Justice pour les ours Micha, Bony, Glasha et les animaux détenus par les Poliakov

Le procès de Dany Bruneau et Alexandre Poliakov (dits « les Poliakov »), le couple de dresseurs établis à Chauvigny-du-Perche, dans le Loir-et-Cher, aura lieu mercredi 8 avril 2020 à 13h30 au Tribunal judiciaire de Blois.

Suite à la mort de l’ours Micha, que nous avions filmé lors de sa toute dernière prestation à Racquinghem (62) le dimanche 8 septembre 2019, ses « propriétaires » sont poursuivis pour :

  • sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif
  • mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par l’exploitant d’un établissement détenant des animaux
  • placement ou maintien d’animal domestique ou d’animal sauvage apprivoisé ou captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance

L’association AVES France s’est évidemment constituée partie civile, puisque nous suivions ce dossier depuis de nombreuses années. Pour nous, la mort de Micha est un drame qui aurait pu être évité si l’administration avait joué son rôle et n’avait pas fait la sourde oreille lors des nombreux signalements qui lui ont été rapportés. Micha a été exploité jusqu’à la fin, dans des conditions effroyables (cf. L’ours Micha et le singe Mina exploités par les Poliakov lors d’une soirée privée à Villenave d’Ornon le 22 décembre 2018). C’est la raison pour laquelle nous demandons aujourd’hui le retrait définitif de tous les animaux détenus par le couple et de leur certificat de capacité.

Les Ours Bony et Glasha saisis sous la pression

La mort de Micha a créé une onde de choc et une large médiatisation, qui a même dépassé nos frontières. L’administration a été mise en cause et une forte pression a été exercée sur le Préfet du Loir-et-Cher dans le but de protéger les autres animaux détenus par le couple. Vendredi 29 novembre 2019, les ours Bony et Glasha ont enfin été saisis afin de recevoir des soins dans des sanctuaires adaptés. Leur saisie n’est cependant pas définitive et c’est la raison pour laquelle nous attendons le procès du 8 avril 2020 avec impatience. Nous espérons également pouvoir obtenir la saisie des autres animaux, et notamment le singe Mina qui a été exploité illégalement pendant plusieurs années.

Aujourd’hui, Bony est au Refuge de l’Arche (cf. Les ours des Poliakov, Bony et Glasha, ont été placés dans des refuges).

Glasha, renommée Franca, a été prise en charge par l’Alternativer Wolf- und Bärenpark Schwarzwald. Catherine et Beate nous donneront de ses nouvelles le samedi 22 février 2020 dans le cadre de la Journée mondiale pour sauver les ours, et en profiteront pour nous expliquer comment le Parc Alternatif des Loups et Ours de la Forêt-Noire prend en charge les animaux qui ont souffert de la captivité et du dressage.

5000 € pour soutenir les refuges

Grâce à votre soutien, mais aussi avec l’aide des utilisateurs du moteur de recherche Lilo, AVES France a pu effectuer un don de 2500€ fin 2019 pour soutenir le refuge de l’Arche, qui a pris en charge Bony. Le conseil d’administration de l’association a décidé d’attribuer un autre don de 2500€ au Bärenpark Schwarzwald pour sa prise en charge de Glasha – Franca.

 

L’Etat doit mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages !

Si les Poliakov sont responsables des mauvais traitements sur les animaux dont ils avaient la charge, il faut se rappeler que l’exploitation des animaux sauvages est encore légale en France, dans les cirques, les spectacles fixes ou itinérants, dans les soirées privées…

Près d’un an après le lancement de la Mission ministérielle sur le bien-être animal par le Ministère de la transition écologique et solidaire, où sont les annonces promises ? Les décisions courageuses ? Les mesures ambitieuses ? Faudra-t-il d’autres Micha pour qu’enfin nos politiques aient le courage de mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages captifs en France ?

Notre pétition contre les spectacles ayant recours à des ours et des loups : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/montreurs-loups-mettons-terme-exploitation-animaux/44785

Les ours des Poliakov, Bony et Glasha, ont été placés dans des refuges

Dimanche 8 septembre 2019, le tristement célèbre Ours Micha du couple de dresseurs Bruneau-Poliakov, était contraint une dernière fois de « faire le show » dans une fête de village à Racquingem. AVES france, alertée quelques jours plus tôt par un militant local (merci Stéphane), était sur place pour obtenir des images récentes de l’ours, qui n’était plus apparu publiquement depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise SAS Animal Bien être. Avec la complicité de la Fondation 30 millions d’amis, nous avons alerté les autorités et organisé un contrôle ONCFS, afin de vérifier si l’ours était bien apte à se produire. Micha est apparu sur scène amaigri, fatigué, présentant des difficultés de concentration et se couchant régulièrement au lieu de répéter le numéro pour lequel il avait été dressé pendant de nombreuses années.

Nos vidéos ont permis d’alerter le Ministère de la transition écologique et solidaire, qui recevait parallèlement des images tournées par One Voice chez les Poliakov.

La ministre, déjà sensibilisée sur ce dossier par les actions de lobbying que nous menions depuis des années avec d’autres structures, comme la Fondation Brigitte Bardot, a rapidement pris la décision de placer Micha en urgence au zoo-refuge La Tanière afin qu’il y soit soigné.

Mardi 12 novembre 2019, alors que des représentants d’AVES France, de la Fondation Brigitte Bardot et de Four Paws étaient reçus à l’assemblée nationale par Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias pour leur remettre le résultat de nos pétitions contre les « spectacles » des montreurs d’ours, l’ours Micha subissait une opération pour tenter de le sauver, opération suite à laquelle il n’a pu se réveiller.

Suite à la mort de Micha, la contestation s’est poursuivie pour demander la saisie de tous les animaux détenus par le couple de dresseurs. Nos organisations ont multiplié les courriers et les lettres ouvertes, les politiques ont demandé des comptes au Préfet du Loir-et-Cher, des milliers de citoyens attristés par la mort de l’ours ont participé à notre cyber-action.

Vendredi 29 novembre 2019, nos actions conjointes ont enfin payé !
Bony et Glasha ont été placés dans des refuges pour y recevoir des soins adaptés.
Bony est arrivé au refuge de l’Arche peu après 16h, où il a pu se reposer dans un abri. Il bénéficiera d’un bel enclos et d’un personnel aux petits soins, notamment pour soigner ses problèmes dentaires.
La femelle, Glasha, est arrivée dans la nuit en Allemagne, à l’Alternativen Wolf- und Bärenpark Schwarzwald. Elle sera soignée de sa tumeur à l’oeil et de ses problèmes dentaires. Elle bénéficiera d’un magnifique enclos forestier où elle pourra retrouver une vie d’ours presque normale.

