Face à Ségolène Royal, exigeons une vraie politique de protection des loups

Le 28 février dernier au Salon de l’agriculture, Ségolène Royal a déclaré qu’il fallait « réguler » le loup. Déclaration aussi inepte qu’inacceptable de la part d’une ministre de l’écologie, quand on sait que le loup est une espèce strictement protégée, aux effectifs encore faibles et en tout début de retour naturel dans notre pays. Face à cette politique anti-loup de Ségolène Royal, vous pouvez nous aider à faire contrepoids en diffusant la pétition CAP Loup !

Assez de la politique anti-loup de Ségolène Royal

Une ministre de l’écologie qui refuse de recevoir les associations écologistes, une espèce protégée traitée comme une espèce nuisible, des préfets qui prennent des arrêtés anti-loup illégaux, un « plafond » de dérogations considéré comme un plan de chasse, une convention internationale et une directive européenne bafouées, un retour du loup plus lent que dans les pays voisins, des tirs de loups offerts aux chasseurs, l’encouragement du braconnage, des loups chassés d’un parc national, une louve sauvage maintenue en captivité à vie, des moutons indemnisés même s’ils n’étaient pas gardés, pas de responsabilisation des éleveurs en contrepartie des subventions, des syndicats agricoles qui refusent toute cohabitation avec une espèce sauvage, pas de valorisation d’un pastoralisme responsable, le déni de l’intérêt du loup pour le développement touristique, pour la bonne santé de nos forêts et pour notre patrimoine naturel, des élus au service de lobbys agricoles et cynégétiques passéistes, un mépris pour la majorité des Français qui veut protéger les loups…

Ça suffit !

Objectif 100 000 signatures

Depuis des mois, les associations de CAP Loup demandent à rencontrer la ministre qui refuse de nous recevoir. Aidez-nous à être entendus : faites signer la pétition CAP Loup destinée à Ségolène Royal ! Nous sommes déjà 58 000 signatures. Atteignons 100 000 !
Merci à tous !

Communiqué : collectif CAP LOUP

Ségolène Royal remet le dossier ours aux calendes grecques ; lettre à la D.G.E. de la Commission européenne.

Mesdames et messieurs les membres de la direction générale de l’environnement de la Commission européenne,

Lors de la réunion à laquelle AVES France a participé en février dernier à Paris, nous vous avons questionnés sur les suites données à la plainte portée contre l’Etat français pour défaut de protection de l’ours brun dans les Pyrénées (en 2009), et notamment sur la procédure d’infraction 2012/4104.

Dans votre courrier du 18 novembre 2014 Ref. Ares(2014)3839783 – 18/11/2014, vous nous assuriez être en contact régulier avec les autorités françaises qui vous faisaient part, une nouvelle fois, de leur bonne foi alors que dans les faits, rien n’a changé en France depuis le dépôt de la plainte en 2009… il y a 6 ans !

Vous disiez dans ce courrier, comme lors de la réunion à laquelle nous étions invités, que vous étiez dans l’attente de la publication du volet ours de la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité… publication qui était prévue pour le premier trimestre de l’année 2015 et dont nous ignorons absolument quel en sera le contenu, puisque le ministère continue de refuser le dialogue avec les associations indépendantes, c’est à dire celles qui ne dépendent pas de ses subventions.

Aujourd’hui, nous apprenons que Madame la Ministre, Ségolène Royal, a annoncé qu’elle « accordait 9 mois de délai supplémentaire au Comité de Massif des Pyrénées pour donner son avis sur le volet « ours » de la Stratégie Pyrénéenne de Valorisation de la Biodiversité. » Le dossier ours est reporté. Reporté jusqu’à quand ? Il est flagrant que Madame Royal veut gagner du temps afin de ne pas avoir à prendre de décisions sur le dossier ours avant 2017.

La plainte que vous avez reçue en 2009 était extrêmement bien documentée.
Pour rappel : http://www.aves.asso.fr/2012/12/rappel-2009-plainte-contre-la-france-dossier-ours-des-pyrenees/

L’Etat doit assumer son rôle et prendre ses responsabilités.
Nous, responsables d’associations de protection de la nature, avons mis ce dossier entre vos mains en 2009 car nous ne réussissions plus à communiquer avec nos gouvernants et que nous souhaitions obtenir votre aide pour rappeler à l’Etat français ses engagements communautaires. Nous avons placé nos espoirs entre vos mains pour qu’enfin, le dossier ours puisse avancer.

Comme je vous l’ai dit, j’ai vécu dans la Roumanie rurale plusieurs années, au contact des grands prédateurs. J’ai échangé avec des bergers qui protégeaient leurs troupeaux des grands prédateurs. Et là-bas, il y en a des grands prédateurs, des milliers ! Là-bas étrangement, on n’entend pas les éleveurs hurler que la cohabitation est impossible, que les grands prédateurs sont responsables de tous les maux qui touchent l’élevage. Aujourd’hui le discours selon lequel, en France, il faut faire un choix entre pastoralisme et grands prédateurs est insupportable. C’est de la manipulation et une façon simpliste d’évacuer une problématique. Pourtant, l’Europe et les français ont payé cher des plans ours successifs, dont les crédits ont largement été utilisés pour subventionner l’élevage.

