Communiqué : Les loups pris en tenaille entre les tirs officiels et le braconnage

Loup au Bärenpark Schwarzwald

© Stephanie Lefebvre / AVES France 2020

 

Dans une déclaration à la presse en date du 6 août 2021, la fédération des chasseurs de Haute-Savoie explique vouloir exercer un droit de grève pour protester contre les conditions dans lesquelles ils ont appelés à participer aux tirs de défense contre le loup.

Ils réclament en effet le droit d’utiliser des carabines équipées de jumelles thermiques mais aussi de participer au comptage des loups organisé chaque année par l’Office français de la biodiversité, en invoquant la thèse du complot et du secret. Traduisez : il y aurait bien plus de loups qu’on veut nous le faire croire.

Cette dernière et provocante affirmation est en totale contradiction avec les résultats d’une étude menée par un groupe de naturalistes indépendants et les alertes de l’OFB ou du CNRS.

En effet, au mois de juillet de cette année, le groupe de naturalistes indépendants, PP Alpes, a rendu public le résultat d’une étude de terrain qui s’est déroulée en 2020, consacrée à l’observation de 26 meutes de loups réparties sur 7 départements situés à l’Est du Rhône et représentant un peu plus du quart des meutes françaises. Le rapport permet d’avoir une radiographie précise de la taille et de la structure des meutes, 6 individus en moyenne y compris les louveteaux, les reproductions confirmées et par voie de conséquence les absences de reproduction et leurs causes possibles parmi lesquelles figurent les tirs dérogatoires et les actes de braconnage.

Si on décompte le nombre de loups tués en 2021, entre janvier et le début du mois d’août, c’est à dire 46 loups abattus, et que l’on considère les données du rapport de PP Alpes comme fiables et réalistes, cela confirme bien les craintes de l’Office français de la Biodiversité qui alertait déjà, dans une note de décembre 2020, sur la dégradation de la dynamique de population, découlant de la politique de gestion du gouvernement qui prévoit dans son plan loup, l’abattage de 118 loups en 2021, soit près de 20 % des effectifs sur la plan national.

En conclusion, si on peut estimer le taux annuel de loups braconnés entre 15 et 20 %, il est simple de comprendre que la survie du loup en France est gravement compromise car la population subirait un taux de presque 50 % de mortalité due aux abattages légaux et aux actes de braconnage, lesquels ont toujours été largement sous-estimés voire même niés par l’Administration dans toutes leurs décisions portant sur la gestion de la population de loups.

Aves France dénonce l’indécence de la demande des chasseurs et l’absurdité de leurs tentatives de manipulation maladroites pour tenter de faire croire, comme à l’accoutumée, que le loup « pullule » dans nos contrées et que le chasseur, en bon père de famille, est le garant de la sécurité des élevages et même de la biodiversité de nos montagnes !

Ces discours, ces exagérations, ces postures ne sont plus supportables et Aves France appelle l’Etat à respecter – et faire respecter – la règlementation et à protéger durablement et fermement la population de loups.

NB : pour rappel, Pour rappel, le loup est classé vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées en France (UICN).

Communiqué : Oui au loup en Bourgogne Franche Comté !

Dans un communiqué en date du 23 juillet dernier, les représentants de la Chambre d’Agriculture de Bourgogne Franche Comté demandent, exigent même, l’abattage systématique des loups dès leur apparition près des élevages

Rappelant eux-mêmes que « Lactivité d’élevage [est] déjà fragilisée dans notre région », ces représentants s’interrogent sur l’utilité de canis lupus pour la biodiversité et accusent également le lynx dans leur diatribe. Enfin, leur revendication porte également sur « La définition de zone non protégeable [qui] doit impérativement être adaptée à notre région afin de faciliter l’accès aux tirs de défense. »

AVES France ne peut que s’indigner face à cette position qui n’a pourtant rien de surprenant et illustre parfaitement la mauvaise foi de certains.

AVES France réclame depuis des années la conditionnalité des indemnisations ET un contrôle effectif sur le terrain de la mise en place des moyens de protection adéquats. Or, avec le plan Loup national 2018 – 2023, la conditionnalité des aides peut être contournée par la définition de « zones non protégeables ou difficilement protégeables ».  Il faut en finir avec ce discours simpliste qui consiste à dire qu’aucune zone n’est protégeable, en plaine comme en montagne, et que la cohabitation est impossible. C’est au contraire un défi qu’il nous faut relever en travaillant ensemble, notamment en généralisant les audits de vulnérabilité, afin de trouver des solutions adaptées à chaque situation pour que puissent cohabiter les animaux sauvages et l’élevage. Tuer des loups ne résoudra jamais le problème des prédations. Au contraire, la mise en place de moyens adaptés les réduira au maximum, protégeant également les troupeaux contre les attaques de chiens et autres nuisances. Quant aux moyens de protection actuellement mis en œuvre, ils sont au mieux inadaptés à la configuration de l’élevage, au pire inexistants. Et faute de contrôle in situ, les élevages même non protégés peuvent être indemnisés après une attaque de loups et le prédateur peut être abattu (tirs de défense).

Pour rappel, sur la période 2019/2020, la Bourgogne Franche Comté ne compte qu’une seule zone de présence permanente (ZPP du Marchairuz) pour le loup et des zones de présence régulière pour le lynx.

Les premiers indices de présence pour le loup datent de 2016 pour la Nièvre, 2018 pour l’Yonne, 2019 pour la Saône et Loire et 2020 pour la haute-Saône.

Pour exemple, en janvier 2017, le préfet de la Nièvre a mis en place une cellule de vielle « loup ». En juin 2019, c’est au tour de la préfecture de l’Yonne de créer sa cellule. Des moyens et des aides ont été mis en œuvre pour les éleveurs concernés par les attaques de prédateurs depuis plus de 2 ans.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’au début de l’année 2021, le conseil régional Bourgogne-Franche-Comté a lancé un appel à projets pour accompagner les éleveurs dans l’adaptation de la conduite des troupeaux soumis au risque de prédation par les grands prédateurs.
Cet appel à projets permet de subventionner, via le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et la contrepartie de crédits de l’État, la mise en place de certaines mesures de protection.

