Consultation publique : ne laissons pas Ségolène Royal tuer encore plus de loups !

URGENT : du 11 février au 3 mars 2016, le Ministère de l’écologie et du développement durable lance une consultation publique portant sur le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016.

Nous sommes convaincus qu’une nouvelle fois, l’Etat mettra en place sa folie destructrice quel que soit le résultat de cette consultation citoyenne, l’opinion publique ayant déjà été largement méprisée lors de la précédente consultation sur le sujet. Cependant, nous ne pouvons pas laisser la voie libre aux assassins de la nature et il faut donc nous mobiliser à nouveau. Ce gouvernement lave plus vert en faisant entrer des « écolo-opportunistes » dans ses rangs, après avoir pavoisé suite à la COP21. Ce projet d’arrêté montre pourtant bien son mépris — et celui des préfets — pour la nature !

Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour le loup lors de la précédente consultation publique, mais aussi lors des manifestations organisées par les associations début 2016. Continuons ! Faisons-nous entendre !

Soyez nombreux à dire NON AUX TIRS DE LOUPS sur le site http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-un-nombre-supplementaire-de-a1254.html?id_rubrique=2 ! (jusqu’au 3 mars 2016)

Envoyez également des tweets à @RoyalSegolene pour lui dire #StopTirsLoups.

Soyons unis contre ce projet d’arrêté « naturicide ».


Ce que dit le texte de l’arrêté :

« L’arrêté du 30 juin 1015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fixe à 36 le nombre de loups pouvant être détruits (entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016). A l’heure actuelle 34 loups ont été détruits. Même si depuis le 23 décembre 2015, les préfets ont suspendu toutes les autorisations de tirs de prélèvement (date à laquelle le nombre de loups détruits était déjà de 34), il est vraisemblable que le seuil de loups pouvant être prélevés puisse être atteint à court ou moyen termes avant le 30 juin 2016. Si ce plafond de 36 loups venait à être atteint, toutes les autorisations de tir pour assurer la protection des troupeaux seraient alors interrompues ; les éleveurs seraient alors dans l’impossibilité de défendre leur troupeau en particulier par la mise en œuvre des tirs de défense.

Dans ce contexte, le présent projet d’arrêté propose donc de relever le seuil de prélèvement au cours de la période 2015/2016 pour la mise en œuvre des seuls tirs de défense. Cet arrêté n’entrera en vigueur que si le plafond initial de 36 loups détruits est atteint.
Six loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) supplémentaires pourront ainsi être prélevés, sur autorisation des préfets. »


Voici quelques éléments pour vous aider à construire votre réponse argumentée (vous n’êtes pas obligés de tous les reprendre). Attention, l’administration ne prend en compte que les commentaires qui ont été personnalisés. N’oubliez donc pas d’ajouter quelques phrases de votre « cru ».

  • Il faut rappeler que le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), composé de scientifiques compétents en la matière, a récemment donné un avis défavorable sur l’augmentation du quota de loups à supprimer. C’est un avis purement consultatif, mais le gouvernement doit le prendre en considération… et pas seulement pour le loup !
  • Rappelons également, ce n’est pas du luxe, que le loup est protégé par la Convention de Berne, la convention Habitats et figure sur la Liste rouge des espèces menacées en France.
  • Dans un contexte post-COP21 où la France a clairement dit son intention de protéger l’environnement, cette décision d’augmenter le quota de tirs de loups est totalement contraire à ce qui a été affirmé il y a quelques mois.
  • Le nombre de loups en France a baissé entre 2014 et 2015 (chiffres de l’ONCFS) ; ces tirs mettent encore plus en péril la population de cette espèce protégée, qui demeure très fragile. Le collectif Cap loup comptabilise d’ailleurs 41 animaux tués ! Un seul noyau reproducteur est constaté en France, comment parler de « prolifération » (terme scientifiquement erroné qui plus est) dans ce cas ? Enfin, le loup est loin d’avoir recolonisé tout son territoire.
  • Les tirs ne sont pas une solution sur le long terme. Une meute privée de l’un de ses membres s’en trouve désorganisée. Cela augmente donc considérablement les risques d’attaques de loups isolés. Seuls les moyens de protection permettent une cohabitation durable.
  • Les moyens de protection ne sont pas appliqués partout par tous les éleveurs, loin s’en faut. Certaines associations ont produit des vidéos montrant clairement des troupeaux non protégés. Les éleveurs doivent d’abord s’occuper de la protection de leur cheptel avant d’envisager un quelconque tir de défense.
  • Les tirs sont par ailleurs susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités. En effet, comment contraindre un éleveur à mettre en place des moyens de protection si on élimine les prédateurs de son secteur  ? Le raisonnement est illogique.
  • En prenant en compte tous les cas de mortalité connus, au moins 41 loups ont déjà été tués en France pour la période 2015-2016, le plafond de 36 est déjà largement dépassé depuis début décembre. Il est urgent de mettre un terme à ces abattages scandaleux.
  • Entre 2014 et 2015, le nombre d’attaques sur les troupeaux imputées au « loup non exclu » a augmenté de 4%, et le nombre de brebis indemnisées a augmenté de 2%. N’oublions pas que, par facilité et complaisance, les attaques de brebis qui ne sont pas dues au loup sont tout de même indemnisées, au bénéfice du doute.
  • L’Etat devrait mettre d’autres moyens en oeuvre pour aider les éleveurs (accompagnement technique, vérifications et suivi des moyens de protection sur les terrain (pour la mise en place de clôtures dignes de ce nom), aide systématique d’un spécialiste de l’éducation des patous, méthodes expérimentales ou peu utilisées comme les fladrys, effarouchements lumineux, etc.). La seule réponse de l’Etat, c’est la création de brigades anti-loups, un scandale !
  • Il est évident que si les éleveurs refusent d’assurer une protection efficace de leur troupeaux, les attaques de loups se poursuivront car les plus mortelles ont toujours été observées sur les troupeaux peu ou pas protégés ! (constatation récemment reprise par la préfecture de l’Isère).
  • Ce projet ne permettra certainement pas aux éleveurs de continuer à exercer leur profession sereinement. Il encouragera davantage le braconnage et mettra en péril la biodiversité de notre pays, et patrimoine commun.

