Caresse de tigre, le Tiger King à la française. Au coeur du business des faux sanctuaires pour animaux sauvages.

Depuis plusieurs années, on voit de plus en plus de photos et de vidéos d’animaux sauvages dans les bras de particuliers apparaître sur les réseaux sociaux. Bien souvent, ces clichés ont été pris dans des zoos peu scrupuleux à l’autre bout du monde. Mais pas toujours, car la France n’est pas exempte de ces activités totalement immorales et souvent illégales. Après plusieurs mois d’enquête conjointe avec l’organisation mondiale de protection des animaux FOUR PAWS et une plainte déposée par AVES France en décembre 2019, les autorités ont procédé à un contrôle de l’association Caresse de tigre, en Seine-Maritime. Les quatorze fauves ont été saisis.

Septembre 2019 : début de notre enquête

Comme de nombreuses associations, nous avions entendu parler de l’association Caresse de tigre, sans savoir exactement ce qu’il se passait derrière leurs portes. L’établissement, situé en bord de Seine à la Mailleraye-sur-Seine, se présente tantôt comme un élevage, tantôt comme un refuge recueillant des fauves ne pouvant pas être pris en charge sur leur lieu de naissance (cirques, jardins zoologiques…). Interpelés par les naissances de félins relayées par la presse et les nombreux commentaires postés sur internet, nous avons décidé de mener l’enquête, avec le soutien de FOUR PAWS, qui nous accompagne déjà sur le dossier des montreurs d’ours. 

Dimanche 22 septembre 2019, AVES France et FOUR PAWS se joignent pour la première fois à un groupe de visiteurs pour découvrir ce qui se cache réellement chez Caresse de tigre. L’association avait bénéficié quelques mois plus tôt d’une collecte sur la plateforme Leetchi pour « sauver Kassanga et Timba, un couple de lions adultes » recueillis par Caresse de tigre 6 ans auparavant. Le propriétaire des fauves, un circassien à la retraite, aurait décidé de les récupérer pour les vendre à des cirques : « aujourd’hui, s’ils sont vendus, ils seront séparés et passeront le reste de leur vie dans un cirque » pouvait-on lire sur Leetchi. Si nous nous demandions pourquoi le transfert de propriété de ces animaux, déjà présents depuis 6 ans chez Caresse de tigre, n’avait toujours pas été réalisé, le public, touché par cette histoire, a largement contribué au « sauvetage » des fauves et plus de 5000€ ont été collectés en deux semaines. Timba et Kassanga allaient pouvoir être sauvés ! Quelques semaines plus tard, Kassanga mettait au monde deux lionceaux, Simba et Nala. Un sanctuaire qui n’est pas propriétaire de ses animaux et qui les laisse se reproduire, il n’en fallait pas plus nous piquer notre curiosité.

Première surprise à notre arrivée, puisque les documents affichés à l’entrée de l’association précisent bien que les visites sont interdites sur le site de La Mailleraye-sur-Seine. Nous attendons la sortie du groupe précédent avant de pouvoir entrer dans le parc, avec une famille qui n’en est pas à sa première visite. Après un rapide tour du parc, les hôtes nous réunissent autour de la cage des lionceaux, dans laquelle nous sommes tous invités à entrer, par groupe, pour les manipuler et prendre des photos. Les petits sont exténués par ces manipulations. Ils s’enfuient pour aller s’endormir dans leur litière ou sur le mobilier pour enfants qui a été disposé dans la cage. Cette expérience extraordinaire a un coût : 50€ par personne pour 10 minutes, auxquels il faut ajouter une entrée à 15€. Pour nous, le prix de l’interaction double. Prix de la visite : 230€. Sans facture et sans ticket d’entrée bien sûr. 

La propriétaire des lieux n’est pas présente, mais les personnes qui se chargent de la visite nous disent que la petite lionne restera chez eux. Par contre, le mâle, Simba, sera envoyé dans un parc en Angleterre. L’autre famille demande ce que sont devenus les petits de l’année dernière. « Ils sont dans des parcs, on ne peut pas tous les garder » leur répond-on. Nous apprendrons quelques mois plus tard que Simba a rejoint un cirque, ce qui confirme nos craintes. Caresse de tigre se présente comme un refuge pour les animaux qui ne peuvent pas être pris en charge dans les cirques ou les zoos, mais la réalité est toute autre. Les animaux s’y reproduisent, sont séparés de leur mère et élevés au biberon, première étape de l’imprégnation pour rendre les animaux dépendants des hommes. L’interaction avec le public, qu’on pourrait qualifier de business de selfies, est en réalité un second moyen d’habituer les jeunes animaux à être manipulés. Le public est trompé, puisqu’il pense aider l’association à prendre en charge des animaux, alors qu’il participe à l’imprégnation de félins qui seront remis dans l’industrie du divertissement lorsqu’ils seront trop grands pour les contacts avec le public. Les donateurs de l’association sont abusés, puisqu’ils croient soutenir un refuge alors qu’ils se rendent complices d’un trafic savamment mené depuis de nombreuses années.