Les pouvoirs publics comme les associations sont donc prêts à aider les éleveurs qui veulent s’engager à cohabiter avec le loup. Le monde rural n’est pas l’exclusivité du monde agricole, la tolérance et le partage doivent s’exercer conjointement avec des citoyens vivant en zone rurale et désireux de favoriser et protéger la biodiversité. Le schéma binaire « pour ou contre » le loup ou le lynx reflète l’absence de volonté et le refus d’évoluer d’une partie du monde agricole ou en tout cas, de ses représentants, qui utilisent trop facilement les difficultés d’une filière à des fins politiques, au lieu d’accompagner ses adhérents.

AVES France demande à l’Administration et aux pouvoirs publics de ne pas céder à ce chantage et de respecter le statut d’espèces protégées de nos prédateurs. Nous appelons les éleveurs concernés par ces problèmes de prédation et qui ne trouvent aucun soutien auprès de la chambre d’agriculture à nous contacter afin de trouver une solution durable pour améliorer la cohabitation entre leur activité et le respect des animaux sauvages.

Tirs de nuits de renards dans l’Oise : Des arrêtés illégaux retirés face à la pression de nos associations

 

Le vendredi 23 juillet 2021, à la suite d’un recours gracieux déposé par AVES France et soutenu par l’ASPAS, la préfecture de l’Oise s’est résignée, dans l’urgence, à publier un arrêté de retrait des arrêtés préfectoraux illégaux autorisant des lieutenants de louveterie à réguler le renard.

Le 19 juillet 2021, c’est en naviguant sur le site internet d’une mairie qu’un membre de l’association AVES France est tombé fortuitement sur un arrêté préfectoral du 24 juin 2021 autorisant un lieutenant de louveterie à réguler le renard (y compris de nuit) du 15 juillet au 31 décembre 2021. Or, cet arrêté n’avait pas fait l’objet ni d’une consultation publique, ni d’une publication au registre des actes administratifs, outrepassant ainsi les règles relatives au dialogue environnemental et à la publication des décisions publiques.

La DDT (Direction Départementale des Territoires) avait seulement prévu un affichage en mairie, dissimulant ainsi ces arrêtés et les soustrayant au débat public, afin que ces décisions ne puissent pas être contestées !

AVES a donc été contrainte de démarcher une à une les mairies du département de l’Oise afin de s’enquérir de l’adoption d’autres arrêtés, et surprise ! Pas moins de 8 arrêtés préfectoraux ont été pris de façon similaire, prévoyant l’abattage de 1370 renards entre le 15 juillet et le 31 décembre 2021.

Nos associations ont donc mandaté en urgence le cabinet Géo Avocats afin de préparer un recours commun devant le tribunal administratif d’Amiens, tandis qu’AVES a envoyé un recours gracieux à la DDT de l’Oise, tout en informant la préfecture et le ministère de la transition écologique des pratiques illégales de leurs agents. Prise la main dans le sac, la Préfecture a dû prendre dans la foulée, le vendredi 23 juillet 2021, un arrêté de retrait des 8 arrêtés préfectoraux, pour illégalité en l’absence de consultation publique. Toute opération de régulation des renards par les louvetiers doit cesser immédiatement. 

La Cour administrative d’appel de Douai avait pourtant déjà annulé un arrêté similaire du préfet de l’Oise en 2019, suite à une action juridique de l’ASPAS. Suite à cette décision la préfecture a scindé, dès 2020, ses arrêtés en autorisant un à un, mais pour des périodes et des motifs identiques, les louvetiers du département à organiser des battues administratives dans leur circonscription. 

Par cette manœuvre contestable, la préfecture a ainsi estimé ne pas avoir à soumettre ses projets d’arrêtés à consultation du public et être dispensée de les publier au sein du recueil des actes administratifs du département, échappant ainsi à la vigilance des citoyens et au contrôle du juge administratif.

Nos associations déplorent ces manœuvres et s’interrogent sur les motivations réelles qui poussent l’Administration à se mettre dans l’illégalité pour autoriser l’abattage massif de renards. Notre inquiétude est vive, car rien ne nous protège de procédés similaires en cours dans d’autres départements en France. Nous appelons donc à la plus grande vigilance des mairies de France, seuls remparts à la désinformation citoyenne !  

Renatur’Action : AVES France lance sa campagne de crowdfunding pour rendre à la nature des parcelles dégradées par l’agriculture intensive

Pour mieux protéger la nature et la faune sauvage, AVES France a décidé de financer des projets de renaturation dans des zones où le bocage a été dégradé par la pratique de l’agriculture intensive. Concrètement, il s’agit d’offrir à la faune sauvage des espaces de quiétude interdits de toute forme de chasse.

C’est pourquoi AVES France a besoin de vous aujourd’hui !


Pour contribuer à la campagne : https://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/renatur-action-projet-de-renaturation-du-bocage

 

Forts d’une première expérience de partenariat en 2020 avec une association locale qui souhaitait planter une haie et creuser une mare, nous avons décidé cette année d’aller plus loin en soutenant un projet de renaturation situé au nord du département de la Loire Atlantique.

La parcelle de 1,3 hectare qui était jusqu’à présent occupée par des cultures agricoles conventionnelles sera transformée en 4 micro parcelles de prairies permanentes et une autre sera laissée en libre évolution. Ce havre de paix interdit de chasse comptera 350 mètres de haies sur talus ainsi que 3 mares.

A quoi servira l’argent collecté ?

Les réalisations concrètes grâce aux dons :
10 € = 6 plants achetés
30 € = 10 mètres linéaires de haies sur talus plantés
100 € = 30  mètres linéaires de haies sur talus plantés
300 € = 1 mare de 40 m²
  • Vos dons nous permettront de financer des travaux d’aménagement des zones jusqu’ici détériorées par l’agriculture intensive en plantant des haies, en créant des micro parcelles interdites de chasse, en creusant des mares et en apportant tout autre aménagement favorable au retour de la flore sauvage, des insectes, des mammifères, des oiseaux et des amphibiens.
  • Chaque donateur deviendra adhérent à AVES France, ou verra son adhésion prolongée s’il est déjà membre. Notre priorité est d’augmenter durablement notre nombre d’adhérents pour obtenir l’agrément « protection de l’environnement ».
  • Enfin, vos dons nous permettront également de lancer une campagne d’information et de sensibilisation auprès de particuliers qui ont réussi à soustraire des terrains à l’agriculture conventionnelle.
Nous avons fixé l’objectif de la collecte à 5000€. 
– 80% des montants collectés permettront de financer l’action.
– 20% maximum de la collecte servira à financer l’achat et l’envoi des contreparties.
Si nous dépassons l’objectif, nous pourrons financer d’autres projets de renaturation !

