Carnage derrière le grillage : STOP à la chasse en enclos !

L’ASPAS a filmé des chasses aux sangliers prisonniers dans des parcs grillagés : la violence est insoutenable. Demandons, avec l’ASPAS, l’interdiction de ces véritables parcs d’attractions pour chasseurs, incontrôlables mais encore légaux en France.

Très peu connue, la chasse d’animaux en captivité n’est pas anecdotique puisqu’elle concerne environ 1 300 parcs et enclos partout en France qui détiennent au total entre 50 000 et 100 000 animaux : cerfs, chevreuils, mouflons, daims, etc. La chasse peut y être une activité personnelle des propriétaires ou une activité commerciale : les propriétaires font payer à des chasseurs le droit de venir tuer des animaux.

L’ASPAS a assisté à plusieurs chasses commerciales aux sangliers entre novembre 2018 et février 2019 dans un parc situé en Nouvelle-Aquitaine.

Des images et témoignages édifiants de cruauté

Les animaux ne pouvant pas s’enfuir, les chasseurs ne les tuent pas immédiatement mais les font courir le plus longtemps possible, en utilisant des chiens. Le parc est parcouru par tout un réseau de pistes permettant aux chasseurs de s’amuser à harceler les sangliers en voiture ou en quad pendant des heures. À la fin, les sangliers acculés sont déchiquetés vivants par les chiens ou sont tués par les chasseurs avec des épieux ou des fusils. Nos enquêteurs ont été choqués de constater à quel point les chasseurs se réjouissaient de la souffrance volontairement infligée à ces animaux.

Les sangliers utilisés pour ce genre de chasse sont élevés sur place ou dans des élevages spécifiques en France ou à l’étranger. Leur importation est autorisée. La chasse en captivité est pratiquée dans deux types de structures qui diffèrent au sens réglementaire : les « parcs », dans lesquels la chasse est autorisée pendant les mêmes périodes qu’à l’extérieur ; les « enclos », dans lesquels la chasse est autorisée toute l’année. L’opacité règne car les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), chargés de contrôler la chasse partout ailleurs, n’ont pas le droit d’entrer dans les enclos sans mandat particulier. Les évasions d’animaux sont fréquentes, ce qui pose des problèmes sanitaires car leur origine est souvent inconnue.

L’ASPAS demande l’interdiction de la chasse en captivité

La chasse en captivité est particulièrement cruelle et totalement aberrante sur le plan écologique, dans un contexte où les responsables cynégétiques disent régulièrement rencontrer des difficultés pour « réguler » les sangliers en liberté. L’ASPAS demande l’interdiction de la chasse en captivité.

Une pétition est lancée pour soutenir cette demande :
www.aspas-nature.org/chasse-enclos

Une meilleure protection du blaireau obtenue par l’association Indre Nature

C’est l’épilogue de 3 ans de bataille judiciaire. La Cour d’Appel du Tribunal administratif de Bordeaux vient de statuer le 9 juillet sur le recours que l’association Indre Nature avait lancé en 2016 contre l’article 3 de l’arrêté chasse départemental 2016-2017 autorisant une période complémentaire de chasse au blaireau par déterrage.

 

Le tribunal a conclu en ces termes: « L’association Indre nature est fondée à soutenir que l’arrêté litigieux a été pris à la suite d’une procédure irrégulière dans des conditions à l’entacher d’irrégularité ». Il annule donc l’article autorisant la chasse du blaireau sur une période complémentaire, du 15 mai au 31 juillet. Article paru dans La Nouvelle République. Ce recours en justice a été évoqué plusieurs fois à travers cette pétition depuis 2016, et vous aviez été nombreux à apporter votre soutien par le biais d’une participation au financement du coût de la procédure. Merci encore une fois à tous les donateurs qui ont permis la poursuite de cette procédure jusqu’à la Cour d’Appel.

D’après l’Article 7 de la Charte de l’Environnement, la loi oblige les préfectures lors de la consultation publique à présenter tous les éléments en leur possession pour permettre aux citoyens de se positionner en fonction des documents publiés (état des populations, contexte, importance et historique des prélèvements etc…), ces éléments ne sont généralement pas présentés, les préfectures se contentent le plus souvent de publier une note de présentation succincte qui ne fait mention d’aucune donnée chiffrée.

En considération du jugement rendu le 9 juillet par le Tribunal administratif de Bordeaux, ces manquements constituent des irrégularités sur la forme pour la majorité des arrêtés préfectoraux qui autorisent une période complémentaire de chasse pour la saison 2019-2020 et/ou qui ont pris des mesures de régulation du blaireau cette année.
À savoir aussi, ce jugement rendu fera jurisprudence au niveau national, il ne sera donc plus possible pour les préfectures d’autoriser arbitrairement de telles dispositions sans qu’elles soient au préalable dûment justifiées et documentées, faute de quoi celles-ci pourront être annulées par décision de justice. Autrement dit, le laxisme des préfectures vis-à-vis de leurs obligations légales ne sera plus toléré.

Partout le patrimoine faunistique s’appauvrit de façon alarmante, ces périodes complémentaires de chasse du blaireau ne répondent à aucune nécessité et contribuent à amplifier les déséquilibres de la biodiversité; nous attendons maintenant de l’administration qu’elle fasse preuve de bon sens, et renonce à les autoriser. Plus simplement, une abrogation de l’article R424.5 du code de l’environnement permettrait d’y mettre un terme.

La vénerie sous terre est une pratique moyenâgeuse cruelle et inutile, celle-ci doit être interdite, tout comme son cortège de chasses traditionnelles qui n’ont d’autre but que de satisfaire ceux qui les pratiquent.