 

2500€ pour le refuge de l’Arche

AVES France n’a pas les moyens financiers des grandes fondations, mais nous tenons à soutenir les refuges qui prennent en charge les ours. Aussi, le refuge de l’Arche recevra 2500€ pour la prise en charge de Bony. Nous attribuerons également un don prochainement au Bärenpark pour l’accueil de Glasha.

Notre soutien est rendu possible par vos adhésions, dons, achats dans notre boutique Bearz, mais aussi par les utilisateurs du moteur de recherche Lilo qui nous soutiennent, et toutes les personnes qui ont acheté un bracelet Ours chez Nature & Découvertes ou chez Gifts for change.

Le combat continue sur le plan judiciaire !

Si Bony et Glasha sont pour l’instant en sécurité, notre devoir est maintenant d’attaquer les Poliakov en justice afin que leur certificat de capacité leur soit retiré. En effet, nous refusons que leurs ours puissent leur être rendus, ou même qu’ils en prennent d’autre en charge. Nous voulons que tous leurs animaux leur soient confisqués et qu’ils soient soignés dans des structures adaptées. Le temps judiciaire peut être long. Nous nous y préparons. Nous continuerons bien évidemment notre lobbying pour que tous les spectacles des montreurs d’ours et de loups soient interdits en France, et soutiendront les demandes des associations partenaires, comme Paris Animaux Zoopolis, qui militent activement pour l’interdiction de l’exploitation de tous les animaux sauvages dans les cirques et les spectacles itinérants.

En finir avec les montreurs d’ours, ce n’est pas un sprint. C’est une course de fond.

On ne va pas se mentir. La semaine dernière, vous n’avez pas trouvé sur notre site d’article annonçant la mort de l’ours Micha. C’était trop dur pour moi. Perdre Micha, c’était une défaite. Ma défaite. Mon échec. Une claque. Cet ours, le dimanche 8 septembre 2019, était à quelques mètres de moi et malgré un contrôle ONCFS effectué à la demande d’AVES France et de 30 millions d’amis, Micha est reparti avec ses dresseurs. J’avais déjà filmé Micha plusieurs fois en 2015 et 2016 et son état de santé s’était clairement dégradé. Il était tellement fatigué que je m’étais persuadé que les agents allaient procéder à une saisie immédiate, que Micha pourrait être placé dans un refuge en sécurité…  Partir de Racquinghem en le laissant aux mains de ses tortionnaires était vraiment douloureux, traumatisant pour Stéphanie et moi. Mais une association n’a pas de pouvoir de police et nous ne pouvions malheureusement rien faire de plus.

La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline. John Fitzgerald Kennedy

De retour à Rouen, j’ai transmis nos images au Ministère de la transition écologique et solidaire. Les montreurs d’ours, on les connaît bien chez AVES France. C’est un sujet sur lequel nous avons décidé de nous spécialiser il y a de nombreuses années, puisque peu d’associations s’y intéressaient. La Fondation Brigitte Bardot est une des seules structures qui dénonçait régulièrement les spectacles à nos côtés. Tout le travail que nous avons mené pendant ces années, les images recueillies lors des « spectacles », les données accumulées sur les ours, les témoignages qui nous ont été confiés, nous ont enfin permis de lancer l’alerte et d’obtenir une réaction de la part d’Elisabeth Borne. Les images tournées par One Voice chez les Poliakov ont permis d’accélérer encore les choses. Pourtant, les images des geôles n’étaient pas nouvelles. Des photos des ours dans leurs prisons de béton nous avaient été confiées il y a plusieurs années par un lanceur l’alerte et nous les avions transmises aux autorités. Il faut croire qu’à l’époque, les conditions n’étaient pas réunies pour faire éclater le scandale. La DDPP nous demandait de regarder ailleurs. Le parquet classait les plaintes sans suite. Et l’état de santé des ours pouvait lentement se dégrader. (A relire : Ours Micha : en 2016, nous dénoncions déjà l’inaction des pouvoirs publics).

En finir avec les montreurs d’ours, c’est une course de fond… pas un sprint.

Si aujourd’hui tout le monde veut s’approprier les avancées obtenues sur le cas des Poliakov, je vais me permettre un petit rappel.

Il y a deux ans, AVES France a décidé de rejoindre Convergence Animaux Politique. J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer combien cette collaboration a été importante, puisqu’elle nous a donné les clefs pour mettre en place un lobbying efficace pour dénoncer l’exploitation des ours et des loups dans les fêtes médiévales. Longtemps nous avons cru que notre association était « trop petite » pour se lancer dans une telle entreprise, mais les rencontres organisées par CAP, les tête-à-tête avec les députés, ont rapidement permis d’obtenir des questions écrites et même une proposition de projet de loi, mettant une saine pression sur le ministère, pour le pousser à se saisir du sujet.

Il y a 8 ans, nous n’avions pas été invités à participer à la rédaction de l’arrêté du 18 mars 2011. Les dresseurs d’ours en avaient profité pour faire passer des exceptions scandaleuses favorisant leur business au détriment du bien-être de leurs animaux. Notre participation à la mission ministérielle sur le bien-être animal (en 2019) a été l’occasion de dénoncer l’arrêté du 18 mars 2011 et de marteler qu’il fallait en finir avec l’exploitation des ours et des loups pour le divertissement. Avec l’aide de la Fondation Brigitte Bardot, j’ai pu rencontré les responsables de Four Paws et obtenir de leur part une lettre dans laquelle ils se sont engagés à accueillir tous les ours actuellement exploités en France dans des spectacles, dès l’obtention d’une loi interdisant cette activité.

Cet été, la collaboration sur le dossier des montreurs d’ours avec Paris Animaux Zoopolis a permis de faire exploser la médiatisation de ce sujet. De très nombreux médias se sont fait l’écho de nos demandes d’annulation de l’exploitation des ours Lutchak, Valentin, Kilian… La question de l’interdiction des « montreurs d’ours » est devenue une question de société au même titre que celle des animaux sauvages dans les cirques.

Parce que je crois viscéralement au travail collectif, AVES France a rédigé le 24 août 2019 une lettre pour rappeler à Elisabeth Borne qu’il faut en finir avec ces spectacles d’un autre âge. Ce courrier a été co-signé par 21 structures : Animals Asia France, Association Stéphanoise Militants Animalistes Sainté, AVES France, Bears in Mind, CACH, C’est assez !, Chapter Animals, Code Animal, Collectif Animalistes 43, Collectif Chats 100% stérilisation obligatoire, Comité ADDA (Ardèche/Drôme Défense-Animale), Education Ethique Animale, Evolution Condition Animale, Fondation 30 millions d’amis, Fondation Brigitte Bardot, FOUR PAWS, La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences (LFDA), Paris Animaux Zoopolis, Parti animaliste, Radio Parole d’animaux, SPA – Société Protectrice des animaux.

