Le loup, les éleveurs et les médias

dessin de MAN

 

Depuis la présence avérée d’un loup dans la Nièvre, les déplacements du prédateur et sa supposée présence en maints lieux, font couler de l’encre dans les médias locaux.

Tout récemment, le journal Le Creusot n’a pas craint de publier des contre-vérités affirmées par un ancien élu, qui se pique d’être historien, et qui mêle joyeusement dans une interview la gourmandise du loup qui tue même quand il n’a pas faim, les loups enragés (ah bon ? En France ? Je croyais que le pays était officiellement indemne de rage terrestre !!!) et qui ressort surtout le vieux poncif des « réintroductions clandestines » !!! Nous suggérons fortement à ce monsieur de consulter la brochure de Cap loup qui, fort justement, tord le cou à quelques idées reçues et affabulations.

http://www.creusot-infos.com/news/bourgogne-franche-comte/bourgogne-franche-comte/gilles-platret-un-loup-qui-prend-la-rage-n-est-plus-controlable-et-il-peut-s-attaquer-aux-humains.html

Nous attendons d’ailleurs toujours un droit de réponse dans le journal…

Et puis le journal La Montagne, dans un article en date du 19 janvier relate de manière neutre les doutes d’une éleveuse, qui a perdu une brebis, apparemment prédatée, dans l’Aubrac. Bien que l’ONCFS ait conclu à une attaque non imputable au loup, la confédération paysanne demande  à la préfecture du Cantal l’application du plan loup, alors même que le Cantal n’est pas une zone de présence permanente pour canis lupus. Comme d’habitude, la Confédération est bien prompte à monter au créneau pour réclamer des mesures inappropriées et inutiles. L’image des éleveurs (je ne juge pas, c’est un constat) est sérieusement écornée par les vidéos tournées dans les abattoirs, la consommation de viande en France est apparemment en baisse. Je doute fort que réclamer la tête du loup puisse rétablir leur popularité !

http://www.lamontagne.fr/aurillac/economie/ruralite/2017/01/19/brebis-tuee-en-aubrac-a-qui-la-faute_12249194.html

Enfin, Le Parisien fait un gros titre sur le loup qui est peut-être aux portes de Paris. Peut-être en effet des individus sont-ils passés, le loup a une forte capacité de dispersion et est plutôt discret. Je déplore simplement le titre racoleur et l’empressement montré à boire les paroles de deux associations qui ne sont manifestement en mesure d’apporter des preuves concrètes, cependant que l’ONCFS ne confirme pas ces dires. Messieurs les journalistes du Parisien, un peu de sérieux…

http://www.leparisien.fr/societe/loup-y-es-tu-04-12-2016-6410265.php

 

Je salue en revanche les articles mesurés et l’impartialité des journalistes du Journal du Centre qui ont eu à traiter de la présence du loup dans mon département. Cela change agréablement…

 

Les bouquetins du Bargy : nouveau massacre en cours

Avant-hier, la préfecture de Haute-Savoie, et alors même que le tribunal administratif n’a pas encore rendu sa décision, a fait cerner la zone par la gendarmerie (tiens, ça me rappelle la procédure utilisée pour les ZAD) pour pouvoir faire abattre, tranquillement, les 2/3 des bouquetins vivant sur le massif.
La raison invoquée n’est autre que la transmission de la brucellose aux troupeaux de caprins et d’ovins. Encore une fois, les éleveurs.

L’ironie de la chose, c’est que les éleveurs et quelques autres braves citoyens sont les premiers à pleurnicher pour dénoncer les sommes extravagantes dépensées pour la protection du loup, autre irréductible ennemi des éleveurs français. Et là, on assiste à une débauche de moyens (ça doit coûter, non ?) pour massacrer de paisibles bouquetins : gendarmerie, hélicoptères, et même tireurs d’élite ! Hé les gars, on est au Far-West !

Je vous invite à lire les arguments scientifiques de François Moutou contre cet abattage, dans cet article.