Merci pour votre soutien

http://change.org/ProtectionBlaireau

https://www.mesopinions.com/petition/animaux/stop-deterrage-blaireaux/43334

Cette publication est le texte de cette mise à jour de pétition

Pétition et manifestation contre le montreur d’ours à la fête de la Sange (Sully-sur-Loire) le 7 septembre 2019

L’office de tourisme de Sully sur Loire organise le samedi 7 septembre et le dimanche 8 la Fête de la Sange, un évènement qui fêtera la souffrance animale avec notamment :

  • Présentations des équipages de vénerie sous terre, petite et grande vénerie
  • Spectacle montreur d’ours avec Frédéric Chesneau (samedi)
  • Spectacle de fauconnerie et équestre avec Hippogriffe
  • Village pêche
  • Messe de St Hubert dans le parc du château (dimanche matin)…

AVES France et Paris Animaux Zoopolis vous invitent à signer cette pétition contre l’exploitation des ours de Frédéric Chesneau (Valentin ou Lucien) dans cette fête à la programmation particulièrement scandaleuse, faisant l’apologie des pires pratiques de la chasse. AVES Franceet Paris Animaux Zoopolis demandent aux organisateurs de la Fête de la Sange d’annuler ce spectacle et nous appelons d’ores et déjà nos militants à une manifestation unitaire (avec les associations anti-chasse et le parti animaliste) qui aura lieu le samedi 7 septembre à proximité du spectacle.

La pétition : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/aux-spectacles-fete-chasse-souffrance-animale/68426
La manifestation : https://www.facebook.com/events/440519123196268/

Nous dénonçons l’exploitation des ours dans les spectacles et demandons l’interdiction de ces pratiques héritées du moyen-âge. En 2018, pour les seuls spectacles recensés par notre association, l’ours Valentin a parcouru plus de 17.000 kilomètres ! Valentin est né dans un zoo aux Etats-Unis. Il a été acheté par le dresseur dans le but de remplacer son ourse Julia, désormais trop âgée pour participer aux spectacles et confiée au refuge A.S.B.L. en Belgique.

Si ces spectacles sont encore légaux en France, ils sont interdits dans plusieurs pays d’Europe. La fédération des vétérinaires européens recommande depuis 2015 à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire l’utilisation de mammifères sauvages dans les cirques itinérants en Europe. 67% des Français sont favorables à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques (source IFOP 2019 pour 30 Millions d’Amis).

Les spectacles de montreurs d’ours doivent être interdits, compte tenu de l’impossibilité absolue de répondre de façon adéquate aux besoins physiologiques, mentaux et sociaux des animaux. Un spectacle d’ours représente toujours un danger pour le public, les conditions de représentation risquant de troubler la quiétude de l’animal et de le rendre potentiellement dangereux.

La législation actuelle ne prend pas en compte le bien-être des animaux, l’arrêté du 18 mars 2011 permettant aux dresseurs de maintenir leurs animaux jusqu’à quatre jours dans un van, une camionnette ou une remorque. D’ailleurs, dès le lendemain, le dresseur présentera son (ou ses) ours à Virecourt, à 400 km de distance !

Actuellement en France, une petite dizaine d’ours sont exploités dans les spectacles. AVES France, qui participe à la mission ministérielle sur le bien-être animal lancée par le ministère de la transition écologique et solidaire aux côtés d’autres associations (Paris Animaux Zoopolis, Fondation Brigitte Bardot, SPA…), demande l’interdiction de ces spectacles. Une proposition de loi visant à l’interdiction de tout spectacle itinérant ou fixe ayant recours à des ours ou des loups a également été déposée le 22 mai 2019 pour encadrer la fin de cette pratique moyen-âgeuse : http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/propositions/pion1969/(index)/propositions-loi

LE FUTUR OFFICE FRANÇAIS DE LA BIODIVERSITE MENACÉ PAR LES LOBBIES DE LA CHASSE

Fusion AFB/ONCFS : Signez la pétition !

Réunis les 11 et 12 avril 2019, les Sénateurs ont complètement dénaturé le projet de loi consacrant la fusion entre l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et l’Agence Française de la Biodiversité.
Le nombre de cadeaux indécents abandonnés au monde de la chasse, notamment fiscaux, marqueraient un recul historique de la protection de la nature en France et hypothéquerait les chances de succès du futur établissement public. Les ONG demandent au gouvernement, qui a le dernier mot, d’en revenir au consensus sorti de la première lecture à l’Assemblée nationale.

En l’état et tel que voté par le Sénat, l’Agence française pour la biodiversité deviendrait l’Office français de la biodiversité et de la chasse. Les chasseurs obtiendraient au moins 10% de sièges au conseil d’administration, de même que les organisations agricoles et forestières.

L’une des missions de l’Office serait de contribuer à l’exercice de la chasse et de la pêche en eau douce, durables, mission qui ne relevait ni de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, ni de l’Agence française de la biodiversité.

Les fédérations régionales des chasseurs pourraient se voir confier la gestion des réserves naturelles nationales, et des réserves nationales de la chasse et de la faune sauvage aujourd’hui sous la responsabilité de l’Etat. Au même moment, la superficie minimale des réserves de chasse communales ou intercommunales (censées permettre à la faune de se reconstituer) passerait de 10% à 5% de la superficie du territoire.

Concernant les espèces, le tableau est aussi sombre : sous prétexte de« gestion adaptative » toutes les espèces seraient susceptibles d’être chassées à partir du moment où elles sont en bon état de conservation ou posent des problèmes. Des dérogations seraient accordées pour chasser les oiseaux migrateurs après la fermeture sous différents prétextes (sans respect pour la directive européenne pour les oiseaux et après avoir perdu 12 fois devant le Conseil d’Etat s’agissant de chasser les oies migratrices…). Le gouvernement serait censé remettre au Parlement avant le 1er janvier 2020 un rapport sur la présence du loup en France et des préconisations pour « remédier aux difficultés constatées ». Comme si cela n’était pas suffisant, l’obligation de l’instauration d’un permis de chasser en Guyane, obtenue en 2017, est supprimée. Cerise sur le gâteau, les modes de chasses traditionnelles (Cf. glu, étranglement, écrasement des oiseaux…) entreraient dans le« patrimoine cynégétique national ».

Comme si ça ne suffisait pas, le Sénat veut instaurer un délit d’entrave à l’action de chasse puni de un an d’emprisonnement et 30.000€d’amende.

De son côté, la Fédération nationale des chasseurs reçoit un fonds de la part de l’Etat ou de l’OFB (dans tous les cas des citoyens français) de 10 € par permis de chasse, soit au moins 10 M€ pour conduire des actions en faveur de la biodiversité.

