Avenir noir pour l’ours blanc

coalition ours polaire 2012Communiqué, le 18 février 2013

La chasse à l’ours blanc bat son plein. Les agences de tourisme cynégétique du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Manitoba au Canada sont surbookées jusqu’en 2014. Pour répondre à la demande, le Territoire du Nunavut augmente les quotas de chasse dans la Baie d’Hudson sans tenir compte de l’avis défavorable du Groupe des Spécialistes de l’Ours Polaire de l’UICN.  L’ours blanc est la « cible absolue ». Ça change de l’éléphant. Ça fait changer d’air. C’est le challenge du siècle au sommet du monde. « Pour nos clients européens, nous recommandons au moins du calibre 8 x 57 mm mais le meilleur c’est du 9.3 x 74 mm ». Si vous êtes à la hauteur, vous reviendrez au pays avec le plus prestigieux des trophées. Les meilleurs taxidermistes du Canada pourront vous y aider.
Pour les paresseux, la vente aux enchères permet sans se déplacer d’acquérir la dépouille d’un animal prestigieux, adapté à la banquise depuis plusieurs millions d’années et voué à l’extinction d’ici quelques décennies, si aucune mesure n’est prise. Le nombre de peaux mises aux enchères et les prix augmentent.

En même temps, les publications scientifiques se succèdent en rafale pour prédire un avenir noir aux ours blancs. Le dernier article paru début février 2013 dans Conservation Letters est signé par un spécialiste canadien en collaboration avec 11 scientifiques internationaux. Il presse la communauté internationale d’agir maintenant pour sauver l’espèce. La régression de la banquise arctique plonge l’ours polaire dans le cycle irréversible de la pénurie alimentaire. Les difficultés d’accès aux ressources vitales diminuent sa robustesse et ses capacités de reproduction.

Pourtant, seuls 11 pays de l’Union Européenne soutiennent -la France n’en fait pas partie- la proposition des Etats-Unis d’inscrire l’ours polaire en Annexe I de la CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, dont la session plénière se tiendra en mars 2013 à Bangkok en Thaïlande. En conséquence, l’Union fait circuler une contre-proposition dite de compromis. Il s’agirait dans les 3 ans qui viennent d’approfondir les connaissances sur les populations d’ours polaires, d’examiner tous les risques actuels et à venir qui pèsent sur l’espèce et d’évaluer dans ce contexte l’impact du commerce international. A l’issue de ce processus, l’Union Européenne pourrait soutenir une proposition d’inscription en Annexe I lors de la session plénière de la CITES en 2016. 3 ans de plus de perdus pour l’ours polaire ; la proposition d’inscription en Annexe I des Etats-Unis a déjà échoué en 2010 au Qatar à cause de l’opposition des 27 pays de l’Union Européenne (48 votes pour, 62 contre et 11 abstention – 2/3 des voix exprimées sont nécessaires à l’adoption).

L’Annexe I de la CITES interdit le commerce international. Les autorités scientifiques des pays d’importation des trophées de chasse non destinés au commerce peuvent refuser de délivrer un permis si elles estiment que la chasse nuit à la survie de l’espèce.
L’inscription à l’Annexe I n’aura pas d’effet sur la chasse de subsistance des populations autochtones : la CITES ne s’intéresse pas à la chasse et à la consommation locales. Le « Polar Bear Watching » génère plus de recettes que la chasse. L’artisanat Inuit propose des créations remarquables à l’effigie de l’ours polaire, sans utiliser des parties d’ours polaire. Les Inuits, grâce à l’autonomie récente du Groenland et à la fondation du Territoire du Nunavut au Canada, ont d’autres perspectives pour assurer leur développement que le commerce international d’ours polaires ou de parties d’ours polaires. Ils sont désormais impliqués dans la gestion des ressources halieutiques, géologiques et touristiques de leurs territoires et des mers adjacentes.