Ségolène Royal remet le dossier ours aux calendes grecques ; lettre à la D.G.E. de la Commission européenne.

Mesdames et messieurs les membres de la direction générale de l’environnement de la Commission européenne,

Lors de la réunion à laquelle AVES France a participé en février dernier à Paris, nous vous avons questionnés sur les suites données à la plainte portée contre l’Etat français pour défaut de protection de l’ours brun dans les Pyrénées (en 2009), et notamment sur la procédure d’infraction 2012/4104.

Dans votre courrier du 18 novembre 2014 Ref. Ares(2014)3839783 – 18/11/2014, vous nous assuriez être en contact régulier avec les autorités françaises qui vous faisaient part, une nouvelle fois, de leur bonne foi alors que dans les faits, rien n’a changé en France depuis le dépôt de la plainte en 2009… il y a 6 ans !

Vous disiez dans ce courrier, comme lors de la réunion à laquelle nous étions invités, que vous étiez dans l’attente de la publication du volet ours de la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité… publication qui était prévue pour le premier trimestre de l’année 2015 et dont nous ignorons absolument quel en sera le contenu, puisque le ministère continue de refuser le dialogue avec les associations indépendantes, c’est à dire celles qui ne dépendent pas de ses subventions.

Aujourd’hui, nous apprenons que Madame la Ministre, Ségolène Royal, a annoncé qu’elle « accordait 9 mois de délai supplémentaire au Comité de Massif des Pyrénées pour donner son avis sur le volet « ours » de la Stratégie Pyrénéenne de Valorisation de la Biodiversité. » Le dossier ours est reporté. Reporté jusqu’à quand ? Il est flagrant que Madame Royal veut gagner du temps afin de ne pas avoir à prendre de décisions sur le dossier ours avant 2017.

La plainte que vous avez reçue en 2009 était extrêmement bien documentée.
Pour rappel : http://www.aves.asso.fr/2012/12/rappel-2009-plainte-contre-la-france-dossier-ours-des-pyrenees/

L’Etat doit assumer son rôle et prendre ses responsabilités.
Nous, responsables d’associations de protection de la nature, avons mis ce dossier entre vos mains en 2009 car nous ne réussissions plus à communiquer avec nos gouvernants et que nous souhaitions obtenir votre aide pour rappeler à l’Etat français ses engagements communautaires. Nous avons placé nos espoirs entre vos mains pour qu’enfin, le dossier ours puisse avancer.

Comme je vous l’ai dit, j’ai vécu dans la Roumanie rurale plusieurs années, au contact des grands prédateurs. J’ai échangé avec des bergers qui protégeaient leurs troupeaux des grands prédateurs. Et là-bas, il y en a des grands prédateurs, des milliers ! Là-bas étrangement, on n’entend pas les éleveurs hurler que la cohabitation est impossible, que les grands prédateurs sont responsables de tous les maux qui touchent l’élevage. Aujourd’hui le discours selon lequel, en France, il faut faire un choix entre pastoralisme et grands prédateurs est insupportable. C’est de la manipulation et une façon simpliste d’évacuer une problématique. Pourtant, l’Europe et les français ont payé cher des plans ours successifs, dont les crédits ont largement été utilisés pour subventionner l’élevage.

Je vous rappelle que la plainte a été déposée en 2009… il est temps que l’Etat français exprime clairement sa position sur le dossier ours, alors que l’expertise collective scientifique « L’ours brun dans les Pyrénées », publiée le 26 septembre 2013 par le Muséum national d’Histoire naturelle atteste que «  l’habitat type source permet d’accueillir 110 individus, soit 94 individus matures pour l’habitat le plus favorable à 258 individus, soit 220 matures, si les habitats favorables de moindre qualité sont inclus. »

Cordialement,
Christophe CORET
Président d’AVES France
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L’ours Balou a été découvert mort dans les Pyrénées

Un article du média Toulouse7.com nous apprend que l’ours Balou, mâle de 11 ans qui avait été réintroduit en 2006, a été retrouvé mort à Melles, dans une zone dangeureuse.

Une autopsie sera réalisée afin de déterminer les causes de la mort, même si une chute semble l’hypothèse privilégiée par le réseau ours brun.

AVES France adressera dans les jours à venir une lettre à Ségolène Royal, Ministre de l’écologie, pour lui rappeler les obligations de la France sur le dossier de la conservation de l’ours brun dans les Pyrénées.

 

Photo : © Peter Wey – Fotolia.com