Montgeron (91) fait la part belle aux cirques avec animaux !

La ville de Montgeron a autorisé le cirque EUROPA à s’installer sur le territoire de sa commune du 26 février au 6 mars.

Aves France et le cce2a militant tous les deux pour des cirques sans animaux ont décidés de mener une action afin de demander que ce cirque ne soit pas autorisé à se produire sur la commune au nom de l’éthique animale.

En partenariat avec :

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Nous vous invitons à écrire (de façon courtoise) à Mme le Maire de Montgeron, au Président de la communauté d’agglomération Val d’Yerres – Val de Seine pour leur faire connaitre notre position et demander à la DDPP de l’Essonne de venir contrôler l’état sanitaire des animaux et la validité des certificats de capacité à l’aide du formulaire ci-dessous :

ACTION TERMINEE – MERCI POUR VOTRE MOBILISATION

 

 

 

 

 

 

 

Manifestation pour les loups le 12 mars 2016 à Paris

AVES France relaie bien volontiers cet appel à manifester issu d’une mobilisation citoyenne.

Après la manif du 16 janvier à Lyon, du 17 janvier à Nice et juste avant celle du 13 mars à Madrid (nos voisins espagnols descendront dans la rue pour sauver « leurs » loups), ce sera le tour  de Paris le 12 mars prochain. Partout en Europe, les citoyens se mobilisent pour sauver les loups, et ce mouvement prend de l’ampleur.

Des membres d’Aves France seront présents. Venez nombreux pour demander au gouvernement de cesser les abattages de loup.

Pour plus de renseignements, voici la page facebook des organisateurs de la manif :

https://www.facebook.com/events/733070626820848/

paris manif

Compte-rendu du voyage en Equateur : refuge AmaZOOnico et rencontre avec le tapir des montagnes et l’ours à lunettes

Du 16 au 31 janvier 2016, 3 membres de l’association sont partis — à leurs frais évidemment — en Equateur. Nicole Soteau et Pascal Leroy m’ont accompagné dans cette expédition à laquelle nous rêvions depuis des mois. L’instabilité du volcan Cotopaxi l’été dernier nous avait conduits à oublier ce voyage, mais son calme retrouvé nous a convaincus que nous devions y aller. L’Equateur n’est pas seulement le pays des volcans, même si une dizaine d’entre eux culmine à plus de 5000 m d’altitude. C’est aussi le pays de l’ours à lunettes et du tapir des montagnes, dans la cordillère des Andes, et celle de la jungle, de sa faune et de sa flore luxuriante, pour sa partie amazonienne.

© Christophe CORET

© Christophe CORET

Nous nous sommes donc concocté un programme varié pour ces deux semaines en Equateur, avec deux impératifs :

L’Equateur est un pays socialiste depuis l’élection du Président Correa en 2007. Alors qu’ils l’ont acclamé les premières années, les Equatoriens que nous avons rencontrés sont nombreux à attendre les élections de 2017, déçus par l’absence totale de soutien du gouvernement aux projets écologistes. Au mieux les associations ne sont pas soutenues, au pire on leur met des bâtons dans les roues. J’en ris en répliquant qu’en France, le gouvernement nous ignore. Mieux vaut-il être détesté ou méprisé… telle est la question !

C’est donc grâce aux soutiens étrangers que les associations équatoriennes peuvent agir. Raison de plus, pour nous, d’expliquer ce que nous avons vu sur place afin de convaincre le public français de les aider.

Semaine 1 : refuge pour animaux sauvages AmaZOOnico.

C’est Morgane, qui travaillait chez Lush quand nous l’avons rencontrée, qui nous a fait connaître ce refuge. Morgane a été bénévole à deux reprises au refuge et est rentrée de ses missions avec la ferme intention de faire connaître leur travail. Et on peut dire que quand Morgane veut quelque chose, elle s’en donne les moyens !

Elle a organisé une Charity Party dans la boutique Lush dans laquelle elle travaillait pour collecter des fonds pour le refuge, elle a mis en ligne un blog pour relayer en français tout ce qui se passe là-bas, elle nous a convaincus de les soutenir et de recruter des bénévoles pour eux, et a même réalisé des objets artisanaux qu’elle vendait lors d’apéros solidaires.

Bref, toutes ces actions nous ont permis d’envoyer 3500 € en 2015 au refuge.

Nous sommes arrivés le lundi 18 janvier 2016 à Puerto Barantilla, après une route aux paysages variés traversant Quito, Papallacta (3300 m d’altitude), Baeza et Tena (598 m d’altitude). Jamais je n’avais vu des bambous aussi grands !