Les contreparties

Nous avons choisi avec soin nos contreparties, afin qu’elles soient utiles et que leur impact sur la nature soit le plus acceptable possible. Les stylos sont en bambou et en fibre de paille, les blocs en papier recyclé, les gourdes isotherme en inox, les tee-shirts en coton bio… Les contreparties sont cependant optionnelles. Si vous ne souhaitez pas les recevoir, il suffit de faire un don libre. Sinon, elles seront envoyées à la fin de la campagne.

Des dons défiscalisés

Les dons à AVES France ouvrent des droits à des déductions fiscales.

  • Quand vous donnez 10€, votre don vous coûte 3,40€ après déduction fiscale ;
  • quand vous donnez 30€, votre don vous coûte 10,20€ après déduction fiscale ;
  • quand vous donnez 50€, votre don vous coûte 17€ après déduction fiscale ;
  • quand vous donnez 100€, votre don vous coûte 34€ après déduction fiscale ;
  • quand vous donnez 360€, votre don vous coûte 122,40€ après déduction fiscale.

+ D’INFOS SUR AVES FRANCE ET CETTE CAMPAGNE

L’équipe d’AVES France n’est composée que de bénévoles, particulièrement engagés pour la protection de la nature et de la faune sauvage.
AVES France étant une association nationale, nous souhaitons notamment nous impliquer sur différents projets de renaturation à travers le pays permettant le retour des espaces sauvages dans des zones où le paysage est aujourd’hui simplifié par l’agriculture.
Les haies, les prairies et les mares sont des composants essentiels au bocage. Disposées en réseau, les haies contribuent activement à briser le vent, temporiser et atténuer les effets des inondations, les sécheresses et l’érosion des sols. Une haie développée et écologiquement fonctionnelle est composée d’une superposition de plusieurs strates : une strate herbacée composée d’un ourlet herbeux forme la lisière basse, une strate arbustive et broussailleuse forme la lisière intermédiaire et enfin une strate haute arborée forme la lisière supérieure.
D’une largeur souvent inférieure à 5 m, la haie offre le gîte et le couvert pour des centaines d’espèces d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens ou encore de mammifères. Associées aux haies, les prairies naturelles et les mares forment des écosystèmes complexes d’une grande richesse. Humide, mésophile ou sèche, les prairies naturelles forment une communauté végétale diversifiée idéale pour les insectes notamment. Leur régénération est permanente et stable grâce à l’action du pâturage et du fauchage. Elles jouent un rôle de filtration de l’eau et protègent le sol de l’érosion. Initialement destinées à abreuver le bétail, les mares offrent une biodiversité remarquable et singulière. Les amphibiens s’y reproduisent et une flore aquatique s’y développe.
Depuis le IXe siècle, les hommes ont façonné le bocage avec beaucoup de soins et de savoir-faire pour parvenir à un paysage complexe. Malheureusement, la fonction du bocage a bien changé avec l’évolution sociétale et le regard que l’on porte sur elle. Depuis les années 1970, les remembrements et remaniements se succèdent. Les multiples intérêts qu’apportaient les haies, les prairies naturelles et les mares se sont progressivement effacés. Devenues gênantes et envahissantes, les haies forment des obstacles à l’agrandissement et au remaniement du parcellaire agricole. C’est ainsi que des milliers de kilomètres de haies ont disparu de notre paysage. Cette transformation paysagère induite par les cultures céréalières de l’agriculture intensive a aussi fait disparaître un grand nombre de prairies naturelles permanentes et de mares.
Ce bocage fortement dégradé est devenu un paysage simplifié très appauvri en biodiversité.Il est indispensable de reconstituer le paysage bocager et permettre de nouveau à la biodiversité de s’épanouir. C’est dans ce contexte, qu’une parcelle de 13000 m² a été libérée de l’emprise agricole pour devenir une petite zone bocagère. Située dans le nord du département de la Loire-Atlantique, elle se trouve au cœur d’un contexte bocager très dégradé.

La pépinière qui fournira les plants pour les haies du projet de renaturation récolte ses graines dans la région, sur des boisements anciens et préservés afin d’assurer une génétique locale et diversifiée.

Planter des arbres d’origine locale, pourquoi ?

  • Obtenir des plantations plus adaptées aux conditions locales (sol, climat..)
  • Lutter contre l’érosion de la biodiversité
  • Limiter notre empreinte écologique
  • Participer à une économie relocalisée
  • Une qualité garantie par un label : le label Végétal local garantit la traçabilité et la diversité des provenances ainsi que le respect des sites de collectes de graines. (source: Graine de Bocage)

Pour contribuer à la campagne : https://www.helloasso.com/associations/aves-france/collectes/renatur-action-projet-de-renaturation-du-bocage

Vous préférez donner par chèque, virement ou via paypal ? C’est possible. Contactez-nous ! 

Vènerie sous terre du blaireau : six organisations de protection de la nature et de la faune sauvage saisissent le Ministère

Les associations AVES France, ASPAS, Blaireau & Sauvage, One Voice, Meles et la Fondation Brigitte Bardot ont saisi la Ministre de la transition écologique et solidaire afin de solliciter l’interdiction de la vènerie sous terre du blaireau.

Cette pratique consiste à envoyer des chiens dans les terriers des blaireaux afin de les terroriser jusqu’à ce que les chasseurs parviennent à les déterrer puis à les tuer au fusil ou à l’arme blanche, mettant un terme à plusieurs heures de souffrance et de stress infligés à l’animal. 

Cette chasse nuit à l’équilibre cynégétique en ce qu’elle entraîne la mort de blaireautins, comme l’a révélé la vidéo de l’association One Voice qui est parvenue à infiltrer un équipage de vènerie sous terre. Les petits, non matures sexuellement, sont tués avant d’avoir eu la possibilité de se reproduire, ce qui nuit à la croissance démographique de cette espèce au rythme de reproduction lent.

Protégé par la Convention de Berne, le blaireau ne peut être chassé dans de nombreux pays de l’Union européenne. Le Conseil de l’Europe considère d’ailleurs que la vènerie sous terre, spécialité française largement décriée,  « ne peut être considérée comme efficace ni humain[e], et constitue un sport ».

Le blaireau est victime d’une réputation injustifiée : les dégâts qui lui sont reprochés sont minimes et en réalité imputables à d’autres espèces telles que le sanglier. Le petit mammifère peut en outre aisément être repoussé à l’aide de techniques très simples et peu coûteuses.