Suite au placement de Micha au zoo-refuge La Tanière, AVES France a proposé un nouveau courrier commun adressé à la Ministre, Elisabeth Borne, le 14 septembre 2019, lui demandant de saisir sans délai tous les animaux détenus par les Poliakov. 2 mois plus tard, suite à la mort de Micha, nous avons une fois de plus réuni nos partenaires afin de publier une Lettre ouverte à Elisabeth Borne, dans laquelle nos organisations demandaient à nouveau la saisie de l’ensemble des animaux du couple de dresseurs Poliakov-Bruneau.

Parallèlement, plus de 2.000 e-mails ont été envoyés au Préfet du Loir-et-Cher par des particuliers pour lui demander d’agir, et notamment en retirant le certificat de capacité des Poliakov.

Vers une Loi Micha ?

Lundi 25 novembre 2019, Elisabeth Borne et le Préfet du Loir-et-Cher ont annoncé que les ours Bony et Glacha vont être placés dans un centre adapté afin d’y recevoir des soins. C’est une avancée majeure, puisqu’il y a encore quelques jours, le Préfet refusait d’envisager une saisie des ours et même de parler de maltraitance. C’est une nouvelle victoire collective !

De nombreux commentaires disent déjà sur les réseaux sociaux que ce n’est pas une saisie. Que les ours pourront être rendus aux Poliakov. Qu’il n’y a pas de quoi se réjouir et que les autres animaux détenus par le couple ne sont pas concernés par ce courrier.

Aujourd’hui, cette petite victoire est le fruit de nombreuses années de travail bénévole, quasi quotidien. Certes, le combat est loin d’être gagné, mais je crois que nous avons le droit de souffler quelques heures et de savourer cette annonce avant de repartir au front. Nous savons que cette décision ne règlera pas tous les problèmes. Nous en sommes conscients. Il fallait une décision urgente pour sortir les ours de chez les dresseurs. Nous l’appelions de nos voeux. C’est chose faite. Demain, nous monterons encore au créneau pour obtenir la libération des autres animaux détenus par le couple Poliakov-Bruneau. Nous déposerons des plaintes, non pour obtenir des dommages et intérêts, mais pour obtenir le retrait définitif du certificat de capacité des Poliakov et qu’ils ne puissent plus jamais exploiter d’animaux. Puis nous retournerons aux fourneaux pour obtenir l’interdiction des spectacles ayant recours à des ours ou des loups sur l’ensemble du territoire, comme nous le demandons depuis des années. Je sais que « c’est trop lent », que « ça ne va pas assez vite ». Mais croyez bien que nous donnons tout ce que nous avons pour obtenir le placement de tous les ours dans des sanctuaires… et un jour de tous les animaux sauvages captifs exploités pour le divertissement.

Quoi qu’il en soit, rappelez-vous que chaque avancée pour les animaux est le fruit du travail acharné d’associations, de bénévoles, d’anonymes, d’avocats, de tout un tas d’acteurs complémentaires. AVES France continuera de travailler avec toutes les structures qui partagent cette philosophie de l’action collective et qui se respectent. ✊

Ours, loups et rapaces : non à l’exploitation d’animaux sauvages lors du « Noël d’Antan » de Molsheim

### Le comité des fêtes annonce renoncer à cette animation pour préserver la sérénité de cette fête. Merci à eux. ###

Que serait Noël sans victimes ?

Dimanche 15 décembre 2019, le Comité des fêtes de Molsheim organise son « Noël d’Antan ».
Dans le Jardin de la Chartreuse, le dresseur Jean-Philippe Roman sera invité à présenter son ours, ses loups et ses rapaces. Les spectacles auront lieu à 14h00, 15h00 et 16h00, comme on peut le lire sur la page facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/829229247495327/

AVES France et Paris Animaux Zoopolis vous invitent à faire part de votre désapprobation au maire de Molsheim et à son comité des fêtes. Vous pouvez leur écrire (courtoisement) par mail en nous envoyant une copie de votre message. Vous pouvez aussi utiliser notre formulaire de cyber-action ci-dessous :

-> Action terminée.

 

© Photo de couverture : capture d’écran du site de l’Office du tourisme de Molsheim http://www.ot-molsheim-mutzig.com/LEI2/1/218006856/1900076/1900009/673/Noël-d-antan.htm

Ours Micha : en 2016, nous dénoncions déjà l’inaction des pouvoirs publics

En 2015 et 2016, AVES France a assisté à plusieurs représentations des Poliakov avec l’ours Micha. Systématiquement, nous prévenions en amont les autorités locales, afin d’organiser des contrôles. Jamais les Poliakov n’ont été contrôlés correctement et nous l’avions dénoncé dans un mail, le 29 août 2016, à Patrick DEHAUMONT, inspecteur général de la santé publique vétérinaire, Loïc ÉVAIN, inspecteur général de la santé publique vétérinaire et DDPP des départements 62, 60, 41, 10 et au Service Départemental ONCFS du Loir et Cher. Personne n’a daigné nous répondre. Pourtant, on voyait déjà à l’époque que les pattes de Micha étaient infectées. Aujourd’hui, Micha est mort. Mort de ne pas avoir reçu de soins adaptés. Mort par l’indifférence de notre administration et de notre système judiciaire, qui ont classé tous les signalements et toutes les plaintes déposées contre le couple de dresseurs Poliakov-Bruneau. Madame la Ministre, Elisabeth Borne, nous ne pouvons plus attendre. Il faut en finir avec cette honte française, interdire l’exploitation des animaux sauvages pour le divertissement et placer ces animaux dans des structures adaptées. 

Le 29 août 2016 à 09:24, AVES FRANCE a écrit :

Patrick DEHAUMONT, inspecteur général de la santé publique vétérinaire
Loïc ÉVAIN, inspecteur général de la santé publique vétérinaire
Copies aux DDPP des départements 62, 60, 41, 10 et au Service Départemental ONCFS du Loir et Cher

Mesdames, messieurs,

L’association AVES France, que je dirige bénévolement, traque les Poliakov, un couple de montreurs d’ours dont le siège social est dans le Loir-et-cher (leur société étant cyniquement dénommée Animal Bien Etre – LES BERUERES – 41270 CHAUVIGNY DU PERCHE).

