Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les loups

AVES FRANCE étant membre de CAP LOUP, nous relayons cette tribune parue dans Le Monde.

Le journal Le Monde vient de publier une tribune cosignée par un groupe de scientifiques spécialistes en biologie, accompagnés de naturalistes et de protecteurs de la nature. Certains d’entre eux représentent des associations faisant partie de CAP Loup. Cette tribune est une réponse à celle publiée le 13 octobre dernier dans le journal Libération, qui était complètement à charge contre le loup (voir l’actualité CAP LOUP du 14 octobre).

Faute de place, cette tribune n’a pas pu être reproduite dans son intégralité dans Le monde, ni la liste des signataires au complet.

Vous trouverez cette tribune dans son intégralité et les signataires ci-dessous :

Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les loups

Le texte intitulé « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers » paru dans le journal Libération le 13 octobre 2014 plaide pour une régulation forte du loup. Cet article, signé par des spécialistes des sciences humaines et de l’agronomie, met l’accent sur la sauvegarde des éleveurs dont la profession serait mise en danger par les déprédations du loup sur le cheptel domestique. Or, d’après cet article, la fin des bergers signe celle des paysages montagnards diversifiés traditionnels, étalon moderne de la biodiversité au sens large, et déjà mise à mal par l’agriculture intensive. Relevons au passage la confusion faite par des spécialistes du pastoralisme entre éleveur et berger, deux professions qui ne sont pas toujours les mêmes.

Habilement émaillé de mots dépourvus de la neutralité la plus élémentaire, affirmant des réalités distordues ou des idées pour le moins ingénues, ce texte fleure bon la valorisation obsessive de la nature domestiquée, celle des pâturages et des prairies extensives. Ces espaces issus de forêts sombres et hostiles, semblent avoir été rendus à la lumière depuis plusieurs millénaires par l’action civilisatrice de l’homme. Certes devenus rares avec l’agriculture intensive, ils apparaissent ici comme la référence absolue de la biodiversité en France: les éloges pleuvent pour ces éleveurs « passionnés, inspirés par le respect du vivant » qui pratiquent une des agricultures « les plus respectueuses de l’environnement », opposant habilement les méfaits du loup, qui en dévorant le cheptel domestique, occasionne le mal suprême, la déshérence des campagnes. Le vocabulaire est spécialement employé pour dramatiser la situation : « Intenable », « situation d’urgence » ou encore « patrimoine sinistré ». Les signataires s’enflamment : il faut non pas éliminer (ce ne serait pas raisonnable), mais réguler fortement le responsable de cette situation jugée intolérable, le loup.

Les signataires font preuve d’une vision anthropocentrée à la fois partielle et partiale, passant sous silence les impacts négatifs occasionnés par le pastoralisme dont les pratiques se sont intensifiées. Le terme même de pastoralisme cache mal des pratiques très diverses, peu cohérentes et dont les finalités restent parfois à préciser. En effet la moyenne des troupeaux est passée de 200 brebis au milieu du 20ème siècle à plus de 500, voire 1000 à 3000 de nos jours. Comment peut-on évoquer le « respect du vivant », «la passion des éleveurs », le rôle des bergers dans le maintien de la biodiversité traditionnelle, au regard des dégâts causés par de telles concentrations? Combien de plantes et d’insectes typiques des espaces ouverts traditionnels ont été détruits sous l’assaut de tels troupeaux, par surpâturage, piétinement ou élimination par la végétation nitrophile qui s’installe sur leurs déjections contaminées par des médicaments ? Que dire aussi de la perte en diversité des insectes pollinisateurs et autres invertébrés, des criquets aux sauterelles, qui en dépendent pour se nourrir et se reproduire, et des maladies (brucellose, kératoconjonctivite, piétin) transmises par les concentrations excessives d’ovins à la faune sauvage de chamois et bouquetins ? L’élevage ovin est très hétérogène et une marge de progrès est certainement possible pour réduire son impact sur les écosystèmes et rendre faisable sa cohabitation avec le loup. Rappelons que les problèmes des éleveurs datent d’avant l’arrivée du loup… Ils résultent plutôt de la forte concurrence internationale et de la baisse de consommation de viande ovine sur en France.

Quant à l’enfrichement tant décrié par les signataires, il avait gagné du terrain bien avant la venue du loup, en conséquence, justement de ce pastoralisme intensif qui réduit les diversités d’herbivores des alpages aux seuls moutons ou vaches, connus pour leur tendance à refuser la consommation des ligneux. On pourrait rajouter bien d’autres facteurs négatifs créés par la profession des bergers actuels : pollution et compaction des zones humides, perte de cohésion des sols de pente, dominance d’espèces végétales nitrophiles, constatés jusqu’au cœur des parcs nationaux. Quant aux fameux paysages agro-pastoraux des Cévennes, ils se banalisent et s’artificialisent, sous les pressions conjointes de l’intensification des pratiques pastorales et sylvicoles, de pressions touristiques et cynégétiques et d’une surexploitation des eaux jusque dans la zone cœur, sans que le loup y soit pour quelque chose. Enfin, le principal facteur de banalisation du paysage et de disparition des terres agricoles en France est très nettement l’urbanisation : déjà 7 millions d’hectares disparus sous le béton en 50 ans, dont 900 000 hectares de prairies entre 1992 et 2003.

