L’ours Balou a été découvert mort dans les Pyrénées

Un article du média Toulouse7.com nous apprend que l’ours Balou, mâle de 11 ans qui avait été réintroduit en 2006, a été retrouvé mort à Melles, dans une zone dangeureuse.

Une autopsie sera réalisée afin de déterminer les causes de la mort, même si une chute semble l’hypothèse privilégiée par le réseau ours brun.

AVES France adressera dans les jours à venir une lettre à Ségolène Royal, Ministre de l’écologie, pour lui rappeler les obligations de la France sur le dossier de la conservation de l’ours brun dans les Pyrénées.

 

Photo : © Peter Wey – Fotolia.com

Montreurs d’ours : les questions que vous vous posez !

Cela fait des années que nous luttons contre les spectacles de montreurs d’ours. C’est presque devenu un jeu systématique pour savoir qui du dresseur ou du protecteur va réussir les arguments qui font mouche auprès de l’organisateur du spectacle.

Et même chez nos sympathisants, il n’est pas rare de lire des interrogations sur le bien fondé de cette action. Il me semble donc important d’expliquer pourquoi nous nous opposons à ce type de spectacles.

Deux exemples de réactions : 

Sedan 2008

Sedan 2008

Sur facebook, en commentaire à une de nos actions :

J’ai vu ce monsieur (Frédéric Chesneau) dans une émission. Il a un rapport quasi fusionnel avec son ours. Il a l’air de s’en occuper parfaitement. Du coup, je vois pas l’intérêt de l’empêcher de faire son spectacle, y’a sûrement plus à dire de certains cirques.

 

Par courriel, suite à un mail envoyé aux organisateurs d’un spectacle :

Bonjour Madame,

Nous avons bien recu votre mail concernant la représentation d un montreur d ours le 22 décembre prochain dans notre ville.

Nous sommes très soucieux des conditions de vie et de représentation des animaux, c’est pourquoi, lors de notre recherche nous nous sommes attardés longuement sur les critères de sélection du dresseur en question.

C’est pourquoi je peux vous dire que, contrairement à de nombreux autres animaux l’ours présenté n’ a pas les dents limées , ne possède pas de muselière ni d’anneau .

De plus monsieur Cheneau est labellisé par l’association francaise de protection des animaux de travail ( c’est actuellement le seul dresseur en France à posséder ce label ). Cette labellisation est le fruit du travail d’une fedération de protection animale qui a étudié l’élevage de Mr Cheneau ainsi que les conditions de vie de ses animaux dans leur milieu et pendant les représentations.

De plus,le dresseur est habilité par le ministere de l’environement et agréé pour le transport d’animaux sauvages par la direction départementale de protection des populations.

Je pense donc que vous avez compris que nous avons bien étudié cette animation et les conditions de vie de ces animaux.

Je reste bien sur à votre disposition pour tout complement d’information.

Cordialement

Nicolas DEREEPER
Relations Publiques
Attractivité du Territoire
nicolas.dereeper@mairie-calais.fr | www.calais.fr

 

Notre réponse : 
Nous sommes heureux d’apprendre que vous êtes soucieux du bien être des animaux, comme vous le précisez dans votre réponse.

Permettez-nous toutefois de revenir sur quelques points :

Tout d’abord sur le label de l’association francaise de protection des animaux de travail, association dont nous ne contestons pas l’existence. Elle est en effet bien déclarée et enregistrée au Journal Officiel comme une association dans le 77. Nous en avons déjà entendu parler, même si, après prise de contact par courrier afin de mieux connaitre leurs objectifs, nous n’avons jamais obtenu la moindre réponse (association fantôme ?).  Quant à une fédération francaise de protection animale qui aurait validé le label, détrompez-vous car il n’existe pas de fédération de protection animale et encore moins une qui aurait pu accorder un quelconque label à un montreur d’Ours. Prenez la peine de demander à M. Chesneau le nom de cette fédération… De vérifier les attestations qu’il présente dans son dossier. Il est vrai que M. Chesneau souhaiterait être reconnu comme un « bon » montreur d’ours (il nous a même déjà approchés dans ce sens), mais avons dû lui signifier une fin de non recevoir.

Son ours n’a certes pas les dents limées (il est d’ailleurs formellement interdit d’édenter ou de dégriffer un animal). Il ne porte pas non plus de muselière, ce qui n’est pas forcément un acte de maltraitance (on en met à certains chiens, ça peut-être simplement un accessoire pour prévenir les accidents). L’actualité ces derniers mois a montré qu’un animal sauvage peut devenir imprévisible et, dans ces cas là, difficile à maitriser (pour exemple, un éléphant s’est échappé et a tué une personne, un dompteur a été attaqué par ses lions).

Nous ne contestons pas non plus les conditions de vie CHEZ le montreur d’Ours. M. Chesneau nous a invité chez lui pour voir les conditions de vie de ses animaux quand ils ne travaillent pas.

Là où nous ne sommes pas d’accords, c’est le fait d’amener un ours ou tout autre animal sauvage au milieu d’une foule bruyante. L’ours est un animal discret, qui fuit le bruit et le monde. Même si ses ours sont nés en captivité, ils restent des ours. Certains ours qui n’ont jamais connu la vie sauvage reproduisent dans des parcs zoologiques des comportements innés, comme se creuser une tanière pour hiverner. D’ailleurs, le discours de M. Chesneau a changé. Aujourd’hui il insiste sur le fait que ses ours sont nés en captivité quand il racontait au public, il n’y a pas si longtemps, qu’il les avait sauvés et que sans lui, ils seraient morts !