Je vous rappelle que la plainte a été déposée en 2009… il est temps que l’Etat français exprime clairement sa position sur le dossier ours, alors que l’expertise collective scientifique « L’ours brun dans les Pyrénées », publiée le 26 septembre 2013 par le Muséum national d’Histoire naturelle atteste que «  l’habitat type source permet d’accueillir 110 individus, soit 94 individus matures pour l’habitat le plus favorable à 258 individus, soit 220 matures, si les habitats favorables de moindre qualité sont inclus. »

Cordialement,
Christophe CORET
Président d’AVES France
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Le préfet des Hautes-Alpes refuse de rendre sa liberté à une louve sauvage

La jeune louve blessée en août dernier par une collision routière dans le massif du Queyras avait pu être soignée. Elle est désormais en bonne santé, mais le préfet refuse de lui rendre sa liberté. Les associations de CAP Loup demandent que, lorsqu’un loup est ainsi sauvé de ses blessures, il puisse retrouver la liberté.

Une réponse bien tardive du préfet

Après nos multiples demandes d’information auprès des services de la préfecture, restées vaines pendant plusieurs mois, et après deux courriers adressés par CAP Loup le 12 janvier puis le 12 février dernier (voir actualité du 12 février), le préfet des Hautes-Alpes vient enfin de répondre à nos associations.

Notre simple demande d’information concernait la jeune louve blessée de Ceillac, dans le massif du Queyas, récupérée en août dernier après avoir été victime d’une collision routière. Nos associations souhaitaient notamment savoir quel était son état de santé et pourquoi le préfet refusait qu’elle soit relâchée dans la nature. CAP Loup demandait aussi que cet animal, s’il était enlevé à la nature par cause humaine, soit décompté du plafond de loups pouvant être tués pour la saison en cours.

La louve en pleine forme… condamnée à la captivité

Dans sa réponse, le préfet indique que la louve est aujourd’hui « totalement rétablie », qu’ « au bout de presque 6 mois de captivité, cet animal est en forme physique mais ne peut être remis en liberté », qu’il sera placé dans un « parc de vision », et enfin qu’il ne sera pas décompté du plafond d’individus pouvant être tués pour la saison en cours.

Pour justifier sa décision de ne pas relâcher cette louve en parfaite santé, le préfet affirme que « sa rencontre éventuelle avec une meute constituée lui serait certainement fatale ». Pourtant, ceci n’est nullement avéré, et un animal sauvage trouvé dans la nature doit pouvoir retrouver la liberté. Le préfet indique aussi que « le relâcher des loups en France est interdit (sauf dérogation de l’autorité administrative) ». Mais c’est précisément au préfet d’accorder cette dérogation !

Un loup sauvage soigné devrait pouvoir retrouver la liberté

Les associations de CAP Loup demandent donc :

– Qu’un loup trouvé blessé dans la nature pour des causes humaines, puis soigné, ne soit pas gardé en captivité s’il est en bonne santé mais soit au contraire remis en liberté. Ceci est pratiqué par exemple en Italie.

– Que les loups enlevés à la nature et gardés en captivité, s’ils ne peuvent pas être remis en liberté, soient systématiquement décomptés du plafond d’individus pouvant être tués pour la saison en cours. Actuellement, seuls sont décomptés de ce plafond les loups tués volontairement.

Les associations de CAP Loup

Communiqué CAP LOUP : CAP Loup reçu par le préfet coordinateur du Plan loup

Suite à notre demande de rendez-vous, les représentants de CAP Loup ont été reçus le 6 janvier par Jean-François Carenco, préfet de Rhône-Alpes et coordinateur depuis quelques mois du Plan loup 2013-2017. Il était accompagné de la DREAL Rhône-Alpes, coordinatrice du Plan loup.

Nous avons pu faire part au préfet de nos constats concernant la politique actuellement menée sur le loup en France : la multiplication des arrêtés de tirs sans rapport avec la protection des troupeaux, l’acharnement de certains préfets allant jusqu’à produire des arrêtés de tir illégaux, le manque de mise en place effective de mesures de protection des troupeaux suffisantes, l’absence de vérification de la mise en place de ces mesures, et le discours de certains représentants de l’État rejetant radicalement le retour du loup.

Le préfet s’est engagé à demander aux préfets de département que leurs arrêtés de tir restent dans la légalité, s’est engagé à demander aux préfets d’avoir un discours plus constructif en faveur de la cohabitation loup/pastoralisme, et nous a dit sa volonté de faire en sorte que les troupeaux soient mieux protégés, et que ceci puisse être vérifié.

Malgré de nombreux points de désaccord et certaines incompréhensions, nous remercions le préfet de nous avoir reçus et écoutés, nous restons vigilants et sommes à sa disposition pour continuer à développer nos propositions en faveur d’une meilleure protection du loup.

Les associations de CAP Loup

AVES France participera au tournage de FAERYLAND, le cinquantième film de Magà Ettori

AVES France s’est engagée à participer, dimanche 25 janvier 2015, à partir de 13h, au happening organisé par le réalisateur Magà Ettori place du Trocadéro.

