvages dont le comportement dû au stress ou au bruit peut être imprévisible et dangereux pour les spectateurs. Malheureusement, de nombreux accidents ont lieu régulièrement.

Ce message est envoyé à la DDPP de votre département en lui demandant de venir contrôler l'état sanitaire de l'ours et de tous les animaux qui seront présents, la conformité des certificats de capacité des propriétaires d'animaux et du dresseur et si l'ensemble des normes de sécurité requises seront respectées dans le cas où l'exhibition serait maintenue.

En tant que défenseur des animaux et sympathisant d'AVES FRANCE, je vous demande de renoncer à ce type de spectacle où les animaux sont exploités pour notre simple plaisir, sans tenir compte de leurs besoins naturels.

Cordialement

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#NormandieMédiévale : un montreur d’ours à Epieds (27) les 14 et 15 avril 2018

C’est par hasard, en lisant la presse régionale, que nous avons décelé la venue prochaine d’un montreur d’ours en Normandie, dans l’Eure, aux Médiévales d’Epieds, près d’Evreux.

Dans l’article, Ketty Revel, la Maire de la ville d’Epieds, affirme savoir que la venue de l’ours fera polémique, mais semble convaincue par son choix :

« En 2016, nous avions un perroquet. Ce fut une de nos attractions phare. Il y a certes eu des polémiques autour des spectacles d’ours, mais là, il ne s’agit pas d’un cirque mais d’une présentation pédagogique. De plus, une partie des bénéfices est reversée à une fondation de protection des ours. »

En urgence, AVES France a envoyé un e-mail à l’élue et à la DDPP de l’Eure, démarche qu’elle va appuyer par l’envoi d’un courrier. La date du spectacle étant très poche, nous vous remercions de participer dès maintenant à notre cyber-action pour demander une annulation de la venue du montreur d’ours.

Lire notre courrier adressé à la Maire d’Epieds.

Chesneau Epieds avril 2018

Cette action est maintenant terminée.

Date de fin: Apr 15, 2018

Signatures recueillies: 215

215 signatures

Revue « A un poil d’ours » – Numéro 1 (avril 2018)

L’association AVES France vous préparait cette surprise depuis plusieurs mois. Bonne nouvelle ! Le premier numéro de notre revue « A un poil d’ours » sortira le jeudi 12 avril 2018.


Revue : A un poil d’ours – Numéro 1 (avril 2018)

Au sommaire : 
Editorial
Actualité des ours dans les Pyrénées
Pet de l’ours et hivernation
Réintroductions : de 0 à 43 ours…
Montreurs d’ours
Suivre l’ours dans les Pyrénées
Sorties nature
A un poil… de loup !
Le blaireau : entre obscurantisme et passe-droits !
Évènements


La revue A un poil d’ours est éditée par l’association AVES France.

La version imprimée (12 pages couleur sur papier recyclé) est accessible à tous.
Le prix au numéro est de 3€ : https://bearz.org/shop/livres/revue-a-un-poil-dours-numero-1-avril-2018/
L’abonnement annuel coûte 10€ : https://bearz.org/shop/livres/revue-a-un-poil-dours-abonnement-1-an/
Achat exclusivement via notre boutique Bearz.org.

La version numérique de cette publication trimestrielle sera offerte à chaque adhérent de l’association (sauf membres donateurs) pour les remercier de soutenir nos combats. L’adhésion annuelle à AVES France coûte 10€ et est accessible dès 0,85€ par mois !  Il suffira de cliquer sur la liseuse ci-dessous et de vous identifier avec votre adresse e-mail et le mot de passe qui vous aura été envoyé. Une question ? Contactez-nous ! 

Ci-dessous, la version numérique qui sera accessible aux adhérents à partir de jeudi 12 avril 2018 :

Normandie Médiévale : AVES France écrit aux Députés Normands et les prie de s’intéresser au triste sort des ours de spectacles.

Il y a une dizaine de jours, AVES France adressait une lettre ouverte au Président (Hervé Morin) et à la Vice-Présidente (Marie-Agnès Poussier-Winsback) de la Région Normandie.

Aujourd’hui, l’association de protection des espèces menacées reprend la plume pour s’adresser aux 28 Députés Normands*.