De manière générale, lorsque nous apprenons qu’un spectacle de montreur d’ours est signalé, nous demandons aux DDPP locales d’effectuer les contrôles habituels. Malheureusement, dans le cas des Poliakov, qui sont très difficiles à localiser, les occasions sont rares et il semble qu’aucun contrôle n’ait jamais été effectué, malgré nos demandes. La DDPP de l’Oise « n’avait pas pu voir les animaux » l’année dernière à Crépy-en-Valois, la DDPP du Pas-de-calais ne s’est pas déplacée le 15 août 2016 à Saint-Tricat, je n’ai pas eu de retour de la DDPP de l’Aube suite au spectacle d’hier, mais je n’ai vu personne sur place et enfin, la DDPP du Loir-et-cher semble considérer que tout va bien chez les Poliakov.

Peut-être considérez-vous qu’une simple vérification au préalable des documents légaux est suffisante, mais ce n’est pas notre avis.
Si notre association est particulièrement active lorsque les Poliakov sont signalés, c’est pour des raisons très précises.

Nous avons reçu le témoignage de deux personnes ayant travaillé chez les Poliakov et qui dénoncent les conditions de captivité des animaux.
– les ours sont enfermés dans des tanières en béton dont ils ne sortent qu’une fois tous les trois jours. Ils ont alors accès, chacun leur tour à un petit parc sans même un endroit pour se baigner.
– les box de leurs chevaux ne seraient jamais nettoyés.
– depuis peu, il y aurait des oursons ? J’ai entendu à deux reprises madame Poliakov s’en vanter. Est-ce vrai ?
– leurs ours ne recevraient que peu de soins, ce qui expliquerait que Micha soit désormais le seul à sortir. Il serait le plus docile et le plus beau physiquement.
– Micha a de l’arthrose à la patte arrière gauche que la DDPP du 41 considèrerait comme ancien et ne remettant pas en cause son aptitude.
– Micha a également une griffe à la patte avant gauche recourbée jusqu’à sa sole plantaire (photo en pièce jointe), qui est à mon avis la raison de sa boiterie. Je pense que cette griffe recourbée l’empêche de marcher normalement. L’ours est obligé de poser délicatement sa patte sur le sol pour éviter que sa griffe ne le blesse. Elle se recourbe alors sous les autres griffes. C’est, je pense, un moyen d’asservissement de l’ours.
– Les Poliakov laissent le public caresser l’ours et prendre des photos avec lui. Je publierai des vidéos dans la journée montrant l’ours se lever alors que des enfants sont à ses côtés. N’y a-t-il pas mise en danger de la vie d’autrui ?

Je vous rappelle que les ours des Poliakov montent sur des ballons en équilibre sur des rails, que parfois, même si ce tour est devenu rare, ils font de la moto !
Je sais que les textes de loi sont toujours suffisamment vagues pour être laissés à la libre interprétation des dépositaires de la loi, mais l’arrêté du 18 mars 2011 dit quand même « Article 34
Au cours du dressage, ne doivent être exigés des animaux que les actions, les performances et les mouvements que leur anatomie et leurs aptitudes naturelles leur permet de réaliser et entrant dans le cadre des possibilités propres à leur espèce. A cet égard, il doit être tenu compte de l’âge, de l’état général, du sexe, de la volonté à agir et du niveau de connaissance de chacun des animaux. »

Nous avons déposé une plainte suite au numéro de Crépy-en-valois, que le procureur n’a toujours pas étudié. Nous envisageons de déposer une nouvelle plainte dans l’Aube. Je vais également rédiger un article et publier les photos et les vidéos du spectacle d’hier, qui, je l’espère, seront reprises par le Nouvel Obs comme l’année dernière. Je tenais à vous en informer. Vous représentez l’autorité et sans vous, nous ne pouvons rien faire. Je suis attristé de voir que vos services n’envoient même pas un vétérinaire pour contrôler l’état de santé de l’ours lors des représentations. Je sais que vous manquez de moyens, je sais que vous devez faire avec une législation qui est ce qu’elle est. Mais est-ce une raison pour fermer les yeux et ne pas se déplacer ?

Hier, l’ours a été transporté dans un van pour un cheval et pas dans la fourgonnette habituelle.
Le van a été laissé en plein soleil avec l’ours à l’intérieur, sans eau. Il est arrivé sur scène bavant.
J’ai du expliquer aux gens dans le public que la loi ne considère pas cela comme de la maltraitance et qu’un ours pourrait rester quatre jours dans ce van sans que personne ne puisse dire quoi que ce soit, puisque l’annexe III-4 dit que « Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n’excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu’à leur retour. » Je vous laisse imaginer la température qu’il faisait dans ce van…

J’espère que nous pourrons trouver un moyen de travailler ensemble pour améliorer les conditions de vie des ours des Poliakov.
Je reste à votre disposition pour tout renseignement.

Cordialement,

Christophe CORET
Président d’AVES France

Lettre ouverte à Elisabeth Borne. Suite à la mort de l’ours Micha, nos organisations demandent la saisie de l’ensemble des animaux du couple de dresseurs Poliakov-Bruneau.

Madame la Ministre,

Dans un courrier daté du 18 septembre 2019, nos organisations ont souhaité vous remercier pour votre réactivité suite aux révélations sur les conditions de détention et d’exhibition des ours du couple de dresseurs Poliakov-Bruneau. Grâce à votre intervention, l’ours Micha a pu bénéficier de soins adaptés. Malheureusement, comme vous le savez, ce sauvetage a été trop tardif et n’a pu empêcher une issue fatale, puisque Micha est décédé le 12 novembre 2019 au zoo-refuge La Tanière. L’examen a révélé de nombreuses tumeurs notamment au niveau du cerveau. Micha devait souffrir depuis longtemps. Trop faible à l’issue des examens, Micha ne s’est pas réveillé de son anesthésie…

L’état sanitaire dramatique dans lequel Micha est arrivé à La Tanière prouve que les Poliakov ne sont plus aptes à détenir des animaux. Ce triste évènement illustre les défaillances du système, puisqu’un vétérinaire a produit un rapport 48h avant la présentation de Micha à Racquinghem le dimanche 8 septembre 2019, considérant que l’ours — pourtant malade et épuisé — était apte à être présenté en public.