A Puerto Barantilla, il faut changer de mode de transport. On abandonne la voiture pour une pirogue. Il n’y a pas de route où nous allons et c’est tant mieux !

Nous souhaitions vivre à proximité du refuge AmaZOOnico et avions deux possibilités : réserver un lodge au Liana Lodge, plutôt luxueux, ou opter pour les éco-lodges Runa Huasi, qui offrent un hébergement plus authentique, sans téléphone ni électricité… ni eau chaude. Une plongée au coeur de la forêt amazonienne, sans fioritures : une cabane en bois et en bambous, des moustiquaires à la place des fenêtres, une magnifique terrasse et son indispensable hamac, et surtout une bougie pour voler quelques heures à la nuit. C’est quand Morphée nous enlève que le concert des insectes joue sa symphonie. Ils doivent-être des milliers, alors que nous n’en croisons pas la journée. Quelques geckos s’amusent sur les murs, une grenouille passe sous la porte. Tout ce petit monde vit autour de nous sans nous perturber… pas plus la tarentule qui a pris ses quartiers dans l’espace repas.

La responsable du refuge s’est absentée pour quelques jours, mais elle a tout organisé pour nous. Nous rencontrons Gaby. Elle est bénévole pour AmaZOOnico depuis quelques mois et elle connaît le refuge sur le bout des doigts. Elle sera notre guide pour la journée. Nous la suivons dans ses missions. Elle nous présente les pensionnaires les uns après les autres. Elle nous conte leurs histoires et diverses anecdotes. « Elle, c’est Trumpy, elle accompagne les groupes partout. Là c’est un groupe de singes araignées sauvage qui vit à côté du refuge. On reste à proximité des tapirs quand ils mangent pour éviter que des singes puissent venir leur voler leur nourriture. » Bref, Gaby travaille dur ici, mais on voit que malgré la fatigue liée aux journées chargées, elle aime donner son temps à ces animaux. Elle a appris à les connaître. Sait leurs préférences et leurs habitudes.

Nous observons, discutons, scrutons, dialoguons. Les bénévoles partagent leur repas avec nous. Ils sont tous jeunes et en pleine santé. Tous motivés. Ici le casting doit-être particulièrement bien fait, car il n’est pas question de recevoir des gens qui pourraient prendre cette expérience pour des vacances. Il faut nettoyer les enclos, préparer la nourriture des animaux, porter de lourds seaux à travers le refuge, participer à la vie communautaire, mais aussi recevoir les touristes et savoir leur présenter les lieux en plusieurs langues différentes.

Gaby nous présente l’enclos des singes tamarin qui a été rénové grâce aux fonds que nous avons envoyés. Nous comprenons que le soutien des associations étrangères est important car le refuge ne bénéficie d’aucune aide du ministère. Certains animaux resteront pour toujours au refuge. D’autres sont destinés à être relâchés. C’est la raison pour laquelle Gaby insiste sur l’importante de limiter les contacts avec les animaux ; il est même demandé aux touristes de ne pas parler aux aras afin de ne pas les stresser. Belle philosophie !

Le lendemain, nous parcourons la jungle avec un garde de Selva Viva. Il nous fait découvrir la flore qui est luxuriante ici. Des feuilles de près de deux mètres, des arbres majestueux, des arbres qui saignent et qui soignent. Nous passons de la forêt secondaire à la forêt primaire et vice-versa. Dans la première, on exploite le cacao, le café, des racines. Dans l’autre, la protection est totale. Le milieu est fermé, notre guide use de la machette pour nous frayer plus facilement un chemin. Au-dessus de nous, on entend un toucan, que nous apercevons furtivement. A travers une trouée, des paysages à couper le souffle, avec une brume qui s’échappe des arbres. Chez nous, le smog. Ici, le cycle de la vie. Il nous présente sa famille, nous offre une banane. Leur vie est modeste, mais il est fier de participer à la conservation de la nature. C’est sa mission. Sa vie. On sent qu’il aime son travail, même s’il aimerait un peu plus de reconnaissance de la part des politiques de son pays.