La Coalition pour les Ours Polaires souhaite que la France rejoigne sans tarder les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne, la Lituanie, la Roumanie, l’Autriche et les autres pays favorables à l’interdiction du commerce international des ours polaires. Cette mesure ne freinera pas la fonte de la banquise arctique mais elle contribuera à la protection de l’espèce.

Contact :
Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France) – Tél: 03.26.48.29.20 ; Mobile : 06.17.56.10.74 ; Email : csissler@ifaw.org
Charlotte Nithart (Robin des Bois) – Tél: 01 48 04 09 36 ; Email : c.nithart@robindesbois.org

Retrouvez les archives sur http://www.aves.asso.fr/category/coalition_ours_polaire/

Associations membres de la Coalition Ours Polaires : IFAW France, Robin des Bois, Fondation Brigitte Bardot, One Voice, Sea Sheperd France, 30 Millions d’Amis, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), l’ASPAS, AVES France, L214, le CRAC, Ecologie sans Frontière, les Amis de la Terre.

 

Cyber Action Ours Polaire : écrivez à Delphine Batho

APPEL A L’ACTION : Demandons à la Ministre de l’Environnement de protéger les ours polaires contre le commerce international de leur peau

Aujourd’hui, il ne subsiste plus qu’entre 20 000 à 25 000 ours polaires à l’état sauvage dans le monde, dont 15 000 vivent au Canada. Alors que l’ours blanc est déjà gravement menacé par la perte de son habitat du au changement climatique, cette espèce emblématique doit faire face à la chasse aux trophées et au  commerce international de leur peau. En effet, le Canada est le seul pays de l’aire de répartition de l’espèce continuant à autoriser, chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive mais aussi le commerce international. Ainsi en 2011, 441 ours polaires ont été tués inutilement faisant l’objet de transactions commerciales internationales.
Venant au secours de cette espèce menacée, une proposition a été soumise par les Etats-Unis, soutenue par la Fédération de Russie, afin d’accroître le niveau de protection de l’ours polaire en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et de ses parties.

Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes auxquelles les ours blancs sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle stimulée par le commerce international et la chasse aux trophées– doit être stoppée immédiatement.

À l’heure actuelle en France, les autorités discutent de cette question. La France peut avoir une influence majeure sur la position qu’adoptera l’Union européenne, qui conviendra à l’avance de la décision finale qu’elle adoptera lors de la prochaine réunion de la CITES. Ce vote de l’UE sera absolument essentiel pour assurer la protection des ours polaires qui luttent déjà pour leur survie.
 
Si vous vivez en France, agissez aujourd’hui : demandez à la ministre de l’Ecologie Delphine Batho d’assurer la protection des ours blancs contre le commerce international de leur peau !

Envoyez la lettre-type par mail :

ACTION TERMINEE

Texte à copier dans le champ commentaire :

Madame la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie,

Je vous écris aujourd’hui afin de vous encourager à donner le niveau de protection maximal aux ours polaires en soutenant la proposition d’inscription de l’ours polaire à l’annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) dont le vote aura lieu à la prochaine Conférence des Parties à la CITES qui se tiendra à Bangkok en mars 2013.

En tant que citoyen français, membre de l’Union-Européenne, je soutiens cette proposition qui vise à accroître le niveau de protection d’une espèce rare dont il ne subsiste plus que 20 000 à 25 000 individus à l’état sauvage, et cela en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et des différentes parties issues de sa dépouille.

En effet, cette espèce est déjà gravement menacée par la perte de son habitat due au réchauffement climatique qui fait fondre la banquise arctique dont les ours polaires dépendent pour survivre.

Mais surtout, j’ai appris que les ours polaires étaient également affectés par la chasse aux trophées et le commerce international, lequel représente la seconde menace principale à laquelle doit faire face l’espèce. Or justement, cette proposition contribuerait à sauver immédiatement quelques centaines d’ours chaque année.

Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes auxquelles les ours polaires sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle engendrée par le commerce international – devrait être stoppée immédiatement.