Nos organismes exigent de la part du gouvernement qu’il revienne sur le texte tel qu’issu des travaux de l’Assemblée. En conservant les quelques dispositions positives en matière de police de l’environnement et de sécurité de la chasse introduites au Sénat. La création d’un nouvel établissement public fusionnant l’AFB et l’ONCFS ne peut se faire en concédant d’énormes contreparties aux chasseurs au détriment de la préservation de la faune et de l’équilibre budgétaire des politiques en faveur de l’eau et de la biodiversité. 

ALLIANCE DES OPPOSANTS À LA CHASSE – ANIMAL CROSS – ASSOCIATION AERHO – ASSOCIATION CHATS DES RUES – ÉDUCATION ÉTHIQUE ANIMALE – ASSOCIATION PERLE – ASSOCIATION PHILIBERT- ASSOCIATION POUR LA PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES (ASPAS) – ASSOCIATION SAM – ASSOCIATION STÉPHANE LAMART – ASSOCIATION VÉNUS – AVES FRANCE – CODE ANIMAL – COLLECTIF CHATS (588 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – COLLECTIF VESEA – C’EST ASSEZ ! – COLLECTIF LE LOBBY DES 4 PATTES – COLLECTIF POUR L’ABOLITION DE LA CHASSE A COURRE (CACC) – CONFÉDÉRATION NATIONALE DÉFENSE DE L’ANIMAL – CONVENTION VIE ET NATURE (CVN) – DIGNITÉ ANIMALE – ECOLE DU CHAT D’OLLIOULES – FONDATION 30 MILLIONS D’AMIS – FONDATION ASSISTANCE AUX ANIMAUX – FONDATION BRIGITTE BARDOT – FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT (FNE) – GOUPIL CONNEXION – HALTE MALTRAITANCES ANIMALES (HMA – 21 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – L214 – LA BERGERIE ET COMPAGNIE – LA FERME DES RESCAPÉS – LA FONDATION DROIT ANIMAL, ÉTHIQUE ET SCIENCES – LES CHATS LIBRES AIGUES MORTAIS – LES PATTES MAUVES (68 ASSOCIATIONS ADHÉRENTES) – LIGUE POUR LA PROTECTION DES OISEAUX (LPO) – MOUNTAIN WILDERNESS FRANCE – NOÉ – OFFICE POUR LES INSECTES ET LEUR ENVIRONNEMENT (OPIE) – OISEAUX ÉTHOLOGIE – ONE VOICE – PARIS ANIMAUX ZOOPOLIS – REGUL’ MATOUS – SURFRIDER FOUNDATION – SUR LES TRACES DU LOUP – TENDUA

Fusion AFB/ONCFS : Signez la pétition !

10 associations lancent une pétition pour l’interdiction des grenailles de plomb en France.

NE LAISSONS PAS LA NATURE ET NOTRE SANTÉ SE FAIRE PLOMBER PAR LA CHASSE.

Frédéric Daniel, le responsable du dossier blaireau de l’association AVES France, travaillait depuis plusieurs mois sur cette pétition qui demande l’interdiction des grenailles de plomb en France.

Une interdiction a déjà été prise contre les munitions au plomb dans les zones humides, mais ce n’est pas suffisant. Chaque année en France 8.000 tonnes de grenailles de plomb issus de millions de cartouches de chasse sont éparpillées dans la nature.

Signez la pétition ! Pétition Plomb Nature

Et ailleurs ? Quelle réglementation ?

En Europe, la plupart des pays du nord ont légiféré sur la grenaille de plomb dans les années 90 : Danemark, Pays-Bas, Finlande et Norvège ont instauré une interdiction totale, Belgique Suède et Lettonie, une interdiction partielle. La Suisse, le Royaume-Uni, l’Espagne, Chypre, Israël et la Russie ont limité ou supprimé la grenaille de plomb. En France, l’interdiction de l’utilisation des cartouche au plomb dans les zones humides semble peu respectée, en dépit de la réglementation.

Des substituts moins toxiques ou non toxiques existent. La grenaille d’acier semble la solution idéale du point de vue environnemental.

Nous demandons que la vente et l’utilisation des munitions au plomb soit interdite en France, ceci en application du principe de précaution en raison la forte toxicité de ce métal.

Pour signer la pétition, rendez-vous sur le site créé par AVES France spécialement dédié à cette action :
https://www.petition-plomb-nature.fr/

Signataires : AVES France, Nature et Humanisme, ASPAS, Convention Vie et Nature, Collectif du 21 Septembre (AOC), Meles, Collectif Animalier du 06, ANIMAL CROSS, Pôle Grands Prédateurs, Nature Midi-Pyrénées.

3ème RDV organisé par CAP (Convergence Animaux Politique) – La protection des animaux sauvages

Mercredi 16 mai 2018 s’est tenue la troisième rencontre organisée par CAP – Convergence Animaux Politique, collectif qu’AVES France a rejoint en 2017.

36 parlementaires étaient présents ou représentés pour cette nouvelle rencontre entre associatifs, députés et sénateurs.

Catherine Helayel (AJD – Association Animal Justice et Droit) a ouvert cette rencontre en parlant du statut de l’animal sauvage, puis Jean-Philippe Olivier (Animal Cross) et Christophe CORET (AVES France) ont exposé la situation actuelle de l’ours brun dans les Pyrénées.

Madline Reynaud a ensuite parlé de la grande et de la petite vénerie pour l’ASPAS Association pour la protection des animaux sauvages, soutenue par Gérard Martin de la CVN – Convention Vie et Nature. Enfin, François Darlot du RAC a argumenté en faveur du dimanche sans chasse

Le député Bastien Lachaud a présenté sa proposition de loi visant à interdire la chasse à courre qu’il a déposée en janvier.

Le député Loïc Dombreval a présenté le travail du groupe d’études condition animale qu’il préside à l’Assemblée nationale.

CAP fait un travail formidable pour soutenir nos associations et nous permettre d’avoir des échanges directs ou indirects avec nos élus. Aussi, si vous souhaitez leur apporter votre aide, vous pouvez leur faire un don ou acheter un badge ou un bracelet de la collection Origami dans notre boutique Bearz.

