AVES France est une association de protection des espèces menacées, spécialisée sur la cohabitation avec les grands prédateurs (ours, loup), la lutte contre les spectacles de montreurs d'ours (ours Valentin de Frédéric Chesneau de la compagnie Atchaka, ours Micha des Poliakov, ourse Kilian de Sylvie Pujol de la compagnie Aïtawak, ourse Tima de Pavel Vyakin...), ainsi que sur la défense de l'environnement, de la nature et de la faune sauvage mai aimée (blaireau, renard, corvidés...).

Fondée en 2005 par Christophe CORET et Sylvie CARDONA, AVES France est une petite structure animée par une poignée de bénévoles passionnés qui se démènent pour agir efficacement malgré le manque de moyens humains et financiers. Chez nous, il n'y a aucun salarié. C'est pourquoi chaque nouvel adhérent, chaque donateur, chaque bénévole compte. Vous pouvez adhérer à partir de 0,85€ par mois et l'adhésion vous donne la possibilité de consulter notre revue "A un poil d'ours" en ligne. Aidez-nous à grandir en soutenant nos actions. Rejoignez-nous ! Votre soutien est essentiel ! (*chiffres pour l'année 2017).


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Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre,

Veuillez trouver ci-joint la lettre rédigée et co-signée par 6 organisations non gouvernementales francaises et l’organisation Humane Society International.

L’objet de cette missive est de renforcer la protection internationale de l’ours polaire et de préparer la réunion qui aura lieu lundi 12 novembre 2012 entre la Commission Européene, l’Organe de gestion et l’Autorité Scientifique de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette réunion aura pour but d’établir un projet de décision sur les positions de la prochaine COP16.

En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à cette missive, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Manon Dene
Humane Society International
USA

Madame Delphine Batho
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
246 Boulevard Saint-Germain
75007 Paris, France

Jeudi 8 Novembre 2012

Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre de l’Ecologie,

Les Etats-Unis ont présenté une proposition, soutenue par la Fédération de Russie, afin de donner à l’ours polaire le plus haut niveau de protection en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette proposition, concernant le transfert de l’espèce de l’Annexe II à l’Annexe I, sera discutée lors de la réunion de la CITES à Bangkok, en Thaïlande, en mars 2013. L’objet de cette lettre est de solliciter votre aide en veillant à ce que la France soutienne cette proposition importante.

Le réchauffement climatique est en train de détruire la banquise, habitat de l’ours polaire, à un tel rythme que sa population devrait diminuer de deux tiers d’ici à 2050. Les ours polaires ne peuvent tout simplement pas survivre sans la banquise, d’où ils chassent le phoque, leur proie principale. Alors que les températures de l’Arctique ont augmenté, l’étendue de la banquise a diminué au cours de chaque saison durant ces 12 dernières années. L’étendue de la banquise arctique (calculée par un instrument de mesure à deux dimensions) a atteint en septembre son niveau le plus bas, ayant diminué de 40,3%, passant en moyenne de 8,67million km2 pour les années 1979-2000, à 5,18 millions km2 aujourd’hui. Le mois de septembre 2012 a battu le record de l’étendue la plus réduite de la banquise. L’épaisseur moyenne de la banquise est passée de 3,64 mètres en 1980 à 1,89 mètre en 2008, orchestrant une baisse de 1,75 mètre (48,1%) sur une période de 28 ans.

Les ours polaires des régions arctiques les plus au Sud ont déjà montré des signes de stress inquiétants. Des scientifiques canadiens ont publié des documents concernant l’impact de la diminution de la banquise sur la condition physique, la reproduction et la survie des ours polaires, y compris dans l’ouest de la Baie d’Hudson, le sud de la mer de Beaufort, le détroit de Davis et la baie de Baffin.