Dans mon précédent article sur le loup, j’évoquais l’ignorance et l’incompétence qui rongeaient nos institutions et l’appareil étatique. En voilà une illustration supplémentaire.

Abattre des renards dans l’Oise, c’est possible…

…surtout quand une consultation publique fait clairement apparaître une majorité contre ces abattages !
Les représentants de l’Etat se foutent donc des citoyens ? Evidemment.
Il y a quelques semaines, on demandait partout sur le web une mobilisation exemplaire pour contrer un projet d’arrêté. Voir ici.
Mais rien à faire, Maître Goupil devra payer de sa personne pour le bien être public !
Les arguments présentés dans un document pour justifier cet arrêté sont assez comiques, et on rirait effectivement si la vie de tous ces renards n’était pas en jeu.
Dans sa note, la DDT rappelle que la grande majorité des avis exprimés reflètent une opposition au classement du renard en nuisible (notion par ailleurs totalement obsolète et dépourvue de sens mais qui a toujours cours en France…). L’argument majeur de la DDT est que la régulation du renard permettrait l’équilibre des écosystèmes. Le renard ne fait donc apparemment pas partie de la biodiversité !! En revanche, les poules ont cet honneur. Car toujours dans ce même paragraphe consacré à l’équilibre des écosystèmes, on peut lire que 18% des communes du département de l’Oise ont subi au moins une attaque de poulaillers par les renards en 2014 (sic). Un argument imparable, on en conviendra…
Dans le paragraphe « le suivi de la population de renards » on y apprend que l’influence du renard sur le petit gibier est très visible. Traduction, le renard est donc le concurrent des chasseurs, d’où la nécessité de le « réguler », terme adopté en remplacement de « détruire », jugé trop… explicite. Logique !
Et puis on passe, presque sans transition, à « la nécessité d’exercer une régulation sanitaire », autre argument-massue. Et alors là, on dresse la liste terrifiante de toutes les maladies susceptibles d’être véhiculées par le renard. Tout est bon à prendre ! J’y apprends au passage « qu’il est constaté une urbanisation progressive de l’espèce qui pourrait apporter en ville des maladies habituellement réservées aux zones rurales ». Je n’habite pas dans l’Oise, mais en pleine zone rurale, et merci, je me porte bien, malgré la présence des renards dans mon département. Cette phrase est écrite dans le but de flanquer la frousse aux citadins, c’est tout.
La plupart des maladies évoquées dans cette note sont transmissibles par d’autres animaux sauvages que le renard, et surtout par nos amis chiens et chats. Il faudrait donc éradiquer tout le monde pour préserver cette fameuse biodiversité à visage humain (Merci la Buvette !!).
Quant à l’échinococcose alvéolaire, qui est une maladie pouvant être mortelle, il est très facile de s’en protéger. Et puis comme il est bon de relativiser en toutes choses, n’oublions pas que le pourcentage de décès causés par cette maladie est infime, comparé à d’autres.

En résumé, rien, strictement rien, ne justifiait cette destruction, sauf à faire un cadeau de plus aux chasseurs, à ces gens atteints d’une maladie obsessionnelle qui consiste à vouloir tuer n’importe quelle bestiole, qu’elle soit sauvage ou domestique d’ailleurs. Les consultations publiques sur internet ne sont-elles donc qu’une vaste mascarade ? Certes. Puisque lâcheté rime avec incompétence, comme sur tant d’autres dossiers, dont celui de nos grands prédateurs.

On ne tue pas la liberté. Vive #CharlieHebdo !

On est tous sous le choc. Les rassemblements à travers le monde pour dénoncer la barbarie le prouvent. Mais qu’il est difficile de trouver les mots pour décrire l’horreur qui a frappé Charlie Hebdo aujourd’hui.

Charlie ce n’est pas juste un journal satirique. C’est un journal certes d’opinions mais qui est animé par des journalistes au cœur d’or et qui croient en ce qu’ils défendent. Cette attaque est abjecte et risque une nouvelle fois faire monter l’extrémisme dans notre pays ; tout ce qu’aurait dénoncé le journal.

