Le lobbying au service de la cause animale : AVES France rejoint CAP !

La cause animale s’est imposée ces dernières années comme un sujet de société important.

Les associations ont fait un travail remarquable quant à la couverture médiatique de cette problématique et la sensibilisation du public.

Cependant, l’on peine à voir des résultats politiques concrets à même d’améliorer le quotidien de centaines de millions d’animaux utilisés chaque année en France pour leur chair, leur fourrure, leur compagnie, dans l’expérimentation, les loisirs ou dans divers spectacles et autres zoos. Evolutions qui feraient réellement entrer ces débats dans la sphère politique et faciliteraient l’application du Droit existant et des avancées législatives plus conséquentes à long terme.

Une action politique au service des associations de protection animale ! 

L’objet de CAP est de faire le lien entre le monde politique et les associations de défense des animaux. Grâce à la constitution d’un réseau de parlementaires et d’un travail d’influence, CAP amène les politiques à agir en se basant sur le travail d’expertise des associations.

L’objectif est de rencontrer 150 parlementaires d’ici à juin 2018. L’opinion publique doit être enfin entendue et des avancées significatives en faveur des animaux inscrites dans la loi !

Pour soutenir CAP ou en savoir plus  : http://convergence-animaux-politique.fr

Journée mondiale pour sauver les ours – 21 février 2017

Collecte de dons pour les dix ans de la Journée mondiale pour sauver les ours.

Le 21 février 2017 aura lieu la dixième édition de l’International Save Bears Day.
Pour les dix ans de cette initiative née aux Etats-Unis, mais qui n’avait jamais été relayée dans l’hexagone, l’association AVES France a décidé de participer à la démocratisation de cette journée dans l’hexagone. Rebaptisée pour le public français « Journée mondiale pour sauver les ours », elle sera l’occasion de parler de l’ours et des problématiques autour des huit espèces d’ursidés dans le monde. Durant cette journée et le week-end qui la précèdera, nous informerons le public et tenterons de collecter des dons. Nous lançons une collecte sur HelloAsso afin d’acheter du matériel pour l’organisation de cette journée mondiale, matériel qui sera utilisé tous les ans ! C’est donc un investissement à long terme. Tout l’argent supplémentaire collecté ici permettra d’apporter une aide financière aux huit espèces d’ours. Nous mettons le but à atteindre à 1500€, mais nous espérons collecter bien plus. Un seul mot d’ordre : faisons exploser cette collecte !

 

Le site de la Journée mondiale pour sauver les ours est enfin en ligne : www.journeemondialepoursauverlesours.fr

Qui peut donner ?
AVES France est une association de protection de la nature loi 1901, qui a reçu l’autorisation des services fiscaux pour délivrer des reçus fiscaux. Notre gestion bénévole et désintéressée fait que chaque euro donné est attribué à des projets pour les animaux ou la nature. Nous sommes également membres de 1% pour la planète.
Particuliers et entreprises peuvent contribuer à cette collecte, pour faire de cette dixième édition un succès.
Vous pouvez donner le montant que vous souhaitez, selon vos moyens. Chaque euro est important. Bien sûr, les entreprises utilisant l’image de l’ours sont particulièrement invitées à soutenir cette collecte. -> Faire un don.

A quoi servira l’argent collecté ?
Dans un premier temps à acheter du matériel pour l’organisation de cette journée mondiale pour les ours. Nous souhaitons organiser un PhotoCall à Paris, un stand de sensibilisation et des ateliers pour collecter des dons. Pour cela, nous avons besoin :

  • d’une bâche imprimée avec une carte du monde représentant les aires de répartition des ours et d’un support : 300€
  • d’un ours malais en résine grandeur nature : moins de 300€
  • de plusieurs silhouettes d’ours (grandeur nature, imprimées sur carton résistant à partir de photos). Le prix sera plus abordable que si nous achetons des ours en résine XXL.
  • de livrets explicatifs sur l’ours, de matériel à diffuser (autocollants, marque pages, ballons…)

AVES France travaille avec plusieurs associations et fondations, en France et à l’international.
Cette collecte va également nous permettre de soutenir plusieurs projets :

  • Ours polaire : via le fond pour la conservation des ours de l’IBA (International Association for Bear Research and Management)
  • Ours brun : projets pour favoriser la cohabitation avec l’ours brun en France et lutte contre les montreurs d’ours (Association AVES France)
  • Ours noir : The Wildlife Research Institute
  • Ours à lunettes : Andean Bear Foundation (Equateur)
  • Ours à collier : Animals Asia, lutte contre les fermes à ours en Asie
  • Ours lippu : Wildlife SOS India
  • Ours malais : Aider les ours, Patrick Rouxel
  • Panda géant : via le fond pour la conservation des ours de l’IBA (International Association for Bear Research and Management)

-> Faire un don.

Propulsé par HelloAsso

L’ours Bruno tire sa révérence.

Vous aviez été nombreux à vous émouvoir pour l’histoire de l’ours Bruno. C’était en 2015 et l’association LEAL nous avait appelé à l’aide pour lui offrir une retraite paisible. Grâce à vos dons, AVES France a pu envoyer plusieurs dons à LEAL afin d’améliorer le quotidien de ce vieil ours, qui avait passé sa vie en captivité.

Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’émotion que nous venons d’apprendre que l’équipe de vétérinaires a décidé d’aider Bruno à s’endormir. Son état s’est détérioré rapidement et une blessure à la patte l’empêchait de sortir de sa tanière.

Ce matin à 9 heures, l’ours s’est endormi pour sa dernière hibernation. Nous savions tous que sa mort pouvait arriver rapidement, mais la douleur n’est pas moins forte. Merci. Merci à tous ceux qui ont contribué à lui offrir une fin de vie paisible. Merci aux donateurs, mais aussi aux équipes de LEAL en Italie.

Collecte pour les ours malais – Faites vos dons !

Comme vous le savez, Patrick Rouxel oeuvre depuis plusieurs mois en Indonésie pour offrir des conditions de vie décentes à plusieurs dizaines d’ours malais captifs. La situation sur le terrain est dramatique. Vous êtes nombreux à avoir suivi les aventures des trois premiers ours sauvés par son association et la construction d’un premier enclos forestier. Ce n’était qu’une première étape. -> Faire un don pour les ours malais.

