10 associations lancent une pétition pour l’interdiction des grenailles de plomb en France.

NE LAISSONS PAS LA NATURE ET NOTRE SANTÉ SE FAIRE PLOMBER PAR LA CHASSE.

Frédéric Daniel, le responsable du dossier blaireau de l’association AVES France, travaillait depuis plusieurs mois sur cette pétition qui demande l’interdiction des grenailles de plomb en France.

Une interdiction a déjà été prise contre les munitions au plomb dans les zones humides, mais ce n’est pas suffisant. Chaque année en France 8.000 tonnes de grenailles de plomb issus de millions de cartouches de chasse sont éparpillées dans la nature.

Signez la pétition !Pétition Plomb Nature

Et ailleurs ? Quelle réglementation ?

En Europe, la plupart des pays du nord ont légiféré sur la grenaille de plomb dans les années 90 : Danemark, Pays-Bas, Finlande et Norvège ont instauré une interdiction totale, Belgique Suède et Lettonie, une interdiction partielle. La Suisse, le Royaume-Uni, l’Espagne, Chypre, Israël et la Russie ont limité ou supprimé la grenaille de plomb. En France, l’interdiction de l’utilisation des cartouche au plomb dans les zones humides semble peu respectée, en dépit de la réglementation.

Des substituts moins toxiques ou non toxiques existent. La grenaille d’acier semble la solution idéale du point de vue environnemental.

Nous demandons que la vente et l’utilisation des munitions au plomb soit interdite en France, ceci en application du principe de précaution en raison la forte toxicité de ce métal.

Pour signer la pétition, rendez-vous sur le site créé par AVES France spécialement dédié à cette action :
https://www.petition-plomb-nature.fr/

Signataires : AVES France, Nature et Humanisme, ASPAS, Convention Vie et Nature, Collectif du 21 Septembre (AOC), Meles, Collectif Animalier du 06, ANIMAL CROSS, Pôle Grands Prédateurs, Nature Midi-Pyrénées.

3ème RDV organisé par CAP (Convergence Animaux Politique) – La protection des animaux sauvages

Mercredi 16 mai 2018 s’est tenue la troisième rencontre organisée par CAP – Convergence Animaux Politique, collectif qu’AVES France a rejoint en 2017.

36 parlementaires étaient présents ou représentés pour cette nouvelle rencontre entre associatifs, députés et sénateurs.

Catherine Helayel (AJD – Association Animal Justice et Droit) a ouvert cette rencontre en parlant du statut de l’animal sauvage, puis Jean-Philippe Olivier (Animal Cross) et Christophe CORET (AVES France) ont exposé la situation actuelle de l’ours brun dans les Pyrénées.

Madline Reynaud a ensuite parlé de la grande et de la petite vénerie pour l’ASPAS Association pour la protection des animaux sauvages, soutenue par Gérard Martin de la CVN – Convention Vie et Nature. Enfin, François Darlot du RAC a argumenté en faveur du dimanche sans chasse

Le député Bastien Lachaud a présenté sa proposition de loi visant à interdire la chasse à courre qu’il a déposée en janvier.

Le député Loïc Dombreval a présenté le travail du groupe d’études condition animale qu’il préside à l’Assemblée nationale.

CAP fait un travail formidable pour soutenir nos associations et nous permettre d’avoir des échanges directs ou indirects avec nos élus. Aussi, si vous souhaitez leur apporter votre aide, vous pouvez leur faire un don ou acheter un badge ou un bracelet de la collection Origami dans notre boutique Bearz.

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Lettre ouverte à Nicolas Hulot à propos du statut juridique du blaireau européen

Monsieur le Ministre d’Etat,

Par le biais de cette lettre ouverte, nous avons l’honneur d’attirer votre haute attention sur la situation du blaireau européen (Meles meles) dans notre pays, nous faisant l’écho de l’indignation d’un nombre considérable de nos concitoyens.

Cet animal fait l’objet d’une chasse cruelle et injustifiée. Le blaireau est chassé principalement par déterrage, un mode de chasse particulièrement inhumain de par la cruauté et l’extrême violence qui ressort de sa capture et de sa mise à mort. Des chiens sont introduits dans les galeries et les animaux capturés sont extirpés de leur terrier, attrapés avec des pinces métalliques et mis à mort à l’aide d’un poignard. Les petits, eux, sont généralement donnés en pâture aux chiens.

La vénerie sous terre n’existe pratiquement plus qu’en France, tous les pays d’Europe occidentale l’ont interdite en raison de sa brutalité.

Nous attirons votre attention sur une pétition créée en janvier 2016 qui rassemble aujourd’hui près de 124.000 signataires. Cette pétition en ligne qui vous est adressée demande le classement du blaireau en espèce protégée. Celle-ci est soutenue par de nombreuses associations de protection animale ou de l’environnement. Ce grand nombre de signataires est révélateur de la contestation citoyenne d’une pratique barbare qui n’est rien d’autre qu’un loisir pour certains chasseurs, et devenue aujourd’hui inacceptable dans la conscience collective. Le blaireau est strictement protégé dans la plupart des pays européens : Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal. Il est également totalement protégé dans notre pays dans le département du Bas-Rhin depuis 2004 sans que cela ne pose de problème.

L’arrêté du 17 février 2014 modifiant l’arrêté du 18 mars 1982 relatif à l’exercice de la vénerie sous terre vise à renforcer l’encadrement de ce mode de chasse. Pourtant, des comportements peu acceptables sont régulièrement rapportés, comme par exemple la poursuite des opérations de déterrage lorsque la présence dans le terrier d’une espèce protégée est constatée ou l’application de méthodes de mise à mort des blaireaux adultes et juvéniles que l’on peut considérer comme relevant de la torture. Ces faits sont des manquements graves aux prescriptions du nouvel arrêté et sont, le cas échéant, passibles de sanctions comme le prévoit l’article 521-1 du code pénal qui punit de peines correctionnelles le fait d’exercer des actes de cruauté à l’encontre d’un animal captif.

Cependant, au-delà des considérations éthiques, cet animal est en voie de raréfaction dans de nombreux départements. Selon le rapport de l’ONF (20/01/2008), le blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction (2,3 jeunes par femelle et par an), et sa dynamique de population est influencée par diverses activités humaines telles que les infrastructures routières qui favorisent les collisions, le braconnage et la disparition progressive de son habitat, alors que la moitié des individus ne dépasse pas l’âge d’un an… Pourtant, malgré une mortalité annuelle très importante, des décisions préfectorales arbitraires autorisent sa chasse lors des périodes de dépendance des jeunes et cela sans aucun fondement scientifique. Ces décisions sont prises avec l’appui des Fédérations de chasse, pour être appliquées à une époque où les chasseurs n’ont plus rien à chasser, à part les battues administratives du sanglier, et semblent ainsi combler une demande cynégétique.

