Les bêtes dangereuses, dévoreuses, venimeuses.

9782354882372FS

Voici un ouvrage jeunesse signé Jean-Baptiste de Panafieu, formidablement intelligent et irrésistiblement drôle.

L’auteur dresse le portrait de bestioles généralement peu aimées et/ou craintes des enfants comme des adultes. Du vampire (espèce de chauve-souris) à l’hippopotame en passant par le requin, le cobra, l’ours noir, le dragon de Komodo et pas mal d’insectes, voici la liste réjouissante de bestioles qui sont accusées de nous mordre, de nous piquer, de nous injecter du venin, bref, de nous faire peur et de nous compliquer la vie (quand ils ne nous l’ôtent pas !).

Chaque animal ou insecte bénéficie d’une fiche d’identité reprenant les rubriques « De quoi est-il accusé ? », Est-il vraiment coupable ? », « Le saviez-vous ? ». Les illustrations (de Benjamin Lefort et lucie Rioland) sont très chouettes, et sont partagées en deux séries : les unes, très précises, représentent l’animal, les autres, qui sont des vignettes humoristiques.

Et qu’apprend-t-on, entre autres, dans ce sympathique livre ? Que les petites bêtes sont bien plus dangereuses que les grosses. Et oui. La preuve ? L’anophèle, un moustique, est responsable des épidémies de paludisme, maladie qui cause la mort de centaines de milliers de personnes, chaque année. A l’inverse, le grand requin blanc, qui parait bien plus terrifiant qu’un moustique, ne tue qu’une dizaine de baigneurs par an. (ben quoi, c’est pas terrible comme score !).

Autre idée reçue, ce brave hippo, végétarien pourtant, tue une centaine de personnes par an (c’est un animal extrêmement territorial, il faut se mettre à sa place) et est donc bien plus dangereux pour la population africaine que son camarade le lion. C’est fou, non ?

Et pourtant, toutes ces bêtes ont de solides raisons de nous attaquer (voyez, les rôles sont inversés pour une fois…) : nous leur faisons peur, nous tuons leurs petits, nous empiétons sur leurs territoires ou pire, nous les détruisons, nous polluons leurs habitats, nous les chassons et les exploitons. Nous sommes leurs concurrents et leurs super-prédateurs. Mettons-nous un peu dans leur peau de temps en temps.

Enfin, je terminerai avec le petit plus de ce livre. Personne ne songe à nier la dangerosité du tigre ou du crocodile marin. Et pourtant, l’auteur n’hésite pas à présenter l’animal le plus dangereux de tous les temps qui parait – à première vue seulement – le plus inoffensif. Dépourvu de poils ou de plumes, dont la vue, l’odorat et l’ouïe sont fort médiocres, n’étant pas doté de griffes et de crocs dignes de ce nom, peu rapide, malhabile… bref, un outsider qui possède cependant deux qualités primordiales pour survivre et dominer les autres espèces : la cruauté et l’intelligence. Allez, vous avez deviné de qui il s’agit ? Gagné, c’est l’être humain, pardi !

De quoi donner matière à réflexion aux enfants et aux parents.

Plainte contre la France : quelles sanctions pour l’abandon de l’ours des Pyrénées ?

Vous rappelez-vous qu’en 2012, les associations de protection de la nature ont obtenu la mise en demeure de l’Etat français pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées. Et depuis ? La France a-t-elle été condamnée ? Quand ? À quelle sanction ?

AVES France a interrogé la commission européenne et, après plusieurs mois, a reçu la réponse suivante :

IMG_0356.PNG

Aujourd’hui, plusieurs questions restent en suspend :
– la France sera-t-elle effectivement condamnée pour défaut de protection de l’ours brun, ce qui serait logique à entendre les propos de Ségolène Royal lors de son dernier déplacement dans les Pyrénées ?
– la France préfèrera-t-elle payer une amende que de faire preuve de courage en adoptant une vraie politique favorable à l’ours ?
– l’union européenne se satisfera-t-elle de ces mystérieux échanges avec la France et de ce non moins mystérieux « volet ours de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité », que nous n’avons pas encore eu le loisir de lire, mais qui devrait être rendu public début 2015.

Autant dire que nous serons attentifs sur ce qui ne sera certainement pas le dénouement le cet épais dossier et que, quelque soit la fin de ce chapitre, nous veillerons encore à l’avenir au devenir de l’ours dans notre pays.