Désormais, Patrick Rouxel et son association Aider les ours ont besoin de vous pour sauver plusieurs dizaines d’ours.

Durant les 6 mois passés à BOS Samboja Lestari, Patrick a construit de nouvelles cages et rénové les plus anciennes, améliorant ainsi la vie de vingt ours malais. Il n’y a plus un seul ours à Samboja enfermé dans les anciennes prisons métalliques de 1,25 m2. Ils sont maintenant dans des cages de 4 à 25 m2, avec des plateformes en bois et des hamacs. Les trois derniers ours à être transférés dans de nouvelles cages sont Dawai, Kecil et Apang. Cette amélioration de leurs conditions de détention est bien sûr insuffisante. L’objectif est que tous les ours de Samboja puissent avoir accès à des enclos forestiers.

Dawai-before-01

Le prochain projet de Aider les Ours, en collaboration avec BOS, sera de finir la construction d’un enclos de 4,14 hectares à côté de là où les ours se trouvent actuellement. Il y a cinq ans, ce terrain fut délimité pour la construction d’un grand enclos pour les ours, mais le projet fut abandonné. Le budget nécessaire pour réparer/refaire la clôture existante, pour y ajouter une clôture électrique, pour construire 3 nouvelles et pour faire un enclos d’apprentissage (où les ours se familiarisent avec la clôture électrique) est d’environ 62 000 €. Aider les Ours et BOS espèrent pouvoir récolter les fonds pendant l’été pour que Patrick puisse retourner à Samboja en Septembre afin de superviser la réalisation de ce projet.

AVES France vous encourage donc à faire des dons pour ce projet.
Pour vous encourager à soutenir ce projet, vos dons seront récompensés par de petits cadeaux.
Ainsi, selon le montant de vos donations (qui ouvrent toutes droit à une déduction fiscale), vous pourrez recevoir un marque-page, une brochure ou des bracelets Bearz Ours malais.
Nous comptons sur vous pour partager cette collecte, afin de pouvoir réunir une partie de cette somme dans les plus brefs délais. Les ours malais comptent sur vous. -> Faire un don pour les ours malais.

Juillet 2016 : quelques nouvelles de l’ours Bruno (Italie)

Vous êtes nombreux à attendre des nouvelles de Bruno. LEAL vient de nous en fournir.

Bruno voit très mal : il est atteint par la cataracte, qui est une maladie de l’oeil qui provoque une opacification progressive du cristallin, jusqu’à la cécité.  C’est une affection normale pour son âge. Par contre, un ophtalmologue doit-être consulté pour être sûr qu’il n’y a pas de glaucome.
Bruno a des problèmes dentaires, mais qui ne semblent pas le faire souffrir.
Un vétérinaire doit examiner sa jambe car il a du mal à marcher, mais cela pourrait-être dû à son arthrose.
Il  a également de l’arthrite cervicale, raison pour laquelle il regarde souvent en l’air et incline sa tête sur le côté.
Les bénévoles de LEAL ont demandé de nouveaux aménagements de sa tanière.
Bruno a pris l’habitude de manger la nourriture qu’on lui distribue le matin, puis de se promener l’après-midi. Il cherche dans les buissons et dans les différents enrichissements de son enclos les friandises qui y sont cachées. En ce moment, puisqu’il fait chaud, Bruno se baigne  plusieurs fois par jour.
Pour continuer à aider Bruno, nous vous invitons à envoyer vos dons via notre formulaire de collecte, en précisant dans la case “Commentaire” que le don doit-être attribué à “ours Bruno – Italie”. https://www.helloasso.com/don/associations/aves-france

Menace sur la Guyane ! le billet de Fabrice Nicolino

Appel à Nicolas Hulot, Allain Bougrain-Dubourg, Pierre Rabhi et tous autres

Je souhaite être solennel. Vous lirez ci-dessous un article que j’ai publié dans Charlie-Hebdo voici quelques semaines. Il n’a rien banal, car il touche aux profondeurs de notre destin commun. Même s’il  s’agit de criminels ordinaires, ordinaires dans notre monde criminel. Un groupe minier russe, qui travaille en Afrique dans des conditions scandaleuses, veut s’en prendre au joyau écologique qu’est la forêt tropicale de la Guyane dite française.

On ne peut laisser faire. À aucun prix. Nous sommes en face d’une modeste mais réelle responsabilité historique. Car la France détient sur le continent américain une fraction de la richesse biologique mondiale. Une mine d’or industrielle là-bas serait le signal que tout, désormais, est possible. Si un pays comme le nôtre accepte de sacrifier cette merveille, quel autre se sentirait tenu de s’arrêter pour réfléchir ? La Chine ? L’Indonésie ? Le Brésil ? Le Rwanda ? La Russie de Poutine ? Voyons, un peu de dignité.

Nous crevons sous le poids de discours illusoires et de déclarations qui n’engagent à rien. Du haut des tribunes frelatées, comme il est aisé de crier : « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ! ». Elle brûle, en effet, et en enfer. Elle se tord, elle hurle sa douleur chaque seconde de chaque minute, et nous faisons comme si tout devait se passer entre gens de bonne compagnie. Cela ne peut plus durer. Qu’on le veuille ou qu’on le cache, une frontière sépare ceux qui accélèrent dans la dernière ligne droite discernable, et ceux qui se jettent de désespoir sur le frein.

Le noble combat de Notre-Dame-des-Landes est essentiel pour la France, car il affirme dans la clarté qu’on ne peut plus faire comme avant. Ici, dans ce pays-ci. La grande bagarre de Guyane que j’appelle de mes vœux est d’emblée internationale, mondiale, planétaire. Elle signifie que la défense de la biodiversité – nom savant de la vie – oblige à sortir du bois et à compter ses forces. Reculer, ce serait avouer que nous ne sommes pas de taille. Reculer, ce serait accepter tout, étape après étape. Je vous suggère, amis de l’homme, des bêtes et des plantes, d’organiser un voyage de protestation en Guyane même, dès qu’il sera possible. Le crime qui se prépare, car c’en est un, mérite que nous bandions toutes nos forces, et elles sont grandes, malgré tout.

