MISER SUR L'AVENIR !

AVES France participe à la sensibilisation du grand public sur les ours, organise des évènements originaux comme la Journée mondiale pour sauver les ours, créée du matériel pédagogique et anime des expositions et des conférences. Localement, nous collaborons avec des passionnés, véritables anges-gardiens des ours des Pyrénées.

L'OURS DES PYRÉNÉES ET L'ÉLEVAGE

Il n'y a pas de fatalité : les mesures d'accompagnement des éleveurs auraient du être mises en place dans toutes les estives depuis longtemps, mais certains éleveurs refusent catégoriquement de cohabiter avec l'ours des Pyrénées. Pourtant, il nous faut continuer de dialoguer avec les éleveurs, pour faire de la présence de l'ours une force, une fierté pour les Pyrénées. 

Préservation

Si nous sommes ouverts au dialogue et que nous pensons qu'il doit avoir lieu dans le respect et la tolérance, nous restons focalisés sur la préservation de l'espèce. Nous sommes persuadés d'une chose, c'est que l'ours a bien sa place dans les Pyrénées. 

Dialogue

En 2017, AVES France a soutenu un projet ambitieux et original en Ariège, porté par Stéphan Carbonnaux et Innovanature. Ce processus de dialogue sur la valorisation de la biodiversité dans le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises a permis de réunir des acteurs de la vie économique et sociale qui ne se parlaient pas pour réfléchir à l'avenir de leur territoire commun. 

Cohabitation

Partout dans le monde, l'homme est en conflit avec la faune sauvage. Cette lutte pour un même territoire a un effet dévastateur pour la biodiversité et il est temps d'apprendre à cohabiter. L'ours pourrait-être une source de revenue non négligeable dans les Pyrénées si l'espèce était mieux acceptée. Certains Français et Européens sont prêts à parcourir le monde pour aller observer des ours, ou simplement marcher sur leurs traces. Pourquoi ne pas enfin développer des activités économiques sur ce thème dans les Pyrénées ? 

Sensibilisation et éducation

AVES France croit en la communication positive. Nous avons créé du matériel pédagogique afin de pouvoir sensibiliser le grand public par des jeux, des visuels attractifs et des expositions adaptées au public. AVES France possède des silhouettes d'ours grandeur nature, une carte de répartition des ours de 2x2 mètres, plusieurs expositions sur les ours, un jeu de l'oie géant sur les ursidés, une mascotte d'ours...  Nous avons organisé pour la première fois en France, en février 2017, la  Journée mondiale pour sauver les ours, un évènement qui a eu du succès et qui sera donc récurrent. Nous intervenons à la demande dans les écoles, lycées, bibliothèques... selon nos disponibilités. N'hésitez pas à nous contacter !

L'ours dans les Pyrénées

Il nous a fallu du temps, mais nous avons beaucoup évolué sur ce dossier. Alors qu'à l'époque nous souhaitions imposer des réintroductions, et avons même contribué à une plainte contre l'Etat français pour défaut de protection des ours dans les Pyrénées, nous pensons aujourd'hui que l'avenir est à la concertation. Il faut renouer le dialogue et répondre aux préoccupations de chacun. Mes années de vie en Roumanie m'ont prouvé que la cohabitation entre l'élevage et les grands prédateurs était possible, mais aussi que rien ne peut se faire sans échange et respect. Aussi, AVES France participe au financement d'un projet ambitieux basé sur l'échange et le dialogue. Il est temps d'enterrer la hache de guerre, pas seulement pour l'ours, mais pour toute la biodiversité pyrénéenne. 

© photo : Peter Wey - Fotolia.com

Suivi sur le terrain

Florent Antras est passionné par les ours et fin connaisseur du terrain. Ancien berger, il connaît très bien le territoire des ours, mais également les us et coutumes locales. C'est un allier précieux pour saisir ce qui se passe en Ariège et pour suivre les ours sur ce vaste territoire.

ourse avec deux petits au sommet d'une montagne

Christophe CORET

Responsable du dossier Ours


Passionné par les ours, j'ai voyagé sur les traces du plantigrade en Slovénie, en Italie et dans les Pyrénées.
J'ai vécu plusieurs années en Roumanie, dans un village fréquenté par les ours, les loups et les lynx.
Malgré la découverte d'innombrables traces de présences, lou moussu n'a jamais daigné montrer le bout de son museau...
C'est en janvier 2016, en Equateur, que j'ai eu le privilège de pouvoir observer mon premier ours dans la nature. Une magnifique ourse à lunettes.
Rencontrer l'ours est un privilège rare et un de mes plus émouvant souvenir.

