13 associations exhortent la France à s’opposer au commerce international des ours polaires et de leurs parties

coalition ours polaire 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE

Contact:
Charlotte Nithart (Robin des Bois) – Tél: 01 48 04 09 36 ; Email : c.nithart@robindesbois.org    Céline Sissler-Bienvenu (IFAW France) – Tél: 03.26.48.29.20 ; Mobile : 06.17.56.10.74 ; Email : csissler@ifaw.org

13 associations exhortent la France à s’opposer au commerce international des ours polaires et de leurs parties

(Paris, France – 13 décembre 2012) – Dans la perspective de la prochaine conférence des parties à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) qui se tiendra en mars 2013 à Bangkok (Thaïlande) et au menu de laquelle figure l’ours polaire et le commerce de ses parties, 13 associations françaises* de conservation de la nature et de protection des animaux, membres de la « Coalition Ours Polaires », appellent le gouvernement français à soutenir l’initiative américaine visant à interdire le commerce international des ours polaires et de leurs parties qui sera discutée à cette occasion.

Dans un courrier adressé en début de semaine à Madame  Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, la Coalition rappelle que la demande pour les parties d’ours polaires -telles que les peaux- est en expansion alors que les ours polaires sont déjà gravement menacés par la perte de leur habitat due au changement climatique et par d’autres facteurs environnementaux. Entre 2007 et 2012, le nombre de peaux d’ours polaires proposées lors de ventes aux enchères de fourrures au Canada a plus que triplé. Les prix d’achat ont doublé.

« En Chine ou en Russie, le prix peut atteindre 100 000 USD pour l’acquisition d’une peau car cet animal est rare. Cet engouement est inquiétant. Au Canada, il encourage une hausse des quotas de chasse au sein de populations d’ours polaires déjà fragilisées. Le commerce international des ours polaires et de leurs parties représente une menace sérieuse pour l’espèce. Il doit être interdit et la CITES offre cette possibilité» souligne Céline Sissler-Bienvenu, directrice d’IFAW France, porte-parole de la Coalition.

Alors qu’il ne subsiste plus que 20 000 à 25 0000 ours polaires à l’état sauvage, le Canada qui en compte 15 000, est le seul pays continuant à autoriser chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive, mais aussi le commerce international. Ainsi, en 2011, les parties de 441 ours polaires ont fait l’objet de transactions commerciales internationales.

Pourtant, l’avenir de cette espèce emblématique est sombre. Les scientifiques prédisent que les 2/3 des ours polaires pourraient disparaître d’ici à 2050.

« Si le changement climatique est incriminé en premier lieu, il ne faut pas oublier que le déclin des populations d’ours polaires est le fruit d’une combinaison de menaces : l’augmentation des activités industrielles dans l’Arctique, l’exposition des ours polaires aux contaminants chimiques comme le mercure et les PCB mais aussi le commerce international. Cette dernière menace peut être rapidement éradiquée sous l’égide de la CITES et la France a un rôle à jouer»  rappelle Charlotte Nithart, directrice de l’association Robin des Bois, porte-parole de la Coalition.

Les Etats-Unis – soutenus par la Russie – ont rédigé une proposition visant à transférer l’ours polaire de l’annexe II à l’annexe I de la CITES. Ce transfert permettrait d’accroître le niveau de protection de cette espèce en interdisant le commerce international de ces individus ou de leurs parties.
Dans quelques jours, l’Union européenne (UE) devra se positionner sur cette proposition. Alors que plusieurs Etats membres de l’UE y sont favorables, la France garde le silence.
Notes aux rédacteurs :

  • *Les associations membres de la Coalition Ours Polaires : Robin des Bois, IFAW France, Fondation Brigitte Bardot, One Voice, Sea Sheperd France, 30 millions d’amis, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), l’Association AVES France, L214, le CRAC, Ecologie sans Frontière, les Amis de la Terre et ASPAS.
  • L’aire de répartition de l’espèce compte 5 états : Les Etats-Unis, le Canada, la Russie, le Groenland (Danemark) et la Norvège.
  • Il existe  19 sous-populations : 1 est actuellement en augmentation principalement en raison d’une réduction des quotas de chasse, 3 sont stables et 8 en déclin. Concernant les 7 autres sous-populations, les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer la tendance actuelle.
  • La base de données de l’UNEP-WCMC CITES 2012 sur le commerce indique qu’entre 2001 et 2010, 32 350 spécimens d’ours polaires (morts ou vivants, et leurs différentes parties) ont été commercialisées au niveau international, y compris 4 327 peaux, 3 080 morceaux de peau, ainsi que plus de 5 700 griffes et dents.
  • L’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I ne remet pas en cause la pratique de la chasse de subsistance traditionnelle des Inuit ou le commerce des spécimens d’ours polaires à des fins domestiques.