L’application des périodes de chasse complémentaires (du 15 mai au 15 septembre) est laissée à l’appréciation des préfets. C’est ainsi que chaque année en moyenne 70 préfectures autorisent ces périodes de chasse complémentaire du blaireau dans leur département. C’est précisément ce pouvoir de décision laissé aux préfets qui crée une dérive intolérable, faute de disposer d’un encadrement réglementaire et législatif strict.

Ainsi, pour justifier la chasse du blaireau européen, les préfets invoquent des motifs pour le moins contestables qui laissent perplexes les spécialistes de la nature. Le problème de la tuberculose bovine, dont le blaireau peut être porteur est régulièrement apporté pour justifier sa chasse. Les milieux scientifiques ont démontré clairement qu’il n’existe pas de foyer bactérien tuberculinique au sein de la faune sauvage ; sa contamination vient à la base des élevages concentrationnaires bovins qui sont responsables d’avoir implicitement porté Mycobacterium bovis au sein de la faune sauvage par le biais de pratiques irresponsables. Outre la mise en oeuvre de mesures de biosécurité drastiques qui sont essentielles dans les secteurs concernés par la maladie, des solutions sont à trouver pour aider les éleveurs à faire face à la difficulté prophylactique de mise en place de la vaccination des cheptels bovins pour combattre la propagation de la maladie.

En ce qui concerne le comportement de certains chasseurs de grand gibier comme le chevreuil et le cerf, qui ont pris l’habitude de vider et laisser sur place des viscères d’animaux potentiellement infectés dont se nourrissent d’autres espèces sauvages, ces pratiques contribuent à favoriser la dispersion de la tuberculose bovine (estimation de 5000 tonnes par an en France sur les bases des prélèvements statistiques de l’ONCFS).

Lorsqu’un projet a une incidence sur l’environnement, la loi impose aux préfectures de recueillir l’avis des citoyens et des associations qui souhaitent s’exprimer sur le sujet. Cette volonté de souci démocratique semble cacher un mépris total pour la contestation citoyenne comme en témoigne, par exemple, le résultat de la consultation publique de la préfecture de l’Oise qui prévoyait d’autoriser le piégeage et le tir de nuit du blaireau pour l’année 2017 pendant 5 mois sur 124 communes de ce département, et la synthèse qui en a résulté où 1220 avis défavorables argumentés avaient été émis, soit 77% des avis recueillis. Le projet d’arrêté avait tout de même été adopté. Les éléments de réponse apportés par la préfecture sur la synthèse de cette consultation publique manquaient d’objectivité et de rigueur scientifique et dénotaient un point vue exclusivement cynégétique, n’apportant finalement pas de réponses satisfaisantes sur les avis défavorables émis.

Les décisions finales prises par les préfectures sur le sujet du blaireau sont contraires au maintien dans un état de conservation favorable des populations de l’espèce et sont tout autant opposées aux volontés démocratiques de l’immense majorité de nos concitoyens.

Ces dernières années, malgré une contestation importante, plusieurs départements ont pris des mesures de destruction massive du blaireau. Sur ce sujet, la conclusion du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) publié le 13 juin 2016 intitulé « La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage » est très claire : « Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage.» Ce conseil scientifique préconise notamment la vaccination des animaux dans les secteurs concernés par la bactérie. Une méthode qu’elle juge «prometteuse» et qui pourtant n’est pas proposée en France. Les scientifiques ont en outre constaté en Grande Bretagne que l’abattage de blaireaux sains et malades était contre-productif. En effet, les blaireaux éliminés d’un territoire sont remplacés par d’autres venant d’autres secteurs où la bactérie est potentiellement présente, contribuant ainsi à propager la maladie.

Nous rappelons également que les périodes choisies pour ces abattages — tout comme les périodes complémentaires de chasse du blaireau — sont en contradiction avec  l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, selon lequel « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au moment des périodes complémentaires de chasse du blaireau comme l’a démontré une étude dénommée « Contribution à l’étude de la reproduction des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France» réalisée par Virginie Boyaval, éthologue sur le blaireau : « […] au mois de mai, juin, juillet, les blaireaux juvéniles ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum. La destruction des blaireaux débutant généralement à partir de la mi-mai, compromet le succès de reproduction de l’espèce. La destruction des mères allaitantes, laisse de nombreux orphelins incapables de survivre seul ».

De plus, l’année 2017 aura été une année noire pour les blaireaux et les petits. Non seulement, nous avons constaté des naissances extrêmement tardives en raison d’un hiver très sec et les petits sont nés juste avant une période très chaude et sèche. Cette sécheresse a provoqué un manque de nourriture évident (vers de terre, source de nourriture principale des mères allaitantes) et des maladies parasitaires internes, provoquant une mortalité importante.

En ce qui concerne les dégâts aux cultures qui lui sont imputés, ils sont bien souvent en réalité causés par le sanglier. Les Fédérations de chasse tiennent souvent le blaireau pour responsable des dégâts, pour lesquels elles n’ont pas à indemniser les agriculteurs quand ils sont le fait du blaireau. Il faut de plus préciser que compte tenu de la faible densité des populations de blaireaux et de la taille de cet animal, les dégâts constatés, lorsqu’ils sont réellement le fait du mustélidé, ne peuvent être que minimes. Sur ce point, des méthodes comme l’utilisation de répulsifs ont montré leur efficacité. Nous précisons également que le blaireau est un animal utile qui a toute sa place dans un écosystème équilibré. Il joue un rôle sanitaire indéniable en contribuant à éviter la propagation de maladies par l’élimination des cadavres d’animaux sauvages, il évite aussi la prolifération des larves de hannetons, nids de guêpes, limaces et autres campagnols, compensant largement les déprédations de cultures. Cet animal est donc un précieux allié de l’agriculteur.

Rappelons que c’est après avoir découvert des estomacs de blaireaux remplis de vers blancs que Robert Hainard, un célèbre naturaliste suisse, a convaincu la commission genevoise (Suisse) de la chasse de sortir le blaireau de la liste des nuisibles.

