Ours et loups : et si les prédations n’étaient pas une fatalité ?

On ne va pas se mentir : quand on parle des grands carnivores en France, on pense immédiatement aux problèmes de cohabitation entre l’élevage et la grande faune sauvage et à l’opposition farouche de certains lobbyistes. Depuis des années, on les entend répéter à l’envi que la cohabitation est impossible, que la présence des grands prédateurs est incompatible avec le pastoralisme, et pour cause ! Depuis toujours, on a cru qu’il suffisait d’indemniser les brebis pour acheter la paix dans les alpages. On a laissé s’installer un système malsain où ceux qui refusent de protéger leurs troupeaux sont subventionnés. On peut également se demander si l’administration a tout fait pour apporter un soutien aux éleveurs, qui sont parfois démunis face aux attaques sur leurs troupeaux. En Slovénie, il a fallu une remise en cause des solutions préconisées par les agents du Slovenia Forest Service pour qu’enfin on signe l’armistice entre l’ours, le loup et les éleveurs… qui aujourd’hui soutiennent même le retour du lynx.

Lors de la conférence de l’IBA (International Association for Bear Research & Management) qui s’est tenue en septembre 2018 en Slovénie, Rok Černe et Tomaž Berce du Slovenia Forest Service ont insisté sur le fait que subventionner et distribuer des dispositifs de protection ne suffit pas pour réduire les dommages causés par les ours bruns et les loups gris. En voici le résumé.

« L’expérience de la Slovénie montre que seul, le cofinancement ou la distribution gratuite de dispositifs de protection tels que des filets électriques de 106 cm de hauteur ne réduit pas les dommages causés par les ours et les loups. Au cours de la période 2005-2010, la Slovénie a lancé un appel pour subventionner l’achat de filets électriques chaque année. La demande de cofinancement était forte et de nombreux agriculteurs victimes de dommages réguliers ont commencé à utiliser des filets électriques. Néanmoins, les dommages ont continué à se produire sur leur propriété et plus de la moitié des déprédations de petit bétail dans le pays ont eu lieu sur des pâturages gérés par des agriculteurs ayant reçu des subventions. 

En conséquence, le système de subventions a été déclaré inefficace et donc abandonné. En outre, il est généralement admis que rien ne peut être fait pour empêcher la propagation des dommages. Qu’est ce qui ne s’est pas bien passé ? Malgré l’expérience négative, la hauteur des filets électriques a été améliorée et 10 filets de 170 cm de hauteur ont été distribués au cours de la période 2011-2013. 

Après la distribution, les dégâts se sont reproduits malgré l’amélioration du matériel. À ce stade, nous avons entamé une coopération intensive avec les agriculteurs. Nous avons installé des pièges photographiques le long des clôtures, effectué des observations directes et contrôlé régulièrement le courant électrique. Nous avons découvert que les dommages avaient été causés par une utilisation incorrecte des clôtures électriques, en particulier par un entretien insuffisant des clôtures et par une mise à la terre inappropriée, qui entraînait un manque de courant électrique. 

Grâce à l’amélioration du matériel fourni et à l’utilisation correcte des clôtures électriques par ces agriculteurs, les dommages causés par les loups et les ours ont été réduits de plus de 100 000 € par an. Ces résultats ont conduit à une amélioration du système au niveau national. Nous avons mis en place une coopération régulière avec les agriculteurs qui reçoivent des clôtures électriques et avons commencé à effectuer des contrôles réguliers pour vérifier leur utilisation correcte. Une attention particulière est accordée si des dommages se produisent malgré l’utilisation de filets électriques de 170 cm. Jusqu’au printemps 2017, nous avons distribué 90 ensembles de clôtures électriques hautes et, au niveau national, nous avons réussi à économiser en moyenne 35 % ou 185 000 € par an en compensation de dommages. »

Qu’est-ce que cela prouve ? Pour moi, cela montre que la cohabitation n’est pas seulement de la responsabilité des éleveurs. En France, on aime nous faire croire que les éleveurs sont responsables de la situation actuelle, et il faut reconnaître qu’il existe une poignée d’irréductibles qui refuseront toujours la cohabitation. Mais l’administration n’a-t-elle pas également sa part de responsabilité ? Est-il normal qu’en 2019, les préfets ne voient qu’un seul moyen de protéger les troupeaux : faire appel à la brigade loup pour éliminer une espèce pourtant protégée, alors que les tirs de loups sont inutiles, inefficaces et qu’ils désorganisent les meutes ? 17 ans après le retour de ce grand canidé, pourquoi aucun protocole n’a été mis en place pour aider les éleveurs à défendre leurs troupeaux ? Pourquoi n’avons-nous pas de clôtures électriques efficaces à leur proposer ? Pourquoi la France se trouve en seconde position du classement en montant des compensations versées alors que nous n’avons sur notre territoire qu’une cinquantaine d’ours et au maximum 500 loups ?