AVES France dénonce également les conditions de transport et d’attente des animaux en dehors de leur prestation (cage exigüe, absence d’intimité). Ces conditions ne répondent absolument pas aux besoins  des animaux.

Quant aux autorisations, normalement tous les montreurs d’ours se doivent d’être en règle, bien que certains contrôles des DDPP révèlent parfois des manquements.  Les montreurs d’ours se voient alors interdire de produire le spectacle prévu. Nous avons demandé à la DDPP de votre département de faire un contrôle le jour du spectacle.

Ne pensez vous pas qu’en présentant ainsi l’Ours, vous donnez une image fausse et dégradante de l’animal aux générations futures ? Comment peut-on prétendre faire de la sensibilisation sur un animal sauvage en l’exhibant devant la foule ?

La faune sauvage a besoin qu’on la protège « in situ » et qu’on la laisse tranquille. Nounours a grandi, mais ce n’est toujours pas une peluche !

CP : Lush et AVES France au secours des ours à lunettes

Lush invente le cadeau de Noël éthique : en achetant un pot de crème Caritativement Belle, vous participez à la réhabilitation de Cosanga, petite ourse orpheline d’Equateur. Chaque achat est un petit pas vers son retour à la vie sauvage.

Cosanga

AVES France est très sensible au sort des ours dans le monde. Avec ses partenaires locaux, elle agit en France et à l’étranger lorsqu’un ours est en danger. LUSH a décidé de soutenir un projet de réhabilitation d’un ourson à lunettes en Equateur, jusqu’à sa réintroduction dans son milieu naturel. AVES France travaille sur cette action avec Andean Bear Foundation, basée en Equateur, qui a le soutien du ministère de l’environnement local. Le processus de réhabilitation des oursons orphelins permet de leur apprendre à se débrouiller seul (en remplacement de leur mère) pour pouvoir les relâcher dans la nature. Les futurs oursons seront dotés de collier satellites afin de mieux suivre leurs progrès une fois relâchés.

Andean Bear Foundation ne s’arrête pas uniquement à leur travail de sauvetage et travaille avec les communautés locales pour aider les équatoriens et les ours à vivre ensemble.

Notre protégée :
Elle s’appelle Cosanga, du nom du village où elle a été trouvée. Sa mère a été tuée. Trop petite et trop faible pour survivre dans la nature, elle a été recueillie par Armando et l’équipe de l’Andean Bear Foundation qui va se substituer à la maman ours et lui apprendre à se débrouiller seule. Après un processus de réhabilitation complexe, Cosanga retrouvera les forêts équatoriennes et sera suivie pendant deux ans grâce à un collier émetteur.

La situation actuelle en Equateur :
L’Equateur fait face actuellement à de grands changements : Les forêts sont coupées pour l’industrie de l’huile de palme et de pétrole, les animaux sauvages sont chassés par des braconniers et par les agriculteurs qui accusent les ours de détruire les cultures.

Ces dix dernières années, 8 oursons orphelins qui ont été sauvés grâce aux efforts d’Andean Bear Foundation et du Ministère de l’Environnement. Malheureusement, le sauvetage de ces orphelins a été provoqué par le braconnage. La mère tuée, les braconniers laissent les petits livrés à eux même, destinés à mourir en l’absence des soins maternels dont ils ont besoin pour survivre.

La fréquence des conflits entre faune sauvage et humains et le trafic illégal d’oursons augmentent rapidement en Equateur. La perte d’habitat en est la cause principale, les forêts se transformant en zones agricoles. Il est important d’agir rapidement pour sauver cette espèce menacée de disparition.

Andean Bear Foundation, avec le soutien d’AVES France, s’efforce de contrer ces situations de conflits et protège l’ours à lunettes et leur habitat. Ils surveillent les ours sauvages et réintroduits par l’observation directe et par l’utilisation d’équipements radio-pistage. L’objectif est d’améliorer la compréhension de leurs mœurs en recueillant des données sur leurs exigences environnementales. Ce centre met en place des sauvetages, des réhabilitations et réintroductions d’oursons dans leur milieu naturel afin de leur donner une seconde chance.

La réhabilitation permet à l’ourson d’apprendre ce que sa mère n’a eu le temps de lui enseigner pour sa survie. A l’issue de la réhabilitation, si l’état physique et psychologique de l’animal sont jugés satisfaisants, l’ourson peut alors bénéficier d’un programme de réintroduction et revenir à ses racines sauvages. Cosanga, recueillie récemment, présente toutes les qualités nécessaires pour survivre en dehors du centre. C’est elle que va aider l’argent récolté par Caritativement Belle.

Sur les dix dernières années, les réhabilitations et réintroductions d’Andean Bear Foundation ont connu un résultat de 100 % de réussite.

L’ours à lunettes :
C’est le seul ours présent en Amérique du Sud. Il doit son nom aux marques claires autour de ses yeux. Il vit à haute altitude dans les Andes. Ils ont un véritable rôle écologique puisqu’ils participent à la régénération des forêts : ils dispersent les graines qui se trouvent dans la nourriture qu’ils consomment.