Manifestations anti-loup : les éleveurs se trompent d’ennemi

Les manifestations d’éleveurs contre le loup de ces 25-27 novembre, organisées à l’appel de syndicats agricoles, font entendre les difficultés ressenties par la profession mais aussi une conception de l’élevage ignorant tout des enjeux actuels de protection de la biodiversité. La Fédération nationale ovine considère le loup comme un « fléau » et demande rien de moins que « l’exclusion des loups des zones d’élevage ». Face à cette vision d’un autre âge, les associations de CAP Loup tiennent à rappeler les enjeux économiques et patrimoniaux du dossier.

Le loup n’est pas responsable des difficultés économiques

Le loup est une cible très facile à désigner, fédératrice pour des syndicats agricoles dépassés par les difficultés profondes de la filière ovine. La très forte concurrence internationale, la baisse continue de la consommation de viande ovine en France (-50% en 30 ans), la disparition des terres agricoles au profit de l’urbanisation (7 millions d’hectares en 50 ans), la multiplication des maladies (émergence récente du virus de Schmallenberg): voilà les causes réelles des difficultés de l’élevage ovin.

La France doit protéger le loup

La population de loups est certes actuellement dans une dynamique plutôt positive au niveau national, et ce retour naturel est une chance formidable pour nos écosystèmes. Mais la conservation de l’espèce n’est pas encore assurée en France. Notre pays, comme les autres, doit prendre sa part dans la protection des loups. C’est à la fois une nécessité patrimoniale et une obligation réglementaire de la France au niveau européen.

Les citoyens ont leur mot à dire

L’élevage ovin est maintenu en France par des subventions publiques représentant 50 à 80% du revenu des exploitations, hors subventions spécifiques pour la protection des troupeaux et indemnisations liées à la prédation. Les éleveurs auraient donc tout intérêt à répondre aux attentes des Français, très majoritairement favorables à la protection du loup*. Le retour de cette espèce est aussi une très bonne nouvelle pour le développement du tourisme vert. Oui, le retour du loup est souvent une contrainte nouvelle pour des éleveurs qui doivent réapprendre à travailler en présence de prédateurs naturels. Mais les éleveurs peuvent et doivent s’adapter aux enjeux du 21ème siècle de protection du patrimoine naturel de tous les Français.

Les associations de CAP Loup

*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

givingtuesdayAF

#GIVINGTUESDAY : AVES France lance le Noël des animaux sauvages

Mardi 2 décembre, c’est le GIVING TUESDAY, la journée du don et de la solidarité. En décembre, AVES France s’associe à cette campagne lancée par la plateforme de collecte de dons HELLOASSO pour collecter un maximum d’argent en faveur des programmes nationaux et internationaux pour la conservation des espèces menacées.

DH-big-enclo-01

Cette année 2014, AVES France a rejoint le collectif du 21 septembre contre la chasse et le collectif CAP Loup. Nous avons poursuivi nos campagnes contre les spectacles d’animaux et la captivité, continué à travailler sur les dossiers de l’ours et du loup en France, sur la conservation de l’ours à lunettes et de la faune autochtone en Equateur, des ours malais en Indonésie, apporté notre participation à plusieurs autres associations et acheté des parts de Réserves de vie sauvage.

10730988_10203172794536857_7267814002693633108_n

Tout ce travail, c’est grâce à vous que nous pouvons le faire. Merci pour votre générosité. Merci de vous mobiliser une nouvelle fois, pour que ce mois de décembre se termine par la promesse de participer encore, l’année prochaine, à de magnifiques projets pour la conservation des espèces menacées.

http://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/giving-tuesday banniere-site-1

Un empoisonnement universel de Fabrice Nicolino

couv-11-33be6

Fabrice Nicolino signe à nouveau un ouvrage majeur sur le thème des pollutions chimiques. Certes, ce n’est pas le premier à se pencher sur la question mais son livre est sans nul doute l’un des mieux documentés.