Cette attaque est lâche. Injuste. De la violence pure pour faire taire ceux qui font rayonner leurs idées par leur esprit.

Charlie c’est aussi un ton. Tantôt drôle, tantôt grave. Toujours juste.

Ce soir, AVES France pense à ses amis, Fabrice Nicolino, blessé dans l’attentat et Luce Lapin. Nous pensons à tous ceux qui, au sein de la rédaction, luttent depuis tant d’années pour défendre leur liberté, notre liberté, celle de pouvoir s’exprimer librement dans notre pays.

Nous souhaitons que Charlie puisse se remettre de cette attaque. Céder ce serait laisser gagner le terrorisme. Non, jamais, nous ne devons abandonner.

Pour AVES France,
Christophe CORET
Président.

 

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Pour Charlie Hebdo et Fabrice Nicolino

C’est le choc. J’ai appris la nouvelle sur mon lieu de travail, j’ai dû relire trois fois la dépêche pour réaliser, me convaincre que ce n’était pas une sinistre erreur.
Charlie Hebdo, l’un des rares journaux libres, un vivier où travaillent des gens talentueux à la plume féroce mais lucide.
Et cet attentat lâche, s’attaquer à des journalistes, des dessinateurs, des salariés qui n’ont commis d’autre crime que d’écrire et penser librement.

Une pensée pour ceux qui sont tombés, Cabu, Wolinski, et d’autres. A l’heure où j’écris, le bilan fait état de 12 personnes décédées, d’autres gravement blessées.

Parmi elles, Fabrice Nicolino. J’ai autant d’admiration et d’affection pour l’homme, le militant que pour l’écrivain. Je ne sais rien de plus que ce qu’apprend un tweet de Pascal Durand. Allez Fabrice, accroche-toi !

Et en attendant…

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EDIT du 8 janvier : le site Reporterre donne des nouvelles de fabrice.

Mourir pour défendre la nature

Dans toute l’histoire de l’écologie, du combat pour défendre la nature – et donc les hommes – ou une espèce animale, un grand nombre d’hommes et de femmes ont payé de leur vie, quel que soit le pays et l’époque. Certains noms célèbres restent dans les mémoires, Dian Fossey, Chico Mendes, parmi beaucoup d’autres. Aujourd’hui, les défenseurs de la nature gênent encore et toujours, partout. On cherche à les faire passer pour de dangereux extrémistes, des anarchistes, des fauteurs de troubles. Mais sans eux, la situation serait bien pire.
Récemment, en France, patrie des droits de l’homme parait-il, on a matraqué des militants protestant contre les corridas. On, c’est l’Etat, un président, un préfet, des gendarmes, des CRS…
Hier, en France, un jeune homme venu protester contre le projet de barrage de Sivens a trouvé la mort. Une enquête est en cours, nous n’en savons pas plus. « On » répond à la résistance et au bon sens par la violence… A chacun de méditer sur ce que devient cette France…

L’équipe d’Aves France s’associe à la douleur de tous les défenseurs de la nature et adresse ses condoléances aux proches de Rémi.

La disparition du loup est-elle inéluctable ?