Cette espèce d’ours est l’une des plus rares et menacées au monde, car elle est victime de la déforestation massive pour l’implantation de terres agricoles. De plus, les ours à lunettes sont chassés pour leur viande, particulièrement appréciée au nord du Pérou, mais également pour leur fourrure, leur bile et leur graisse, utilisées en médecine traditionnelle. Les ours s’alimentaient parfois du maïs des paysans et ceux-ci pensaient qu’il s’attaquait à leur bétail, mais sans apporter de témoignage évident. Depuis, les pressions sur les ours ont augmenté : on les soupçonne d’attaques de tapirs et de vaches. Des pesticides spéciaux sont utilisés pour éloigner les ours.

C’est pourtant un animal au régime alimentaire presque exclusivement végétarien. La femelle est mature à l’âge de 4 ans. L’accouplement se déroule d’avril à juin et les petits naissent de novembre à février. Les mâles peuvent peser de 100 à 175 kg, les femelles rarement plus de 70 kg.

Cet ours est nocturne et crépusculaire. Il mange des baies, de l’herbe, de la canne à sucre, du maïs, des petits mammifères… En saison sèche, il se contente d’écorces. Il grimpe facilement aux arbres (jusqu’à 15 m), aidé par des griffes particulièrement adaptées et peut rester plusieurs jours dans le même arbre. Il y construit des nids de branches.

Catitativement Belle AVES FranceCaritativement Belle :
Caritativement Belle est une crème riche pour le corps et les mains, à base de beurre de cacao issu du commerce équitable, et parfumée aux huiles essentielles d’ylang-ylang et de tagète. Chaque centime provenant de la vente de chaque pot – prix de vente moins la TVA – est directement reversé dans un fonds pour effectuer des dons à des causes méritantes.

Cette crème contient de l’huile d’amande douce hydratante riche en vitamines A, D, E qui nourrira et assouplira votre peau. Mais aussi de l’ylang-ylang qui relaxe et tonifie. Ajoutons même que ce dernier parfume divinement et est, parait-il, aphrodisiaque… Nous pouvons dire, sans exagérer qu’elle est faite pour vous !

http://www.lush.fr/shop/product/product/id/278/keyword/caritativement+belle/caritativement-belle-

AVES France est une association française de protection de la nature et de la faune sauvage. Fondée en 2005, ils abordent des sujets délicats (réchauffement climatique, déforestation, huile de palme) en les mettant en lumière par l’intermédiaire d’espèces vulnérables, emblématiques de ces problématiques environnementales.

Vous pouvez suivre l’actualité d’AVES France sur :
http://www.aves.asso.fr/

Andean Bear Foundation : http://www.andeanbear.org

Contact

Organisme AVES France
Nom CORET
Prénom Christophe
Fonction Président
Tél +33781208211
URL http://www.aves.asso.fr

 

Communiqué de presse (PDF)

Avenir noir pour l’ours blanc

coalition ours polaire 2012Communiqué, le 18 février 2013

La chasse à l’ours blanc bat son plein. Les agences de tourisme cynégétique du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Manitoba au Canada sont surbookées jusqu’en 2014. Pour répondre à la demande, le Territoire du Nunavut augmente les quotas de chasse dans la Baie d’Hudson sans tenir compte de l’avis défavorable du Groupe des Spécialistes de l’Ours Polaire de l’UICN.  L’ours blanc est la « cible absolue ». Ça change de l’éléphant. Ça fait changer d’air. C’est le challenge du siècle au sommet du monde. « Pour nos clients européens, nous recommandons au moins du calibre 8 x 57 mm mais le meilleur c’est du 9.3 x 74 mm ». Si vous êtes à la hauteur, vous reviendrez au pays avec le plus prestigieux des trophées. Les meilleurs taxidermistes du Canada pourront vous y aider.
Pour les paresseux, la vente aux enchères permet sans se déplacer d’acquérir la dépouille d’un animal prestigieux, adapté à la banquise depuis plusieurs millions d’années et voué à l’extinction d’ici quelques décennies, si aucune mesure n’est prise. Le nombre de peaux mises aux enchères et les prix augmentent.

En même temps, les publications scientifiques se succèdent en rafale pour prédire un avenir noir aux ours blancs. Le dernier article paru début février 2013 dans Conservation Letters est signé par un spécialiste canadien en collaboration avec 11 scientifiques internationaux. Il presse la communauté internationale d’agir maintenant pour sauver l’espèce. La régression de la banquise arctique plonge l’ours polaire dans le cycle irréversible de la pénurie alimentaire. Les difficultés d’accès aux ressources vitales diminuent sa robustesse et ses capacités de reproduction.

Pourtant, seuls 11 pays de l’Union Européenne soutiennent -la France n’en fait pas partie- la proposition des Etats-Unis d’inscrire l’ours polaire en Annexe I de la CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, dont la session plénière se tiendra en mars 2013 à Bangkok en Thaïlande. En conséquence, l’Union fait circuler une contre-proposition dite de compromis. Il s’agirait dans les 3 ans qui viennent d’approfondir les connaissances sur les populations d’ours polaires, d’examiner tous les risques actuels et à venir qui pèsent sur l’espèce et d’évaluer dans ce contexte l’impact du commerce international. A l’issue de ce processus, l’Union Européenne pourrait soutenir une proposition d’inscription en Annexe I lors de la session plénière de la CITES en 2016. 3 ans de plus de perdus pour l’ours polaire ; la proposition d’inscription en Annexe I des Etats-Unis a déjà échoué en 2010 au Qatar à cause de l’opposition des 27 pays de l’Union Européenne (48 votes pour, 62 contre et 11 abstention – 2/3 des voix exprimées sont nécessaires à l’adoption).