Un autre point mérite également débat : la non reconnaissance explicite de l’importance de la forêt dans la biodiversité du territoire français. Et pourtant, un texte dans lequel le loup tient la vedette ne saurait omettre que la forêt a joué un rôle central dans son expansion, et notamment en hiver, lorsque le cheptel domestique fait défaut. Le loup est associé à une « dégradation » des paysages, par le retour spontané des forêts. Il serait étonnant que le loup ait pu à lui seul favoriser l’expansion forestière généralisée constatée en France depuis plus de 150 ans, bien avant qu’il ne réapparaisse. On peut aussi se demander sur quels critères les signataires opposent la « qualité », la « diversité » et le « dynamisme » des paysages créés par des siècles de pratiques paysannes extensives, aux boisements spontanés, dont on sait pourtant qu’ils sont fort accueillants pour la faune. Quant aux forêts matures qui leur succèderont un jour, comment peut-on encore passer sous silence leur immense valeur ?

L’article tente de stimuler, par quelques mots bien choisis, la peur ancestrale du loup, qui malgré les avancées de la science, reste encore en Europe l’animal le plus largement diabolisé par l’imaginaire collectif. Ainsi, les expressions « assaut des loups », qui « attaquent près des habitations et aux abords des routes » sans être gênés par la présence humaine, ne suggèrent-t-ils pas que des meutes de loups vont envahir les campagnes ? Les loups ne sont que 300 à 350 dans une vingtaine de départements, ce qui est peu au regard des densités des deux derniers siècles : 6500 animaux estimés au 18ème siècle, et 1000 cent ans plus tard suite aux persécutions. Pourquoi la France d’aujourd’hui ne pourrait-elle pas héberger quelques centaines de loups quand nos voisins, l’Espagne et l’Italie, en tolèrent chacun 4 à 8 fois plus, sans pour cela avoir sacrifié le pastoralisme. Certaines carences sociales du système d’élevage italien, avec des bergers pas toujours bien rémunérés, ne doivent pas nous empêcher d’organiser un modèle plus vertueux, bien au contraire.

L’article suggère aussi que le loup néglige ses fonctions de régulateur d’animaux sauvages affaiblis ou malades pour s’attaquer aux proies domestiques saines. Il est pourtant reconnu, grâce aux centaines de publications parues sur l’espèce ces dernières décennies, que le loup attaque autant les uns que les autres, en fonction du nombre d’individus dans la meute, des capacités alimentaires locales ou autres facteurs de l’environnement. En réalité, les meutes structurées ont tendance à chercher des proies sauvages alors qu’après les tirs et l’abattage des leaders, les rescapés jeunes et isolés se rabattent sur les plus faciles : les moutons. Toutefois des troupeaux insuffisamment protégés sont très attractifs pour les loups car ils vont au plus facile. Si le bétail est suffisamment gardé, ils ont tendance à chercher des proies sauvages.

Le loup bénéficie pour son expansion du retour des grands ongulés sauvages -dont la consommation humaine reste d’ailleurs anecdotique- bien plus que du cheptel domestique. En effet, près de 6 000 ovins consommés par les loups chaque année ne suffisent pas à nourrir une population lupine en expansion (plus 20% par an), dont les besoins alimentaires journaliers sont estimés à 2 à 6 kg de viande en moyenne. Quant à ces pertes de cheptel (en outre discutables puisque les attaques par les chiens errants ne sont que très peu prises en compte depuis l’arrivée du loup dans les Alpes), elle ne pèsent guère face aux 750 000 morts dans les troupeaux par accident ou mort naturelle constatées chaque année.

Curieuse omission encore de ne pas citer un fait pourtant largement admis par tous ceux qui connaissent l’écologie du loup son rôle essentiel dans certains processus clé des écosystèmes, de la régulation des herbivores au rôle de pourvoyeur de carcasses pour les petits carnivores. Situé au sommet des réseaux trophiques avec le lynx, le loup détient la palme des effets cascade positifs sur la biodiversité. Et cela en Europe comme en Amérique.

Enfin, le texte omet de parler des financements accordés pour soutenir le pastoralisme et qui doublent les revenus de bien des éleveurs de moyenne montagne : aides à la prévention, mise en place de dispositifs de protection, pris en charge sur les crédits du ministère de l’Agriculture avec un cofinancement européen de 50%. Le montant global a régulièrement augmenté, passant de 1,35 millions d’euros à 8,8 millions d’euros entre 2004 et 2012. A cela a été rajouté le remboursement des pertes occasionnées par la prédation (à titre d’exemple : autour de 1 547 560 euros en 2011 pour 1303 attaques, représentant 4921 victimes). Des indemnisations ont lieu même lorsque la responsabilité du loup n’est pas avérée puisque les techniciens ont des consignes de laxisme. Ils ne contrôlent d’ailleurs pas si les bénéficiaires ont protégé leur troupeau et les éleveurs considèrent ces aides comme des subventions qui leur sont dues.

