Loup : espèce mal aimée – Collecte de fonds pour notre campagne de sensibilisation.

Campagne de sensibilisation et de défense du loup en France

Loup : espèce mal aimée

AVES France, association de protection des espèces menacées fondée en 2005, prend la défense des grands prédateurs depuis sa création. Aujourd’hui, le retour du loup touche de nombreuses régions et l’Etat, qui n’a pas su tirer les échecs du manque d’accompagnement des éleveurs lors du retour du canidé sauvage en 1992, semble répéter les mêmes erreurs. Avec nos bénévoles et des amis naturalistes, nous souhaitons jouer un rôle actif dans l’organisation d’expositions, de conférences et de débats, notamment dans la région Bourgogne où les éleveurs sont d’ores et déjà inquiets par le retour du loup. AVES France a rejoint le collectif CAP Loup et ce projet montre notre engagement total pour la défense de cette espèce, encore menacée à ce jour en France.

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Origine du projet

En 1992, le manque d’accompagnement des services de l’Etat a conduit à un rejet de toute forme de cohabitation avec le loup. Les éleveurs, non informés, se sont sentis abandonnés. Le mode de production extensif, avec des troupeaux de plus en plus importants, s’est montré particulièrement vulnérable aux attaques de loups, d’autant plus que la mise en place des moyens de protection a tardé. Les lobbyistes du monde cynégétique, certains syndicats agricoles et bon nombre d’hommes politiques ont surfé sur la peur pour crier au loup et demandé l’éradication du canidé, ce qui leur a évité d’avoir à assumer leur politique désastreuse sur le plan agricole.

Aujourd’hui, nous souhaitons ouvrir des débats. S’ils sont vifs et passionnés, notre rôle est de réhabiliter le loup tout en réfléchissant ensemble, par des échanges d’expériences, sur les moyens de protection à mettre en place pour permettre la cohabitation entre l’élevage et le sauvage. Cette campagne a également pour objectif de lutter contre les fausses idées qui circulent sur le loup, sur les images d’Épinal qui font encore trembler dans les chaumières.

A quoi servira l’argent collecté ?

Deux types d’actions méritent d’être mises en place de manière urgente : la sensibilisation dans les écoles, ce qui nécessite un peu de matériel pédagogique, et l’organisation de débats-discussions autour de l’éventuel retour du loup dans les départements limitrophes à son actuelle aire de répartition. L’expérience nous prouve en effet que la plupart des gens ont des connaissances erronées sur l’animal (véhiculées par les médias notamment), ce qui entraîne un sentiment de crainte et de rejet vis à vis du prédateur.

L’argent collecté permettra de financer :

  • des supports pour les expositions
  • l’achat d’un vidéo-projecteur
  • l’impression de livrets en papier recyclé
  • l’organisation de conférences ou de colloques, avec des spécialistes du loup invités

Nos idées ne manquent pas pour cette campagne, et sa réussite dépend directement de vos dons (déductibles des impôts).

Les contreparties

Pour vous remercier de vos dons (déductibles des impôts), AVES France a prévu quelques cadeaux.

  • Pour un don de 10€, vous recevrez un marque page loup*
  • Pour un don de 20€, vous recevrez un marque page loup* et la brochure sur le loup du collectif CAP Loup*
  • Pour un don de 30€, vous recevrez un marque page loup*, la brochure sur le loup du collectif CAP Loup* et un bracelet Bearz loup.
  • Pour un don supérieur à 50 €, vous recevrez un marque page loup*, la brochure sur le loup du collectif CAP Loup* et les deux modèles de bracelets Bearz LOUP.

* imprimé(e) sur papier recyclé.

Faire un don sur : https://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/loup-espece-mal-aimee

© Photo de couverture : Fabio Palella – Fotolia.com

Consultation publique : l’Etat français autorise le tir de deux loups supplémentaires

Finalement, ce ne sont pas six, mais deux loups que l’Etat français va sacrifier. Une solution pour ménager la chèvre et le chou et qui, au final, ne satisfera personne. Evidemment, grâce à notre mobilisation et à vos nombreux messages, nous pouvons nous féliciter d’avoir évité le scénario du pire, mais cette décision d’ajouter deux loups supplémentaires à la liste des prédateurs à abattre montre bien que le gouvernement souhaite poursuivre sa politique clientéliste à l’égard des éleveurs et s’entête à leur proposer une solution qui n’a rien de durable.

Voici, ci-dessous, le résumé de la consultation et la décision officielle.

 


PRINCIPALES CONCLUSIONS
DE LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LE PROJET D’ARRETE :

LES MODALITES DE LA CONSULTATION

Conformément à l’article L120-1 du code de l’environnement, le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 a été soumis à « participation du public ». Cette phase de consultation a consisté en une « mise à disposition du public par voie électronique », selon des modalités permettant au public de formuler des « observations ».

La mise en ligne est intervenue le 11 février 2016, et la consultation du public s’est étendue jusqu’au 4 mars 2016.

SYNTHESE DES OBSERVATIONS : NOMBRE TOTAL ET PRINCIPALES CONCLUSIONS

5 334 contributions ont été réceptionnées durant la phase de consultation.

1. De nombreuses associations et organisation se sont mobilisées et ont utilisé cette consultation publique pour exprimer leurs positions :

a- Les associations de protection de la nature (majoritairement membres du collectif CAP Loup) défavorables à un tel arrêté :

Des associations de protection de la nature, tant nationales que locales ont activement participé à cette consultation. Cette participation se traduit par des commentaires défavorables à l’arrêté ministériel, directement postés au nom des associations, par leurs membres ou la reprise partielle ou intégrale de leurs messages. Certains commentaires reprennent explicitement les propos de certaines associations (« Je reprends des arguments forts et imparables »), tandis que d’autres messages incorporent des éléments dans leurs commentaires.