Il semblerait que oui.
Les arrêtés préfectoraux se multiplient, la presse se fait un plaisir de relayer et d’amplifier la voix des anti-loups (voir entre autres l’article lamentable dans le Politis du 18 septembre !!), éleveurs (qui se vantent de braconner…) et chasseurs demandent la tête de la bête, sans compter les communes, comme en Ardèche, qui votent en conseil municipal des « voeux » contre la présence du loup sur leurs territoires… bref, l’objectif est clair : donner le sentiment aux français que le loup est un problème de société. On veut le chasser des parcs nationaux, des montagnes et des plaines, on n’en veut pas en ville où parait-il, il pointe le bout du museau, méditant de s’en prendre aux petits chaperons rouges, et il est également indésirable en forêt. Où donc est la place du loup en France ? Empaillé dans un salon, encagé dans un parc zoologique, figé sur le papier glacé des revues nature et des beaux livres de photographie. Et nulle part ailleurs.
Sa présence est apparemment seulement souhaitée par des écolos-bobos-citadins et des extrémistes, perçus comme les adversaires de la biodiversité à visage humain (Merci à la Buvette des Alpages).
Les affirmations les plus saugrenues et raccourcis fleurissent sur internet, et chaque blog, chaque contributeur y va de son petit commentaire de soi-disant spécialiste. Bien malin le simple curieux qui peut s’y retrouver dans ce fatras de conneries.
En résumé, le loup a été vu aux portes des maisons (il ne craint donc plus l’homme !!), il dévore brebis, chevaux, chiens, moutons et s’apprête bien certainement à cibler du côté humain les enfants, les vieux ou les handicapés…
Il ne sert à rien, son rôle dans la chaine alimentaire, la santé des écosystèmes est nié. Au contraire, c’est une menace pour la nature, il s’en prend au gibier, aux ongulés sauvages, patrimoine vénéré du chasseur français. Il y en a plein d’autres en Europe. En plus il est sauvage. Tout pour plaire…
Et puis bien sûr, c’est à cause de lui si l’élevage ovin se porte mal et si les éleveurs font des cauchemars.
Pourtant, il y a d’autres bestioles hargneuses et nuisibles qui s’en prennent au bétail. L’ours, le lynx, le renard, le vautour fauve mutant (ce n’est plus un charognard), la bernache, l’ouette d’Egypte… Ah non, je m’égare. les deux derniers oiseaux ne s’attaquent pas encore aux brebis. Mais bon, il faut ouvrir l’oeil, on ne sait jamais…

Cependant, je suis injuste, je le reconnais. Eleveurs et chasseurs ne sont pas les seuls fautifs. Les élus, des hommes et femmes politiques, tous partis confondus, qui, consciencieusement, année après année, mandat après mandat, autorisent, soutiennent, encouragent ces atteintes contre la nature et la faune sauvage, ont évidemment leur part de responsabilité. Toujours pour les mêmes raisons. Par lâcheté, pas opportunisme, par soif de pouvoir, par ignorance, par bêtise. Dernier exemple en date : Hélène Masson-Maret, sénatrice UMP des Alpes-Maritimes, a déposé le 24 juillet dernier au Sénat une proposition de résolution européenne visant à rétrograder le statut protégé du loup demandé par les syndicats agricoles.
Alors, le loup est-il condamné en France ? Non, si tous les citoyens qui s’estiment concernés par la conservation de la faune sauvage veulent bien s’exprimer auprès de leurs élus. Si chacun daigne s’informer réellement sur la réalité de la filière ovine, sur la présence du loup, son mode de vie, sa biologie.
Si chacun réfléchit réellement sur l’état de la nature dans notre pays et surtout sur sa place.
Pour notre part, et malgré ce qui se dessine, malgré l’indifférence des uns et l’acharnement et la violence des autres, nous ne céderons pas face aux grandes gueules du monde de la chasse et de l’élevage qui entretiennent cette guéguerre stérile entre les « vrais » protecteurs de la nature et ces crétins de citadins qui veulent du loup partout !!

Il est temps que chacun prenne ses responsabilités. Le loup a sa place en France, la cohabitation est possible, alors battons-nous pour lui.

Comment parler de la chasse sans se faire tirer dessus ?

Depuis qu’AVES France a rejoint le collectif du 21 septembre et a donc officialisé (ou réaffirmé) ses positions contre la chasse, je reçois des dizaines de messages par semaine de chasseurs énervés, nerveux, parfois injurieux, qui déversent leur venin contre tout ce qui est vert, qui aime le vivant et qui s’oppose à leur loisir assassin.