 »The man who dreamed of Faeryland » est son cinquantième film. Le tournage a eu lieu en Chine, en Allemagne, en Finlande, aux Etats-Unis, en Afrique, en Amérique du sud, en France, en Hongrie, en Italie, en Corse, dans l’océan Pacifique, en Méditerranée, et en mer du nord.

Le tournage se termine en France, en Mayenne au refuge de l’Arche et à Paris au Trocadéro. Pour cette séquence au Trocadéro, 269 Life coordonne une action de sensibilisation sur l’ensemble des fondamentaux de la cause animale (expérimentation, abattage, corrida, fourrure, pêche, gavage, maltraitance…), l’idée étant de filmer une séquence commune avec les comédiens du film, puis d’installer sur la place du Trocadero des ateliers de sensibilisation. 

LE #PARTAGE, C’EST NOTRE #NATURE

AVES France en profitera donc pour lancer une action fil rouge sur l’année 2015. Cette action prônera les valeurs de partage et de cohabitation, avec des messages simples et positifs ! Pour une fois, ce ne sera pas une campagne CONTRE, mais une campagne POUR ! Pour le partage de l’espace naturel. Pour la conservation des espèces menacées. Pour la cohabitation entre l’ours, le loup, le renard, le sanglier, le cerf, le lynx, le vautour et l’Homme, l’éleveur, l’agriculteur, le randonneur…

Pour le tournage, nous invitons nos membres et nos sympathisants à nous rejoindre dimanche place du Trocadéro. Le dress code est simple : tout en noir. Nous fournirons les pancartes et les masques d’animaux. Merci de nous envoyer un mail pour nous prévenir que vous serez parmi nous ! 

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Pour sauver les caribous, tuons les loups

La connerie ne connait pas les frontières, c’est bien connu, France ou Canada, même combat ! Les autorités de la Colombie Britannique n’ont rien trouvé de mieux que d’organiser l’abattage de 184 loups, programmé sur une période de plusieurs mois, et jusqu’à 4 ans, pour tenter de sauver un malheureux troupeau de caribous, dont les effectifs sont passés de 46 animaux en 2009 à 18 aujourd’hui !
Le pire c’est qu’un membre du cabinet du ministre de l’environnement reconnaît que la raréfaction du caribou est due à la fragmentation de son habitat : déforestation, ouverture de routes et pratique de sports de loisirs comme le moto-neige ont considérablement modifié l’habitat de ces herbivores. Le plan du gouvernement prévoit de restaurer ce milieu, mais cela prendra plusieurs années. Or, le ministère entend préserver les caribous dès aujourd’hui.
Il est évident plus facile de tirer des loups depuis un hélicoptère, que de prendre des mesures draconiennes pour interdire des zones à toute activité humaine !
Un dernier mot enfin sur le mode d’élimination employé : l’abattage par hélicoptère est dénoncé depuis de nombreuses années par les associations locales, car il arrive bien souvent que les loups ne soient pas tués instantanément. De plus, ce massacre n’aura pas d’autres conséquences que l’éclatement des meutes et de provoquer ainsi un nouveau déséquilibre au sein de cet écosystème.
Parions que la mort de ces loups ne permettra pas le sauvetage des caribous, hélas…

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Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les loups

AVES FRANCE étant membre de CAP LOUP, nous relayons cette tribune parue dans Le Monde.

Le journal Le Monde vient de publier une tribune cosignée par un groupe de scientifiques spécialistes en biologie, accompagnés de naturalistes et de protecteurs de la nature. Certains d’entre eux représentent des associations faisant partie de CAP Loup. Cette tribune est une réponse à celle publiée le 13 octobre dernier dans le journal Libération, qui était complètement à charge contre le loup (voir l’actualité CAP LOUP du 14 octobre).

Faute de place, cette tribune n’a pas pu être reproduite dans son intégralité dans Le monde, ni la liste des signataires au complet.

Vous trouverez cette tribune dans son intégralité et les signataires ci-dessous :

Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les loups

Le texte intitulé « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers » paru dans le journal Libération le 13 octobre 2014 plaide pour une régulation forte du loup. Cet article, signé par des spécialistes des sciences humaines et de l’agronomie, met l’accent sur la sauvegarde des éleveurs dont la profession serait mise en danger par les déprédations du loup sur le cheptel domestique. Or, d’après cet article, la fin des bergers signe celle des paysages montagnards diversifiés traditionnels, étalon moderne de la biodiversité au sens large, et déjà mise à mal par l’agriculture intensive. Relevons au passage la confusion faite par des spécialistes du pastoralisme entre éleveur et berger, deux professions qui ne sont pas toujours les mêmes.

Habilement émaillé de mots dépourvus de la neutralité la plus élémentaire, affirmant des réalités distordues ou des idées pour le moins ingénues, ce texte fleure bon la valorisation obsessive de la nature domestiquée, celle des pâturages et des prairies extensives. Ces espaces issus de forêts sombres et hostiles, semblent avoir été rendus à la lumière depuis plusieurs millénaires par l’action civilisatrice de l’homme. Certes devenus rares avec l’agriculture intensive, ils apparaissent ici comme la référence absolue de la biodiversité en France: les éloges pleuvent pour ces éleveurs « passionnés, inspirés par le respect du vivant » qui pratiquent une des agricultures « les plus respectueuses de l’environnement », opposant habilement les méfaits du loup, qui en dévorant le cheptel domestique, occasionne le mal suprême, la déshérence des campagnes. Le vocabulaire est spécialement employé pour dramatiser la situation : « Intenable », « situation d’urgence » ou encore « patrimoine sinistré ». Les signataires s’enflamment : il faut non pas éliminer (ce ne serait pas raisonnable), mais réguler fortement le responsable de cette situation jugée intolérable, le loup.