Notre enquête a permis de mettre en évidence de nombreuses violations de la législation en vigueur. Nous avons donc alerté le ministère de la transition écologique et solidaire, qui a chargé l’Office Français de la Biodiversité de nous recevoir et de lancer des investigations. En décembre 2019, l’OFB a enregistré officiellement notre plainte et nous leur avons remis l’intégralité de nos éléments. 

Deux autres visites pour compléter notre plainte

Lors d’une seconde visite, FOUR PAWS a mis en lumière que les interactions avec Nala, âgée de 5 mois, étaient toujours possible, malgré les risques d’accidents. La lionne, déjà grande, était beaucoup moins docile que lors de notre première inspection. Plusieurs vidéos montrent le président de l’association, Zdravko Pesut, lui asséner des coups lorsqu’elle mord les visiteurs, toujours invités à entrer dans sa cage. Des visiteurs se sont plaints d’avoir été mordus ou griffés lors de ces interactions, pendant lesquelles ils étaient invités à nourrir la lionne avec du poulet. Ils ont rédigé des témoignages qui ont été transmis aux autorités afin d’enrichir notre première plainte. 

En septembre 2020, nous apprenons qu’un jeune tigre et deux lionceaux ont été pris en charge par l’association. Nous reprenons contact et nous rendons sur place. Nous sommes surpris par le nombre de visiteurs, puisqu’une dizaine de personnes nous précède et que notre groupe est composé de 11 personnes, dont plusieurs jeunes enfants. Une fois encore, nous relevons de très nombreuses violations de la législation. Nous sommes invités à donner le biberon aux lionceaux et laissés seuls dans la cage. Une jeune femme, non capacitaire, est également laissée seule avec le jeune tigre qu’elle nourrit avec de la crème chantilly appliquée sur sa main. Nous transmettons ces nouveaux éléments à l’OFB.

Quel avenir pour les animaux ?

Après de longues investigations menées par le service départemental de l’Office Français de la Biodiversité,  un contrôle a eu lieu mardi 24 novembre 2020. Nous espérions la saisie des quatorze fauves détenus par l’association Caresse de tigre et le placement immédiat des trois plus jeunes félins afin de faire cesser les interactions lucratives, mais les animaux sont, pour l’heure, restés sur place. L’enquête se poursuit et établira si les animaux actuellement sous la garde de Brigitte Klimond, seule capacitaire au sein de l’association, pourront rester chez Caresse de tigre. AVES France et FOUR PAWS souhaitent que tous les animaux soient stérilisés et que la préfecture de Seine-Maritime puisse prononcer la fermeture définitive de cet établissement. AVES France se constituera partie civile et a mandaté le cabinet GEO AVOCATS pour assurer la défense des intérêts des animaux détenus par l’association Caresse de tigre. 

Alors que la ministre de la transition écologie, Barbara Pompili, a annoncé son intention de mettre un terme aux spectacles itinérants avec des animaux sauvages, AVES France et FOUR PAWS s’inquiètent du sort qui sera réservé aux animaux si leurs dresseurs se sédentarisent. L’exemple de Caresse de tigre prouve que certains établissements fixes s’affranchissent des lois et développent des activités illégales et parfois bien plus lucratives que les spectacles itinérants, derrière des portes fermées, ce qui rend ces établissements plus difficiles à contrôler. 

AVES France et FOUR PAWS ont réaffirmé au ministère, lors de l’entretien du 4 novembre 2020, l’importance de mettre un terme à toutes ces activités parallèles, et de soutenir l’appel de FOUR PAWS à mettre fin au commerce des grands félins à travers l’Europe : https://help.four-paws.org/en/ban-eu-tiger-trade

 

Signez notre pétition pour demander la fermeture de Caresse de tigre : 
www.caressedetigre.info

 

Parc Saint Paul : Stop aux spectacles de fauves !

Depuis plusieurs années, le parc Saint Paul, parc de loisirs proposant 44 attractions pour toute la famille, accueille également des spectacles mettant en scène des animaux sauvages captifs. Cette année, le spectacle s’intitule Apache, le roi lion et ses 9 lionnes.

L’association One Voice a décidé de porter plainte contre les responsables du parc Saint-Paul qui proposent ce spectacle animalier et dont le dresseur (Kid Bauer) propose aux enfants d’être pris en photo avec un petit tigre blanc sur leurs genoux contre un billet de 10 € à la fin de la représentation (cf. article du Parisien du 9 mai 2019).

Alertée par plusieurs visiteurs du parc choqués d’y voir des animaux sauvages exploités, AVES France a décidé de lancer une campagne de i-boycott, comme nous l’avions déjà fait pour Nigloland. Dans le cas présent, nous dénonçons le mélange des genres, puisque les visiteurs du parc Saint Paul viennent dans ce parc de loisirs pour divertir leurs enfants et profiter des attractions proposées par le parc. Ils ne viennent ni au zoo pour y voir des animaux, ni au cirque pour y voir un spectacle. Rien ne peut justifier la présence des fauves dans le parc, qui par ailleurs propose un nouveau spectacle particulièrement adapté aux enfants, Bubble World ou l’art subtil des bulles de savon, qui fascine à tous les âges, sans exception !

