Les bêtes dangereuses, dévoreuses, venimeuses.

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Voici un ouvrage jeunesse signé Jean-Baptiste de Panafieu, formidablement intelligent et irrésistiblement drôle.

L’auteur dresse le portrait de bestioles généralement peu aimées et/ou craintes des enfants comme des adultes. Du vampire (espèce de chauve-souris) à l’hippopotame en passant par le requin, le cobra, l’ours noir, le dragon de Komodo et pas mal d’insectes, voici la liste réjouissante de bestioles qui sont accusées de nous mordre, de nous piquer, de nous injecter du venin, bref, de nous faire peur et de nous compliquer la vie (quand ils ne nous l’ôtent pas !).

Chaque animal ou insecte bénéficie d’une fiche d’identité reprenant les rubriques « De quoi est-il accusé ? », Est-il vraiment coupable ? », « Le saviez-vous ? ». Les illustrations (de Benjamin Lefort et lucie Rioland) sont très chouettes, et sont partagées en deux séries : les unes, très précises, représentent l’animal, les autres, qui sont des vignettes humoristiques.

Et qu’apprend-t-on, entre autres, dans ce sympathique livre ? Que les petites bêtes sont bien plus dangereuses que les grosses. Et oui. La preuve ? L’anophèle, un moustique, est responsable des épidémies de paludisme, maladie qui cause la mort de centaines de milliers de personnes, chaque année. A l’inverse, le grand requin blanc, qui parait bien plus terrifiant qu’un moustique, ne tue qu’une dizaine de baigneurs par an. (ben quoi, c’est pas terrible comme score !).

Autre idée reçue, ce brave hippo, végétarien pourtant, tue une centaine de personnes par an (c’est un animal extrêmement territorial, il faut se mettre à sa place) et est donc bien plus dangereux pour la population africaine que son camarade le lion. C’est fou, non ?

Et pourtant, toutes ces bêtes ont de solides raisons de nous attaquer (voyez, les rôles sont inversés pour une fois…) : nous leur faisons peur, nous tuons leurs petits, nous empiétons sur leurs territoires ou pire, nous les détruisons, nous polluons leurs habitats, nous les chassons et les exploitons. Nous sommes leurs concurrents et leurs super-prédateurs. Mettons-nous un peu dans leur peau de temps en temps.

Enfin, je terminerai avec le petit plus de ce livre. Personne ne songe à nier la dangerosité du tigre ou du crocodile marin. Et pourtant, l’auteur n’hésite pas à présenter l’animal le plus dangereux de tous les temps qui parait – à première vue seulement – le plus inoffensif. Dépourvu de poils ou de plumes, dont la vue, l’odorat et l’ouïe sont fort médiocres, n’étant pas doté de griffes et de crocs dignes de ce nom, peu rapide, malhabile… bref, un outsider qui possède cependant deux qualités primordiales pour survivre et dominer les autres espèces : la cruauté et l’intelligence. Allez, vous avez deviné de qui il s’agit ? Gagné, c’est l’être humain, pardi !

De quoi donner matière à réflexion aux enfants et aux parents.

Un empoisonnement universel de Fabrice Nicolino

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Fabrice Nicolino signe à nouveau un ouvrage majeur sur le thème des pollutions chimiques. Certes, ce n’est pas le premier à se pencher sur la question mais son livre est sans nul doute l’un des mieux documentés.

Il débute comme un thriller historique qui donne des sueurs froides. Car bien sûr, toute l’histoire de l’humanité est inscrite dans le sang. Cela commence grosso modo avec la première guerre mondiale qui marque véritablement l’essor de l’industrie chimique. Des armes de destructions massive aux produits destinés à améliorer le travail (et le rendement) des agriculteurs, il n’y a qu’un pas qu’ont allègrement franchi scientifiques et entreprises dans les années noires de l’avant et après-guerre. Que l’on ait fricoté avec les nazis n’empêche apparemment pas de recevoir des prix Nobel ou de faire partie des conseils d’administration de multiples et opulentes sociétés. Après cette première partie consacrée à retracer la naissance d’entreprises célèbres et toujours florissantes, dont Bayer, BASF, Dow Chemicals, Du Pont, etc., on passe à une vérité tout aussi atroce : la présence d’un nombre incalculable de substances chimiques dans notre environnement, dans l’eau, dans notre sang… Aucun homme, aucun animal, aucune partie du globe, du désert de sable à la banquise, n’est épargné. Nous sommes tous contaminés.