Les signataires font preuve d’une vision anthropocentrée à la fois partielle et partiale, passant sous silence les impacts négatifs occasionnés par le pastoralisme dont les pratiques se sont intensifiées. Le terme même de pastoralisme cache mal des pratiques très diverses, peu cohérentes et dont les finalités restent parfois à préciser. En effet la moyenne des troupeaux est passée de 200 brebis au milieu du 20ème siècle à plus de 500, voire 1000 à 3000 de nos jours. Comment peut-on évoquer le « respect du vivant », «la passion des éleveurs », le rôle des bergers dans le maintien de la biodiversité traditionnelle, au regard des dégâts causés par de telles concentrations? Combien de plantes et d’insectes typiques des espaces ouverts traditionnels ont été détruits sous l’assaut de tels troupeaux, par surpâturage, piétinement ou élimination par la végétation nitrophile qui s’installe sur leurs déjections contaminées par des médicaments ? Que dire aussi de la perte en diversité des insectes pollinisateurs et autres invertébrés, des criquets aux sauterelles, qui en dépendent pour se nourrir et se reproduire, et des maladies (brucellose, kératoconjonctivite, piétin) transmises par les concentrations excessives d’ovins à la faune sauvage de chamois et bouquetins ? L’élevage ovin est très hétérogène et une marge de progrès est certainement possible pour réduire son impact sur les écosystèmes et rendre faisable sa cohabitation avec le loup. Rappelons que les problèmes des éleveurs datent d’avant l’arrivée du loup… Ils résultent plutôt de la forte concurrence internationale et de la baisse de consommation de viande ovine sur en France.

Quant à l’enfrichement tant décrié par les signataires, il avait gagné du terrain bien avant la venue du loup, en conséquence, justement de ce pastoralisme intensif qui réduit les diversités d’herbivores des alpages aux seuls moutons ou vaches, connus pour leur tendance à refuser la consommation des ligneux. On pourrait rajouter bien d’autres facteurs négatifs créés par la profession des bergers actuels : pollution et compaction des zones humides, perte de cohésion des sols de pente, dominance d’espèces végétales nitrophiles, constatés jusqu’au cœur des parcs nationaux. Quant aux fameux paysages agro-pastoraux des Cévennes, ils se banalisent et s’artificialisent, sous les pressions conjointes de l’intensification des pratiques pastorales et sylvicoles, de pressions touristiques et cynégétiques et d’une surexploitation des eaux jusque dans la zone cœur, sans que le loup y soit pour quelque chose. Enfin, le principal facteur de banalisation du paysage et de disparition des terres agricoles en France est très nettement l’urbanisation : déjà 7 millions d’hectares disparus sous le béton en 50 ans, dont 900 000 hectares de prairies entre 1992 et 2003.

Un autre point mérite également débat : la non reconnaissance explicite de l’importance de la forêt dans la biodiversité du territoire français. Et pourtant, un texte dans lequel le loup tient la vedette ne saurait omettre que la forêt a joué un rôle central dans son expansion, et notamment en hiver, lorsque le cheptel domestique fait défaut. Le loup est associé à une « dégradation » des paysages, par le retour spontané des forêts. Il serait étonnant que le loup ait pu à lui seul favoriser l’expansion forestière généralisée constatée en France depuis plus de 150 ans, bien avant qu’il ne réapparaisse. On peut aussi se demander sur quels critères les signataires opposent la « qualité », la « diversité » et le « dynamisme » des paysages créés par des siècles de pratiques paysannes extensives, aux boisements spontanés, dont on sait pourtant qu’ils sont fort accueillants pour la faune. Quant aux forêts matures qui leur succèderont un jour, comment peut-on encore passer sous silence leur immense valeur ?

L’article tente de stimuler, par quelques mots bien choisis, la peur ancestrale du loup, qui malgré les avancées de la science, reste encore en Europe l’animal le plus largement diabolisé par l’imaginaire collectif. Ainsi, les expressions « assaut des loups », qui « attaquent près des habitations et aux abords des routes » sans être gênés par la présence humaine, ne suggèrent-t-ils pas que des meutes de loups vont envahir les campagnes ? Les loups ne sont que 300 à 350 dans une vingtaine de départements, ce qui est peu au regard des densités des deux derniers siècles : 6500 animaux estimés au 18ème siècle, et 1000 cent ans plus tard suite aux persécutions. Pourquoi la France d’aujourd’hui ne pourrait-elle pas héberger quelques centaines de loups quand nos voisins, l’Espagne et l’Italie, en tolèrent chacun 4 à 8 fois plus, sans pour cela avoir sacrifié le pastoralisme. Certaines carences sociales du système d’élevage italien, avec des bergers pas toujours bien rémunérés, ne doivent pas nous empêcher d’organiser un modèle plus vertueux, bien au contraire.