Les dispositifs de protection des troupeaux sont souvent efficaces quand ils sont bien mis en place, et pas seulement déclarés sur le papier par les éleveurs. Parfois certes, ils sont insuffisants. Mais trop peu est fait dans ce domaine en termes de recherche. Ceci doit être étudié par des scientifiques indépendants, et non uniquement par le CERPAM, émanation des chambres d’agriculture qui elles-mêmes rejettent la présence du loup. Peut-on croire qu’un pays comme la France du 21ème siècle ne serait pas techniquement capable de conduire et garder des troupeaux de moutons en faisant en sorte de ne pas les soumettre à la prédation ou à trop de prédation ? C’est une question de volonté, or une grande partie du monde agricole le refuse. Pourtant la présence des loups oblige à développer des modes de pastoralisme appropriés, avec un gardiennage des moutons par des bergers, donc une plus grande présence humaine. Cela signifie que le retour du loup, c’est aussi le retour du berger.

Comment des scientifiques ont-ils pu réduire ainsi le débat à quelques aspects négatifs bien ciblés de l’impact du loup sur certaines activités humaines, en occultant son rôle dans les écosystèmes ? Si le loup constitue une contrainte pour certaines professions, celle-ci doit être mise en balance avec tout le reste. Par la place qu’il occupe dans les écosystèmes, par le fait qu’il existe depuis un million d’années au moins, le loup a tout simplement le droit de vivre sur notre territoire en populations viables.

Conscients que la nature dépend étroitement des sociétés humaines, nous souhaitons que des biologistes indépendants soient associés, sans parti pris ni rejet obsessionnel de cette nouvelle nature sauvage qui s’installe enfin dans notre pays. Depuis des siècles, l’agriculture simplifie et diminue la biodiversité des paysages. Est-ce le retour du loup, ce sauvage éliminé au siècle dernier, qui choque tant ? Et si cela représentait au contraire un signe et un symbole d’espoir pour mieux vivre ensemble le XXIème siècle ? Nous souhaitons vivement une approche non démagogique, responsable et éthique qui étendrait notre respect aux espèces les plus dérangeantes.

Signataires

Jean André, maître de conférences en retraite, Université de Savoie
Muriel Arnal,présidente de One Voice
Pierre Athanaze, naturaliste, Forêts Sauvages, ASPAS
Stéphane Aulagnier, professeur, Université Paul Sabatier de Toulouse
Isabelle Autissier, présidente du WWF France
Farid Benhamou, géographe, docteur d’Agro Paris Tech et professeur en CPGE à Poitiers
Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux
Claude Bourguignon, ingénieur agronome, chercheur INRA en retraite, co-fondateur du LAMS
Lydia Bourguignon, maître ès sciences, ingénieur INRA en retraite co-fondatrice du LAMS
Roland Carbiener, professeur de biologie et écologie en retraite, Université de Strasbourg
Geneviève Carbone, éthnozoologue, spécialiste du loup
Gilbert Cochet, expert au Conseil de l’Europe, attaché au MNHN
François Couplan, ethnobotaniste, auteur et fondateur du Collège Pratique d’Ethnobotanique
Jean-François Darmstaedter Président de Ferus
Michel Echaubard, ancien président de la commission Faune du CNPN
Christian Erard, professeur émérite du MNHN, directeur du laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux) et du Laboratoire d’écologie générale en retraite.
Raymond Faure, président de la FRAPNA Loire
Jean Claude Génot, écologue, rédacteur en chef de la lettre Naturalité
Philippe Germa, directeur général du WWF France
Olivier Gilg, docteur en écologie, président du Groupe de Recherche en Ecologie Arctique
Marc Giraud, vice-président de l’ASPAS
Jean-Philippe Grillet, directeur de Réserves naturelles de France en retraite
François Guérold, professeur d’écologie, Université de Lorraine
Fabien Hein, maître de conférences en sociologie, Université de Lorraine
Pierre Jouventin, directeur de laboratoire CNRS en retraite, directeur de recherche CNRS 1re classe, responsable de l’équipe « Écologie comportementale » au CEFE et du programme ETHOTAAF de l’Institut Polaire
Antoine Labeyrie, astrophysicien, membre du collège de France
Thierry Lodé, professeur de biologie Universités d’Angers et de Rennes
Baudouin de Menten, La Buvette des Alpages, blog citoyen
François Moutou, vétérinaire épidémiologiste en retraite, société française pour l’étude et le protection des mammifères, expert UICN
Vincent Munier, photographe
Fabrice Nicolino, journaliste
François Ramade, professeur émérite d’Ecologie à l’Université de Paris Sud et Président d’Honneur de la Société Française d’Ecologie
Pierre Rigaux, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
Yves Paccalet, philosophe, naturaliste
Annik Schnitzler, professeur d’écologie, Université de Lorraine
Alain Tamisier, chercheur en biologie, au CNRS en retraite
Jean-Marc Thiollay directeur de recherche au CNRS en retraite, administrateur LPO, président du comité scientifique du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient
Jean-Michel Walter, maître de conférences en écologie, Université de Strasbourg en retraite
Maurice Wintz, maître de conférences en sociologie de l’environnement, Université de Strasbourg

Le loup autrefois en forêt d’Orléans (Jacques Baillon)

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Ce patient travail de recherches a permis de mettre en lumière le rôle joué par le loup dans l’histoire locale et les traces qu’il a laissées dans de nombreux domaines. Il ressort des différents témoignages, récoltés au fil des siècles, que chroniqueurs et historiens dressaient un portrait à peu près identique de Canis lupus : une bête fauve qui faisait peur, qui était accusée de dévorer des enfants, de tuer les gens faibles et malades, de s’attaquer aux animaux domestiques, bref de semer terreur et zizanie. Les registres paroissiaux ressemblent à de mauvais contes pour enfants où le loup est responsable de bien des méfaits. On y trouve notamment mention d’un cousin de la bête du Gévaudan, appelé la bête d’Orléans (original, non ?), et de loups-garous.