Pour notre dernière soirée en Amazonie, nous décidons de faire du bird watching en pirogue, à la tombée de la nuit. Nous sommes au milieu du rio Arajuno et remontons vers le Rio Napo. J’ai l’impression de remonter les Champs-Elysées. Sauf que de chaque côté de nous, ce ne sont pas des briques ou du béton, mais de la végétation à perte de vue, des arbres si beaux, si grands, des lianes, des fleurs, une flore plus riche que toute celle que j’ai pu observer jusqu’à ce jour. Sur la berge, une loutre à longue queue se cache à notre passage et des singes nous saluent depuis les cimes des arbres. Dans le ciel, des caracaras huppés, des perruches, des aras bleus et des hoazins huppés. Je suis ému par le spectacle qui s’offre à mes yeux et ne peut m’empêcher de penser que dès le lendemain, nous devons quitter cette merveilleuse région du monde. L’Amazonie est un écrin dans lequel tout mérite d’être protégé : la faune, la flore, les gens qui y vivent. Pour cela, une fois de plus, il faut éduquer. Cela me rappelle la détonation que nous avons entendue un matin. Même au coeur de la jungle, une détonation est violente et pose des questions. On nous a appris que certains ici continuent à pêcher à la dynamite. Alors oui il faut éduquer. La dynamite, en plus d’être dangereuse pour celui qui la manipule, détruit tout. Il faut donc éduquer ces gens, c’est évident, pour faire disparaître ce genre de comportement.

Notre remontée vers Papallacta se fait par la route des volcans. Il fait sacrément beau alors que janvier est réputé pour être la saison humide. Pour nous, c’est agréable. Nous pouvons marcher en altitude sans trop nous couvrir et surtout bénéficier de vues exceptionnelles sur les cratères. Un soir de lune rousse, alors que nous observons le Cotopaxi dont les neiges sont recouvertes de cendres, un colibri fait son apparition. Ce pays a quelque chose de magique !

Semaine 2 : condor, tapir de montagne et ours à lunettes.

11058748_10153724364775999_4176844689636799157_oJe n’avais jamais rencontré Armando. Pourtant, nous soutenons Andean Bear Foundation depuis longtemps. Je connais son travail (pour lequel j’ai une grande admiration), nous échangions régulièrement par mail, mais nous ne nous connaissions pas. Parfois on est déçu des gens que l’on admire. Oh, beaucoup m’ont déçu, même ! Mais pas Armando. Cet homme là a deux visages : l’un sérieux et parfois grave quand il parle de son travail et l’autre souriant quand sa mission est terminée. Même si mon expérience de vie en Roumanie m’a appris à relativiser beaucoup de choses, je pense avoir encore, moi-aussi, ces deux facettes. Parfois sérieux et grave ; parfois léger et drôle. Et toujours une forme d’exigence envers soi.

Armando commence par un briefing pour nous expliquer son travail. Il nous présente le tapir des montagnes et l’ours à lunettes. Son approche est scientifique. On sent l’homme de terrain. Alors que j’ai toujours lu dans de nombreux ouvrages que l’ours à lunettes est un ours plutôt arboricole, qui mange principalement des végétaux et qui est plutôt calme, Armando passe en revue sa présentation jusqu’à nous montrer la vidéo d’une vache agonisante après qu’un ours lui ait arraché la chair entre les omoplates. Personne n’y croyait, mais le cas s’est répété. Les traces sur les cadavres des animaux sont caractéristiques : on voit les griffes de l’ours, l’endroit où il s’est accroché jusqu’à faire tomber sa proie. Armando nous explique qu’on connaît très mal les animaux qu’il étudie. Que ce soit l’ours ou le tapir ! D’ailleurs, il me demande comment on appelle Andean Bear en France. « Ours à lunettes, je réponds. » Il me rétorque que pourtant, certains ours n’ont pas de lunettes. Certains sont entièrement noirs !

Il nous montre aussi ses relevés GPS. Plusieurs animaux sont équipés. Nicole me demande pourquoi Armando souhaite en équiper d’autres ? « Sylvie n’aime pas ça ! » ajoute-t-elle. C’est vrai qu’au sein de l’association, nous avons déjà eu des débats sur l’utilité d’équiper les animaux sauvages. Mais pour moi, la démarche d’Armando a un sens.

Si je ne vois pas l’intérêt de suivre des ours bruns en France, car c’est une espèce qui a largement été documentée et qu’un suivi serait seulement du flicage pour surveiller les zones de fréquentation, la démarche d’Armando est toute autre.

Suivre les ours à lunettes permet d’en apprendre plus sur cette espèce encore mal connue. Cela permet d’étudier leurs habitudes, leurs territoires, les interactions avec les activités humaines (et notamment l’élevage)… Chez nous, on dit que l’ours est actif surtout à l’aube et au crépuscule. Les relevés d’Armando ont permis de montrer que l’ours à lunettes est actif en journée ! Il fréquente des altitudes autour de 4000 mètres. Son régime est omnivore et son alimentation se compose surtout de végétaux (chusquea — une sorte de bambou, des coeurs de palmiers, la base tendre des huaycundos, des puyas, des airelles… parfois du maïs ou du maïs doux. Armando partage ses découvertes avec les spécialistes internationaux des groupes ours et tapirs.

