Le loup, les éleveurs et les médias

dessin de MAN

 

Depuis la présence avérée d’un loup dans la Nièvre, les déplacements du prédateur et sa supposée présence en maints lieux, font couler de l’encre dans les médias locaux.

Tout récemment, le journal Le Creusot n’a pas craint de publier des contre-vérités affirmées par un ancien élu, qui se pique d’être historien, et qui mêle joyeusement dans une interview la gourmandise du loup qui tue même quand il n’a pas faim, les loups enragés (ah bon ? En France ? Je croyais que le pays était officiellement indemne de rage terrestre !!!) et qui ressort surtout le vieux poncif des « réintroductions clandestines » !!! Nous suggérons fortement à ce monsieur de consulter la brochure de Cap loup qui, fort justement, tord le cou à quelques idées reçues et affabulations.

http://www.creusot-infos.com/news/bourgogne-franche-comte/bourgogne-franche-comte/gilles-platret-un-loup-qui-prend-la-rage-n-est-plus-controlable-et-il-peut-s-attaquer-aux-humains.html

Nous attendons d’ailleurs toujours un droit de réponse dans le journal…

Et puis le journal La Montagne, dans un article en date du 19 janvier relate de manière neutre les doutes d’une éleveuse, qui a perdu une brebis, apparemment prédatée, dans l’Aubrac. Bien que l’ONCFS ait conclu à une attaque non imputable au loup, la confédération paysanne demande  à la préfecture du Cantal l’application du plan loup, alors même que le Cantal n’est pas une zone de présence permanente pour canis lupus. Comme d’habitude, la Confédération est bien prompte à monter au créneau pour réclamer des mesures inappropriées et inutiles. L’image des éleveurs (je ne juge pas, c’est un constat) est sérieusement écornée par les vidéos tournées dans les abattoirs, la consommation de viande en France est apparemment en baisse. Je doute fort que réclamer la tête du loup puisse rétablir leur popularité !

http://www.lamontagne.fr/aurillac/economie/ruralite/2017/01/19/brebis-tuee-en-aubrac-a-qui-la-faute_12249194.html

Enfin, Le Parisien fait un gros titre sur le loup qui est peut-être aux portes de Paris. Peut-être en effet des individus sont-ils passés, le loup a une forte capacité de dispersion et est plutôt discret. Je déplore simplement le titre racoleur et l’empressement montré à boire les paroles de deux associations qui ne sont manifestement en mesure d’apporter des preuves concrètes, cependant que l’ONCFS ne confirme pas ces dires. Messieurs les journalistes du Parisien, un peu de sérieux…

http://www.leparisien.fr/societe/loup-y-es-tu-04-12-2016-6410265.php

 

Je salue en revanche les articles mesurés et l’impartialité des journalistes du Journal du Centre qui ont eu à traiter de la présence du loup dans mon département. Cela change agréablement…

 

Posted in Billet d'humeur, Grands prédateurs (ours, loup, lynx), Nièvre.

5 Comments

  1. Les premiers faits de prédation datent de janvier et février 2013, « loup exclu », bien entendu, comme dans la Vienne depuis des mois. Peut-on croire que le déni mène l’éleveur aux pertes et le loup aux fusils? Est-il possible d’anticiper?

  2. D’après la presse spécialisée le dossier est devenu épineux…Incroyable de recevoir une telle réponse d’un journaliste. D’après l’Oncfs, qui a changé de discours à trois reprises, deux chevreuils seraient tombés le même jour, au même endroit, à la même heure…de maladie, avant d’être fortement consommés ! C’est juste totalement improbable! Cette explication saugrenue est elle en rapport avec l’incompétence de l’Office ou encore la désinformation du public parisien…ou encore…les deux!

  3. Nous avons été plusieurs à réagir face aux publications lamentables de M. BOLLERY dans creusot infos, à ce jour j’attends toujours une réponse !!!!
    Merci pour votre article, que je m’empresse de partager !

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