Levons-nous ensemble, car sinon, autant se taire pour l’éternité.


Ci-dessous, l’article paru dans Charlie.

La mine d’or guyanaise d’Attali, Juppé et Macron

Tous aux abris ! La forêt tropicale de Guyane – la nôtre – est menacée par un tsunami affairiste. Le gouvernement donne les clés d’une mine d’or gigantesque à une transnationale russe qui sévit déjà au Burkina Faso.

 

Attention les yeux, on va voir apparaître comme par magie un Attali, un Juppé, un Macron pour le prix de presque rien. Mais dès l’avance, il faut dire deux mots de la Guyane audacieusement appelée française. Il y a là-bas des Noirs Marrons, descendants d’esclaves échappés des plantations philanthropiques. Des Indiens installés au profond de la forêt tropicale, le long des rivières et des fleuves. Et puis des Blancs, car il y a partout des Blancs. Autrement, qui tiendrait le nerf à bœuf, dites-moi ?

La forêt tropicale, qui couvre 95% du pays, est à peu près intacte, ce qui se fait rarissime dans un monde qui crame tout. Et en théorie, les envolées permanentes des nobles politiques sur la biodiversité devraient pouvoir protéger les singes hurleurs, les aras et les jaguars pour l’éternité.

Mais il y a l’or. Des milliers d’orpailleurs clandestins pourrissent les eaux de Guyane depuis des décennies en balançant à tout va de charmants produits comme le mercure – idéal pour extraire l’or de son substrat rocheux – dans les rivières. C’est pas bon, c’est pas beau, et c’est artisanal. Tout autre est la puissance de feu des transnationales, qui peuvent mobiliser des concasseurs de la taille d’un avion et pulvériser des millions de tonnes de roches sans coup férir.

Jusqu’ici, les projets les plus crapoteux ont échoué, mais celui dont on va parler a plus que ses chances. En 2011, la Columbus Gold, boîte canadienne junior – on va expliquer, c’est très malin –, achète huit concessions minières en Guyane. L’une des huit se trouve à 80 km au sud de Saint-Laurent-du-Maroni, au-dedans d’un lieu appelé la Montagne d’Or. Il y aurait 155 tonnes d’or planquées, peut-être le double. Miam.

Pour récupérer la mornifle, il faudra creuser une fosse d’au moins 2,5 Km de long, de 600 à 800 mètres de largeur, de 200 à 250 mètres de profondeur. Compter 460 millions de tonnes de roches à broyer, au bas mot, car on récupère au mieux qu’1,5 gramme d’or par tonne. Prévoir également de gros besoins d’énergie et d’électricité. Disons l’équivalent de ce que consomme la capitale Cayenne en un an.

Mais une telle apothéose, ami technophile, ne peut être déployée par une petite junior, qui apparaît en la circonstance comme le paravent d’une grosse mère que les spécialistes nomment une major. La Columbus Gold ne fait qu’explorer, avant de refiler le bébé au vrai bénéficiaire, la Nordgold, sise à Moscou. Nordgold est seule capable d’exploiter et d’ouvrir les entrailles de Guyane. Et elle est en plus entre des mains charmantes. Une ONG suisse et catho, Action de Carême, a publié en février 2016 un rapport sur les mines d’or au Burkina Faso (1), où l’on peut lire : « Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation aurifère détruit les bases de l’existence de populations, porte atteinte aux droits humains ». Avant de préciser : « Les sociétés minières présentes au Burkina Faso, en l’occurrence Iamgold, Nordgold et Amara Mining, ont une grande responsabilité dans les violations des droits humains exposés ».

Si cette mine ouvre, et tous les feux sont au vert, adieu à la forêt tropicale que l’on connaît. En toute certitude, ce sera la ruée vers l’Eldorado, car on trouve de l’or un peu partout. Il y aura des routes, des autoroutes, des barrages, des pylônes à haute tension. Et si tout est désormais sur les rails, c’est que la mine est soutenue par des autorités morales considérables. Jacques Attali, le preux lobbyiste international, siège au Comité consultatif de la Columbus Gold. Alain Juppé, fervent écologiste, en meeting à Cayenne ces dernières semaines : « On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois ». Quant à l’immense Emmanuel Macron, il s’est carrément rendu sur le futur chantier, vantant l’excellence du projet, précisant : « Cet industriel [la Columbus Gold] est l’un des fers de lance de la mine responsable ».

C’est maintenant que tout se joue, nazes que nous sommes. Ou la mine ou la forêt. Si les écolos de France et de Navarre arrêtent de se branlotter une seconde, il y a peut-être une chance.

 

(1) https://voir-et-agir.ch/content/uploads/2016/02/160215_Etude_Or_Burkina-Faso.pdf

Solidarité : 2250€ pour les ours et 500€ pour les mares de Hwange

Comme chaque année, lorsque nos finances nous le permettent, nous soutenons les ONG dont nous apprécions le travail. Le Conseil d’administration d’AVES France a ainsi accepté de partager 2750€ entre 5 actions :

250€ pour l’ours Bruno : 

L’année dernière, en 2015, vous avez été nombreux à vous émouvoir pour l’histoire tragique de l’ours Bruno, qui a passé 40 ans de sa vie en captivité. Aujourd’hui Bruno est âgé, mais les bénévoles de l’association LEAL s’occupent bien de lui, pour que sa fin de vie se passe le mieux possible. Grâce à vos dons, LEAL peut gâter Bruno en lui achetant des fruits et des légumes frais. Nous avons envoyé 2300€ en 2015 et nous venons d’envoyer 250€ supplémentaires, le 14 avril 2016.
L’histoire de Bruno ici : https://www.aves.asso.fr/2015/03/lours-bruno-40-ans-de-vie-au-parc-de-cavriglia-en-italie/ et faire vos dons sur HelloAsso (précisez Ours Bruno dans la case commentaires).