Pour toutes vos questions sur les ours, faites-moi signe. Je peux vous mettre en contact avec nos différents partenaires dans le monde ou vous expliquer les positions d'AVES France sur ces différents sujets. Je privilégie les contacts par mail

Ours et loups : et si les prédations n’étaient pas une fatalité ?

On ne va pas se mentir : quand on parle des grands carnivores en France, on pense immédiatement aux problèmes de cohabitation entre l’élevage et la grande faune sauvage et à l’opposition farouche de certains lobbyistes. Depuis des années, on les entend répéter à l’envi que la cohabitation est impossible, que la présence des grands prédateurs est incompatible avec le pastoralisme, et pour cause ! Depuis toujours, on a cru qu’il suffisait d’indemniser les brebis pour acheter la paix dans les alpages. On a laissé s’installer un système malsain où ceux qui refusent de protéger leurs troupeaux sont subventionnés. On peut également se demander si l’administration a tout fait pour apporter un soutien aux éleveurs, qui sont parfois démunis face aux attaques sur leurs troupeaux. En Slovénie, il a fallu une remise en cause des solutions préconisées par les agents du Slovenia Forest Service pour qu’enfin on signe l’armistice entre l’ours, le loup et les éleveurs… qui aujourd’hui soutiennent même le retour du lynx.

Lors de la conférence de l’IBA (International Association for Bear Research & Management) qui s’est tenue en septembre 2018 en Slovénie, Rok Černe et Tomaž Berce du Slovenia Forest Service ont insisté sur le fait que subventionner et distribuer des dispositifs de protection ne suffit pas pour réduire les dommages causés par les ours bruns et les loups gris. En voici le résumé.

« L’expérience de la Slovénie montre que seul, le cofinancement ou la distribution gratuite de dispositifs de protection tels que des filets électriques de 106 cm de hauteur ne réduit pas les dommages causés par les ours et les loups. Au cours de la période 2005-2010, la Slovénie a lancé un appel pour subventionner l’achat de filets électriques chaque année. La demande de cofinancement était forte et de nombreux agriculteurs victimes de dommages réguliers ont commencé à utiliser des filets électriques. Néanmoins, les dommages ont continué à se produire sur leur propriété et plus de la moitié des déprédations de petit bétail dans le pays ont eu lieu sur des pâturages gérés par des agriculteurs ayant reçu des subventions. 

En conséquence, le système de subventions a été déclaré inefficace et donc abandonné. En outre, il est généralement admis que rien ne peut être fait pour empêcher la propagation des dommages. Qu’est ce qui ne s’est pas bien passé ? Malgré l’expérience négative, la hauteur des filets électriques a été améliorée et 10 filets de 170 cm de hauteur ont été distribués au cours de la période 2011-2013. 

Après la distribution, les dégâts se sont reproduits malgré l’amélioration du matériel. À ce stade, nous avons entamé une coopération intensive avec les agriculteurs. Nous avons installé des pièges photographiques le long des clôtures, effectué des observations directes et contrôlé régulièrement le courant électrique. Nous avons découvert que les dommages avaient été causés par une utilisation incorrecte des clôtures électriques, en particulier par un entretien insuffisant des clôtures et par une mise à la terre inappropriée, qui entraînait un manque de courant électrique. 