Les associations de protection de la nature ont des positions qui convergent sensiblement, avec quelques nuances.

L’une des associations la plus fréquemment citée (plus 50 fois) et reprise (dans plus de 60 commentaires) dans la consultation est l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). L’ASPAS met en avant le fait que « 43 loups […] sont morts à ce jour » du fait des actions humaines, en prenant en compte les animaux morts accidentellement. Cette donnée est largement reprise dans les commentaires. Son argumentaire fait également appel aux expertises du Musée National d’Histoire naturelle, du Conseil National de Protection de la Nature et de l’Union National de Conservation de la Nature, pour qualifier l’augmentation du plafond d’«irresponsable». L’ASPAS conclut que la priorité doit être « la protection des élevages ».

Les propos de France Nature Environnement (FNE) sont repris 35 fois. FNE dégage 6 arguments, indépendamment repris dans les commentaires, notamment l’absence de connaissances sur les effets des destructions des loups sur le fonctionnement des meutes (et leurs comportements de prédation). Les commentaires reprennent également souvent la dénonciation des tirs effectués alors que les « troupeaux n’étaient plus dehors, [ce qui] constitue une faute lourde de l’Etat et de la préfecture coordinatrice ». Les autres arguments portent principalement sur les incertitudes quant au statut de conservation de l’espèce et sur le fait que le plafond fixé en juin dernier soit remis en question. Enfin FNE engage l’Etat à œuvrer en faveur d’une «coexistence loup/homme».

L’association AVES (Association de protection des espèces menacées) a également été citée plus de 25 fois. Le président d’AVES reproche au gouvernement de ne pas tenir compte des précédentes consultations publiques et de l’avis du CNPN, et d’agir en contradiction avec ses engagements lors de la COP21. L’AVES veut placer les éleveurs au cœur de la cohabitation avec les loups : « les tirs sont une mauvaise solution, car ils sont susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités »

L’avis défavorable de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) a également été repris dans 15 commentaires. Trois principaux arguments sont mobilisés par l’association : l’impact de ces tirs supplémentaires sur l’état de conservation des loups, le non respect des obligations communautaires et internationales par la France et le projet plus général dans lequel cet arrêté s’inscrit (« plutôt que d’encourager la destruction des loups, des mesures pourraient être prises en faveur de la cohabitation entre les loups et l’élevage »).

Enfin la contribution de FERUS est reprise par 6 internautes. FERUS se base sur une étude américaine qui conclut que « pour chaque loup tué, les chances de prédations sur les troupeaux augmentent significativement ». FERUS prétend lier ces conclusions avec certaines données de l’ONCFS. L’association dénonce la « politique de mort » du gouvernement.

D’autres associations de défense de la nature se sont exprimées, soit par le biais de leurs membres soit par des communiqués, rejoignant les précédentes contributions : la Fédération Rhône-Alpes de la Protection de la Nature (FRAPNA, 10 contributions), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO, 4 contributions) (« un scandale » contre productif et contraire aux règlements européens), Humanité et Biodiversité (« pas acceptable »), Animal Cross, la Société alpine de Protection de la Nature des Hautes-Alpes (« le loup ne doit pas être le bouc émissaire des difficultés actuelles des filières agricoles »), la Société Nationale de Protection de la Nature, le Groupe d’études et de protection des mammifères d’Alsace («l’état se décrédibilise totalement et ruine la base scientifique de détermination du nombre de loups pouvant être détruits »), TENDUA, Altaïr, l’Association Lozérienne pour l’Etude et la Protection de l’Environnement, le Groupement pour la Responsabilisation Environnementale et l’Éducation à la Nature, l’Association Terre Lawrence Anthony…

b- Les organisations socio-professionnelles favorables à un tel arrêté :

En parallèle, des organisations socio-professionnelles se sont prononcées en faveur d’un tel arrêté ministériel. Les propos ont largement été repris dans les commentaires suivants.

Le message proposé par la Fédération Nationale des Chasseurs a été repris par plus de 430 commentaires. Il affirme que « les chasseurs ne souhaitent pas le retour de la chasse au loup mais soutiennent les éleveurs dans la défense de leur activité » et rappelle qu’ils sont prêts à opérer les tirs de défense, « en tant que mission de service public ».

Les Jeunes Agriculteurs (JA) des Hautes Alpes apportent également leur soutien au projet d’arrêté, afin de permettre la survie de « l’élevage à l’herbe » aux grandes vertus environnementales et « plébiscité par le consommateur ». Un thème est souvent repris par la suite : « c’est bien beau de vouloir défendre le loup, quand cela n’a pas d’incidence sur sa vie professionnelle et privée ». Les JA du Var précisent que « les agriculteurs ne sont pas anti loup, ils souhaitent seulement pouvoir protéger leur troupeau » ; les loups peuvent avoir « LEUR territoire » à l’écart des zones d’élevage.

Des membres de la Fédération nationale et des Fédérations Départementales des Syndicats d’Exploitants Agricoles (du Jura notamment) se sont également exprimés en faveur de la prise d’un tel arrêté. Après avoir rappelé les dommages causés par les loups à leurs troupeaux, ils demandent notamment l’augmentation de « 12 […] loups à prélever d’ici le 30 juin prochain et […] la possibilité de recourir aux fusils à canon rayé afin de permettre […la poursuite des] opérations de défense »

La Fédération Départementale Ovine de la Drôme apporte également son soutien à ce projet d’arrêté, « indispensable à la survie de l’élevage et du pastoralisme », menacé par le « maintien du prédateur dans nos espaces pastoraux ». Le maintien du loup entrainerait la « fin de l’élevage pastoral » et la désertification des espaces ruraux.

