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RELANCE ! Abattage de 3 louveteaux : CAP Loup demande des comptes aux autorités

source photo : Olivier Janet/Cap loup

Trois louveteaux ont été abattus le 9 août 2017, soit-disant pour protéger un troupeau de brebis. Cet abattage a eu lieu dans des circonstances troubles. Les associations de CAP Loup demandent aux autorités (préfets, ministère, Office national de la chasse et de la faune sauvage) que la lumière soit faite sur ce massacre. Une plainte a été déposée par la CVN. Voir aussi les réactions de l’ASPAS et de FERUS.

 Le courrier de CAP Loup aux autorités

 

A l’attention de M. Henri-Michel COMET,

Préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes, Coordinateur du Plan national loup

Crest, le 25/08/17

Objet : abattage de trois louveteaux à Cipières (06)

Monsieur le Préfet,

Le 09/08/17, trois louveteaux ont été abattus par la brigade « loup » de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) à Cipières (06), dans le cadre d’un arrêté préfectoral de « tir de défense renforcée ».

Début août en France, les louveteaux sont généralement âgés d’à peine 3 mois et sont encore incapables de tuer des brebis. Abattre des louveteaux ne peut donc relever d’un acte de « défense » d’un troupeau.

Cet abattage et les conditions dans lesquelles il a été réalisé posent question. Les réponses à ces questions ne nous ayant pas été données à ce jour par l’ONCFS, et en votre qualité de Préfet coordinateur du Plan national loup, nous vous prions de bien vouloir faire en sorte qu’elles nous soient apportées. Les 120 000 adhérents de nos associations et les citoyens ont le droit de savoir comment fonctionne la brigade « loup » de l’ONCFS.

Nos questions sont les suivantes.

1/ Qui décide d’abattre en priorité des louveteaux lors des opérations de la brigade ?

Dans un communiqué du 16/08/17, l’ONCFS écrit que le brigadiste auteur des tirs a ciblé « prioritairement les jeunes loups, suffisamment âgés pour participer à l’attaque du troupeau. Le tir de jeunes loups est en effet recommandé notamment parce que ces tirs ne risquent pas de déstructurer la meute en place. »

La classe d’âge des loups à privilégier lors des tirs de la brigade n’est précisé dans aucun texte officiel : ni dans l’arrêté du Préfet des Alpes-Maritimes du 10/07/17 « autorisant la réalisation de tirs de défense renforcée en vue de la protection contre la prédation du loup (Canis lupus) du troupeau du GAEC de Calern (Bruno Monjon) », ni dans l’arrêté ministériel du 18/07/17 « fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018 », ni dans l’arrêté ministériel du 30/06/15 « fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus».

Le choix de privilégier le tir des « jeunes loups » relève-t-il de la brigade ONCFS ? Ou la brigade applique-t-elle une consigne ? Le cas échéant, cette consigne émane-t-elle de la hiérarchie de l’ONCFS ? Ou du Préfet des Alpes-Maritimes ? Ou d’un ministère ?

2/ Quel âge avaient précisément les louveteaux ?

Les résultats de l’autopsie doivent pouvoir le préciser.

3/ À quelle distance du troupeau ovin les louveteaux se trouvaient-ils ?

4/ À quelle distance du troupeau ovin les agents de la brigade se trouvaient-ils ?

5/ Lors de l’attaque « à la nuit tombée » (selon le communiqué de l’ONCFS), les ovins étaient-ils tous à l’intérieur du « parc de regroupement nocturne » ? Combien de « chiens de protection » étaient « présents lors de l’attaque » ?

6/ Cette meute de loups étant « suspectée par les services de l’État de spécialiser son alimentation sur ce troupeau » (selon le communiqué de l’ONCFS), y aura-t-il un suivi ou des mesures particulières pour faire en sorte que les adultes qui n’ont pas été tués (ainsi que leur éventuelle descendance l’année prochaine) se détournent de ce troupeau à l’avenir ?

7/ Ce troupeau ayant « déjà été attaqué 40 fois depuis le début de l’année 2017 » (selon le communiqué de l’ONCFS), y aura-t-il à l’avenir une vérification sur le terrain des mesures de protection mises en place par l’éleveur concerné ?

Afin d’aborder ces points efficacement, nous souhaitons vous exposer nos interrogations et développer nos propos au cours d’une entrevue que vous voudrez bien nous accorder dans les meilleurs délais.

En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à notre demande, nous vous prions de croire, M. le Préfet, en l’assurance de nos salutations respectueuses.

Les associations de CAP Loup

 

Copies :

– Mme Michèle PAPPALARDO, Directrice du Cabinet de Nicolas HULOT, Ministre de la transition écologique et solidaire

– Mme Justine ROULOT, Conseillère en charge de la biodiversité, de l’eau et de la mer auprès de Nicolas HULOT

– M. Georges-François LECLERC, Préfet des Alpes-Maritimes

– M. Henri SABAROT, Président du Conseil d’administration de l’ONCFS

– M. Olivier THIEBAULT, Directeur général de l’ONCFS

– M. Christophe PISI, Chef de la brigade loup à l’ONCFS

AVES France lance l’opération Vigiblaireau !