L’article suggère aussi que le loup néglige ses fonctions de régulateur d’animaux sauvages affaiblis ou malades pour s’attaquer aux proies domestiques saines. Il est pourtant reconnu, grâce aux centaines de publications parues sur l’espèce ces dernières décennies, que le loup attaque autant les uns que les autres, en fonction du nombre d’individus dans la meute, des capacités alimentaires locales ou autres facteurs de l’environnement. En réalité, les meutes structurées ont tendance à chercher des proies sauvages alors qu’après les tirs et l’abattage des leaders, les rescapés jeunes et isolés se rabattent sur les plus faciles : les moutons. Toutefois des troupeaux insuffisamment protégés sont très attractifs pour les loups car ils vont au plus facile. Si le bétail est suffisamment gardé, ils ont tendance à chercher des proies sauvages.

Le loup bénéficie pour son expansion du retour des grands ongulés sauvages -dont la consommation humaine reste d’ailleurs anecdotique- bien plus que du cheptel domestique. En effet, près de 6 000 ovins consommés par les loups chaque année ne suffisent pas à nourrir une population lupine en expansion (plus 20% par an), dont les besoins alimentaires journaliers sont estimés à 2 à 6 kg de viande en moyenne. Quant à ces pertes de cheptel (en outre discutables puisque les attaques par les chiens errants ne sont que très peu prises en compte depuis l’arrivée du loup dans les Alpes), elle ne pèsent guère face aux 750 000 morts dans les troupeaux par accident ou mort naturelle constatées chaque année.

Curieuse omission encore de ne pas citer un fait pourtant largement admis par tous ceux qui connaissent l’écologie du loup son rôle essentiel dans certains processus clé des écosystèmes, de la régulation des herbivores au rôle de pourvoyeur de carcasses pour les petits carnivores. Situé au sommet des réseaux trophiques avec le lynx, le loup détient la palme des effets cascade positifs sur la biodiversité. Et cela en Europe comme en Amérique.

Enfin, le texte omet de parler des financements accordés pour soutenir le pastoralisme et qui doublent les revenus de bien des éleveurs de moyenne montagne : aides à la prévention, mise en place de dispositifs de protection, pris en charge sur les crédits du ministère de l’Agriculture avec un cofinancement européen de 50%. Le montant global a régulièrement augmenté, passant de 1,35 millions d’euros à 8,8 millions d’euros entre 2004 et 2012. A cela a été rajouté le remboursement des pertes occasionnées par la prédation (à titre d’exemple : autour de 1 547 560 euros en 2011 pour 1303 attaques, représentant 4921 victimes). Des indemnisations ont lieu même lorsque la responsabilité du loup n’est pas avérée puisque les techniciens ont des consignes de laxisme. Ils ne contrôlent d’ailleurs pas si les bénéficiaires ont protégé leur troupeau et les éleveurs considèrent ces aides comme des subventions qui leur sont dues.

Les dispositifs de protection des troupeaux sont souvent efficaces quand ils sont bien mis en place, et pas seulement déclarés sur le papier par les éleveurs. Parfois certes, ils sont insuffisants. Mais trop peu est fait dans ce domaine en termes de recherche. Ceci doit être étudié par des scientifiques indépendants, et non uniquement par le CERPAM, émanation des chambres d’agriculture qui elles-mêmes rejettent la présence du loup. Peut-on croire qu’un pays comme la France du 21ème siècle ne serait pas techniquement capable de conduire et garder des troupeaux de moutons en faisant en sorte de ne pas les soumettre à la prédation ou à trop de prédation ? C’est une question de volonté, or une grande partie du monde agricole le refuse. Pourtant la présence des loups oblige à développer des modes de pastoralisme appropriés, avec un gardiennage des moutons par des bergers, donc une plus grande présence humaine. Cela signifie que le retour du loup, c’est aussi le retour du berger.

Comment des scientifiques ont-ils pu réduire ainsi le débat à quelques aspects négatifs bien ciblés de l’impact du loup sur certaines activités humaines, en occultant son rôle dans les écosystèmes ? Si le loup constitue une contrainte pour certaines professions, celle-ci doit être mise en balance avec tout le reste. Par la place qu’il occupe dans les écosystèmes, par le fait qu’il existe depuis un million d’années au moins, le loup a tout simplement le droit de vivre sur notre territoire en populations viables.

Conscients que la nature dépend étroitement des sociétés humaines, nous souhaitons que des biologistes indépendants soient associés, sans parti pris ni rejet obsessionnel de cette nouvelle nature sauvage qui s’installe enfin dans notre pays. Depuis des siècles, l’agriculture simplifie et diminue la biodiversité des paysages. Est-ce le retour du loup, ce sauvage éliminé au siècle dernier, qui choque tant ? Et si cela représentait au contraire un signe et un symbole d’espoir pour mieux vivre ensemble le XXIème siècle ? Nous souhaitons vivement une approche non démagogique, responsable et éthique qui étendrait notre respect aux espèces les plus dérangeantes.