Un point commun à leur prose : tous supposent que je suis un « putain de citadin » incapable de reconnaître un renard d’un blaireau. L’autre similitude est qu’ils affirment que « les chasseurs ont changé » tout en me prouvant le contraire trois phrases plus bas, par leur attitude violente et vulgaire. Tout ce qui ne va pas dans leur sens a forcément tort. Ils vont jusqu’à rappeler, menaçants, qu’ils sont la première force politique de France (sic).

Autant vous le dire franchement, chers chasseurs. Vos messages sont modérés et ne seront jamais publiés sur notre site. Vous perdez votre temps et nous ne vous laisserons plus déverser votre haine sur nos pages. Votre puissant lobby a déjà fait en sorte que les plus hautes sphères de l’Etat soient corrompues par « ceux qui tuent », jusqu’à demander la place de « ceux qui protègent », vous faisant passer depuis des années, à travers leurs oreilles trop crédules et attentives, pour des « gestionnaires » alors que vous détruisez partout où vous passez.

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D’après vous, jamais la faune sauvage ne se porterait aussi bien qu’aujourd’hui ! Quelle faune ? Celle que vous qualifiez de gibier ? Celle que vous nourrissez pour entretenir leur surpopulation ? Celle-là même qui abime les champs des agriculteurs et qui provoque des accidents de circulation et pour laquelle vous vous présentez en sauveurs devant le péquin moyen qui gobe votre discours sans réfléchir ?

Faire peur, depuis des années, a été votre seul moyen de vous faire accepter par une population qui, d’emblée, ne vous est pas favorable. Car si on vous dit « 1 million », cela signifie que 65 millions des français sont non-chasseurs, et cela, il ne faut pas l’oublier.

Vous vous posez donc comme la solution aux déséquilibres que vous avez créés. Vous avez d’abord fait disparaître les prédateurs et les rapaces en les accusant de « pulluler », pour ensuite vous poser en « régulateurs ». Pour pouvoir tuer sans voir les populations de « gibier » décliner, vous avez élevé, relâché, nourri la faune « sauvage ». Doit-on parler du cas du cochonglier ? Des animaux que vous faites classer comme nuisibles alors que leur rôle est de réguler les petites espèces ?

Vous agissez depuis trop longtemps comme des super prédateurs qui ne supportent pas qu’on touche à leurs proies. Aujourd’hui, j’invite tout le monde à lire le livre de Marc Giraud, Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ! car ce petit livre répond simplement à tout un tas de questions que tout le monde se pose. Il démonte aussi quelques uns de vos arguments habituels et montre à quel point votre lobby a tout gagné. Aujourd’hui, en France, on chasse tout. Presque tout le temps. La faune sauvage ne vous intéresse qu’au bout de votre fusil.

Vous n’êtes pas les premiers à hurler au monde que vous avez changé. On ne change pas parce qu’on le dit. On le démontre par ses actes.

Le panda a du sang sur les pattes : quand le WWF utilise vos dons pour chasser l’ours polaire.

Éloignez les enfants car je vais prononcer deux gros mots :

MARKETING

&

GREENWASHING

Ouf, ça fait du bien. Vous pouvez rappeler les bambins.

Vous pouvez même cliquer sur les deux mots sus-cités. Vous verrez que c’est bien fait. C’est beau, c’est visuel, ça raconte une histoire, ça donne envie… vous êtes à deux doigts d’acheter ou de faire un don et moi aussi. Il y a une dizaine d’années, j’aurais cédé à leurs sirènes.

Ce qui me différencie aujourd’hui peut-être des 180.000 donateurs annuels du WWF, c’est que donner de l’argent ne me suffit plus à avoir bonne conscience. Quand je donne de l’argent, je veux savoir à quoi il va servir, comment il va aider une cause.