Il débute comme un thriller historique qui donne des sueurs froides. Car bien sûr, toute l’histoire de l’humanité est inscrite dans le sang. Cela commence grosso modo avec la première guerre mondiale qui marque véritablement l’essor de l’industrie chimique. Des armes de destructions massive aux produits destinés à améliorer le travail (et le rendement) des agriculteurs, il n’y a qu’un pas qu’ont allègrement franchi scientifiques et entreprises dans les années noires de l’avant et après-guerre. Que l’on ait fricoté avec les nazis n’empêche apparemment pas de recevoir des prix Nobel ou de faire partie des conseils d’administration de multiples et opulentes sociétés. Après cette première partie consacrée à retracer la naissance d’entreprises célèbres et toujours florissantes, dont Bayer, BASF, Dow Chemicals, Du Pont, etc., on passe à une vérité tout aussi atroce : la présence d’un nombre incalculable de substances chimiques dans notre environnement, dans l’eau, dans notre sang… Aucun homme, aucun animal, aucune partie du globe, du désert de sable à la banquise, n’est épargné. Nous sommes tous contaminés.

Le journaliste se penche alors sur les manoeuvres de l’industrie chimique, décrit les campagnes de lobbying, la complicité passive du pouvoir politique et d’organismes officiels, les luttes de pouvoir d’individus dénués de scrupules, rappelle la désinformation qu’on distille sournoisement pour gagner du temps.

Comme en tant d’autres domaines, les rapports de scientifiques indépendants, les articles des lanceurs d’alerte sont soigneusement ignorés, tandis que les grands pollueurs de ce monde, sont de toutes les réunions, de tous les comités, participent à toutes les décisions et infiltrent même de vénérables institutions. Pendant ce temps là, les gens et les bêtes continuent à crever du cancer, à souffrir du diabète, d’obésité, on découvre de «nouvelles» maladies que l’on ne saurait guérir, les malformations augmentent, le taux de personnes allergiques à tout et n’importe quoi aussi. L’Histoire est émaillée de nombreux scandales (au hasard, l’amiante…) et accidents majeurs (un seul exemple parmi tant d’autres, Bhopal) mais personne n’en a retenu les leçons. Ni ici, ni là-bas…

Réjouissant, non ?

Enfin, cerise sur le gâteau, on découvre que, oui, on vit plus vieux, mais pas en bonne santé. A quoi cela sert-il d’atteindre les 90 ans et de ressembler à un légume, je vous le demande ? Fabrice Nicolino nous offre donc un livre dense, clair et vraiment érudit. Courageux aussi.

Après tout ce que je viens d’écrire, il m’est impossible de mentir et de dire que le livre se termine sur un happy-end. Il n’y en aura pas. Et pourtant, ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Une piste ? Se passer de produits chimiques dans notre quotidien, quand cela est à notre portée. Et choisissons une autre voie.

La boutique de l’association AVES France

Pour soutenir les actions de l’association, vous pouvez adhérer ou soutenir nos projets en cliquant sur ce lien, mais si vous préférez paypal, vous êtes sur la bonne page ! Voici notre mini boutique. Profitez-en. 5% de réduction jusqu’au 20 décembre avec le code NOEL2014 !

Adhésion :
Adhésion junior (8€)


Adhésion 1 an (10€)

Adhésion 3 ans (30€)

Adhésion 5 ans (50€)

Adhésion personne morale 1 an (50€)

Don (à partir de 1€) :
(modifiez la quantité pour augmenter la valeur de votre don. Vous pourrez préciser dans les instructions si c’est un don général ou un don attribué à un projet en particulier)


Livres :


Palouma (12,50€)

Dernières nouvelles de l’ours polaire (18€)

Petit ours polaire (11€)

Brochure OURS Espèces menacées (1€)

Jeu 7 familles :
jeu-des-7-familles-les-animaux-des-regions-polaires

Artisanat Ours à lunettes :


Porte-clefs ours à lunettes assis (10€)

Porte-clefs ours à lunettes pyrogravé (7,50€)

Marque-page ours (1€)

Canis_Lupus_Signatus

Pétition Cap Loup : Pour que vive le loup et vive le pastoralisme

AVES France a rejoint en novembre 2014 le collectif CAP Loup. A ce titre, nous vous invitons nombreux à signer la pétition suivante : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/vive-loup-vive-pastoralisme/12096

 

PETITION :

La France s’est lancée dans la chasse aux loups, espèce protégée, alors que 75% des Français trouvent inacceptable qu’on abatte cette espèce*. Nous interpellons Mme la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, afin qu’elle écoute la demande de la majorité des citoyens, et qu’elle mette fin à cette campagne de haine contre les loups et ceux qui les protègent.

Nous demandons à Mme Ségolène Royal :

 ● de mettre fin à la politique des tirs et de faire appliquer une véritable protection du loup. Il faut réaffirmer clairement son statut d’espèce protégée. La destruction systématique de loups ne doit plus être envisagée comme un mode de gestion. Les tirs ne résolvent en rien les difficultés des éleveurs et torpillent la cohabitation entre le pastoralisme et le loup.