Le Syndicat Ovin de la Côte-d’Or s’inquiète de l’arrivée prochaine des loups dans le département, qui entrainerait un basculement vers l’agriculture céréalière, beaucoup moins «respectueuse de l’environnement ».

2. Dans la continuité de la tendance remarquée l’année passée, la consultation n’est pas dominée par la reprise massive et non personnalisée de courriers types :

Plus de 80% des messages peuvent être qualifiés d’ « individuels ». Même s’ils reprennent des idées développées par les associations précédemment citées, la rédaction est assez personnelle. Cela peut montrer une certaine appropriation du problème par le public : « Je pense que le nœud du problème est plutôt là ».

Ces messages personnels sont également le signe d’un attachement émotionnel fort au sujet : « C’est triste, affligeant, scandaleux ! », « j’ai honte des décisions de nos élus ». Le terme de « honte » est présent dans près de 200 commentaires. L’analyse lexicométrique des commentaires révèle une utilisation fréquente des termes « hécatombe » (972 occurrences), « éradication/éradiquer » (300), « extermination/exterminer » (214), « tuerie » (77), « génocide » (14), « mise à mort » (18), signe de la charge émotionnelle des messages s’opposant à l’arrêté.

Les messages favorables sont également emprunts de marqueurs d’émotion, mettant en avant les difficultés personnelles rencontrées par les éleveurs: « vous qui êtes contre l’abattage des loups, vous me dégoutez tous ! », « Vous n’accepteriez pas notre vie. Alors respectez-la » ou encore « si rien n’est fait c’est la mort pure et simple de nos élevages de montagne ».

Les départements et massifs les plus fréquemment évoqués sont les Vosges, la Haute Savoie, le Jura, la Lozère, les Hautes Alpes et les Pyrénées.

3. Les contributeurs sont en très grande majorité défavorables aux projets d’arrêtés ministériels :

Dans la continuité des années précédentes, les messages sont en très large majorité défavorables à l’arrêté ministériel (entre 90 et 95%). « Je suis contre » est écrit dans plus de 500 commentaires.

La majorité de ces messages défavorables mettent en avant les notions de « nature » (plus de 1000 occurrences, « laissez vivre la nature, sa faune et sa flore EN PAIX !!! »), « biodiversité » (730 occurrences, « la biodiversité est essentielle à notre survie »), signe d’une véritable valorisation de la nature et de la place du loup dans celle-ci. L’attachement au loup est également très marqué : 30 messages le qualifient d’ « animal magnifique », « fantastique », « merveilleux », « sublime », « intelligent » dont le retour constitue une « chance ».

 De nombreux commentaires appuient leurs propos sur des références à des travaux scientifiques. 150 commentaires évoquent des recherches menées aux Etats-Unis, au MNHN, à l’ONCFS, en Italie ou plus généralement des « études scientifiques ». Il faut noter que ces références généralement ont été introduites par les associations de protection de la nature (notamment l’ASPAS et FERUS).

Ces messages défavorables émanent tant de militants que de citoyens, se présentant comme « écologiste », « amoureux de la nature » ou « citoyenne lambda ».

Les plus rares messages favorables à cet arrêté émanent majoritairement de chasseurs (mobilisés notamment par la Fédération nationale de chasseurs), puis d’éleveurs et enfin de citoyens.

 

4. Ces avis défavorables se basent sur des argumentaires très variés, qui vont du refus de certaines dispositions de l’arrêté ministériel à la critique plus globale des orientations sous- tendant le projet :

Les références au statut d’espèce protégée du loup sont très fréquentes. La Directive Habitats est mentionnée 162 fois, la Convention de Berne 218 fois. La majorité des commentaires font cependant preuve d’une certaine méconnaissance ou incompréhension de ces textes. En effet, les possibles dérogations prévues par ces textes semblent ignorées : « Il est interdit par la loi de les tuer !! ». Plus généralement, on note une certaine méconnaissance du dossier, notamment les dispositifs d’indemnisation et les contrats de protection des troupeaux (« l’Etat devrait subventionner l’achat de chiens de garde de troupeaux (patou) ainsi que le coût des soins »).

D’autres commentaires montrent une bonne connaissance du système d’exception. Par exemple la SFEPM indique que « les dérogations à l’interdiction de détruire des loups ne peuvent être accordées qu’à titre exceptionnel et en dernier recours, après que toutes les autres solutions aient été mises en œuvre pour l’éviter ». Cette bonne connaissance de la législation et plus généralement de la question du loup en France se double souvent de critiques sur l’interprétation du bon état de conservation des loups (« l’état de conservation de l’espèce en France est loin d’être aussi favorable que le soutiennent les autorités »). Des commentaires montrent également des connaissances biologiques, citant les impacts positifs des loups sur le reste de la biodiversité : « le parc Yosemite a réintroduit le loup et depuis ils ont constaté une nette amélioration au niveau de la faune mais aussi de la flore »

Beaucoup de commentaires critiquent également la démarche même de l’augmentation du plafond : « Ce qui était un plafond est devenu un quota à atteindre. Et encore quand il est atteint on l’augmente !? ». Cet argumentaire est lié aux accusations de « céder aux lobbys », notamment chasseurs (plus de 75 références, « le lobby des chasseurs devient insupportable ») et du monde agricole (plus de 50 références, « lobbys de viandards »). L’augmentation du plafond est alors considérée comme une mesure de « démagogie politique » et « électoraliste ».

Enfin, certaines participations montrent une opposition par principe aux prélèvements des loups : « partant du principe qu’on ne peut contester à aucun être vivant sa légitimité de vivre ».

D’autre part, la question de la pression du loup sur l’élevage est souvent relativisée dans les commentaires : les loups ne sont pas le « véritable problème », mais les « boucs émissaires » (108 occurrences) de la crise du monde agricole. Les difficultés évoquées sont par exemple « l’importation massive d’agneaux à bas prix, néo-zélandais et autres » et les « chiens sauvages ou errants ». La mauvaise utilisation des moyens de protection est également présentée pas de très nombreux commentaires comme une cause de la prédation.