Chaque bracelet vendu rapporte 5€ à CAP : https://bearz.org/shop/bearz_rond/bracelets-collection-origami/

Chaque badge vendu rapporte 2€ à CAP : https://bearz.org/shop/bpca/badges-en-bois-collection-origami/

Lettre ouverte à Nicolas Hulot à propos du statut juridique du blaireau européen

Monsieur le Ministre d’Etat,

Par le biais de cette lettre ouverte, nous avons l’honneur d’attirer votre haute attention sur la situation du blaireau européen (Meles meles) dans notre pays, nous faisant l’écho de l’indignation d’un nombre considérable de nos concitoyens.

Cet animal fait l’objet d’une chasse cruelle et injustifiée. Le blaireau est chassé principalement par déterrage, un mode de chasse particulièrement inhumain de par la cruauté et l’extrême violence qui ressort de sa capture et de sa mise à mort. Des chiens sont introduits dans les galeries et les animaux capturés sont extirpés de leur terrier, attrapés avec des pinces métalliques et mis à mort à l’aide d’un poignard. Les petits, eux, sont généralement donnés en pâture aux chiens.

La vénerie sous terre n’existe pratiquement plus qu’en France, tous les pays d’Europe occidentale l’ont interdite en raison de sa brutalité.

Nous attirons votre attention sur une pétition créée en janvier 2016 qui rassemble aujourd’hui près de 124.000 signataires. Cette pétition en ligne qui vous est adressée demande le classement du blaireau en espèce protégée. Celle-ci est soutenue par de nombreuses associations de protection animale ou de l’environnement. Ce grand nombre de signataires est révélateur de la contestation citoyenne d’une pratique barbare qui n’est rien d’autre qu’un loisir pour certains chasseurs, et devenue aujourd’hui inacceptable dans la conscience collective. Le blaireau est strictement protégé dans la plupart des pays européens : Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal. Il est également totalement protégé dans notre pays dans le département du Bas-Rhin depuis 2004 sans que cela ne pose de problème.

L’arrêté du 17 février 2014 modifiant l’arrêté du 18 mars 1982 relatif à l’exercice de la vénerie sous terre vise à renforcer l’encadrement de ce mode de chasse. Pourtant, des comportements peu acceptables sont régulièrement rapportés, comme par exemple la poursuite des opérations de déterrage lorsque la présence dans le terrier d’une espèce protégée est constatée ou l’application de méthodes de mise à mort des blaireaux adultes et juvéniles que l’on peut considérer comme relevant de la torture. Ces faits sont des manquements graves aux prescriptions du nouvel arrêté et sont, le cas échéant, passibles de sanctions comme le prévoit l’article 521-1 du code pénal qui punit de peines correctionnelles le fait d’exercer des actes de cruauté à l’encontre d’un animal captif.

Cependant, au-delà des considérations éthiques, cet animal est en voie de raréfaction dans de nombreux départements. Selon le rapport de l’ONF (20/01/2008), le blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction (2,3 jeunes par femelle et par an), et sa dynamique de population est influencée par diverses activités humaines telles que les infrastructures routières qui favorisent les collisions, le braconnage et la disparition progressive de son habitat, alors que la moitié des individus ne dépasse pas l’âge d’un an… Pourtant, malgré une mortalité annuelle très importante, des décisions préfectorales arbitraires autorisent sa chasse lors des périodes de dépendance des jeunes et cela sans aucun fondement scientifique. Ces décisions sont prises avec l’appui des Fédérations de chasse, pour être appliquées à une époque où les chasseurs n’ont plus rien à chasser, à part les battues administratives du sanglier, et semblent ainsi combler une demande cynégétique.

L’application des périodes de chasse complémentaires (du 15 mai au 15 septembre) est laissée à l’appréciation des préfets. C’est ainsi que chaque année en moyenne 70 préfectures autorisent ces périodes de chasse complémentaire du blaireau dans leur département. C’est précisément ce pouvoir de décision laissé aux préfets qui crée une dérive intolérable, faute de disposer d’un encadrement réglementaire et législatif strict.

Ainsi, pour justifier la chasse du blaireau européen, les préfets invoquent des motifs pour le moins contestables qui laissent perplexes les spécialistes de la nature. Le problème de la tuberculose bovine, dont le blaireau peut être porteur est régulièrement apporté pour justifier sa chasse. Les milieux scientifiques ont démontré clairement qu’il n’existe pas de foyer bactérien tuberculinique au sein de la faune sauvage ; sa contamination vient à la base des élevages concentrationnaires bovins qui sont responsables d’avoir implicitement porté Mycobacterium bovis au sein de la faune sauvage par le biais de pratiques irresponsables. Outre la mise en oeuvre de mesures de biosécurité drastiques qui sont essentielles dans les secteurs concernés par la maladie, des solutions sont à trouver pour aider les éleveurs à faire face à la difficulté prophylactique de mise en place de la vaccination des cheptels bovins pour combattre la propagation de la maladie.

En ce qui concerne le comportement de certains chasseurs de grand gibier comme le chevreuil et le cerf, qui ont pris l’habitude de vider et laisser sur place des viscères d’animaux potentiellement infectés dont se nourrissent d’autres espèces sauvages, ces pratiques contribuent à favoriser la dispersion de la tuberculose bovine (estimation de 5000 tonnes par an en France sur les bases des prélèvements statistiques de l’ONCFS).

Lorsqu’un projet a une incidence sur l’environnement, la loi impose aux préfectures de recueillir l’avis des citoyens et des associations qui souhaitent s’exprimer sur le sujet. Cette volonté de souci démocratique semble cacher un mépris total pour la contestation citoyenne comme en témoigne, par exemple, le résultat de la consultation publique de la préfecture de l’Oise qui prévoyait d’autoriser le piégeage et le tir de nuit du blaireau pour l’année 2017 pendant 5 mois sur 124 communes de ce département, et la synthèse qui en a résulté où 1220 avis défavorables argumentés avaient été émis, soit 77% des avis recueillis. Le projet d’arrêté avait tout de même été adopté. Les éléments de réponse apportés par la préfecture sur la synthèse de cette consultation publique manquaient d’objectivité et de rigueur scientifique et dénotaient un point vue exclusivement cynégétique, n’apportant finalement pas de réponses satisfaisantes sur les avis défavorables émis.

Les décisions finales prises par les préfectures sur le sujet du blaireau sont contraires au maintien dans un état de conservation favorable des populations de l’espèce et sont tout autant opposées aux volontés démocratiques de l’immense majorité de nos concitoyens.

Ces dernières années, malgré une contestation importante, plusieurs départements ont pris des mesures de destruction massive du blaireau. Sur ce sujet, la conclusion du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) publié le 13 juin 2016 intitulé « La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage » est très claire : « Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage.» Ce conseil scientifique préconise notamment la vaccination des animaux dans les secteurs concernés par la bactérie. Une méthode qu’elle juge «prometteuse» et qui pourtant n’est pas proposée en France. Les scientifiques ont en outre constaté en Grande Bretagne que l’abattage de blaireaux sains et malades était contre-productif. En effet, les blaireaux éliminés d’un territoire sont remplacés par d’autres venant d’autres secteurs où la bactérie est potentiellement présente, contribuant ainsi à propager la maladie.

Nous rappelons également que les périodes choisies pour ces abattages — tout comme les périodes complémentaires de chasse du blaireau — sont en contradiction avec  l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, selon lequel « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au moment des périodes complémentaires de chasse du blaireau comme l’a démontré une étude dénommée « Contribution à l’étude de la reproduction des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France» réalisée par Virginie Boyaval, éthologue sur le blaireau : « […] au mois de mai, juin, juillet, les blaireaux juvéniles ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum. La destruction des blaireaux débutant généralement à partir de la mi-mai, compromet le succès de reproduction de l’espèce. La destruction des mères allaitantes, laisse de nombreux orphelins incapables de survivre seul ».

De plus, l’année 2017 aura été une année noire pour les blaireaux et les petits. Non seulement, nous avons constaté des naissances extrêmement tardives en raison d’un hiver très sec et les petits sont nés juste avant une période très chaude et sèche. Cette sécheresse a provoqué un manque de nourriture évident (vers de terre, source de nourriture principale des mères allaitantes) et des maladies parasitaires internes, provoquant une mortalité importante.

En ce qui concerne les dégâts aux cultures qui lui sont imputés, ils sont bien souvent en réalité causés par le sanglier. Les Fédérations de chasse tiennent souvent le blaireau pour responsable des dégâts, pour lesquels elles n’ont pas à indemniser les agriculteurs quand ils sont le fait du blaireau. Il faut de plus préciser que compte tenu de la faible densité des populations de blaireaux et de la taille de cet animal, les dégâts constatés, lorsqu’ils sont réellement le fait du mustélidé, ne peuvent être que minimes. Sur ce point, des méthodes comme l’utilisation de répulsifs ont montré leur efficacité. Nous précisons également que le blaireau est un animal utile qui a toute sa place dans un écosystème équilibré. Il joue un rôle sanitaire indéniable en contribuant à éviter la propagation de maladies par l’élimination des cadavres d’animaux sauvages, il évite aussi la prolifération des larves de hannetons, nids de guêpes, limaces et autres campagnols, compensant largement les déprédations de cultures. Cet animal est donc un précieux allié de l’agriculteur.

Rappelons que c’est après avoir découvert des estomacs de blaireaux remplis de vers blancs que Robert Hainard, un célèbre naturaliste suisse, a convaincu la commission genevoise (Suisse) de la chasse de sortir le blaireau de la liste des nuisibles.

Le respect d’un engagement international tient de l’honneur d’un pays. Pourtant, s’agissant de la conservation de la vie sauvage, les lois et règlements ne sont pas à la hauteur de ce qui a été signé et ratifié dans le cadre du Conseil de l’Europe. En effet, l’application de ces périodes complémentaires de chasse, que nous estimons inconsidérées, sont en contradiction avec le statut juridique du blaireau qui, pour rappel, est classé en annexe III de la Convention de Berne. D’après le texte de celle-ci, la France, en tant que partie à la convention, devrait prendre les « mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III » (article 7). Cela passe notamment par l’obligation de « maintenir l’existence de ces populations hors de danger ». Ce classement impose clairement à la France de ne pas porter atteinte à l’espèce. Pourtant, le volume d’étude en matière de référencement des terriers et des effectifs est quasi inexistant. Cet état de fait met bien en exergue une gestion cynégétique de l’espèce… D’après les estimations des associations de protection de la nature, qui s’inquiètent de la disparition progressive du mustélidé dans plusieurs régions, il resterait environ 150 000 individus, dont 10 000 sont braconnés chaque année et 30 000 sont victimes de la circulation routière. Pourtant, en 2011, le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement rappelait : « Cette espèce a une dynamique de population relativement faible et risquerait de disparaître à court terme en cas de pression de destruction trop forte.» (publié dans le JO Sénat du 07/04/2011 – page 882). En résumé, sur le sujet du blaireau, et dans les faits, la France est en infraction notoire.

Nous rappelons l’engagement du Président de la République, M. Emmanuel Macron — alors candidat aux élections présidentielles — à prendre des mesures visant à protéger les espèces lors des périodes critiques. Dans un entretien accordé à la Ligue de Protection des Oiseaux, à la question suivante : « Que propose Emmanuel Macron pour interdire la chasse des mammifères en période de dépendance des jeunes ? » M. Macron a répondu : « D’une façon plus générale, il est fondamental que les dates de chasse soient fixées en dehors des périodes de fragilité particulière des espèces. […]». La période de dépendance des jeunes s’inscrit bien entendu pleinement dans ce cadre de « période de fragilité des espèces ». Cet engagement vaut parole d’honneur, la promesse du Président de la République ne doit pas rester sans suite.

Ainsi que nous l’avons démontré précédemment, l’éventuelle objection d’une mise en espèce protégée du blaireau sous couvert de difficultés quelles qu’elles soient ne saurait être justifiée en raison des solutions qu’il est possible d’y apporter.

Nous souhaitons que les prescriptions du Code de l’environnement et de la Convention de Berne soient respectées.

Il apparaît désormais clairement que le statut juridique de cette espèce doit être reconsidéré. Concrètement, nous vous appelons à prendre des mesures de mise en protection stricte du blaireau européen.

En attendant, nous souhaiterions nous entretenir avec vous pour évoquer la reconsidération du statut juridique de cet animal à l’heure et au jour qui vous conviendront le mieux.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre d’Etat, l’expression de notre haute considération.

Frédéric DANIEL, auteur de la pétition sur change.org

et les associations signataires de cette lettre ouverte :

Pierre ATHANAZE, Président d’ANRF
Action Nature Rewilding France

Hubert BASLE,
Membre de Nature Midi-Pyrénées

Virginie BOYAVAL,
Présidente de Meles

Gérard CHAROLLOIS, Président de la CVN
Convention Vie et Nature

Christophe CORET,
Président d’AVES France

Marc GIRAUD, Porte-parole de l’ASPAS
Association pour la protection des Animaux sauvages

Jacques LUCBERT,
Président d’Indre Nature

Mariette Vanbrugghe, Présidente du GDEAM-62
Groupement de Défense de l’Environnement de l’Arrondissement de Montreuil/mer

Samedi 1er octobre 2016 : grande manifestation contre la chasse à Paris

Samedi 1er octobre 2016, AVES France sera présente pour cette grande manifestation contre la chasse.
Nous espérons que vous y serez nombreux à venir discuter avec nous !

Le Collectif du 21 septembre (75 associations), rejoint par Sea Shepherd, la Fondation Brigitte Bardot et One Voice, organise une grande manifestation pour en finir avec la chasse et le piégeage.

La chasse est un divertissement mortifère pratiqué par moins de 1,5 % de la population. Pourtant, chaque année, ce sont 30 millions d’animaux 1 qui sont abattus par les pratiquants de ce loisir ! Les chasseurs français, tuent tous les ans 25 millions d’oiseaux2, soit le quart du tableau de chasse européen !

Nous devons en finir avec ce loisir qui, bien que pratiqué par moins d’un million de personnes, s’impose 7 jours sur 7 pendant des mois (plus longue période de chasse en Europe !).

Chaque année, des randonneurs, ramasseurs de champignons, vététistes, agriculteurs sont blessés ou tués par des chasseurs. Cela sans que les pouvoirs publics ne prennent la moindre mesure :

  • Pas de limite d’alcoolémie pour les chasseurs
  • Pas de visite médicale, donc de contrôle de la vue, pour ces personnes qui se servent pourtant de leur arme dans des milieux fréquentés par d’autres usagers de la nature ! Cette mesure est pourtant obligatoire pour les tireurs sportifs qui pratiquent leur loisir dans des enceintes sécurisées…
  • La France est le seul pays d’Europe où la chasse est pratiquée pendant les deux jours du week-end. Le seul également où la chasse est ouverte tous les jours de la semaine !

Les chasseurs tentent par une imposture intellectuelle, de justifier la pratique de la chasse comme étant une indispensable « régulation » des espèces :

  • L’alouette, la bécasse ou la sarcelle ont-elles besoin de régulation ?
  • Des espèces menacées de disparition (Grand tétras, tétras lyre ; lagopède, etc…) sont toujours chassées en France !
  • Chaque année, 20 millions de faisans, perdrix et autres animaux « de tirs » sont lâchés par les sociétés de chasse pour être abattus quelques jours après. Est-ce là de la régulation ou un jeu de massacre ?
  • Les chasseurs ont multiplié par 10 en 35 ans les populations de sangliers dont ils entretiennent la
    surpopulation pour satisfaire leurs adhérents ou actionnaires.
  • Ils pourchassent souvent avec force cruauté les prédateurs naturels qu’ils considèrent comme des
    concurrents: mustélidés, renards (un million d’animaux tués/an), le loup et le blaireau provoquant ainsi des
    déséquilibres extrêmement préjudiciables à la biodiversité.

Des solutions simples peuvent être mises en place pour cohabiter intelligemment avec la faune de notre pays qui subit les contraintes du développement continu des activités humaines. Ces solutions peuvent nous permettre d’en finir avec ce loisir d’un autre âge, pour le respect du vivant et pour que chaque citoyen puisse bénéficier de la nature sans craindre de se faire tirer dessus, nous manifesterons :

Le 1er octobre de 10h à 13h, Place Joachim Bellay (Paris 1er)
La manifestation sera accompagnée de stands associatifs et de restauration sur place.

Elle sera suivie de la projection du film de Kate Amiguet : Chasseur, tueur, imposteur ?
Salle Jean Dame à 14h30 (entrée à 14h). Il sera suivi d’un débat avec la réalisatrice, Gérard Charollois (président de la CVN auteur du livre « Pour en finir avec la Chasse) et Pierre Athanaze (Président d’Action Nature, auteur du « Livre noir de la chasse)

Contact presse : Pierre ATHANAZE 06 08 18 54 55
Kate AMIGUET 00 41 079 441 71 71
Liste des associations du Collectif du 21 septembre : 269 LIFE FRANCE, Acta Antispécisme (ou Acta Gironde), Ambassade des Pigeons, Action Nature Rewilding France, AEC, Animal Cross, AEP, Animalsace, Animalibre, APIE ( Association de Protection et d’Initiation à l’Environnement), Association du Collectif Animalier du 06, Association Sauvegarde du Château de Flée, AVES France, AVF (Association Végétarienne de France), AVRE, Bio Vivre en Brie, Brouillard Définitif, CAUSA, C’est Assez, C’Topoil, CCE2A (Collectif Contre l’Expérimentation et l’Exploitation Animales), CHAMADE (CHaumière et Médiation Animalistes), C.H.A.N.T (pour une Cohabitation Harmonieuse avec les autres Animaux et la Nature sur Terre), CNPA (Collectif Nantais Pour les Animaux), Collectif Société Anti Fourrure, Combactive, CHATEAU de FLEE; Monument historique,C.RÉ.DO. Pigeons et Protection Animale, CREL (Club de Reconnaissance et d ‘Entraide aux Lévriers), CVAAD, CVN (Convention Vie et Nature), DDA (Droits des Animaux), Droit des Animaux Sud, Dignité Animale, Entre Chiens et Loups, Groupe d’Actions Animales Moselle, Guadeloupe Animaux, F.G.N. (Fées Gardiennes de la Nature), GREEN, Humanimo, INFO VEGANE, Initiatives Terre, Jack et Jessie Protection Animale, la fondation M.A.R.T. (Mouvement pour les Animaux et le Respect de la Terre), La Griffe, La Voie de l’Hirondelle, La Tribu de Sapeur, L’arche de Valudo, Le Klan du Loup, Les désobéissants, L214, Laissons Leur Peau Aux Animaux (LLPAA),Les compagnons de Freya, Ligue Universelle pour la Nature et les Animaux, Les 3 a, Les Crins Verts, Liberté Egalité Animale 49 , Matoucoeur, MFP (Mission Française pour Singes en Danger), Mouvement pour la Cause Animale, Oïkos Kaï Bios, Oiseaux Nature, Patacha, Point Info Loup Lynx, RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), Protection Faune Sauvage Sedan, RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), Respectons, Initiatives Terre, Refuge “Ame’Ni’Maux”, Refuge « Amis des Bêtes », Sauvetage et Chats en Détresse, Secourisme Animalier, SSA49, SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), Stop Souffrances Animales 49, Vigilance Citoyenne pour le Pâtis, Wolf Eyes Asbl .

Consultation publique : ne laissons pas Ségolène Royal tuer encore plus de loups !

URGENT : du 11 février au 3 mars 2016, le Ministère de l’écologie et du développement durable lance une consultation publique portant sur le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016.

Nous sommes convaincus qu’une nouvelle fois, l’Etat mettra en place sa folie destructrice quel que soit le résultat de cette consultation citoyenne, l’opinion publique ayant déjà été largement méprisée lors de la précédente consultation sur le sujet. Cependant, nous ne pouvons pas laisser la voie libre aux assassins de la nature et il faut donc nous mobiliser à nouveau. Ce gouvernement lave plus vert en faisant entrer des « écolo-opportunistes » dans ses rangs, après avoir pavoisé suite à la COP21. Ce projet d’arrêté montre pourtant bien son mépris — et celui des préfets — pour la nature !

Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour le loup lors de la précédente consultation publique, mais aussi lors des manifestations organisées par les associations début 2016. Continuons ! Faisons-nous entendre !

Soyez nombreux à dire NON AUX TIRS DE LOUPS sur le site http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-un-nombre-supplementaire-de-a1254.html?id_rubrique=2 ! (jusqu’au 3 mars 2016)

Envoyez également des tweets à @RoyalSegolene pour lui dire #StopTirsLoups.

Soyons unis contre ce projet d’arrêté « naturicide ».


Ce que dit le texte de l’arrêté :

« L’arrêté du 30 juin 1015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fixe à 36 le nombre de loups pouvant être détruits (entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016). A l’heure actuelle 34 loups ont été détruits. Même si depuis le 23 décembre 2015, les préfets ont suspendu toutes les autorisations de tirs de prélèvement (date à laquelle le nombre de loups détruits était déjà de 34), il est vraisemblable que le seuil de loups pouvant être prélevés puisse être atteint à court ou moyen termes avant le 30 juin 2016. Si ce plafond de 36 loups venait à être atteint, toutes les autorisations de tir pour assurer la protection des troupeaux seraient alors interrompues ; les éleveurs seraient alors dans l’impossibilité de défendre leur troupeau en particulier par la mise en œuvre des tirs de défense.

Dans ce contexte, le présent projet d’arrêté propose donc de relever le seuil de prélèvement au cours de la période 2015/2016 pour la mise en œuvre des seuls tirs de défense. Cet arrêté n’entrera en vigueur que si le plafond initial de 36 loups détruits est atteint.
Six loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) supplémentaires pourront ainsi être prélevés, sur autorisation des préfets. »


Voici quelques éléments pour vous aider à construire votre réponse argumentée (vous n’êtes pas obligés de tous les reprendre). Attention, l’administration ne prend en compte que les commentaires qui ont été personnalisés. N’oubliez donc pas d’ajouter quelques phrases de votre « cru ».

  • Il faut rappeler que le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), composé de scientifiques compétents en la matière, a récemment donné un avis défavorable sur l’augmentation du quota de loups à supprimer. C’est un avis purement consultatif, mais le gouvernement doit le prendre en considération… et pas seulement pour le loup !
  • Rappelons également, ce n’est pas du luxe, que le loup est protégé par la Convention de Berne, la convention Habitats et figure sur la Liste rouge des espèces menacées en France.
  • Dans un contexte post-COP21 où la France a clairement dit son intention de protéger l’environnement, cette décision d’augmenter le quota de tirs de loups est totalement contraire à ce qui a été affirmé il y a quelques mois.
  • Le nombre de loups en France a baissé entre 2014 et 2015 (chiffres de l’ONCFS) ; ces tirs mettent encore plus en péril la population de cette espèce protégée, qui demeure très fragile. Le collectif Cap loup comptabilise d’ailleurs 41 animaux tués ! Un seul noyau reproducteur est constaté en France, comment parler de « prolifération » (terme scientifiquement erroné qui plus est) dans ce cas ? Enfin, le loup est loin d’avoir recolonisé tout son territoire.
  • Les tirs ne sont pas une solution sur le long terme. Une meute privée de l’un de ses membres s’en trouve désorganisée. Cela augmente donc considérablement les risques d’attaques de loups isolés. Seuls les moyens de protection permettent une cohabitation durable.
  • Les moyens de protection ne sont pas appliqués partout par tous les éleveurs, loin s’en faut. Certaines associations ont produit des vidéos montrant clairement des troupeaux non protégés. Les éleveurs doivent d’abord s’occuper de la protection de leur cheptel avant d’envisager un quelconque tir de défense.
  • Les tirs sont par ailleurs susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités. En effet, comment contraindre un éleveur à mettre en place des moyens de protection si on élimine les prédateurs de son secteur  ? Le raisonnement est illogique.
  • En prenant en compte tous les cas de mortalité connus, au moins 41 loups ont déjà été tués en France pour la période 2015-2016, le plafond de 36 est déjà largement dépassé depuis début décembre. Il est urgent de mettre un terme à ces abattages scandaleux.
  • Entre 2014 et 2015, le nombre d’attaques sur les troupeaux imputées au « loup non exclu » a augmenté de 4%, et le nombre de brebis indemnisées a augmenté de 2%. N’oublions pas que, par facilité et complaisance, les attaques de brebis qui ne sont pas dues au loup sont tout de même indemnisées, au bénéfice du doute.
  • L’Etat devrait mettre d’autres moyens en oeuvre pour aider les éleveurs (accompagnement technique, vérifications et suivi des moyens de protection sur les terrain (pour la mise en place de clôtures dignes de ce nom), aide systématique d’un spécialiste de l’éducation des patous, méthodes expérimentales ou peu utilisées comme les fladrys, effarouchements lumineux, etc.). La seule réponse de l’Etat, c’est la création de brigades anti-loups, un scandale !
  • Il est évident que si les éleveurs refusent d’assurer une protection efficace de leur troupeaux, les attaques de loups se poursuivront car les plus mortelles ont toujours été observées sur les troupeaux peu ou pas protégés ! (constatation récemment reprise par la préfecture de l’Isère).
  • Ce projet ne permettra certainement pas aux éleveurs de continuer à exercer leur profession sereinement. Il encouragera davantage le braconnage et mettra en péril la biodiversité de notre pays, et patrimoine commun.

Roumanie : la révolte des bergers qui protègent leurs troupeaux !

S’il y a un pays — que je connais bien — où la cohabitation entre le pastoralisme et la faune sauvage ne pose pas (ou peu) de problème, c’est bien la Roumanie !

Pour y avoir vécu plusieurs années et y avoir rencontré des bergers — ou, devrais-je dire, de vrais bergers, ceux qui gardent encore leurs troupeaux — je peux témoigner que ce pays européen avait de quoi être montré en exemple sur les rapports entre les bergers et les grands prédateurs. S’il y aurait beaucoup à dire sur d’autres sujets, là, pour le coup, les roumains avaient des leçons à nous donner !

Car si, en France, une poignée d’éleveurs fait la loi et obtient le droit de vie et de mort sur les quelques grands prédateurs — pourtant protégés — qui peuplent encore nos forêts et nos montagnes (notre poignée d’ours, de lynx et de loups), en hurlant à qui veut l’entendre que la cohabitation est « IM-POS_SIBLE ! », c’est loin d’être le cas en Roumanie.

J’y ai rencontré des bergers qui m’expliquaient que la protection des troupeaux, c’était leur métier ! Que bien sûr des ours et des loups s’approchaient, mais qu’ils étaient là pour les chasser, que leur simple présence faisait fuir les prédateurs.

Il y a pourtant des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes également dans ce pays d’Europe de l’Est ! Peut-être parce qu’il y a toujours eu des prédateurs et, qu’en tout temps, il a fallu partager le territoire avec eux, COHABITER, il y a eu une transmission entre les générations de bergers et il y a encore aujourd’hui une fierté à protéger le troupeau.

Il y a aussi le fait que beaucoup d’élevages sont dédiés à la fabrication du fromage. Telemea, Caș, Cașcaval, Urdă, brânză de burduf… autant de fromages qui nécessitent une traite plusieurs fois par jour. La vie de la « stână » est rythmée par une véritable vie pastorale, par les troupeaux qui partent le matin, conduits par des bergers et leurs chiens, puis qui rentrent pour la traite avant de passer la nuit en pleine nature, mais parqués et sous la surveillance à la fois humaine et canine ! Oui, voilà comment on élève des brebis dans une zone à prédateurs. Et si tout n’est pas rose en Roumanie, j’ai vu ces bergers. Je les admire. Ceux qui crient au loup, chez nous, en France, feraient bien de s’en inspirer !

Mais, un jour, cette belle image s’est assombrie.

Les bergers, mécontents, sont entrés dans Bucarest, la capitale de la Roumanie !

Après les révoltes paysannes de 1907, voici les bergers roumains à nouveau dans la rue. Je vous rassure, rien à voir… à part le fait qu’ils comptent bien se faire entendre par le gouvernement ! A l’appel de plusieurs associations d’éleveurs, ils ont organisé une manifestation mardi devant le parlement pour s’opposer à une modification de la législation qui devait limiter le nombre de chiens de protection, sous peine de devoir payer une amende allant jusqu’à 1500 lei !

La loi prévoyait un seul chien en plaine, deux chiens en zone de collines et 3 dans les montagnes ! Mais qui est derrière cette loi ? Les chasseurs en premier plan !

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« Inițiatorii legii au preluat, practic, argumentele vânătorilor, şi anume că prea mulți câini la stâne afectează animalele sălbatice, dar și turismul și vânătoarea. » Liviu Dragnea.

« Les initiateurs de cette loi ont repris les arguments des chasseurs, qui disent qu’un nombre trop élevé de chiens sur les estives affecte la faune sauvage, mais également le tourisme et la chasse. »

Une association ornithologique a également appelé à la limitation du nombre de chiens pour garder les troupeaux, estimant que ceux-ci sont mal nourris et qu’ils fuguent, redeviennent sauvages, se reproduisent et s’attaquent aux oiseaux qui pondent au sol, mais aussi aux grands mammifères. Plutôt que d’empêcher les bergers de protéger correctement leurs troupeaux, ce qui conduirait à une situation analogue à notre dramatique exemple français qui consiste à abattre les grands prédateurs plutôt que de protéger les moutons, trouvons d’autres solutions !

Il est vrai que les chiens de bergers sont souvent considérés comme des outils de travail, que le suivi vétérinaire n’est pas toujours suffisant et qu’ils ne sont pas nourris avec des croquettes Premium vendues à prix d’or. Justement parce qu’ils doivent les nourrir, les bergers n’ont aucun intérêt à avoir plus de chiens que nécessaire ! Laissons-leur gérer cela eux-mêmes. Par contre, peut-être le gouvernement pourrait-il légiférer sur un encadrement de la reproduction des chiens, un puçage obligatoire des animaux, un suivi vétérinaire régulier (à noter que les chiens sont déjà tous suivis gratuitement pour la vaccination anti-rabique, chaque année).

Après des affrontements devant le Parlement, il semble que le gouvernement ait reculé et que les sanctions financières à l’encontre des bergers trop bien protégés soient abandonnées…

Quant aux chasseurs qui s’estiment en compétition avec les chiens des bergers, peut-être pourraient-ils commencer par déclarer leurs prises et mettre un terme au braconnage… parce que malheureusement, cela aussi j’ai pu l’observer lorsque j’ai vécu en Roumanie.

http://www.romanialibera.ro/actualitate/eveniment/protest-al-crescatorilor-de-oi–in-fata-parlamentului-402176