Le journaliste se penche alors sur les manoeuvres de l’industrie chimique, décrit les campagnes de lobbying, la complicité passive du pouvoir politique et d’organismes officiels, les luttes de pouvoir d’individus dénués de scrupules, rappelle la désinformation qu’on distille sournoisement pour gagner du temps.

Comme en tant d’autres domaines, les rapports de scientifiques indépendants, les articles des lanceurs d’alerte sont soigneusement ignorés, tandis que les grands pollueurs de ce monde, sont de toutes les réunions, de tous les comités, participent à toutes les décisions et infiltrent même de vénérables institutions. Pendant ce temps là, les gens et les bêtes continuent à crever du cancer, à souffrir du diabète, d’obésité, on découvre de «nouvelles» maladies que l’on ne saurait guérir, les malformations augmentent, le taux de personnes allergiques à tout et n’importe quoi aussi. L’Histoire est émaillée de nombreux scandales (au hasard, l’amiante…) et accidents majeurs (un seul exemple parmi tant d’autres, Bhopal) mais personne n’en a retenu les leçons. Ni ici, ni là-bas…

Réjouissant, non ?

Enfin, cerise sur le gâteau, on découvre que, oui, on vit plus vieux, mais pas en bonne santé. A quoi cela sert-il d’atteindre les 90 ans et de ressembler à un légume, je vous le demande ? Fabrice Nicolino nous offre donc un livre dense, clair et vraiment érudit. Courageux aussi.

Après tout ce que je viens d’écrire, il m’est impossible de mentir et de dire que le livre se termine sur un happy-end. Il n’y en aura pas. Et pourtant, ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Une piste ? Se passer de produits chimiques dans notre quotidien, quand cela est à notre portée. Et choisissons une autre voie.

Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus

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Cet ouvrage n’a pas été rédigé complètement par Marc Giraud, un naturaliste dont nous aimons beaucoup la prose, mais il est le fruit d’un travail d’équipe puisque le service juridique de l’association ASPAS y a majoritairement contribué, entre autres.
Cela donne un petit livre clair et précis, non dénué d’humour, qui donne les informations nécessaires sur la chasse en France. Il est fort difficile, pour un citoyen « normal » (c’est à dire non considéré comme un « escrologiste » par les « viandards ») de s’y retrouver dans le fatras de textes juridiques. On pourrait croire que la pratique de la chasse est soumise à un cadre précis et rigoureux. Or, il n’en est rien. D’un département à l’autre, d’une pratique à une autre, rien n’est jamais réellement défini de manière pérenne.
Si on fait un bilan de toutes les exceptions et dérogations, on s’aperçoit qu’on peut quasiment chasser toute l’année en France, et un grand nombre d’espèces animales sont chassables, y compris celles qui sont « fragiles » – la France est d’ailleurs en tête du classement européen. Pas de quoi se vanter…
Enfin le braconnage est, dans de nombreux cas, toléré, voire encouragé. Je me souviens de l’époque où je regardais au JT, le courageux Allain Bougrain-Dubourg s’opposer une fois par an aux braconniers menaçant les tourterelles du Médoc. Et ce scandale incroyable du col de l’Escrinet !! le dernier bouquetin des Pyrénées est mort sous les balles d’un chasseur, de même que quelques uns de nos ours bruns (c’est ballot, les gars ont confondu l’ours avec un sanglier !).
N’espérez donc pas trouver la réponse à la question posée dans le titre. Car à moins de rester cloitré à la maison durant toute la période de chasse, il n’est guère possible de se promener, faire de la photo, cueillir des champignons. J’en sais quelque chose, moi qui vit et travaille en zone rurale. Priorité au plaisir de tuer…