Le traumatisme qui m’a fait prendre conscience que le WWF n’est pas le sympathique panda que tout le monde croit date de 2004. A cette époque, la convention sur le commerce international d’espèces animales et végétales menacées d’extinction (CITES  ou Convention de Washington) se déroule à Bangkok. Le Kenya, soutenu par plusieurs pays d’Afrique, demande une suspension du commerce international de l’ivoire, en vain. En 2007, la proposition du Kenya et du Mali est soutenue par 21 pays africains qui demandent un moratoire de 20 ans sur tout commerce international de l’ivoire. Alors que toutes les associations françaises soutiennent unanimement cette proposition, le WWF s’y oppose…

Aujourd’hui, je ne suis donc pas étonné de voir le WWF s’opposer au classement de l’ours polaire à l’annexe I de la CITES. La raison invoquée est qu’il faudrait que la population ait diminué de 50% pendant les 3 dernières générations pour justifier ce classement. Le WWF, qui use et abuse de l’image de l’ours polaire pour récolter des dons, est en train de nous expliquer que finalement, l’ours ne serait pas suffisamment menacé pour mériter une protection supplémentaire. On marche sur la tête !

Les scientifiques s’accordent à dire que la disparition de l’ours polaire sera rapide, à cause des bouleversements climatiques. Soulager l’espèce de la pression de la chasse pour lui permettre d’essayer de s’adapter aux modifications de son milieu ne nous semble pas idiot.

Que dire devant la page de collecte de dons du WWF qui explique combien il est urgent que chacun donne 30€ car 1517 ours polaires ont disparu depuis le 1er janvier 2009, à cause des changements climatiques. Pourquoi ne pas changer ce compteur par le nombre d’ours qui mourront sous les balles des chasseurs parce que le WWF a laissé faire ?

Selon le WWF, l’impact climatique sur la disparition de l’ours polaire, c’est :

  • Réduction de 42% de l’habitat de l’ours polaire et chute programmée des deux tiers de la population d’ici le milieu du XXIème siècle

  • Extinction totale d’ici 75 ans

L’action du WWF :

  • Lutte contre les dérèglements climatiques, notamment en promouvant les énergies renouvelables

  • Lobbying en faveur d’engagements forts de réduction des gaz à effet de serre, afin de préserver les habitats primordiaux des ours polaires.

Pour moi, pour nous, un engagement fort, ce serait se positionner contre la chasse ! Comment une ONG comme le WWF peut-elle encore soutenir la chasse à l’ours polaire quand elle collecte des dons en expliquant que dans 75 ans, tous les ours auront disparu ?

Je ne me fais aucune illusion. Le WWF ne répondra pas à cet article comme il ne répond jamais aux critiques. Et dans un sens, ils ont raison. Pourquoi s’expliquer et entrer dans la polémique quand le marketing fonctionne à merveille et que 99,99% des donateurs ouvrent leur porte-monnaie sans demander la moindre explication ?

La preuve. Les avez-vous entendu commenter le livre Qui a tué l’écologie ? de Fabrice Nicolino ? Non. Le WWF est une icône. Prière de ne pas toucher. On ne brocarde pas un Saint, on l’adule… et on fait des offrandes (en silence).

Le scandale, c’est d’apprendre qu’on mange du cheval ou qu’on mange de la merde ?

Ce matin, je me lève et comme tous les jours, je lis la presse devant un bol de thé.

Je suis évidemment attiré par ce titre du Petit Journal de Bucarest : « CONSOMMATION – De la viande surgelée jetée dans un lac. »

Des centaines de kilogrammes de viande surgelée ont été retrouvées samedi sur le bord du lac Tarniţa, dans le département de Cluj (ouest), selon la police roumaine.
Des sacs de viande ont également été découverts au fond lac, a ajouté le directeur de la direction sanitaire et vétérinaire du Cluj, Nicolae Pivaru. Plusieurs équipes de l’Inspectorat pour les situations d’urgences, dont des scaphandriers, sont intervenues pour récupérer toute la marchandise. « Nous allons amener la viande au laboratoire pour des analyses », a déclaré M. Pivaru, alors que la police a ouvert une enquête. La semaine dernière, un lot d’une centaine de kilogrammes de viande de cheval étiqueté comme étant du bœuf et destiné au marché roumain a été retrouvé à la suite d’un contrôle de l’Autorité de sécurité alimentaire et vétérinaire roumaine (ANSVA).