Il est plus qu’urgent d’œuvrer en faveur de la protection des ours polaires. C’est pourquoi je vous encourage vivement à soutenir la proposition visant à transférer l’ours polaire de l’Annexe II à l’Annexe I de la CITES et à promouvoir cette position auprès de vos homologues européens.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à ma lettre, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, mes salutations respectueuses.

ou par courrier à :

ACTION TERMINEE

Lettre type .DOC

Lettre type .PDF

13 associations exhortent la France à s’opposer au commerce international des ours polaires et de leurs parties

coalition ours polaire 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE

Contact:
Charlotte Nithart (Robin des Bois) – Tél: 01 48 04 09 36 ; Email : c.nithart@robindesbois.org    Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France) – Tél: 03.26.48.29.20 ; Mobile : 06.17.56.10.74 ; Email : csissler@ifaw.org

13 associations exhortent la France à s’opposer au commerce international des ours polaires et de leurs parties

(Paris, France – 13 décembre 2012) – Dans la perspective de la prochaine conférence des parties à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui se tiendra en mars 2013 à Bangkok (Thaïlande) et au menu de laquelle figure l’ours polaire et le commerce de ses parties, 13 associations françaises* de conservation de la nature et de protection des animaux, membres de la « Coalition Ours Polaires », appellent le gouvernement français à soutenir l’initiative américaine visant à interdire le commerce international des ours polaires et de leurs parties qui sera discutée à cette occasion.

Dans un courrier adressé en début de semaine à Madame  Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, la Coalition rappelle que la demande pour les parties d’ours polaires -telles que les peaux- est en expansion alors que les ours polaires sont déjà gravement menacés par la perte de leur habitat due au changement climatique et par d’autres facteurs environnementaux. Entre 2007 et 2012, le nombre de peaux d’ours polaires proposées lors de ventes aux enchères de fourrures au Canada a plus que triplé. Les prix d’achat ont doublé.

« En Chine ou en Russie, le prix peut atteindre 100 000 USD pour l’acquisition d’une peau car cet animal est rare. Cet engouement est inquiétant. Au Canada, il encourage une hausse des quotas de chasse au sein de populations d’ours polaires déjà fragilisées. Le commerce international des ours polaires et de leurs parties représente une menace sérieuse pour l’espèce. Il doit être interdit et la CITES offre cette possibilité» souligne Céline Sissler-Bienvenu, directrice d’IFAW France, porte-parole de la Coalition.

Alors qu’il ne subsiste plus que 20 000 à 25 0000 ours polaires à l’état sauvage, le Canada qui en compte 15 000, est le seul pays continuant à autoriser chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive, mais aussi le commerce international. Ainsi, en 2011, les parties de 441 ours polaires ont fait l’objet de transactions commerciales internationales.

Pourtant, l’avenir de cette espèce emblématique est sombre. Les scientifiques prédisent que les 2/3 des ours polaires pourraient disparaître d’ici à 2050.

« Si le changement climatique est incriminé en premier lieu, il ne faut pas oublier que le déclin des populations d’ours polaires est le fruit d’une combinaison de menaces : l’augmentation des activités industrielles dans l’Arctique, l’exposition des ours polaires aux contaminants chimiques comme le mercure et les PCB mais aussi le commerce international. Cette dernière menace peut être rapidement éradiquée sous l’égide de la CITES et la France a un rôle à jouer»  rappelle Charlotte Nithart, directrice de l’association Robin des Bois, porte-parole de la Coalition.