Les Préfectures ne sont d’ailleurs jamais en mesure de justifier de la réalité des dégâts qu’il aurait provoqués. Elles se fondent sur les allégations des chasseurs et ne publient aucune donnée démontrant l’existence d’éventuels dégâts.

Cette pratique cruelle et injustifiée, tant scientifiquement que légalement, n’a donc aucune raison de perdurer en France, pays signataire de la Convention de Berne et qui se pose en défenseur de la biodiversité.

Les six organisations demandent donc au Ministère de la transition écologique et solidaire d’interdire cette pratique et de veiller à ce qu’aucune période complémentaire de chasse par vènerie sous terre ne soit autorisée sur le territoire national.

En pièce jointe (PDF) : demande formelle adressée au Ministère de la transition écologique et solidaire, rédigée avec l’aide du cabinet GEO AVOCATS. 

Communiqué de presse sur les périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau

Chaque année, le 15 mai résonne comme une date qui signe le retour de l’assaut des pelles et des pioches sur les terriers de blaireaux afin de les déterrer, c’est le début de la période dite « complémentaire » de vénerie sous terre. Celle-ci s’ajoute à la période dite « normale » autorisée à partir de l’ouverture générale de la chasse, de la mi-septembre jusqu’au 15 janvier. La trêve de la chasse sous terre est une relative quiétude pour cette espèce qui ne dure que 4 mois par an dans la majorité des 93 départements de France métropolitaine (hors Paris et Corse).

La vénerie sous terre est exercée en tant que loisir (terme utilisé dans le rapport de l’ANSES publié en août 2019), ce mode de chasse est encore pratiqué aujourd’hui presque partout en France (sauf dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et le Territoire-de-Belfort). Il faut toutefois noter une relative régression de son autorisation pour la période complémentaire.

L’ASPAS vient de publier une carte sur la base des informations transmises par notre association. Celle-ci met en évidence les départements où la période complémentaire n’est plus autorisée.

Concrètement, le pourtour méditerranéen n’est presque plus concerné par l’application de la période complémentaire, et les secteurs géographiques du nord-est et du sud-ouest de la France présentent des avancées encourageantes qui laissent entrevoir prochainement un abandon progressif. Ces départements vont dans le bon sens et montrent la volonté des préfets d’aller vers la voie de la raison ; nous ne pouvons qu’encourager les autres départements à suivre ces exemples qui démontrent qu’il n’est plus possible d’autoriser aujourd’hui, arbitrairement, de telles pratiques non fondées scientifiquement.

C’est ainsi que la période complémentaire n’a pas été reconduite en 2019 dans l’Orne et la Haute-Saône et en 2020 dans le Gers, la Lozère et le Tarn. Elle est réduite dans l’Ariège, l’Aube, le Cher, la Dordogne, le Gard, la Loire, la Marne, la Meuse, le Pas-de-Calais, le Rhône et la Haute Savoie. Le facteur principal qui a permis ces évolutions est sans conteste le fait de la mobilisation désormais ancrée pour un certain nombre de citoyens de participer aux consultations publiques.

Plus qu’une opposition de principe sur la pratique barbare de la vénerie sous terre, ce sont la pertinence des arguments qui ont permis aux préfets de prendre la mesure des carences de justifications de ces autorisations. Un arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux en date du 9 juillet 2019 a été rendu en ce sens suite à un recours de l’association Indre Nature.

Par le biais de notre site dédié aux consultations publiques, nous les signalons au public afin que tout un chacun puisse y répondre et s’exprimer en toute connaissance de cause. Nos bénévoles se mobilisent actuellement pour diffuser ces consultations publiques tout en mentionnant des arguments appropriés.

Au-delà des consultations publiques, dont la participation du plus grand nombre est essentielle, les associations de protection de la nature dénoncent régulièrement cette pratique cruelle sur les différents plans éthique, juridique, médiatique et politique.

Nous avons relevé à ce jour que plusieurs préfectures ont proposé dans leur projet d’arrêté préfectoral relatif à la chasse des dates d’autorisation de l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau à partir du 15 mai 2020. Compte tenu du délai de la procédure de consultation publique et bien que cette date d’ouverture soit effectivement mentionnée dans l’arrêté, aucune intervention ne pourra être pratiquée dans les départements du Loiret, des Pyrénées-Orientales, de la Haute-Savoie, de la Haute-Vienne, de l’Essonne et du Val-d’Oise avant la publication de l’arrêté préfectoral, sinon ce serait ILLÉGAL.

Il convient également de préciser qu’en raison des dates incohérentes mentionnées dans l’arrêté préfectoral signé le 28 juin 2019 pour le département du Jura, relatives à l’exercice de la période complémentaire, la vénerie sous terre du blaireau ne pourra pas être pratiquée dans ce département à compter du 15 mai 2020 et ce jusqu’à l’ouverture générale de la chasse en septembre, sinon ce serait ILLÉGAL.

Nous appelons les autorités administratives et les fédérations de chasse à faire respecter ces conditions légales.

#CapVersDemain : nos solutions pour un plan de relance intégrant pleinement la protection des animaux et de l’environnement

Encore sous les effets d’une crise sanitaire et économique sans précédent, il est urgent pour la France de se réinventer.

C’est la raison pour laquelle :

  • 56 organisations de protection des animaux et de la nature, dont les partenaires de CAP (dont AVES France), France Nature Environnement, la SPA, 30 millions d’amis, La Fondation Brigitte Bardot, L214, One Voice…
  • 39 députés, sénateurs et députés européens, issus de 10 partis et groupes, dont Jean-Luc Mélenchon, Hugues Renson (Vice-président de l’Assemblée), Aurore Bergé, Loïc Dombreval, Cédric Villani, Matthieu Orphelin, les Sénateurs et anciens ministres Laurence Rossignol et André Vallini…
  • 22 Personnalités publiques comme Allain Bougrain Dubourg, Louis Schweitzer, Mylène Demongeot…
  • 31 Scientifiques et chercheurs comme Frédéric Lenoir, Françoise Armengaud, Jean-Pierre Marguénaud, Pierre Jouventin, Corine Pelluchon, Pablo Servigne…

ont rédigé une tribune pour que les aides apportées aux différents secteurs économiques soient conditionnées au respect du bien-être animal, à la préservation de la biodiversité et à la limitation des impacts environnementaux.