La rédaction (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 25 février 2013

 

En plein ChevalGate (ou horsegate) depuis la découverte par Findus que ses plats cuisinés « au boeuf » contenaient de la viande de cheval en provenance de Roumanie, et alors même que l’enquête incriminait le fournisseur Spanghero, qui aurait refilé du cheval en toute connaissance de cause, les français et même les européens semblent découvrir qu’ils ne savent pas ce qu’ils mangent.

Et cet article publié dans Le Monde semble le confirmer :

En Grande-Bretagne, la Food Standards Agency (FSA) a annoncé que 35 examens en laboratoire avaient révélé la présence de viande de cheval dans des produits au bœuf, sur 3 634 tests pratiqués.
Les produits examinés seraient déjà retirés de la vente.

Dans le même temps, le groupe de produits surgelés Iglo a annoncé le retrait « à titre de précaution » de plusieurs produits en Belgique, Irlande, Grande-Bretagne et Pays-Bas après la découverte de viande de cheval dans du chili con carne produit par un fournisseur belge. Sodexo a également retiré tous les produits contenant du boeuf congelé de ses chaînes de restauration au Royaume-Uni.

Je vais être franc : je comprends que des gens puissent être choqués de manger du cheval. Avant de devenir végétarien, je refusais de manger certains animaux, comme le lapin ou le cheval.

Mais finalement, ce qui me choque, c’est que le débat ne dépasse pas l’idée que des industriels, pour faire plus de profit, ont remplacé de la viande de boeuf par de la viande de cheval.

Non, personnellement, ce qui me choque, c’est que les français et même les européens sont traumatisés d’apprendre qu’on leur a fait manger du cheval, mais pas qu’on leur fasse bouffer de la merde !

Car la viande hachée qui rentre dans la composition de la majorité des plats préparés, disons-le, est loin d’être de la viande de qualité. C’est en fait un gloubiboulga de viande et de déchets malaxés pour obtenir quelque chose qui ressemble à du steak haché, qui en a l’aspect et probablement de loin le goût, et qui est en fait composé des restes qui, au lieu de partir à l’équarrissage ou d’être transformés en croquettes pour nos animaux de compagnie, sont désormais valorisés en lasagnes, moussaka ou je ne sais quel autre délice à faire réchauffer au micro-onde.

Alors, pour ceux qui veulent voir quelques images choquantes, voici un reportage. A 12 minutes, quelques images sur les élevages de porc. A 14:50, les poulets. A 17:30, les œufs et les poussins. A 25:50, le lait. A 29:45, le bœuf et les gaz à effet de serre. A 32:23, le poisson.

Même végétarien, je ne suis pas sûr de ce que je mange. Les fruits et les légumes sont arrosés de pesticides et malheureusement, beaucoup de produits biologiques viennent de pays lointains où le manque de contrôles ne garantie rien… j’ai des exemples précis en tête que je vous épargne, mais le bio non bio sera à mon avis un scandale à venir.

Sans avouer que, même végétarien, il m’arrive comme beaucoup d’entre nous de faire quelques exceptions sur le poisson, principalement pour ne pas m’interdire toute vie sociale… (car oui, je connais trop de VG dont les positions extrêmes conduisent à se couper du reste du monde).

Il faut juste rappeler que l’Union Européenne, corrompue par les lobbies, a de nouveaux autorisé que les farines animales rentrent dans la composition des aliments des poissons. Et cette foi, il n’y aura pas de problème, pas de scandale sanitaire, c’est garantie !

Rarement nous parlons végétarisme sur AVES France parce que ce n’est pas l’objet de l’association. Cependant, il me semblait important de recentrer le débat lié à la viande de cheval sur le vrai scandale : OUI, nous mangeons de la merde.

© Vignette : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Lasagne_-_stonesoup.jpg