Dans son courrier, AVES France demande aux Députés de ne pas tolérer qu’on puisse faire appel à des montreurs d’ours sur le territoire normand pour animer les prochaines festivités médiévales, encouragées par le Président et la Vice-Présidente de la Région Normandie. Mais ce n’est pas tout. L’association rappelle aux Députés qu’une exception dans le texte de loi qui régit l’activité des montreurs d’ours en France permet aux dresseurs de laisser leurs animaux enfermés à l’arrière d’un véhicule jusqu’à 4 jours, sans que quiconque ne puisse s’y opposer. 

On trouve en effet en annexe III de l’Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants, les « exigences minimales relatives à l’hébergement des espèces dans les installations utilisées pour la réalisation des spectacles itinérants ».

On peut y lire, pour les ours bruns et les ours noirs :

« Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d’au minimum :

― dans le cas des animaux d’une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;

― dans le cas des animaux d’une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres. »

Or, cette disposition règlementaire est balayée par la phrase suivante, toujours en Annexe III de l’arrêté du 18 mars 2011 : 

« Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n’excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu’à leur retour. »

Il est urgent de modifier le texte de cet arrêté afin de ne plus tolérer qu’un ours puisse rester enfermé quatre jours à l’arrière d’un véhicule. S’il est compliqué de faire interdire ces spectacles, il est de notre devoir d’offrir les meilleures conditions de détention possibles à ces animaux. La suppression de cette exception serait un moyen simple et efficace pour garantir aux ours, même en période d’itinérance et quelle que soit sa durée, de meilleures conditions de détention.


Retrouvez l’intégralité du courrier envoyé aux Députés Normands ci-dessous :

*(Calvados : Christophe Blanchet, Bertrand Bouyx, Laurence Dumont, Fabrice Le Vigoureux, Sébastien Leclerc, Alain Tourret ; Eure : Séverine Gipson, Fabien Gouttefarde, Claire O’Petit, Bruno Questel, Marie Tamarelle-Verhaeghe ; Manche : Grégory Galbadon, Philippe Gosselin, Sonia Krimi, Bertrand Sorre ; Orne : Véronique Louwagie, Jérôme Nury, Joaquim Pueyo ; Seine-Maritime : Damien Adam, Xavier Batut, Christophe Bouillon, Agnès Firmin Le Bodo, Sébastien Jumel, Stéphanie Kerbarh, Jean-Paul Lecoq, Sira Sylla, Annie Vidal, Hubert Wulfranc).


Objet : Pour une « Normandie Médiévale » sans montreurs d’ours et une modification de l’Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants. 

Madame la Députée,
Monsieur le Député,

En février 2017, Hervé Morin, Président de la région Normandie, a annoncé souhaiter « structurer et valoriser le patrimoine historique médiéval, tout en fédérant les acteurs concerné ». Le but est d’attirer plus de touristes dans notre belle région, tout en mettant en valeur son patrimoine, la Normandie ayant une riche histoire médiévale.

La presse locale a relayé cette semaine les propos tenus par Marie-Agnès Poussier-Winsback, la vice-présidente de la région Normandie en charge de l’attractivité du territoire, du tourisme et du nautisme, lors d’une conférence de presse. On y apprend que « parmi les nombreux lieux patrimoniaux témoins de cette histoire répartis sur les cinq départements normands, deux vont « bénéficier d’investissements importants en terme d’aménagement et de valorisation innovante’’ : la cité médiévale de Domfront (Orne) et le site du château Gaillard de Richard Cœur de Lion des Andelys (Eure), retenus pour devenir des « places fortes du tourisme médiéval en Normandie’’. » 

L’association AVES France — que je représente en tant que Président — s’intéresse à la bonne conservation de la faune sauvage de notre pays, mais lutte également contre les spectacles de montreurs d’ours. Alors que cette pratique tend à disparaître dans de nombreux pays, les spectacles mettant en scène des ours bruns ou des ours noirs sont fréquents en France et connaissent un nouvel essor depuis une quinzaine d’années, grâce au succès des fêtes médiévales. Ces spectacles sont malheureusement légaux dans notre pays et les montreurs d’ours échappent à une contrainte essentielle grâce à un paragraphe que l’on trouve en annexe III de l’Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants. Car si les associations de protection des animaux s’opposent souvent aux conditions de détention des animaux sauvages dans les cirques, vous devez savoir qu’une exception contenue dans cet arrêté permet aux dresseurs d’ours de se dédouaner de la principale mesure pourtant établie pour le bien-être de leurs animaux.