Enfin, de nombreux messages demandent la « cohabitation » (587 occurrences) « entre les loups et l’élevage ». La destruction de loups « n’est pas la solution », mais d’autres « solutions alternatives » pourraient exister. A cette occasion, de nombreux commentaires évoquent l’Italie (586 fois), l’Espagne (249 fois), la Roumanie et l’Allemagne, où « tout se passe bien » et où « les éleveurs […] montrent l’exemple ». La destruction des loups est alors considérée comme une « solution de facilité ».

5. Cette consultation publique met en exergue des oppositions monde rural/urbain :

La lecture des contributions à cette consultation publique révèle des prises de position et des perceptions de la situation très antinomiques. La construction des répertoires argumentaires mobilisés est différente lorsqu’il s’agit de commentaires favorables ou défavorables.

Les avis favorables à l’arrêté font très souvent référence à leur situation et leur expérience personnelles: «en tant qu’éleveur de brebis ». Leurs commentaires sont étayés d’exemples personnels et concrets, qui exposent leurs difficultés : « nous aimons notre métier et voir des brebis sauvagement égorgées nous écœurent », « il faut qu’on passe nos nuit à surveiller nos troupeaux ». Les éleveurs montrent un front commun, en ayant recours aux pronoms pluriels (nous, on versus vous). Des éleveurs écrivent qu’ils ne sont « pas contre le loup mais […] les agriculteurs devraient avoir le droit de se défendre tout en suivant la loi ». Ils contrent les accusations des « défenseurs de la nature » en mobilisant eux aussi leur amour pour la nature (« protéger son troupeau c’est aussi protéger la vie ») et en relevant les avantages environnementaux de leurs élevages (par rapport aux exploitations extensives et céréalières, qui menaceraient de les remplacer si le loup continue ses actes de prédation).

Les avis défavorables à ce projet d’arrêté font plutôt référence à des concepts généraux tels que « nature », « humanité » (60 occurrences), « cruauté », qu’ils étayent de peu d’exemples personnels.

Il découle de cette dichotomie des interventions assez violentes, signes d’une cristallisation des positions et d’incompréhension. Les éleveurs reprochent aux « pro loups » une certaine déconnection de la réalité : « Il est facile d’être pour le loup lorsqu’il n’a aucun impact négatif sur votre vie professionnelle et familiale. Il serait facile de me positionner pour une non circulation des véhicules dans les villes par exemple » ou encore « Vous Bande De BOBO ECOLO bien cachés derrière votre écran, surement en ville […], vous venez donnez des leçons aux gens du cru, aux gens du terrain ».

En retour, certains « défenseur[s] des loups » reprochent aux éleveurs une certaine incompétence voire une mauvaise volonté, notamment dans la mise en place des moyens de protection : « les loups n’ont pas à payer pour l’incompétence de nos éleveurs » ou encore « un certain nombre d’éleveurs refusent toujours les moyens de protection contre le prédateur ». Les « citadins » appuient leur légitimité sur leur contribution aux finances publiques : « comme contribuable, je préfèrerais que mes impôts servent à une protection réelle et efficace des troupeaux ». Certains commentaires taxent les éleveurs de « profiteurs » : « ces éleveurs sont grassement aidés par nos impôts ». Les chasseurs sont également montrés du doigt : « on massacre pour le bonheur du lobby de la chasse ». En réponse, les chasseurs mettent en avant leur « mission de service public » et répondent qu’ils ne souhaitent pas la mise en place de la chasse au loup.

Il existe cependant quelques commentaires tentant de concilier les deux positions et penchant pour un compromis : « les tirs ne doivent se faire qu’à proximité des troupeaux protégés de façon efficace ».

6. La majorité des avis exprimés ont une portée en réalité plus large que l’arrêté ministériel en question :

Beaucoup de commentaires critiquent la gestion française en matière de loup, de manière plus globale : « vision à court terme », « les tirs n’ont pour effet que de désorganiser les meutes, au risque d’encourager la prédation », « les éleveurs, qui sont indemnisés de leurs pertes même s’ils ne protègent pas leurs troupeaux, ne sont pas incités à mieux se protéger ». Une très large majorité des commentaires portent sur les moyens de protection. Même si beaucoup d’entre eux montrent une méconnaissance de la situation, les commentaires prônent des études sur les moyens de protection efficaces et le déploiement de bergers et de chiens supplémentaires.

Certaines critiques portent sur l’Etat et la politique française en général : « l’État est contre la vie sauvage et l’économie est la seule voie ». Les manquements aux directives européennes et aux traités internationaux sont souvent évoqués (« l’Etat paye des amendes énormes pour ne pas suivre les Directives Européennes »). Certains commentaires remettent également en cause la crédibilité de cette consultation, en référence aux précédentes consultations : « Je ne comprends pas que vous demandiez l’avis des citoyens dont vous ne tiendrez pas compte ». L’organisation actuelle du monde agricole est également mis en cause.

Enfin, certains commentaires flagellent la nature humaine « l’homme ne sait que détruire la nature autour de lui ».

 

 


PARTICIPATION DU PUBLIC – MOTIFS DE LA DECISION

Motifs de l’arrêté

fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016

soumis à participation du public du 11 février au 4 mars 2016

Le loup fait l’objet d’une protection stricte aux niveaux international, communautaire et national de par son inscription :

  • À l’annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe de 1979, ratifiée en France en 1989 (loi 89-1004)
  • Aux annexes II et IV de la Directive européenne sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (dite « Habitats ») CEE 92/43 du 21 mai 1992
  • À l’annexe II de la CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces en Danger – 1973), ainsi qu’à l’annexe A de son règlement d’application européen
  • Sur la liste des mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national, fixée par l’arrêté ministériel du 23 avril 2007 ; les dispositions de la convention de Berne et de la directive Habitats sont par ailleurs transposées dans le code de l’environnement aux articles L.411-1, L.411-2 et R.411-1 à R.411-5.