Signataires

Jean André, maître de conférences en retraite, Université de Savoie
Muriel Arnal,présidente de One Voice
Pierre Athanaze, naturaliste, Forêts Sauvages, ASPAS
Stéphane Aulagnier, professeur, Université Paul Sabatier de Toulouse
Isabelle Autissier, présidente du WWF France
Farid Benhamou, géographe, docteur d’Agro Paris Tech et professeur en CPGE à Poitiers
Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux
Claude Bourguignon, ingénieur agronome, chercheur INRA en retraite, co-fondateur du LAMS
Lydia Bourguignon, maître ès sciences, ingénieur INRA en retraite co-fondatrice du LAMS
Roland Carbiener, professeur de biologie et écologie en retraite, Université de Strasbourg
Geneviève Carbone, éthnozoologue, spécialiste du loup
Gilbert Cochet, expert au Conseil de l’Europe, attaché au MNHN
François Couplan, ethnobotaniste, auteur et fondateur du Collège Pratique d’Ethnobotanique
Jean-François Darmstaedter Président de Ferus
Michel Echaubard, ancien président de la commission Faune du CNPN
Christian Erard, professeur émérite du MNHN, directeur du laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux) et du Laboratoire d’écologie générale en retraite.
Raymond Faure, président de la FRAPNA Loire
Jean Claude Génot, écologue, rédacteur en chef de la lettre Naturalité
Philippe Germa, directeur général du WWF France
Olivier Gilg, docteur en écologie, président du Groupe de Recherche en Ecologie Arctique
Marc Giraud, vice-président de l’ASPAS
Jean-Philippe Grillet, directeur de Réserves naturelles de France en retraite
François Guérold, professeur d’écologie, Université de Lorraine
Fabien Hein, maître de conférences en sociologie, Université de Lorraine
Pierre Jouventin, directeur de laboratoire CNRS en retraite, directeur de recherche CNRS 1re classe, responsable de l’équipe « Écologie comportementale » au CEFE et du programme ETHOTAAF de l’Institut Polaire
Antoine Labeyrie, astrophysicien, membre du collège de France
Thierry Lodé, professeur de biologie Universités d’Angers et de Rennes
Baudouin de Menten, La Buvette des Alpages, blog citoyen
François Moutou, vétérinaire épidémiologiste en retraite, société française pour l’étude et le protection des mammifères, expert UICN
Vincent Munier, photographe
Fabrice Nicolino, journaliste
François Ramade, professeur émérite d’Ecologie à l’Université de Paris Sud et Président d’Honneur de la Société Française d’Ecologie
Pierre Rigaux, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
Yves Paccalet, philosophe, naturaliste
Annik Schnitzler, professeur d’écologie, Université de Lorraine
Alain Tamisier, chercheur en biologie, au CNRS en retraite
Jean-Marc Thiollay directeur de recherche au CNRS en retraite, administrateur LPO, président du comité scientifique du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient
Jean-Michel Walter, maître de conférences en écologie, Université de Strasbourg en retraite
Maurice Wintz, maître de conférences en sociologie de l’environnement, Université de Strasbourg

Au loup ! par Thierry Lodé

Nous diffusons bien volontiers la tribune de Thierry Lodé* qui nous a bien plu.

Jusque dans certains milieux écolo-libertaires se véhiculent de drôles d’idées noires. Voilà qu’on y crie « au loup » ! Qu’on y fait la propagande de films apparemment documentés, mais à l’argumentaire plus que biaisé, pour exiger la « régulation » des loups en insistant sur les images des carnages et sur la fin de l’agriculture paysanne.

Pourtant, cette intimidation cinématographique, qui a valeur d’une thèse à charge contre la vie sauvage, ne peut guère faire croire que l’élevage serait en péril en France à moins d’une très grosse manipulation.

Pour 24.7 % de « parcs naturels », il n’existe sur le territoire français que 2 % de zones en réserve pour le maintien de la faune sauvage quand l’espace naturel et nos montagnes sont de plus en plus avalés par les aéroports, par des barrages, par l’intensification des cultures, par le tourisme et par la croissance urbaine. Il est probable pourtant que cette invasion continuelle des espaces soit de plus en plus incompatible avec la présence de la faune sauvage. Alors, la solution serait, sinon de détruire tous ces animaux qui gênent, au moins de les écarter ailleurs, plus loin encore, de réduire leur prétendue « prolifération » ?

Mais que viennent faire tous ces moutons seuls et sans défenses dans nos montagnes et sur nos causses ? Pourquoi ces territoires fragiles sont-ils entre les mains de propriétaires terriens qui admettent un pâturage aussi brutal ? D’autant que la plus grande part de la production ovine reste largement industrielle ou quasi industrielle et dépendante des subventions bien qu’elle se présente comme extensive. Il y a environ 7 millions de moutons en France (seulement 38000 en bio, soit 0,5 %) dont 2 millions pour la production laitière, mais tout cela finit toujours à l’abattoir où un agneau se vend 6 € la tête. Car ce qui menace la filière, c’est le modèle économique lui-même. A peu près 14 tonnes sont exportées sur un total de 65 tonnes, soit quasiment 1 agneau produit pour l’étranger sur 5. Dans les élevages, 60 % de la mortalité des agneaux survient pendant les 3 premiers jours. Et à l’âge adulte, les conditions atroces du transport des brebis domestiques à des densités réglementaires de 5 moutons par m² (!) durant jusqu’à 19 heures (mais le voyage peut durer 2 semaines) entraînent à elles seules la mort de milliers d’animaux. Enfin, moins de 1800 élevages ont admis les mesures de protection contre le loup. Or, d’après les chiffres maximum, les loups emportent à peine 0,08 % du cheptel un peu avant l’abattoir. Quelle place reste-t-il pour la faune sauvage ? Les lions, les tigres, les panthères et les ours attaquent bien davantage ailleurs, prélevant aussi régulièrement des animaux domestiques. Il existe, même au Canada, des accidents avec les humains. Et j’en suis désolé, du point de la détresse humaine, un paysan espagnol, un ouvrier agricole indien, ou un éleveur tanzanien valent bien autant qu’un producteur d’ovins français.