Non seulement les ours polaires doivent faire face à la grande menace que représente le changement climatique, mais ceux-ci sont également chassés afin d’approvisionner le commerce international, avec des tapis en peau d’ours polaires par exemple. Au Canada, 600 ours polaires sont licitement tués chaque année. Les membres et produits d’en moyenne 441 de ces ours polaires en provenance du Canada sont exportés chaque année. Le Groenland a également exporté des membres et des produits d’ours polaires à des fins commerciales jusqu’en 2008, date de mise en place d’un moratoire temporaire sur les exportations. En dépit de ce moratoire, le Groenland continue d’autoriser la chasse de 130 ours polaires par an, qui pourrait à l’avenir approvisionner le commerce international. Les principaux Etats consommateurs sont les États membres de l’Union Européenne et le Japon. Fort heureusement, les trois autres pays comprenant des ours polaires (les Etats-Unis, la Norvège et la Fédération de Russie) n’autorisent pas le commerce de membres ou de produits provenant de cette espèce.

En ce qui concerne le Canada, l’état des populations d’ours polaires continue de se détériorer. En 2009, le IUCN Polar Bear Specialist Group a déclaré que 7 des 13 populations sont en déclin, trois sont stables, une est en augmentation, et qu’il n’y a pas suffisamment d’informations pour déterminer le statut des deux autres. La seule population canadienne en augmentation est celle du détroit de M’Clintock, désormais protégée après une période de chasse excessive en attendant sa reconstitution. Pour autant, l’exploitation des autres populations en déclin, surexploitées et de plus en plus réduites continue d’être autorisée au Canada, incluant les populations composées d’environs 160 animaux seulement (Viscount Melville Sound et le bassin de Kane).

En effet, selon les experts des ours polaires, la plupart des populations du Canada a été surexploitée. Les chasses non soutenables d’ours polaires ont lieu ou ont récemment eu lieu dans au moins neuf sous-populations canadiennes, dont la baie d’Hudson, la baie de Baffin, le bassin de Kane, le sud la baie d’Hudson, le golfe de Boothia, le détroit de M’Clintock, le détroit du Vicomte de Melville, la baie Norvégienne et le détroit de Lancaster.

En raison de la complexité du système canadien responsable de la gestion de la faune, même si le gouvernement central recommandait une réduction des quotas à tuer, celle-ci serait rejetée par les gouvernements locaux. Cette situation s’est récemment produite lorsque le gouvernement central du Canada et le Groupe CSE / IUCN Polar Bear Specialist Group se sont opposés à un triplement du quota de chasse concernant la population de l’ouest la baie d’Hudson : le gouvernement local du Nunavut a rejeté ces préoccupations et a augmenté le quota qui était de 8- donc déjà considéré comme non durable- à 21. Un scénario similaire s’est produit pour la baie de Baffin lorsque, après avoir approuvé un quota de chasse annuel de près de 10% de la population, le Canada a finalement admis que cette action était préjudiciable et a interrompu les exportations pour cette population. Par conséquent, même le Canada a maintenant admis que le commerce de parties et de produits issus d’ours polaire est un facteur de déclin de l’espèce.

A partir de 2008, l’Union européenne a mis en place des suspensions d’importation pour les ours polaires de la baie de Baffin et du bassin Kane, des doutes étant apparus concernant les prélèvements durables; pour les mêmes raisons, la Pologne propose actuellement de suspendre les importations de l’UE pour les sous-populations du détroit de Lancaster, de la baie d’Hudson, du sud de la baie d’Hudson et du détroit de Davis.