Aussi, nous demandons au parc Saint Paul de mettre un terme à l’exploitation d’animaux sauvages captifs en arrêtant tout spectacle avec animaux et invitons le grand public à boycotter le parc aussi longtemps qu’il proposera ces spectacles. Pour participer à la campagne, il suffit de s’inscrire sur le site i-boycott et de soutenir notre action : https://www.i-boycott.org/campaigns/contre-l-exploitation-de-fauves-au-parc-saint-paul-dans-l-oise 

AVES France rappelle qu’un sondage IFOP de 2019 montre que 67% des Français sont favorables à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques (source : 30 Millions d’Amis), comme en 2018(source : 30 Millions d’Amis).

© Photo : pixabay

Coup de projecteur : projet mares de Hwange

Pour la deuxième fois, AVES France a décidé de soutenir le projet mares de Hwange, porté par Michel Buenerd.

Le but ? Eviter l’hécatombe de 2005, année de sécheresse qui avait conduit à l’assèchement des mares du parc, provoquant la mort de milliers d’animaux.

Grand comme deux départements français, l’immense parc de 14000 km2 héberge quatre espèces de mammifères en danger de disparition sur la liste rouge de l’UICN (Rhinocéros noir, Lycaon, Guépard et Lion) ainsi qu’au moins 30000 éléphants. C’est un magnifique sanctuaire de biodiversité pour la faune d’Afrique australe, un des plus riches d’Afrique. Au total 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux y sont présentes dont certaines parmi ces dernières sont endémiques des biomes régionaux.

Pendant la saison sèche, les mares naturelles du parc doivent-être approvisionnées par pompage de la nappe aquifère pour abreuver les animaux.

Ce projet, lancé en 2010, nous tient à coeur et c’est pourquoi nous lui avons attribué cette année un soutien symbolique de 500€. Nous vous invitons à en apprendre plus sur le site qui lui est consacré : http://michel.buenerd.pagesperso-orange.fr/Hwange/projet/Hwange_phase_2.html

male African elephant drinking in a waterhole Hwange National Park, Zimbabwe

male African elephant drinking in a waterhole Hwange National Park, Zimbabwe

© photo : vladislav333222 – Fotolia

AVES France envoie 1500 euros pour soutenir 3 projets de protection animale

Grâce à vos dons, l’association AVES France a pu une nouvelle fois soutenir 3 projets de protection animale qui nous tenaient à coeur, qui nous semble prioritaires et en lesquels nous avons une grande confiance.

Le premier, vous le connaissez déjà, puisqu’il s’agit de l’Andean Bear Foundation qui fait du très bon travail pour la conservation des ours à lunettes en Amérique du Sud. Bubu, un ourson orphelin, mascotte de la fondation a d’ailleurs été réintroduit dans son milieu naturel en juillet 2012. AVES France, qui soutient depuis plusieurs années ce projet renouvelle sa confiance en envoyant un don de 500 euros.

 

La deuxième association ne vous sera pas non plus inconnue, puisqu’il s’agit du Bornean Sun Bear Conservation Centre, qui s’occupe des ours malais. Nous vous parlons également de ce centre de conservation depuis quelques années et nous sommes heureux de pouvoir également leur envoyer un don de 500 euros pour les aider à poursuivre leurs missions.

Peut-être ne connaissez-vous pas la troisième association. Je dois avouer que je n’en avais pas entendu parler avant que Sylvie Cardona, co-fondatrice d’AVES France ne m’en parle et prêche pour cette cause. Et elle a eu raison. Il s’agit de l’association Le Pic Vert, qui vient en aide avec un collectif d’associations à la faune sauvage menacée au Zimbabwé. Rhinocéros noir, lycaon, guépard, lion et des milliers d’éléphants ont besoin d’eau pour survivre à l’intérieur d’un parc de 14000 km2.

« C’est un magnifique sanctuaire de biodiversité pour la faune d’Afrique australe, un des plus riches d’Afrique. Au total 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux y sont présentes dont certaines parmi ces dernières sont endémiques des biomes régionaux. Mais pendant la saison sèche les mares naturelles du parc doivent être approvisionnées par pompage de la nappe aquifère pour abreuver les animaux. L’assèchement total des mares pendant l’année 2005 a été une tragédie au cours de laquelle des milliers d’animaux sont morts de soif. »

Le collectif propose ainsi de parrainer des mares pour qu’ils puissent installer des forages et les entretenir pour éviter les assèchements. Ce projet nous a semblé important et a également reçu la somme de 500 euros. 

Nous vous invitons à en découvrir plus sur ce site : http://michel.buenerd.pagesperso-orange.fr/Hwange/projet/Hwange_phase_2.html

Encore une fois, ces dons n’auraient pas été possibles sans votre soutien. Merci à tous !