Le maire de Nançois-le-Grand encourage le braconnage de loups ; inadmissible !

Toute la presse se fait écho de cette sombre provocation : le maire de Nançois-le-Grand a décidé d’offrir « sur ses deniers personnels » une prime de 2000€ à qui capturera un loup.

«Je demande à ce qu’on le capture, pas à ce qu’on le tue, précise Claude Orbion, le maire de la commune, par ailleurs éleveur de bovins. J’offre 2000 euros sur mes deniers personnels, et je remettrai le loup à un parc animalier, ou alors j’en ferai cadeau à la préfète.» peut-on lire dans l’article du Figaro.

M. Orbion n’exclut pas d’organiser «une traque» avec «des volontaires».

AVES France rappelle que le loup est une espèce non domestique protégée, et qu’à ce titre, il est protégé par la loi.

Toute perturbation intentionnelle, capture ou acte de destruction est donc totalement illégal et entraînerait des poursuites. AVES France reste donc à l’affût sur ce dossier et ne manquera pas de déposer une plainte si le maire poursuit ses appels à des actes anti-loups.

José Bové pour l’extermination du loup en France

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Il y a des combats qui ont fait et font encore de José Bové un homme respectable. Mais ses déclarations à répétition sur le loup nous irritent. On en viendrait presque à prononcer des mots qui ne s’écrivent pas sur le blog d’une association de protection de la nature. Et pourtant, à la lecture des propos rapportés sur le blog de Fabrice Nicolino, je peux vous dire qu’ils ont fusé ces mots interdits.

 

D’après le député européen élu en 2009, il y aurait trop de loups en France. « On en a même repéré à moins de 200 km de Paris » brandit-il comme une menace, jouant sur les peurs ancestrales de « la Bête ».

« On a écrit de belles histoires, façon Kevin Costner. Mais ici, nous ne sommes ni dans le Grand nord, ni dans les plaines de l’Ouest américain. Il n’y a pas assez de place pour le loup » explique-t-il avant de lancer sans autre forme de procès qu’il y a trop de loups et qu’il est incompatible avec l’élevage.

Cette thèse de l’impossible cohabitation entre l’homme et l’animal sauvage, nous l’entendons depuis 1992 pour le loup et depuis bien plus longtemps pour l’ours. Elles révèlent plutôt un refus de partager un territoire sauvage et d’accepter les contraintes qui y sont liées. Car pour ces hommes là, il n’y a pas de nature sans intervention humaine. L’homme façonne la nature, le berger fait paître ses troupeaux pour entretenir le paysage. Quid des magnifiques forêts primaires devenues rares en Europe, à la beauté pourtant inégalée, où la nature s’auto-régule sans aucune intervention humaine ?

Monsieur Bové, sans vouloir en débattre, assure qu’il fera pression sur les ministères de l’Écologie et de l’Agriculture afin que les textes qui protègent le loup (directive européenne Habitat et Convention de Berne) soient modifiées. Mais faut-il lui rappeler que le loup n’est ni un gentil chien, ni la bête sauvage qui l’effrayait lorsqu’il était enfant ? Juste un animal sauvage qui a sa place en France et qui est, à juste titre, protégé par l’Union européenne.

Alors Monsieur Bové, de grâce, faites preuve d’intelligence et ne tombez pas dans le discours idiot de personnalités comme Jean Lassalle ou Augustin Bonrepaux. Vous valez mieux que cela. Et au minimum, acceptez donc le débat !

Le nouveau « Plan Loup » : un plan de chasse d’une espèce protégée ?

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Communiqué de presse,
Jeudi 28 mars 2013-03-28

Le nouveau « Plan Loup » 2013-2017 a été présenté dans une version  presque finalisée le 22 février, lors de la réunion du Groupe National Loup qui réunit les ministères de l’Ecologie, de l’Agriculture et les acteurs concernés par le dossier loup. Ce nouveau plan prévoit le tir de 24 loups pour la période 2012-2013 et enfonce le dossier loup dans une dérive inacceptable.

Une confirmation a minima des obligations de protection du loup
L’Etat réaffirme heureusement certaines évidences fondamentales : 1/ le loup reste une espèce protégée, 2/ il faut permettre la progression de l’espèce, 3/ il faut lutter contre le braconnage, 4/ l’interdiction de tir des loups est maintenue dans le cœur des parcs nationaux et des réserves naturelles. Heureusement ! Car le contraire serait à la fois extrêmement grave pour la protection de la biodiversité, et ne respecterait pas les obligations légales de la France par rapport à ses engagements européens (Directive Habitat Faune Flore, Convention de Berne).

Le refus d’une vraie cohabitation entre le loup et le pastoralisme ?
Ce nouveau plan va dans le sens d’une déresponsabilisation des éleveurs et ne propose rien de satisfaisant pour améliorer réellement la cohabitation entre le loup et le pastoralisme. Des troupeaux domestiques pourront être déclarés « non protégeables » par leurs éleveurs ! Pourtant ces troupeaux non gardés par des chiens, des clôtures ou des bergers sont très attractifs pour des prédateurs. La prédation par des loups ou par des chiens continuera donc, et la situation ne fera qu’empirer. Quant aux « tirs de prélèvements », ils devraient tout simplement être abolis car ils n’ont rien à voir avec la protection des troupeaux : ces tirs consistent à tuer un loup possiblement très loin du bétail, sans rapport avec la prédation.

Un véritable plan de chasse du loup
Le nombre maximum de loups pouvant être tué chaque année a doublé, et pourra encore être augmenté régulièrement suivant l’augmentation de la population de loups. Tous les moyens sont mis pour atteindre ce plafond annuel : des « tirs de défense renforcés » avec plusieurs tireurs, possiblement plus loin des troupeaux qu’auparavant, et la mobilisation maximale des chasseurs. Cette politique s’apparente à un véritable plan de chasse, comme pour une espèce gibier !

La dérive inquiétante des missions confiées à l’ONCFS
L’Etat demande à l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) de former des chasseurs à la destruction du loup, une espèce protégée ! Cette mesure est scandaleuse. Rappelons que la mission officielle de l’ONCFS est de protéger la biodiversité.

Le loup est encore le bouc-émissaire facile d’une filière ovine confrontée à des difficultés économiques infiniment plus vastes. Ce nouveau « Plan loup » apparait comme une occasion manquée d’œuvrer à une réelle cohabitation entre le loup et le pastoralisme. C’est un gâchis aberrant, indigne d’une vraie politique de protection de la biodiversité.

Contacts presse :
Pierre ATHANAZE – ASPAS Tél. 06 08 18 54 55
Pierre Rigaux – SFEPM – LPO PACA Tél. 06 84 49 58 10