500€ pour les ours à lunettes et Andean Bear Foundation :

Nous soutenons le travail d’Andean Bear Foundation depuis longtemps et nous avons eu le plaisir de passer une semaine dans les Andes Equatoriennes avec Armando en janvier 2016, et ainsi d’observer son travail en faveur des tapirs de montagne et des ours à lunettes. Il y a quelques jours, Armando a obtenu l’autorisation de planter des panneaux sur la route pour inciter les conducteurs à ralentir dans les zones fréquentées par les ours. Armando a besoin de notre soutien et c’est pourquoi nous vous invitons à faire un don pour ANDEAN BEAR FOUNDATION pour l’aider dans sa mission. Vous pouvez aussi acheter un bracelet Bearz ours à lunettes ou des porte-clefs ours à lunettes. Si vous avez la condition physique requise et du temps, vous pouvez partir quelques jours à la rencontre des ours à lunettes et des tapirs avec Armando.


500€ pour le projet mares de Hwange 

Chaque année nous essayons de soutenir modestement ce beau projet. Le but ? Eviter l’hécatombe de 2005, année de sécheresse qui avait conduit à l’assèchement des mares du parc, provoquant la mort de milliers d’animaux.
Grand comme deux départements français, l’immense parc de 14000 km2 héberge quatre espèces de mammifères en danger de disparition sur la liste rouge de l’UICN (Rhinocéros noir, Lycaon, Guépard et Lion) ainsi qu’au moins 30000 éléphants. C’est un magnifique sanctuaire de biodiversité pour la faune d’Afrique australe, un des plus riches d’Afrique. Au total 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux y sont présentes dont certaines parmi ces dernières sont endémiques des biomes régionaux.
Pendant la saison sèche, les mares naturelles du parc doivent-être approvisionnées par pompage de la nappe aquifère pour abreuver les animaux.
Plus d’infos ici : http://michel.buenerd.pagesperso-orange.fr/Hwange/projet/Hwange_phase_2.html


11807404_1195487700468784_6019384669952351453_o750€ pour les ours malais du Borneo Sun Bear Conservation Centre

Wong Siew Te fait un formidable travail et a actuellement 38 ours sous son aile. Il a reçu dernièrement un nouvel ourson, l’occasion pour nous de réaffirmer notre soutien.
Plus d’informations sur son site : http://www.bsbcc.org.my
Visitez aussi sa page Facebook pour voir les dernières publications et de nombreuses photos : https://www.facebook.com/sunbear.bsbcc


750€ pour les ours malais de Patrick Rouxel (Aider les ours)

Patrick travaille désormais avec le refuge de BOS Samboja Lestari où il y a 46 ours. Dans l’ensemble, ils proviennent du trafic et ont été confisqués par les autorités ou abandonnés par leurs propriétaires. Certains sont arrivés encore bébés des lieux de déforestation. Sur les 46 ours de Samboja, 26 ont accès à des enclos et 20 ne sortent jamais à cause de leur tempérament fugueur ou bagarreur. Certains sont donc dans des cages minuscules depuis des années, faute de mieux. Aucun de ces ours ne pourrait retourner à la vie sauvage car ils ont tous passé trop de temps en captivité et en contact des hommes. Ils sont donc condamnés à la captivité à vie. Evidemment, il faudrait que tous les ours puissent avoir accès à des enclos forestiers.
En attendant que ces ours puissent éventuellement être transférés dans des enclos forestiers ou des sanctuaires, Patrick leur construit des cages… ces cages ont pour but de rendre l’attente plus supportable pour les ours.
Vous trouverez plus d’informations récentes sur le blog d’Aider les ours : http://aiderlesours.org/category/blog/
Pour aider Patrick, vous pouvez faire un don ou acheter un bracelet Bearz Ours malais.

Manifestation pour les loups le 12 mars 2016 à Paris

AVES France relaie bien volontiers cet appel à manifester issu d’une mobilisation citoyenne.

Après la manif du 16 janvier à Lyon, du 17 janvier à Nice et juste avant celle du 13 mars à Madrid (nos voisins espagnols descendront dans la rue pour sauver « leurs » loups), ce sera le tour  de Paris le 12 mars prochain. Partout en Europe, les citoyens se mobilisent pour sauver les loups, et ce mouvement prend de l’ampleur.

Des membres d’Aves France seront présents. Venez nombreux pour demander au gouvernement de cesser les abattages de loup.

Pour plus de renseignements, voici la page facebook des organisateurs de la manif :

STOP AU MASSACRE DES LOUPS, NOUS DEVONS AGIR!!

samedi, 12 mars 2016 1:00

@ rassemblement Place de l’Odéon – métro Odéon

Creator: Le loup qui vit en moi

paris manif

Compte-rendu du voyage en Equateur : refuge AmaZOOnico et rencontre avec le tapir des montagnes et l’ours à lunettes

Du 16 au 31 janvier 2016, 3 membres de l’association sont partis — à leurs frais évidemment — en Equateur. Nicole Soteau et Pascal Leroy m’ont accompagné dans cette expédition à laquelle nous rêvions depuis des mois. L’instabilité du volcan Cotopaxi l’été dernier nous avait conduits à oublier ce voyage, mais son calme retrouvé nous a convaincus que nous devions y aller. L’Equateur n’est pas seulement le pays des volcans, même si une dizaine d’entre eux culmine à plus de 5000 m d’altitude. C’est aussi le pays de l’ours à lunettes et du tapir des montagnes, dans la cordillère des Andes, et celle de la jungle, de sa faune et de sa flore luxuriante, pour sa partie amazonienne.

© Christophe CORET

© Christophe CORET

Nous nous sommes donc concocté un programme varié pour ces deux semaines en Equateur, avec deux impératifs :

L’Equateur est un pays socialiste depuis l’élection du Président Correa en 2007. Alors qu’ils l’ont acclamé les premières années, les Equatoriens que nous avons rencontrés sont nombreux à attendre les élections de 2017, déçus par l’absence totale de soutien du gouvernement aux projets écologistes. Au mieux les associations ne sont pas soutenues, au pire on leur met des bâtons dans les roues. J’en ris en répliquant qu’en France, le gouvernement nous ignore. Mieux vaut-il être détesté ou méprisé… telle est la question !