Quoi qu’il en soit, ce livre n’est pas un pamphlet de plus contre la chasse, c’est un guide qui permet de trouver quelques parades tout de même et de faire le tri dans les informations distillés aussi bien par les chasseurs (qui se vantent de leur rôle primordial dans l’équilibre naturel) que par des citadins ignorant la réalité du terrain et qui considèrent la chasse comme une activité nécessaire à la régulation du gibier, lequel a la fâcheuse habitude de se jeter sous les roues des automobilistes, entre autres…

Chronique littéraire : Méduses, à la conquête des océans

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L’ouvrage de Robert Calcagno et Jacqueline Goy, paru aux éditions du Rocher, est une belle réussite visuelle. Le contenu quant à lui est captivant. Si plusieurs chapitres sont consacrés à l’étonnante biologie de ces étranges créatures (et à leur incroyable pouvoir d’adaptation), une grande partie est réservée à la mondialisation des méduses. Ces organismes profitent en effet des « mauvaises actions » humaines pour proliférer et prendre contrôle des océans : pollution, dégradation des écosystèmes, surpêche, dérèglement climatique, bref, les causes sont hélas nombreuses.
Dans les médias, on relaie parfois les incidents liés aux baigneurs qui se font piquer par ces animaux. On voit souvent les photos de ces pauvres tortues qui confondent sacs plastiques et méduses. Plus rarement, les journaux rapportent les incident liés à l’arrêt de centrales nucléaires ou la destruction de fermes d’aquaculture !!

La dangerosité de certaines espèces n’enlève rien à leur étrange beauté. Les photos sont magnifiques, tous comme ces créatures.
D’ailleurs, chaque année dans le monde, une cinquantaine de décès sont imputables aux piqûres de méduses; C’est 5 fois plus que le requin !!

Un bel ouvrage, servi par des textes fournis mais compréhensibles pour un public non-scientifique, que nous recommandons car il permet d’en savoir bien plus sur une espèce encore trop discrète pour le grand public, mais dont la prolifération devrait tous nous alerter, encore et toujours, sur l’état de santé de nos mers et océans.

Fabrice Nicolino sort un nouveau livre

Chez un petit éditeur qui mérite aussi un coup de pouce, Les liens qui Libèrent.
Chez Aves France, nous connaissons la valeur de Fabrice Nicolino, ses précédents ouvrages nous avaient convaincus de la qualité de son travail et de la valeur de l’homme. Nous ne pouvons que relayer l’info autour de son prochain livre qui paraitra le 17 septembre, et vous encourager à le lire bien sûr.
Ci-dessous, un résumé.
le livre de F. Nicolino

Une enquête redoutable sur l’invasion effrayante des produits chimiques dans notre quotidien et notre environnement.

C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés des millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?

Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comment les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?

Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.

Un autre regard sur les zoos

Voilà un ouvrage jeunesse très intéressant, édité chez « les points sur les i » par nos camarades de l’association Code Animal.

Cette association se bat principalement pour les animaux sauvages captifs des zoos et des cirques. Dans ce livre, les illustrations (vraiment très chouettes et de style différent) et photos ont la part belle et devraient séduire sans peine les plus jeunes. On y trouve également un quizz à la fin. Les textes expliquent, interrogent et le jeune lecteur peut se mettre dans la peau d’un chimpanzé ou d’un ours pour se poser les bonnes questions : l’animal que je vois dans cette cage ou dans cet enclos est-il heureux ? A-t-il sa place ici ?

En plus d’exemples concrets (comme les éléphantes récemment atteintes de la tuberculose, ou Knut l’ours polaire vedette du zoo de Berlin), les auteurs démontent les arguments des propriétaires des zoos et incitent à la réflexion.