La présence sur le terrain après chaque prédation des agents du Slovenia Forest Service a permis de comprendre pourquoi les moyens de protection proposés étaient inefficaces. Cela a permis également d’instaurer une relation de confiance entre les éleveurs et les agents de l’Etat. C’est grâce aux études sur le terrain que les agents ont pu déterminer la meilleure façon de poser les clôtures électriques (en cercle pour éviter que les moutons arrachent la clôture lorsqu’ils se mettent à courir), la longueur minimale et maximale de l’installation pour qu’elle soit efficace, sa hauteur, la puissance du courant nécessaire pour effaroucher les ours et les loups. Ce travail a permis de constater une baisse des prédations liées au loup après 2010 et la stagnation des prédations attribuées à l’ours. Il est important de préciser que la population de loups a doublé depuis 2010, passant de 40 à 80 individus. La population d’ours serait passée de 600 individus à plus de 900 !

LIFE-WITH-BEARS_Book-of-abstracts_A4_web

Revue « A un poil d’ours » – Numéro 1 (avril 2018)

L’association AVES France vous préparait cette surprise depuis plusieurs mois. Bonne nouvelle ! Le premier numéro de notre revue « A un poil d’ours » sortira le jeudi 12 avril 2018.


Revue : A un poil d’ours – Numéro 1 (avril 2018)

Au sommaire : 
Editorial
Actualité des ours dans les Pyrénées
Pet de l’ours et hivernation
Réintroductions : de 0 à 43 ours…
Montreurs d’ours
Suivre l’ours dans les Pyrénées
Sorties nature
A un poil… de loup !
Le blaireau : entre obscurantisme et passe-droits !
Évènements


La revue A un poil d’ours est éditée par l’association AVES France.

La version imprimée (12 pages couleur sur papier recyclé) est accessible à tous.
Le prix au numéro est de 3€ : https://bearz.org/shop/livres/revue-a-un-poil-dours-numero-1-avril-2018/
L’abonnement annuel coûte 10€ : https://bearz.org/shop/livres/revue-a-un-poil-dours-abonnement-1-an/
Achat exclusivement via notre boutique Bearz.org.

La version numérique de cette publication trimestrielle sera offerte à chaque adhérent de l’association (sauf membres donateurs) pour les remercier de soutenir nos combats. L’adhésion annuelle à AVES France coûte 10€ et est accessible dès 0,85€ par mois !  Il suffira de cliquer sur la liseuse ci-dessous et de vous identifier avec votre adresse e-mail et le mot de passe qui vous aura été envoyé. Une question ? Contactez-nous ! 

Ci-dessous, la version numérique qui sera accessible aux adhérents à partir de jeudi 12 avril 2018 :

Le bureau nivernais d’AVES France confronté au retour du loup. Devenez bénévoles !

Le bureau local Nièvre s’intéresse à la faune sauvage du département. Depuis que le loup a été détecté en fin d’année 2016, nous poursuivons nos missions de communication autour du retour de ce prédateur : participation à des réunions administratives, conférences, tenue de stands à l’occasion de manifestations, et nous avons amorcé une mission de terrain. Nous avons besoin de bénévoles motivés et possédant une bonne connaissance de la faune sauvage pour mener à bien nos actions. Pour postuler, merci de compléter le formulaire ici : http://www.aves.asso.fr/2016/11/recherche-benevoles-desesperement/

Nous avons également relancé la collecte pour notre campagne loup. Si jusqu’à maintenant vos dons ont permis d’investir dans du matériel pour nos actions de sensibilisation, les prochains dons financeront du matériel pour le terrain (appareil-photo, jumelles, pièges-photos…).

Propulsé par HelloAsso

 

Par ailleurs, nous souhaiterions dresser un état des lieux plus précis de la faune présente sur le département – et pour lequel nous manquons de temps, notamment sur les thématiques suivantes : les supposés dégâts aux cultures ou faune sauvage imputés aux renards, blaireaux et mustélidés, les cas de braconnage (par exemple sur chat forestier…), les changements induits par l’arrachage des haies et l’abattage des vieux arbres à cavités (disparition de la petite faune, raréfaction de chauves-souris, rapaces…) et conséquences de la « mortalité routière » sur les populations animales (batraciens, hérissons, couleuvres…) sur certaines zones géographiques.

L’objectif pour 2018 est de monter des animations (conférences et expositions) autour des animaux dits «nuisibles» et de sensibiliser les habitants de la Nièvre à leur protection.

Nous recherchons donc des naturalistes bénévoles susceptibles de nous faire remonter les informations et des militants de terrain, mais aussi des photographes, artistes, conteurs ayant envie de militer à leur façon pour la faune sauvage.

Bearz : de nouveaux projets pour notre marque éco-solidaire

Comme un pari fou, nous avions lancé il y a deux ans la marque Bearz. Le but ? Collecter des fonds pour les associations qui oeuvrent en faveur des espèces menacées en vendant des bracelets en bois. Aujourd’hui, ce sont près de 900 bracelets qui ont été vendus et près de 5.000 euros redistribués aux associations partenaires.

Afin de poursuivre le développement de la marque Bearz, AVES France lance une nouvelle collecte sur Ulule. Nous espérons collecter 738 euros avant le 15 août 2017, afin d’investir dans une machine à badges professionnelle, qui nous permettra de réaliser badges, aimants et porte-clés personnalisés.

Cela nous permettra de vous proposer de nouveaux objets originaux avec des designs militants, dont les bénéfices permettront encore de financer de beaux projets pour les animaux. Ces nouveaux objets pourront comporter des slogans, des photos ou des dessins en faveur de la protection de la nature et la défense des animaux, comme par exemple « Non aux tirs de loups », « Huile de palme, non merci ! », « Renard : utile, pas nuisible !, « Laissez nous vivre en paix avec une image de blaireau… ».