C’est donc grâce aux soutiens étrangers que les associations équatoriennes peuvent agir. Raison de plus, pour nous, d’expliquer ce que nous avons vu sur place afin de convaincre le public français de les aider.

Semaine 1 : refuge pour animaux sauvages AmaZOOnico.

C’est Morgane, qui travaillait chez Lush quand nous l’avons rencontrée, qui nous a fait connaître ce refuge. Morgane a été bénévole à deux reprises au refuge et est rentrée de ses missions avec la ferme intention de faire connaître leur travail. Et on peut dire que quand Morgane veut quelque chose, elle s’en donne les moyens !

Elle a organisé une Charity Party dans la boutique Lush dans laquelle elle travaillait pour collecter des fonds pour le refuge, elle a mis en ligne un blog pour relayer en français tout ce qui se passe là-bas, elle nous a convaincus de les soutenir et de recruter des bénévoles pour eux, et a même réalisé des objets artisanaux qu’elle vendait lors d’apéros solidaires.

Bref, toutes ces actions nous ont permis d’envoyer 3500 € en 2015 au refuge.

Nous sommes arrivés le lundi 18 janvier 2016 à Puerto Barantilla, après une route aux paysages variés traversant Quito, Papallacta (3300 m d’altitude), Baeza et Tena (598 m d’altitude). Jamais je n’avais vu des bambous aussi grands !

A Puerto Barantilla, il faut changer de mode de transport. On abandonne la voiture pour une pirogue. Il n’y a pas de route où nous allons et c’est tant mieux !

Nous souhaitions vivre à proximité du refuge AmaZOOnico et avions deux possibilités : réserver un lodge au Liana Lodge, plutôt luxueux, ou opter pour les éco-lodges Runa Huasi, qui offrent un hébergement plus authentique, sans téléphone ni électricité… ni eau chaude. Une plongée au coeur de la forêt amazonienne, sans fioritures : une cabane en bois et en bambous, des moustiquaires à la place des fenêtres, une magnifique terrasse et son indispensable hamac, et surtout une bougie pour voler quelques heures à la nuit. C’est quand Morphée nous enlève que le concert des insectes joue sa symphonie. Ils doivent-être des milliers, alors que nous n’en croisons pas la journée. Quelques geckos s’amusent sur les murs, une grenouille passe sous la porte. Tout ce petit monde vit autour de nous sans nous perturber… pas plus la tarentule qui a pris ses quartiers dans l’espace repas.

La responsable du refuge s’est absentée pour quelques jours, mais elle a tout organisé pour nous. Nous rencontrons Gaby. Elle est bénévole pour AmaZOOnico depuis quelques mois et elle connaît le refuge sur le bout des doigts. Elle sera notre guide pour la journée. Nous la suivons dans ses missions. Elle nous présente les pensionnaires les uns après les autres. Elle nous conte leurs histoires et diverses anecdotes. « Elle, c’est Trumpy, elle accompagne les groupes partout. Là c’est un groupe de singes araignées sauvage qui vit à côté du refuge. On reste à proximité des tapirs quand ils mangent pour éviter que des singes puissent venir leur voler leur nourriture. » Bref, Gaby travaille dur ici, mais on voit que malgré la fatigue liée aux journées chargées, elle aime donner son temps à ces animaux. Elle a appris à les connaître. Sait leurs préférences et leurs habitudes.

Nous observons, discutons, scrutons, dialoguons. Les bénévoles partagent leur repas avec nous. Ils sont tous jeunes et en pleine santé. Tous motivés. Ici le casting doit-être particulièrement bien fait, car il n’est pas question de recevoir des gens qui pourraient prendre cette expérience pour des vacances. Il faut nettoyer les enclos, préparer la nourriture des animaux, porter de lourds seaux à travers le refuge, participer à la vie communautaire, mais aussi recevoir les touristes et savoir leur présenter les lieux en plusieurs langues différentes.

Gaby nous présente l’enclos des singes tamarin qui a été rénové grâce aux fonds que nous avons envoyés. Nous comprenons que le soutien des associations étrangères est important car le refuge ne bénéficie d’aucune aide du ministère. Certains animaux resteront pour toujours au refuge. D’autres sont destinés à être relâchés. C’est la raison pour laquelle Gaby insiste sur l’importante de limiter les contacts avec les animaux ; il est même demandé aux touristes de ne pas parler aux aras afin de ne pas les stresser. Belle philosophie !

Le lendemain, nous parcourons la jungle avec un garde de Selva Viva. Il nous fait découvrir la flore qui est luxuriante ici. Des feuilles de près de deux mètres, des arbres majestueux, des arbres qui saignent et qui soignent. Nous passons de la forêt secondaire à la forêt primaire et vice-versa. Dans la première, on exploite le cacao, le café, des racines. Dans l’autre, la protection est totale. Le milieu est fermé, notre guide use de la machette pour nous frayer plus facilement un chemin. Au-dessus de nous, on entend un toucan, que nous apercevons furtivement. A travers une trouée, des paysages à couper le souffle, avec une brume qui s’échappe des arbres. Chez nous, le smog. Ici, le cycle de la vie. Il nous présente sa famille, nous offre une banane. Leur vie est modeste, mais il est fier de participer à la conservation de la nature. C’est sa mission. Sa vie. On sent qu’il aime son travail, même s’il aimerait un peu plus de reconnaissance de la part des politiques de son pays.

Pour notre dernière soirée en Amazonie, nous décidons de faire du bird watching en pirogue, à la tombée de la nuit. Nous sommes au milieu du rio Arajuno et remontons vers le Rio Napo. J’ai l’impression de remonter les Champs-Elysées. Sauf que de chaque côté de nous, ce ne sont pas des briques ou du béton, mais de la végétation à perte de vue, des arbres si beaux, si grands, des lianes, des fleurs, une flore plus riche que toute celle que j’ai pu observer jusqu’à ce jour. Sur la berge, une loutre à longue queue se cache à notre passage et des singes nous saluent depuis les cimes des arbres. Dans le ciel, des caracaras huppés, des perruches, des aras bleus et des hoazins huppés. Je suis ému par le spectacle qui s’offre à mes yeux et ne peut m’empêcher de penser que dès le lendemain, nous devons quitter cette merveilleuse région du monde. L’Amazonie est un écrin dans lequel tout mérite d’être protégé : la faune, la flore, les gens qui y vivent. Pour cela, une fois de plus, il faut éduquer. Cela me rappelle la détonation que nous avons entendue un matin. Même au coeur de la jungle, une détonation est violente et pose des questions. On nous a appris que certains ici continuent à pêcher à la dynamite. Alors oui il faut éduquer. La dynamite, en plus d’être dangereuse pour celui qui la manipule, détruit tout. Il faut donc éduquer ces gens, c’est évident, pour faire disparaître ce genre de comportement.