Sur le terrain, Armando est secondé par Melchor. Melchor est Kichwa. Il était garde forestier. Il a longtemps utilisé ses chiens pour tuer des ours et des tapirs. Mais un jour, il a rencontré Armando. Armando lui a appris à apprécier les ours et les tapirs vivants. C’est quand ils ont capturé les premiers ours et tapirs pour les équiper de colliers émetteurs qu’Armando a demandé à Melchor de poser ses mains pour les toucher, sentir leur coeur battre. Ces instants ont transformé Melchor, qui est devenu, de l’aveu même d’Armando, plus écologiste que lui ! « Il a converti sa famille, milite contre l’abandon des déchets dans la nature. L’ours lui a tué 4 vaches. Il l’a pris avec philosophie, en disant qu’il valait mieux que l’ours attaque ses vaches plutôt que des tapirs, qui eux sont menacés. » Melchor est incroyable. Il ne marche pas, il vole ! A plus de 4000 mètres d’altitude, il grimpe des collines et des montagnes sans presque jamais s’arrêter, antenne télémétrique au poing, dans l’espoir de voir, d’apercevoir, ceux qui sont devenus, avec le temps, ses protégés.

Armando m’avait prévenu à l’avance : « c’est garanti, tu verras des ours et des tapirs ». Moi… j’en ai vécu des affûts. J’ai aussi été guide. Je sais que rien n’est jamais garanti. Des heures d’affût pour rentrer bredouille, j’ai connu… surtout avec l’ours ! Alors…

Pendant le dîner, Armando devient grave et m’annonce qu’il a une mauvaise nouvelle à m’annoncer. Cosanga, la petite ourse pour laquelle il s’est tant battu afin qu’elle retrouve sa liberté, est morte. Elle a été tuée par un ours mâle, qui a probablement souhaité s’accoupler avec elle. Mais Cosanga était trop jeune. Elle n’a pas su se défendre. Il s’est inquiété quand il a vu son signal fixe pendant plusieurs jours. Je le sens atteint par cette nouvelle et ne montre pas mon émotion. J’essaye de le rassurer, ce sont des choses qui arrivent, la nature est parfois cruelle. Mais je ne regrette rien ! Au moins nous avons essayé et nous avons évité à Cosanga une vie peut-être longue mais si pénible en captivité. Armando me confie qu’il essaye de convaincre les autorités de ne plus prélever systématiquement les jeunes ours qui semblent abandonnés. Parfois leur mère peut avoir pris peur et revenir les chercher. La réhabilitation est compliquée car il faut éviter au maximum l’imprégnation humaine, ne pas rendre les oursons dépendants. Le choix du sauvetage d’un ourson doit toujours  être le fruit d’une décision mûrement réfléchie.

Jour 1, Armando a appris qu’un tapir a été trouvé mort près d’un ruisseau. Il souhaite savoir pourquoi il est mort, mais le corps de l’animal est trop loin. Il ira le lendemain matin sans nous. Il souhaite que nous gardions nos forces pour gravir la montagne et tenter d’observer l’ourse Rebecca. Il fait beau. Exceptionnellement beau et chaud pour la saison. Armando nous dit que c’est la première fois qu’il marche sans manteau en cette saison. Le relief est important et il nous faut descendre des pentes raides avant de regrimper des collines pour tenter d’observer l’ourse, dont le signal nous indique qu’elle est à proximité. La progression dans les graminées hauts de 1,5 à 2 mètres est difficile et mes compagnons de voyage souffrent un peu de l’altitude. Armando et Melchor font leur maximum pour localiser l’ourse, mais elle avance plus vite que nous. Elle est déjà sur l’autre versant. Après plusieurs heures de recherche, nous nous avouons vaincus.