L’Annexe I de la CITES interdit le commerce international. Les autorités scientifiques des pays d’importation des trophées de chasse non destinés au commerce peuvent refuser de délivrer un permis si elles estiment que la chasse nuit à la survie de l’espèce.
L’inscription à l’Annexe I n’aura pas d’effet sur la chasse de subsistance des populations autochtones : la CITES ne s’intéresse pas à la chasse et à la consommation locales. Le « Polar Bear Watching » génère plus de recettes que la chasse. L’artisanat Inuit propose des créations remarquables à l’effigie de l’ours polaire, sans utiliser des parties d’ours polaire. Les Inuits, grâce à l’autonomie récente du Groenland et à la fondation du Territoire du Nunavut au Canada, ont d’autres perspectives pour assurer leur développement que le commerce international d’ours polaires ou de parties d’ours polaires. Ils sont désormais impliqués dans la gestion des ressources halieutiques, géologiques et touristiques de leurs territoires et des mers adjacentes.

La Coalition pour les Ours Polaires souhaite que la France rejoigne sans tarder les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne, la Lituanie, la Roumanie, l’Autriche et les autres pays favorables à l’interdiction du commerce international des ours polaires. Cette mesure ne freinera pas la fonte de la banquise arctique mais elle contribuera à la protection de l’espèce.

Contact :
Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France) – Tél: 03.26.48.29.20 ; Mobile : 06.17.56.10.74 ; Email : csissler@ifaw.org
Charlotte Nithart (Robin des Bois) – Tél: 01 48 04 09 36 ; Email : c.nithart@robindesbois.org

Retrouvez les archives sur http://www.aves.asso.fr/category/coalition_ours_polaire/

Associations membres de la Coalition Ours Polaires : IFAW France, Robin des Bois, Fondation Brigitte Bardot, One Voice, Sea Sheperd France, 30 Millions d’Amis, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), l’ASPAS, AVES France, L214, le CRAC, Ecologie sans Frontière, les Amis de la Terre.

 

Cyber Action Ours Polaire : écrivez à Delphine Batho

APPEL A L’ACTION : Demandons à la Ministre de l’Environnement de protéger les ours polaires contre le commerce international de leur peau

Aujourd’hui, il ne subsiste plus qu’entre 20 000 à 25 000 ours polaires à l’état sauvage dans le monde, dont 15 000 vivent au Canada. Alors que l’ours blanc est déjà gravement menacé par la perte de son habitat du au changement climatique, cette espèce emblématique doit faire face à la chasse aux trophées et au  commerce international de leur peau. En effet, le Canada est le seul pays de l’aire de répartition de l’espèce continuant à autoriser, chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive mais aussi le commerce international. Ainsi en 2011, 441 ours polaires ont été tués inutilement faisant l’objet de transactions commerciales internationales.
Venant au secours de cette espèce menacée, une proposition a été soumise par les Etats-Unis, soutenue par la Fédération de Russie, afin d’accroître le niveau de protection de l’ours polaire en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et de ses parties.

Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes auxquelles les ours blancs sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle stimulée par le commerce international et la chasse aux trophées– doit être stoppée immédiatement.

À l’heure actuelle en France, les autorités discutent de cette question. La France peut avoir une influence majeure sur la position qu’adoptera l’Union européenne, qui conviendra à l’avance de la décision finale qu’elle adoptera lors de la prochaine réunion de la CITES. Ce vote de l’UE sera absolument essentiel pour assurer la protection des ours polaires qui luttent déjà pour leur survie.
 
Si vous vivez en France, agissez aujourd’hui : demandez à la ministre de l’Ecologie Delphine Batho d’assurer la protection des ours blancs contre le commerce international de leur peau !

Envoyez la lettre-type par mail :

ACTION TERMINEE

Texte à copier dans le champ commentaire :

Madame la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie,

Je vous écris aujourd’hui afin de vous encourager à donner le niveau de protection maximal aux ours polaires en soutenant la proposition d’inscription de l’ours polaire à l’annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) dont le vote aura lieu à la prochaine Conférence des Parties à la CITES qui se tiendra à Bangkok en mars 2013.

En tant que citoyen français, membre de l’Union-Européenne, je soutiens cette proposition qui vise à accroître le niveau de protection d’une espèce rare dont il ne subsiste plus que 20 000 à 25 000 individus à l’état sauvage, et cela en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et des différentes parties issues de sa dépouille.

En effet, cette espèce est déjà gravement menacée par la perte de son habitat due au réchauffement climatique qui fait fondre la banquise arctique dont les ours polaires dépendent pour survivre.

Mais surtout, j’ai appris que les ours polaires étaient également affectés par la chasse aux trophées et le commerce international, lequel représente la seconde menace principale à laquelle doit faire face l’espèce. Or justement, cette proposition contribuerait à sauver immédiatement quelques centaines d’ours chaque année.

Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes auxquelles les ours polaires sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle engendrée par le commerce international – devrait être stoppée immédiatement.