Les détracteurs du loup répètent toujours la même chose, il faut « réguler ». Mais les éleveurs ont déjà droit à effectuer des tirs de défense pour tuer ou effaroucher les loups qui approchent les herbages. Ils ne s’en privent pas. Il s’ajoute désormais nombre de battues, menées tambour battant. L’élimination exceptionnelle d’individus agressant un troupeau peut se comprendre, mais l’élimination indifférenciée ne s’avère jamais une solution durable. A combien de loups tués s’arrêteront-ils ? Car ici, le mot « régulation » n’est qu’une autre forme du mot « élimination ». On tue tout ce qui est vu. On a déjà « régulé » c’est-à-dire tué 33 loups en France (15 femelles et 18 mâles au 30 novembre 2014), soit 11 % de la population des 300 loups français (il y a 3000 loups en Espagne), dont des femelles gestantes ou allaitantes. Les chasseurs « régulent » c’est-à-dire massacrent tous les ans 200 000 putois, 150 000 martes, 300 000 belettes et nombre de renards, de blaireaux, de fouines et de visons pour « protéger » leur gibier. Et pourtant, le petit putois de nos campagnes est juste accusé de manger des grenouilles, des lapins et… des rats !

A-t-on été si mauvais dans l’enseignement que l’écologie n’est plus vécue que comme une économie du monde ? Quand et à combien d’animaux tués cesseront ils de dire qu’il y a trop de renards, de loups, de blaireaux ? Cette prétendue « régulation » est une incongruité écologique. Les prédateurs ne prolifèrent jamais. Plus même, chez des animaux vivant en communautés sociales, le groupe familial constitue la clé de la survie. Tuer des loups au hasard entraîne juste l’éclatement des groupes. Le territoire atteint environ 200 km². Les survivants inexpérimentés qui n’ont rien pu apprendre risquent alors de mener une vie plus ou moins erratique et, s’en prenant aux proies les plus faciles, ils peuvent au contraire aggraver le problème des attaques contre les moutons. La proie « naturelle » du loup reste le chevreuil, et le prédateur a besoin d’environ 3 à 5 kg de viande par semaine**, soit en moyenne 1 à 2 chevreuils par mois, moins de 2 % de ce que l’activité cynégétique tue. Car les chasseurs tuent 500 000 cervidés en France par an et entre 1985 et 2000, le nombre de chevreuils abattus a été multiplié par 4. On le constate, les chiffres n’ont rien de comparable.

Il n’y a pas à être pour ou contre le loup, mais juste à apprendre à vivre avec les animaux sauvages qui nous accompagnent durant notre passage sur cette planète. Vivre avec les animaux comme les agriculteurs biologiques apprennent à cultiver en tolérant les plantes sauvages. Cela n’est pas facile, mais la nature n’est pas la seule affaire des petits propriétaires qui industrialisent nos vies. Notre monde est comme un château de cartes et la biodiversité est nécessaire à notre survie, comme les abeilles et les syrphes pollinisent des millions de plantes à fleurs, depuis nos courgettes à nos assiettes, comme les vers de terre labourent et digèrent des millions de tonnes de déchets et comme les oiseaux, les blaireaux et les fouines dispersent des milliards de graines. On ne sait pas bien à partir de quelles altérations les écosystèmes perdent leur intégrité fonctionnelle mais ôter une carte, puis une autre, encore une autre et c’est l’ensemble de notre monde qui s’écroulera… On a pourtant vu défiler à Paris des cortèges de tracteurs demandant à continuer à user des pesticides encore, et encore.

Au lieu de précariser les ouvriers agricoles, d’exploiter les pauvres et de détruire les milieux naturels, il faut réinventer une agriculture humaine avec des bergers, de vraies communautés et où la survie des uns ne dépendra pas du prix de vente d’animaux regardés comme marchandises, ni de la destruction des autres espèces. Ce n’est pas le loup qui menace l’agriculture paysanne, c’est l’industrialisation de nos vies !

Doit-on considérer la nature comme un espace mercantile dévolu à toujours plus d’échanges marchands ? Doit-on exploiter toutes les « ressources », braconner tous les rhinocéros ? Détruire tous les tigres ? Massacrer tous les putois ? Eliminer tous ces animaux dont on affirme qu’ils dérangent afin de garder seulement des espèces condamnées à perpétuité à être contemplées dans des « réserves » où seuls Mickey et Goofy seraient bien gentiment derrière des grilles ? Partout l’érosion de la biodiversité s’aggrave et la détérioration des milieux s’empire, et, cependant, jamais autant d’éléphants, de tigres, d’hermines et de rhinocéros n’ont été braconnés.