Le respect d’un engagement international tient de l’honneur d’un pays. Pourtant, s’agissant de la conservation de la vie sauvage, les lois et règlements ne sont pas à la hauteur de ce qui a été signé et ratifié dans le cadre du Conseil de l’Europe. En effet, l’application de ces périodes complémentaires de chasse, que nous estimons inconsidérées, sont en contradiction avec le statut juridique du blaireau qui, pour rappel, est classé en annexe III de la Convention de Berne. D’après le texte de celle-ci, la France, en tant que partie à la convention, devrait prendre les « mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III » (article 7). Cela passe notamment par l’obligation de « maintenir l’existence de ces populations hors de danger ». Ce classement impose clairement à la France de ne pas porter atteinte à l’espèce. Pourtant, le volume d’étude en matière de référencement des terriers et des effectifs est quasi inexistant. Cet état de fait met bien en exergue une gestion cynégétique de l’espèce… D’après les estimations des associations de protection de la nature, qui s’inquiètent de la disparition progressive du mustélidé dans plusieurs régions, il resterait environ 150 000 individus, dont 10 000 sont braconnés chaque année et 30 000 sont victimes de la circulation routière. Pourtant, en 2011, le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement rappelait : « Cette espèce a une dynamique de population relativement faible et risquerait de disparaître à court terme en cas de pression de destruction trop forte.» (publié dans le JO Sénat du 07/04/2011 – page 882). En résumé, sur le sujet du blaireau, et dans les faits, la France est en infraction notoire.

Nous rappelons l’engagement du Président de la République, M. Emmanuel Macron — alors candidat aux élections présidentielles — à prendre des mesures visant à protéger les espèces lors des périodes critiques. Dans un entretien accordé à la Ligue de Protection des Oiseaux, à la question suivante : « Que propose Emmanuel Macron pour interdire la chasse des mammifères en période de dépendance des jeunes ? » M. Macron a répondu : « D’une façon plus générale, il est fondamental que les dates de chasse soient fixées en dehors des périodes de fragilité particulière des espèces. […]». La période de dépendance des jeunes s’inscrit bien entendu pleinement dans ce cadre de « période de fragilité des espèces ». Cet engagement vaut parole d’honneur, la promesse du Président de la République ne doit pas rester sans suite.

Ainsi que nous l’avons démontré précédemment, l’éventuelle objection d’une mise en espèce protégée du blaireau sous couvert de difficultés quelles qu’elles soient ne saurait être justifiée en raison des solutions qu’il est possible d’y apporter.

Nous souhaitons que les prescriptions du Code de l’environnement et de la Convention de Berne soient respectées.

Il apparaît désormais clairement que le statut juridique de cette espèce doit être reconsidéré. Concrètement, nous vous appelons à prendre des mesures de mise en protection stricte du blaireau européen.

En attendant, nous souhaiterions nous entretenir avec vous pour évoquer la reconsidération du statut juridique de cet animal à l’heure et au jour qui vous conviendront le mieux.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre d’Etat, l’expression de notre haute considération.

Frédéric DANIEL, auteur de la pétition sur change.org

et les associations signataires de cette lettre ouverte :

Pierre ATHANAZE, Président d’ANRF
Action Nature Rewilding France

Hubert BASLE,
Membre de Nature Midi-Pyrénées

Virginie BOYAVAL,
Présidente de Meles

Gérard CHAROLLOIS, Président de la CVN
Convention Vie et Nature

Christophe CORET,
Président d’AVES France

Marc GIRAUD, Porte-parole de l’ASPAS
Association pour la protection des Animaux sauvages

Jacques LUCBERT,
Président d’Indre Nature

Mariette Vanbrugghe, Présidente du GDEAM-62
Groupement de Défense de l’Environnement de l’Arrondissement de Montreuil/mer

Samedi 1er octobre 2016 : grande manifestation contre la chasse à Paris

Samedi 1er octobre 2016, AVES France sera présente pour cette grande manifestation contre la chasse.
Nous espérons que vous y serez nombreux à venir discuter avec nous !

Le Collectif du 21 septembre (75 associations), rejoint par Sea Shepherd, la Fondation Brigitte Bardot et One Voice, organise une grande manifestation pour en finir avec la chasse et le piégeage.

La chasse est un divertissement mortifère pratiqué par moins de 1,5 % de la population. Pourtant, chaque année, ce sont 30 millions d’animaux 1 qui sont abattus par les pratiquants de ce loisir ! Les chasseurs français, tuent tous les ans 25 millions d’oiseaux2, soit le quart du tableau de chasse européen !

Nous devons en finir avec ce loisir qui, bien que pratiqué par moins d’un million de personnes, s’impose 7 jours sur 7 pendant des mois (plus longue période de chasse en Europe !).

Chaque année, des randonneurs, ramasseurs de champignons, vététistes, agriculteurs sont blessés ou tués par des chasseurs. Cela sans que les pouvoirs publics ne prennent la moindre mesure :

  • Pas de limite d’alcoolémie pour les chasseurs
  • Pas de visite médicale, donc de contrôle de la vue, pour ces personnes qui se servent pourtant de leur arme dans des milieux fréquentés par d’autres usagers de la nature ! Cette mesure est pourtant obligatoire pour les tireurs sportifs qui pratiquent leur loisir dans des enceintes sécurisées…
  • La France est le seul pays d’Europe où la chasse est pratiquée pendant les deux jours du week-end. Le seul également où la chasse est ouverte tous les jours de la semaine !

Les chasseurs tentent par une imposture intellectuelle, de justifier la pratique de la chasse comme étant une indispensable « régulation » des espèces :

  • L’alouette, la bécasse ou la sarcelle ont-elles besoin de régulation ?
  • Des espèces menacées de disparition (Grand tétras, tétras lyre ; lagopède, etc…) sont toujours chassées en France !
  • Chaque année, 20 millions de faisans, perdrix et autres animaux « de tirs » sont lâchés par les sociétés de chasse pour être abattus quelques jours après. Est-ce là de la régulation ou un jeu de massacre ?
  • Les chasseurs ont multiplié par 10 en 35 ans les populations de sangliers dont ils entretiennent la
    surpopulation pour satisfaire leurs adhérents ou actionnaires.
  • Ils pourchassent souvent avec force cruauté les prédateurs naturels qu’ils considèrent comme des
    concurrents: mustélidés, renards (un million d’animaux tués/an), le loup et le blaireau provoquant ainsi des
    déséquilibres extrêmement préjudiciables à la biodiversité.