Il est plus qu’urgent d’œuvrer en faveur de la protection des ours polaires. C’est pourquoi je vous encourage vivement à soutenir la proposition visant à transférer l’ours polaire de l’Annexe II à l’Annexe I de la CITES et à promouvoir cette position auprès de vos homologues européens.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à ma lettre, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, mes salutations respectueuses.

ou par courrier à :

ACTION TERMINEE

Lettre type .DOC

Lettre type .PDF

Plainte contre la France pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées

Souvenez-vous… c’était fin septembre 2009 : plusieurs associations de protection de la nature avaient déposé des plaintes contre la France auprès de la commission des communautés européennes pour défaut de protection de l’ours des Pyrénées. Certaines plaintes étaient individuelles, d’autres interassociatives.

Voici ce que nous en disions en 2009

La version complète du dossier qui a été rédigé pour constituer cette plainte avait d’ailleurs fait l’objet du livre PLAINTE CONTRE LA FRANCE pour défaut de protection de l’ours des Pyrénées.

Plainte contre la France

 

Le 6 juin 2011, nous décidions de renvoyer un complément à la plainte suite à l’abandon du dossier par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République Française.

Commission des Communautés européennes
(à l’attention de Mme la Secrétaire générale)
rue de la loi, 200
B-1049 Bruxelles
BELGIQUE

lundi 6 juin 2011

Objet : DEFAUT DE PROTECTION DE L’OURS DES PYRENNEES.

Madame, Monsieur,

En 2008 déjà, notre association vous adressait une plainte signalant le défaut de protection de l’ours des Pyrénées par l’Etat français (plainte n° SG/CDC(2008)A/3669 en date du 28 avril 2008). En 2009, plusieurs associations de protection de la nature ont travaillé conjointement pour vous fournir des éléments retraçant l’historique de ce dossier, qui a même été publié dans un livre aux Editions IMHO.

Comment faire disparaître une espèce en faisant croire qu’on la protège ?
Pendant des années, la France a enchaîné les plans ours sans réelle volonté politique de voir s’établir une population d’ours viable sur son territoire. Tout au plus, l’Etat souhaitait répondre à son obligation de ne laisser disparaître aucun noyau de survie de cette espèce ! Malgré nos avertissements, l’Union Européenne est restée muette. Nous avons aujourd’hui le sentiment d’avoir été abandonnés et d’une certaine complicité entre ceux qui décident de la politique intérieure de notre pays et ceux qui sont censés lui faire respecter ses engagements européens.

Le 1er juin 2011, sans surprise, Monsieur Nicolas Sarkozy a décidé, probablement pour des raisons électoralistes, à un an d’un scrutin important, que la conservation de l’ours n’était plus une priorité pour notre pays. Un an après l’année de la biodiversité, en pleine année de la forêt, après les beaux discours du Grenelle de l’Environnement, cette décision est tout simplement inacceptable.

La France a été bénéficiaire de nombreuses aides pour assurer le maintien de cette espèce sur son territoire. Cependant, elle a laissé un petit groupe d’ultra-pastoraux, des élus locaux et le lobby de la chasse mener une campagne de désinformation, faisant croire que l’ours était responsable des difficultés que rencontrent certains pyrénéens. Même la justice a fermé les yeux et n’a pas condamné leurs actes illégaux.

Nous ne souhaitons pas vous réécrire chaque ligne de la plainte que vous avez reçue en 2009. Elle a été particulièrement bien documentée et se suffit à elle-même. Mais nous souhaitons désormais que vous preniez en compte la décision de notre Président de la République d’abandonner cette espèce et que vous décidiez sans plus tarder de sanctions exemplaires contre notre Pays.

L’ours n’est pas responsable de nos difficultés. Votre silence doit-il traduire un encouragement aux autres pays européens à abandonner à leur tour leurs efforts pour faire coexister la grande faune sauvage et les activités humaines ? Comment pouvons-nous demander à des pays comme la Slovénie ou la Roumanie de poursuivre ces efforts si un pays comme la France a votre bénédiction pour laisser disparaître une espèce aussi emblématique de son territoire ?

Aujourd’hui, nous renouvelons notre demande de voir condamné l’Etat français, par le gel des subventions liées à la conservation de l’ours et par un déclassement du Parc National des Pyrénées.

Le Président d’AVES France
Christophe CORET

 

Et bien, il aura fallu du temps pour que l’Europe réponde à ces courriers, mais dans une lettre du 30 novembre 2012, adressée à Gérard Charollois de CVN, avec qui nous avons déposé plainte, que la commission a mis la France en demeure dans le cadre d’une procédure d’infraction. Nous espérons évidemment que cette plainte contraindra le nouveau gouvernement à s’occuper du dossier de l’ours dans les Pyrénées.

Nous espérons vous donner des nouvelles sur cette action rapidement !

AVES France envoie 1500 euros pour soutenir 3 projets de protection animale

Grâce à vos dons, l’association AVES France a pu une nouvelle fois soutenir 3 projets de protection animale qui nous tenaient à coeur, qui nous semble prioritaires et en lesquels nous avons une grande confiance.

Le premier, vous le connaissez déjà, puisqu’il s’agit de l’Andean Bear Foundation qui fait du très bon travail pour la conservation des ours à lunettes en Amérique du Sud. Bubu, un ourson orphelin, mascotte de la fondation a d’ailleurs été réintroduit dans son milieu naturel en juillet 2012. AVES France, qui soutient depuis plusieurs années ce projet renouvelle sa confiance en envoyant un don de 500 euros.