La demande du marché concernant les peaux d’ours polaires s’est considérablement renforcée ces dernières années. La demande accrue fait monter les prix des peaux payées aux chasseurs, mais aussi le nombre des ours polaires tués, des quotas de prélèvement et des avances consenties aux chasseurs comme une incitation à chasser. Le prix des peaux d’ours polaires vendues à Fur Harvesters Auction Inc au Canada en 2012 ont plus que doublé par rapport aux prix obtenus en 2007. Le prix maximal des peaux est passé de 6.100 US $ en 2007 à 12.514 US $ en 2012. La moyenne des prix de peaux est passé de 2.079 US $ en 2007 à 5.211 US $ en 2012. Le nombre de peaux d’ours polaires mis aux enchères au Canada a triplé entre 2007 et 2012 : en 2007, 40 peaux ont été proposées contre 150 peaux en 2012. Des prix élevés sont payés pour obtenir des peaux d’ours polaires au détail. Le prix d’une peau d’ours polaire sur les principaux marchés en Russie et en Chine peut coûter jusqu’à 100.000US $ et 63.000US $ respectivement. La pression exercée sur les ours polaires ne cesse d’augmenter en raison de la hausse des prix et de la demande croissante de peaux. En avril 2011, il a été signalé que les chasseurs du Québec ont tué 12 fois le nombre d’ours polaires habituellement collectés dans le sud de la baie d’Hudson pendant l’hiver. Un examen complet de la saison de chasse a établi que 70 individus avaient été tués, ce qui représente plus de 17 fois le nombre habituel d’animaux exécutés. Plus récemment, les trois pays qui se partagent le sud de la baie d’Hudson ont convenu d’un quota de chasse commune de 60 ours par an, quota que la plupart des scientifiques spécialistes des ours polaires estiment non durable.

Néanmoins, nous sommes conscients que certains se demandent si l’ours polaire remplit les critères biologiques adoptés par les Parties de la CITES pour pouvoir inscrire cette espèce à l’Annexe I. Le critère déclare qu’il doit y avoir une baisse marquée de la population à l’état sauvage, définie à plus 50% sur trois générations, soit 45ans pour les ours polaires. Or, il est clair que compte tenu de la dernière prédiction scientifique selon laquelle les populations d’ours polaires vont diminuer de deux tiers d’ici à 2050, le critère est rempli.

Nous devons faire tout en notre pouvoir pour s’attaquer aux facteurs qui menacent la survie des ours polaires. Cela comprend l’élimination du commerce international de cette espèce en inscrivant l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES. Poursuivre le commerce international de l’ours polaire est une menace importante qui aggravera les effets dévastateurs engendrés par le changement climatique. Interdire le commerce international de l’ours polaire est une mesure de conservation préventive efficace que la communauté internationale peut mettre en œuvre immédiatement, alors que la réduction de l’impact du changement climatique sur l’espèce s’étendra sur de nombreuses décennies.

Nous vous incitons donc à soutenir la proposition américaine de transférer l’ours polaire à l’Annexe I.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Christophe Marie – Fondation Brigitte Bardot
Christophe Coret – Association AVES France
Charlotte Nithart – Robin des Bois
Reha Hutin – Fondation 30 millions d’amis
Lamya Essemlali – Sea Shepherd France
Muriel Arnal – One Voice

Pétition : Pour une amélioration des conditions de vie des animaux dans les zoos

AVES France (www.aves.asso.fr) et l’ENDCAP (www.endcaptivity.org) sont à l’initiative de cette pétition visant à faire respecter la Directive Européenne 1999/22/CE concernant les conditions de détention des animaux dans les zoos. Plusieurs études réalisées par le monde associatif ont démontré que de nombreux zoos ne respectent pas la directive et nous demandons des actions correctives afin que ces établissements puissent satisfaire aux besoins spécifiques des espèces qu’ils accueillent.

Signez la pétition sur : http://www.avaaz.org/

Texte de la pétition : (english version  below)

Avant même un nécessaire débat quant au bien fondé des zoos, les signataires demandent à ce que les textes européens et nationaux soient clarifiés et harmonisés afin de ne plus permettre les dérives constatés dans de nombreux établissements. Notamment des normes minimales de détention devraient être établies par espèce.

Les signataires de ce texte demandent que les zoos ne respectant pas la Directive Européenne 1999/22/CE ne soient plus autorisés à reproduire leurs animaux, à les remplacer ou à en acquérir de nouveaux avant que des actions correctives aient été entreprises, notamment pour satisfaire aux besoins spécifiques des espèces.