Les Etats-Unis – soutenus par la Russie – ont rédigé une proposition visant à transférer l’ours polaire de l’annexe II à l’annexe I de la CITES. Ce transfert permettrait d’accroître le niveau de protection de cette espèce en interdisant le commerce international de ces individus ou de leurs parties.
Dans quelques jours, l’Union européenne (UE) devra se positionner sur cette proposition. Alors que plusieurs Etats membres de l’UE y sont favorables, la France garde le silence.
Notes aux rédacteurs :

  • *Les associations membres de la Coalition Ours Polaires : Robin des Bois, IFAW France, Fondation Brigitte Bardot, One Voice, Sea Sheperd France, 30 millions d’amis, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), l’Association AVES France, L214, le CRAC, Ecologie sans Frontière, les Amis de la Terre et ASPAS.
  • L’aire de répartition de l’espèce compte 5 états : Les Etats-Unis, le Canada, la Russie, le Groenland (Danemark) et la Norvège.
  • Il existe  19 sous-populations : 1 est actuellement en augmentation principalement en raison d’une réduction des quotas de chasse, 3 sont stables et 8 en déclin. Concernant les 7 autres sous-populations, les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer la tendance actuelle.
  • La base de données de l’UNEP-WCMC CITES 2012 sur le commerce indique qu’entre 2001 et 2010, 32 350 spécimens d’ours polaires (morts ou vivants, et leurs différentes parties) ont été commercialisées au niveau international, y compris 4 327 peaux, 3 080 morceaux de peau, ainsi que plus de 5 700 griffes et dents.
  • L’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I ne remet pas en cause la pratique de la chasse de subsistance traditionnelle des Inuit ou le commerce des spécimens d’ours polaires à des fins domestiques.

 

La coalition Ours Polaire 2012 réclame le classement de l’ours polaire en annexe 1 de la CITES

Mme Delphine BATHO
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
Hôtel de Roquelaure 246 Boulevard Saint-Germain
75007 PARIS

Madame la Ministre,

Dans la perspective de la prochaine Conférence des Parties à la CITES1 qui se tiendra à Bangkok du 3 au 14 mars 2013, nous vous écrivons au nom de la « Coalition Ours Polaires 2012 » que nous avons constituée afin de solliciter le soutien de la France en faveur de la proposition d’inscription de l’ours polaire à l’annexe I de la CITES.

Cette proposition, soumise par les Etats-Unis et soutenue par la Fédération de Russie, vise à accroître le niveau de protection de l’ours polaire dont il ne subsiste plus que 20 000 à 25 000 individus à l’état sauvage – dont 15 000 au Canada – en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et de ses parties.

Cette initiative s’appuie sur les constats suivants :


1) Les ours polaires sont gravement menacés par la perte de leur habitat due au changement climatique, ce qui provoque le déclin des populations sur la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce :

Le réchauffement climatique fait fondre la banquise arctique dont les ours polaires ont besoin pour se reproduire, creuser leur tanière et chasser, conduisant à un nombre plus élevé d’ours en mauvaise condition physique, à des portées plus restreintes, à un taux de survie des oursons plus faible ou encore à plus en plus d’incidents de cannibalisme et de noyades → 2/3 de la population globale de l’espèce aura disparu d’ici à 2050 selon les experts du US geological survey si des mesures urgentes de sauvegarde ne sont pas mises en œuvre.

2) Les ours polaires sont affectés par le commerce international, lequel représente la seconde menace principale à laquelle doit faire face l’espèce:

En dépit du déclin de plus de la moitié des 13 populations d’ours polaires qu’il abrite, le Canada est le seul pays de l’aire de répartition de l’espèce continuant à autoriser, chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive mais aussi le commerce international. En effet, en 2011, les parties de 441 ours polaires ont fait l’objet de transactions commerciales internationales.

L’existence d’un marché international pour cette espèce rare, listée comme ’vulnérable’ par l’UICN, encourage une demande en expansion, laquelle s’est traduite, ces cinq dernières années, par :

  • Une hausse de 375% du nombre de peaux d’ours polaires proposées aux enchères ;
  • Le doublement du prix d’achat – tant moyen que maximal- d’une peau aux enchères ;Une augmentation significative des quotas de chasse au sein de populations déjà fragilisées en dépit d’avis scientifiquesdéfavorables.Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes liées aux impacts du changement climatique, à l’augmentation des activités industrielles dans l’arctique, à l’exposition aux produits chimiques toxiques auxquelles les ours polaires sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle stimulée par le commerce international – devrait être stoppée immédiatement.