Suite à la mort de Micha, nous réitérons notre demande de retrait à titre conservatoire du certificat de capacité du couple Poliakov/Bruneau, comme le prévoit la circulaire DNP/CFF N°2008-2 du 11/04/08, ainsi que le placement en urgence de tous leurs animaux dans des structures adaptées. L’article 6.2 consacré aux « Sanctions – Retrait du certificat de capacité » précise que »le certificat de capacité d’une personne responsable de l’entretien des animaux d’espèces non domestiques peut être suspendu ou retiré, en application de l’article R. 413-7, si son titulaire a fait preuve de carences dans l’entretien des animaux d’espèces non domestiques démontrant son inaptitude et jugées suffisamment importantes pour qu’il convienne dans un souci de prévention, de lui retirer l’autorisation lui permettant d’assurer la responsabilité de l’entretien des animaux au sein de l’établissement où il exerce ou dans un autre. La procédure de suspension ou de retrait est conduite par le préfet du département dans lequel les carences du titulaire du certificat de capacité ont été constatées. Il convient de noter que le préfet qui retire ou suspend le certificat de capacité n’est pas nécessairement celui qui l’a délivré. »

Madame la Ministre, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur toutes les négligences de ces dresseurs et laisser mourir les autres animaux dans leurs cachots ! Leur situation administrative et financière démontre leur incapacité à prendre soin de leurs pensionnaires et font courir des risques à l’ensemble des animaux qu’ils détiennent. Nous vous prions de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour obtenir la saisie rapide et définitive des deux ours, du singe magot et des autres animaux, afin de les placer dans des refuges adaptés.

Nous espérons que la mort de Micha vous permettra de comprendre l’urgence de la situation pour les ours encore exhibés dans notre pays et plus largement pour les animaux sauvages exploités dans des spectacles, afin que vous puissiez prendre des mesures proportionnées aux souffrances qu’ils endurent. Alors que les vétérinaires tentaient hier de sauver l’ours Micha, deux de nos organisations remettaient à Aurore Bergé et Laetitia Romeiro Dias l’appel de 168.082 personnes qui demandent aux pouvoirs publics d’agir pour sauver les ours les plus malheureux de France. Nos concitoyens sont donc très nombreux à attendre une décision forte de votre part.

Nous vous remercions pour votre attention et vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Animals Asia France
Animal Cross
AVES France
Bears in mind
C’est assez !
Chapter Animals
Code animal
Comité ADDA (Ardèche/Drôme Défense-Animale)
Convergence Animaux Politique
Éducation Éthique Animale
Ensemble pour les Animaux
Évolution Condition Animale
Fondation 30 millions d’amis
Fondation Brigitte Bardot
FOUR PAWS International
Info Végane
La Ligue des Animaux
La SPA – Societe Protectrice des animaux
Paris Animaux Zoopolis

Photo de couverture : Stéphanie Lefebvre pour AVES France. Montage RAO.

-> Interpelez le préfet du Loir-et-Cher pour demander le retrait du certificat de capacité des dresseurs et la saisie à titre conservatoire de l’ensemble de leurs animaux : https://www.aves.asso.fr/2019/11/cyber-action-liberons-les-animaux-des-poliakov-ours-bony-et-glasha-singe-mina-perroquets/

Cyber-action : Libérons les animaux des Poliakov (ours Bony et Glasha, singe Mina, perroquets…)

EDIT : L’ours Micha est mort le 12/11/2019. Le texte de la  cyber-action a été mis à jour. 915 mails ont été envoyés au Préfet à ce jour. Continuons de demander au Préfet du Loir-et-Cher le retrait du certificat de capacité des Poliakov et le placement de Bony et Glasha, mais aussi des autres animaux dans des structures adaptées.

Cyber-action après le texte
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En septembre 2019, suite aux actions des associations, l’ours Micha a été placé au zoo-refuge La Tanière pour y recevoir des soins. S’il n’avait pas reçu un traitement adapté, l’ours Micha aurait pu mourir d’une infection généralisée. Pourtant, AVES France, comme d’autres associations, dénoncent les conditions de vie des animaux des Poliakov depuis de nombreuses années, sans la moindre réaction des autorités. C’est sous la pression des associations et des médias que Micha a échappé à la mort.

Dès le 18 septembre 2019, à notre initiative, 21 organisations de protection animale ont adressé un courrier à la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, pour dénoncer l’incapacité des Poliakov à prendre soin de leurs animaux et demander le placement en urgence de tous leurs pensionnaires dans des refuges adaptés. Nous n’avons JAMAIS reçu de réponse à ce courrier.

Le député Loïc Dombreval a dénoncé cette situation dans un tweet : « La situation de l’ours Mischa démontre l’inefficacité totale des contrôles règlementaires alors qu’il reste de nbx autres animaux en captivité dans des états de santé déplorables » et a envoyé un courrier au Préfet du Loir-et-Cher pour demander le placement des ours Bony et Glasha.

Le zoo-refuge La Tanière, qui a pris en charge l’ours Micha, a également publié une lettre-ouverte au Préfet du Loir-et-Cher pour dénoncer cette situation :

La réponse du Préfet du Loir-et-Cher au député Loïc Dombreval n’est pas satisfaisante :


Ensemble, libérons les animaux des Poliakov !

Trop, c’est trop !
2 mois après le sauvetage de l’ours Micha, nous ne pouvons plus tolérer que ses geôliers puissent encore détenir des animaux.
AVES France lance donc une cyber-action à destination du Préfet du Loir-et-Cher afin de demander la saisie de l’ensemble des animaux des Poliakov, leur placement dans des structures adaptées, mais également le retrait de leur certificat de capacité. Vous pouvez participer à cette action en utilisant notre lettre-type ci-dessous. Il suffit de choisir une réponse-type par paragraphe. Vous pouvez également, si vous le préférez, envoyer un message courtois et personnalisé au préfet à l’adresse suivante : pref-courrier[at]loir-et-cher.gouv.fr. N’oubliez pas de nous mettre en copie : actions[at]aves.asso.fr.


 

Optionnel. Vous pouvez préciser ici si vous faites parti d'une association. Par exemple : "Sympathisant AVES France"...
(choisissez une option)

 

© Photo d’illustration : Stéphanie Lefebvre pour AVES France

Cirque Seneca – Force animale : compte-rendu d’un interminable spectacle…

On ne va pas se mentir : on ne fait pas parti des gens qui sautent de joie quand on nous annonce une sortie dans un cirque avec animaux. D’ailleurs, si AVES France connaît bien le sujet des spectacles de montreurs d’ours, nous avons volontairement laissé celui des cirques exploitant des animaux à des associations qui gèrent très bien ce dossier, et notamment nos amis de Paris Animaux Zoopolis. Pourtant, quand j’ai vu les affiches du cirque Ethan et Shanly Seneca qui venait de s’établir pour quatre jours à Bihorel, juste au-dessus de Rouen, je me suis demandé si je n’avais pas rêvé. Quelques mètres plus loin, d’autres affiches (posées bien entendu illégalement, comme c’est toujours le cas à Bihorel, dont le maire semble méconnaître le code de l’environnement) me confirment que je n’ai pas la berlue… il s’agit bien d’une hyène. Je passe mon chemin en me disant : « encore un cirque qui arnaque son public en mettant sur ses affiches des animaux totalement improbables. »

Le lendemain, cette histoire de hyène dans un cirque me turlupine… un rapide coup d’oeil sur les réseaux sociaux et je découvre que ce cirque possède bien une hyène. Interloqué, je demande à Paris Animaux Zoopolis s’ils ont besoin d’images récentes de ce cirque et s’ils souhaitent que j’aille voir comment y sont traités les animaux. C’est acté ; j’assisterai à la prochaine représentation… N’étant pas spécialiste des cirques, ce compte-rendu n’est qu’un résumé de mon « expérience client » suite à cette représentation… interminable !