 

Plainte contre la France pour défaut de protection de l’ours dans les Pyrénées

Souvenez-vous… c’était fin septembre 2009 : plusieurs associations de protection de la nature avaient déposé des plaintes contre la France auprès de la commission des communautés européennes pour défaut de protection de l’ours des Pyrénées. Certaines plaintes étaient individuelles, d’autres interassociatives.

Voici ce que nous en disions en 2009

La version complète du dossier qui a été rédigé pour constituer cette plainte avait d’ailleurs fait l’objet du livre PLAINTE CONTRE LA FRANCE pour défaut de protection de l’ours des Pyrénées.

Plainte contre la France

 

Le 6 juin 2011, nous décidions de renvoyer un complément à la plainte suite à l’abandon du dossier par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République Française.

Commission des Communautés européennes
(à l’attention de Mme la Secrétaire générale)
rue de la loi, 200
B-1049 Bruxelles
BELGIQUE

lundi 6 juin 2011

Objet : DEFAUT DE PROTECTION DE L’OURS DES PYRENNEES.

Madame, Monsieur,

En 2008 déjà, notre association vous adressait une plainte signalant le défaut de protection de l’ours des Pyrénées par l’Etat français (plainte n° SG/CDC(2008)A/3669 en date du 28 avril 2008). En 2009, plusieurs associations de protection de la nature ont travaillé conjointement pour vous fournir des éléments retraçant l’historique de ce dossier, qui a même été publié dans un livre aux Editions IMHO.

Comment faire disparaître une espèce en faisant croire qu’on la protège ?
Pendant des années, la France a enchaîné les plans ours sans réelle volonté politique de voir s’établir une population d’ours viable sur son territoire. Tout au plus, l’Etat souhaitait répondre à son obligation de ne laisser disparaître aucun noyau de survie de cette espèce ! Malgré nos avertissements, l’Union Européenne est restée muette. Nous avons aujourd’hui le sentiment d’avoir été abandonnés et d’une certaine complicité entre ceux qui décident de la politique intérieure de notre pays et ceux qui sont censés lui faire respecter ses engagements européens.

Le 1er juin 2011, sans surprise, Monsieur Nicolas Sarkozy a décidé, probablement pour des raisons électoralistes, à un an d’un scrutin important, que la conservation de l’ours n’était plus une priorité pour notre pays. Un an après l’année de la biodiversité, en pleine année de la forêt, après les beaux discours du Grenelle de l’Environnement, cette décision est tout simplement inacceptable.

La France a été bénéficiaire de nombreuses aides pour assurer le maintien de cette espèce sur son territoire. Cependant, elle a laissé un petit groupe d’ultra-pastoraux, des élus locaux et le lobby de la chasse mener une campagne de désinformation, faisant croire que l’ours était responsable des difficultés que rencontrent certains pyrénéens. Même la justice a fermé les yeux et n’a pas condamné leurs actes illégaux.

Nous ne souhaitons pas vous réécrire chaque ligne de la plainte que vous avez reçue en 2009. Elle a été particulièrement bien documentée et se suffit à elle-même. Mais nous souhaitons désormais que vous preniez en compte la décision de notre Président de la République d’abandonner cette espèce et que vous décidiez sans plus tarder de sanctions exemplaires contre notre Pays.

L’ours n’est pas responsable de nos difficultés. Votre silence doit-il traduire un encouragement aux autres pays européens à abandonner à leur tour leurs efforts pour faire coexister la grande faune sauvage et les activités humaines ? Comment pouvons-nous demander à des pays comme la Slovénie ou la Roumanie de poursuivre ces efforts si un pays comme la France a votre bénédiction pour laisser disparaître une espèce aussi emblématique de son territoire ?

Aujourd’hui, nous renouvelons notre demande de voir condamné l’Etat français, par le gel des subventions liées à la conservation de l’ours et par un déclassement du Parc National des Pyrénées.