    Ces textes imposent que soient interdites toute forme de détention, de capture, de mise à mort intentionnelle, de perturbation intentionnelle, de commerce des spécimens prélevés dans la nature d’espèces de faune sauvage, parmi lesquelles le loup.

    Des dérogations à l’interdiction de capture ou de destruction (art. 9 de la convention de Berne et art. 16 de la directive Habitats) peuvent être accordées à condition que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ; que cette dérogation s’inscrive dans un cadre prédéfini, justifiant un intérêt à agir (s’agissant du loup, la disposition mobilisée est celle visant à « prévenir des dommages importants à l’élevage »), et qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.

    Ces dérogations prennent en France la forme d’arrêtés préfectoraux. Ceux-ci doivent s’inscrire dans le respect d’un cadre national, fixé par le biais d’arrêtés ministériels. L’arrêté du 30 juin 2015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fait partie du corpus réglementaire existant à cet effet. L’arrêté objet du présent document vient compléter l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé.

    Cette décision est motivée par la nécessité de concilier la présence et la protection du loup avec le maintien d’activités pastorales importantes pour la vitalité des territoires concernés. Le fait d’autoriser la destruction de deux loups supplémentaires au plafond fixé par l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé permet de répondre à l’impératif de continuité de la protection des élevages les plus exposés au risque de prédation. Le projet d’arrêté soumis à la consultation du public et à l’avis du Conseil national de la protection de la nature prévoyait d’autoriser la destruction de 6 loups supplémentaire. L’arrêté autorisera la destruction de 2 specimens, afin de garantir que la dérogation ainsi délivrée ne nuira pas au maintien de l’état de conservation favorable de la population de loups en France.

Rappel : les loups ont besoin de nous le 16 janvier à Lyon

N’oubliez pas, c’est le samedi 16 janvier 2016 que nous manifesterons à Lyon (14h00 place Bellecour) pour montrer notre opposition aux tirs de loups, à cette extermination programmée par les représentants de l’Etat, demandée par certains éleveurs et chasseurs.

Ne laissons pas tomber les loups, ne laissons pas une minorité de gens ignorants décider du sort d’une espèce sauvage, refuser la cohabitation avec une nature non domestiquée.

Tous à Lyon le 16 janvier !

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CAP Loup dénonce les manœuvres anti-loups du préfet Delpuech

Aves France fait partie du collectif CAP LOUP, ce qui se passe en ce moment est très grave, comme le démontre le communiqué ci-dessous.
N’oubliez pas la manifestation inter-associative du 16 janvier 2016 pour dire stop à ce massacre !

Alors qu’il refuse de nous recevoir, le préfet coordinateur du plan loup se fait carrément le porte-parole des éleveurs anti-loups auprès de Ségolène Royal : dans un courrier scandaleux (en pièce jointe) révélé par CAP Loup, Michel Delpuech propose à la ministre d’abattre encore plus de loups que les 36 autorisés, et avec des moyens supplémentaires : équipements des chasseurs et appâts ! CAP Loup dénonce l’attitude d’un préfet au garde-à-vous des éleveurs et des chasseurs. Nos associations lui demandent d’enlever ses œillères et de bien vouloir nous rencontrer.
Le courrier de CAP Loup au préfet coordinateur du plan loup

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Monsieur Michel DELPUECH, Préfet de la région Rhône-Alpes
Préfecture du Rhône, 106, rue Pierre Corneille, 69419 LYON cedex 03

Objet : Renouvellement d’une demande d’audience concernant la coordination interrégionale du Plan loup
Lettre recommandée avec AR

Crest, le 21/12/2015

Monsieur le Préfet,

Notre collectif CAP Loup regroupe 36 associations de protection de la nature et des animaux, préoccupées par la politique actuellement menée concernant le loup. Vous êtes missionné par la Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, pour assurer la coordination interrégionale du Plan d’action national Loup 2013-2017.

Nous vous avons écrit le 13 novembre pour solliciter de votre bienveillance un rendez-vous, afin de vous faire part de nos inquiétudes concernant la politique de destruction des loups menée par la France et mise en œuvre par les préfets. La France organise une chasse aux loups en contradiction avec la Convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore. En plus, certains préfets prennent des arrêtés de tir qui ne remplissent même pas les conditions définies dans l’arrêté ministériel cadre, à tel point que nombre de ces arrêtés sont jugés illégaux et suspendus par les tribunaux administratifs suite à l’action de nos associations.

A ce jour, notre demande de rendez-vous est restée sans réponse. Par ailleurs, nous avons eu connaissance de votre courrier du 12 décembre adressé à la Ministre de l’écologie, dans lequel vous lui proposez que puissent être abattus encore plus de loups que ne le permettent déjà les arrêtés ministériels encadrant les tirs. Vous proposez aussi à la ministre d’utiliser des moyens de destructions supplémentaires (appâts, équipement et défraiement des chasseurs).

Monsieur le Préfet, votre mission de coordinateur du Plan loup ne consiste pas à encourager le dépassement des conditions de destruction de loups fixées par la ministre, mais au contraire à faire en sorte que ces conditions soient respectées par les préfets dont vous assurez la coordination.

Or le « plafond » de 36 loups pouvant être tués pour l’année en cours (juillet 2015 -> juin 2016) est déjà dépassé puisque 40 loups sont morts, dont 7 dans des circonstances non encore élucidées. Plutôt que d’augmenter ce « plafond », il conviendrait d’éclaircir ces 7 cas et de lutter contre le braconnage qui est la cause identifiée de la mort d’au moins 2 loups depuis juillet.