Des solutions simples peuvent être mises en place pour cohabiter intelligemment avec la faune de notre pays qui subit les contraintes du développement continu des activités humaines. Ces solutions peuvent nous permettre d’en finir avec ce loisir d’un autre âge, pour le respect du vivant et pour que chaque citoyen puisse bénéficier de la nature sans craindre de se faire tirer dessus, nous manifesterons :

Le 1er octobre de 10h à 13h, Place Joachim Bellay (Paris 1er)
La manifestation sera accompagnée de stands associatifs et de restauration sur place.

Elle sera suivie de la projection du film de Kate Amiguet : Chasseur, tueur, imposteur ?
Salle Jean Dame à 14h30 (entrée à 14h). Il sera suivi d’un débat avec la réalisatrice, Gérard Charollois (président de la CVN auteur du livre « Pour en finir avec la Chasse) et Pierre Athanaze (Président d’Action Nature, auteur du « Livre noir de la chasse)

Contact presse : Pierre ATHANAZE 06 08 18 54 55
Kate AMIGUET 00 41 079 441 71 71
Liste des associations du Collectif du 21 septembre : 269 LIFE FRANCE, Acta Antispécisme (ou Acta Gironde), Ambassade des Pigeons, Action Nature Rewilding France, AEC, Animal Cross, AEP, Animalsace, Animalibre, APIE ( Association de Protection et d’Initiation à l’Environnement), Association du Collectif Animalier du 06, Association Sauvegarde du Château de Flée, AVES France, AVF (Association Végétarienne de France), AVRE, Bio Vivre en Brie, Brouillard Définitif, CAUSA, C’est Assez, C’Topoil, CCE2A (Collectif Contre l’Expérimentation et l’Exploitation Animales), CHAMADE (CHaumière et Médiation Animalistes), C.H.A.N.T (pour une Cohabitation Harmonieuse avec les autres Animaux et la Nature sur Terre), CNPA (Collectif Nantais Pour les Animaux), Collectif Société Anti Fourrure, Combactive, CHATEAU de FLEE; Monument historique,C.RÉ.DO. Pigeons et Protection Animale, CREL (Club de Reconnaissance et d ‘Entraide aux Lévriers), CVAAD, CVN (Convention Vie et Nature), DDA (Droits des Animaux), Droit des Animaux Sud, Dignité Animale, Entre Chiens et Loups, Groupe d’Actions Animales Moselle, Guadeloupe Animaux, F.G.N. (Fées Gardiennes de la Nature), GREEN, Humanimo, INFO VEGANE, Initiatives Terre, Jack et Jessie Protection Animale, la fondation M.A.R.T. (Mouvement pour les Animaux et le Respect de la Terre), La Griffe, La Voie de l’Hirondelle, La Tribu de Sapeur, L’arche de Valudo, Le Klan du Loup, Les désobéissants, L214, Laissons Leur Peau Aux Animaux (LLPAA),Les compagnons de Freya, Ligue Universelle pour la Nature et les Animaux, Les 3 a, Les Crins Verts, Liberté Egalité Animale 49 , Matoucoeur, MFP (Mission Française pour Singes en Danger), Mouvement pour la Cause Animale, Oïkos Kaï Bios, Oiseaux Nature, Patacha, Point Info Loup Lynx, RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), Protection Faune Sauvage Sedan, RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), Respectons, Initiatives Terre, Refuge “Ame’Ni’Maux”, Refuge « Amis des Bêtes », Sauvetage et Chats en Détresse, Secourisme Animalier, SSA49, SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), Stop Souffrances Animales 49, Vigilance Citoyenne pour le Pâtis, Wolf Eyes Asbl .

Consultation publique : ne laissons pas Ségolène Royal tuer encore plus de loups !

URGENT : du 11 février au 3 mars 2016, le Ministère de l’écologie et du développement durable lance une consultation publique portant sur le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016.

Nous sommes convaincus qu’une nouvelle fois, l’Etat mettra en place sa folie destructrice quel que soit le résultat de cette consultation citoyenne, l’opinion publique ayant déjà été largement méprisée lors de la précédente consultation sur le sujet. Cependant, nous ne pouvons pas laisser la voie libre aux assassins de la nature et il faut donc nous mobiliser à nouveau. Ce gouvernement lave plus vert en faisant entrer des « écolo-opportunistes » dans ses rangs, après avoir pavoisé suite à la COP21. Ce projet d’arrêté montre pourtant bien son mépris — et celui des préfets — pour la nature !

Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour le loup lors de la précédente consultation publique, mais aussi lors des manifestations organisées par les associations début 2016. Continuons ! Faisons-nous entendre !

Soyez nombreux à dire NON AUX TIRS DE LOUPS sur le site http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-un-nombre-supplementaire-de-a1254.html?id_rubrique=2 ! (jusqu’au 3 mars 2016)

Envoyez également des tweets à @RoyalSegolene pour lui dire #StopTirsLoups.

Soyons unis contre ce projet d’arrêté « naturicide ».


Ce que dit le texte de l’arrêté :

« L’arrêté du 30 juin 1015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fixe à 36 le nombre de loups pouvant être détruits (entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016). A l’heure actuelle 34 loups ont été détruits. Même si depuis le 23 décembre 2015, les préfets ont suspendu toutes les autorisations de tirs de prélèvement (date à laquelle le nombre de loups détruits était déjà de 34), il est vraisemblable que le seuil de loups pouvant être prélevés puisse être atteint à court ou moyen termes avant le 30 juin 2016. Si ce plafond de 36 loups venait à être atteint, toutes les autorisations de tir pour assurer la protection des troupeaux seraient alors interrompues ; les éleveurs seraient alors dans l’impossibilité de défendre leur troupeau en particulier par la mise en œuvre des tirs de défense.

Dans ce contexte, le présent projet d’arrêté propose donc de relever le seuil de prélèvement au cours de la période 2015/2016 pour la mise en œuvre des seuls tirs de défense. Cet arrêté n’entrera en vigueur que si le plafond initial de 36 loups détruits est atteint.
Six loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) supplémentaires pourront ainsi être prélevés, sur autorisation des préfets. »


Voici quelques éléments pour vous aider à construire votre réponse argumentée (vous n’êtes pas obligés de tous les reprendre). Attention, l’administration ne prend en compte que les commentaires qui ont été personnalisés. N’oubliez donc pas d’ajouter quelques phrases de votre « cru ».

