Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse – 2ème édition

les-chauves-souris-de-france-belgique-luxembourg-et-suisse-2ème-éditionSi vous ne devez posséder qu’un seul livre sur les chauves-souris, alors c’est celui-ci ! Reçu il y a quelques jours dans la boîte aux lettres de l’association, j’ai d’abord été surpris par son poids : 1,3 kg ! En voilà un qui va rivaliser avec mon vieux livre de collection L’ours brun de Marcel Couturier. A une différence près : le livre de Laurent Arthur et Michèle Lemaire est, lui, résolument moderne !

Les éditions Biotope et les Publications Scientifiques du Muséum d’Histoire naturelle proposent en effet un livre de 544 pages actualisées avec les dernières données disponibles, ce qui fait de cet ouvrage l’une des références majeures sur les chauves-souris en Europe.

Ce magnifique livre passionnera petits et grands car, en plus de son contenu extrêmement précieux sur les chauves-souris, il contient de très nombreuses photographies et dessins, dans une mise en page particulièrement soignée.

Cliquez sur l’image pour feuilleter le livre !

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Cliquez sur l’image pour feuilleter le livre !

Le contenu de cet ouvrage est d’une richesse incroyable. On y découvre en détail les 34 espèces de France, Belgique, Luxembourg et Suisse, on y apprend l’anatomie, le vol, la reproduction, le principe de l’écholocation, la socialité chez les chauves-souris. Un précieux chapitre est également consacré à leur protection et à la cohabitation.

Autant dire que je vous conseille de vous procurer au plus vite ce bel ouvrage, disponible au prix de 43€ chez tous les bons libraires ou sur http://www.leclub-biotope.com/fr/mammifères/719-les-chauves-souris-de-france-belgique-luxembourg-et-suisse-2ème-édition-9782366621396.html

Chapitres : 

  1. Les Chauves-souris dans le règne animal
  2. Biogéographie et écologie : origine et mise en place des espèces en Europe
  3. Biologie
  4. Les Chauves-souris et l’homme : la chauve-souris vue par l’homme (étymologie, représentations en Europe occidentale de la période romaine au Moyen Âge, évolution de leur image dans les livres d’école, représentations dans la BD, a priori actuels)
  5. Cahier d’identification : clés détaillées, avec plusieurs niveaux de lecture
  6. Monographies détaillées de chacune des espèces, avec leur carte de distribution.

Agissons pour sauver la planète de Tim Flannery

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Sous ce titre un peu vague se cache une pépite, un ouvrage de vulgarisation sur le changement climatique, écrit dans un langage clair et illustré de nombreux exemples.

Pour ceux et celles qui ont parfois du mal à digérer les rapports synthétiques du GIEC, et qui doivent rafraîchir quotidiennement leurs connaissances en sciences, nul doute que le livre de Tim Flannery, paléontologue de son état, qui milite activement pour le climat depuis de nombreuses années, comblera des lacunes et répondra à maintes questions.

Dans son pays natal, l’Australie, l’industrie minière est toute-puissante et le gouvernement fait la sourde oreille dès qu’il s’agit de prendre des mesures. Autant dire que ce scientifique sait de quoi il parle.

Vous apprendrez que l’océan indien est celui qui se réchauffe le plus rapidement, que dans le centre de l’Australie on a enregistré une hausse de 3°C au cours du XXème siècle, que les ouragans et tempêtes sont de plus en plus violents et fréquents, que l’Ouest des USA est en train de crever de soif. Toutes les zones de notre planète sont pas impactées de la même façon. En Inde par exemple, tous les états ne sont pas logés à la même enseigne. L’auteur explique donc que l’humanité, comme les animaux, vont connaître des mouvements migratoires forcés.

Notre futur est bien sombre, les scientifiques s’accordent tous sur trois scénarii : la disparition du gulf stream, celle des forêts pluviales amazoniennes et la libération explosive du méthane à partir du sous-sol marin. Pour Flannery et beaucoup d’autres, c’est l’action de l’homme qui est responsable de ce bouleversement climatique. Beaucoup de gens veulent minimiser ce constat ou même le nier, à grands renforts de diagrammes savants et de données biaisées. Et pendant que le temps s’écoule inexorablement, que les querelles stériles et contre-vérités freinent toute initiative en faveur d’un changement de comportement, notre planète continue de sombrer et nous avec.