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

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Le lendemain, nous partons sur les traces de Panchita, une femelle tapir des montagnes. Armando et Melchor ont débuté leur journée à 6h du matin pour voir le cadavre du tapir mort, mais ils n’ont rien pu apprendre sur les causes du décès, l’état de décomposition étant trop avancé. L’étude des animaux sauvages n’est pas un long fleuve tranquille ! A leur retour, nous partons vers le paramo. Melchor part avec l’antenne télémétrique et nous prenons un chemin moins escarpé avec Armando, qui essaye de s’adapter au maximum à notre rythme. Il communique avec Melchor par radio afin de maximiser nos chances d’observation. Aujourd’hui il fait encore plus beau et chaud. Pas un nuage à l’horizon. Nous observons les volcans Antisana, Cayambe et même le Cotopaxi. Armando est surpris… en tee-shirt, en janvier, avec une vue sur le Cotopaxi. C’est tellement étonnant ! Le changement climatique est perturbant pour tout le monde. Nous n’observons aucun animal. Il n’y a ni lapins, ni rapaces, ni cervidés. Rien ! J’analyse cela par la chaleur. Chez nous aussi les animaux se cachent par ces températures ! Imaginez ! 26° à 4000 mètres d’altitude ! Même si la faune est absente, les paysages sont somptueux, éblouissants ! Armando nous montre les végétaux consommés par des tapirs et les ours dans cette zone. Nous atteignons un endroit creusé dans la montagne et Armando s’y assoit : « C’est le nid, bienvenus dans mon bureau ! dit-il en riant ». Il contacte Melchor qui lui indique que le signal de Panchita est sur l’autre versant. Nous reprenons nos affaires et grimpons sur une grande colline. Panchita est dans la forêt, en face de nous, et nous devons attendre qu’elle en sorte pour la voir.

Nous patientons. Armando m’explique que nous devrions nous approcher. Je choisis de grimper sur la plus haute colline à proximité. A peine arrivé en bas qu’Armando me fait signe de me dépêcher de grimper, Panchita est apparue. Je fonce. Mes poumons me brûlent. Il s’agite car il ne veut pas que Panchita rentre à nouveau dans la forêt sans que je puisse la voir. Je redouble d’effort, mais courir, en pleine ascension, à cette altitude, est difficile. J’atteins le sommet, jette mon sac à dos à bout de souffle et j’oublie instantanément toute souffrance et la voyant. Panchita est là. Elle est belle. Un peu loin pour mon appareil, même avec un téléobjectif de 500mm, mais je ne la quitte plus des yeux. Tss, tss, tss, je mitraille. Je lève le pouce pour indiquer à Armando que je la vois. Je l’entends dire, avec enthousiasme, « Christofer l’a vue, Christofer l’a vue ! ». Je souris. Panchita s’offre en spectacle de longues minutes. Mon premier tapir des montagnes. Un animal étonnant, une sorte d’ours avec une trompe ! Je savoure. Armando, Nicole et Pascal atteignent un autre point d’observation. Tous finissent par la voir. Mission réussie !

Le lendemain, nous repartons sur les traces de Rebecca. Le temps n’a pas changé. Ce qui est une aubaine pour nous, puisqu’il est plus agréable de marcher quand il fait beau que quand il pleut, ne l’est pas pour notre mission. Armando se rend compte que toutes les habitudes des animaux sont perturbées par cette météo inhabituelle. Rebecca est toujours présente en milieu dégagé et elle est plutôt fainéante. Ce n’est pas son genre de se déplacer autant. Soit c’est le temps, soit elle est gestante. Armando n’est pas rassuré et veut pouvoir l’observer afin de s’assurer qu’elle va bien. Nous marchons, affûtons, pas de Rebecca. Le signal indique qu’elle se trouve dans la forêt face à nous, mais elle ne compte pas en sortir. Après une longue attente, Melchor décide de pénétrer le bois pour vérifier que Rebecca est bien là et en bonne santé. Armando surplombe la colline afin de pouvoir observer l’ourse si elle s’enfuit. Après une longue approche silencieuse, Melchor sort et nous fait signe de le rejoindre. Rebecca est bien là. Nous pénétrons à notre tour cette forêt très épaisse. Difficile de s’y faufiler sans faire de bruit. Rebecca est là, à une dizaine de mètres. Elle nous domine, sur une paroi très pentue, dans la végétation. Elle sait que nous sommes là et part sans précipitation. Elle sait que nous ne pourrons pas la suivre ici. Comment un ours peut-il se déplacer aussi facilement là où nous ressemblons à une mouche prise dans une toile d’araignée ? Je l’observe quelques secondes sans réussir à la prendre en photo. Impossible de passer entre les branches. Seule Nicole ne la voit pas. Nous laissons Rebecca s’éloigner un peu et tenterons une nouvelle approche après une courte pause.

Armando et Melchor tentent une approche depuis le haut de la colline, se glissant contre des parois quasi-verticales et végétalisées. Rebecca s’est aménagée un petit nid où elle se repose. Elle les regarde. Ils sont juste à quelques mètres d’elle. Armando prend une photo puis vient nous chercher. Un par un m’explique-t-il car l’approche est difficile. Toi d’abord ! Ok. En effet, je ne me sens pas en sécurité. Je me demande encore comment l’ourse peut se déplacer sur une paroi aussi étroite. Je me cramponne à la végétation : une chance, les graminées d’Equateur ont une résistance énorme ! Je photographie le nid désormais vide. Nous continuons notre approche périlleuse, mais Rebecca est partie. Toutes nos tentatives seront infructueuses et Armando est très déçu, car il voulait que chacun de nous puisse voir Rebecca, y compris Nicole. On voit qu’il n’aime pas l’échec et qu’il est peiné.