 

Mieux encore, nous pourrons répondre aux demandes des autres associations et leur fournir des badges à tarif préférentiel… parce que chez AVES France, la solidarité passe avant tout !

Nous comptons sur la solidarité pour que cette collecte atteigne rapidement son objectif. Vos dons seront déductibles des impôts et vous recevrez des contreparties selon l’importance de votre soutien.

Evénement : projection de La vallée des loups à Nevers

Nous avons le plaisir de vous annoncer la diffusion au cinéma Le Mazarin à Nevers, du film de Jean-Michel Bertrand, La vallée des loups, le jeudi 9 mars à 20h00.

Cette projection unique sera suivie d’une discussion co-animée par la vice-présidente du bureau Nièvre d’AVES France et du président de la LPO Nièvre.

Un grand merci au Mazarin pour avoir permis la réalisation de cette soirée.

On vous attends nombreux !

Tous les clients peuvent dès à présent réserver leurs places (6.50 € tarif unique –réductions habituelles acceptées ) sur le site : http://www.cinemazarin-nevers.fr/film/la-vallee-des-loups-2016/

 

Offrez des bracelets Bearz pour un Noël solidaire ! #ours #loup #lynx

En juin 2015, nous lancions la marque de bracelets éco-solidaires Bearz (www.bearz.org) pour financer des projets de conservation des ours à travers le monde. Aujourd’hui, c’est une gamme de 21 bracelets que nous vous proposons avec toujours le même principe : 5€ minimum reversés aux associations partenaires pour chaque bracelet vendu.

Au 28 novembre 2016, nous sommes fiers de vous annoncer que 742 bracelets ont été vendus, ce qui représente 4109,84€ qui ont été reversés aux différentes associations bénéficiaires !

Quoi de mieux qu’un Noël solidaire ?
Afin qu’il y ait un bracelet Bearz au pied de votre sapin, nous faisons encore mieux ! Nous vous proposons une réduction de 10% sur le montant de votre commande avec le code : noelsolidaire, à appliquer avant de valider votre panier, pour toute commande passée avant le 15 décembre 2016.

Et vous, vous attendez quoi pour devenir l’un des ambassadeurs d’une des 8 espèces d’ours menacées, (ours polaire, ours brun, ours malais, ours à lunettesours à collier, ours noir, ours lippu et panda géant), du lynx, du loup ou des singes ?

—–> www.bearz.org <—– 

Les anti‐loups font interdire une conférence : ont-ils peur de la vérité ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 14 juin 2016

Ils ont peur du loup, peur des joujoux, peur de tout. Mais pas du ridicule ! Une conférence sur la biologie des loups qui devait avoir lieu ce mercredi 15 juin à Nyons (26) vient d’être annulée sous la pression d’éleveurs. Après l’interdiction en mai dernier d’une peluche représentant un loup, les éleveurs anti-loups continuent d’imposer leur diktat.

Intitulée « Les loups, biologie d’un mythe », la conférence prévue de longue date au CFPPA(1) de Nyons a dû être annulée par cet établissement public, sous la pression d’un groupuscule d’éleveurs et du sous-préfet invoquant la menace de troubles à l’ordre public. Pourtant, cette conférence proposée par la SFEPM(2) a déjà été accueillie sans problème en plusieurs lieux du sud-est de la France depuis le début de l’année, notamment dans des lycées agricoles à la demande des enseignants ou des étudiants. Elle présente de façon dépassionnée les connaissances scientifiques disponibles sur le loup, dans le but d’informer les étudiants et les citoyens sur un sujet complexe.

Les 27-28 mai dernier, les organisateurs du Giro (tour cycliste d’Italie) avaient retiré leur mascotte lors du passage de la course en France, sous la pression d’élus locaux et de la préfecture des Hautes-Alpes obéissant aux injonctions d’éleveurs qui menaçaient de bloquer la course. La cause unique : la mascotte représentait un loup. Encore une fois, des responsables locaux se font les complices d’une poignée d’éleveurs qui dictent leur volonté d’éliminer les loups, jusqu’aux peluches à leur effigie et jusqu’aux informations scientifiques sur cette espèce.

Les éleveurs vivent de subventions publiques et doivent savoir que 80% des Français veulent protéger les loups(3). Les citoyens qui payent les éleveurs par leurs impôts vont-ils supporter longtemps qu’une minorité obscurantiste impose ainsi sa loi ? La conférence de la SFEPM(2) sera donnée en d’autres lieux y compris en Drôme, pour favoriser le partage des connaissances et l’échange avec les citoyens, particulièrement avec les agriculteurs ouverts à l’information et au dialogue. Prochaine conférence prévue : ce mardi 14 juin à 20h, à la Maison de la géologie de Puy-Saint-André (Hautes-Alpes).