Les arguments scientifiques de Flannery sont pourtant imparables, car ses constats reposent soit sur des situations passées et donc aisément vérifiables (un exemple au hasard, la sécheresse au Sahel) ou bien sur des modélisations dûment validées par la communauté scientifique, quand ce ne sont pas des cas concrets comme l’agonie du récif corallien que nous vivons en direct live !!

Mis à part quelques réserves sur les barrages et le nucléaire qui sont loin, pour moi, de représenter des solutions alternatives, je suis d’accord avec les propos de l’auteur : certaines pistes proposées pour réduire notre empreinte et influer sur le climat sont à la portée de tout le monde. Les solutions écologiques sont parfois toutes simples et faciles à mettre en oeuvre (circuler davantage à vélo, privilégier le train ou le covoiturage…). L’auteur suggère également d’opter pour un véhicule hybride, de poser chez soi des panneaux photovoltaïques, etc. Pas toujours possible pour ceux qui gagnent le SMIG. Ceci dit, sans nécessairement débourser de grosses sommes, il y a bien des actions quotidiennes que nous pouvons faire pour améliorer la santé de la planète, qu’on se le dise !

Wild idea de Dan O’Brien

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Ce récit est la suite des Bisons de Broken Heart.
Dan O’Brien, écrivain écolo, a fait le pari fou de réinstaller des bisons sauvages sur ses terres et de restaurer l’écosystème de la grande prairie. Ce livre est le récit de son expérience.
Avouons-le tout de suite, l’idée de participer à la sauvegarde d’une espèce animale en lui trouvant une utilité économique impliquant la mort de certains individus, me gêne considérablement.
C’est un peu le même principe qui régit la conservation des grands prédateurs. On finance la survie du guépard en permettant, de temps à autre, le tir d’un individu moyennant un tarif élevé.

Ici, le but poursuivi par Dan O’Brien est manifestement sincère, bien que tout aussi mercantile. Mais apparemment, vendre de la viande de bison bio n’est pas une affaire aussi rentable qu’il y parait.
Installé avec sa famille dans le Dakota du sud, (non loin des Black Hills et des Badlands, tout un symbole…), au Cheyenne ranch river, il tente tant bien que mal de faire prospérer sa petite entreprise, la Wild idea Buffalo, en commercialisant sa viande de bison authentique et bio.

A la fois chronique familiale, digne de l’école du Montana, mais aussi histoire passionnante d’un rancher écolo qui veut redonner vie à la grande prairie grâce, et pour, les bisons, Wild idea incarne une certaine idée de la conservation de la nature, que nous ne pouvons ignorer. Dans notre monde moderne, toute créature se doit de rapporter quelque chose.

Et pourtant, le récit de O’Brien est exemplaire et très attachant. Son amour et son respect pour la Prairie et les bisons transpirent à chaque ligne. Toute son son entreprise est bâtie autour du respect. Respect de cet écosystème fabuleux, car il faut préserver les herbes indigènes. Respect des bisons qui sont moissonnés, c’est à dire abattus au fusil par un tireur d’élite, sur place, et en présence d’un inspecteur de la Direction des Services Vétérinaires, enfin son équivalent aux USA. Respect enfin de la tradition et de l’histoire de ce pays. Associer les Sioux dans cette affaire, et faire bénir (par des chants et de la fumée de sauge) chaque abattage en dit long sur la personnalité de l’auteur. C’est en tout cas, une alternative certaine aux fermes d’engraissement et à l’élevage industriel.

A méditer.

Je désherbe sans produits chimiques de Denis Pépin

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Un tel prodige est-il possible, dans nos vertes contrées où les lobbies d’une agriculture chimique et intensive travaillent à convaincre les jardiniers amateurs que les saloperies chimiques qu’ils commercialisent sont indispensables au potager ? Et bien oui, grâce à un réseau de résistants dont Denis Pépin fait indéniablement partie.