Notre objectif commun est que le plan de relance que le gouvernement devrait présenter à la rentrée intègre pleinement la protection des animaux et de l’environnement. Nous proposons des solutions pour une reprise économique éthique et écologique.

Cette tribune a été initiée par Convergence Animaux Politique (CAP), association représentant plus de 1000 organisations de protection animale auprès des parlementaires et de l’exécutif.

LIRE LA TRIBUNE SUR LE JOURNAL DU DIMANCHE

#CapVersDemain
#RelanceEthique
#RelanceEcologique

Cette tribune est co-signée par :

56 organisations de protection des animaux et de la nature

  • Alliance Anticorrida
  • Alliance des Opposants à la Chasse
  • Animal Cross
  • Animal Justice et Droit
  • Animal Testing
  • Animalise
  • Animalter
  • Antidote Europe
  • ASPAS
  • Association en faveur de l’abattage des animaux dans la dignité (AFAAD)
  • Association Justice Animaux Savoie
  • Association pour le Droit à l’Objection de Conscience en Milieu Universitaire (ADOCMU)
  • Association TERRE Lawrence Anthony
  • Association Végétarienne de France
  • AVES France
  • C’est Assez !
  • Campaign Against Canned Hunting
  • CAP Loup
  • CIWF France
  • Code Animal
  • Collectif Chat 100% Stérilisation Obligatoire
  • Commission Condition animale EELV
  • Confédération Nationale Défense de l’Animal
  • Convention Vie et Nature
  • Convergence Animaux Politique
  • CRAC Europe
  • Droits Des Animaux
  • Éducation Éthique Animale
  • Ensemble pour les animaux
  • Ethics For Animals
  • Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC)
  • Fédération européenne CREL
  • Fondation 30 Millions d’Amis
  • Fondation Brigitte Bardot
  • France Nature Environnement
  • Groupe thématique « Condition animale » de la France Insoumise
  • Humanisma
  • L214 Éthique et animaux
  • La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA)
  • Les Climat’Optimistes
  • Ligue Française pour la Protection du Cheval
  • Loup.org
  • One Voice
  • Parti animaliste
  • Paris Animaux Zoopolis
  • PETA France
  • Pôle Grands Prédateurs
  • Pro Anima
  • Rassemblement pour une France sans Chasse
  • Réseau Sentience
  • S’PECE
  • Société européenne d’éthologie vétérinaire des animaux domestiques (SEEVAD)
  • Société Nationale pour la Défense des Animaux (SNDA)
  • Société Protectrice des Animaux (SPA)
  • Sur les Traces du loup
  • Welfarm

39 Parlementaires

  • Aurore Bergé, Députée LREM des Yvelines
  • Manuel Bompard, Eurodéputé LFI Français
  • Céline Boulay-Espéronnier, Sénatrice LR de Paris
  • Pierre-Yves Bournazel, Député MODEM de Paris
  • Anne-France Brunet, Députée LREM de Loire-Atlantique
  • Samantha Cazebonne, Députée LREM des Français établis hors de France
  • Fabienne Colboc, Députée LREM d’Indre-et-Loire
  • Éric Coquerel, Député LFI de Seine-Saint-Denis
  • Éric Diard, Député LR des Bouches-du-Rhône
  • Loïc Dombreval, Député LREM des Alpes-Maritimes, docteur vétérinaire, Président du Groupe d’études Condition animale
  • Nicolas Dupont-Aignan, Député DLF de l’Essonne
  • Pascal Durand, Eurodéputé LREM Français
  • Caroline Fiat, Députée LFI de Meurthe-et-Moselle
  • Guillaume Gontard, Sénateur CRCE de l’Isère
  • Dimitri Houbron, Député LREM du Nord
  • Claudine Kauffmann, Sénatrice DLF du Var
  • Stéphanie Kerbarh, Députée LREM de Seine-Maritime
  • Joël Labbé, Sénateur EELV du Morbihan
  • Bastien Lachaud, Député LFI de Seine-Saint-Denis
  • Jean-Luc Lagleize, Député MODEM de Haute-Garonne
  • Jacques Marilossian, Député LREM des Hauts-de-Seine
  • Jean-Luc Mélenchon, Député LFI des Bouches-du-Rhône, Président du groupe LFI
  • Jean-Michel Mis, Député LREM de Loire
  • Claire O’Petit, Députée LREM de l’Eure
  • Matthieu Orphelin, Député LT du Maine-et-Loire
  • Anne-Sophie Pelletier, Eurodéputée LFI Française
  • Valérie Petit, Députée LREM du Nord
  • Florence Provendier, Députée LREM des Hauts-de-Seine
  • Loïc Prud’homme, Député LFI de Gironde
  • Hugues Renson, Député LREM de Paris, Vice-président de l’Assemblée nationale
  • Laëtitia Romeiro Dias, Députée LREM de l’Essonne
  • Laurianne Rossi, Députée LREM des Hauts-de-Seine, Questeuse à l’Assemblée nationale
  • Laurence Rossignol, Sénatrice PS de l’Oise, ancienne ministre
  • Frédérique Tuffnell, Députée LREM de Charente-Maritime
  • André Vallini, Sénateur PS de l’Isère, ancien ministre
  • Cédric Villani, Député LREM de l’Essonne
  • Corinne Vignon, Députée LREM de Haute-Garonne
  • Hélène Zannier, Députée LREM de Moselle
  • Michel Zumkeller, Député UDI du Territoire de Belfort

22 Personnalités publiques

  • Laurent Baheux, Photographe animalier
  • Christine Berrou, Humoriste
  • Allain Bougrain Dubourg, Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)
  • Camille Brunel, Ecrivain
  • Gérard Charollois, Ancien juge
  • Hugo Clément, Journaliste
  • Hélène de Fougerolles, Actrice
  • Jean-Baptiste Del Amo, Auteur
  • Mylène Demongeot, Actrice
  • Armand Farrachi, Écrivain
  • Hélène Gateau, Journaliste
  • Marc Giraud, Chroniqueur animalier et écrivain
  • Grégory Guillotin, Comédien, youtubeur
  • Robert Hossein, Réalisateur, acteur
  • Arno Klarsfeld, Avocat
  • Vincent Message, Écrivain
  • Guillaume Meurice, Chroniqueur
  • Candice Patou, Actrice
  • Philippe Radault, Réalisateur
  • Louis Schweitzer, Président de La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences
  • Henry-Jean Servat, Écrivain, journaliste
  • Laurent Testot, Journaliste et essayiste