L’annexe III de cet arrêté porte sur les « exigences minimales relatives à l’hébergement des espèces dans les installations utilisées pour la réalisation des spectacles itinérants ». On peut y lire, pour les ours bruns et les ours noirs :

« Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d’au minimum :

― dans le cas des animaux d’une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;

― dans le cas des animaux d’une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres. »

Par ce passage, l’administration reconnaît qu’un ours a besoin d’un minimum d’espace, y compris lorsqu’il se trouve sur un lieu de spectacle — même si 12 m2 sont évidemment insuffisants à nos yeux. Or, cette disposition règlementaire est balayée par la phrase suivante, toujours en Annexe III de l’arrêté du 18 mars 2011 : 

« Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n’excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu’à leur retour. »

Ce paragraphe permet aux montreurs d’ours — en France et en 2018 ! — de garder leurs animaux enfermés dans des vans ou dans des fourgonnettes jusqu’à quatre jours, pour sillonner la France et proposer leurs spectacles. Les ours ne sortent que durant les courtes périodes pendant lesquelles ils sont exhibés au public. Ayant personnellement assisté à plusieurs représentations, je peux vous assurer que même les spectateurs qui assistent à ces représentations sont le plus souvent choqués par les conditions de détentions de ces animaux-clowns, condamnés par une législation inadaptée et empêchant aussi bien les associations comme la nôtre que les services de l’Etat (DDPP principalement) d’agir.

Les ours sont des animaux discrets et solitaires. Dans le milieu naturel, l’ours a un domaine vital très vaste, pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres carrés. L’ours peut ainsi parcourir en une seule nuit une vingtaine de kilomètres pour explorer son territoire ou se rendre sur une parcelle abritant des ressources alimentaires importantes. L’ours fuit instinctivement tout contact avec les hommes, mais aussi avec ses congénères, à l’exception des courtes périodes pendant lesquelles les mâles et les femelles se reproduisent. Tout ceci pour vous dire qu’un ours n’a pas sa place dans une fête médiévale. 

Il est urgent de modifier le texte de cet arrêté afin de ne plus tolérer qu’un ours puisse rester enfermé quatre jours à l’arrière d’un véhicule. S’il est compliqué de faire interdire ces spectacles, il est de notre devoir d’offrir les meilleures conditions de détention possibles à ces animaux. La suppression de cette exception serait un moyen simple et efficace pour garantir aux ours, même en période d’itinérance et quelle que soit sa durée, de meilleures conditions de détention.

Aujourd’hui, l’association AVES France vous demande d’apporter les modifications suivantes au paragraphe « 4. Ours brun, ours noir » de l’Annexe III de l’Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants :

« Les établissements doivent disposer d’installations intérieures et extérieures à caractère fixe dans lesquelles les animaux sont hébergés entre les périodes itinérantes de représentation ; ces périodes d’hébergement dans l’établissement à caractère fixe ne doivent pas être inférieures à six mois par an.

Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d’au minimum :

dans le cas des animaux d’une longueur supérieure à 2 mètres : 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres ;

dans le cas des animaux d’une longueur inférieure à 2 mètres : 12 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaire. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2 mètres.

Il doit être possible d’isoler les animaux.

Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n’excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu’à leur retour. »

D’autre part, la Normandie nous a prouvé qu’elle pouvait proposer une offre touristique variée et de qualité avec, par exemple, les succès incontestables de l’escape game du donjon à Rouen, du panorama XXL Rouen 1431, de l’historial Jeanne d’Arc, du Museum de Bayeux, mais également des monuments exceptionnels disséminés sur l’ensemble de son territoire. Nous aimerions pouvoir obtenir votre promesse — en tant que Députée élue sur le territoire normand — que ce beau projet « Normandie Médiévale » ne sera pas entaché par des animations exploitant des animaux qui n’ont rien à faire dans des fêtes médiévales.

Je vous prie d’agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de ma considération la plus distinguée.

Christophe CORET,
Président d’AVES France


Vous pouvez soutenir cette campagne de sensibilisation des élus normands en faisant un don. La Normandie compte 5 départements, 28 députés et 2884 communes. L’envoi d’un courrier accompagné d’une brochure nous coûte 0,854€ (mais nous négocions un meilleur tarif avec La Poste). Donnez-nous les moyens d’éviter le pire aux pauvres ours captifs de notre pays.

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