Comme nous le martelons régulièrement, il n’y a aucun intérêt pédagogique à regarder un animal évoluant dans un milieu artificiel parce que son comportement en sera nécessairement modifié, parce que la captivité imposée à des animaux sauvages est un non-sens, parce que les dessous de la gestion d’un zoo mériteraient d’être connues (savez-vous ce que l’on fait des animaux en surnombre ?), parce que la conservation des espèces dans des parcs, que le grand public confond souvent avec des mesures de sauvetage ou de protection, ne rime à rien si les milieux naturels continuent à disparaître à ce rythme, et enfin, parce voir un animal dans un zoo, ou pire, comme cela est la mode, assister à un spectacle (otaries, dauphins…) ou au nourrissage des animaux ne s’apparente qu’à une vulgaire opération commerciale. Je suis consommateur, j’ai payé mon entrée au zoo, je veux voir des bêtes sauvages, qu’importent les conditions. L’animal captif devenu produit de consommation sous prétexte de le sauver !

De quoi interpeller non seulement les enfants mais aussi les parents. Bref, à acheter, lire et prêter. Sans modération.

Création de la collection « fiction nature » aux éditions Helium

Deux premiers titres prometteurs inaugurent cette nouvelle collection des éditions Helium. Ces deux romans jeunesse ont la particularité d’avoir été écrits par des naturalistes.

L’incroyable destin de Quentin libellule, de Gwenaël David raconte les aventures d’une petite libellule rouge. Dans ce roman, on apprend plein de choses étonnantes sur ces fragiles et gracieuses bestioles. Je retiendrai essentiellement le passage de l’état de larve à celui d’adulte, transformation impressionnante…

L’auteur qui, je cite, « est un entomologiste spécialiste des milieux urbains. Il est également membre du collectif cinématographique Othon et a fait partie d’un groupe de punk français, Zabriskie Point.  » n’est pas dénué d’humour. Les aventures de Quentin, la libellule rouge, sont cocasses souvent, dramatiques parfois mais toujours passionnantes.

Gwenaël David a choisi de raconter la vie d’un odonate sur un plan d’eau artificiel, près d’une ville, pas loin d’un terrain vague. Cela m’a semblé une bonne chose de rappeler que même les milieux urbains peuvent recéler une biodiversité précieuse.

Autre roman, Le chant de la grande rivière de Tom Moorhouse.
On suit les aventures, pleines de dangers, de la famille de Sylvan. C’est un jeune campagnol qui vit près de la rivière Sinéthis, celle qui les protège et dont le chant rythme leur vie. Après la mort de la maman (ce n’est pas un scoop, elle survient très rapidement), la fratrie va devoir se débrouiller et subir bien des épreuves. Chacun des frères et soeurs a une personnalité attachante, il y a ceux et celles qui rêvent de voir le monde, celui qui préfère rester au chaud dans le terrier, le méfiant et le téméraire.

Les dangers sont nombreux, les prédateurs guettent, le renard, la loutre, le vison. parfois, on se fait de drôles d’amis, comme les rats.

On apprend entre autres que les femelles sont les plus agressives et les plus territoriales, et toute une foule de choses sur cet écosystème familier, la rivière et ses berges. Le texte est drôle, poétique, émouvant. Après cette lecture, vous ne regarderez plus les campagnols de la même façon ! C’est le point fort de ce roman d’ailleurs qui fait d’une petite bête méconnue du grand public, certainement classée comme vulgaire rongeur qui pourrait s’en prendre au potager, en un animal digne d’intérêt.