31 Scientifiques et chercheurs

  • Françoise Armengaud, Philosophe
  • Laurent Bègue, Professeur de psychologie sociale, Université Grenoble Alpes
  • Yves Bonnardel, Essayiste, chercheur indépendant
  • Pierre Brunet, Professeur de Droit public, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Béatrice Canel-Depitre, Maître de conférences, HDR en sciences de gestion
  • Georges Chapouthier, Directeur de recherche émérite, CNRS
  • Marie Charpentier, Directrice de recherches, CNRS en biologie évolutive
  • David Chauvet, Docteur en droit privé et sciences criminelles
  • Émilie Dardenne, Maîtresse de conférences en Anglais et études animales, Université Rennes 2
  • Philippe Devienne, Vétérinaire et docteur en philosophie
  • Samuel Ducourant, Doctorant en histoire et philosophie des sciences, ENS
  • Julien Dugnoille, Senior Lecturer in Anthropology, University of Exeter
  • Romain Espinosa, Chercheur en économie, CNRS, CREM, Université Rennes 1
  • Cécile Huchard, Enseignante-chercheuse en littérature
  • Élise Huchard, Chercheuse en éthologie
  • Pierre Jouventin, Directeur de laboratoire, CNRS, écologie animale
  • Renan Larue, Chercheur en lettres modernes
  • Arthur Keller, Ingénieur, systémicien
  • Frédéric Lenoir, Philosophe et sociologue
  • Joël Lequesne, Psychologue clinicien
  • Marine Lercier, Doctorante en droit global et sécurité humaine, Université autonome de Barcelone
  • Jean-Pierre Marguénaud, Agrégé de droit privé et sciences criminelles, Directeur de la Revue semestrielle de droit animalier
  • Marie-Claude Marsolier-Kergoat, Chercheure CEA/MNHN
  • André Ménache, Chirurgien vétérinaire et zoologiste
  • Jean-Marc Neumann, Chargé d’enseignement en droit de l’animal à l’Université de Strasbourg
  • Corine Pelluchon, Philosophe
  • Emmanuel Picavet, Professeur de philosophie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Estiva Reus, Économiste
  • Jean-Paul Richier, Psychiatre, Fondateur du collectif PROTEC
  • Pablo Servigne, Ecologue, chercheur indépendant
  • Cédric Sueur, Maître de conférences à l’université de Strasbourg

Marchés d’animaux sauvages vivants, santé animale et humaine et protection de la biodiversité

À l’initiative de la Born Free Foundation, AVES France a co-signé cette lettre ouverte pour demander la fermeture des marchés d’animaux sauvages, régulièrement suspectés lors des épidémies, comme actuellement avec le coronavirus.

Lettre ouverte au :

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Dr Monique Eloit, Directrice Générale de l’Office International d’épizoologie (OIE)
Inger Andersen, Directeur excécutif du Programme Environnement des Nations Unies (UNEP)

Marchés d’animaux sauvages vivants, santé animale et humaine et protection de la biodiversité

Chers collègues, 

Nous vous écrivons pour vous exhorter à encourager fermement les gouvernements du monde entier à introduire et à appliquer une législation pour fermer les marchés de faune sauvage, en particulier ceux où le commerce d’animaux vivants est courant, et à introduire des mécanismes conçus pour réduire de manière significative et démontrable la demande d’animaux sauvages vivants et de produits dérivés.


On trouve dans de nombreux pays des marchés vendant des animaux sauvages. Cependant, la croissance rapide des populations humaines, l’accès accru aux zones fauniques les plus reculées grâce à des changements dans l’utilisation des terres et le développement des infrastructures, une augmentation du revenu disponible, une urbanisation croissante et la nature changeante de la demande, ont entraîné l’expansion rapide et la commercialisation de ces marchés. , augmentant les risques pour la santé humaine et animale, compromettant le bien-être animal et soumettant la biodiversité à une pression non durable.


L’épidémie actuelle de coronavirus qui sévit dans certaines parties de la Chine proviendrait de la faune sauvage et pourrait avoir été transmise aux populations via les marchés de faune sauvage de la ville de Wuhan, bien que la source précise de l’infection humaine n’ait pas encore été définitivement établie. Au moment de la rédaction du présent document, des dizaines de milliers de personnes auraient été exposées, des centaines sont mortes et le virus s’est propagé dans au moins 25 pays. Il est à noter qu’un groupe de 19 éminents chercheurs de l’Académie chinoise des sciences, de l’Institut de virologie de Wuhan et des meilleures universités du pays, ont appelé le gouvernement chinois à sévir contre les marchés de faune sauvage tels que celui au centre de l’épidémie de Wuhan. Le gouvernement a répondu en annonçant une interdiction temporaire du commerce des animaux sauvages et la fermeture de tous les marchés d’animaux sauvages à travers le pays, et il a été demandé que ces mesures soient rendues permanentes.

Les épidémies mondiales précédentes ont également été associées aux marchés d’animaux sauvages. Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui, en 2002-2003, a causé plus de 8 000 contaminations humaines dans 17 pays et près de 800 décès, se serait propagé à l’homme via des mammifères sauvages couramment commercialisés vivants sur les marchés chinois. On pense également que les épidémies de virus Ebola en Afrique occidentale et centrale proviennent de chauves-souris, les primates et autres mammifères sauvages étant considérés comme des hôtes intermédiaires par lesquels les gens ont été infectés ; bon nombre de ces animaux sont également commercialisés vivants sur les marchés d’animaux sauvages des pays dans lesquels les foyers sont apparus.

La fermeture des marchés de faune sauvage pour protéger la santé humaine a un précédent. En 2005, l’Union européenne a interdit l’importation de la plupart des espèces d’oiseaux sauvages capturés vivants, principalement pour réduire le risque d’introduction du virus de la grippe aviaire. Des rapports ultérieurs suggèrent que cette action a eu un impact significatif sur le commerce mondial d’oiseaux vivants.


Le commerce des espèces sauvages ne menace pas seulement la santé humaine ; c’est aussi un contributeur majeur au déclin mondial de la faune et de la biodiversité. Selon l’évaluation mondiale de la biodiversité publiée par l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) en 2019, le déclin de la nature est « sans précédent dans l’histoire humaine », avec un million d’espèces menacées d’extinction. L’exploitation directe est identifiée comme le deuxième moteur de perte de biodiversité, derrière les changements dans l’utilisation des terres et des mers. Le rapport a décrit la réponse mondiale actuelle à cette crise comme insuffisante, a insisté sur le fait que « des changements transformateurs » sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature, et a affirmé que « l’opposition des intérêts acquis peut être surmontée pour le bien public ».