Denis Pépin est ingénieur écologue et agronome, un homme sympathique et passionnant que j’ai eu la chance d’avoir comme formateur pour mon stage de Maître-Composteur.

Je me répète, je sais, mais jardiner en harmonie avec la nature me semble être un acte de résistance. Vraiment. C’est une façon de voir la vie autrement, de se libérer d’un carcan que l’on cherche à nous imposer, d’envoyer promener les grosses firmes aux desseins douteux et les réglementations françaises et européennes particulièrement absurdes.

C’est également une façon de participer à la sauvegarde de la biodiversité.

Mais revenons à nos outils et à nos herbes magiques. Jardiner sainement implique de renoncer à certaines habitudes, de faire un peu d’efforts et de reconsidérer notre rapport au jardin.

Cet ouvrage fourmille de conseils et de techniques, la plupart du temps fort simples, à mettre en oeuvre et appliquer progressivement. Le sarcloir et le couteau à désherber vont devenirs vos meilleurs amis, vous allez apprendre à tirer parti du carton et du paillage, et même, ô joie, à laisser pousser l’herbe autour des troncs d’arbres ou à vous émerveiller de laisser pousser paquerettes, herbe à robert ou bugle rampant chez vous. Parce qu’en plus, ces soi-disant mauvaises herbes sont belles !

Pour avoir déjà testé la plupart de ces méthodes, je confirme que ce n’est guère fatiguant, au contraire, car on décide de laisser pousser certaines plantes, et on ne s’occupe vraiment que de la partie « potager ». Et même là, avec un peu de patience, un carton et de la paille viendront à bout plus facilement d’un espace herbacé que n’importe quel engin à moteur, bruyant et polluant et des litres de désherbants qui vont empoisonner la terre et la microfaune.

Et à la fin, quelle récompense de voir la petite faune et les insectes revenir dans un jardin débarrassé de ses produits chimiques !

Le petite plus : J’ai apprécié les rubriques « pas à pas » et surtout les annexes présentées sous forme de tableau, bien pratique pour choisir son paillis en un coup d’oeil.

Au nom du cerf (Philippe Moës/Gérard Jadoul)

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Un ouvrage exceptionnel, réellement. Ces deux photographes et naturalistes se sont donnés pour mission de faire découvrir le cerf, véritable roi de nos forêts (c’est le plus grand mammifère de nos contrées), à travers des photos sublimes et des textes remarquables, érudits mais plein de poésie. Un vrai coup de coeur pour ce livre !

On ne soupçonne pas la fascination qu’exerce cet animal sur bien des gens. Sur le chasseur, avide de trophée, sur le collectionneur qui recherche inlassablement des mues, sur le simple citoyen qui assiste au brame, dans des conditions parfois peu avouables (un soir de brame, dans une allée forestière, c’est un peu comparable à un samedi soir sur le périph’ parisien !!) ou encore le photographe pour qui une photo de cerf représente l’accomplissement. Fabrice Cahez, photographe lui aussi, l’évoque d’ailleurs dans sa jolie préface.

Les deux auteurs de l’ouvrage (au fait, chapeau, Messieurs !) insistent fortement sur la nécessité de prendre mille précautions pour ne jamais déranger un animal.

On y apprend aussi énormément de choses, évidemment sur la biologie du cerf, mais aussi sur sa place dans l’histoire des hommes, animal chargé de symboles. Pour autant, les biches – souvent dédaignées aussi bien dans la littérature que sur le terrain – ne sont pas oubliées.
Le cerf est intimement lié à la forêt or ils souffrent du même regard de l’homme.La forêt doit être uniformisée et formatée car elle est, hélas, le plus souvent envisagée sous un angle économique; le cerf, considéré seulement comme gibier, est lui aussi « pesé » en terme de trophée. L’animal est aussi l’ennemi du forestier, alors qu’il suffirait de laisser les prédateurs faire leur travail pour que l’équilibre soit rétabli.