En rentrant, nous nous rendons dans un autre lieu où une cage permet de capturer les animaux afin de leur poser des colliers GPS. C’est là que les ours et le puma ont été pris. Armando y dépose un appât. Il y a des crottes d’ours et de nombreuses empreintes dans cette zone. Armando espère une capture dans les jours à venir.

Pour notre dernier jour, le temps est couvert. Il fait plus frais. Rebecca va-t-elle enfin reprendre ses habitudes ? Armando s’est mis la pression, alors que nous lui assurons que ce n’est pas grave si nous ne pouvons pas mieux voir Rebecca. Il refuse l’idée que Nicole puisse rentrer en France sans l’avoir vue. Nous arrêtons la voiture au même endroit que le premier jour. Melchor en sort. Quelques secondes après, il s’agite : Rebecca est là ! Cet homme a des yeux magiques ! Rebecca n’est qu’un petit point dans la végétation face à nous, mais il l’a tout de suite remarquée. Nous sortons notre attirail et tentons une approche en silence. Nous approchons jusqu’à une centaine de mètres et nous cachons dans la végétation. Elle est magnifique. Calme. Elle hume l’air et imaginons qu’elle se dit « ah, c’est Armando et ses amis. Ils me courent après depuis 3 jours, je vais quand même leur offrir quelques minutes pour m’admirer ». Pascal filme, Nicole est rivée à ses jumelles, je fais chauffer la carte mémoire de mon appareil photo, tout en n’oubliant pas de savourer cet instant rare. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nous sommes chanceux de vivre cet instant privilégié, mais je me demande aussi combien apprécieraient ce moment à notre place ? J’imagine que la majorité des gens n’imaginent pas les efforts qu’il faut déployer pour voir ces animaux rares dans leur milieu naturel, mais aussi qu’ils n’apprécieraient même pas ce moment à sa juste valeur s’ils étaient à notre place. Derrière nous, Armando et Melchor sont heureux. Ils ont réussi leur pari ! Rebecca décide de s’en aller. Armando nous dit : « c’est fini, on la laisse tranquille ». Il nous laisse reprendre nos esprits. Nous sommes émus. Nous immortalisons l’instant par une photo de groupe. Nous rentrons, comme sur un nuage, portés par cet instant incroyable que nous venons de vivre.

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Armando nous emmène à 4650 mètres. D’ici nous surplombons toute la région. Le paysage est lunaire, une lune végétale. C’est beau. Il cherche un ours. Nous n’en verrons pas, mais assistons à la place au vol des condors ; c’est notre jour de chance !

12592694_10153729394215999_6926050310298163345_nNous préparons notre retour sur Quito avant celui vers la France. Fin de voyage. J’achète des porte-clefs à Armando que nous vendrons pour l’aider dans ses actions. Je suis ravi de l’avoir rencontré et convaincu plus encore de notre devoir de le soutenir dans ses projets. Nous sommes conscients de notre chance : nous avons, lors de cette expédition, réussi tout ce que nous nous étions promis de faire, le voyage n’aurait pas pu mieux se passer. Nous avons rencontré des acteurs de la protection de la nature précieux et observé des animaux rares, découvert un milieu riche, varié, qu’il faut préserver. Pas un trésor national, un trésor pour l’humanité. L’Amazonie respire pour nous.

Samedi, à l’aéroport, en escale à Miami, je reçois un message d’Armando. Il a capturé un jeune ours dans la cage. Il va pouvoir l’équiper avec un collier GPS. Pourquoi ? Toujours pour étudier son comportement, mais surtout ses déplacements. C’est le quatrième ours suivi par Armando, qui s’inquiète de leur proximité avec l’énorme route qui traverse le paramo. Cette route relie Quito à l’Amazonie et représente un réel danger pour la faune sauvage. Armando utilisera les données de cette étude pour alerter le gouvernement et faire des propositions afin de limiter l’impact négatif de la route sur les animaux sauvages.

Pour nous aider à continuer d’apporter notre soutien à AmaZOOnico et Andean Bear Foundation, plusieurs méthodes :

Vous pouvez aussi, si vous avez la condition physique requise et du temps, devenir bénévole pour AmaZOOnico (au moins 2 mois) ou partir quelques jours à la rencontre des ours à lunettes et des tapirs avec Armando. Nous nous ferons un plaisir de vous donner des informations si vous souhaitez vous rendre en Equateur.