Il faut préciser que l’auteur,Tom Moorhouse « vit à Oxford, en Angleterre, où il travaille au département zoologique de l’université. En 2013, sa thèse portait sur… les campagnols. Il a également mené à bien un projet de réintroduction de cette espèce menacée. Le Chant de la Grande Rivière est son premier roman, qui sera suivi d’un deuxième tome. »

Code de l’eau – éditions Johanet

Cette 3ème édition, signée Bernard Drobenko et Jacques Sironneau, est un énorme pavé mais ô combien utile. Tous ceux qui militent pour la protection de l’eau, quelque soit le sujet, de la rivière au simple fossé en passant par la distribution d’eau potable ou la pêche, savent à quel point la législation est complexe et éparpillée dans de nombreux codes.
Une petite association comme la nôtre a bien du mal s’y retrouver ! Aussi avons-nous pu apprécier une première lecture de ce code qui rassemble l’essentiel de ce droit, en chapitres ordonnés de manière si logique que cela en facilite grandement les recherches.
La réglementation est si touffue qu’il vaut mieux se plonger dans cet ouvrage afin de compléter et de « solidifier » tout dossier relatif à un litige environnemental portant sur l’eau. Bref, un livre bien utile dont on reparlera à l’usage…

Chronique littéraire : Un million de révolutions tranquilles (Bénédicte Manier)

Le changement de vie peut venir, parfois, d’une simple lecture. Et voilà que je viens de trouver l’ouvrage idéal.

La journaliste a enquêté sur toutes les initiatives citoyennes qui ont permis d’améliorer la vie de millions de personnes, un peu partout dans le monde. Cela concerne aussi bien l’habitat, que la nourriture, la biodiversité, l’économie locale, etc.

Des initiatives de ce genre, on les connait souvent grâce à des reportages tv, d’Amérique du sud en passant par l’Afrique, l’Inde et les USA, on découvre ainsi comment des communautés d’habitants ont réinventé leur système de vie, face à la faillite morale, sociale et financière de nos sociétés : tout le monde a entendu parler de l’éco-construction, du mouvement slow food, des paniers solidaires, du co-voiturage pour aller travailler, des AMAP et de Kokopelli, et même des livres voyageurs !

Mais on trouve également des informations sur ce qui se passe en France, à échelle plus vaste. Grâce à ce livre, je découvre pas mal de projets très intéressants qui se sont développés de manière discrète.

Les systèmes d’échanges locaux, le partage des savoirs, les jardins solidaires (vivent les potagers bios partagés !) et même l’auto-construction.

Il s’agit évidemment de réinventer un autre mode de vie qui certes, trouve son fondement dans la crise financière pour certains mais aussi et surtout, dans la crise écologique.

Vous trouverez non seulement des exemples concrets mais aussi des liens vers des sites et des blogs, des adresses d’associations, de groupements, pour rejoindre des gens partageant les mêmes valeurs. Indispensable donc.

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Chronique littéraire : Animal émotion de Kyriakos Kaziras

Voilà un livre de photographies magnifiques qui devrait ravir tous les amoureux de la vie sauvage !

Le lecteur a souvent l’embarras du choix en cette matière et de grands noms de la photographie animalière se détachent particulièrement, mais chacun à sa spécificité et son originalité.

Ici, Kaziras a privilégié les gros plans et les détails. On trouve évidemment des photos en plan large mais celles en cadre resserré dominent et distillent une émotion différente. Une main de chimpanzé, la tête d’un léopard en train de boire et sur laquelle on distingue les blessures, le lycaon qui tire insolemment la langue, le vol du Grand Duc d’Amérique, le caïman à lunettes et bien d’autres. Les animaux, photographiés en totale liberté comme il est indiqué en guise d’avertissement, sont surpris dans les actes de leur vie quotidienne, après la chasse, en train de festoyer, de jouer, etc. Les photographies sont de toute beauté, je garde en mémoire celle de la quatrième de couverture, l’oeil de l’éléphant, ou encore le colibri à ailes saphir et le macareux moine qui semble marcher sur l’eau. En réalité, je ne saurai dire quelle est ma préférée…

J’espère, je souhaite que ces instants de grâce, capturés par le photographe, permettent à tous ceux qui les contempleront de s’investir encore et toujours dans la protection de la nature, de ne pas laisser disparaître la vie sauvage.

A lire également la préface de Pierre Ménès et le court texte d’introduction qui permet de faire connaissance avec ce photographe exceptionnel.

Ouvrage paru aux éditions Vilo.

9782719109649