Pour signer la pétition : http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_une_amelioration_des_conditions_de_vie_des_animaux_dans_les_zoos/?csZvLab

 Associations : Pour rejoindre le mouvement, contactez-nous !

 

For the improvement of living conditions of animals in zoos

Even before a necessary debate regarding the legitimacy of zoos, the signatories are demanding that the European and national laws be clarified and harmonized so that the drifts observed in many establishments are no longer aloud. In particular, minimal norms for detention should be established for each species.

The signers of the document are demanding that zoos who do not respect the European directive 1999/22/CE would no longer be authorized to breed, to replace them or obtain new ones before
that corrective measures be put in place, including meeting the requirements of each individual species.

Notre avis sur : La protection juridique des cours d’eau (Aude Farinetti)

Voici un excellent ouvrage paru aux éditions Johanet et signé Aude Farinetti. Certes, ce gros pavé (un peu plus de 1000 pages) est un livre technique à réserver aux spécialistes, mais il intéressera certainement tous les juristes, bénévoles ou non, des associations de protection de la nature qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur la protection juridique de cet hydrosystème qui a généré de nombreux textes épars. Une lente évolution a tout de même permis de poser les bases d’un socle commun à la protection des cours et de leur biodiversité. Vous retrouverez ici toutes les références nécessaires, du droit pénal au droit public en passant par le droit international, et tous les cas de figure envisageables, que ce soit pour les fleuves ou les captages d’eau, les zones Natura 2000 et les corridors écologiques, bref, un catalogue complet de l’arsenal juridique consacré à cet écosystème irremplaçable.

Une semaine au centre de réhabilitation pour oursons orphelins du Québec

Nicole soteau, amie précieuse et adhérente d’AVES France a suivi Alain Boyaval au Québec pour un voyage extraordinaire pour une passionnée d’ours. Elle nous livre un témoignage que nous relayons avec plaisir.

Le Projet du 4 juillet au 11 juillet 2012 :

Accompagner Alain Boyaval, éthologue, pendant une semaine à Tadoussac, Québec, le suivre dans ses démarches de sensibilisation sur la protection de l’ours noir, interviews pour journaux, radios, conférences… puis rencontrer l’ours dans son milieu, affuts, recherche de traces, moulages, et… la cerise sur le gâteau ! Participer à la remise d’un ourson à la vie sauvage.

Le 4 juillet nous retrouvons Alain Boyaval à l’aéroport de Québec.
Ensemble nous nous rendons à Sacré Cœur, plus précisément au « Domaine de nos Ancêtres », centre de réhabilitation pour oursons orphelins, le seul au Québec, créé en 2006 par Isabelle et Alain Boyaval et deux québécois, Francine et Dany, qui y ont également ouvert un gîte auberge et un centre d’observation des ours.

Pendant le trajet, Alain Boyaval nous fait part d’un fait grave survenu au centre avant notre arrivée, il s’agit du vol d’un petit ours dans la nuit du 26 au 27 juin au Domaine, le cadenas de la cage de l’ourson a été scié. L’ourson s’appelle Chanceux. Ce jeune mâle est né en février. Il a perdu sa mère et pèse 15 kilos. C’est la première fois en 6 ans que cela se produit.
Une plainte a aussitôt été déposée à la Sûreté du Québec et les agents de la faune ont été prévenus du vol de l’ourson. Alain Boyaval a déjà, depuis la France, alerté la presse locale, radios et TV ; il émet 3 hypothèses :
– un acte de malveillance, il faut dire que le refuge n’est pas bien vu par la population environnante composée massivement de chasseurs trappeurs, et si l’ourson est relâché dans la nature, il est condamné car trop jeune pour vivre tout seul ;
– un kidnapping pour une vente en France ou ailleurs dans les cirques ou à un montreur d’ours
– un kidnapping pour l’envoyer dans une ferme à ours en Asie où on lui prélèvera sa bile du foie, très prisée et utilisée dans la pharmaceutique et les cosmétiques.