Le Président d’AVES France
Christophe CORET

 

Et bien, il aura fallu du temps pour que l’Europe réponde à ces courriers, mais dans une lettre du 30 novembre 2012, adressée à Gérard Charollois de CVN, avec qui nous avons déposé plainte, que la commission a mis la France en demeure dans le cadre d’une procédure d’infraction. Nous espérons évidemment que cette plainte contraindra le nouveau gouvernement à s’occuper du dossier de l’ours dans les Pyrénées.

Nous espérons vous donner des nouvelles sur cette action rapidement !

La coalition Ours Polaire 2012 réclame le classement de l’ours polaire en annexe 1 de la CITES

Mme Delphine BATHO
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
Hôtel de Roquelaure 246 Boulevard Saint-Germain
75007 PARIS

Madame la Ministre,

Dans la perspective de la prochaine Conférence des Parties à la CITES1 qui se tiendra à Bangkok du 3 au 14 mars 2013, nous vous écrivons au nom de la « Coalition Ours Polaires 2012 » que nous avons constituée afin de solliciter le soutien de la France en faveur de la proposition d’inscription de l’ours polaire à l’annexe I de la CITES.

Cette proposition, soumise par les Etats-Unis et soutenue par la Fédération de Russie, vise à accroître le niveau de protection de l’ours polaire dont il ne subsiste plus que 20 000 à 25 000 individus à l’état sauvage – dont 15 000 au Canada – en mettant fin au commerce international de l’ours polaire et de ses parties.

Cette initiative s’appuie sur les constats suivants :


1) Les ours polaires sont gravement menacés par la perte de leur habitat due au changement climatique, ce qui provoque le déclin des populations sur la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce :

Le réchauffement climatique fait fondre la banquise arctique dont les ours polaires ont besoin pour se reproduire, creuser leur tanière et chasser, conduisant à un nombre plus élevé d’ours en mauvaise condition physique, à des portées plus restreintes, à un taux de survie des oursons plus faible ou encore à plus en plus d’incidents de cannibalisme et de noyades → 2/3 de la population globale de l’espèce aura disparu d’ici à 2050 selon les experts du US geological survey si des mesures urgentes de sauvegarde ne sont pas mises en œuvre.

2) Les ours polaires sont affectés par le commerce international, lequel représente la seconde menace principale à laquelle doit faire face l’espèce:

En dépit du déclin de plus de la moitié des 13 populations d’ours polaires qu’il abrite, le Canada est le seul pays de l’aire de répartition de l’espèce continuant à autoriser, chaque année, l’abattage de 600 ours polaires afin d’alimenter la chasse de subsistance, la chasse sportive mais aussi le commerce international. En effet, en 2011, les parties de 441 ours polaires ont fait l’objet de transactions commerciales internationales.

L’existence d’un marché international pour cette espèce rare, listée comme ’vulnérable’ par l’UICN, encourage une demande en expansion, laquelle s’est traduite, ces cinq dernières années, par :

  • Une hausse de 375% du nombre de peaux d’ours polaires proposées aux enchères ;
  • Le doublement du prix d’achat – tant moyen que maximal- d’une peau aux enchères ;Une augmentation significative des quotas de chasse au sein de populations déjà fragilisées en dépit d’avis scientifiquesdéfavorables.Au regard de ces éléments et compte tenu des menaces croissantes liées aux impacts du changement climatique, à l’augmentation des activités industrielles dans l’arctique, à l’exposition aux produits chimiques toxiques auxquelles les ours polaires sont confrontés, toute mortalité inutile infligée à ces animaux – telle que celle stimulée par le commerce international – devrait être stoppée immédiatement.

Sachez cependant que l’inscription de l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES :

  • N’affectera pas le commerce domestique des ours polaires et de leurs parties ;
  • N’affectera pas la chasse de subsistance pratiquée par les peuples autochtones ;
  • N’affectera ni la pratique de la chasse sportive, ni le commerce international des trophées – En revanche, cetteinscription permettra de renforcer les procédures de contrôle encadrant l’exportation/l’importation de ces trophées en s’assurant que cette chasse a été menée de manière non préjudiciable au maintien de l’espèce.Alors que plusieurs Etats membres de l’Union européenne se sont d’ores et déjà positionnés en faveur de cette proposition, la France ne s’est, quant à elle, pas encore prononcée sur cette opportunité d’offrir à l’ours polaire le plus haut niveau de protection possible en interdisant le commerce international des peaux et des produits issus de cette espèce.Il est urgent d’œuvrer en faveur de la protection des ours polaires. C’est pourquoi la « Coalition Ours Polaires 2012 »que nous représentons, vous invite à soutenir la proposition visant à transférer l’ours polaire de l’Annexe II à l’Annexe I de la CITES et à promouvoir cette position auprès de vos homologues européens.En vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez à cette question, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’assurance de notre très haute considération.

