Les parcs zoologiques ne sont pas des cirques

AVES France a lancé une pétition en janvier 2014 contre le projet TIGER WORLD du zoo d’Amnéville. Depuis, des dizaines de milliers d’anonymes ont signifié leur désaccord avec ce projet, sans que nous ne réussissions à obtenir d’opposition de la part des professionnels du secteur. C’est désormais chose faite.

Aujourd’hui, Patrick Jardin, co-fondateur du CERZA et fondateur du Parc des Félins, romp l’omerta et prend la parole pour « réagir sur l’évolution de certaines enseignes qui n’hésitent pas aujourd’hui à déformer notre métier et notre but de conserver les espèces menacées. »

Son but ? Défendre  les parcs zoologiques, ceux qui n’ont pas oublié leur mission et qui sont aujourd’hui menacés par « d’autres établissements qui n’hésitent pas à abuser des animaux sauvages pour des effets toujours plus spectaculaires ». Car tous les parcs zoologiques « ne sabordent pas leurs valeurs en ne pensant qu’à l’apport financier que ces animaux de captivité peuvent leur apporter. »

Nous vous livrons son témoignage, étant l’un des seuls du secteur à prendre position contre les dérives actuelles.

Les parcs zoologiques ne sont pas des cirques

Le passé des parcs et jardins zoologiques n’a pas toujours été des plus glorieux. Historiquement, les ménageries royales étaient uniquement destinées à satisfaire la curiosité des anciens puissants de ce monde et de montrer leur suprématie au reste de la population. L’ouverture des premiers zoos au grand public n’a guère amélioré cette vision. Ceux-ci sont devenus une vitrine de la puissance coloniale : des entassements d’animaux sauvages dans des espaces confinés sans respect de leurs besoins fondamentaux, voilà ce que l’on trouvait encore au début du XXème siècle.

Les résultats observés aujourd’hui, sont le fruit d’un long processus. Plus de trente ans depuis la signature de la Convention de Washington ont du s’écouler pour considérer que le bien-être, la conservation, et l’éducation devait être des prérogatives des établissements zoologiques.

L’appellation «Parc zoologique» est aujourd’hui menacée par d’autres établissements qui n’hésitent pas à abuser des animaux sauvages pour des effets toujours plus spectaculaires. Pour attirer un maximum le public, tous les moyens sont bons. Les animaux sauvages font l’objet de toutes les convoitises de la part des humains : chassés, piégés ou braconnés pour certains ; enfermés, exhibés ou détenus illégalement pour d’autres.
Que le spectacle commence… Hypnotisé par certains reportages télévisés, le public reste conquis par la proximité entre l’homme et l’animal sauvage. Cette fausse vérité d’un lion qui aime être caressé par un humain, est insoutenable pour Le Parc des Félins.

Les intentions de ces parcs sont purement spéculatrices, et se vouent à une désinformation impressionnante, que nous avons réduite depuis des années.
Les sollicitations pour caresser ou biberonner un félin sont nombreuses et nous émettons ce constat amer de l’amalgame qui est fait entre les parcs zoologiques, qui ont le devoir de respecter l’animal sauvage, et les cirques qui déforment leur beau naturelle.

Depuis plus de 30 ans, Patrick Jardin, cofondateur du parc CERZA et fondateur du Parc des Félins, milite activement contre l’exploitation de ces animaux sauvages. Les différents établissements qu’il a crées ont toujours eu pour
objectif l’élevage d’animaux dans des conditions de vie optimales.

Inutile de faire du spectacle pour susciter l’émerveillement chez petits et grands. Le monde du vivant est suffisamment beau et riche pour qu’il y ait nécessité de le pervertir avec des numéros contre nature. Les exemples récents, largement mis en lumière par les médias vont à l’encontre de notre travail.

Qu’y atil de plus beau qu’une tigresse qui élève sereinement sa progéniture ? Car ne l’oublions pas, si la tendance actuelle est de faire rentrer le spectacle au cœur du monde des parcs zoologiques, notre devoir est de s’interroger sur le quotidien des animaux qui subissent la loi du plus spectaculaire…

Rappelons que pour satisfaire cette hérésie de caresser des lions, des tigres et autres animaux sauvages, ou de travailler, comme ils l’énoncent, les bébés sont arrachés à leur mère pour satisfaire le besoin primitif de l’humain
qui n’est autre que de s’imposer à lui !

Qu’y atil de pédagogique là dedans ?
Que font tous ces animaux lorsqu’ils ne sont pas en représentation ? Dans quelles conditions viventils réellement ?

Il est de notre devoir d’enseigner aux nouvelles générations le respect de la faune. Comment nos descendants peuventils avoir envie de nous aider à protéger toute cette biodiversité si on tolère aujourd’hui de les voir contraints à des prouesses sans respect de leur intégrité ??

Il n’y a aucune vocation pédagogique à tout cela… sinon celle que les intérêts commerciaux prévalent en tout point
sur le respect du vivant…

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Photo fournie par le Parc des félins. ©  Olivier Wojciechowski et Eric Simon