Votre mission ne consiste pas non plus à ne transmettre à la ministre que les doléances d’une corporation, celle des éleveurs ovins. Au contraire, il vous revient d’écouter et de prendre en compte les propositions des différentes parties prenantes. Il est insupportable de constater que notre collectif d’associations qui œuvre pour l’intérêt général et totalise 120 000 adhérents directs n’est même pas reçu par vos soins, tandis que vous agissez directement au service exclusif d’un lobby agricole.

Monsieur le Préfet, votre prédécesseur Jean-François Carenco nous avait reçu le 6 janvier 2015. C’est avec regret que nous constatons votre refus de nous accorder la moindre écoute, ni même la moindre réponse, alors que la protection des loups pour laquelle nous œuvrons est voulue par la très grande majorité des Français (sondage IFOP 2013 pour l’ASPAS et One Voice). Ce constat nous amène à réitérer notre demande de pouvoir vous rencontrer.

Dans l’espoir que notre demande soit entendue, au nom des 36 associations réunies dans CAP Loup, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de nos respectueuses salutations.

Les associations de CAP Loup

36 loups morts sur 36 « autorisés » : CAP Loup demande la suspension urgente des tirs

Un jeune loup a été tué par un chasseur le 5 décembre en Savoie, ce qui porte à 28 le nombre de loups tués « légalement » depuis juillet en France. Or 8 autres loups ont été trouvés morts pendant cette période, sans que les causes soient officiellement identifiées pour le moment. Si ces loups sont morts par volonté humaine, l’arrêté ministériel prévoit qu’ils soient décomptés au même titre que les loups abattus « légalement ».

Dans l’attente du résultat des analyses, le total de loups tués depuis juillet est donc de 36 (28+8), ce qui est précisément le « plafond » autorisé par l’arrêté ministériel pour l’année en cours. CAP Loup a écrit à Ségolène Royal pour demander la suspension immédiate des autorisations de tirs, afin que la ministre ne permette pas le dépassement du nombre maximal d’abattages qu’elle a elle-même fixé.

Le courrier de CAP Loup à Ségolène Royal

Madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Hôtel de Roquelaure, 246 Boulevard Saint-Germain, 75007 PARIS

Crest, le 07/12/2015

Objet : demande de suspension urgente des tirs de loups

Madame la Ministre,

Votre arrêté du 15/06/15 fixe à 36 le « plafond » ou nombre maximal de loups pouvant être tués pour l’année 2015-2016 (juillet 2015 -> juin 2016). Avec le dernier abattage identifié d’un loup en date du 05/12/15 à Valmeinier (Savoie), le nombre de 36 loups dont la mort est connue depuis juillet 2015 vient d’être atteint.

En effet, depuis juillet, 28 loups ont été tués « légalement » et 8 autres cas de mortalité sont connus : un loup dont l’origine n’est pas encore précisée a été braconné en Dordogne et 7 autres loups ont été trouvés morts en France, avec des suspicions de destruction volontaire mais sans que ceci ait pu être précisé pour le moment, car les analyses sont en cours. Ces 8 cas sont les suivants :

Le loup trouvé mort le 15/08 à Hyères (Var), le loup tué le 30/10 à Saint-Léon-sur-l’Isle (Dordogne), la louve trouvée morte le 01/11 à Freney (Savoie), la louve trouvée morte le 11/11 à Modane/Saint-André (Savoie), le loup tué le 14-15/11 à Vergon (Alpes-de-Haute-Provence), le loup tué le 15/11 à Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence), le loup trouvé mort le 25/11 à Aubenasson (Drôme) et un loup tué sans date précisée dans les Bouches-du-Rhône.

Dans l’attente du résultat de ces analyses, le total connu de 36 loups morts depuis juillet doit donc être considéré comme l’atteinte du « plafond ».

En accord avec vos deux arrêtés du 30/06/15 fixant les conditions de dérogation et le nombre maximal de loups pouvant être détruits pour la période 2015-2016, les « tirs de prélèvement » et les « tirs de défense » (« renforcés » ou non) doivent donc immédiatement être suspendus pour que ce « plafond » ne puisse pas être dépassé.

En tout état de cause, les cas de mortalité par collision ne peuvent qu’être considérés comme une mortalité de cause humaine. En conséquence, si 8 loups devaient encore être abattus en plus des 28 déjà tués légalement (de façon à atteindre un total de 36 loups abattus), le nombre total de loups détruits depuis juillet 2015 serait porté à 44.

Or, selon le « modèle de prédiction pour les possibilités de dérogations » présenté par l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) lors du Groupe National loup du 20 mai 2015, la destruction de 40 loups entraînerait une baisse de la population avec une probabilité de 43%. L’élimination de 44 loups entraînerait une baisse de la population avec une probabilité supérieure à 50%.

Le suivi de l’ONCFS a déjà montré une baisse des effectifs entre 2014 et 2015. Nos engagements internationaux, notamment la Directive Habitats, n’autorisent les dérogations de destruction que dans la mesure où elles garantissent le maintien des populations dans un état de conservation favorable. Tel ne serait pas le cas si de nouveaux abattages étaient réalisés, qui entraîneraient une nouvelle baisse des effectifs.

Dans l’attente de votre annonce urgente d’une suspension des dérogations de tirs de loups en France, au nom des 35 associations réunies dans CAP loup, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Les associations de CAP Loup

Un abattage massif de loups ordonné à des fins politiciennes

Des milliers de chasseurs sont actuellement mobilisés pour tuer 31 loups par décision de l’État, un nombre insensé qui n’a plus rien à voir avec la protection du bétail et qui compromet le retour naturel de l’espèce. Cette politique de destruction extrêmement grave ne trompe plus personne : une espèce protégée est sacrifiée sur injonction ministérielle pour des raisons strictement politiciennes.