Notre remontée vers Papallacta se fait par la route des volcans. Il fait sacrément beau alors que janvier est réputé pour être la saison humide. Pour nous, c’est agréable. Nous pouvons marcher en altitude sans trop nous couvrir et surtout bénéficier de vues exceptionnelles sur les cratères. Un soir de lune rousse, alors que nous observons le Cotopaxi dont les neiges sont recouvertes de cendres, un colibri fait son apparition. Ce pays a quelque chose de magique !

Semaine 2 : condor, tapir de montagne et ours à lunettes.

11058748_10153724364775999_4176844689636799157_oJe n’avais jamais rencontré Armando. Pourtant, nous soutenons Andean Bear Foundation depuis longtemps. Je connais son travail (pour lequel j’ai une grande admiration), nous échangions régulièrement par mail, mais nous ne nous connaissions pas. Parfois on est déçu des gens que l’on admire. Oh, beaucoup m’ont déçu, même ! Mais pas Armando. Cet homme là a deux visages : l’un sérieux et parfois grave quand il parle de son travail et l’autre souriant quand sa mission est terminée. Même si mon expérience de vie en Roumanie m’a appris à relativiser beaucoup de choses, je pense avoir encore, moi-aussi, ces deux facettes. Parfois sérieux et grave ; parfois léger et drôle. Et toujours une forme d’exigence envers soi.

Armando commence par un briefing pour nous expliquer son travail. Il nous présente le tapir des montagnes et l’ours à lunettes. Son approche est scientifique. On sent l’homme de terrain. Alors que j’ai toujours lu dans de nombreux ouvrages que l’ours à lunettes est un ours plutôt arboricole, qui mange principalement des végétaux et qui est plutôt calme, Armando passe en revue sa présentation jusqu’à nous montrer la vidéo d’une vache agonisante après qu’un ours lui ait arraché la chair entre les omoplates. Personne n’y croyait, mais le cas s’est répété. Les traces sur les cadavres des animaux sont caractéristiques : on voit les griffes de l’ours, l’endroit où il s’est accroché jusqu’à faire tomber sa proie. Armando nous explique qu’on connaît très mal les animaux qu’il étudie. Que ce soit l’ours ou le tapir ! D’ailleurs, il me demande comment on appelle Andean Bear en France. « Ours à lunettes, je réponds. » Il me rétorque que pourtant, certains ours n’ont pas de lunettes. Certains sont entièrement noirs !

Il nous montre aussi ses relevés GPS. Plusieurs animaux sont équipés. Nicole me demande pourquoi Armando souhaite en équiper d’autres ? « Sylvie n’aime pas ça ! » ajoute-t-elle. C’est vrai qu’au sein de l’association, nous avons déjà eu des débats sur l’utilité d’équiper les animaux sauvages. Mais pour moi, la démarche d’Armando a un sens.

Si je ne vois pas l’intérêt de suivre des ours bruns en France, car c’est une espèce qui a largement été documentée et qu’un suivi serait seulement du flicage pour surveiller les zones de fréquentation, la démarche d’Armando est toute autre.

Suivre les ours à lunettes permet d’en apprendre plus sur cette espèce encore mal connue. Cela permet d’étudier leurs habitudes, leurs territoires, les interactions avec les activités humaines (et notamment l’élevage)… Chez nous, on dit que l’ours est actif surtout à l’aube et au crépuscule. Les relevés d’Armando ont permis de montrer que l’ours à lunettes est actif en journée ! Il fréquente des altitudes autour de 4000 mètres. Son régime est omnivore et son alimentation se compose surtout de végétaux (chusquea — une sorte de bambou, des coeurs de palmiers, la base tendre des huaycundos, des puyas, des airelles… parfois du maïs ou du maïs doux. Armando partage ses découvertes avec les spécialistes internationaux des groupes ours et tapirs.

Sur le terrain, Armando est secondé par Melchor. Melchor est Kichwa. Il était garde forestier. Il a longtemps utilisé ses chiens pour tuer des ours et des tapirs. Mais un jour, il a rencontré Armando. Armando lui a appris à apprécier les ours et les tapirs vivants. C’est quand ils ont capturé les premiers ours et tapirs pour les équiper de colliers émetteurs qu’Armando a demandé à Melchor de poser ses mains pour les toucher, sentir leur coeur battre. Ces instants ont transformé Melchor, qui est devenu, de l’aveu même d’Armando, plus écologiste que lui ! « Il a converti sa famille, milite contre l’abandon des déchets dans la nature. L’ours lui a tué 4 vaches. Il l’a pris avec philosophie, en disant qu’il valait mieux que l’ours attaque ses vaches plutôt que des tapirs, qui eux sont menacés. » Melchor est incroyable. Il ne marche pas, il vole ! A plus de 4000 mètres d’altitude, il grimpe des collines et des montagnes sans presque jamais s’arrêter, antenne télémétrique au poing, dans l’espoir de voir, d’apercevoir, ceux qui sont devenus, avec le temps, ses protégés.