Grâce à l’amélioration du matériel fourni et à l’utilisation correcte des clôtures électriques par ces agriculteurs, les dommages causés par les loups et les ours ont été réduits de plus de 100 000 € par an. Ces résultats ont conduit à une amélioration du système au niveau national. Nous avons mis en place une coopération régulière avec les agriculteurs qui reçoivent des clôtures électriques et avons commencé à effectuer des contrôles réguliers pour vérifier leur utilisation correcte. Une attention particulière est accordée si des dommages se produisent malgré l’utilisation de filets électriques de 170 cm. Jusqu’au printemps 2017, nous avons distribué 90 ensembles de clôtures électriques hautes et, au niveau national, nous avons réussi à économiser en moyenne 35 % ou 185 000 € par an en compensation de dommages. »

Qu’est-ce que cela prouve ? Pour moi, cela montre que la cohabitation n’est pas seulement de la responsabilité des éleveurs. En France, on aime nous faire croire que les éleveurs sont responsables de la situation actuelle, et il faut reconnaître qu’il existe une poignée d’irréductibles qui refuseront toujours la cohabitation. Mais l’administration n’a-t-elle pas également sa part de responsabilité ? Est-il normal qu’en 2019, les préfets ne voient qu’un seul moyen de protéger les troupeaux : faire appel à la brigade loup pour éliminer une espèce pourtant protégée, alors que les tirs de loups sont inutiles, inefficaces et qu’ils désorganisent les meutes ? 17 ans après le retour de ce grand canidé, pourquoi aucun protocole n’a été mis en place pour aider les éleveurs à défendre leurs troupeaux ? Pourquoi n’avons-nous pas de clôtures électriques efficaces à leur proposer ? Pourquoi la France se trouve en seconde position du classement en montant des compensations versées alors que nous n’avons sur notre territoire qu’une cinquantaine d’ours et au maximum 500 loups ?

La présence sur le terrain après chaque prédation des agents du Slovenia Forest Service a permis de comprendre pourquoi les moyens de protection proposés étaient inefficaces. Cela a permis également d’instaurer une relation de confiance entre les éleveurs et les agents de l’Etat. C’est grâce aux études sur le terrain que les agents ont pu déterminer la meilleure façon de poser les clôtures électriques (en cercle pour éviter que les moutons arrachent la clôture lorsqu’ils se mettent à courir), la longueur minimale et maximale de l’installation pour qu’elle soit efficace, sa hauteur, la puissance du courant nécessaire pour effaroucher les ours et les loups. Ce travail a permis de constater une baisse des prédations liées au loup après 2010 et la stagnation des prédations attribuées à l’ours. Il est important de préciser que la population de loups a doublé depuis 2010, passant de 40 à 80 individus. La population d’ours serait passée de 600 individus à plus de 900 !

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Revue « A un poil d’ours »

A un poil d’ours
Numéro 3 (septembre 2018)

Au sommaire : 

Editorial
Consultation publique : un OUI massif à l’ours !
Fallait-il sauver Mellous ?
Prévention des rencontres avec les ours, apprendre à décrypter le langage corporel des ours.
Lilo & Papouk
La haie, une petite forêt linéaire…
Réintroduction des grands herbivores
Patrick Rouxel au secours des ours malais
Trop de renards ? N’y croyez pas !

 


Couverture Revue A un poil d'ours N°2

A un poil d’ours
Numéro 2 (juin 2018)

Au sommaire : 

Editorial
Actualité des ours dans les Pyrénées
Faut-il encore baptiser les ours dans les Pyrénées
Les traces et indices : comment les reconnaître ?
Le rewilding, ou ré-ensauvagement de la nature.
Montreurs d’ours : bientôt la fin des spectacles avec des animaux ?
Mettre fin à l’exploitation des ours pour leur bile (Animals Asia)
Chasseurs pollueurs : quand les munitions plombent la nature.
Un président, ça Trump énormément !
Évènements

 


couverture de la revue A un poil d'oursRevue : A un poil d’ours
Numéro 1 (avril 2018)

Au sommaire : 

Editorial
Actualité des ours dans les Pyrénées
Pet de l’ours et hivernation
Réintroductions : de 0 à 43 ours…
Montreurs d’ours
Suivre l’ours dans les Pyrénées
Sorties nature
A un poil… de loup !
Le blaireau : entre obscurantisme et passe-droits !
Évènements

 

La revue A un poil d’ours a été éditée par l’association AVES France en 2018. Nous recherchons des bénévoles pour poursuivre cette aventure extrêmement chronophage.