Suivent ensuite plusieurs chapitres consacrés à la chasse au loup, aux lieutenants de louveterie, etc. On y apprend des choses édifiantes, comme « En 1882, par exemple, tuer une louve pleine rapportait 150 francs alors qu’un ouvrier gagnait deux francs par jour ! Un excellent moyen d’arrondir ses fins de mois pour une population rurale globalement pauvre ».

Les tous derniers chapitres sont consacrés aux descriptions de l’animal faites par les anciens naturalistes. Certains font preuve d’un peu plus d’objectivité en admettant que la plupart des méfaits reprochés aux loups sont des contes de bonne femme.
Résultat de ce massacre acharné, le loup disparait définitivement de la forêt d’Orléans à la toute fin du XIXème siècle.

Cette lecture permet de mieux comprendre les préjugés des gens de ces époques éloignées, leur ignorance à propos du loup, et le lourd tribut que ce dernier a payé à la bêtise humaine. A lire tout ceci, je me dis que la situation n’a que très peu changé pour le loup, une si légère amélioration… car les mentalités sont si difficiles à faire évoluer…
Un ouvrage, agrémenté de belles photos, qui contribue à mieux faire connaître le loup, et qui plaira certainement aux habitants de la région, intéressés par l’histoire locale et la nature.

Au loup ! par Thierry Lodé

Nous diffusons bien volontiers la tribune de Thierry Lodé* qui nous a bien plu.

Jusque dans certains milieux écolo-libertaires se véhiculent de drôles d’idées noires. Voilà qu’on y crie « au loup » ! Qu’on y fait la propagande de films apparemment documentés, mais à l’argumentaire plus que biaisé, pour exiger la « régulation » des loups en insistant sur les images des carnages et sur la fin de l’agriculture paysanne.

Pourtant, cette intimidation cinématographique, qui a valeur d’une thèse à charge contre la vie sauvage, ne peut guère faire croire que l’élevage serait en péril en France à moins d’une très grosse manipulation.

Pour 24.7 % de « parcs naturels », il n’existe sur le territoire français que 2 % de zones en réserve pour le maintien de la faune sauvage quand l’espace naturel et nos montagnes sont de plus en plus avalés par les aéroports, par des barrages, par l’intensification des cultures, par le tourisme et par la croissance urbaine. Il est probable pourtant que cette invasion continuelle des espaces soit de plus en plus incompatible avec la présence de la faune sauvage. Alors, la solution serait, sinon de détruire tous ces animaux qui gênent, au moins de les écarter ailleurs, plus loin encore, de réduire leur prétendue « prolifération » ?

Mais que viennent faire tous ces moutons seuls et sans défenses dans nos montagnes et sur nos causses ? Pourquoi ces territoires fragiles sont-ils entre les mains de propriétaires terriens qui admettent un pâturage aussi brutal ? D’autant que la plus grande part de la production ovine reste largement industrielle ou quasi industrielle et dépendante des subventions bien qu’elle se présente comme extensive. Il y a environ 7 millions de moutons en France (seulement 38000 en bio, soit 0,5 %) dont 2 millions pour la production laitière, mais tout cela finit toujours à l’abattoir où un agneau se vend 6 € la tête. Car ce qui menace la filière, c’est le modèle économique lui-même. A peu près 14 tonnes sont exportées sur un total de 65 tonnes, soit quasiment 1 agneau produit pour l’étranger sur 5. Dans les élevages, 60 % de la mortalité des agneaux survient pendant les 3 premiers jours. Et à l’âge adulte, les conditions atroces du transport des brebis domestiques à des densités réglementaires de 5 moutons par m² (!) durant jusqu’à 19 heures (mais le voyage peut durer 2 semaines) entraînent à elles seules la mort de milliers d’animaux. Enfin, moins de 1800 élevages ont admis les mesures de protection contre le loup. Or, d’après les chiffres maximum, les loups emportent à peine 0,08 % du cheptel un peu avant l’abattoir. Quelle place reste-t-il pour la faune sauvage ? Les lions, les tigres, les panthères et les ours attaquent bien davantage ailleurs, prélevant aussi régulièrement des animaux domestiques. Il existe, même au Canada, des accidents avec les humains. Et j’en suis désolé, du point de la détresse humaine, un paysan espagnol, un ouvrier agricole indien, ou un éleveur tanzanien valent bien autant qu’un producteur d’ovins français.