 

La deuxième association ne vous sera pas non plus inconnue, puisqu’il s’agit du Bornean Sun Bear Conservation Centre, qui s’occupe des ours malais. Nous vous parlons également de ce centre de conservation depuis quelques années et nous sommes heureux de pouvoir également leur envoyer un don de 500 euros pour les aider à poursuivre leurs missions.

Peut-être ne connaissez-vous pas la troisième association. Je dois avouer que je n’en avais pas entendu parler avant que Sylvie Cardona, co-fondatrice d’AVES France ne m’en parle et prêche pour cette cause. Et elle a eu raison. Il s’agit de l’association Le Pic Vert, qui vient en aide avec un collectif d’associations à la faune sauvage menacée au Zimbabwé. Rhinocéros noir, lycaon, guépard, lion et des milliers d’éléphants ont besoin d’eau pour survivre à l’intérieur d’un parc de 14000 km2.

« C’est un magnifique sanctuaire de biodiversité pour la faune d’Afrique australe, un des plus riches d’Afrique. Au total 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux y sont présentes dont certaines parmi ces dernières sont endémiques des biomes régionaux. Mais pendant la saison sèche les mares naturelles du parc doivent être approvisionnées par pompage de la nappe aquifère pour abreuver les animaux. L’assèchement total des mares pendant l’année 2005 a été une tragédie au cours de laquelle des milliers d’animaux sont morts de soif. »

Le collectif propose ainsi de parrainer des mares pour qu’ils puissent installer des forages et les entretenir pour éviter les assèchements. Ce projet nous a semblé important et a également reçu la somme de 500 euros. 

Nous vous invitons à en découvrir plus sur ce site : http://michel.buenerd.pagesperso-orange.fr/Hwange/projet/Hwange_phase_2.html

Encore une fois, ces dons n’auraient pas été possibles sans votre soutien. Merci à tous !

Pétition : Pour une amélioration des conditions de vie des animaux dans les zoos

AVES France (www.aves.asso.fr) et l’ENDCAP (www.endcaptivity.org) sont à l’initiative de cette pétition visant à faire respecter la Directive Européenne 1999/22/CE concernant les conditions de détention des animaux dans les zoos. Plusieurs études réalisées par le monde associatif ont démontré que de nombreux zoos ne respectent pas la directive et nous demandons des actions correctives afin que ces établissements puissent satisfaire aux besoins spécifiques des espèces qu’ils accueillent.

Signez la pétition sur : http://www.avaaz.org/

Texte de la pétition : (english version  below)

Avant même un nécessaire débat quant au bien fondé des zoos, les signataires demandent à ce que les textes européens et nationaux soient clarifiés et harmonisés afin de ne plus permettre les dérives constatés dans de nombreux établissements. Notamment des normes minimales de détention devraient être établies par espèce.

Les signataires de ce texte demandent que les zoos ne respectant pas la Directive Européenne 1999/22/CE ne soient plus autorisés à reproduire leurs animaux, à les remplacer ou à en acquérir de nouveaux avant que des actions correctives aient été entreprises, notamment pour satisfaire aux besoins spécifiques des espèces.

Pour signer la pétition : http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_une_amelioration_des_conditions_de_vie_des_animaux_dans_les_zoos/?csZvLab

 Associations : Pour rejoindre le mouvement, contactez-nous !

 

For the improvement of living conditions of animals in zoos

Even before a necessary debate regarding the legitimacy of zoos, the signatories are demanding that the European and national laws be clarified and harmonized so that the drifts observed in many establishments are no longer aloud. In particular, minimal norms for detention should be established for each species.

The signers of the document are demanding that zoos who do not respect the European directive 1999/22/CE would no longer be authorized to breed, to replace them or obtain new ones before
that corrective measures be put in place, including meeting the requirements of each individual species.

Une semaine au centre de réhabilitation pour oursons orphelins du Québec

Nicole soteau, amie précieuse et adhérente d’AVES France a suivi Alain Boyaval au Québec pour un voyage extraordinaire pour une passionnée d’ours. Elle nous livre un témoignage que nous relayons avec plaisir.

Le Projet du 4 juillet au 11 juillet 2012 :

Accompagner Alain Boyaval, éthologue, pendant une semaine à Tadoussac, Québec, le suivre dans ses démarches de sensibilisation sur la protection de l’ours noir, interviews pour journaux, radios, conférences… puis rencontrer l’ours dans son milieu, affuts, recherche de traces, moulages, et… la cerise sur le gâteau ! Participer à la remise d’un ourson à la vie sauvage.

Le 4 juillet nous retrouvons Alain Boyaval à l’aéroport de Québec.
Ensemble nous nous rendons à Sacré Cœur, plus précisément au « Domaine de nos Ancêtres », centre de réhabilitation pour oursons orphelins, le seul au Québec, créé en 2006 par Isabelle et Alain Boyaval et deux québécois, Francine et Dany, qui y ont également ouvert un gîte auberge et un centre d’observation des ours.