Les associations de CAP Loup

(1) CFPPA : Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole
(2) SFEPM : Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères
(3) Sondage IFOP ASPAS/One Voice, septembre 2013

www.cap-loup.fr / Les 36 associations de CAP Loup :
Fondatrices : Animal Cross, ASPAS, Ferus, LPO PACA, Mille traces, SFEPM, WWF.
Membres : ALEPE, Altaïr Nature, ANG, Asbl Wolf Eyes, ASPA Vosges, AVES France, CESB, le CHANT, COGard, CVN, Eco Volontaire Interna8onal, Fonda8on BrigiZe Bardot, GEML, GLS, GMA, GREEN, Kermit, LAEO France, Loup.org, LPO Auvergne, LPO Champagne-Ardenne, Oiseaux Nature, One Voice, Peuple Loup, RAC, Sauvegarde Faune Sauvage, SPA Lyon Sud-Est, Sur les traces du loup, Tendua.

Loup : espèce mal aimée – Collecte de fonds pour notre campagne de sensibilisation.

Campagne de sensibilisation et de défense du loup en France

Loup : espèce mal aimée

AVES France, association de protection des espèces menacées fondée en 2005, prend la défense des grands prédateurs depuis sa création. Aujourd’hui, le retour du loup touche de nombreuses régions et l’Etat, qui n’a pas su tirer les échecs du manque d’accompagnement des éleveurs lors du retour du canidé sauvage en 1992, semble répéter les mêmes erreurs. Avec nos bénévoles et des amis naturalistes, nous souhaitons jouer un rôle actif dans l’organisation d’expositions, de conférences et de débats, notamment dans la région Bourgogne où les éleveurs sont d’ores et déjà inquiets par le retour du loup. AVES France a rejoint le collectif CAP Loup et ce projet montre notre engagement total pour la défense de cette espèce, encore menacée à ce jour en France.

-> Faire un don sur notre page de collecte <-

Origine du projet

En 1992, le manque d’accompagnement des services de l’Etat a conduit à un rejet de toute forme de cohabitation avec le loup. Les éleveurs, non informés, se sont sentis abandonnés. Le mode de production extensif, avec des troupeaux de plus en plus importants, s’est montré particulièrement vulnérable aux attaques de loups, d’autant plus que la mise en place des moyens de protection a tardé. Les lobbyistes du monde cynégétique, certains syndicats agricoles et bon nombre d’hommes politiques ont surfé sur la peur pour crier au loup et demandé l’éradication du canidé, ce qui leur a évité d’avoir à assumer leur politique désastreuse sur le plan agricole.

Aujourd’hui, nous souhaitons ouvrir des débats. S’ils sont vifs et passionnés, notre rôle est de réhabiliter le loup tout en réfléchissant ensemble, par des échanges d’expériences, sur les moyens de protection à mettre en place pour permettre la cohabitation entre l’élevage et le sauvage. Cette campagne a également pour objectif de lutter contre les fausses idées qui circulent sur le loup, sur les images d’Épinal qui font encore trembler dans les chaumières.

A quoi servira l’argent collecté ?

Deux types d’actions méritent d’être mises en place de manière urgente : la sensibilisation dans les écoles, ce qui nécessite un peu de matériel pédagogique, et l’organisation de débats-discussions autour de l’éventuel retour du loup dans les départements limitrophes à son actuelle aire de répartition. L’expérience nous prouve en effet que la plupart des gens ont des connaissances erronées sur l’animal (véhiculées par les médias notamment), ce qui entraîne un sentiment de crainte et de rejet vis à vis du prédateur.

L’argent collecté permettra de financer :

  • des supports pour les expositions
  • l’achat d’un vidéo-projecteur
  • l’impression de livrets en papier recyclé
  • l’organisation de conférences ou de colloques, avec des spécialistes du loup invités

Nos idées ne manquent pas pour cette campagne, et sa réussite dépend directement de vos dons (déductibles des impôts).

Les contreparties

Pour vous remercier de vos dons (déductibles des impôts), AVES France a prévu quelques cadeaux.

  • Pour un don de 10€, vous recevrez un marque page loup*
  • Pour un don de 20€, vous recevrez un marque page loup* et la brochure sur le loup du collectif CAP Loup*
  • Pour un don de 30€, vous recevrez un marque page loup*, la brochure sur le loup du collectif CAP Loup* et un bracelet Bearz loup.
  • Pour un don supérieur à 50 €, vous recevrez un marque page loup*, la brochure sur le loup du collectif CAP Loup* et les deux modèles de bracelets Bearz LOUP.

* imprimé(e) sur papier recyclé.

Faire un don sur : https://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/loup-espece-mal-aimee

© Photo de couverture : Fabio Palella – Fotolia.com

Consultation publique : l’Etat français autorise le tir de deux loups supplémentaires

Finalement, ce ne sont pas six, mais deux loups que l’Etat français va sacrifier. Une solution pour ménager la chèvre et le chou et qui, au final, ne satisfera personne. Evidemment, grâce à notre mobilisation et à vos nombreux messages, nous pouvons nous féliciter d’avoir évité le scénario du pire, mais cette décision d’ajouter deux loups supplémentaires à la liste des prédateurs à abattre montre bien que le gouvernement souhaite poursuivre sa politique clientéliste à l’égard des éleveurs et s’entête à leur proposer une solution qui n’a rien de durable.

Voici, ci-dessous, le résumé de la consultation et la décision officielle.

 


PRINCIPALES CONCLUSIONS
DE LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LE PROJET D’ARRETE :

LES MODALITES DE LA CONSULTATION

Conformément à l’article L120-1 du code de l’environnement, le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 a été soumis à « participation du public ». Cette phase de consultation a consisté en une « mise à disposition du public par voie électronique », selon des modalités permettant au public de formuler des « observations ».