  • Il faut rappeler que le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), composé de scientifiques compétents en la matière, a récemment donné un avis défavorable sur l’augmentation du quota de loups à supprimer. C’est un avis purement consultatif, mais le gouvernement doit le prendre en considération… et pas seulement pour le loup !
  • Rappelons également, ce n’est pas du luxe, que le loup est protégé par la Convention de Berne, la convention Habitats et figure sur la Liste rouge des espèces menacées en France.
  • Dans un contexte post-COP21 où la France a clairement dit son intention de protéger l’environnement, cette décision d’augmenter le quota de tirs de loups est totalement contraire à ce qui a été affirmé il y a quelques mois.
  • Le nombre de loups en France a baissé entre 2014 et 2015 (chiffres de l’ONCFS) ; ces tirs mettent encore plus en péril la population de cette espèce protégée, qui demeure très fragile. Le collectif Cap loup comptabilise d’ailleurs 41 animaux tués ! Un seul noyau reproducteur est constaté en France, comment parler de « prolifération » (terme scientifiquement erroné qui plus est) dans ce cas ? Enfin, le loup est loin d’avoir recolonisé tout son territoire.
  • Les tirs ne sont pas une solution sur le long terme. Une meute privée de l’un de ses membres s’en trouve désorganisée. Cela augmente donc considérablement les risques d’attaques de loups isolés. Seuls les moyens de protection permettent une cohabitation durable.
  • Les moyens de protection ne sont pas appliqués partout par tous les éleveurs, loin s’en faut. Certaines associations ont produit des vidéos montrant clairement des troupeaux non protégés. Les éleveurs doivent d’abord s’occuper de la protection de leur cheptel avant d’envisager un quelconque tir de défense.
  • Les tirs sont par ailleurs susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités. En effet, comment contraindre un éleveur à mettre en place des moyens de protection si on élimine les prédateurs de son secteur  ? Le raisonnement est illogique.
  • En prenant en compte tous les cas de mortalité connus, au moins 41 loups ont déjà été tués en France pour la période 2015-2016, le plafond de 36 est déjà largement dépassé depuis début décembre. Il est urgent de mettre un terme à ces abattages scandaleux.
  • Entre 2014 et 2015, le nombre d’attaques sur les troupeaux imputées au « loup non exclu » a augmenté de 4%, et le nombre de brebis indemnisées a augmenté de 2%. N’oublions pas que, par facilité et complaisance, les attaques de brebis qui ne sont pas dues au loup sont tout de même indemnisées, au bénéfice du doute.
  • L’Etat devrait mettre d’autres moyens en oeuvre pour aider les éleveurs (accompagnement technique, vérifications et suivi des moyens de protection sur les terrain (pour la mise en place de clôtures dignes de ce nom), aide systématique d’un spécialiste de l’éducation des patous, méthodes expérimentales ou peu utilisées comme les fladrys, effarouchements lumineux, etc.). La seule réponse de l’Etat, c’est la création de brigades anti-loups, un scandale !
  • Il est évident que si les éleveurs refusent d’assurer une protection efficace de leur troupeaux, les attaques de loups se poursuivront car les plus mortelles ont toujours été observées sur les troupeaux peu ou pas protégés ! (constatation récemment reprise par la préfecture de l’Isère).
  • Ce projet ne permettra certainement pas aux éleveurs de continuer à exercer leur profession sereinement. Il encouragera davantage le braconnage et mettra en péril la biodiversité de notre pays, et patrimoine commun.

Roumanie : la révolte des bergers qui protègent leurs troupeaux !

S’il y a un pays — que je connais bien — où la cohabitation entre le pastoralisme et la faune sauvage ne pose pas (ou peu) de problème, c’est bien la Roumanie !

Pour y avoir vécu plusieurs années et y avoir rencontré des bergers — ou, devrais-je dire, de vrais bergers, ceux qui gardent encore leurs troupeaux — je peux témoigner que ce pays européen avait de quoi être montré en exemple sur les rapports entre les bergers et les grands prédateurs. S’il y aurait beaucoup à dire sur d’autres sujets, là, pour le coup, les roumains avaient des leçons à nous donner !

Car si, en France, une poignée d’éleveurs fait la loi et obtient le droit de vie et de mort sur les quelques grands prédateurs — pourtant protégés — qui peuplent encore nos forêts et nos montagnes (notre poignée d’ours, de lynx et de loups), en hurlant à qui veut l’entendre que la cohabitation est « IM-POS_SIBLE ! », c’est loin d’être le cas en Roumanie.

J’y ai rencontré des bergers qui m’expliquaient que la protection des troupeaux, c’était leur métier ! Que bien sûr des ours et des loups s’approchaient, mais qu’ils étaient là pour les chasser, que leur simple présence faisait fuir les prédateurs.

Il y a pourtant des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes également dans ce pays d’Europe de l’Est ! Peut-être parce qu’il y a toujours eu des prédateurs et, qu’en tout temps, il a fallu partager le territoire avec eux, COHABITER, il y a eu une transmission entre les générations de bergers et il y a encore aujourd’hui une fierté à protéger le troupeau.

Il y a aussi le fait que beaucoup d’élevages sont dédiés à la fabrication du fromage. Telemea, Caș, Cașcaval, Urdă, brânză de burduf… autant de fromages qui nécessitent une traite plusieurs fois par jour. La vie de la « stână » est rythmée par une véritable vie pastorale, par les troupeaux qui partent le matin, conduits par des bergers et leurs chiens, puis qui rentrent pour la traite avant de passer la nuit en pleine nature, mais parqués et sous la surveillance à la fois humaine et canine ! Oui, voilà comment on élève des brebis dans une zone à prédateurs. Et si tout n’est pas rose en Roumanie, j’ai vu ces bergers. Je les admire. Ceux qui crient au loup, chez nous, en France, feraient bien de s’en inspirer !

Mais, un jour, cette belle image s’est assombrie.

Les bergers, mécontents, sont entrés dans Bucarest, la capitale de la Roumanie !

Après les révoltes paysannes de 1907, voici les bergers roumains à nouveau dans la rue. Je vous rassure, rien à voir… à part le fait qu’ils comptent bien se faire entendre par le gouvernement ! A l’appel de plusieurs associations d’éleveurs, ils ont organisé une manifestation mardi devant le parlement pour s’opposer à une modification de la législation qui devait limiter le nombre de chiens de protection, sous peine de devoir payer une amende allant jusqu’à 1500 lei !

