Et si on sauvait 1430 renards en Seine-Maritime ?

Jusqu’au 19 juin 2020, vous pouvez vous opposer à la destruction de 1430 renards en répondant à la consultation publique sur le projet d’arrêté qui prévoit la « régulation » du renard dans le département de la Seine-Maritime.

Infos et arguments sur notre site dédié aux consultations publiques : https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/06/02/seine-maritime-consultation-publique-sur-labattage-de-1430-renards-de-jour-comme-de-nuit-de-mi-juillet-a-decembre-2020/

Déjà en février 2020, le préfet de la Seine-Maritime avait mis en consultation un projet d’arrêté pour permettre la destruction de 850 renards sur le département. 76% des réponses à la consultation marquaient l’opposition à la destruction des renards. Pourtant, la préfecture de la Seine-Maritime a ignoré les arguments des opposants à cette chasse injustifiée et a validé son arrêté. AVES France et l’ASPAS avaient alors saisi la justice administrative pour attaquer cet arrêté.

La crise sanitaire a empêché la destruction des renards… court répit pour les goupils normands, puisque le préfet a décidé de lancer une nouvelle consultation sur un projet d’arrêté prévoyant cette fois la destruction de 1430 renards sur le département, de jour comme de nuit !

Comment la préfecture justifie-t-elle ce massacre ? 

Alors que le projet d’arrêté devrait être accompagné d’une note de présentation complète pour étayer cette décision ayant un impact sur l’environnement, la préfecture ne fournit aucun chiffre sur le nombre de renards présents actuellement dans le département, ni aucun chiffrage des « dégâts » qui seraient imputés aux renards.

La préfecture met en avant l’argument sanitaire, accusant le renard d’être vecteur de la gale sarcoptique. La gale n’est pourtant transmissible que par contact, comme le reconnait l’OFB (ex ONCFS dans ce document PDF : Gale_sarcoptique). La note de présentation rappelle que le renard est « vecteur de l’echinococcose alvéolaire, transmissible à l’homme et de la néosporose caninum, transmissible aux bovins » et que « plusieurs cas d’echinococcose ont été détectés sur des renards dans le Nord et le Pas-de-Calais en fin d’année 2018 ». En quoi la détection de quelques renards malades en 2018 dans des départements éloignés de la Seine-Maritime pourrait justifier l’élimination de 1430 renards sur notre territoire ?

La note de présentation justifie également ces tirs par la protection du repeuplement de la perdrix grise par la FDC suite à la destruction de son milieu avec pour but évident d’avoir assez de perdrix pour la chasse à tir et la jouissance exclusive des chasseurs…Il est intolérable de chasser le renard pour protéger des lâchers de gibiers qui seront abattus par les chasseurs !

Ce que ne rappelle pas volontairement la préfecture, c’est que le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs. Si le petit gibier disparait, c’est essentiellement la faute des chasseurs et d’une urbanisation croissante.  Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole. Par ailleurs, le renard ne sera jamais en surpopulation car c’est une espèce qui s’autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture.

AVES France vous appelle une nouvelle fois à vous mobiliser contre ce projet d’arrêté.
Soyez nombreux à répondre à la consultation, ce qui nous permettra, si nos réponses sont ignorées, de saisir à nouveau le tribunal administratif pour suspendre cet arrêté. Il est toujours bon de rappeler qu’en 2019, l’ASPAS avait attaqué un arrêté similaire dans l’Eure et que le tribunal administratif de Rouen avait suspendu en urgence la mise en oeuvre de ces destructions.

Infos et arguments sur notre site dédié aux consultations publiques : https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/06/02/seine-maritime-consultation-publique-sur-labattage-de-1430-renards-de-jour-comme-de-nuit-de-mi-juillet-a-decembre-2020/

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