La mise en ligne est intervenue le 11 février 2016, et la consultation du public s’est étendue jusqu’au 4 mars 2016.

SYNTHESE DES OBSERVATIONS : NOMBRE TOTAL ET PRINCIPALES CONCLUSIONS

5 334 contributions ont été réceptionnées durant la phase de consultation.

1. De nombreuses associations et organisation se sont mobilisées et ont utilisé cette consultation publique pour exprimer leurs positions :

a- Les associations de protection de la nature (majoritairement membres du collectif CAP Loup) défavorables à un tel arrêté :

Des associations de protection de la nature, tant nationales que locales ont activement participé à cette consultation. Cette participation se traduit par des commentaires défavorables à l’arrêté ministériel, directement postés au nom des associations, par leurs membres ou la reprise partielle ou intégrale de leurs messages. Certains commentaires reprennent explicitement les propos de certaines associations (« Je reprends des arguments forts et imparables »), tandis que d’autres messages incorporent des éléments dans leurs commentaires.

Les associations de protection de la nature ont des positions qui convergent sensiblement, avec quelques nuances.

L’une des associations la plus fréquemment citée (plus 50 fois) et reprise (dans plus de 60 commentaires) dans la consultation est l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). L’ASPAS met en avant le fait que « 43 loups […] sont morts à ce jour » du fait des actions humaines, en prenant en compte les animaux morts accidentellement. Cette donnée est largement reprise dans les commentaires. Son argumentaire fait également appel aux expertises du Musée National d’Histoire naturelle, du Conseil National de Protection de la Nature et de l’Union National de Conservation de la Nature, pour qualifier l’augmentation du plafond d’«irresponsable». L’ASPAS conclut que la priorité doit être « la protection des élevages ».

Les propos de France Nature Environnement (FNE) sont repris 35 fois. FNE dégage 6 arguments, indépendamment repris dans les commentaires, notamment l’absence de connaissances sur les effets des destructions des loups sur le fonctionnement des meutes (et leurs comportements de prédation). Les commentaires reprennent également souvent la dénonciation des tirs effectués alors que les « troupeaux n’étaient plus dehors, [ce qui] constitue une faute lourde de l’Etat et de la préfecture coordinatrice ». Les autres arguments portent principalement sur les incertitudes quant au statut de conservation de l’espèce et sur le fait que le plafond fixé en juin dernier soit remis en question. Enfin FNE engage l’Etat à œuvrer en faveur d’une «coexistence loup/homme».

L’association AVES (Association de protection des espèces menacées) a également été citée plus de 25 fois. Le président d’AVES reproche au gouvernement de ne pas tenir compte des précédentes consultations publiques et de l’avis du CNPN, et d’agir en contradiction avec ses engagements lors de la COP21. L’AVES veut placer les éleveurs au cœur de la cohabitation avec les loups : « les tirs sont une mauvaise solution, car ils sont susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités »

L’avis défavorable de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) a également été repris dans 15 commentaires. Trois principaux arguments sont mobilisés par l’association : l’impact de ces tirs supplémentaires sur l’état de conservation des loups, le non respect des obligations communautaires et internationales par la France et le projet plus général dans lequel cet arrêté s’inscrit (« plutôt que d’encourager la destruction des loups, des mesures pourraient être prises en faveur de la cohabitation entre les loups et l’élevage »).

Enfin la contribution de FERUS est reprise par 6 internautes. FERUS se base sur une étude américaine qui conclut que « pour chaque loup tué, les chances de prédations sur les troupeaux augmentent significativement ». FERUS prétend lier ces conclusions avec certaines données de l’ONCFS. L’association dénonce la « politique de mort » du gouvernement.

D’autres associations de défense de la nature se sont exprimées, soit par le biais de leurs membres soit par des communiqués, rejoignant les précédentes contributions : la Fédération Rhône-Alpes de la Protection de la Nature (FRAPNA, 10 contributions), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO, 4 contributions) (« un scandale » contre productif et contraire aux règlements européens), Humanité et Biodiversité (« pas acceptable »), Animal Cross, la Société alpine de Protection de la Nature des Hautes-Alpes (« le loup ne doit pas être le bouc émissaire des difficultés actuelles des filières agricoles »), la Société Nationale de Protection de la Nature, le Groupe d’études et de protection des mammifères d’Alsace («l’état se décrédibilise totalement et ruine la base scientifique de détermination du nombre de loups pouvant être détruits »), TENDUA, Altaïr, l’Association Lozérienne pour l’Etude et la Protection de l’Environnement, le Groupement pour la Responsabilisation Environnementale et l’Éducation à la Nature, l’Association Terre Lawrence Anthony…

b- Les organisations socio-professionnelles favorables à un tel arrêté :

En parallèle, des organisations socio-professionnelles se sont prononcées en faveur d’un tel arrêté ministériel. Les propos ont largement été repris dans les commentaires suivants.

Le message proposé par la Fédération Nationale des Chasseurs a été repris par plus de 430 commentaires. Il affirme que « les chasseurs ne souhaitent pas le retour de la chasse au loup mais soutiennent les éleveurs dans la défense de leur activité » et rappelle qu’ils sont prêts à opérer les tirs de défense, « en tant que mission de service public ».