Les membres signataires de la « Coalition Ours polaires 2012 »

Christophe Marie
Directeur du Bureau de Protection Animale
Fondation Brigitte Bardot

Charlotte Nithart
Directrice
Robin des Bois

Céline Sissler
Directrice France et Afrique francophone
IFAW

Reha Hutin
Présidente
Fondation 30 Millions d’Amis

Lamya Essemlali
Présidente
Sea Shepherd France

Franck Laval
Président
Ecologie sans Frontière

Muriel Arnal
Présidente
One Voice

Allain Bougrain Dubourg
Président
LPO (Ligue pour la Protection d des Oiseaux)

Antoine Comiti
Président
L214

Christophe Coret
Président
AVES France

Hélène Vaquier
Présidente
CRAC Europe

Pierre Athanaze
Président
ASPAS


1 CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction

AVES France parraine la clinique vétérinaire de Kalaweit

Comme nous, vous avez peut-être lu l’appel de l’association Kalaweit qui a besoin de 35.000 euros pour construire une clinique vétérinaire pour ses animaux.

L’association a besoin de locaux et de matériel pour les ours, les gibbons, loris…

-une salle pour de la petite chirurgie, toute équipée.
-une salle d’examen équipée (microscope, kit-test Hépatites, TB, centrifuges, etc)
-3 cages de contention, dont une avec accès à l’extérieur.
-2 incubateurs fixes.
-une salle d’autopsie équipée.
-une salle de garde équipée (lit, etc).
-Sanitaires.
-Installation électrique solaire complète (éclairage).
– 8 cages de quarantaines (3 x 4m)
-2 volières d’observation (12x6x6m)

Pour cela, Kalaweit recherche 100 parrains s’engageant à verser 350 euros. AVES France a bien entendu répondu à cet appel en envoyant un don de 350 euros, mais nous vous proposons de faire plus. Vos dons et adhésions (jusqu’au 16 décembre 2012) seront ainsi reversés à Kalaweit.
C’est donc le moment d’adhérer, de renouveler votre adhésion ou de faire un don !

On compte sur vous !

AVES France envoie 1500 euros pour soutenir 3 projets de protection animale

Grâce à vos dons, l’association AVES France a pu une nouvelle fois soutenir 3 projets de protection animale qui nous tenaient à coeur, qui nous semble prioritaires et en lesquels nous avons une grande confiance.

Le premier, vous le connaissez déjà, puisqu’il s’agit de l’Andean Bear Foundation qui fait du très bon travail pour la conservation des ours à lunettes en Amérique du Sud. Bubu, un ourson orphelin, mascotte de la fondation a d’ailleurs été réintroduit dans son milieu naturel en juillet 2012. AVES France, qui soutient depuis plusieurs années ce projet renouvelle sa confiance en envoyant un don de 500 euros.

 

La deuxième association ne vous sera pas non plus inconnue, puisqu’il s’agit du Bornean Sun Bear Conservation Centre, qui s’occupe des ours malais. Nous vous parlons également de ce centre de conservation depuis quelques années et nous sommes heureux de pouvoir également leur envoyer un don de 500 euros pour les aider à poursuivre leurs missions.

Peut-être ne connaissez-vous pas la troisième association. Je dois avouer que je n’en avais pas entendu parler avant que Sylvie Cardona, co-fondatrice d’AVES France ne m’en parle et prêche pour cette cause. Et elle a eu raison. Il s’agit de l’association Le Pic Vert, qui vient en aide avec un collectif d’associations à la faune sauvage menacée au Zimbabwé. Rhinocéros noir, lycaon, guépard, lion et des milliers d’éléphants ont besoin d’eau pour survivre à l’intérieur d’un parc de 14000 km2.

« C’est un magnifique sanctuaire de biodiversité pour la faune d’Afrique australe, un des plus riches d’Afrique. Au total 107 espèces de mammifères et 433 espèces d’oiseaux y sont présentes dont certaines parmi ces dernières sont endémiques des biomes régionaux. Mais pendant la saison sèche les mares naturelles du parc doivent être approvisionnées par pompage de la nappe aquifère pour abreuver les animaux. L’assèchement total des mares pendant l’année 2005 a été une tragédie au cours de laquelle des milliers d’animaux sont morts de soif. »

Le collectif propose ainsi de parrainer des mares pour qu’ils puissent installer des forages et les entretenir pour éviter les assèchements. Ce projet nous a semblé important et a également reçu la somme de 500 euros. 