Christophe CORET
Président d’AVES France

Manif pour le loup : co-voiturage pour Lyon

Le 16/01/16 aura lieu la manifestation pour les loups à Lyon.

Du co-voiturage peut-être organisé pour la Nièvre et les départements limitrophes, Allier,Cher, Saône et Loire.

Merci de laisser vos propositions dans les commentaires.

Nous donnerons plus de détails sur les horaires et lieux de rendez-vous, début janvier.

Pour ceux qui n’habitent pas sur ces départements, vous pouvez aussi laisser des messages ici :

https://www.facebook.com/events/1640029419578434/

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#COP21Paris : AVES France vous donne rendez-vous les 5 & 6 décembre à Montreuil pour le Sommet Citoyen pour le climat.

Malgré les attentats et l’interdiction des marches pour le climat, initialement prévues le dimanche 29 novembre, veille de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur le climat et le dimanche 12 décembre, au lendemain de la clôture de la conférence, les évènements des 5 et 6 décembre sont pour l’instant maintenus.

Le week-end des 5 et 6 décembre sera le moment où se concentreront le maximum de débats et présentations d’alternatives concrètes face aux dérèglements climatiques pendant les deux semaines de la COP.

AVES France vous donne donc rendez-vous au Village Mondial des Alternatives sur lequel nous tiendrons un stand, sur la thématique « Biodiversité ». (n°8 sur le plan). Nous y présenterons notre expositions sur les pôles et l’ours polaire, si l’espace le permet, ainsi que les autres actions de l’association. Vous pourrez également acheter des bracelets Bearz, signer des pétitions… en résumé, passez nous voir !

Si vous souhaitez nous aider à tenir le stand, contactez-nous !

Programme :

  • Le Village Mondial des Alternatives organisé par Alternatiba : à la fois une grande fête populaire et un village des alternatives individuelles, collectives et territoriales au changement climatique et à la crise écologique et énergétique. Des quartiers thématiques (éco-habitat, énergie, alimentation et agriculture, transport, finance, etc), seront composés de stands et démonstrations de porteurs d’alternatives. Ce Village sera aussi convivial, participatif et animé par des spectacles, concerts, repas, etc.        
  • Le Climat Forum, organisé par la Coalition Climat 21, sera l’occasion de participer de participer à des débats, des conférences, des ateliers ainsi que des projections et représentations de théâtre. L’espace du « Climat Forum » vous permettra d’échanger et débattre autour des initiatives, analyses et solutions portées par les luttes du monde entier. Il sera également un espace de préparation des actions qui pourront avoir lieu pendant la 2ème semaine des négociations et notamment le 12 décembre. Le programme détaillé sera bientôt dévoilé.
  • Le Marché paysan de la Confédération paysanne : il permettra l’échange entre citoyen-ne-s et paysan-ne-s et offrira un moyen de soutenir concrètement l’agriculture paysanne qui assure l’autonomie des paysan-ne-s, la protection de la biodiversité, la qualité alimentaire et le maintien de territoires vivants. Ce marché doit permettre de changer sa façon de consommer le long des allées du marché tout en goûtant des produits d’une vingtaine de régions de France.
####Infos pratiques ##########

 

Accès général sur le village :

Dans la mesure du possible, il faut privilégier une arrivée sur le village en transport en commun, en vélo ou à pied. En transport en commun, l’arrêt de métro le plus proche est Mairie de Montreuil, ligne 9.

Horaires :

Samedi : Le VMA sera ouvert au public de 12H00 à 17H00.
Les animations et concerts se poursuivront de 17H00 à 23H00 sur la place Jean JAURES.

Dimanche : Le VMA sera ouvert au public de 10H00 à 17H00.