La loi prévoyait un seul chien en plaine, deux chiens en zone de collines et 3 dans les montagnes ! Mais qui est derrière cette loi ? Les chasseurs en premier plan !

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« Inițiatorii legii au preluat, practic, argumentele vânătorilor, şi anume că prea mulți câini la stâne afectează animalele sălbatice, dar și turismul și vânătoarea. » Liviu Dragnea.

« Les initiateurs de cette loi ont repris les arguments des chasseurs, qui disent qu’un nombre trop élevé de chiens sur les estives affecte la faune sauvage, mais également le tourisme et la chasse. »

Une association ornithologique a également appelé à la limitation du nombre de chiens pour garder les troupeaux, estimant que ceux-ci sont mal nourris et qu’ils fuguent, redeviennent sauvages, se reproduisent et s’attaquent aux oiseaux qui pondent au sol, mais aussi aux grands mammifères. Plutôt que d’empêcher les bergers de protéger correctement leurs troupeaux, ce qui conduirait à une situation analogue à notre dramatique exemple français qui consiste à abattre les grands prédateurs plutôt que de protéger les moutons, trouvons d’autres solutions !

Il est vrai que les chiens de bergers sont souvent considérés comme des outils de travail, que le suivi vétérinaire n’est pas toujours suffisant et qu’ils ne sont pas nourris avec des croquettes Premium vendues à prix d’or. Justement parce qu’ils doivent les nourrir, les bergers n’ont aucun intérêt à avoir plus de chiens que nécessaire ! Laissons-leur gérer cela eux-mêmes. Par contre, peut-être le gouvernement pourrait-il légiférer sur un encadrement de la reproduction des chiens, un puçage obligatoire des animaux, un suivi vétérinaire régulier (à noter que les chiens sont déjà tous suivis gratuitement pour la vaccination anti-rabique, chaque année).

Après des affrontements devant le Parlement, il semble que le gouvernement ait reculé et que les sanctions financières à l’encontre des bergers trop bien protégés soient abandonnées…

Quant aux chasseurs qui s’estiment en compétition avec les chiens des bergers, peut-être pourraient-ils commencer par déclarer leurs prises et mettre un terme au braconnage… parce que malheureusement, cela aussi j’ai pu l’observer lorsque j’ai vécu en Roumanie.

http://www.romanialibera.ro/actualitate/eveniment/protest-al-crescatorilor-de-oi–in-fata-parlamentului-402176

Consultation publique en Saône et Loire : manifestez-vous !

Merci à Philippe Charlier pour sa veille infatigable !

Belote et rebelote en Saône et Loire, La direction départementale des territoires (DDT) organise une consultation du public sur un projet d’arrêté concernant les interventions administratives par les lieutenants de louveterie sur certaines espèces : renards, corbeaux freux, corneilles noires. En même temps, certaines communes du département sont envahies de campagnols.Cherchez la logique…

Vous avez jusqu’au 20 avril pour envoyer vos argumentaires :

ddt-env-mnb@saonet-et-loire.gouv.fr

ou DDT/Service Environnement 37, boulevard Henri-Dunant CS 80140 71040 Mâcon Cedex.

Ces interventions, c’est à dire mises à mort des animaux, s’étaleraient jusqu’au 19 septembre 2015 avec reconduction pour la période du 1er mars 2016 au 17 septembre 2016.

A vos claviers !

Lettre ouverte : le prosélytisme de la chasse dans les écoles publiques

À Crest, le 12 février 2015

Madame la Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie
Mme Ségolène Royal
Hôtel de Roquelaure
246 Boulevard Saint-Germain
75007 PARIS

 

Objet : Le prosélytisme de la chasse dans les écoles publiques

Lettre ouverte

Madame la Ministre,

Notre collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! », qui réunit plus de cinquante associations naturalistes, de protection de l’enfance, mais aussi des psychologues, des enseignants, des parents d’élèves, des écrivains jeunesse, des syndicats, des structures d’éducation à l’environnement… tous opposés à la présence des chasseurs dans l’école de la République, souhaite attirer votre conscience attentive sur les faits suivants.

Une convention est sur le point d’être signée entre la Fédération nationale des chasseurs, la Fédération nationale des pêcheurs et les Ministres de l’Écologie et de l’Éducation Nationale reconnaissant aux chasseurs la légitimité d’intervenir auprès des élèves des écoles primaires, afin de leur dispenser un enseignement visant leur éducation au développement durable, à la biodiversité et au respect de la nature.

Nous vous demandons de vous pencher sur les conséquences impactantes pour l’enfance d’une telle convention, à la lumière des arguments ci-après, que nous vous proposons d’examiner avec bienveillance. Il nous apparaît que notre responsabilité d’adultes est engagée quand la découverte de notre patrimoine naturel commun et de notre biodiversité par les enfants, est confiée à un lobby qui ne cache pas, comme il en fait mention dans toutes ses communications, ses intentions prosélytes. Sensée ouvrir l’esprit des enfants sur la nature, la signature de cette convention autorisera en fait un enseignement partial, dont le but avoué est de susciter l’engouement des plus jeunes pour la chasse.

Pour preuve parmi d’autres, un article de presse très récent (ci-joint) reprend les propos de chasseurs intervenus dans le cadre des nouvelles activités périscolaires : « nous avons accepté de venir parce que c’est important que les enfants aient une image juste du rôle des chasseurs ». Jusqu’à preuve du contraire, la chasse est un loisir particulier qui n’a pas à être promu auprès des enfants en milieu scolaire. Et l’article de poursuivre : « La dernière séance portait sur le sanglier et les armes. Comment chasser en toute sécurité ? Quels sont les moyens de se protéger et de protéger les éventuels promeneurs ? Le maniement des armes… ». Un programme digne d’une séance de préparation au permis de chasser… D’autre part, la violence de l’actualité nous rappelle que le goût des armes n’a pas à être encouragé auprès de notre jeunesse.

Un enseignement neutre, impartial, objectif et bienveillant à l’égard de la nature, comme des enfants, est seul à même de permettre à l’élève d’acquérir une capacité d’analyse personnelle, et critique. C’est ce pourquoi le prosélytisme n’a pas droit de cité à l’école : il est illégal. Or, les acteurs cynégétiques colportent, le plus souvent, une vision biaisée de la nature. Ils diabolisent régulièrement les prédateurs dans les médias et détruisent, exploitent ou méprisent les animaux en fonction de leur propre intérêt, au détriment de l’intérêt général et de la biodiversité. La chasse est en outre une activité dangereuse qui peut se montrer très critiquable quant à ses conséquences sur la biodiversité. Elle ne doit pas interférer avec l’apprentissage des connaissances élémentaires enseignées dans les petites classes.