De très nombreux animaux pour un « Spectacle Pédagogique pour la protection & la conservation des ANIMAUX SAUVAGES »

Au centre de l’affiche, la mention « Spectacle Pédagogique pour la protection & la conservation des ANIMAUX SAUVAGES » est entourée, avec pour sous-titre « Au Cirque tous nos ANIMAUX sont nées en CAPTIVITES« . D’abord je souris en me disant : « comment peut-on parler de spectacle pédagogique quand il y a deux fautes d’orthographe dans un texte aussi court ? » Bon… passons… même si le dresseur affirmera plus tard lors de la prestation qu’il faut un BAC +5 pour devenir capacitaire, il n’a pas dit qu’il fallait être agrégé de littérature.

J’arrive une heure avant le début du show. Les animaux sont dehors, sur le parking, et les employés s’activent pour ramasser les excréments et déboucher le caniveau. Les camélidés, chevaux, poneys et autres herbivores sont installés dans le vaste parc de la ville, sous des arbres et sur de l’herbe fraîchement lubrizolées (rapport à l’incendie de l’usine Lubrizol du 26 septembre 2019). Les fauves ne sont pas accessibles au public. Les trois lions, deux lionnes et la hyène patientent dans le camion qui sert à les transporter.

De nombreux parents ont emmené leurs enfants pour voir les animaux exotiques sur lequel le cirque mise pour faire venir le public.

Devant la billetterie, les premiers clients attendent avec des prospectus à la main, leur garantissant une place enfant gratuite pour deux places adultes achetées.

Prise du billet et premier tour de passe-passe !

15h45 : 15 minutes avant l’heure du spectacle, la billetterie ouvre.
Une affiche indique que la machine à carte bleue est en panne et qu’il faut régler en espèces ou par chèque.
Contre mes euros, je reçois deux places pour le « Cirque de Montréal »… Tiens, bizarre… ce n’est pas la bonne enseigne ! Pour rentrer sous le chapiteau, on me confisque mes billets. Voilà qui pourrait expliquer pourquoi au ministère de la transition écologique et solidaire, on déplore que « même Bercy n’ait pas de données fiables sur les cirques ». Pas de billet, pas de reçu, de l’argent liquide… je me demande naïvement si le prix de mes places sera déclaré au fisc.

Petit à petit, le public prend place sous un chapiteau à la toile si usée qu’elle est déchirée un peu partout. Un enfant grimpe sur un banc qui cède sous son poids. Sur la piste, tout est prêt pour accueillir les fauves.

16h20 : Avec 20 minutes de retard, le spectacle commence.
Teddy Seneca entre dans la cage circulaire, se signe, avant d’être rejoint par ses trois lions et ses deux lionnes. Après quelques minutes de spectacle, je remarque un lion, gueule grande ouverte. Il semble avoir du mal à respirer. Je le filme en hyper-ventilation 4 minutes seulement après le début du show et il ne réussira pas à reprendre son souffle jusqu’à la fin de sa prestation (16h38). Est-il malade ?

16h56 : Il a fallu 20 minutes pour démonter la cage circulaire suite au numéro de domptage des lions, 20 longues minutes pendant lesquelles le très jeune fils du dresseur, déguisé en clown, souffle dans un sifflet et demande au public d’applaudir. La hyène n’a pas été présentée et ne le sera pas. Est-elle malade ? N’est-elle qu’un appât pour attirer un public intrigué par la présence de cet animal particulièrement rare sous les chapiteaux ? Nous ne le saurons pas. La seule allusion à la hyène qui est faite durant le spectacle vient du dresseur qui explique avoir essuyé un refus lorsqu’il a voulu importer un mâle pour sa hyène femelle. Ouf ! Mais alors… que fait cet animal dans ce cirque ? L’arrêté du 18 mars 2011 précise pourtant dans son article 9 :

I. – Seuls des animaux d’espèces non domestiques participant aux spectacles peuvent être détenus dans les établissements visés par le présent arrêté.
III. – Les animaux ne peuvent pas participer aux spectacles si :
― leur état de santé ne le permet pas ;
― le type de participation est susceptible de nuire à leur état de santé ;
― la sécurité du public et du personnel ne peut être assurée, en raison notamment de leur comportement ou de l’insuffisance de leur maîtrise.
IV. – Les animaux malades doivent être soustraits de toute présentation au public même en dehors des spectacles.

S’ensuivent 4 minutes de jonglage par Teddy Seneca, puis un numéro de dressage d’animaux de la ferme par sa jeune fille de 8 ans, déguisée en princesse.

17h15 : c’est l’entracte. Le public est invité à acheter des bâtons lumineux ou des popcorns pour financer les soins et la nourriture de tous les animaux. La fille du dompteur refait son apparition sur un poney. Contre 2€, les enfants peuvent grimper sur le poney. Le chapiteau se vide de moitié alors qu’une dizaine d’enfants fait la queue pour monter sur ce pauvre animal.

17h40 : un artiste local propose un numéro de diabolo, puis quelques figures avec des chaînes enflammées.

17h43 : Teddy Seneca refait son apparition avec des poneys, qui courent autour de la piste. Puis c’est le tour des chevaux…

17h56 : les camélidés font leur entrée. Le fouet claque « dans l’air » et les camélidés marchent, valsent, trottent, s’agenouillent… Après avoir fait défiler tous ses animaux séparément, en perdant son public dans un long et fastidieux discours où il se pose en victime tout en dénonçant les associations comme 30 millions d’amis, Teddy Seneca réalise un sketch avec son fils. Sa fille fait une démonstration de hula hoop.