Cirque de Madrid à Decize : l’administration ne répond pas

Il y a quelques jours, nous avons signalé à la DDT et à la DDCSPP de la Nièvre, l’arrivée du cirque de Madrid à Decize, en demandant, comme d’habitude, que l’administration vérifie les certificats de capacité.
Nous étions d’autant plus inquiets que certains membres de ce cirque avaient fait l’objet d’une interpellation par les gendarmes, en juillet dernier, dans un autre département, pour une affaire non liée aux animaux.,
Pas de réponse.
Nous apprenons par voie de presse (le Journal du centre) qu’un jeune lion s’est échappé du cirque, le vendredi 25 septembre, et on nous confirmera sur place, que les gendarmes ont été alertés. Le jeune lion a pu être récupéré, sans autres dommages.
Enfin, dernier rebondissement, le maire de Decize décide de porter plainte contre le cirque pour « stationnement illégal ». Alors évidemment, c’est bien peu de choses (que le cirque demeure encore à Decize au-delà de son autorisation) si l’on songe au fait qu’un animal sauvage s’est échappé 2 jours auparavant. Cela aurait pu avoir des conséquences dramatiques aussi bien pour les habitants présents ce jour là que pour l’animal. Disons que c’est mieux que rien…
Les services de la Nièvre ne répondent jamais à nos sollicitations, ni pour nous confirmer leurs contrôles, ni d’ailleurs pour nous signifier que rien n’est fait pour x raisons (manque de temps, de personnel, d’intérêt…).
Nous les prévenons pourtant systématiquement lors des passages de cirques. Les communes qui accueillent ces cirques ne sont d’ailleurs pas plus vigilantes ni concernées par le problème de l’utilisation ds animaux sauvages captifs aux seules fins de « divertir » le public.
Peut-être faudra-t-il qu’un accident plus tragique ne survienne pour qu’élus et administration prennent enfin leurs responsabilités ?

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photos : aves france

photos : aves france

EDIT du 2 octobre : reportage de France 3 Bourgogne : des employés du cirque ont menacé un journaliste du journal du centre à Decize !!

#COP21 : AVES France entre dans la danse et soutient la coalition climat 21

Nous en avions discuté lors de la dernière assemblée générale d’AVES France : il nous semblait indispensable de participer aux évènements qui se produiront en France avant et pendant la Conférence des Parties (COP21) qui aura lieu cette année à Paris.

C’est chose faite : AVES France vient d’officialiser son soutien à la coalition climat 21.

Nous invitons nos membres à s’inscrire sur le site : http://coalitionclimat21.org afin de pouvoir suivre tous les évènements à venir.

Appels à mobilisation pour 2015 :

  • Les 26 et 27 septembre, à Paris, dans nos régions et dans le reste du monde, mobilisons-nous pour soutenir et mettre en valeur les initiatives citoyennes permettant de lutter contre le changement climatique et d’impulser une transition énergétique.
  • Le 29 novembre, retrouvons-nous dans les rues de Paris et dans les villes du monde entier afin de faire entendre nos voix pour une action ambitieuse face au changement climatique. En ce week-end précédant le début des négociations, prenons de l’avance sur les représentant-e-s politiques et affirmons haut et fort nos revendications, de l’alimentation aux emplois, de l’énergie à l’éradication de la pauvreté.
  • Pendant les deux semaines de la COP, les actions se multiplieront, particulièrement à Paris.
  • A partir du 5 décembre, un grand espace de convergence, de débats et de mobilisation sera ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent prendre part aux actions citoyennes et contribuer aux alternatives au changement climatique.
  • Le 12 décembre, venez à Paris et rejoignez la mobilisation de masse pour marquer un temps fort après deux semaines rythmées par la montée en puissance des diverses actions. Unissons-nous pour montrer la force de notre mouvement et envoyer un signal clair en faveur d’un avenir meilleur, plus respectueux de l’environnement, et plus juste pour tou.te.s.

Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous pour ces manifestations.

Consultation publique sur le cormoran : participez

Le cormoran est protégé au titre du régime général de protection de toutes les espèces d’oiseaux visées à l’article 1er de la directive 2009/147/CE relative à la conservation des oiseaux sauvages.
Conformément au code de l’environnement il est toutefois possible de déroger à l’interdiction de destruction des spécimens pour prévenir :
– des dommages importants aux piscicultures en étang ou la dégradation de la conservation des habitats naturels que ces dernières peuvent contribuer à entretenir ;
– les risques présentés par la prédation du grand cormoran pour les espèces de poissons protégées ainsi que pour celles pour lesquelles des indications suffisantes permettent d’établir que l’état de conservation de leur population est défavorable, prévenir des dommages importants aux piscicultures.
Ces dérogations peuvent être accordées par les préfets des départements dans lesquels ont été constatés des dégâts sur les piscicultures ou les eaux libres. Les quotas départementaux dans les limites desquelles celles-ci peuvent être octroyées tiennent compte de l’évolution constatée de la population de cormorans.

La consultation est ouverte du 9 juillet au 31 juillet 2015.

Il s’agit encore une fois d’accorder des dérogations pour une espèce protégée ! Une fois de plus avec des arguments bidons : on veut protéger les poissons « protégés » du grand méchant cormoran lui-même « protégé ». Toujours aucune connaissance de l’écologie dans les préfectures.
Ici, nous nous concentrerons sur les quotas pour une large zone couvrant la Nièvre bien sûr (900) mais aussi l’Allier (900) et la Saône et Loire (1550).

A vos claviers ! C’est ici.