Les Jeunes Agriculteurs (JA) des Hautes Alpes apportent également leur soutien au projet d’arrêté, afin de permettre la survie de « l’élevage à l’herbe » aux grandes vertus environnementales et « plébiscité par le consommateur ». Un thème est souvent repris par la suite : « c’est bien beau de vouloir défendre le loup, quand cela n’a pas d’incidence sur sa vie professionnelle et privée ». Les JA du Var précisent que « les agriculteurs ne sont pas anti loup, ils souhaitent seulement pouvoir protéger leur troupeau » ; les loups peuvent avoir « LEUR territoire » à l’écart des zones d’élevage.

Des membres de la Fédération nationale et des Fédérations Départementales des Syndicats d’Exploitants Agricoles (du Jura notamment) se sont également exprimés en faveur de la prise d’un tel arrêté. Après avoir rappelé les dommages causés par les loups à leurs troupeaux, ils demandent notamment l’augmentation de « 12 […] loups à prélever d’ici le 30 juin prochain et […] la possibilité de recourir aux fusils à canon rayé afin de permettre […la poursuite des] opérations de défense »

La Fédération Départementale Ovine de la Drôme apporte également son soutien à ce projet d’arrêté, « indispensable à la survie de l’élevage et du pastoralisme », menacé par le « maintien du prédateur dans nos espaces pastoraux ». Le maintien du loup entrainerait la « fin de l’élevage pastoral » et la désertification des espaces ruraux.

Le Syndicat Ovin de la Côte-d’Or s’inquiète de l’arrivée prochaine des loups dans le département, qui entrainerait un basculement vers l’agriculture céréalière, beaucoup moins «respectueuse de l’environnement ».

2. Dans la continuité de la tendance remarquée l’année passée, la consultation n’est pas dominée par la reprise massive et non personnalisée de courriers types :

Plus de 80% des messages peuvent être qualifiés d’ « individuels ». Même s’ils reprennent des idées développées par les associations précédemment citées, la rédaction est assez personnelle. Cela peut montrer une certaine appropriation du problème par le public : « Je pense que le nœud du problème est plutôt là ».

Ces messages personnels sont également le signe d’un attachement émotionnel fort au sujet : « C’est triste, affligeant, scandaleux ! », « j’ai honte des décisions de nos élus ». Le terme de « honte » est présent dans près de 200 commentaires. L’analyse lexicométrique des commentaires révèle une utilisation fréquente des termes « hécatombe » (972 occurrences), « éradication/éradiquer » (300), « extermination/exterminer » (214), « tuerie » (77), « génocide » (14), « mise à mort » (18), signe de la charge émotionnelle des messages s’opposant à l’arrêté.

Les messages favorables sont également emprunts de marqueurs d’émotion, mettant en avant les difficultés personnelles rencontrées par les éleveurs: « vous qui êtes contre l’abattage des loups, vous me dégoutez tous ! », « Vous n’accepteriez pas notre vie. Alors respectez-la » ou encore « si rien n’est fait c’est la mort pure et simple de nos élevages de montagne ».

Les départements et massifs les plus fréquemment évoqués sont les Vosges, la Haute Savoie, le Jura, la Lozère, les Hautes Alpes et les Pyrénées.

3. Les contributeurs sont en très grande majorité défavorables aux projets d’arrêtés ministériels :

Dans la continuité des années précédentes, les messages sont en très large majorité défavorables à l’arrêté ministériel (entre 90 et 95%). « Je suis contre » est écrit dans plus de 500 commentaires.

La majorité de ces messages défavorables mettent en avant les notions de « nature » (plus de 1000 occurrences, « laissez vivre la nature, sa faune et sa flore EN PAIX !!! »), « biodiversité » (730 occurrences, « la biodiversité est essentielle à notre survie »), signe d’une véritable valorisation de la nature et de la place du loup dans celle-ci. L’attachement au loup est également très marqué : 30 messages le qualifient d’ « animal magnifique », « fantastique », « merveilleux », « sublime », « intelligent » dont le retour constitue une « chance ».

 De nombreux commentaires appuient leurs propos sur des références à des travaux scientifiques. 150 commentaires évoquent des recherches menées aux Etats-Unis, au MNHN, à l’ONCFS, en Italie ou plus généralement des « études scientifiques ». Il faut noter que ces références généralement ont été introduites par les associations de protection de la nature (notamment l’ASPAS et FERUS).

Ces messages défavorables émanent tant de militants que de citoyens, se présentant comme « écologiste », « amoureux de la nature » ou « citoyenne lambda ».

Les plus rares messages favorables à cet arrêté émanent majoritairement de chasseurs (mobilisés notamment par la Fédération nationale de chasseurs), puis d’éleveurs et enfin de citoyens.

 

4. Ces avis défavorables se basent sur des argumentaires très variés, qui vont du refus de certaines dispositions de l’arrêté ministériel à la critique plus globale des orientations sous- tendant le projet :

Les références au statut d’espèce protégée du loup sont très fréquentes. La Directive Habitats est mentionnée 162 fois, la Convention de Berne 218 fois. La majorité des commentaires font cependant preuve d’une certaine méconnaissance ou incompréhension de ces textes. En effet, les possibles dérogations prévues par ces textes semblent ignorées : « Il est interdit par la loi de les tuer !! ». Plus généralement, on note une certaine méconnaissance du dossier, notamment les dispositifs d’indemnisation et les contrats de protection des troupeaux (« l’Etat devrait subventionner l’achat de chiens de garde de troupeaux (patou) ainsi que le coût des soins »).