L’association AVES France lance l’opération appelée « Vigiblaireau » : concrètement, nous recherchons des lanceurs d’alertes qui veilleront régulièrement aux nouvelles publications des consultations publiques sur le site des préfectures des départements. Ce projet de participation collective est mis en place en raison de l’impossibilité de surveiller régulièrement les nouvelles publications de chaque site internet des préfectures sur l’ensemble des départements en France pour un nombre réduit de personnes ; il est important d’être nombreux pour que le maillage du territoire français soit complet et que le relais fonctionne.

Pour consulter toutes nos opportunités de bénévolat, consultez cette page : https://www.aves.asso.fr/opportunites-de-benevolat-au-sein-daves-france/
Si vous voulez signaler régulièrement les nouvelles publications des projets d’arrêtés préfectoraux relatifs à la chasse du blaireau de votre département ou votre région, inscrivez-vous via ce formulaire: https://lc.cx/ptZZ

La finalité de ce projet est d’obtenir un grand nombre de participants à chaque nouvelle consultation publique. C’est quelque chose de très important, les chasseurs donnent leur avis, nous devons également donner le notre. Les préfets commencent enfin à prendre en compte nos avis comme en témoigne le résultat de la consultation publique concernant le projet d’arrêté d’ouverture et de clôture de la chasse dans le département du Pas-de-Calais pour la campagne 2017/2018 qui vient d’être publié. Cette publication englobait discrètement le projet de reconduite de la période de chasse complémentaire du blaireau du 15 mai au 15 septembre prochain. 48 commentaires sur 52 ont émis un avis négatif sur ce projet d’arrêté. Voici la synthèse des observations du public :

http://www.pas-de-calais.gouv.fr/content/download/28409/191421/file/synth%C3%A8se%20chasse.pdf

En conséquence, le préfet du Pas-de-Calais décidé de faire débuter la période complémentaire de chasse du blaireau à partir du 1er juillet et non pas à partir du 15 mai comme le prévoyait le projet. Bien sûr nous aurions tous préféré qu’aucune période de chasse complémentaire ne soit appliquée mais c’est tout de même une petite victoire puisque les jeunes blaireaux non sevrés et les mères allaitantes ne seront pas tués au printemps prochain dans ce département.

Alors continuons à participer massivement à ces consultations publiques, plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chance de nous faire entendre. Car en plus d’être illégales selon l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, les périodes complémentaires de chasse sont dramatiques en terme d’équilibre des populations de blaireaux. Personne n’est dupe que ces périodes de chasse précoces servent à combler un vide dans le calendrier, à une époque où il n’y a rien à chasser en dehors des battues administratives.

Nous devons obtenir leur interdiction en priorité, et à terme la vénerie sous terre n’existera plus.

Continuons le combat pour obtenir la protection intégrale du blaireau!

http://change.org/ProtectionBlaireau – Texte publié sur la mise à jour de la pétition initiée par Frédéric Daniel.


 

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Cap loup : Les anti-loup jamais contents malgré les tirs et les subventions

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 9 octobre 2017 

Refusant d’être incités à protéger leurs troupeaux en contrepartie d’aides financières massives, les éleveurs anti-loup manifestent aujourd’hui contre les minuscules avancées du prochain « plan loup » qui leur reste pourtant très favorable et très anti-loup.

Les travaux préparatoires au prochain « Plan national loup 2018-2023 », menés par l’État depuis le début de l’année, laissent clairement entendre que ce plan, en cours de finalisation, reprendra l’essentiel des mesures du précédent plan 2013-2017 : abattage massif de loups (avec pour seule limite de ne pas dépasser un seuil théorique garantissant la « viabilité » de l’espèce) ; subventions massives aux éleveurs pour la protection du bétail (salaire des bergers, clôtures, chiens de protection et leur nourriture, cabanes pastorales) ; indemnisation en cas de prédation imputée au « loup non exclu » (c’est-à-dire même par défaut en l’absence de preuve).

Les syndicats agricoles rejettent la principale nouvelle mesure consistant à n’indemniser que les éleveurs qui ont théoriquement mis en place des moyens de protection de leur troupeau. Jusqu’alors, les éleveurs sont indemnisés sans aucune condition, même s’ils ont laissé leur troupeau sans protection (la loi n’impose ces moyens qu’avant d’autoriser l’abattage des loups, sans que ceci soit vérifié sur le terrain). De quoi les anti-loup ont-ils peur ? Ils répètent pourtant depuis le début qu’ils font tout pour protéger leur bétail… Rien ne garantit toutefois que cette mesure de bon sens, que nous réclamions depuis longtemps, sera mise en œuvre efficacement, car l’État dit ne pas vouloir contrôler sur le terrain le bon déploiement des moyens de protection subventionnés.