En quelques jours ont été pris 9 arrêtés préfectoraux ordonnant une destruction massive de loups dans le sud-est de la France, jusqu’à 5 individus par secteur, l’équivalent de meutes entières. Alors que l’espèce est « strictement protégée » sur le papier, le nombre total de loups à tuer représente une proportion supérieure à celle autorisée pour des espèces « gibier », avec en plus des moyens inégalés : tirs de nuit, techniques de repérage habituellement interdites et formation de milliers de chasseurs par les services de l’État !

Nos associations attaquent au tribunal administratif les arrêtés préfectoraux qui ne respectent pas les textes ministériels. Mais ceci devient de plus en plus difficile, car les récents arrêtés ministériels eux-mêmes permettent une véritable chasse aux loups, en infraction avec la convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore. C’est pourquoi nos associations portent plainte contre la France auprès de la Commission Européenne.

Les éleveurs sont déjà autorisés à tuer des loups près de leurs troupeaux. Préfets et ministres savent bien qu’ordonner des battues en plus de ces tirs ne solutionne rien, car la prédation continue sur les troupeaux insuffisamment protégés. Rien n’est réellement fait pour favoriser la protection du bétail : les moyens de protection sont subventionnés mais leur mise en place n’est pas vérifiée donc peu effective, la prédation est indemnisée même si le bétail n’était pas protégé, et aucune recherche n’est faite pour adapter le pastoralisme.

La cohabitation de l’élevage avec le loup n’est manifestement pas voulue par le gouvernement. Quelques jours après la visite du Premier ministre en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le déferlement d’arrêtés préfectoraux de tirs ne peut qu’émaner d’instructions ministérielles destinées à contenter les lobbies agricoles et cynégétiques en période de campagne électorale pour les régionales, dans un pathétique concours politicien avec les camps adverses qui réclament autant de tirs, aux dépens de la survie du loup en France.

Les associations de CAP Loup

CAP LOUP : La tentative absurde et révoltante du gouvernement de déclasser le loup

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 24 JUILLET 2015

Stéphane Le Foll vient d’annoncer que le gouvernement engage « une démarche de déclassement du loup comme espèce strictement protégée, auprès de la Convention de Berne et de l’Union Européenne ». Aussi vaine soit-elle, cette démarche anti-écologique enfonce un peu plus la France dans l’abandon de toute vision d’avenir pour la cohabitation entre l’élevage et le loup.

Le ministre se moque-t-il des éleveurs avec cette annonce ? Les chances d’aboutir sont tellement faibles que Stéphane Le Foll lui-même déclarait le 8/7/14 qu’il n’était « pas favorable » à cette démarche, selon lui « vouée à l’échec » ! Le déclassement du loup nécessiterait l’acceptation par la majorité aux deux tiers des membres du comité permanent de la Convention de Berne et l’unanimité de ceux du Conseil de l’Europe après examen par la Commission Européenne. Or celle-ci a déjà répondu le 27/5/14 à la France « qu’une révision de la législation n’est pas nécessaire car la directive Habitats offre une flexibilité suffisante pour permettre d’assurer la coexistence du loup avec les activités pastorales ».

Comment justifier une telle demande vis-à-vis de nos voisins qui n’abattent aucun loup, comme l’Allemagne où les loups sont pourtant aussi nombreux qu’en France et l’Italie où ils le sont cinq fois plus ? La politique de notre pays est déjà la pire d’Europe en la matière, avec l’absence de vérification des mesures de protections subventionnées aux éleveurs, les indemnisations pour la prédation même s’ils ne protègent pas leur bétail, les autorisations de tirs même si le bétail n’est pas protégé, même s’il n’a pas été attaqué, même s’il n’est pas dehors, les tirs confiés aux chasseurs non encadrés, les tirs possibles en cœur de parc national, et même désormais une brigade de jeunes payés par l’État pour abattre des loups !

Le ministre annonce sa démarche dans le cadre d’un « plan de soutien à l’élevage français ». Mais chasser le loup n’aide en rien les éleveurs. La prédation continue sur le bétail insuffisamment protégé. Pour les aider vraiment, le ministre ferait mieux d’accompagner les éleveurs dans une évolution vers des pratiques respectueuses de la biodiversité, afin de répondre aux attentes de la société. Car les Français, très majoritairement favorables aux loups, n’accepteront peut-être pas toujours de continuer à payer par leurs impôts les subventions qui maintiennent sous perfusion l’élevage ovin.

Les associations de CAP Loup

36 loups à tuer : la France en infraction et contre l’avis des Français

La ministre de l’écologie vient de publier deux arrêtés fixant les conditions de tirs et le nombre de loups pouvant être tués pour la période 2015-2016. Ces mesures entérinent une politique de destruction dictée par les lobbies agricoles et cynégétiques, au mépris de la demande des citoyens et des obligations de notre pays. Les associations de CAP Loup demandent le retrait de ces arrêtés et portent plainte contre la France.

Ces arrêtés ont été pris alors qu’ils avaient été massivement rejetés par les citoyens lors de la consultation publique, et alors que les Français sont opposés à la destruction des loups (sondage IFOP 2013). L’État obéit aux syndicats agricoles et au monde de la chasse, par des mesures contraires à toute idée de coexistence entre le loup et l’élevage.

Les loups peuvent désormais être abattus même si le bétail n’a pas été attaqué, même s’il n’est pas protégé, et jusqu’à six mois après qu’il est rentré. Les tirs sont possibles jusque dans le cœur des parcs nationaux. Les éleveurs continuent à être subventionnés et indemnisés sans contrepartie ni incitation à protéger leur troupeau.