Et je reviens à ces photos, parce que vraiment, elles sont magiques. Je serai incapable d’en choisir une en particulier mais je pencherai tout de même pour celles où la forêt est aussi mise à l’honneur. Et puis certaines sont réellement étonnantes comme la série appelée « danse des cerfs décoiffés ». Elles ne sont pas seulement belles, elles sont aussi originales. Alors avis aux amateurs…

Merci aux éditions du Perron pour cet envoi.

Le retour du sauvage de Pierre Athanaze

Tout le monde ou presque connaît, au moins de nom, Pierre Athanaze. Il a été membre du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage et a siégé à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage pendant dix ans. Bénévole dans plusieurs associations de protection de la nature, Pierre a récemment été président de l’ASPAS, structure dans laquelle il a lancé le label « Réserves de vie sauvage ». L’association est aujourd’hui propriétaire de terrains exempts de toute chasse, pêche et exploitation forestière.

Dans cet ouvrage court mais intense – une centaine de pages que j’ai dévorées dans la journée – Pierre passe en revue les espèces qui ont disparu de notre territoire, ou dont les effectifs ont beaucoup souffert et qui ont désormais tendance à faire leur retour (loup, lynx, bison, esturgeon, phoques…). Retours naturels ou grâce à des renforcements de populations, ils ne sont pas toujours bien acceptés par la population. Pourtant, en s’appuyant sur des exemples d’autres pays, notamment en Europe et aux Etats-Unis, on comprend que le retour du sauvage n’est pas qu’une questions écologique, mais aussi économique.

Posant des questions justes sur l’intérêt de poursuivre une politique agricole basée sur la perfusion permanente des exploitations, ultra dépendantes des aides européennes, sur une politique de gestion de la forêt basée sur des données erronées, sur cette peur qu’ont les pouvoirs publics de voir une partie du territoire national redevenir sauvage quand tout prouve que nous aurions le meilleur à en tirer, ce livre fait réfléchir.

Et si, en France, on acceptait de remettre en question ce que l’on croit juste depuis des années, alors que le modèle s’écroule ? Et si l’on redonnait une place au sauvage ? Et si on commençait par le faire dans nos parcs nationaux, dans lesquels on chasse, on pêche, on coupe des arbres ? Et si ce retour du sauvage était la clef pour résoudre l’érosion de la biodiversité, le dérèglement climatique, la crise économique…

Et si… on essayait autre chose ?

Des auxiliaires dans mon jardin (édition Terre Vivante)

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Il y a un certain nombre de livres qui traitent de la biodiversité au jardin, en incluant bien sûr, ces fameux auxiliaires. Ici, seuls ces derniers sont à l’honneur, du plus petit insecte au hérisson en passant par l’orvet ou la grenouille.

Ce qui m’a plu, c’est d’y trouver des informations qui sont rapidement survolées dans d’autres ouvrages, notamment sur les arthropodes, car la majorité de ces bestioles sont souvent inconnues du grand public. On ne soupçonne pas la grande diversité des amis du jardin. Ils sont bien plus nombreux que les hôtes indésirables.

L’autre mérite de ce guide, c’est d’avoir opté pour des méthodes douces et pacifiques : on ne vous conseillera pas de noyer des limaces ou de tuer des campagnols, le respect à toute créature vivante prime. On capture et on relâche très loin, voilà l’une des solutions. Autre information à méditer, les rares produits utilisés en bio peuvent être tout de même nocifs, comme la bouillie bordelaise. Moralité du livre : le jardinier ne doit quasiment pas intervenir.

Bien sûr, le jardinier n’est pas à l’abri d’une attaque en règle. Un Cerisier envahi de pucerons, par exemple, est un incident fréquent. On peut toujours traiter au purin d’ortie, ou se poser des questions, grâce à ce livre, car cette invasion de pucerons est révélatrice d’un déséquilibre dans le jardin. A vous de trouver ce qui cloche.