Sachez cependant que l’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES :

  • N’affectera pas le commerce domestique des ours polaires et de leurs parties ;
  • N’affectera pas la chasse de subsistance pratiquée par les peuples autochtones ;
  • N’affectera ni la pratique de la chasse sportive, ni le commerce international des trophées – En revanche, cetteinscription permettra de renforcer les procédures de contrôle encadrant l’exportation/l’importation de ces trophées en s’assurant que cette chasse a été menée de manière non préjudiciable au maintien de l’espèce.Alors que plusieurs Etats membres de l’Union européenne se sont d’ores et déjà positionnés en faveur de cette proposition, la France ne s’est, quant à elle, pas encore prononcée sur cette opportunité d’offrir à l’ours polaire le plus haut niveau de protection possible en interdisant le commerce international des peaux et des produits issus de cette espèce.Il est urgent d’œuvrer en faveur de la protection des ours polaires. C’est pourquoi la « Coalition Ours Polaires 2012 »que nous représentons, vous invite à soutenir la proposition visant à transférer l’ours polaire de l’Annexe II à l’Annexe I de la CITES et à promouvoir cette position auprès de vos homologues européens.En vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez à cette question, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’assurance de notre très haute considération.

Les membres signataires de la « Coalition Ours polaires 2012 »

Christophe Marie
Directeur du Bureau de Protection Animale
Fondation Brigitte Bardot

Charlotte Nithart
Directrice
Robin des Bois

Céline Sissler
Directrice France et Afrique francophone
IFAW

Reha Hutin
Présidente
Fondation 30 Millions d’Amis

Lamya Essemlali
Présidente
Sea Shepherd France

Franck Laval
Président
Ecologie sans Frontière

Muriel Arnal
Présidente
One Voice

Allain Bougrain Dubourg
Président
LPO (Ligue pour la Protection d des Oiseaux)

Antoine Comiti
Président
L214

Christophe Coret
Président
AVES France

Hélène Vaquier
Présidente
CRAC Europe

Pierre Athanaze
Président
ASPAS


1 CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction

Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre,

Veuillez trouver ci-joint la lettre rédigée et co-signée par 6 organisations non gouvernementales francaises et l’organisation Humane Society International.

L’objet de cette missive est de renforcer la protection internationale de l’ours polaire et de préparer la réunion qui aura lieu lundi 12 novembre 2012 entre la Commission Européene, l’Organe de gestion et l’Autorité Scientifique de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette réunion aura pour but d’établir un projet de décision sur les positions de la prochaine COP16.

En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à cette missive, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Manon Dene
Humane Society International
USA

Madame Delphine Batho
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
246 Boulevard Saint-Germain
75007 Paris, France

Jeudi 8 Novembre 2012

Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre de l’Ecologie,

Les Etats-Unis ont présenté une proposition, soutenue par la Fédération de Russie, afin de donner à l’ours polaire le plus haut niveau de protection en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette proposition, concernant le transfert de l’espèce de l’Annexe II à l’Annexe I, sera discutée lors de la réunion de la CITES à Bangkok, en Thaïlande, en mars 2013. L’objet de cette lettre est de solliciter votre aide en veillant à ce que la France soutienne cette proposition importante.