Pendant le trajet, Alain Boyaval nous fait part d’un fait grave survenu au centre avant notre arrivée, il s’agit du vol d’un petit ours dans la nuit du 26 au 27 juin au Domaine, le cadenas de la cage de l’ourson a été scié. L’ourson s’appelle Chanceux. Ce jeune mâle est né en février. Il a perdu sa mère et pèse 15 kilos. C’est la première fois en 6 ans que cela se produit.
Une plainte a aussitôt été déposée à la Sûreté du Québec et les agents de la faune ont été prévenus du vol de l’ourson. Alain Boyaval a déjà, depuis la France, alerté la presse locale, radios et TV ; il émet 3 hypothèses :
– un acte de malveillance, il faut dire que le refuge n’est pas bien vu par la population environnante composée massivement de chasseurs trappeurs, et si l’ourson est relâché dans la nature, il est condamné car trop jeune pour vivre tout seul ;
– un kidnapping pour une vente en France ou ailleurs dans les cirques ou à un montreur d’ours
– un kidnapping pour l’envoyer dans une ferme à ours en Asie où on lui prélèvera sa bile du foie, très prisée et utilisée dans la pharmaceutique et les cosmétiques.

Il est indigné et fait ouvrir une enquête rapidement afin de retrouver le voleur ou démanteler un éventuel réseau. Ses inquiétudes sont d’autant plus justifiées que lors d’un voyage précédent au Québec, avec sa femme Isabelle, en se faisant passer pour de potentiels acheteurs, ils ont filmé en caméra caché, chez lui, un revendeur d’oursons qui donne les prix, 1500 à 2500 dollars selon la destination, et qui précise bien qu’il s’agit d’ours prélevés dans la forêt.

Lors de la conférence destinée à informer le public sur l’activité du Centre, le comportement des ours et comment vivre avec, Alain Boyaval a projeté en scoop cette vidéo dérangeante. En effet les agents de la faune ont essayé de l’en empêcher invoquant l’enquête en cours… il n’a pas lâché et le public (plus d’une centaine de personnes) a ainsi reçu un message fort.

Il faut savoir qu’au Québec, contrairement au Canada anglophone, l’ours est mal perçu. On peut même entendre parfois « l’ours est une vermine qui pue et qui pollue », on est loin de diffuser dans les écoles les règles élémentaires de vie avec l’ours et les précautions que cela implique, clôtures, poubelles spéciales, ramassage des fruits, nourriture protégée dans des boites hermétiques pour les pique-niques… Un exemple : les gens veulent faire venir des oiseaux dans leur jardin pour leur plaisir, ils disposent des graines pour les attirer, bien sûr cela attire également les ours, alors les gens prennent peur, appellent les agents de la faune qui bien souvent, au lieu de les relocaliser, préfèrent s’en débarrasser en les tuant.

Un détail également significatif : l’image de l’ours n’est pas représentée, encore moins valorisée, au Québec. Il est quasiment impossible de trouver une peluche d’ours noir alors qu’on en trouve partout en Colombie Britannique.

Les agents de la faune sauvage présentent l’ambiguïté d’être, pour la plupart, également des chasseurs trappeurs, donc ils font leur travail mais ils n’aiment pas l’ours, certains pratiquent le piégeage dont les méthodes sont cruelles, comme par exemple le piégeage à chaudière, sorte de seau profond perché dans l’arbre au fond duquel on met un appât, lorsque l’ours y met la patte, celle-ci est aussitôt enserrée par un anneau et il peut agoniser pendu tant que le piège n’est pas relevé ; et que dire du chasseur qui attend son trophée du haut d’un mirador, profitant de la faim de l’ours sortant de tanière en l’attirant avec des appâts ? Quelle lâcheté ! Et pire, la mode est à la chasse à l’arc, avec les dégâts que cela peut faire sur l’animal et ses souffrances !

Ainsi nous sommes directement confrontés au triste sort de l’ours noir au Québec, mais on se laisse quand même envahir par la magie des lieux, la douceur, le calme, les forêts remplies d’empreintes, le Saint Laurent appelé la mer à Tadoussac dont les lumières se confondent avec le ciel dans des tons gris bleuté teintés de mauve et… il se profile un évènement important et majeur : le relâcher de William, l’ourson arrivé chez Francine et Dany l’année dernière, à l’âge de 3 mois, d’abord nourri au biberon et ensuite lâché dans l’enclos où Dany a veillé à ce qu’il apprenne à trouver sa nourriture et à connaître le goût de ce qui l’attend, en lui envoyant par-dessus la clôture, par exemple, des baies qu’il trouvera en automne et même des carcasses de marmottes écrasées sur la route…

Par instinct, l’ourson a dormi une partie de l’hiver en tanière, certains oursons profitent d’une tanière déjà creusée dans l’enclos, d’autres s’en creusent une.

Deux jours avant le relâcher, Alain Boyaval a voulu faire une étude du comportement de l’ourson, nous avons ainsi eu la chance de passer quelques heures dans l’enclos avec lui, tout d’abord, en nous voyant, il a fait quelques charges d’intimidation, puis tout un manège en allant et venant autour de nous, grimpant à l’arbre puis nous approchant à nouveau, Alain Boyaval l’a appâté avec du miel à ours, il s’est aventuré jusqu’à venir prendre doucement le miel dans sa main, ce qui lui a fait dire « il est plus délicat que mon chien ! ».