C’est comme avec les campagnols. La belette ou le renard sont vos alliés dans la mesure où ils chassent ces petits mammifères, mais pas facile d’inviter des bêtes qui sont pourchassées presque toute l’année par des fous furieux armés de fusils ! Heureusement, les rapaces aussi peuvent m’aider à limiter la présence des campagnols. Du côté des mammifères, pour favoriser leur présence, vous pouvez toujours planter une vraie haie naturelle (oubliez les espèces exotiques) qui offrira le gîte et le couvert à plusieurs espèces animales.

Les dernières pages du livre sont dédiées aux moyens d’attirer les auxiliaires au jardin. Construire des abris, des nichoirs, des abris pour insectes, planter les fleurs et végétaux qui attireront les pollinisateurs ou prédateurs, favoriser un coin de friche, ne rien ratisser en automne (et oui, laisser les feuilles mortes au sol, c’est bien !), pailler un maximum, laisser un petit tas de pierres ou des tuiles renversées… Evidemment, le maniaque du jardin propre et ordonné se refusera à ces aménagements, mais du coup, se privera de la présence de ces alliés qui l’auraient dispensé d’utiliser des produits nocifs pour la terre et pour sa santé !

A choisir, je préfère donc suivre les conseils des deux auteurs…

J’installe une ruche dans mon jardin

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Les éditions Terre Vivante publient un guide bien sympathique qui permettra aux apiculteurs d’installer une ruche et de préserver l’environnement des abeilles domestiques. On le sait, les abeilles connaissent un déclin dramatique de leur population. C’est une catastrophe pour elle, et pour nous car ces insectes pollinisateurs permettent la reproduction des plantes, fleurs, arbres fruitiers, etc.
De plus, toutes les ruches ne sont traitées de manière écologique, loin de là, et s’il est important de préserver la nature de tout traitement chimique pour qu’elles puissent butiner sans trop de dommages, les abeilles doivent également être considérées comme des hôtes de marque. Ce qu’elles sont.

On y a apprend donc la vie d’une ruche et le rôle de chacune. Etre apiculteur amateur, c’est aussi et d’abord bien connaître cet insecte.

Autre information d’importance, on ne traite pas le bois des ruches avec n’importe quoi, certains produits sont à bannir (d’ailleurs il est préconisé de brûler au chalumeau). Par ailleurs, la manipulation des ruches et des abeilles exige formalisme et respect. Cela ne parait pas si aisé, aussi ai-je apprécié les explications claires et les photos des étapes décrites, ainsi que les nombreux tableaux.

Une liste des maladies et prédateurs de l’abeille est également disponible, et là encore, j’ai apprécié les conseils donnés. Car non, on va pas aller tuer l’ours ou le blaireau qui veut déguster du miel ! On respecte aussi les prédateurs.
Le chapitre maladies est plus complexe mais des actions préventives sont possibles.

Voilà donc un guide pratique complet qui a le mérite d’alerter aussi le lecteur sur les menaces qui pèsent sur les abeilles.

Eloge des mangeurs d’hommes (Yves Paccalet)

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Dans la même lignée que « Quand l’humanité disparaîtra, bon débarras ! », voici un essai rafraichissant et indispensable, saupoudré d’une bonne pincée d’humour noir et écrit d’une plume convaincue et intelligente.

Un mot d’abord, savez-vous que nous ne sommes pas si appétissants que cela? La chair humaine n’a pas bon goût pour les autres carnivores, et oui… Nous sommes bourrés de produits chimiques, notre chair est fibreuse, trop grasse, elle ne sent même pas bon, beurk ! De quoi dégoûter les autres prédateurs, lions, requins, loups, pumas, crocodiles et j’en passe. D’ailleurs, si on examine le dossier d’un plus près, force est de constater que nous ne figurons pas souvent au menu des autres espèces. Nous sommes le repas le plus dédaigné. Un prédateur choisira de nous manger parce qu’on offre moins de résistance qu’une autre proie, ce qui est bien pratique pour ledit prédateur, trop vieux ou trop malade pour croquer autre chose. Un autre nous attaquera parce que nous aurons constitué un danger pour lui ou sa progéniture. Mais pour une attaque d’ours sur l’humain, combien de ces plantigrades tués par l’homme ?