● de favoriser un élevage responsable et compatible avec la conservation de la biodiversité. Aimer le loup n’est pas délaisser le berger ! Les aides financières liées au loup permettent leur embauche et la réfection des cabanes: le loup crée de l’emploi et fait revivre les alpages, ne l’oublions pas. L’État doit encore mieux accompagner les éleveurs volontaires pour développer des techniques pastorales alte rnatives aux tirs, en accord avec les enjeux écologiques et les attentes de la société.

● de ne plus indemniser les éleveurs qui ne gardent pas ou ne protègent pas suffisamment leurs troupeaux. Les très grands troupeaux mal gardés entraînent une dégradation écologique de nos montagnes et concentrent l’essentiel des difficultés de cohabitation avec le loup. D’autre part, l’élevage ovin ne survit que grâce aux subventions publiques et reçoit chaque année plusieurs centaines de millions d’euros (hors aides spécifiques liées au loup). Les contribuables sont en droit de demander des comptes sur ce que l’on fait de leurs deniers.

● de faire cesser la haine qui sévit autour du loup et de ses protecteurs. Des (ir)responsables politiques n’hésitent pas à mentir au sujet du loup pour s’attirer les faveurs d’un public sensible. Nous demandons à ce que cesse cette désinformation malhonnête, et nous sommes à la disposition des médias pour une information plus objective sur ce dossier.

Protéger les loups, c’est protéger le patrimoine naturel de tous les Français !

Les associations de CAP Loup

*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

© Photo : Juan José González Vega – GNU

1280px-Polar_bears_near_north_pole

Les gouvernements s’engagent à intensifier les actions en faveur des animaux migrateurs à la Conférence des Nations Unies sur les espèces migratrices

L’ours polaire, la baleine à bec de Cuvier, le requin-marteau et la raie manta du Prince Alfred comptent parmi les espèces migratrices qui vont bénéficier d’une meilleure protection internationale.

Quito, Équateur, le 9 novembre 2014 – La onzième session de la Conférence des Parties (COP) à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) a pris fin aujourd’hui après six jours d’intenses négociations visant à définir des actions de conservation en faveur des espèces migratrices du monde entier pour les années à venir.

La Conférence, tenue pour la première fois en Amérique latine, a réuni plus de 900 délégués – un record pour la CMS – représentant les Parties, les non-Parties, les organisations intergouvernementales, les ONG et les médias, avec la participation d’un grand nombre d’éminents experts, afin de guider les efforts mondiaux pour la conservation des oiseaux, des espèces aquatiques et terrestres du monde entier.

« La Conférence de Quito a suscité un niveau d’attention sans précédent pour la Convention », a déclaré Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la Convention. « Comme jamais auparavant dans l’histoire des 35 ans de la CMS, les animaux migrateurs sont devenus des vedettes mondiales pour un grand nombre de questions urgentes de notre époque. De la pollution de nos océans par le plastique aux effets du changement climatique, du braconnage à la surexploitation, les menaces qui pèsent sur la faune migratrice finiront par affecter chacun d’entre nous » a déclaré M. Chambers.

Trente-et-une propositions d’inscription de nouvelles espèces aux deux annexes de la Convention ont été approuvées afin d’améliorer le statut de conservation de ces espèces menacées. Elles comprenaient l’inscription d’un nombre record de 21 espèces de requins, raies et poissons-scies proposées par le Kenya, l’Égypte, Union européenne, Fidji, le Costa Rica et l’Équateur – amenant la Conférence à être surnommée la « COP des requins » dans certains milieux.

La baleine à bec de Cuvier, proposée par l’Union européenne, a été inscrite à l’Annexe I, et l’ours polaire (Norvège) a été ajouté à l’Annexe II. Pour les espèces d’oiseaux, le Bécasseau semipalmé (Équateur et Paraguay), le Bécasseau de l’Anadyr (Philippines), le Rollier d’Europe (Union européenne) et la Grande Outarde (Mongolie) ont été inscrits à l’Annexe I, tandis que la Paruline du Canada (Équateur) a été inscrite à l’Annexe II. La gazelle à front roux (Niger et Sénégal) va bénéficier d’une protection complète, tandis que la coopération internationale est recommandée pour le kob à oreilles blanches (Éthiopie) à la suite de son inscription à l’Annexe II. L’anguille européenne (Monaco) a été ajoutée à l’Annexe II.