Armando m’avait prévenu à l’avance : « c’est garanti, tu verras des ours et des tapirs ». Moi… j’en ai vécu des affûts. J’ai aussi été guide. Je sais que rien n’est jamais garanti. Des heures d’affût pour rentrer bredouille, j’ai connu… surtout avec l’ours ! Alors…

Pendant le dîner, Armando devient grave et m’annonce qu’il a une mauvaise nouvelle à m’annoncer. Cosanga, la petite ourse pour laquelle il s’est tant battu afin qu’elle retrouve sa liberté, est morte. Elle a été tuée par un ours mâle, qui a probablement souhaité s’accoupler avec elle. Mais Cosanga était trop jeune. Elle n’a pas su se défendre. Il s’est inquiété quand il a vu son signal fixe pendant plusieurs jours. Je le sens atteint par cette nouvelle et ne montre pas mon émotion. J’essaye de le rassurer, ce sont des choses qui arrivent, la nature est parfois cruelle. Mais je ne regrette rien ! Au moins nous avons essayé et nous avons évité à Cosanga une vie peut-être longue mais si pénible en captivité. Armando me confie qu’il essaye de convaincre les autorités de ne plus prélever systématiquement les jeunes ours qui semblent abandonnés. Parfois leur mère peut avoir pris peur et revenir les chercher. La réhabilitation est compliquée car il faut éviter au maximum l’imprégnation humaine, ne pas rendre les oursons dépendants. Le choix du sauvetage d’un ourson doit toujours  être le fruit d’une décision mûrement réfléchie.

Jour 1, Armando a appris qu’un tapir a été trouvé mort près d’un ruisseau. Il souhaite savoir pourquoi il est mort, mais le corps de l’animal est trop loin. Il ira le lendemain matin sans nous. Il souhaite que nous gardions nos forces pour gravir la montagne et tenter d’observer l’ourse Rebecca. Il fait beau. Exceptionnellement beau et chaud pour la saison. Armando nous dit que c’est la première fois qu’il marche sans manteau en cette saison. Le relief est important et il nous faut descendre des pentes raides avant de regrimper des collines pour tenter d’observer l’ourse, dont le signal nous indique qu’elle est à proximité. La progression dans les graminées hauts de 1,5 à 2 mètres est difficile et mes compagnons de voyage souffrent un peu de l’altitude. Armando et Melchor font leur maximum pour localiser l’ourse, mais elle avance plus vite que nous. Elle est déjà sur l’autre versant. Après plusieurs heures de recherche, nous nous avouons vaincus.

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Le lendemain, nous partons sur les traces de Panchita, une femelle tapir des montagnes. Armando et Melchor ont débuté leur journée à 6h du matin pour voir le cadavre du tapir mort, mais ils n’ont rien pu apprendre sur les causes du décès, l’état de décomposition étant trop avancé. L’étude des animaux sauvages n’est pas un long fleuve tranquille ! A leur retour, nous partons vers le paramo. Melchor part avec l’antenne télémétrique et nous prenons un chemin moins escarpé avec Armando, qui essaye de s’adapter au maximum à notre rythme. Il communique avec Melchor par radio afin de maximiser nos chances d’observation. Aujourd’hui il fait encore plus beau et chaud. Pas un nuage à l’horizon. Nous observons les volcans Antisana, Cayambe et même le Cotopaxi. Armando est surpris… en tee-shirt, en janvier, avec une vue sur le Cotopaxi. C’est tellement étonnant ! Le changement climatique est perturbant pour tout le monde. Nous n’observons aucun animal. Il n’y a ni lapins, ni rapaces, ni cervidés. Rien ! J’analyse cela par la chaleur. Chez nous aussi les animaux se cachent par ces températures ! Imaginez ! 26° à 4000 mètres d’altitude ! Même si la faune est absente, les paysages sont somptueux, éblouissants ! Armando nous montre les végétaux consommés par des tapirs et les ours dans cette zone. Nous atteignons un endroit creusé dans la montagne et Armando s’y assoit : « C’est le nid, bienvenus dans mon bureau ! dit-il en riant ». Il contacte Melchor qui lui indique que le signal de Panchita est sur l’autre versant. Nous reprenons nos affaires et grimpons sur une grande colline. Panchita est dans la forêt, en face de nous, et nous devons attendre qu’elle en sorte pour la voir.

Nous patientons. Armando m’explique que nous devrions nous approcher. Je choisis de grimper sur la plus haute colline à proximité. A peine arrivé en bas qu’Armando me fait signe de me dépêcher de grimper, Panchita est apparue. Je fonce. Mes poumons me brûlent. Il s’agite car il ne veut pas que Panchita rentre à nouveau dans la forêt sans que je puisse la voir. Je redouble d’effort, mais courir, en pleine ascension, à cette altitude, est difficile. J’atteins le sommet, jette mon sac à dos à bout de souffle et j’oublie instantanément toute souffrance et la voyant. Panchita est là. Elle est belle. Un peu loin pour mon appareil, même avec un téléobjectif de 500mm, mais je ne la quitte plus des yeux. Tss, tss, tss, je mitraille. Je lève le pouce pour indiquer à Armando que je la vois. Je l’entends dire, avec enthousiasme, « Christofer l’a vue, Christofer l’a vue ! ». Je souris. Panchita s’offre en spectacle de longues minutes. Mon premier tapir des montagnes. Un animal étonnant, une sorte d’ours avec une trompe ! Je savoure. Armando, Nicole et Pascal atteignent un autre point d’observation. Tous finissent par la voir. Mission réussie !

Le lendemain, nous repartons sur les traces de Rebecca. Le temps n’a pas changé. Ce qui est une aubaine pour nous, puisqu’il est plus agréable de marcher quand il fait beau que quand il pleut, ne l’est pas pour notre mission. Armando se rend compte que toutes les habitudes des animaux sont perturbées par cette météo inhabituelle. Rebecca est toujours présente en milieu dégagé et elle est plutôt fainéante. Ce n’est pas son genre de se déplacer autant. Soit c’est le temps, soit elle est gestante. Armando n’est pas rassuré et veut pouvoir l’observer afin de s’assurer qu’elle va bien. Nous marchons, affûtons, pas de Rebecca. Le signal indique qu’elle se trouve dans la forêt face à nous, mais elle ne compte pas en sortir. Après une longue attente, Melchor décide de pénétrer le bois pour vérifier que Rebecca est bien là et en bonne santé. Armando surplombe la colline afin de pouvoir observer l’ourse si elle s’enfuit. Après une longue approche silencieuse, Melchor sort et nous fait signe de le rejoindre. Rebecca est bien là. Nous pénétrons à notre tour cette forêt très épaisse. Difficile de s’y faufiler sans faire de bruit. Rebecca est là, à une dizaine de mètres. Elle nous domine, sur une paroi très pentue, dans la végétation. Elle sait que nous sommes là et part sans précipitation. Elle sait que nous ne pourrons pas la suivre ici. Comment un ours peut-il se déplacer aussi facilement là où nous ressemblons à une mouche prise dans une toile d’araignée ? Je l’observe quelques secondes sans réussir à la prendre en photo. Impossible de passer entre les branches. Seule Nicole ne la voit pas. Nous laissons Rebecca s’éloigner un peu et tenterons une nouvelle approche après une courte pause.