Les détracteurs du loup répètent toujours la même chose, il faut « réguler ». Mais les éleveurs ont déjà droit à effectuer des tirs de défense pour tuer ou effaroucher les loups qui approchent les herbages. Ils ne s’en privent pas. Il s’ajoute désormais nombre de battues, menées tambour battant. L’élimination exceptionnelle d’individus agressant un troupeau peut se comprendre, mais l’élimination indifférenciée ne s’avère jamais une solution durable. A combien de loups tués s’arrêteront-ils ? Car ici, le mot « régulation » n’est qu’une autre forme du mot « élimination ». On tue tout ce qui est vu. On a déjà « régulé » c’est-à-dire tué 33 loups en France (15 femelles et 18 mâles au 30 novembre 2014), soit 11 % de la population des 300 loups français (il y a 3000 loups en Espagne), dont des femelles gestantes ou allaitantes. Les chasseurs « régulent » c’est-à-dire massacrent tous les ans 200 000 putois, 150 000 martes, 300 000 belettes et nombre de renards, de blaireaux, de fouines et de visons pour « protéger » leur gibier. Et pourtant, le petit putois de nos campagnes est juste accusé de manger des grenouilles, des lapins et… des rats !

A-t-on été si mauvais dans l’enseignement que l’écologie n’est plus vécue que comme une économie du monde ? Quand et à combien d’animaux tués cesseront ils de dire qu’il y a trop de renards, de loups, de blaireaux ? Cette prétendue « régulation » est une incongruité écologique. Les prédateurs ne prolifèrent jamais. Plus même, chez des animaux vivant en communautés sociales, le groupe familial constitue la clé de la survie. Tuer des loups au hasard entraîne juste l’éclatement des groupes. Le territoire atteint environ 200 km². Les survivants inexpérimentés qui n’ont rien pu apprendre risquent alors de mener une vie plus ou moins erratique et, s’en prenant aux proies les plus faciles, ils peuvent au contraire aggraver le problème des attaques contre les moutons. La proie « naturelle » du loup reste le chevreuil, et le prédateur a besoin d’environ 3 à 5 kg de viande par semaine**, soit en moyenne 1 à 2 chevreuils par mois, moins de 2 % de ce que l’activité cynégétique tue. Car les chasseurs tuent 500 000 cervidés en France par an et entre 1985 et 2000, le nombre de chevreuils abattus a été multiplié par 4. On le constate, les chiffres n’ont rien de comparable.

Il n’y a pas à être pour ou contre le loup, mais juste à apprendre à vivre avec les animaux sauvages qui nous accompagnent durant notre passage sur cette planète. Vivre avec les animaux comme les agriculteurs biologiques apprennent à cultiver en tolérant les plantes sauvages. Cela n’est pas facile, mais la nature n’est pas la seule affaire des petits propriétaires qui industrialisent nos vies. Notre monde est comme un château de cartes et la biodiversité est nécessaire à notre survie, comme les abeilles et les syrphes pollinisent des millions de plantes à fleurs, depuis nos courgettes à nos assiettes, comme les vers de terre labourent et digèrent des millions de tonnes de déchets et comme les oiseaux, les blaireaux et les fouines dispersent des milliards de graines. On ne sait pas bien à partir de quelles altérations les écosystèmes perdent leur intégrité fonctionnelle mais ôter une carte, puis une autre, encore une autre et c’est l’ensemble de notre monde qui s’écroulera… On a pourtant vu défiler à Paris des cortèges de tracteurs demandant à continuer à user des pesticides encore, et encore.

Au lieu de précariser les ouvriers agricoles, d’exploiter les pauvres et de détruire les milieux naturels, il faut réinventer une agriculture humaine avec des bergers, de vraies communautés et où la survie des uns ne dépendra pas du prix de vente d’animaux regardés comme marchandises, ni de la destruction des autres espèces. Ce n’est pas le loup qui menace l’agriculture paysanne, c’est l’industrialisation de nos vies !

Doit-on considérer la nature comme un espace mercantile dévolu à toujours plus d’échanges marchands ? Doit-on exploiter toutes les « ressources », braconner tous les rhinocéros ? Détruire tous les tigres ? Massacrer tous les putois ? Eliminer tous ces animaux dont on affirme qu’ils dérangent afin de garder seulement des espèces condamnées à perpétuité à être contemplées dans des « réserves » où seuls Mickey et Goofy seraient bien gentiment derrière des grilles ? Partout l’érosion de la biodiversité s’aggrave et la détérioration des milieux s’empire, et, cependant, jamais autant d’éléphants, de tigres, d’hermines et de rhinocéros n’ont été braconnés.

Alors, qui orchestre cette nouvelle fable du loup et de l’agneau ? Je me refuse à vivre dans un monde dépeuplé d’animaux sauvages où la seule réalité serait l’économie de nos vies assujetties aux marchandises. Ce que veulent ces gens-là, c’est une nature vide, bien propre, sans dangers ni animaux sauvages, dépeuplée de tout ce qui en fait l’écologie vitale. Apparemment, les hérauts de« Chasse pêche nature et tradition » et autres réactionnaires semblent encore posséder bien de la marge. Ne nous trompons pas d’ennemis. Nous ne voulons pas de ce monde-là, vide des êtres vivants et seulement rempli de leur police, de leurs producteurs et de leurs marchands. Oui, la nature n’est pas un monde de petits pandas gentils, la vie sauvage peut être inquiétante, vivre c’est prendre des risques.