D’autres commentaires montrent une bonne connaissance du système d’exception. Par exemple la SFEPM indique que « les dérogations à l’interdiction de détruire des loups ne peuvent être accordées qu’à titre exceptionnel et en dernier recours, après que toutes les autres solutions aient été mises en œuvre pour l’éviter ». Cette bonne connaissance de la législation et plus généralement de la question du loup en France se double souvent de critiques sur l’interprétation du bon état de conservation des loups (« l’état de conservation de l’espèce en France est loin d’être aussi favorable que le soutiennent les autorités »). Des commentaires montrent également des connaissances biologiques, citant les impacts positifs des loups sur le reste de la biodiversité : « le parc Yosemite a réintroduit le loup et depuis ils ont constaté une nette amélioration au niveau de la faune mais aussi de la flore »

Beaucoup de commentaires critiquent également la démarche même de l’augmentation du plafond : « Ce qui était un plafond est devenu un quota à atteindre. Et encore quand il est atteint on l’augmente !? ». Cet argumentaire est lié aux accusations de « céder aux lobbys », notamment chasseurs (plus de 75 références, « le lobby des chasseurs devient insupportable ») et du monde agricole (plus de 50 références, « lobbys de viandards »). L’augmentation du plafond est alors considérée comme une mesure de « démagogie politique » et « électoraliste ».

Enfin, certaines participations montrent une opposition par principe aux prélèvements des loups : « partant du principe qu’on ne peut contester à aucun être vivant sa légitimité de vivre ».

D’autre part, la question de la pression du loup sur l’élevage est souvent relativisée dans les commentaires : les loups ne sont pas le « véritable problème », mais les « boucs émissaires » (108 occurrences) de la crise du monde agricole. Les difficultés évoquées sont par exemple « l’importation massive d’agneaux à bas prix, néo-zélandais et autres » et les « chiens sauvages ou errants ». La mauvaise utilisation des moyens de protection est également présentée pas de très nombreux commentaires comme une cause de la prédation.

Enfin, de nombreux messages demandent la « cohabitation » (587 occurrences) « entre les loups et l’élevage ». La destruction de loups « n’est pas la solution », mais d’autres « solutions alternatives » pourraient exister. A cette occasion, de nombreux commentaires évoquent l’Italie (586 fois), l’Espagne (249 fois), la Roumanie et l’Allemagne, où « tout se passe bien » et où « les éleveurs […] montrent l’exemple ». La destruction des loups est alors considérée comme une « solution de facilité ».

5. Cette consultation publique met en exergue des oppositions monde rural/urbain :

La lecture des contributions à cette consultation publique révèle des prises de position et des perceptions de la situation très antinomiques. La construction des répertoires argumentaires mobilisés est différente lorsqu’il s’agit de commentaires favorables ou défavorables.

Les avis favorables à l’arrêté font très souvent référence à leur situation et leur expérience personnelles: «en tant qu’éleveur de brebis ». Leurs commentaires sont étayés d’exemples personnels et concrets, qui exposent leurs difficultés : « nous aimons notre métier et voir des brebis sauvagement égorgées nous écœurent », « il faut qu’on passe nos nuit à surveiller nos troupeaux ». Les éleveurs montrent un front commun, en ayant recours aux pronoms pluriels (nous, on versus vous). Des éleveurs écrivent qu’ils ne sont « pas contre le loup mais […] les agriculteurs devraient avoir le droit de se défendre tout en suivant la loi ». Ils contrent les accusations des « défenseurs de la nature » en mobilisant eux aussi leur amour pour la nature (« protéger son troupeau c’est aussi protéger la vie ») et en relevant les avantages environnementaux de leurs élevages (par rapport aux exploitations extensives et céréalières, qui menaceraient de les remplacer si le loup continue ses actes de prédation).

Les avis défavorables à ce projet d’arrêté font plutôt référence à des concepts généraux tels que « nature », « humanité » (60 occurrences), « cruauté », qu’ils étayent de peu d’exemples personnels.

Il découle de cette dichotomie des interventions assez violentes, signes d’une cristallisation des positions et d’incompréhension. Les éleveurs reprochent aux « pro loups » une certaine déconnection de la réalité : « Il est facile d’être pour le loup lorsqu’il n’a aucun impact négatif sur votre vie professionnelle et familiale. Il serait facile de me positionner pour une non circulation des véhicules dans les villes par exemple » ou encore « Vous Bande De BOBO ECOLO bien cachés derrière votre écran, surement en ville […], vous venez donnez des leçons aux gens du cru, aux gens du terrain ».

En retour, certains « défenseur[s] des loups » reprochent aux éleveurs une certaine incompétence voire une mauvaise volonté, notamment dans la mise en place des moyens de protection : « les loups n’ont pas à payer pour l’incompétence de nos éleveurs » ou encore « un certain nombre d’éleveurs refusent toujours les moyens de protection contre le prédateur ». Les « citadins » appuient leur légitimité sur leur contribution aux finances publiques : « comme contribuable, je préfèrerais que mes impôts servent à une protection réelle et efficace des troupeaux ». Certains commentaires taxent les éleveurs de « profiteurs » : « ces éleveurs sont grassement aidés par nos impôts ». Les chasseurs sont également montrés du doigt : « on massacre pour le bonheur du lobby de la chasse ». En réponse, les chasseurs mettent en avant leur « mission de service public » et répondent qu’ils ne souhaitent pas la mise en place de la chasse au loup.