Il est indigné et fait ouvrir une enquête rapidement afin de retrouver le voleur ou démanteler un éventuel réseau. Ses inquiétudes sont d’autant plus justifiées que lors d’un voyage précédent au Québec, avec sa femme Isabelle, en se faisant passer pour de potentiels acheteurs, ils ont filmé en caméra caché, chez lui, un revendeur d’oursons qui donne les prix, 1500 à 2500 dollars selon la destination, et qui précise bien qu’il s’agit d’ours prélevés dans la forêt.

Lors de la conférence destinée à informer le public sur l’activité du Centre, le comportement des ours et comment vivre avec, Alain Boyaval a projeté en scoop cette vidéo dérangeante. En effet les agents de la faune ont essayé de l’en empêcher invoquant l’enquête en cours… il n’a pas lâché et le public (plus d’une centaine de personnes) a ainsi reçu un message fort.

Il faut savoir qu’au Québec, contrairement au Canada anglophone, l’ours est mal perçu. On peut même entendre parfois « l’ours est une vermine qui pue et qui pollue », on est loin de diffuser dans les écoles les règles élémentaires de vie avec l’ours et les précautions que cela implique, clôtures, poubelles spéciales, ramassage des fruits, nourriture protégée dans des boites hermétiques pour les pique-niques… Un exemple : les gens veulent faire venir des oiseaux dans leur jardin pour leur plaisir, ils disposent des graines pour les attirer, bien sûr cela attire également les ours, alors les gens prennent peur, appellent les agents de la faune qui bien souvent, au lieu de les relocaliser, préfèrent s’en débarrasser en les tuant.

Un détail également significatif : l’image de l’ours n’est pas représentée, encore moins valorisée, au Québec. Il est quasiment impossible de trouver une peluche d’ours noir alors qu’on en trouve partout en Colombie Britannique.

Les agents de la faune sauvage présentent l’ambiguïté d’être, pour la plupart, également des chasseurs trappeurs, donc ils font leur travail mais ils n’aiment pas l’ours, certains pratiquent le piégeage dont les méthodes sont cruelles, comme par exemple le piégeage à chaudière, sorte de seau profond perché dans l’arbre au fond duquel on met un appât, lorsque l’ours y met la patte, celle-ci est aussitôt enserrée par un anneau et il peut agoniser pendu tant que le piège n’est pas relevé ; et que dire du chasseur qui attend son trophée du haut d’un mirador, profitant de la faim de l’ours sortant de tanière en l’attirant avec des appâts ? Quelle lâcheté ! Et pire, la mode est à la chasse à l’arc, avec les dégâts que cela peut faire sur l’animal et ses souffrances !

Ainsi nous sommes directement confrontés au triste sort de l’ours noir au Québec, mais on se laisse quand même envahir par la magie des lieux, la douceur, le calme, les forêts remplies d’empreintes, le Saint Laurent appelé la mer à Tadoussac dont les lumières se confondent avec le ciel dans des tons gris bleuté teintés de mauve et… il se profile un évènement important et majeur : le relâcher de William, l’ourson arrivé chez Francine et Dany l’année dernière, à l’âge de 3 mois, d’abord nourri au biberon et ensuite lâché dans l’enclos où Dany a veillé à ce qu’il apprenne à trouver sa nourriture et à connaître le goût de ce qui l’attend, en lui envoyant par-dessus la clôture, par exemple, des baies qu’il trouvera en automne et même des carcasses de marmottes écrasées sur la route…

Par instinct, l’ourson a dormi une partie de l’hiver en tanière, certains oursons profitent d’une tanière déjà creusée dans l’enclos, d’autres s’en creusent une.

