Chronique littéraire : Trésor rouge (Julien Pfyffer)

Ce livre est une enquête sur la pêche du thon rouge en Méditerrannée, fortement médiatisée depuis quelques années. Ce sont avant tout des ONG qui ont tiré la sonnette d’alarme sur le risque que courait cette espèce, très convoitée par les pêcheurs. Le thon rouge est presque exclusivement consommé par le Japon et les prix flambent très vite.

Cet ouvrage a pour but de dévoiler les dessous d’un juteux commerce. Je dois bien avouer que le ton m’a quelque peu agacée au moins jusqu’aux deux tiers du livre. Cette enquête d’investigation mâtinée de thriller me semblait flirter dangereusement avec une histoire à sensation mettant en scène, d’un côté les « bons », c’est à dire les braves thoniers français persécutés par les fonctionnaires européens et de l’autre, les « méchants », évidemment les ONG, Greenpeace et Sea Shepherd en tête.

Heureusement, au fil des pages, l’auteur finit par éviter ce manichéisme primaire.

On apprend ainsi comment ont été décidés les quotas de pêche et surtout pourquoi ils ne sont ni fiables ni respectés.

L’ICCAT qui fixe les quotas a encore de gros progrès à réaliser pour faire respecter les règles de pêche. Les contrôleurs présents sur les bateaux étaient (il parait qu’aujourd’hui le système s’est amélioré) peu ou pas du tout formés. On apprend également que les thoniers passent d’un pavillon à l’autre, de français à lybien notamment, que les fermes d’engraissement maquillent leurs chiffres, et enfin, qu’il est très difficile de se procurer le montant des aides publiques dont ont bénéficié les pêcheurs européens et français notamment. La routine, quoi…

La pêche du thon rouge (étonnant d’ailleurs de constater que  dans la bouche de ces professionnels, on utilise le mot « tonnes » plus souvent que thon !) est devenu un gros business en 20 ans et qui ne s’arrêtera probablement qu’avec la chute des populations.

Certes, personne ne sait réellement combien il reste de ces magnifiques animaux en Méditerrannée, mais il serait urgent d’accéder aux demandes des  ONG : un moratoire sur cette pêche me parait indispensable.

Enfin, savez-vous qu’il y a actuellement au Japon près de 25 000 tonnes de thon rouge stockés dans les entrepôts d’hypercongélation ? De quoi méditer, non ?

Chronique littéraire : Une vie pour les abeilles (Henri Clément)

Les éditions Rue de l’Echiquier ont créé une sympathique collection  : conversations écologiques.

Ici, il s’agit d’échanges entre Henri Clément, apiculteur et syndicaliste (UNAF) et Philippe Bertrand. Ce dialogue est destiné à éclairer les lecteurs sur l’importance de lutter contre l’utilisation des produits chimiques en agriculture afin de sauvegarder la biodiversité, si utile aux hommes et aux abeilles.

Bien sûr, Henri Clément n’est pas contre une interdiction totale des produits chimiques agricoles, mais au moins en ce qui concerne tout ce qui touche de près ou de loin aux abeilles.

C’est un livre intéressant qui retrace les différentes étapes de la lutte du monde apicole, notamment contre le Gaucho et le Régent et qui permet aux consommateurs de se faire une opinion plus précise sur la production de miel, car les explications sont écrites dans un langage clair et simple.

Et pour retenir le principal message du livre : Evitons de consommer le miel de tournesol et de colza, zones où le taux de mortalité des abeilles est très important (et pour cause…) et préférons les miels des petits producteurs dans des zones où les grosses exploitations agricoles et les céréaliers sont absents. Privilégier des miels plus rares (châtaignier, sapin, etc.) et des circuits courts, voilà un début de solution pour le consommacteur.