Mais le vrai danger en France, ce n’est pas la survie d’à peine 300 loups sauvages, c’est la gigantesque propagande idéologique de 3 millions de fachos dans l’hexagone.

* Professeur d’écologie évolutive, UMR CNRS 6552.

** précision d’Aves France : en réalité, les besoins journaliers du loup varient selon la saison et le milieu occupé par le loup, la taille de la meute et la disponibilité des proies. Un « gros » loup d’Amérique du Nord consommera davantage qu’un « petit » loup d’Eurasie, la fourchette se situant donc entre 1,5 et 3,5 kg par jour, avec des variations dues à des périodes de disette.

Les bêtes dangereuses, dévoreuses, venimeuses.

9782354882372FS

Voici un ouvrage jeunesse signé Jean-Baptiste de Panafieu, formidablement intelligent et irrésistiblement drôle.

L’auteur dresse le portrait de bestioles généralement peu aimées et/ou craintes des enfants comme des adultes. Du vampire (espèce de chauve-souris) à l’hippopotame en passant par le requin, le cobra, l’ours noir, le dragon de Komodo et pas mal d’insectes, voici la liste réjouissante de bestioles qui sont accusées de nous mordre, de nous piquer, de nous injecter du venin, bref, de nous faire peur et de nous compliquer la vie (quand ils ne nous l’ôtent pas !).

Chaque animal ou insecte bénéficie d’une fiche d’identité reprenant les rubriques « De quoi est-il accusé ? », Est-il vraiment coupable ? », « Le saviez-vous ? ». Les illustrations (de Benjamin Lefort et lucie Rioland) sont très chouettes, et sont partagées en deux séries : les unes, très précises, représentent l’animal, les autres, qui sont des vignettes humoristiques.

Et qu’apprend-t-on, entre autres, dans ce sympathique livre ? Que les petites bêtes sont bien plus dangereuses que les grosses. Et oui. La preuve ? L’anophèle, un moustique, est responsable des épidémies de paludisme, maladie qui cause la mort de centaines de milliers de personnes, chaque année. A l’inverse, le grand requin blanc, qui parait bien plus terrifiant qu’un moustique, ne tue qu’une dizaine de baigneurs par an. (ben quoi, c’est pas terrible comme score !).

Autre idée reçue, ce brave hippo, végétarien pourtant, tue une centaine de personnes par an (c’est un animal extrêmement territorial, il faut se mettre à sa place) et est donc bien plus dangereux pour la population africaine que son camarade le lion. C’est fou, non ?

Et pourtant, toutes ces bêtes ont de solides raisons de nous attaquer (voyez, les rôles sont inversés pour une fois…) : nous leur faisons peur, nous tuons leurs petits, nous empiétons sur leurs territoires ou pire, nous les détruisons, nous polluons leurs habitats, nous les chassons et les exploitons. Nous sommes leurs concurrents et leurs super-prédateurs. Mettons-nous un peu dans leur peau de temps en temps.

Enfin, je terminerai avec le petit plus de ce livre. Personne ne songe à nier la dangerosité du tigre ou du crocodile marin. Et pourtant, l’auteur n’hésite pas à présenter l’animal le plus dangereux de tous les temps qui parait – à première vue seulement – le plus inoffensif. Dépourvu de poils ou de plumes, dont la vue, l’odorat et l’ouïe sont fort médiocres, n’étant pas doté de griffes et de crocs dignes de ce nom, peu rapide, malhabile… bref, un outsider qui possède cependant deux qualités primordiales pour survivre et dominer les autres espèces : la cruauté et l’intelligence. Allez, vous avez deviné de qui il s’agit ? Gagné, c’est l’être humain, pardi !

De quoi donner matière à réflexion aux enfants et aux parents.

Plainte contre la France : quelles sanctions pour l’abandon de l’ours des Pyrénées ?

Vous rappelez-vous qu’en 2012, les associations de protection de la nature ont obtenu la mise en demeure de l’Etat français pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées. Et depuis ? La France a-t-elle été condamnée ? Quand ? À quelle sanction ?

AVES France a interrogé la commission européenne et, après plusieurs mois, a reçu la réponse suivante :

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Aujourd’hui, plusieurs questions restent en suspend :
– la France sera-t-elle effectivement condamnée pour défaut de protection de l’ours brun, ce qui serait logique à entendre les propos de Ségolène Royal lors de son dernier déplacement dans les Pyrénées ?
– la France préfèrera-t-elle payer une amende que de faire preuve de courage en adoptant une vraie politique favorable à l’ours ?
– l’union européenne se satisfera-t-elle de ces mystérieux échanges avec la France et de ce non moins mystérieux « volet ours de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité », que nous n’avons pas encore eu le loisir de lire, mais qui devrait être rendu public début 2015.

Autant dire que nous serons attentifs sur ce qui ne sera certainement pas le dénouement le cet épais dossier et que, quelque soit la fin de ce chapitre, nous veillerons encore à l’avenir au devenir de l’ours dans notre pays.