Il existe cependant quelques commentaires tentant de concilier les deux positions et penchant pour un compromis : « les tirs ne doivent se faire qu’à proximité des troupeaux protégés de façon efficace ».

6. La majorité des avis exprimés ont une portée en réalité plus large que l’arrêté ministériel en question :

Beaucoup de commentaires critiquent la gestion française en matière de loup, de manière plus globale : « vision à court terme », « les tirs n’ont pour effet que de désorganiser les meutes, au risque d’encourager la prédation », « les éleveurs, qui sont indemnisés de leurs pertes même s’ils ne protègent pas leurs troupeaux, ne sont pas incités à mieux se protéger ». Une très large majorité des commentaires portent sur les moyens de protection. Même si beaucoup d’entre eux montrent une méconnaissance de la situation, les commentaires prônent des études sur les moyens de protection efficaces et le déploiement de bergers et de chiens supplémentaires.

Certaines critiques portent sur l’Etat et la politique française en général : « l’État est contre la vie sauvage et l’économie est la seule voie ». Les manquements aux directives européennes et aux traités internationaux sont souvent évoqués (« l’Etat paye des amendes énormes pour ne pas suivre les Directives Européennes »). Certains commentaires remettent également en cause la crédibilité de cette consultation, en référence aux précédentes consultations : « Je ne comprends pas que vous demandiez l’avis des citoyens dont vous ne tiendrez pas compte ». L’organisation actuelle du monde agricole est également mis en cause.

Enfin, certains commentaires flagellent la nature humaine « l’homme ne sait que détruire la nature autour de lui ».

 

 


PARTICIPATION DU PUBLIC – MOTIFS DE LA DECISION

Motifs de l’arrêté

fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016

soumis à participation du public du 11 février au 4 mars 2016

Le loup fait l’objet d’une protection stricte aux niveaux international, communautaire et national de par son inscription :

  • À l’annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe de 1979, ratifiée en France en 1989 (loi 89-1004)
  • Aux annexes II et IV de la Directive européenne sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (dite « Habitats ») CEE 92/43 du 21 mai 1992
  • À l’annexe II de la CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces en Danger – 1973), ainsi qu’à l’annexe A de son règlement d’application européen
  • Sur la liste des mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national, fixée par l’arrêté ministériel du 23 avril 2007 ; les dispositions de la convention de Berne et de la directive Habitats sont par ailleurs transposées dans le code de l’environnement aux articles L.411-1, L.411-2 et R.411-1 à R.411-5.

    Ces textes imposent que soient interdites toute forme de détention, de capture, de mise à mort intentionnelle, de perturbation intentionnelle, de commerce des spécimens prélevés dans la nature d’espèces de faune sauvage, parmi lesquelles le loup.

    Des dérogations à l’interdiction de capture ou de destruction (art. 9 de la convention de Berne et art. 16 de la directive Habitats) peuvent être accordées à condition que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ; que cette dérogation s’inscrive dans un cadre prédéfini, justifiant un intérêt à agir (s’agissant du loup, la disposition mobilisée est celle visant à « prévenir des dommages importants à l’élevage »), et qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.

    Ces dérogations prennent en France la forme d’arrêtés préfectoraux. Ceux-ci doivent s’inscrire dans le respect d’un cadre national, fixé par le biais d’arrêtés ministériels. L’arrêté du 30 juin 2015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fait partie du corpus réglementaire existant à cet effet. L’arrêté objet du présent document vient compléter l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé.

    Cette décision est motivée par la nécessité de concilier la présence et la protection du loup avec le maintien d’activités pastorales importantes pour la vitalité des territoires concernés. Le fait d’autoriser la destruction de deux loups supplémentaires au plafond fixé par l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé permet de répondre à l’impératif de continuité de la protection des élevages les plus exposés au risque de prédation. Le projet d’arrêté soumis à la consultation du public et à l’avis du Conseil national de la protection de la nature prévoyait d’autoriser la destruction de 6 loups supplémentaire. L’arrêté autorisera la destruction de 2 specimens, afin de garantir que la dérogation ainsi délivrée ne nuira pas au maintien de l’état de conservation favorable de la population de loups en France.

Manifestation pour les loups le 12 mars 2016 à Paris

AVES France relaie bien volontiers cet appel à manifester issu d’une mobilisation citoyenne.

Après la manif du 16 janvier à Lyon, du 17 janvier à Nice et juste avant celle du 13 mars à Madrid (nos voisins espagnols descendront dans la rue pour sauver « leurs » loups), ce sera le tour  de Paris le 12 mars prochain. Partout en Europe, les citoyens se mobilisent pour sauver les loups, et ce mouvement prend de l’ampleur.

Des membres d’Aves France seront présents. Venez nombreux pour demander au gouvernement de cesser les abattages de loup.

Pour plus de renseignements, voici la page facebook des organisateurs de la manif :

https://www.facebook.com/events/733070626820848/

paris manif