Alors, qui orchestre cette nouvelle fable du loup et de l’agneau ? Je me refuse à vivre dans un monde dépeuplé d’animaux sauvages où la seule réalité serait l’économie de nos vies assujetties aux marchandises. Ce que veulent ces gens-là, c’est une nature vide, bien propre, sans dangers ni animaux sauvages, dépeuplée de tout ce qui en fait l’écologie vitale. Apparemment, les hérauts de« Chasse pêche nature et tradition » et autres réactionnaires semblent encore posséder bien de la marge. Ne nous trompons pas d’ennemis. Nous ne voulons pas de ce monde-là, vide des êtres vivants et seulement rempli de leur police, de leurs producteurs et de leurs marchands. Oui, la nature n’est pas un monde de petits pandas gentils, la vie sauvage peut être inquiétante, vivre c’est prendre des risques.

Mais le vrai danger en France, ce n’est pas la survie d’à peine 300 loups sauvages, c’est la gigantesque propagande idéologique de 3 millions de fachos dans l’hexagone.

* Professeur d’écologie évolutive, UMR CNRS 6552.

** précision d’Aves France : en réalité, les besoins journaliers du loup varient selon la saison et le milieu occupé par le loup, la taille de la meute et la disponibilité des proies. Un « gros » loup d’Amérique du Nord consommera davantage qu’un « petit » loup d’Eurasie, la fourchette se situant donc entre 1,5 et 3,5 kg par jour, avec des variations dues à des périodes de disette.

Plainte contre la France : quelles sanctions pour l’abandon de l’ours des Pyrénées ?

Vous rappelez-vous qu’en 2012, les associations de protection de la nature ont obtenu la mise en demeure de l’Etat français pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées. Et depuis ? La France a-t-elle été condamnée ? Quand ? À quelle sanction ?

AVES France a interrogé la commission européenne et, après plusieurs mois, a reçu la réponse suivante :

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Aujourd’hui, plusieurs questions restent en suspend :
– la France sera-t-elle effectivement condamnée pour défaut de protection de l’ours brun, ce qui serait logique à entendre les propos de Ségolène Royal lors de son dernier déplacement dans les Pyrénées ?
– la France préfèrera-t-elle payer une amende que de faire preuve de courage en adoptant une vraie politique favorable à l’ours ?
– l’union européenne se satisfera-t-elle de ces mystérieux échanges avec la France et de ce non moins mystérieux « volet ours de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité », que nous n’avons pas encore eu le loisir de lire, mais qui devrait être rendu public début 2015.

Autant dire que nous serons attentifs sur ce qui ne sera certainement pas le dénouement le cet épais dossier et que, quelque soit la fin de ce chapitre, nous veillerons encore à l’avenir au devenir de l’ours dans notre pays.

Manifestations anti-loup : les éleveurs se trompent d’ennemi

Les manifestations d’éleveurs contre le loup de ces 25-27 novembre, organisées à l’appel de syndicats agricoles, font entendre les difficultés ressenties par la profession mais aussi une conception de l’élevage ignorant tout des enjeux actuels de protection de la biodiversité. La Fédération nationale ovine considère le loup comme un « fléau » et demande rien de moins que « l’exclusion des loups des zones d’élevage ». Face à cette vision d’un autre âge, les associations de CAP Loup tiennent à rappeler les enjeux économiques et patrimoniaux du dossier.

Le loup n’est pas responsable des difficultés économiques

Le loup est une cible très facile à désigner, fédératrice pour des syndicats agricoles dépassés par les difficultés profondes de la filière ovine. La très forte concurrence internationale, la baisse continue de la consommation de viande ovine en France (-50% en 30 ans), la disparition des terres agricoles au profit de l’urbanisation (7 millions d’hectares en 50 ans), la multiplication des maladies (émergence récente du virus de Schmallenberg): voilà les causes réelles des difficultés de l’élevage ovin.

La France doit protéger le loup

La population de loups est certes actuellement dans une dynamique plutôt positive au niveau national, et ce retour naturel est une chance formidable pour nos écosystèmes. Mais la conservation de l’espèce n’est pas encore assurée en France. Notre pays, comme les autres, doit prendre sa part dans la protection des loups. C’est à la fois une nécessité patrimoniale et une obligation réglementaire de la France au niveau européen.

Les citoyens ont leur mot à dire

L’élevage ovin est maintenu en France par des subventions publiques représentant 50 à 80% du revenu des exploitations, hors subventions spécifiques pour la protection des troupeaux et indemnisations liées à la prédation. Les éleveurs auraient donc tout intérêt à répondre aux attentes des Français, très majoritairement favorables à la protection du loup*. Le retour de cette espèce est aussi une très bonne nouvelle pour le développement du tourisme vert. Oui, le retour du loup est souvent une contrainte nouvelle pour des éleveurs qui doivent réapprendre à travailler en présence de prédateurs naturels. Mais les éleveurs peuvent et doivent s’adapter aux enjeux du 21ème siècle de protection du patrimoine naturel de tous les Français.

Les associations de CAP Loup

*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice