Loups, l’hécatombe continue !

Depuis le début du mois de juillet 2020, ce ne sont pas moins de 19 loups qui ont été abattus officiellement. Le total des loups tués s’élève à 44 individus en 2020 et il est évident que les autorités auront à coeur d’atteindre le plafond de loups à abattre, quoi qu’il arrive. Aucun changement de politique n’est à prévoir sur ce dossier, la campagne pour les prochaines élections présidentielles est, sans surprise, en arrière-plan de cet immobilisme, car il est d’usage de continuer à flatter et contenter les mondes de la chasse et de l’élevage pour espérer être élu… Ce billet n’a pas vocation à interroger la légitimité des élections présidentielles mais bien de souligner l’incapacité de nos gouvernants à s’engager dans la protection de notre biodiversité malgré les belles paroles et opérations de communication.

Aves France défend le principe d’une cohabitation entre le pastoralisme et les grands carnivores. Mais face à ce genre d’agissements, à la montée en puissance d’actes violents (lynx braconnés, ours abattu…) envers nos grands prédateurs, face à une profession qui, dans sa large majorité, ne souhaite pas s’adapter et remettre en cause ses pratiques pour pouvoir cohabiter avec la grande faune, nous ne sommes plus si certains de l’utilité de travailler avec des éleveurs qui n’ont pas d’autre objectif que de faire échouer la cohabitation avec les loups, ours, lynx. Pour les autres, nous restons disponibles, comme d’autres associations de CAP LOUP, pour aider à améliorer les moyens de protection des troupeaux ou anticiper l’installation d’une meute dans un département hors arc alpin. Il existe pourtant des exemples réussis de cohabitation entre éleveurs et l’un de nos trois grands prédateurs, mais ils ont rarement les honneurs de la presse, les médias n’en soufflent mot, à quelques rares exceptions près, et surtout, ces éleveurs sont en butte à l’hostilité non déguisée de leurs collègues anti-loups.

Le comportement irrespectueux voire choquant de certains éleveurs doit être dénoncé. Dernier exemple en date :

Jean-Pierre Bailly, producteur du second film de Jean-Michel Bertrand sur canis lupus, Marche avec les loups, a adressé un courrier au préfet des Alpes Maritimes pour demander des explications suite aux provocations d’une poignée d’éleveurs (et de chasseurs) à Tende qui ont empêché la projection du film le 2 août dernier, sous l’oeil passif hélas des gendarmes. Selon les témoignages des personnes venues voir le film, le maire de Tende, loin d’apporter de l’apaisement, a soutenu publiquement les éleveurs, cautionnant par la même occasion des discours haineux et des comportements agressifs. Louable attitude de la part d’un élu ! Nous apportons tout notre soutien à toute l’équipe du film, film qui devrait d’ailleurs être projeté dans quelques mois en Nièvre ou Allier…

Pour terminer, un peu de lecture :

https://www.liberation.fr/terre/2020/06/26/dans-les-pyrenees-la-presence-de-l-ours-et-celle-des-troupeaux-sont-compatibles_1792485

https://reporterre.net/Les-bergers-qui-ne-criaient-pas-Au-loup

Posted in Grands prédateurs (ours, loup, lynx).