Cette convention interviendrait alors que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tout juste salué les récentes mesures annoncées en matière d’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable. L’avis du CESE de décembre 2013 se prononçait lui-même en ces termes : « La découverte du monde vivant, de la nécessaire empathie avec les autres vivants, constitue un maillon essentiel de l’éducation première. », et préconisait l’élaboration d’une charte rappelant les principes pédagogiques et déontologiques s’imposant à tout intervenant extérieur à l’enseignement.

En 2010, une convention similaire a été signée mais son application présente des zones d’ombre : l’observatoire chargé d’assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de la convention, et le comité scientifique chargé de veiller à la qualité pédagogique et scientifique des conventions locales (respectivement prévus par les article 9 et 10 de la convention) n’ont, à notre connaissance, pas été mis en place. Ces groupes d’études étaient pourtant l’unique garde-fou à un enseignement partial et orienté.

Au regard des enjeux écologiques actuels, l’éducation des jeunes au respect de l’environnement et à la connaissance de notre patrimoine naturel doit être confiée à des organismes spécialisés regroupés pour la plupart dans le Collectif Français pour l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable (CFEEDD) ou encore le Réseau École et Nature, réseau national d’éducation à l’environnement. Mais également des organismes tels que les réseaux territoriaux d’éducation à l’environnement (GRAINE par exemple), les réseaux d’associations naturalistes départementales (dont la LPO) ou encore le formidable réseau des clubs CPN. Leur vision globale des rôles de chaque animal dans les milieux naturels et les écosystèmes garantit à l’élève un apprentissage complet et objectif des connaissances actuelles relatives à la biodiversité et à la faune sauvage en particulier. Dans ce sens, ils assurent une vraie mission de service public et sont ainsi les plus à même à travailler en partenariat avec les enseignants, ceci de façon objective.

Aussi, par la présente, nous vous demandons de ne pas décider de cautionner l’intervention des chasseurs en milieu scolaire et de ne pas signer une telle convention. Nous nous tenons à votre disposition pour vous faire part de nos propositions concrètes pour sensibiliser nos jeunes citoyens à la découverte et au respect de notre patrimoine naturel.

Nous nous permettons de vous rappelez que notre collectif est largement représentatif, et que nous sommes avant tout animés par le besoin de prendre soin de l’enseignement que la République prodigue à nos enfants, notamment parce qu’ils seront la société française de demain, et qu’il en va ici de notre responsabilité d’adultes conscients et bienveillants.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à ce courrier, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

Copie à

Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Pièces jointes :

– « Education Thiéfosse : Les chasseurs sont intervenus pour les nouvelles activités périscolaires », vosgesmatin.fr, 1er février 2015

– Dossier du collectif « Non aux chasseurs dans les écoles »
dossier-chasse-ecole (PDF)

Les 67 associations cosignataires :

ADEO ANIMALIS, APIE, Association des Naturalistes de la Gohelle, Autun Morvan Écologie, ASPAS, AVES France, CAPEN 71, Centre ATHENAS, CHENE, CHEV–ANE, Connaissance & Protection de la nature du brabant, Convention Vie et Nature, CPEPESC Franche-Comté, CPEPESC Nationale, Dignité Animale, CPIE de la vallée de l’Ognon, Droit des animaux, ENVERT, Fédération Flore 54, FNE Franche Comté, Fédération Nord Nature Environnement, FERUS, FLAC, Fondations assistance aux animaux 41, Fondation Brigitte Bardot, FRAPNA DRÔME, FRAPNA Savoie, GDEAM, Gere Vivante, GRAINE Centre, Graine d’Ortie, Groupe d’Etudes Ornithologiques Béarnais, Groupe d’ Etude Ornithologiques des Cotes d’ Armor GEOCA, IDAE, International campaigns, LA GRIFFE, L’association Végétarienne de France, La Fondation Droit Animal, LPO Rhône, LPO Yonne, Le sanctuaire des hérissons, LEST, Loiret Nature Environnement, LPO Nationale, Maison de la Loire d’Indre et Loire, Meuse Nature Environnement,  Milles traces, Nature Centre, Nature et Humanisme, Nature et Relief, Ni homme Ni objet, Oïkos Kaï Bios, Oiseaux Nature, ONE VOICE, OUSIA être(s) humain(s) sur la Terre, Perche Nature, Pic Vert, Pôle Grand Prédateurs, RAC, Serre vivante, SFEPM, SPA 79, SPA du pays de Saint Malo, SNDA – Société Nationale de pour la Défense des Animaux, SNPN – Société Nationale de Protection de la Nature, Veg’ Asso, Volontaires pour la nature.

Manifestation du Collectif du 21 Septembre pour sortir de la chasse et du piégeage

C’est finalement place Joachim du Bellay, à Paris, devant la fontaine des innocents, qu’a eu lieu la manifestation organisée ce samedi 18 octobre par le Collectif du 21 Septembre.

La Préfecture de Paris nous a contraint à changer le lieu du rassemblement seulement quelques jours avant la manifestation, mais de nombreux militants étaient tout de même présents.

AVES France a particulièrement apprécié les échanges avec les autres représentants associatifs et remercie tous les militants présents.

Cette nouvelle action prouve que le collectif prend de l’ampleur et que nous sommes dans la bonne voie. Travailler tous ensemble nous permettra, espérons-le, de nous faire entendre par l’Etat.

Rejoindre le collectif en tant que particulier : http://www.collectifdu21septembre.org/adhesion-les-particuliers/

Rejoindre le collectif en tant qu’association : http://www.collectifdu21septembre.org/candidatures-associations/

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Le discours prononcé par Christophe lors de la manifestation :

 

Manifestation du Collectif du 21 Septembre

AVES France – Christophe CORET

Moi Président, j’abolirai la chasse et le piégeage. 

D’aussi loin que mes souvenirs me le permettent, je ne me rappelle pas avoir un jour entendu un candidat à la Présidentielle prononcer cette phrase. Pas même dans l’élan incontrôlable d’une anaphore. Pourquoi ? A mon avis, pas par respect des traditions ou d’une quelconque forme d’exception culturelle française. Non. Ne serait-ce pas simplement par peur ? 

Quand on regarde l’histoire des révolutions, des grands soulèvements de populations, on se dit qu’il ne vaut mieux pas chauffer des centaines de milliers, voire un million, de gens armés. Provoquer une jacquerie aurait des conséquences terribles et dans les hautes sphères du pouvoir, on pèse le poids des idées à la faveur de celui qui les défend le plus ardemment. D’un côté, nous, gentils protecteurs de la nature, défenseurs de la faune sauvage. De l’autre, un puissant lobby, organisé, capable de mobiliser en masse et d’organiser des manifestations à l’image de leur loisir, bruyantes, sanglantes, ultra-violentes, dès qu’on ose s’attaquer à leurs privilèges. Car le chasseur mécontent crie, casse, pille. La préfecture de Rouen s’en souvient. Dominique Voynet et Alain Bougrain Dubourg aussi. Nous avons tous en tête des exemples de leurs démonstrations de force. 

Alors comment, à notre tour, faire entendre nos voix ? Celles des animaux, des randonneurs, des ramasseurs de champignons, des vététistes, des familles anonymes qui ont perdu un chat, une vache, pire, un enfant, par la balle d’un chasseur indélicat ? 

Car la chasse tue. Ça paraît idiot de le dire, mais la chasse tue. Toujours pour une bonne raison. Elle tue par volonté. Elle tue par accident. Elle tue pour se défendre. Elle tue pour nous défendre. Elle tue les sangliers et les ongulés pour protéger les automobilistes et les agriculteurs. Elle tue les lapins, les blaireaux, les renards pour protéger les cultures et prévenir les maladies. Elle tue les ours, les loups et les lynx pour protéger les troupeaux. Combien de fois ai-je lu ces dernières semaines que j’étais un abruti et qu’il me faudrait plutôt remercier les chasseurs. Que demander l’abolition de la chasse est irresponsable et que nous devrions payer nous-même pour les dégâts que provoque la faune sauvage dans les champs ou sur les bagnoles. Nos visions sont opposées. Il y a quelques années encore, j’aurais essayé de discuter. Mais cette époque est révolue. Et la raison est simple. 

Pendant que nous perdons du terrain, eux avancent. Ils ont infiltré les ministères, les commissions, les préfectures. Ils ont embauché des lobbyistes. Ils ont fait voter des lois contre nous, à l’image du délit d’entrave à la chasse. Leurs fédérations sont labellisées « protection de la nature ». Ils sont invités à notre place en tant que gestionnaires et remplacent les associations de protection de la nature, là où nous même sommes devenus indésirables. Ils se propagent comme la gangrène. Ça sent la mort. 

Alors il est temps. Temps pour nous de réagir. 

Temps de crier la vérité. Que la chasse tue. 

Mais aussi et surtout de nous unir et c’est la raison pour laquelle AVES France a rejoint avec enthousiasme le Collectif du 21 Septembre. Pour montrer que nous aussi nous représentons un poids électoral. Que nous aussi nous défendons nos idées. Pour faire entendre la voix de la vie quand eux font résonner la mort. 

Comment parler de la chasse sans se faire tirer dessus ?

Depuis qu’AVES France a rejoint le collectif du 21 septembre et a donc officialisé (ou réaffirmé) ses positions contre la chasse, je reçois des dizaines de messages par semaine de chasseurs énervés, nerveux, parfois injurieux, qui déversent leur venin contre tout ce qui est vert, qui aime le vivant et qui s’oppose à leur loisir assassin.

Un point commun à leur prose : tous supposent que je suis un « putain de citadin » incapable de reconnaître un renard d’un blaireau. L’autre similitude est qu’ils affirment que « les chasseurs ont changé » tout en me prouvant le contraire trois phrases plus bas, par leur attitude violente et vulgaire. Tout ce qui ne va pas dans leur sens a forcément tort. Ils vont jusqu’à rappeler, menaçants, qu’ils sont la première force politique de France (sic).

Autant vous le dire franchement, chers chasseurs. Vos messages sont modérés et ne seront jamais publiés sur notre site. Vous perdez votre temps et nous ne vous laisserons plus déverser votre haine sur nos pages. Votre puissant lobby a déjà fait en sorte que les plus hautes sphères de l’Etat soient corrompues par « ceux qui tuent », jusqu’à demander la place de « ceux qui protègent », vous faisant passer depuis des années, à travers leurs oreilles trop crédules et attentives, pour des « gestionnaires » alors que vous détruisez partout où vous passez.

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D’après vous, jamais la faune sauvage ne se porterait aussi bien qu’aujourd’hui ! Quelle faune ? Celle que vous qualifiez de gibier ? Celle que vous nourrissez pour entretenir leur surpopulation ? Celle-là même qui abime les champs des agriculteurs et qui provoque des accidents de circulation et pour laquelle vous vous présentez en sauveurs devant le péquin moyen qui gobe votre discours sans réfléchir ?

Faire peur, depuis des années, a été votre seul moyen de vous faire accepter par une population qui, d’emblée, ne vous est pas favorable. Car si on vous dit « 1 million », cela signifie que 65 millions des français sont non-chasseurs, et cela, il ne faut pas l’oublier.

Vous vous posez donc comme la solution aux déséquilibres que vous avez créés. Vous avez d’abord fait disparaître les prédateurs et les rapaces en les accusant de « pulluler », pour ensuite vous poser en « régulateurs ». Pour pouvoir tuer sans voir les populations de « gibier » décliner, vous avez élevé, relâché, nourri la faune « sauvage ». Doit-on parler du cas du cochonglier ? Des animaux que vous faites classer comme nuisibles alors que leur rôle est de réguler les petites espèces ?

Vous agissez depuis trop longtemps comme des super prédateurs qui ne supportent pas qu’on touche à leurs proies. Aujourd’hui, j’invite tout le monde à lire le livre de Marc Giraud, Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ! car ce petit livre répond simplement à tout un tas de questions que tout le monde se pose. Il démonte aussi quelques uns de vos arguments habituels et montre à quel point votre lobby a tout gagné. Aujourd’hui, en France, on chasse tout. Presque tout le temps. La faune sauvage ne vous intéresse qu’au bout de votre fusil.

Vous n’êtes pas les premiers à hurler au monde que vous avez changé. On ne change pas parce qu’on le dit. On le démontre par ses actes.