L’extraction d’animaux sauvages pour le commerce national et international constitue une part importante de l’exploitation directe identifiée par l’IPBES. Dans de nombreux pays, les animaux sont prélevés dans la nature pour être abattus sur les marchés ou échangés vivants afin d’approvisionner les restaurants, les installations touristiques, la demande internationale vaste et croissante d’animaux de compagnie exotiques et à d’autres fins. Dans certains pays, les animaux domestiques, y compris les chiens et les chats, sont également commercialisés en direct sur les marchés de cette manière, avec des risques associés pour la santé et la sécurité humaines. Ces activités ont de graves conséquences négatives sur le bien-être de plusieurs millions d’animaux.


S’attaquer au commerce des espèces sauvages entraîné par ces marchés et à la demande d’animaux sauvages vivants ou de parties et de produits qui en dérivent, pose des défis sociaux, culturels et économiques. Néanmoins, nous vous exhortons à considérer le risque que ces mêmes défis soient beaucoup plus importants si la cause profonde des épidémies telles que la crise actuelle du coronavirus ne parvient pas à être résolue. Une action mondiale pour freiner durablement le commerce contribuera à réduire considérablement les risques de futures épidémies de maladies infectieuses tant chez les espèces sauvages que chez les humains, et contribuera dans une certaine mesure à faire face à la menace qui pèse sur les animaux individuels et sur la biodiversité au sens large par l’exploitation directe.


Nous vous exhortons donc à engager vos organisations à travailler avec les gouvernements du monde entier, dans le but de mettre fin à l’exploitation des animaux sauvages à des fins commerciales, de fermer les marchés qui font le commerce d’animaux vivants et de réduire la demande commerciale d’animaux vivants pour l’alimentation et à d’autres fins, y compris à partir de spécimens élevés en captivité.


Merci de votre attention sur cette question importante.

David van Gennep, Chief Executive Officer, AAP Animal Advocacy and Protection Pei F Su, Chief Executive Officer, ACTAsia
Maria Mossman, Founder, Action for Elephants
Josphat Ngonyo, Executive Director, Africa Network for Animal Welfare
Liz White, CEO, Animal Alliance of Canada
Jan Creamer, President, Animal Defenders International
Wolf Gordon Clifton, Executive Director, Animal People
Brigita Kymantaitė, Director, Animal Rights Protection Organisation Lithuania Cathy Liss, President, Animal Welfare Institute
Marco Ciampi, President, ARCA Brasil Humane Society
Christophe Coret, President, AVES France
Dominic Dyer, Chief Executive, Badger Trust
Ms Kit Stoner, Chief Executive, Bat Conservation Trust
Koen Cuyten, Project Manager, Bears in Mind
Dr Mark Jones, Head of Policy, Born Free Foundation
Mia MacDonald, Executive Director, Brighter Green, USA
Chris Mercer, Director, Campaign Against Canned Hunting
Mrs Ericka Ceballos, CEO, CATCA Environmental and Wildlife Society, Canada Christine Grandjean, CEO, C’est Assez!
Atty. David Kaplan, President, Cetacean Society International

Mrs and Mr CJ and Luis Muñoz, Executive Directors, Chelui4lions, Spain
Tozie Zokufa, Regional Coordinator, Coalition of African Animal Welfare Organisations (CAAWO)
Alexandra Morette, Director, Code Animal
Dr Angela Wright, Chief Scientific Adviser, Compassion in World Farming
Eva Filipczykova MSc, PhD Candidate, Czech University of Life Sciences, Prague
Piet Wit, Secretary, Daridibó, Guinea Bissau
Karen Botha, Chief Executive Officer, David Shepherd Wildlife Foundation
Bob Dreher, Senior Vice-President Conservation Programs, Defenders of Wildlife
James Bruckner, Head of Species Protection Department, Deutscher Tierschutzbund
Diederik Visser PhD, Chair, Dutch Gorilla Foundation
Dr Femmie Smit, Program Manager Wildlife, Dutch Society for the Protection of Animals (Dierenbescherming)
Michele Pickover, Director, EMS Foundation
Wu Hung, Chief Executive Officer, Environment & Animal Society of Taiwan (EAST)
Debbie Banks, Campaign Leader Tigers & Wildlife Crime, Environmental Investigation Agency
Reineke Hameleers, CEO, Eurogroup for Animals
Miriam Martinez, Wildlife Programme Manager, Fundación FAADA
Dr Henk Smit, Chai, FONA Conservation, The Netherlands
Hedia Baccar, Advisor for MENA and Francophone Africa, Fondation Franz Weber Teresa M. Telecky PhD, Vice President Wildlife, Humane Society International Shirley McGreal, Founder, International Primate Protection League
Stephen A Wiggins, Founder, International Wildlife Bond
Dr Andrew Kelly, CEO, Irish Society for the Prevention of Cruelty to Animals ISPCA

Motokazu Ando, President, Japan Wildlife Conservation Society
Louis Schweitzer, President, La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences
Martin Sims, Director of Investigations, League Against Cruel Sports
Hans de Iongh, Chair, Leo Foundation, The Netherlands
Jenny Desmond, Founder, Liberia Chimpanzee Rescue & Protection
Caroline Ruane, CEO, Naturewatch Foundation
Dr Karin Hartman, Field Director/Researcher, Nova Atlantis Foundation Portugal
William Rossiter, Vice President, NY4WHALES
Courtney S. Vail, Director of Strategic Campaigns, Oceanic Preservation Society (OPS)
Jim Ries, President, One More Generation Bob Elliot, Director, OneKind
Ms Kim PS DA Ribeira, Director, Outraged South African Citizens Against Poaching OSCAP
Dr Gregg Tully, Executive Director, Pan African Sanctuary Alliance (PASA) Jill Nelson, Chief Executive, People’s Trust for Endangered Species
Dr Marion Garai, Pro Elephant Network
Dr Sandra Altherr, Co-Founder, Pro Wildlife Germany
Amal el Bekri, General Secretary, RAPAD Maroc Charlotte Nithart, Director, Robin des Bois
Adam Grogan BSc MCIEEM, Head of Wildlife, Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals RSPCA
Kati Pulli, Executive Director, SEY Animal Welfare Finland
Will Travers OBE, President, Species Survival Network
Simone Eckhardt, Director, SPOTS (Save and Protect Our TreasureS) Ron van der A, Chairman, Stichting Painted Dog Conservation