18h30 : Le spectacle touche enfin à sa fin. Une dernière fois, on nous explique que sans les animaux, il n’y a pas de cirque. Les animaux font une dernière apparition, réunis sur la piste et présentés comme l’Arche de Noé de la famille Seneca. Le public se lève avant même la fin du numéro. Une bande son rappelle que par respect pour les artistes, il leur est demandé de ne pas quitter le chapiteau avant la fin du spectacle. La bande son enchaîne sur un discours sur la beauté du cirque, sa magie,  ses paillettes. Un monde féérique bien éloigné de ce chapiteau qui tombe en ruine et du spectacle auquel je viens d’assister. Pas de magie, pas de paillettes, pas même d’éclairages pour mettre en valeur des numéros vus et revus et mal maîtrisés. Je sors du chapiteau en me disant que ce cirque ne survivra pas lorsqu’enfin la France interdira l’exploitation des animaux pour le divertissement. Seuls les cirques proposant des numéros originaux et de qualité continueront d’attirer du public.

Si on retire les exhibitions d’animaux du « spectacle » et les prestations des enfants du circassien, il ne reste sur 2 heures de représentation qu’un numéro de jonglage et une performance de diabolo… pas de quoi attirer les foules. Ce constat est triste car les circassiens savent que l’interdiction des animaux dans les cirques est inéluctable et imminente, mais ils refusent de voir la réalité en face. J’ajouterais que j’ai trouvé particulièrement pathétique que Teddy Seneca s’annonce lui-même en parlant de lui à la troisième personne avant d’entrer sur scène.

Après la publication de la vidéo des lions sur la chaîne Youtube de Paris Animaux Zoopolis, où nous nous interrogeons sur l’état de santé de cet animal, Teddy Seneca nous a menacé de poursuites. En attendant, la hyène attend son repas… avec pour seul horizon… des barreaux.

LE CIRQUE OUI, MAIS SANS ANIMAUX !

Montreurs d’ours : Manifestation lundi 14 octobre 2019 à 13h à Paris

Ils s’appellent Bony, Glasha, Kilian, Lucien, Lutchak, Micha, Shadow et Valentin. Ils sont les derniers ours exploités en France par une profession moribonde, celle des montreurs d’ours. Incroyable de se dire qu’en 2019, les montreurs d’ours existent encore dans un pays dit civilisé. Et pourtant, leur activité est légale et ces dresseurs indépendants se produisent chaque année dans des dizaines de fêtes médiévales ou lors des fêtes de fin d’année. Leurs « spectacles itinérants » sont même favorisés par l’arrêté du 18 mars 2011, qui leur permet de maintenir leurs ours jusqu’à quatre jours dans le véhicule utilisé pour le transport. Depuis 2005, AVES France se bat pour obtenir l’interdiction de ces représentations anachroniques et pour que les ours soient libérés, mais pas dans la nature ! Nous espérons pouvoir leur offrir à tous une seconde vie dans un sanctuaire adapté où ils pourront couler des jours heureux.

Une manifestation pour les ours captifs exploités pour le divertissement

Lundi 14 octobre 2019 à 13h, AVES France et Paris Animaux Zoopolis organisent une manifestation Fontaine Saint Michel à Paris pour demander à Elisabeth Borne, Ministre de la transition écologique et solidaire, l’interdiction à très court terme de cette pratique moyenâgeuse, ainsi que la saisie en urgence de tous les animaux des Poliakov, dont les négligences ont bien failli coûter la vie à l’ours Micha (relire le communiqué du 14 septembre 2019 : Nos associations demandent le transfert en urgence des 3 ours des Poliakov dans un sanctuaire).

Inscription à la manifestation : https://www.facebook.com/events/1186297188197176/

 

Les montreurs d’ours en France, qui sont-ils ?

    • Frédéric Chesneau, compagnie Atchaka (Bougy-lez-Neuville, 45). Il possède un ours noir d’Amérique (Valentin, né en 2009 dans un zoo Texan) et un ours brun (Lucien, né en 2009 dans un cirque espagnol). 
    • Sylvie Pujol, association Aïtawak (Héric, 44). Elle possède 5 loups arctiques et un ours noir d’Amérique (Kilian, 18 ans, née au zoo de Saint Petersbourg). 
    • Les Poliakov (Chauvigny-du-Perche, 41). Ils possèdent trois ours bruns. Bony, un grizzly mâle. Glasha, une ourse brune de souche syrienne. Micha, un ours brun de souche européenne. 
    • Benoît Motton, compagnie Arkann (Montreuil-sur-Barse, 10). Il possède un ours noir (Lutchak). 
    • Jean-Philippe Roman (parc animalier de Pradinas, 12). Il possède un ours brun (Shadow, né en 2005).

Les mêmes tours reproduits à chaque représentation contre quelques friandises.

Les montreurs d’ours ont sensiblement tous le même discours :

  • ils entretiennent une relation particulière avec leurs ours
  • ils ne les forcent jamais à travailler
  • l’ours serait mort sans leur intervention
  • l’ours est heureux ; il ne travaille pas, il joue
  • un ours n’a pas besoin d’espace s’il est nourri

Le jeudi 15 août 2019, des membres d’AVES France se sont rendus à Watten, dans le Nord de la France.
Nous y avons filmé le numéro de la compagnie Aïtawak. La dresseuse a expliqué à son public qu’elle avait récupéré son ourse Kilian au zoo de Saint Petersbourg. La maman ne s’occupait pas des oursons et, bien sûr, ils seraient morts s’ils n’avaient pas été recueillis. Ce préalable suffit au public pour se dire que Kilian, exploitée depuis 18 ans, a eu de la chance. Kilian fait du toboggan, marche sur des barres parallèles, saute à travers un cerceau et se roule par terre. « Que des choses qu’un ours ferait dans la nature » assure la dresseuse alors qu’elle vient de faire un « Give me five » avec sa meilleure amie l’ourse. Il convient juste de préciser que Kilian ne répond aux ordres que contre de la nourriture (des fruits ou des friandises). C’est le cas également des autres ours, et notamment de l’ours Valentin, qui ne répète les mouvements inculqués par son dresseur qu’en échange de guimauves. Le but des dresseurs est de convaincre le public que leur animal est heureux d’être exhibé, mais aussi qu’ils sont les témoins privilégiés de la représentation de leur animal-star. Pourtant, ces « spectacles » sont les mêmes d’une ville à l’autre (parfois au mot près). Ne vous y trompez pas : l’ours travaille et ne fait que reproduire ce qu’on lui a appris.

« Le transport et la promiscuité, c’est pas un problème ! »

Toujours le jeudi 15 août 2019 à Watten, voici une vidéo de l’ourse Kilian alors que sa dresseuse souhaitait lui faire rejoindre le véhicule qui sert à la transporter. Dans la remorque, 4 loups attendent déjà. Quand nous expliquons que le transport est un facteur de stress pour les animaux sauvages et que les ours n’ont pas à subir ces longs transports (parfois plus d’un millier de kilomètres sur un week-end), certains dresseurs nous répondent que leurs ours dorment durant le trajet, qu’ils se reposent, qu’ils sont comme dans une tanière… Pourtant, l’ourse Kilian ne semble pas décidée à se laisser enfermer pour plusieurs heures…

 

Pour les loups aussi, la proximité du public est une source de stress

Lors de la fête médiévale de Watten, la compagnie Aïtawak présentait également une meute de loups.