Le réchauffement climatique est en train de détruire la banquise, habitat de l’ours polaire, à un tel rythme que sa population devrait diminuer de deux tiers d’ici à 2050. Les ours polaires ne peuvent tout simplement pas survivre sans la banquise, d’où ils chassent le phoque, leur proie principale. Alors que les températures de l’Arctique ont augmenté, l’étendue de la banquise a diminué au cours de chaque saison durant ces 12 dernières années. L’étendue de la banquise arctique (calculée par un instrument de mesure à deux dimensions) a atteint en septembre son niveau le plus bas, ayant diminué de 40,3%, passant en moyenne de 8,67million km2 pour les années 1979-2000, à 5,18 millions km2 aujourd’hui. Le mois de septembre 2012 a battu le record de l’étendue la plus réduite de la banquise. L’épaisseur moyenne de la banquise est passée de 3,64 mètres en 1980 à 1,89 mètre en 2008, orchestrant une baisse de 1,75 mètre (48,1%) sur une période de 28 ans.

Les ours polaires des régions arctiques les plus au Sud ont déjà montré des signes de stress inquiétants. Des scientifiques canadiens ont publié des documents concernant l’impact de la diminution de la banquise sur la condition physique, la reproduction et la survie des ours polaires, y compris dans l’ouest de la Baie d’Hudson, le sud de la mer de Beaufort, le détroit de Davis et la baie de Baffin.

Non seulement les ours polaires doivent faire face à la grande menace que représente le changement climatique, mais ceux-ci sont également chassés afin d’approvisionner le commerce international, avec des tapis en peau d’ours polaires par exemple. Au Canada, 600 ours polaires sont licitement tués chaque année. Les membres et produits d’en moyenne 441 de ces ours polaires en provenance du Canada sont exportés chaque année. Le Groenland a également exporté des membres et des produits d’ours polaires à des fins commerciales jusqu’en 2008, date de mise en place d’un moratoire temporaire sur les exportations. En dépit de ce moratoire, le Groenland continue d’autoriser la chasse de 130 ours polaires par an, qui pourrait à l’avenir approvisionner le commerce international. Les principaux Etats consommateurs sont les États membres de l’Union Européenne et le Japon. Fort heureusement, les trois autres pays comprenant des ours polaires (les Etats-Unis, la Norvège et la Fédération de Russie) n’autorisent pas le commerce de membres ou de produits provenant de cette espèce.

En ce qui concerne le Canada, l’état des populations d’ours polaires continue de se détériorer. En 2009, le IUCN Polar Bear Specialist Group a déclaré que 7 des 13 populations sont en déclin, trois sont stables, une est en augmentation, et qu’il n’y a pas suffisamment d’informations pour déterminer le statut des deux autres. La seule population canadienne en augmentation est celle du détroit de M’Clintock, désormais protégée après une période de chasse excessive en attendant sa reconstitution. Pour autant, l’exploitation des autres populations en déclin, surexploitées et de plus en plus réduites continue d’être autorisée au Canada, incluant les populations composées d’environs 160 animaux seulement (Viscount Melville Sound et le bassin de Kane).

En effet, selon les experts des ours polaires, la plupart des populations du Canada a été surexploitée. Les chasses non soutenables d’ours polaires ont lieu ou ont récemment eu lieu dans au moins neuf sous-populations canadiennes, dont la baie d’Hudson, la baie de Baffin, le bassin de Kane, le sud la baie d’Hudson, le golfe de Boothia, le détroit de M’Clintock, le détroit du Vicomte de Melville, la baie Norvégienne et le détroit de Lancaster.

En raison de la complexité du système canadien responsable de la gestion de la faune, même si le gouvernement central recommandait une réduction des quotas à tuer, celle-ci serait rejetée par les gouvernements locaux. Cette situation s’est récemment produite lorsque le gouvernement central du Canada et le Groupe CSE / IUCN Polar Bear Specialist Group se sont opposés à un triplement du quota de chasse concernant la population de l’ouest la baie d’Hudson : le gouvernement local du Nunavut a rejeté ces préoccupations et a augmenté le quota qui était de 8- donc déjà considéré comme non durable- à 21. Un scénario similaire s’est produit pour la baie de Baffin lorsque, après avoir approuvé un quota de chasse annuel de près de 10% de la population, le Canada a finalement admis que cette action était préjudiciable et a interrompu les exportations pour cette population. Par conséquent, même le Canada a maintenant admis que le commerce de parties et de produits issus d’ours polaire est un facteur de déclin de l’espèce.