Une autre mesure envisagée par l’État consistera à favoriser les « tirs de défense » (près des troupeaux) au printemps-été (saison d’estive) et à réserver les « tirs de prélèvement » (loin des troupeaux) à l’automne-hiver et/ou à certains secteurs. Les chasseurs mandatés et les éleveurs pourront toujours abattre les loups toute l’année près des troupeaux (« tir de défense »). Les chasseurs pourront toujours le faire toute l’année par groupe de dix pour des « tirs de défense renforcée » (c’est-à-dire même loin des troupeaux) et en battue pendant la saison de chasse (« prélèvements »). Cette chasse aux loups généralisée ne suffit même pas pour les syndicats qui voudraient un plan d’élimination encore plus radical, alors que la France bafoue déjà les textes européens classant le loup comme espèce « strictement protégée ».

Enfin, ce nouveau plan ne prévoit toujours pas de développer sensiblement la recherche scientifique, pourtant nécessaire pour améliorer les techniques d’effarouchement des loups et de protection du bétail. L’accent est encore mis sur l’abattage des loups pour tenter -en vain- de satisfaire les éleveurs et les chasseurs à court terme, sans aucune efficacité pour faire diminuer la prédation, alors qu’une refonte du système serait nécessaire pour garantir la cohabitation à long terme.

Les associations de CAP Loup

Chronique littéraire : La Hulotte n° 105

Dans ce nouveau numéro toujours très drôle, honneur à la petite chouette chevêche, également surnommée, entre bien d’autres noms, chouette d’Athéna. Ce rapace est un modèle de discrétion dans nos paysages familiers. Sa petite taille et son sens du camouflage font de lui un hôte presque invisible de nos prairies et de nos bocages.

Cette chouette est pourtant l’une de nos proches voisines, car elle dédaigne les grands bois pour des espaces plus cultivés, où elle peut être certaine de repérer facilement ses proies. C’est qu’elle a grand appétit et qu’elle n’est pas difficile, la bougresse : batraciens, insectes, orvets, mulots, lézards et même lapins, poules d’eau ou noctules ! Personne n’est à l’abri ! Si en plus du couvert, vous pouvez lui procurer un gîte de luxe du type cavité dans un arbre mort, la chevêche viendra habiter sur vos terres pour le restant de ses jours. Et oui, car elle est casanière et très routinière…

Comme toujours chez la Hulotte, textes et illustrations sont des plus réjouissants et on apprend une foule de choses sur ce petit rapace bien attachant.

Dernière chose, en certains lieux la chevêche frôle l’extinction pour des raisons hélas évidentes et communes à tant d’autres espèces animales : destruction des haies, disparition des vieux arbres creux et épandage d’insecticides. En clair, les agriculteurs et leurs machines diaboliques sont responsables de la crise du logement que subissent les chouettes d’Athéna. Pensons à elle en plantant des arbres et en épargnant ceux qui sont encore debout !

Chronique littéraire : Lettre à une petiote sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle de Fabrice Nicolino

Le journaliste écologiste Fabrice Nicolino nous livre une fois de plus un essai brillant, décapant et percutant sur ce qui semble être son sujet de prédilection : la malbouffe et la puissance de l’industrie agro-alimentaire.

Vous allez me dire, pour peu qu’on s’intéresse au sujet, rien de neuf sous le soleil ! Et bien détrompez-vous. Quand bien même vous ne seriez pas séduits par ce ton mordant et ironique, cette construction digne d’un polar où faits historiques et personnages réels s’imbriquent pour former une redoutable intrigue, vous devrez bien reconnaître qu’on apprend toujours une ou deux choses nouvelles dans le catalogue des horreurs produites par ces gens sans scrupules sont l’unique but est de nous gaver de saloperies pour asseoir leur puissance.

Alors, entre deux anecdotes « savoureuses », comme la naissance du restauroute français et les balbutiements de la fabrication des premières conserves, je retiendrai 2 choses : la connaissance parfaite du journaliste des collusions, liens d’affaires et manoeuvres marketing qui conduisent des professionnels de la santé, pour certains scientifiques reconnus, à vanter les mérites de la malbouffe, et comment les industriels, avec la complicité des pouvoirs publics nous imposent et nous gavent de sucre et de sel, deux ingrédients ennemis de la santé et qui causent la mort des milliers de personnes par an. La consommation excessive de sucre et de sel est cependant jugée moins terrifiante ( j’entends comme cause de décès) que la consommation de tabac ou d’alcool. Et les sommes d’argent en jeu sont colossales.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, loin de là, cette industrie dévastatrice a des conséquences douloureusement néfastes non seulement sur les animaux élevés pour être tués mais aussi sur la nature diversement touchée et polluée pour laisser place aux élevages intensifs et aux cultures dopées à coups de produits chimiques. Au final, tout le monde trinque : animaux domestiques, faune sauvage et citoyens !

Après cette lecture, vous ne ferez plus vos courses de la même façon, c’est certain !

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