Une rencontre ministérielle de haut niveau a eu lieu le 3 novembre, juste avant la COP, sur le thème « Unir les droits de la nature et l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté ». Présidé par Lorena Tapia, la Ministre de l’Environnement de l’Équateur, ce groupe réunissait des ministres de l’environnement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, ainsi que les secrétaires exécutifs des accords environnementaux multilatéraux, les dirigeants de certaines des ONG de conservation les plus importantes au monde, ainsi que des experts clés.

« L’Équateur a proposé l’inscription d’un certain nombre d’espèces d’oiseaux et de requins pour veiller à ce qu’ils bénéficient d’une meilleure protection. En collaboration avec la communauté internationale, nous allons continuer à assurer la sécurité des déplacements pour les voyageurs de la nature », a déclaré Mme Tapia.

« Les décisions prises par les gouvernements lors de la Conférence de la CMS reflètent la prise de conscience croissante d’une responsabilité commune et partagée vis-à-vis de la protection de la faune, et prennent en compte le fait que les menaces qui pèsent sur les espèces sauvage peuvent être traitées plus efficacement à travers la coopération internationale », a déclaré Achim Steiner, Sous-Secrétaire général des Nations unies et Directeur exécutif du PNUE, qui administre la Convention. « Les accords internationaux tels que la CMS travaillent au nom des citoyens et des communautés du monde entier qui souhaitent conserver et protéger notre patrimoine naturel. Ils sont l’expression de notre engagement commun pour que la poursuite du développement humain ne se fasse pas au détriment de la nature », a déclaré M. Steiner.

Tine Sundtoft, Ministre de l’environnement de la Norvège qui a promu le classement de l’ours polaire, a déclaré : « La Norvège est profondément attachée à la conservation des ours polaires et à la poursuite de la coopération avec les États de l’aire de répartition, ainsi qu’avec d’autres pays et parties prenantes, pour parvenir à cette fin ».

L’ours polaire, le plus grand prédateur supérieur sur Terre, est affecté par le changement climatique qui a conduit à la perte de 2 millions de m2 de banquise. Son inscription à l’Annexe II introduit la dimension internationale des menaces actuelles pesant sur les espèces de l’Arctique et découlant du trafic maritime et de l’exploration pétrolière, ce qui fait de cette espèce une préoccupation pour toutes les Parties à la CMS.

Trois plans d’action par espèce ont été approuvés et concernent l’argali en Asie centrale, la tortue caouanne du Pacifique et le Faucon sacre. En outre, une initiative régionale couvrant les grands mammifères migrateurs d’Asie centrale, comme le chameau de Bactriane, le léopard des neiges et l’antilope saïga, a été lancée accompagnée de la publication Central Asian Mammals Initiative: Saving the Last Migrations (Initiative pour les mammifères d’Asie centrale: sauvegarder les dernières migration).

Au cours de leurs longs voyages, les oiseaux migrateurs font face à de graves menaces. Alors que l’on notait par le passé un niveau durable de piégeage au filet, un très grand nombre d’oiseaux ont été victimes du piégeage et d’abattage illégal pour la consommation et le commerce au cours de ces dernières années. Les États ont désormais convenu de prendre des mesures contre la chasse illégale.

L’adoption par les Parties à la CMS de lignes directrices mondiales visant à prévenir le risque d’empoisonnement des oiseaux migrateurs est une étape importante pour l’avenir. L’un des éléments clés inscrits dans ces orientations consiste à éliminer progressivement l’utilisation de munitions au plomb dans tous les milieux au cours des trois prochaines années.

La surexploitation et le braconnage restent une menace majeure. L’initiation d’une coopération régionale, afin de mieux protéger les animaux migrateurs à travers les frontières politiques, fait partie du mandat de la Convention. La CMS joue un rôle unique dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages dans les domaines de la conservation transfrontalière, la formation du personnel local, l’application des lois et la lutte contre la fraude, ainsi que la création de moyens de subsistance alternatifs. Les niveaux croissants de braconnage d’espèces telles que l’éléphant d’Afrique ont porté cette question sur le devant de la scène.

Pour la première fois, la menace que constituent les technologies liées aux énergies renouvelables pour les chauves-souris, les oiseaux et les cétacés était inscrite à l’ordre du jour. Des lignes directrices sur la façon dont les éoliennes, les panneaux solaires, les barrages et d’autres types de développement des énergies renouvelables peuvent être déployés de manière respectueuse pour la faune ont également été adoptées par la COP.