Deux jours avant le relâcher, Alain Boyaval a voulu faire une étude du comportement de l’ourson, nous avons ainsi eu la chance de passer quelques heures dans l’enclos avec lui, tout d’abord, en nous voyant, il a fait quelques charges d’intimidation, puis tout un manège en allant et venant autour de nous, grimpant à l’arbre puis nous approchant à nouveau, Alain Boyaval l’a appâté avec du miel à ours, il s’est aventuré jusqu’à venir prendre doucement le miel dans sa main, ce qui lui a fait dire « il est plus délicat que mon chien ! ».

En conclusion, William, le 12ème ourson à être relâché en 6 ans, n’est pas très craintif, moins que les autres ! Pourtant ce qui l’attend ne sera pas facile, il va devoir faire sa place parmi les autres, probablement courir des kilomètres, se battre pour son territoire… et échapper aux chasseurs !

Il sera relâché dans une réserve, un endroit convenu entre Alain Boyaval et un représentant de la faune, Marc, à deux pas du parc du Saguenay, où la chasse est interdite, en espérant qu’il parte dans cette direction ! Marc est bienveillant, il a l’habitude des relocalisations d’oursons dans son domaine et il confirme, de tous ceux qui ont été relâchés, aucun n’a été identifié comme mort (les oursons portent un clip aux oreilles).

Marc, fort sympathique, mais ambigu lui aussi, nous dit :« l’ours oui je l’ai chassé, je l’ai trappé mais maintenant ça ne rapporte plus, même la peau, les griffes, la vésicule çà ne se vend plus, (il veut dire au marché officiel), j’ai encore ma trappe, (partie de terrain louée lui donnant le droit de trapper) je suis content ma fille va la reprendre, elle a fait des études d’environnement et elle aime trapper !! ????».

Le grand jour arrive, on se lève à l’aube pour retrouver la vétérinaire, et quelques amis des ours, invités pour l’occasion. Tout le monde est ému et conscient qu’il va se passer quelque chose d’exceptionnel pour cet ours.

Quand on arrive à l’enclos l’ourson est déjà en cage, Dany l’avait appâté la veille au soir pour l’amener doucement dans cette cage, sur le moment il s’est beaucoup agité, puis petit à petit s’est calmé pendant la nuit.

Cela est beaucoup plus simple pour l’endormir car si on tire la seringue hypodermique avec un fusil dans l’enclos, l’ours se réfugie en haut d’un arbre, c’est très dangereux car il peut s’y endormir et tomber, tandis que là, la vétérinaire l’a piqué à travers les barreaux, il n’a pas mis longtemps à somnoler puis à dormir et même à ronfler.

Sorti de sa cage la première manœuvre a été la pesée, on l’a mis dans un filet et soulevé, on a fait des paris sur son poids, il nous a étonné, 55 kg, bel ourson ! Puis vinrent les examens nécessaires pour son dossier qui sera remis aux agents de la faune : mensurations du corps, des pattes, des griffes, des dents, et il est badgé aux 2 oreilles avec des poinçons jaunes ! On ne s’est pas privés de caresser son doux poil épais et d’admirer ses paumes aux coussinets bien dessinés.

Il commence à se réveiller juste après sa remise en cage, on le charge dans le coffre de la voiture et hop ! C’est parti !

Après deux heures de route pendant lesquelles je le surveille, il s’agite un peu, se tourne et retourne dans cet espace exigu, l’heure est arrivée, on met la cage par terre et solennellement Alain Boyaval ouvre, grand moment d’émotion ! On y va de notre petite larme, l’ourson s’éloigne de nous progressivement, de buissons en buissons et disparait à notre vue…

La dernière action est de clouer des panneaux dans la région avertissant les chasseurs « ne tirez pas ! Ours marqué et tagué aux oreilles, étude scientifique ».

Nous rentrons à l’auberge, silencieux, chacun revit ce moment à sa façon, on a tous dans la tête l’idée d’avoir assisté à une grande action.