Les loups ont montré à plusieurs reprises des signes d’anxiété. La proximité du public, d’une foule bruyante et en mouvement, a même dérangé la dresseuse qui s’est agacée de ne pas pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ces « spectacles » ayant lieu dans des endroits publics et en extérieur, il paraît pourtant évident que les spectateurs (adultes comme enfants) ne peuvent pas être attentifs comme dans une salle de spectacle. Les loups étaient plus réceptifs lors de la représentation matinale que lors de la seconde présentation. « Ils ne veulent pas travailler, ils ont eu trop de viande ce matin » a-t-on pu entendre…

 

Non, ces spectacles ne sont pas pédagogiques !

« Je suis là pour vous présenter mes animaux »…
Soyons sérieux ! Qui va dans une fête médiévale pour prendre un cours sur les ours ou sur les loups ?
Evidemment personne. Et ça tombe bien car le discours des dresseurs n’a rien de pédagogique. On ne peut évidemment pas justifier l’exploitation d’un ours par une phrase ou deux sur son espèce. D’ailleurs, même les Poliakov (qui font monter leur ours Micha sur un ballon) qualifient leur numéro de pédagogique, car ils débutent leur show par un quizz avec quelques questions sur les ours. Non, on ne le répètera jamais assez : on ne peut pas faire de pédagogie en montrant à des enfants un animal sauvage dressé pour effectuer des tours en échange de quelques friandises.

Quel avenir pour les ours des montreurs d’ours français ?

AVES France milite depuis de longues années pour obtenir l’interdiction de ces spectacles. Notre pétition a d’ailleurs récemment dépassé les 125.000 signatures ! En mai, avec l’aide du collectif CAP (convergence animaux politique), un groupe de députés LR, menés par Bérengère Poletti, a déposé une proposition de loi visant à interdire les spectacles itinérants ou fixes ayant recours à des ours ou des loups. Notre association, aux côtés de Paris Animaux Zoopolis, la SPA, la Fondation Droit Animal Ethique & Sciences, la Fondation Brigitte Bardot, la Fondation 30 millions d’amis, CACH, Code animal, CAP, One Voice et la Fondation Assistance aux Animaux, a participé à la mission ministérielle sur le bien-être animal, à l’issue de laquelle nos structures ont remis au ministère de la transition écologique et solidaire un rapport de synthèse commun dans lequel nous demandons l’interdiction immédiate de la détention d’ours et de loups par les « montreurs ».

Cette proposition ne s’est pas faire à la légère, puisqu’une interdiction de détention impliquerait que nous prenions en charge Bony, Glasha, Kilian, Lucien, Lutchak, Micha, Shadow et Valentin dans des sanctuaires adaptés. Four Paws, ONG qui gère des refuges pour les ours en Europe et dans le monde, nous a assuré que lorsque l’Etat français interdira les spectacles de montreurs d’ours et nous permettra de saisir les animaux, alors ils pourront leur offrir une nouvelle vie dans un de leurs sanctuaires. Le ministère n’a plus de craintes à avoir sur l’avenir de ces ours et il semble donc que tous les indicateurs soient au vert pour qu’enfin nous puissions obtenir la fin de ces spectacles d’un autre âge.

La France rejoindrait alors les pays ayant mis un terme à ces pratiques héritées du moyen-âge, comme notre plus proche voisin (la Belgique), mais aussi la Roumanie où pourtant l’activité était traditionnelle et permettait aux familles roms de vivre de l’exploitation de leurs ours ou l’Inde.

 

Deux exemples de sanctuaires pour les ours

Lors de mon expatriation en Roumanie, j’ai eu la chance de pouvoir visiter le sanctuaire pour les ours de Zarnesti.

C’est le plus grand d’Europe, avec une superficie de 69 hectares de forêts et déjà 116 ours sauvés de la misère et d’une vie de souffrances.

Un autre exemple, plus proche de chez nous, est le sanctuaire pour les ours de Mueritz, en Allemagne (BÄRENWALD Müritz gGmbH). Il accueille actuellement 17 ours.

Comme dans de nombreux sanctuaires, les ours, même s’ils ont toujours été captifs, retrouvent leur instinct sauvage. Ainsi, il n’est pas rare de voir des ours brisés et imprégnés par l’homme se remettre à creuser une tanière et à hiverner. C’est cette vie que nous souhaitons offrir aux ours actuellement exploités en France par les montreurs d’ours. Sortons enfin les ours de leur calvaire et la France du moyen-âge.

Photothèque AVES France : 
Réserve de Zarnesti en Roumanie.

Photothèque AVES France : 
Montreurs d’ours.

Non à l’exploitation de l’ours Valentin à la fête des sorcières de Chalindrey les 26 et 27 octobre 2019

Samedi 26 et dimanche 27 octobre 2019, la Communauté de Communes de Savoir-Faire de Chalindrey a choisi d’inviter le montreur d’ours Frédéric Chesneau qui se produira avec son Ours Valentin à la 23ème édition de la Fête des sorcières. L’ours devra parcourir 600 Km (A/R) dans sa remorque climatisée pour assurer quelques représentations pour le plaisir égoïste de quelques spectateurs.

Quel lien entre les sorcières et l’exploitation de l’ours Valentin ? Aucun ! Chalindrey entre dans la liste de la honte, la liste noire des villes qui en 2019 continuent d’encourager et de financer l’exploitation des animaux sauvages captifs pour le divertissement.

AVES France et Paris Animaux Zoopolis demandent aux responsables de la Communauté de Communes de Savoir-Faire de Chalindrey d’annuler ce spectacle d’ours. Signez la pétition ici : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/exploitation-valentin-fete-sorcieres-chalindrey-26/73996

 

Une interdiction prochaine de ces spectacles moyenâgeux ?

Dans les semaines à venir, Elisabeth Borne annoncera les mesures issues des travaux de la mission ministérielle sur le bien-être animal à laquelle nous avons participé aux côtés d’autres associations (Paris Animaux Zoopolis, Fondation Brigitte Bardot, SPA…). Toutes nos organisations dénoncent l’exploitation des ours pour le divertissement et demandent l’interdiction de ces pratiques héritées du moyen-âge.

Pour en savoir plus, lisez l’article :Liberté pour les ours : demain, une France sans montreur d’ours ?