Dans le milieu marin, des résolutions ont été adoptées concernant les plastiques et autres débris, la culture des cétacés, la capture de cétacés vivants, et le tourisme d’observation de la faune en bateau.

Les Parties ont adopté le Plan stratégique pour la conservation des espèces migratrices, qui reflète les objectifs d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique, afin de répondre aux exigences des Parties pour que les accords relatifs à la biodiversité travaillent davantage encore en étroite collaboration.

L’objectif du Plan est d’aider à intégrer les besoins des espèces migratrices dans les plans d’action nationaux et internationaux. Des détails sur la façon dont la CMS et la société civile devraient mettre en œuvre le Plan stratégique, y compris des indicateurs pour mesurer les progrès accomplis, seront disponibles à la COP12 en 2017.

Dans leurs observations finales, de nombreux délégués ont déclaré que la COP11 a marqué un jalon dans le développement de la Convention, qui est mieux placée que jamais pour remplir son mandat de conservation des espèces migratrices menacées.

Administré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (également dénommée Convention de Bonn, d’après la ville allemande où elle a été signée) a tenu sa 11ème Conférence des Parties (COP) à Quito, Équateur, du 4 au 9 novembre. Négociée en 1979, la CMS travaille pour la conservation d’une grande diversité d’espèces migratrices dans le monde, des oiseaux ainsi que des espèces aquatiques et terrestres. La Convention compte actuellement 120 Parties. La Conférence des Parties (COP) est l’organe de décision principal de la Convention et se réunit tous les trois ans.

L’inscription à l’Annexe I de la CMS entraine l’obligation pour les Parties d’une protection stricte, telle que l’interdiction de tout prélèvement. L’inscription à l’Annexe II engage les pays à coordonner des mesures de conservation transfrontalières dans toute l’aire de répartition de l’espèce.

http://www.cms.int/

© US-Navy photo by Chief Yeoman Alphonso Braggs

anaconda

Aidez-nous à sauver El Anaconda !

Clic Animaux s’associe une nouvelle fois à AVES France et vient de lancer une collecte pour nous aider à financer l’agrandissement de l’enclos de El Anaconda.

Vous pouvez donner sur la page Clic-Animaux ou directement sur notre page de collecte avec Hello-Association !

Il est difficile de collecter de l’argent pour les reptiles ; ils ont d’autant plus besoin de nous !


EL ANACONDA a été trouvé il y a 7 ans à Tena, la plus grande ville de la région Napo en Equateur. Il était étendu sur une route. On suppose qu’il a été jeté là par son ancien détenteur. Soit l’anaconda devenait trop encombrant pour lui, soit il avait été dénoncé et voulait s’en débarrasser avant qu’on ne le trouve chez lui.

A son arrivée au refuge d’Amazoonico, l’anaconda était jeune puisqu’il ne mesurait que 1,70 mètre. Il était malheureusement blessé et déjà dépourvu de ses sens. Il ne sait pas chasser et ne peut donc pas être remis en liberté, car il mourrait rapidement. C’est pour cela qu’un enclos lui a été construit. Aujourd’hui, EL ANACONDA mesure 2,98 mètres et pèse 11 kg. La cage qui lui était dédiée jusqu’à maintenant est devenue trop petite.

De façon générale, il est difficile de connaitre l’histoire précise des animaux accueillis par Amazoonico. Parfois, les détenteurs sont coopératifs et se livrent, comme ils peuvent aussi être très fermés et refusent ou mentent aux forces de l’ordre qui saisissent les animaux.

Amazoonico est un refuge et un centre de réhabilitation d’animaux sauvages. Il se situe en Equateur dans la région du Napo, plus précisément le long du fleuve Arajuno, dans une zone protégée par le projet de conservation de la forêt tropicale : Selva Viva, un territoire de 1 700 hectares visant à sauvegarder les zones encore existantes de forêt primaire.

Amazoonico recueille des animaux saisis par les forces de l’ordre sur les marchés illégaux, de jeunes orphelins apportés par des chasseurs et parfois même des propriétaires dépassés, ne sachant plus s’occuper des animaux sauvages qu’ils ont tenté de domestiquer.