Manifestations anti-loup : les éleveurs se trompent d’ennemi

Les manifestations d’éleveurs contre le loup de ces 25-27 novembre, organisées à l’appel de syndicats agricoles, font entendre les difficultés ressenties par la profession mais aussi une conception de l’élevage ignorant tout des enjeux actuels de protection de la biodiversité. La Fédération nationale ovine considère le loup comme un « fléau » et demande rien de moins que « l’exclusion des loups des zones d’élevage ». Face à cette vision d’un autre âge, les associations de CAP Loup tiennent à rappeler les enjeux économiques et patrimoniaux du dossier.

Le loup n’est pas responsable des difficultés économiques

Le loup est une cible très facile à désigner, fédératrice pour des syndicats agricoles dépassés par les difficultés profondes de la filière ovine. La très forte concurrence internationale, la baisse continue de la consommation de viande ovine en France (-50% en 30 ans), la disparition des terres agricoles au profit de l’urbanisation (7 millions d’hectares en 50 ans), la multiplication des maladies (émergence récente du virus de Schmallenberg): voilà les causes réelles des difficultés de l’élevage ovin.

La France doit protéger le loup

La population de loups est certes actuellement dans une dynamique plutôt positive au niveau national, et ce retour naturel est une chance formidable pour nos écosystèmes. Mais la conservation de l’espèce n’est pas encore assurée en France. Notre pays, comme les autres, doit prendre sa part dans la protection des loups. C’est à la fois une nécessité patrimoniale et une obligation réglementaire de la France au niveau européen.

Les citoyens ont leur mot à dire

L’élevage ovin est maintenu en France par des subventions publiques représentant 50 à 80% du revenu des exploitations, hors subventions spécifiques pour la protection des troupeaux et indemnisations liées à la prédation. Les éleveurs auraient donc tout intérêt à répondre aux attentes des Français, très majoritairement favorables à la protection du loup*. Le retour de cette espèce est aussi une très bonne nouvelle pour le développement du tourisme vert. Oui, le retour du loup est souvent une contrainte nouvelle pour des éleveurs qui doivent réapprendre à travailler en présence de prédateurs naturels. Mais les éleveurs peuvent et doivent s’adapter aux enjeux du 21ème siècle de protection du patrimoine naturel de tous les Français.

Les associations de CAP Loup

*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

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#GIVINGTUESDAY : AVES France lance le Noël des animaux sauvages

Mardi 2 décembre, c’est le GIVING TUESDAY, la journée du don et de la solidarité. En décembre, AVES France s’associe à cette campagne lancée par la plateforme de collecte de dons HELLOASSO pour collecter un maximum d’argent en faveur des programmes nationaux et internationaux pour la conservation des espèces menacées.

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Cette année 2014, AVES France a rejoint le collectif du 21 septembre contre la chasse et le collectif CAP Loup. Nous avons poursuivi nos campagnes contre les spectacles d’animaux et la captivité, continué à travailler sur les dossiers de l’ours et du loup en France, sur la conservation de l’ours à lunettes et de la faune autochtone en Equateur, des ours malais en Indonésie, apporté notre participation à plusieurs autres associations et acheté des parts de Réserves de vie sauvage.

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Tout ce travail, c’est grâce à vous que nous pouvons le faire. Merci pour votre générosité. Merci de vous mobiliser une nouvelle fois, pour que ce mois de décembre se termine par la promesse de participer encore, l’année prochaine, à de magnifiques projets pour la conservation des espèces menacées.

http://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/giving-tuesday banniere-site-1

Un empoisonnement universel de Fabrice Nicolino

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Fabrice Nicolino signe à nouveau un ouvrage majeur sur le thème des pollutions chimiques. Certes, ce n’est pas le premier à se pencher sur la question mais son livre est sans nul doute l’un des mieux documentés.

Il débute comme un thriller historique qui donne des sueurs froides. Car bien sûr, toute l’histoire de l’humanité est inscrite dans le sang. Cela commence grosso modo avec la première guerre mondiale qui marque véritablement l’essor de l’industrie chimique. Des armes de destructions massive aux produits destinés à améliorer le travail (et le rendement) des agriculteurs, il n’y a qu’un pas qu’ont allègrement franchi scientifiques et entreprises dans les années noires de l’avant et après-guerre. Que l’on ait fricoté avec les nazis n’empêche apparemment pas de recevoir des prix Nobel ou de faire partie des conseils d’administration de multiples et opulentes sociétés. Après cette première partie consacrée à retracer la naissance d’entreprises célèbres et toujours florissantes, dont Bayer, BASF, Dow Chemicals, Du Pont, etc., on passe à une vérité tout aussi atroce : la présence d’un nombre incalculable de substances chimiques dans notre environnement, dans l’eau, dans notre sang… Aucun homme, aucun animal, aucune partie du globe, du désert de sable à la banquise, n’est épargné. Nous sommes tous contaminés.

Le journaliste se penche alors sur les manoeuvres de l’industrie chimique, décrit les campagnes de lobbying, la complicité passive du pouvoir politique et d’organismes officiels, les luttes de pouvoir d’individus dénués de scrupules, rappelle la désinformation qu’on distille sournoisement pour gagner du temps.