Armando et Melchor tentent une approche depuis le haut de la colline, se glissant contre des parois quasi-verticales et végétalisées. Rebecca s’est aménagée un petit nid où elle se repose. Elle les regarde. Ils sont juste à quelques mètres d’elle. Armando prend une photo puis vient nous chercher. Un par un m’explique-t-il car l’approche est difficile. Toi d’abord ! Ok. En effet, je ne me sens pas en sécurité. Je me demande encore comment l’ourse peut se déplacer sur une paroi aussi étroite. Je me cramponne à la végétation : une chance, les graminées d’Equateur ont une résistance énorme ! Je photographie le nid désormais vide. Nous continuons notre approche périlleuse, mais Rebecca est partie. Toutes nos tentatives seront infructueuses et Armando est très déçu, car il voulait que chacun de nous puisse voir Rebecca, y compris Nicole. On voit qu’il n’aime pas l’échec et qu’il est peiné.

En rentrant, nous nous rendons dans un autre lieu où une cage permet de capturer les animaux afin de leur poser des colliers GPS. C’est là que les ours et le puma ont été pris. Armando y dépose un appât. Il y a des crottes d’ours et de nombreuses empreintes dans cette zone. Armando espère une capture dans les jours à venir.

Pour notre dernier jour, le temps est couvert. Il fait plus frais. Rebecca va-t-elle enfin reprendre ses habitudes ? Armando s’est mis la pression, alors que nous lui assurons que ce n’est pas grave si nous ne pouvons pas mieux voir Rebecca. Il refuse l’idée que Nicole puisse rentrer en France sans l’avoir vue. Nous arrêtons la voiture au même endroit que le premier jour. Melchor en sort. Quelques secondes après, il s’agite : Rebecca est là ! Cet homme a des yeux magiques ! Rebecca n’est qu’un petit point dans la végétation face à nous, mais il l’a tout de suite remarquée. Nous sortons notre attirail et tentons une approche en silence. Nous approchons jusqu’à une centaine de mètres et nous cachons dans la végétation. Elle est magnifique. Calme. Elle hume l’air et imaginons qu’elle se dit « ah, c’est Armando et ses amis. Ils me courent après depuis 3 jours, je vais quand même leur offrir quelques minutes pour m’admirer ». Pascal filme, Nicole est rivée à ses jumelles, je fais chauffer la carte mémoire de mon appareil photo, tout en n’oubliant pas de savourer cet instant rare. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nous sommes chanceux de vivre cet instant privilégié, mais je me demande aussi combien apprécieraient ce moment à notre place ? J’imagine que la majorité des gens n’imaginent pas les efforts qu’il faut déployer pour voir ces animaux rares dans leur milieu naturel, mais aussi qu’ils n’apprécieraient même pas ce moment à sa juste valeur s’ils étaient à notre place. Derrière nous, Armando et Melchor sont heureux. Ils ont réussi leur pari ! Rebecca décide de s’en aller. Armando nous dit : « c’est fini, on la laisse tranquille ». Il nous laisse reprendre nos esprits. Nous sommes émus. Nous immortalisons l’instant par une photo de groupe. Nous rentrons, comme sur un nuage, portés par cet instant incroyable que nous venons de vivre.

12645170_10153738134895999_3087265918535197519_n

Armando nous emmène à 4650 mètres. D’ici nous surplombons toute la région. Le paysage est lunaire, une lune végétale. C’est beau. Il cherche un ours. Nous n’en verrons pas, mais assistons à la place au vol des condors ; c’est notre jour de chance !

12592694_10153729394215999_6926050310298163345_nNous préparons notre retour sur Quito avant celui vers la France. Fin de voyage. J’achète des porte-clefs à Armando que nous vendrons pour l’aider dans ses actions. Je suis ravi de l’avoir rencontré et convaincu plus encore de notre devoir de le soutenir dans ses projets. Nous sommes conscients de notre chance : nous avons, lors de cette expédition, réussi tout ce que nous nous étions promis de faire, le voyage n’aurait pas pu mieux se passer. Nous avons rencontré des acteurs de la protection de la nature précieux et observé des animaux rares, découvert un milieu riche, varié, qu’il faut préserver. Pas un trésor national, un trésor pour l’humanité. L’Amazonie respire pour nous.

Samedi, à l’aéroport, en escale à Miami, je reçois un message d’Armando. Il a capturé un jeune ours dans la cage. Il va pouvoir l’équiper avec un collier GPS. Pourquoi ? Toujours pour étudier son comportement, mais surtout ses déplacements. C’est le quatrième ours suivi par Armando, qui s’inquiète de leur proximité avec l’énorme route qui traverse le paramo. Cette route relie Quito à l’Amazonie et représente un réel danger pour la faune sauvage. Armando utilisera les données de cette étude pour alerter le gouvernement et faire des propositions afin de limiter l’impact négatif de la route sur les animaux sauvages.

Pour nous aider à continuer d’apporter notre soutien à AmaZOOnico et Andean Bear Foundation, plusieurs méthodes :

Vous pouvez aussi, si vous avez la condition physique requise et du temps, devenir bénévole pour AmaZOOnico (au moins 2 mois) ou partir quelques jours à la rencontre des ours à lunettes et des tapirs avec Armando. Nous nous ferons un plaisir de vous donner des informations si vous souhaitez vous rendre en Equateur.

Christophe CORET
Président d’AVES France