Après les premiers soins, la priorité est d’analyser le comportement et la santé psychique de chaque animal afin de les introduire dans des projets de réhabilitation. Lorsque l’animal est trop habitué à la présence humaine, il est malheureusement difficile de le relâcher.

Les animaux recueillis souffrent de malnutrition et de parasites. Près du quart des animaux rescapés meurent avant même d’arriver au centre ou au cours des premiers jours de leur séjour. Un autre quart peut être réintroduit dans la forêt protégée Selva Viva lorsqu’ils semblent assez forts et prêts à réintégrer la vie sauvage. Les autres deviennent résidents permanents d’Amazoonico où ils demeurent libres, en semi-liberté ou en enclos afin d’assurer leur sécurité. Ces derniers sont construits en intégrant les éléments de la nature afin que les animaux vivent dans un confort de vie semblable au milieu d’où ils viennent. Parmi eux : primates, félins, volatiles, reptiles, etc.

Bien qu’Amazoonico soit reconnu par l’Etat équatorien comme un centre de sauvetage des animaux sauvages, il ne reçoit aucune aide financière de leur part. Le centre vit grâce aux donations et aux visites de touristes qui séjournent au Liana Lodge ou à Runa Huasi, deux projets hôteliers de Selva Viva.

Une équipe professionnelle réside sur place : biologiste, vétérinaire, chefs de projet, et Remigio, un des fondateurs d’Amazoonico. Ils sont soutenus par des volontaires motivés et passionnés qui viennent travailler pour un minimum de deux mois (certains séjours durent plus longtemps, jusqu’à un an).

Les animaux sont nombreux à ne pas retrouver les instincts nécessaires pour survivre dans la forêt, souvent dû à de trop longues captivités.

Le projet Boa consiste à une extension de l’enclos actuel de l’anaconda afin d’améliorer les conditions de vie de ce dernier et pouvoir y introduire 5 spécimens de boas constricteurs qui ont été confiés à Amazoonico et qui, malheureusement, ne peuvent être réintroduits.

Avoir un serpent chez soi est « une mode ». Malheureusement, nombre d’entre eux sont relâchés…

Les forces de l’ordre font de plus en plus de saisies de ces reptiles, bien souvent en très mauvaise santé. Contrairement aux idées reçus, ce sont les hommes qui s’attaquent aux serpents comme EL ANACONDA !

Pour leur plaisir personnel, pour leur chair, ou pour leur peau, très convoitée également. Bien souvent, les reptiles captifs sont drogués et enfermés dans de petites boîtes sombres où leurs sens s’amenuisent au fur et à mesure, jusqu’à disparaître. Souvent, leurs crocs sont sciés…

Anacondas et les boas : des espèces menacées à protéger

L’anaconda et le boa sont des figures emblématiques d’Amazonie. Il sont impressionnants et effrayants. A cause des mythes et des peurs qu’ils véhiculent, ils ont toujours été l’objet de tous les trafics.

Ces reptiles s’attaquent très rarement à l’homme. Par contre, l’homme, lui, s’attaque beaucoup plus souvent à eux. En effet, du fait de leur popularité, leur peau est très convoité et ils sont tellement chassés par l’homme qu’ils sont aujourd’hui menacés de disparition. Ils sont désormais des espèces protégées, classées à l’annexe II de la convention des espèces menacées (CITES). En Equateur la capture et le commerce sont interdits. En théorie !

Il n’y a pas que leurs peaux qui sont convoitées ! La chair est comestible et on utilise les reptiles pour certains remèdes traditionnels.

Ils sont aussi devenus l’objet d’attractions touristiques. Avec l’arrivée croissante du tourisme en Equateur, on a vu croître les propositions de photos où l’on dépose le reptile sur les épaules du visiteur, en échange de quelques dollars. C’est aujourd’hui très commun. Dans les villages les plus touristiques, on peut voir plusieurs familles détenir des reptiles dans un seul village !

Les conditions de détention sont inacceptables et causent de graves séquelles aux reptiles. Pour qu’ils soient complètement inoffensifs, ils sont drogués et enfermés dans de petites boites sombres où leurs sens s’amenuisent au fur et à mesure, jusqu’à disparaitre dans le pire des cas. Souvent, leurs crocs sont sciés. C’est dans ce type de « commerce » que les anacondas et boas sont le plus maltraités alors que pour le commerce du cuir, l’animal doit être intact, la moindre blessure faisant baisser le prix d’achat du serpent.