Comme le souligne plaisamment l’auteur, et parmi d’autres exemples, « le requin n’attaque que très rarement notre Grandiose Suffisance». Mais les légendes sont tenaces et notre imaginaire collectif se plait à considérer tous les prédateurs de la planète comme autant de dangers pour l’homme. Une attaque de requin va traumatiser la population bien plus efficacement qu’un carambolage sur l’autoroute, relégué dans les oubliettes de la mémoire au bout d’une semaine !

La pollution de l’air : 7 millions de morts par an. Le tabac : 6 millions. Les accidents de la route : 1,3 millions. Les guerres : de 450 000 à 500 000. Les crimes de sang : 200 000. Les requins : 10.

En quelques portraits, notamment le requin, le loup, l’ours, Paccalet rétablit certaines vérités, rappelle que les solutions pour se protéger existent, et que les attaques d’animaux, ramenées à leurs justes proportions, ne sont que broutilles. Personne ne dit que ces animaux ne sont pas dangereux. mais l’homme est le plus dangereux de tous. Nous nous tuons entre nous de manière bien plus efficace, et par divers moyens.

Et nous ne faisons pas partie des espèces en voie de disparition. Les prédateurs le sont. Par notre faute.

Notre comportement vis à vis des autres espèces, et de nos concurrents en particulier, est révélateur de notre nature profonde.

Les plus misérables humains et les animaux les plus maltraités ou les plus menacés partagent les mêmes souffrances. On les spolie. On les vole. On les bannit du territoire de leurs ancêtres. Ce sont les exilés, les réprouvés, les torturés, les fusillés, les ensevelis. Ce sont les damnés de la Terre…

Un essai qui remet l’homme à sa juste place et qui invite à réfléchir sur ce futur que nous préparons, pas seulement pour nous, mais pour les autres créatures avec lesquelles nous cohabitons sur notre pauvre planète.

Le loup autrefois en forêt d’Orléans (Jacques Baillon)

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Ce patient travail de recherches a permis de mettre en lumière le rôle joué par le loup dans l’histoire locale et les traces qu’il a laissées dans de nombreux domaines. Il ressort des différents témoignages, récoltés au fil des siècles, que chroniqueurs et historiens dressaient un portrait à peu près identique de Canis lupus : une bête fauve qui faisait peur, qui était accusée de dévorer des enfants, de tuer les gens faibles et malades, de s’attaquer aux animaux domestiques, bref de semer terreur et zizanie. Les registres paroissiaux ressemblent à de mauvais contes pour enfants où le loup est responsable de bien des méfaits. On y trouve notamment mention d’un cousin de la bête du Gévaudan, appelé la bête d’Orléans (original, non ?), et de loups-garous.

Suivent ensuite plusieurs chapitres consacrés à la chasse au loup, aux lieutenants de louveterie, etc. On y apprend des choses édifiantes, comme « En 1882, par exemple, tuer une louve pleine rapportait 150 francs alors qu’un ouvrier gagnait deux francs par jour ! Un excellent moyen d’arrondir ses fins de mois pour une population rurale globalement pauvre ».

Les tous derniers chapitres sont consacrés aux descriptions de l’animal faites par les anciens naturalistes. Certains font preuve d’un peu plus d’objectivité en admettant que la plupart des méfaits reprochés aux loups sont des contes de bonne femme.
Résultat de ce massacre acharné, le loup disparait définitivement de la forêt d’Orléans à la toute fin du XIXème siècle.

Cette lecture permet de mieux comprendre les préjugés des gens de ces époques éloignées, leur ignorance à propos du loup, et le lourd tribut que ce dernier a payé à la bêtise humaine. A lire tout ceci, je me dis que la situation n’a que très peu changé pour le loup, une si légère amélioration… car les mentalités sont si difficiles à faire évoluer…
Un ouvrage, agrémenté de belles photos, qui contribue à mieux faire connaître le loup, et qui plaira certainement aux habitants de la région, intéressés par l’histoire locale et la nature.