Le lendemain nous participons à l’inspection et au nettoyage de l’enclos, nous y recueillons les traces de la première année de vie de cet ourson, sa tanière, ses griffades, les carcasses qu’il a rongées, on nettoie le bassin où il a découvert les baignades, on fait tout propre et tout neuf pour un éventuel nouvel arrivant qui aurait à la fois pas de chance et de la chance !

Les deux soirs qui ont suivis, nous sommes allés en affût. Ici, contrairement aux pourvoiries où les ours sont appâtés et regardés au mirador dans le but de l’observation des touristes mais également de la chasse, les ours qu’on observe au Domaine de nos Ancêtres sont protégés. Dany dispose quelques brioches sur un portique en bois et, avec le groupe de touristes, nous attendons le passage éventuel d’un ours qui trouverait un bon dessert ! Le premier soir, nous avons vu un beau mâle prélever 2 ou 3 brioches, le deuxième soir sont venus deux adolescents gourmands, un adulte craintif, puis encore un magnifique mâle.

Ils ne se doutent pas, qu’en venant se régaler, ils nous régalent également. Dans la lumière du soleil couchant leur poil noir brille et se détache de la verdure, ah ! Quel beau spectacle !

Le temps encore de faire quelques beaux moulages de traces, d’assister à une interview pour une radio locale et c’est la route du retour vers Québec.

Quelle semaine ! A jamais gravée dans nos mémoires… nous avons la sensation d’un vécu hors du temps, hors du commun et pourtant dans une réalité tragique et merveilleuse à la fois.

Chronique littéraire : Trésor rouge (Julien Pfyffer)

Ce livre est une enquête sur la pêche du thon rouge en Méditerrannée, fortement médiatisée depuis quelques années. Ce sont avant tout des ONG qui ont tiré la sonnette d’alarme sur le risque que courait cette espèce, très convoitée par les pêcheurs. Le thon rouge est presque exclusivement consommé par le Japon et les prix flambent très vite.

Cet ouvrage a pour but de dévoiler les dessous d’un juteux commerce. Je dois bien avouer que le ton m’a quelque peu agacée au moins jusqu’aux deux tiers du livre. Cette enquête d’investigation mâtinée de thriller me semblait flirter dangereusement avec une histoire à sensation mettant en scène, d’un côté les « bons », c’est à dire les braves thoniers français persécutés par les fonctionnaires européens et de l’autre, les « méchants », évidemment les ONG, Greenpeace et Sea Shepherd en tête.

Heureusement, au fil des pages, l’auteur finit par éviter ce manichéisme primaire.

On apprend ainsi comment ont été décidés les quotas de pêche et surtout pourquoi ils ne sont ni fiables ni respectés.

L’ICCAT qui fixe les quotas a encore de gros progrès à réaliser pour faire respecter les règles de pêche. Les contrôleurs présents sur les bateaux étaient (il parait qu’aujourd’hui le système s’est amélioré) peu ou pas du tout formés. On apprend également que les thoniers passent d’un pavillon à l’autre, de français à lybien notamment, que les fermes d’engraissement maquillent leurs chiffres, et enfin, qu’il est très difficile de se procurer le montant des aides publiques dont ont bénéficié les pêcheurs européens et français notamment. La routine, quoi…

La pêche du thon rouge (étonnant d’ailleurs de constater que  dans la bouche de ces professionnels, on utilise le mot « tonnes » plus souvent que thon !) est devenu un gros business en 20 ans et qui ne s’arrêtera probablement qu’avec la chute des populations.

Certes, personne ne sait réellement combien il reste de ces magnifiques animaux en Méditerrannée, mais il serait urgent d’accéder aux demandes des  ONG : un moratoire sur cette pêche me parait indispensable.

Enfin, savez-vous qu’il y a actuellement au Japon près de 25 000 tonnes de thon rouge stockés dans les entrepôts d’hypercongélation ? De quoi méditer, non ?

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