Carine Bambara, Senior Manager Global External Affairs, The Brooke
Leif Cocks, President, The Orangutan Project
J Brand MSc, Coordinator, Trésor Foundation, The Netherlands
Professor Claudio Sillero, Professor of Conservation Biology, University of Oxford Gerald Dick, Chief Programmes Officer, Vier Pfoten International
Andrew N Rowan DPhil, President, WellBeing International
Chris Butler-Stroud, Chief Executive Officer, Whale and Dolphin Conservation Belinda Wright OBE, Executive Director, Wildlife Protection Society of India Jessica Bridgers, Executive Director, World Animal Net
Kate Nustedt, Programme Director Animals in the Wild, World Animal Protection Robert Laidlaw, CEO, Zoocheck Canada

AVES France attaque l’arrêté du préfet des Côtes-d’Armor pour protéger les blaireautins

Comme vous le savez, nous avons formé un recours en annulation devant le Tribunal administratif de Rennes à l’encontre de l’arrêté du préfet des Côtes-d’Armor venant fixer l’ouverture des périodes de chasse pour la saison 2019/2020.

Cet arrêté autorise en effet la vénerie sous terre du blaireau durant une période complémentaire (du 15 mai au 14 septembre 2020), c’est-à-dire en pleine période de dépendance du blaireautin à l’égard de sa mère.

Une telle décision se heurte alors aux dispositions de l’article L.424-10 du code de l’environnement, lequel interdit toute destruction des petits ou portées d’espèces de mammifères, même lorsque la chasse de ces espèces est permise. L’ouverture de cette période complémentaire est donc illégale, ce que notre recours ne manque pas de démontrer, documentation scientifique à l’appui. 

Face à l’irréversibilité des abattages de blaireaux qui seraient réalisés en application de cette décision, nous avons déposé, en plus de notre recours en annulation, une requête en référé afin que le juge administratif statue en urgence et suspende les effets de l’arrêté dans l’attente de l’issue du recours.

Après une plaidoirie tenue le 3 janvier dernier, Madame la juge des référés du Tribunal administratif de Rennes a rendu une ordonnance le 6 janvier, par laquelle elle a rejeté nos demandes provisoires.

Cependant, le motif de ce rejet est propre au contexte particulier applicable à une procédure de référé et ne vient en rien invalider nos arguments au fond.

En effet, Madame la juge des référés a simplement indiqué qu’il est possible que le Tribunal administratif se prononce sur la légalité de l’arrêté préfectoral avant l’ouverture de la période complémentaire. L’urgence n’était donc, d’après elle, pas caractérisée à la date de l’audience.

L’ordonnance de rejet repose uniquement sur ce motif et ne donne en aucun cas raison à la préfecture, ni à la fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor, intervenant à l’action.

L’illégalité de l’ouverture d’une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau étant incontestable – et incontestée par l’ordonnance du juge des référés – nous maintenons chacun des points de notre argumentaire initial jusqu’à l’issue de la procédure au fond.

Pour soutenir notre action, nous vous invitons à adhérer à AVES France. L’adhésion est accessible à partir de 0,85€ par mois ou 10€ par an.

° CELSIUS : la galerie IDA MÉDICIS expose les ours polaires de Sophie Larroche

Du 26 novembre 2019 au 1er janvier 2020, les ours polaires de l’artiste Sophie Larroche seront exposés à la galerie IDA MÉDICIS, 9 rue de Médicis à Paris. AVES France vous invite au vernissage qui aura lieu le mercredi 4 décembre 2019 à partir de 18h30 en présence de l’artiste (contactez-nous pour obtenir votre invitation).

Le projet Celsius.

Celsius, dont le nom réfère à la dangereuse ascension des degrés de la planète, est né d’une rencontre artistique entre la galerie IDA MEDICIS et l’artiste Sophie Larroche.

L’Art comme puissant messager.

La galerie et l’artiste ont pour souhait commun de réunir leurs activités au profit d’une cause fondamentale, la sensibilisation autour du réchauffement climatique. Leurs médias sont l’Art, l’esthétique, le ressenti immédiat, sans moralisation et sans discours.

Face au travail de cette sculptrice, de majestueux ours polaires sont mis en scène dans dans leur vie quotidienne : sculptés dans la terre ou formés en porcelaine, l’animal se laisse observer en train de s’étirer, nager ou encore de regarder avec inquiétude sa petite parcelle de banquise.

Aux interrogations que ces oeuvres suscitent, l’exposition incite chacun, collectionneurs ou novices, à se sentir concerné par la cause environnementale et à investir dans l’Art en mêlant plaisir et acte citoyen.

Unissons nos voix.

L’Artiste Sophie Larroche et la Galerie IDA MEDICIS collaborent avec l’Association AVES France afin de reverser une part du prix de vente des oeuvres à la protection des Ours Polaires.

Adopter une sculpture.

Le lien entre l’ours et l’humain est affectif et émotionnel ; incarnant le réconfort et la douceur, l’animal fait indéniablement appel à notre enfance. Nous parlons d’adoption comme symbolique du sauvetage de l’espèce menacée : il s’agit ici de la rencontre de deux histoires. Celle de l’animal sauvage et de l’individu qui se fait protecteur.

Offrir de l’Art, offrir un symbole.

L’exposition « Celsius », du 26 novembre 2019 au 1er janvier 2020, ne s’inscrit pas par hasard dans la période de fin d’année, propice aux plaisirs, aux résolutions et à la bienveillance. IDA MEDICIS envisage d’associer une nouvelle dimension au cadeau de fin d’année: s’offrir ou offrir à un proche une œuvre d’art porteuse d’un message fort. Convertir un acte de consommation en un acte citoyen qui trouve une résonance toute particulière chez son destinataire et permet de transmettre l’histoire de cette œuvre, sa symbolique, sensibiliser le receveur à sa cause.

Changer la donne, pour l’éternité.

L’achat d’une œuvre d’art est un investissement dans le temps. L’œuvre perdure, prend de la valeur tout en traversant les années. Et si nous contribuions au même avenir de notre planète ?

Adopter le seigneur de l’Arctique n’est pas un simple plaisir de consommation. De la contemplation à l’envie d’agir, l’investissement devient moral.

Contactez-nous pour obtenir votre invitation pour le vernissage, mercredi 4 décembre 2019 à partir de 18h30, en présence de l’artiste !