A partir de 2008, l’Union européenne a mis en place des suspensions d’importation pour les ours polaires de la baie de Baffin et du bassin Kane, des doutes étant apparus concernant les prélèvements durables; pour les mêmes raisons, la Pologne propose actuellement de suspendre les importations de l’UE pour les sous-populations du détroit de Lancaster, de la baie d’Hudson, du sud de la baie d’Hudson et du détroit de Davis.

La demande du marché concernant les peaux d’ours polaires s’est considérablement renforcée ces dernières années. La demande accrue fait monter les prix des peaux payées aux chasseurs, mais aussi le nombre des ours polaires tués, des quotas de prélèvement et des avances consenties aux chasseurs comme une incitation à chasser. Le prix des peaux d’ours polaires vendues à Fur Harvesters Auction Inc au Canada en 2012 ont plus que doublé par rapport aux prix obtenus en 2007. Le prix maximal des peaux est passé de 6.100 US $ en 2007 à 12.514 US $ en 2012. La moyenne des prix de peaux est passé de 2.079 US $ en 2007 à 5.211 US $ en 2012. Le nombre de peaux d’ours polaires mis aux enchères au Canada a triplé entre 2007 et 2012 : en 2007, 40 peaux ont été proposées contre 150 peaux en 2012. Des prix élevés sont payés pour obtenir des peaux d’ours polaires au détail. Le prix d’une peau d’ours polaire sur les principaux marchés en Russie et en Chine peut coûter jusqu’à 100.000US $ et 63.000US $ respectivement. La pression exercée sur les ours polaires ne cesse d’augmenter en raison de la hausse des prix et de la demande croissante de peaux. En avril 2011, il a été signalé que les chasseurs du Québec ont tué 12 fois le nombre d’ours polaires habituellement collectés dans le sud de la baie d’Hudson pendant l’hiver. Un examen complet de la saison de chasse a établi que 70 individus avaient été tués, ce qui représente plus de 17 fois le nombre habituel d’animaux exécutés. Plus récemment, les trois pays qui se partagent le sud de la baie d’Hudson ont convenu d’un quota de chasse commune de 60 ours par an, quota que la plupart des scientifiques spécialistes des ours polaires estiment non durable.

Néanmoins, nous sommes conscients que certains se demandent si l’ours polaire remplit les critères biologiques adoptés par les Parties de la CITES pour pouvoir inscrire cette espèce à l’Annexe I. Le critère déclare qu’il doit y avoir une baisse marquée de la population à l’état sauvage, définie à plus 50% sur trois générations, soit 45ans pour les ours polaires. Or, il est clair que compte tenu de la dernière prédiction scientifique selon laquelle les populations d’ours polaires vont diminuer de deux tiers d’ici à 2050, le critère est rempli.

Nous devons faire tout en notre pouvoir pour s’attaquer aux facteurs qui menacent la survie des ours polaires. Cela comprend l’élimination du commerce international de cette espèce en inscrivant l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES. Poursuivre le commerce international de l’ours polaire est une menace importante qui aggravera les effets dévastateurs engendrés par le changement climatique. Interdire le commerce international de l’ours polaire est une mesure de conservation préventive efficace que la communauté internationale peut mettre en œuvre immédiatement, alors que la réduction de l’impact du changement climatique sur l’espèce s’étendra sur de nombreuses décennies.

Nous vous incitons donc à soutenir la proposition américaine de transférer l’ours polaire à l’Annexe I.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Christophe Marie – Fondation Brigitte Bardot
Christophe Coret – Association AVES France
Charlotte Nithart – Robin des Bois
Reha Hutin – Fondation 30 millions d’amis
Lamya Essemlali – Sea Shepherd France
Muriel Arnal – One Voice