Les serpents recueillis dans le refuge d’Amazoonico reçoivent les soins nécessaires mais ne disposent pas encore d’enceinte appropriée à leurs besoins. Le nouvel enclos sera aussi doté d’un bassin et mesurera 6x6x5 mètres.

AVES France fait appel à vous pour lui offrir cet enclos !

Vos dons et Appels du Coeur permettront de participer au financement de l’extension de l’enclos de l’anaconda.

CAP Loup redemande à rencontrer Ségolène Royal

Après une demande en juillet dernier restée sans réponse à ce jour, les associations de CAP Loup écrivent à nouveau à la Ministre de l’écologie pour solliciter un rendez-vous.

Appuyez notre demande en continuant à diffuser et faire signer la pétition CAP Loup !

Merci à tous.

 

Le courrier de CAP Loup à Ségolène Royal

 

entete-lettre_cap-loup

 

Crest, le 07/11/2014

 

Objet : Renouvellement d’une demande d’audience pour la remise d’une pétition favorable au loup

Madame la Ministre,

Nous vous avions adressé le 3 juillet dernier un courrier présentant notre souhait de pouvoir vous rencontrer, afin de vous remettre en main propre une pétition ayant désormais recueilli plus de 50 000 signatures en faveur d’une meilleure protection du loup, et afin de vous faire part de nos propositions pour favoriser l’indispensable cohabitation entre le loup et le pastoralisme. Notre courrier est resté sans réponse à ce jour, c’est pourquoi nous renouvelons notre demande.

Depuis votre arrivée au ministère, force est de constater que le loup fait l’objet dans notre pays d’une politique encore plus défavorable qu’elle ne l’était jusqu’alors avec vos prédécesseurs. La protection des troupeaux domestiques ne justifie pas les nombreux arrêtés publiés, visant non pas à limiter la prédation sur le cheptel, mais bel et bien à réduire la population de loups en France. Y compris au cœur même d’un Parc National !

Le mouvement associatif s’est organisé en conséquence, et 26 associations de protection de la nature et du droit animalier se sont regroupées au sein du collectif CAP Loup. Parmi celles-ci, deux associations siégeaient au Groupe National Loup mais refusent dorénavant de participer à ses réunions, car elles sont devenues les chambres d’enregistrement des demandes des organisations agricoles et de la Fédération Nationale des Chasseurs.

Désormais, si le loup reste une espèce « strictement protégée » sur le plan réglementaire, son nouveau statut dans les faits est pire que s’il était classé « gibier » voire « nuisible » : il peut être « chassé » dans 20 départements, et fait l’objet d’arrêtés de « tirs de prélèvement » réalisés à l’aide d’armes interdites en action de chasse, de jour comme de nuit, et même hors période de chasse.

Madame la Ministre, vous devez savoir que nos concitoyens sont très attachés à la présence du loup en France, comme l’a montré le sondage IFOP réalisé en septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice qui montre que 79% des Français sont favorables à sa présence dans notre pays, y compris les ruraux.

D’autre part, dans le cadre de la directive européenne Habitat, la France s’est engagée à maintenir l’espèce en bon état de conservation dans son aire de répartition naturelle. Or le loup n’occupe actuellement qu’une faible proportion des zones favorables du territoire national où il était autrefois présent. Il serait donc pertinent de favoriser le retour naturel du loup en l’accompagnant par des mesures favorisant la cohabitation avec les activités humaines, plutôt que de chercher à limiter sa population encore très réduite. L’espèce ne compte qu’environ 300 individus en France alors qu’elle est de 1500 en Italie, 2000 en Espagne. Même en Allemagne où le loup est de retour depuis 1995, il y a plus de meutes reproductrices qu’en France, avec des prédations sur le cheptel contenues grâce aux mesures de protection mises en place.

Malgré cette forte demande des Français, malgré le caractère encore fragile de l’espèce dans notre pays, et malgré l’intérêt de la présence du loup pour des secteurs économiques clefs en zone rurale que sont le tourisme et la sylviculture, vous avez décidé de faire chasser le loup.

Madame la Ministre, nous souhaitons pouvoir vous rencontrer afin de vous faire part de nos aspirations pour le respect de la faune, de la vie sauvage et de l’indispensable cohabitation loup/pastoralisme.

Dans l’attente de vous rencontrer, au nom des 26 associations réunies dans CAP loup, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Les associations de CAP Loup

P.S. : AVES France a intégré CAP Loup en novembre 2014

Rimons twitter widget by Rimon Habib