Comme en tant d’autres domaines, les rapports de scientifiques indépendants, les articles des lanceurs d’alerte sont soigneusement ignorés, tandis que les grands pollueurs de ce monde, sont de toutes les réunions, de tous les comités, participent à toutes les décisions et infiltrent même de vénérables institutions. Pendant ce temps là, les gens et les bêtes continuent à crever du cancer, à souffrir du diabète, d’obésité, on découvre de «nouvelles» maladies que l’on ne saurait guérir, les malformations augmentent, le taux de personnes allergiques à tout et n’importe quoi aussi. L’Histoire est émaillée de nombreux scandales (au hasard, l’amiante…) et accidents majeurs (un seul exemple parmi tant d’autres, Bhopal) mais personne n’en a retenu les leçons. Ni ici, ni là-bas…

Réjouissant, non ?

Enfin, cerise sur le gâteau, on découvre que, oui, on vit plus vieux, mais pas en bonne santé. A quoi cela sert-il d’atteindre les 90 ans et de ressembler à un légume, je vous le demande ? Fabrice Nicolino nous offre donc un livre dense, clair et vraiment érudit. Courageux aussi.

Après tout ce que je viens d’écrire, il m’est impossible de mentir et de dire que le livre se termine sur un happy-end. Il n’y en aura pas. Et pourtant, ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Une piste ? Se passer de produits chimiques dans notre quotidien, quand cela est à notre portée. Et choisissons une autre voie.

La boutique de l’association AVES France

Pour soutenir les actions de l’association, vous pouvez adhérer ou soutenir nos projets en cliquant sur ce lien, mais si vous préférez paypal, vous êtes sur la bonne page ! Voici notre mini boutique. Profitez-en. 5% de réduction jusqu’au 20 décembre avec le code NOEL2014 !

Adhésion :
Adhésion junior (8€)


Adhésion 1 an (10€)

Adhésion 3 ans (30€)

Adhésion 5 ans (50€)

Adhésion personne morale 1 an (50€)

Don (à partir de 1€) :
(modifiez la quantité pour augmenter la valeur de votre don. Vous pourrez préciser dans les instructions si c’est un don général ou un don attribué à un projet en particulier)


Livres :


Palouma (12,50€)

Dernières nouvelles de l’ours polaire (18€)

Petit ours polaire (11€)

Brochure OURS Espèces menacées (1€)

Jeu 7 familles :
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Artisanat Ours à lunettes :


Porte-clefs ours à lunettes assis (10€)

Porte-clefs ours à lunettes pyrogravé (7,50€)

Marque-page ours (1€)

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Pétition Cap Loup : Pour que vive le loup et vive le pastoralisme

AVES France a rejoint en novembre 2014 le collectif CAP Loup. A ce titre, nous vous invitons nombreux à signer la pétition suivante : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/vive-loup-vive-pastoralisme/12096

 

PETITION :

La France s’est lancée dans la chasse aux loups, espèce protégée, alors que 75% des Français trouvent inacceptable qu’on abatte cette espèce*. Nous interpellons Mme la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, afin qu’elle écoute la demande de la majorité des citoyens, et qu’elle mette fin à cette campagne de haine contre les loups et ceux qui les protègent.

Nous demandons à Mme Ségolène Royal :

 ● de mettre fin à la politique des tirs et de faire appliquer une véritable protection du loup. Il faut réaffirmer clairement son statut d’espèce protégée. La destruction systématique de loups ne doit plus être envisagée comme un mode de gestion. Les tirs ne résolvent en rien les difficultés des éleveurs et torpillent la cohabitation entre le pastoralisme et le loup.

● de favoriser un élevage responsable et compatible avec la conservation de la biodiversité. Aimer le loup n’est pas délaisser le berger ! Les aides financières liées au loup permettent leur embauche et la réfection des cabanes: le loup crée de l’emploi et fait revivre les alpages, ne l’oublions pas. L’État doit encore mieux accompagner les éleveurs volontaires pour développer des techniques pastorales alte rnatives aux tirs, en accord avec les enjeux écologiques et les attentes de la société.

● de ne plus indemniser les éleveurs qui ne gardent pas ou ne protègent pas suffisamment leurs troupeaux. Les très grands troupeaux mal gardés entraînent une dégradation écologique de nos montagnes et concentrent l’essentiel des difficultés de cohabitation avec le loup. D’autre part, l’élevage ovin ne survit que grâce aux subventions publiques et reçoit chaque année plusieurs centaines de millions d’euros (hors aides spécifiques liées au loup). Les contribuables sont en droit de demander des comptes sur ce que l’on fait de leurs deniers.

● de faire cesser la haine qui sévit autour du loup et de ses protecteurs. Des (ir)responsables politiques n’hésitent pas à mentir au sujet du loup pour s’attirer les faveurs d’un public sensible. Nous demandons à ce que cesse cette désinformation malhonnête, et nous sommes à la disposition des médias pour une information plus objective sur ce dossier.

Protéger les loups, c’est protéger le patrimoine naturel de tous les Français !

Les associations de CAP Loup

*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

© Photo : Juan José González Vega – GNU

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