Le nombre de loups pouvant être tués en 2015-2016 augmente de 24 à 36, alors que la population de loups est en baisse d’après le suivi officiel (ONCFS : 301 loups estimés en 2014, 282 loups en 2015). Les abattages (19 légaux en 2014-2015) ont pourtant montré leur inefficacité depuis des années puisqu’ils n’empêchent par les attaques de continuer sur les troupeaux insuffisamment protégés qui concentrent l’essentiel de la prédation.

Nous demandons depuis un an à rencontrer Ségolène Royal pour lui faire part de nos propositions en faveur d’une meilleure cohabitation entre le loup et le pastoralisme. La ministre de l’écologie refuse de recevoir les associations écologistes, tandis qu’elle reçoit les syndicats anti-loups et applique leurs doléances.

En organisant une chasse aux loups qui met en péril le retour de l’espèce au niveau national et sans chercher à favoriser la coexistence avec les activités agricoles, l’État met la France en infraction par rapport à la convention de Berne et à la Directive Habitats-Faune-Flore. Nos associations portent donc plainte contre la France auprès de la Commission européenne.

Les associations de CAP Loup

L’État détruira-t-il 36 loups au mépris de la volonté des Français ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 18 JUIN 2015

entete-lettre_cap-loup2 500 personnes ont déjà répondu à la consultation publique en cours sur le projet d’arrêté ministériel encadrant les tirs de loups. Cette mobilisation est énorme pour une consultation, et très majoritairement contre le projet. Le ministère osera-t-il prendre cet arrêté, malgré le rejet des citoyens et des associations ? Soyons encore plus nombreux à dire notre opposition ! Plus que quelques jours pour répondre.

Deux projets d’arrêtés sont soumis à consultation publique jusqu’au 21 juin. Le premier concerne les conditions dans lesquelles les tirs de loups peuvent être autorisés par les préfets, le second concerne le nombre maximum de loups (36 !) pouvant être tués pour la période 2015-2016. Consultez les projets ici et envoyez votre réponse ici !

Au lieu d’inciter les éleveurs à s’adapter au retour du loup, l’État encourage de plus en plus largement sa destruction. Entre autres mesures envisagées, les « tirs de défense » (tuer un loup près d’un troupeau) seraient autorisés non seulement pour un troupeau non protégé, mais aussi pour les autres troupeaux de la commune, même s’ils n’ont pas été attaqués. La prédation sur le bétail pourrait être imputée au loup sans constat de terrain par un agent de l’État. Les « tirs de prélèvement » (tuer un loup loin des troupeaux) seraient encore confiés aux chasseurs, pour une durée augmentée à six mois et même si le bétail n’est pas dehors. Les tirs officiels ne seraient plus interrompus en cas de braconnage de loup dans la zone. Enfin, aussi incroyable que cela puisse paraître, les destructions de loups seraient autorisées dans les réserves naturelles et dans le cœur des parcs nationaux.

Malgré le rejet massif de ce projet par les citoyens, malgré les 67 000 signatures de notre pétition en faveur de la cohabitation loup/pastoralisme, malgré l’opposition des associations de CAP Loup qui regroupent 120 000 adhérents, malgré la plainte contre la France que nous déposerons auprès de la Commission européenne, malgré l’opposition des Français à la destruction des loups (sondage IFOP 2013)l’État adoptera-t-il ces nouvelles mesures destinées à satisfaire les lobbies agricoles et cynégétiques ?

Les associations de CAP Loup

Arrêtés illégaux : CAP Loup rappelle à l’ordre les maires délinquants

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 26 MAI 2015

Malgré la reconnaissance de l’illégalité d’un arrêté municipal qui autorise le tir des loups pour tout citoyen, d’autres maires disent vouloir prendre en toute connaissance de cause des arrêtés similaires, tout aussi dangereux et insensés qu’illégaux. Les associations de CAP Loup engagent d’ores et déjà les actions juridiques pour faire annuler ces arrêtés, en appellent au préfet coordinateur du Plan national loup, et mettent en garde les élus qui seraient tentés par cette forme de délinquance.

Suite à l’action de l’ASPAS, qui fait partie de CAP Loup, la préfecture des Hautes-Alpes a demandé au maire de Pelleautier de retirer son arrêté illégal du 15 mai dernier qui autorise le tir des loups « pour tout citoyen majeur, muni d’une arme, ayant la faculté de s’en servir ». Ceci n’a pas empêché d’autres maires des environs (Prunières, Les Orres…) de déclarer qu’ils prendraient des arrêtés similaires. Ces élus savent pourtant que le loup est une espèce protégée, que les autorisations de tirs sont délivrées par les préfets, et qu’elles le sont déjà largement aux éleveurs de leurs communes.

L’ASPAS vient de demander à la préfecture de sommer ces maires de ne pas prendre ces arrêtés illégaux. S’ils sont pris et que les maires refusent de les abroger dans les plus brefs délais, c’est le tribunal administratif qui ordonnera leur suspension suite au recours que déposeront l’ASPAS, FERUS et ONE VOICE, trois associations de CAP Loup. D’autre part, notre collectif vient d’écrire au préfet de région Michel Delpuech, coordinateur du Plan national loup, pour lui demander de prendre les mesures appropriées et d’inviter les préfets à la plus grande réactivité pour faire retirer les arrêtés municipaux illégaux.

Si un loup était abattu en application de tels arrêtés, la responsabilité fautive du maire serait engagée, et nos associations demanderaient réparation du préjudice causé par cette destruction illégale. La « ruralité » que disent défendre ces maires délinquants n’est pas celle que veulent les Français, y compris les ruraux. Il est inacceptable que des élus irresponsables, à la recherche de publicité auprès d’extrémistes anti-loups, se croient au-dessus des lois et mettent en danger les citoyens en autorisant des tirs anarchiques qui ne solutionneront en rien les problèmes des éleveurs.

Les associations de CAP Loup