En conclusion, William, le 12ème ourson à être relâché en 6 ans, n’est pas très craintif, moins que les autres ! Pourtant ce qui l’attend ne sera pas facile, il va devoir faire sa place parmi les autres, probablement courir des kilomètres, se battre pour son territoire… et échapper aux chasseurs !

Il sera relâché dans une réserve, un endroit convenu entre Alain Boyaval et un représentant de la faune, Marc, à deux pas du parc du Saguenay, où la chasse est interdite, en espérant qu’il parte dans cette direction ! Marc est bienveillant, il a l’habitude des relocalisations d’oursons dans son domaine et il confirme, de tous ceux qui ont été relâchés, aucun n’a été identifié comme mort (les oursons portent un clip aux oreilles).

Marc, fort sympathique, mais ambigu lui aussi, nous dit :« l’ours oui je l’ai chassé, je l’ai trappé mais maintenant ça ne rapporte plus, même la peau, les griffes, la vésicule çà ne se vend plus, (il veut dire au marché officiel), j’ai encore ma trappe, (partie de terrain louée lui donnant le droit de trapper) je suis content ma fille va la reprendre, elle a fait des études d’environnement et elle aime trapper !! ????».

Le grand jour arrive, on se lève à l’aube pour retrouver la vétérinaire, et quelques amis des ours, invités pour l’occasion. Tout le monde est ému et conscient qu’il va se passer quelque chose d’exceptionnel pour cet ours.

Quand on arrive à l’enclos l’ourson est déjà en cage, Dany l’avait appâté la veille au soir pour l’amener doucement dans cette cage, sur le moment il s’est beaucoup agité, puis petit à petit s’est calmé pendant la nuit.

Cela est beaucoup plus simple pour l’endormir car si on tire la seringue hypodermique avec un fusil dans l’enclos, l’ours se réfugie en haut d’un arbre, c’est très dangereux car il peut s’y endormir et tomber, tandis que là, la vétérinaire l’a piqué à travers les barreaux, il n’a pas mis longtemps à somnoler puis à dormir et même à ronfler.

Sorti de sa cage la première manœuvre a été la pesée, on l’a mis dans un filet et soulevé, on a fait des paris sur son poids, il nous a étonné, 55 kg, bel ourson ! Puis vinrent les examens nécessaires pour son dossier qui sera remis aux agents de la faune : mensurations du corps, des pattes, des griffes, des dents, et il est badgé aux 2 oreilles avec des poinçons jaunes ! On ne s’est pas privés de caresser son doux poil épais et d’admirer ses paumes aux coussinets bien dessinés.

Il commence à se réveiller juste après sa remise en cage, on le charge dans le coffre de la voiture et hop ! C’est parti !

Après deux heures de route pendant lesquelles je le surveille, il s’agite un peu, se tourne et retourne dans cet espace exigu, l’heure est arrivée, on met la cage par terre et solennellement Alain Boyaval ouvre, grand moment d’émotion ! On y va de notre petite larme, l’ourson s’éloigne de nous progressivement, de buissons en buissons et disparait à notre vue…

La dernière action est de clouer des panneaux dans la région avertissant les chasseurs « ne tirez pas ! Ours marqué et tagué aux oreilles, étude scientifique ».

Nous rentrons à l’auberge, silencieux, chacun revit ce moment à sa façon, on a tous dans la tête l’idée d’avoir assisté à une grande action.

Le lendemain nous participons à l’inspection et au nettoyage de l’enclos, nous y recueillons les traces de la première année de vie de cet ourson, sa tanière, ses griffades, les carcasses qu’il a rongées, on nettoie le bassin où il a découvert les baignades, on fait tout propre et tout neuf pour un éventuel nouvel arrivant qui aurait à la fois pas de chance et de la chance !

Les deux soirs qui ont suivis, nous sommes allés en affût. Ici, contrairement aux pourvoiries où les ours sont appâtés et regardés au mirador dans le but de l’observation des touristes mais également de la chasse, les ours qu’on observe au Domaine de nos Ancêtres sont protégés. Dany dispose quelques brioches sur un portique en bois et, avec le groupe de touristes, nous attendons le passage éventuel d’un ours qui trouverait un bon dessert ! Le premier soir, nous avons vu un beau mâle prélever 2 ou 3 brioches, le deuxième soir sont venus deux adolescents gourmands, un adulte craintif, puis encore un magnifique mâle.

Ils ne se doutent pas, qu’en venant se régaler, ils nous régalent également. Dans la lumière du soleil couchant leur poil noir brille et se détache de la verdure, ah ! Quel beau spectacle !

Le temps encore de faire quelques beaux moulages de traces, d’assister à une interview pour une radio locale et c’est la route du retour vers Québec.

Quelle semaine ! A jamais gravée dans nos mémoires… nous avons la sensation d’un vécu hors du temps, hors du commun et pourtant dans une réalité tragique et merveilleuse à la fois.

500 euros pour le refuge de l’Arche

AVES France a décidé de verser un don de 500 euros au refuge de l’Arche.

Nous souhaitons par ce don montrer au refuge de l’Arche notre soutien et notre reconnaissance, puisqu’il a accueilli hier l’ourse Martha du parc zoologique des Bois de Saint-Pierre et qu’il avait déjà accueilli l’ours Miljen en 2008.

Vous pouvez retrouver une vidéo sur le transfert de Martha sur le site centre-presse.fr et vous tenir informés sur la nouvelle vie de l’ourse au refuge de l’Arche.