Nous vous invitons à en découvrir plus sur ce site : http://michel.buenerd.pagesperso-orange.fr/Hwange/projet/Hwange_phase_2.html

Encore une fois, ces dons n’auraient pas été possibles sans votre soutien. Merci à tous !

Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre,

Veuillez trouver ci-joint la lettre rédigée et co-signée par 6 organisations non gouvernementales francaises et l’organisation Humane Society International.

L’objet de cette missive est de renforcer la protection internationale de l’ours polaire et de préparer la réunion qui aura lieu lundi 12 novembre 2012 entre la Commission Européene, l’Organe de gestion et l’Autorité Scientifique de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette réunion aura pour but d’établir un projet de décision sur les positions de la prochaine COP16.

En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à cette missive, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Manon Dene
Humane Society International
USA

Madame Delphine Batho
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
246 Boulevard Saint-Germain
75007 Paris, France

Jeudi 8 Novembre 2012

Lettre visant à renforcer la protection internationale de l’ours polaire

Madame la Ministre de l’Ecologie,

Les Etats-Unis ont présenté une proposition, soutenue par la Fédération de Russie, afin de donner à l’ours polaire le plus haut niveau de protection en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette proposition, concernant le transfert de l’espèce de l’Annexe II à l’Annexe I, sera discutée lors de la réunion de la CITES à Bangkok, en Thaïlande, en mars 2013. L’objet de cette lettre est de solliciter votre aide en veillant à ce que la France soutienne cette proposition importante.

Le réchauffement climatique est en train de détruire la banquise, habitat de l’ours polaire, à un tel rythme que sa population devrait diminuer de deux tiers d’ici à 2050. Les ours polaires ne peuvent tout simplement pas survivre sans la banquise, d’où ils chassent le phoque, leur proie principale. Alors que les températures de l’Arctique ont augmenté, l’étendue de la banquise a diminué au cours de chaque saison durant ces 12 dernières années. L’étendue de la banquise arctique (calculée par un instrument de mesure à deux dimensions) a atteint en septembre son niveau le plus bas, ayant diminué de 40,3%, passant en moyenne de 8,67million km2 pour les années 1979-2000, à 5,18 millions km2 aujourd’hui. Le mois de septembre 2012 a battu le record de l’étendue la plus réduite de la banquise. L’épaisseur moyenne de la banquise est passée de 3,64 mètres en 1980 à 1,89 mètre en 2008, orchestrant une baisse de 1,75 mètre (48,1%) sur une période de 28 ans.

Les ours polaires des régions arctiques les plus au Sud ont déjà montré des signes de stress inquiétants. Des scientifiques canadiens ont publié des documents concernant l’impact de la diminution de la banquise sur la condition physique, la reproduction et la survie des ours polaires, y compris dans l’ouest de la Baie d’Hudson, le sud de la mer de Beaufort, le détroit de Davis et la baie de Baffin.

Non seulement les ours polaires doivent faire face à la grande menace que représente le changement climatique, mais ceux-ci sont également chassés afin d’approvisionner le commerce international, avec des tapis en peau d’ours polaires par exemple. Au Canada, 600 ours polaires sont licitement tués chaque année. Les membres et produits d’en moyenne 441 de ces ours polaires en provenance du Canada sont exportés chaque année. Le Groenland a également exporté des membres et des produits d’ours polaires à des fins commerciales jusqu’en 2008, date de mise en place d’un moratoire temporaire sur les exportations. En dépit de ce moratoire, le Groenland continue d’autoriser la chasse de 130 ours polaires par an, qui pourrait à l’avenir approvisionner le commerce international. Les principaux Etats consommateurs sont les États membres de l’Union Européenne et le Japon. Fort heureusement, les trois autres pays comprenant des ours polaires (les Etats-Unis, la Norvège et la Fédération de Russie) n’autorisent pas le commerce de membres ou de produits provenant de cette espèce.

En ce qui concerne le Canada, l’état des populations d’ours polaires continue de se détériorer. En 2009, le IUCN Polar Bear Specialist Group a déclaré que 7 des 13 populations sont en déclin, trois sont stables, une est en augmentation, et qu’il n’y a pas suffisamment d’informations pour déterminer le statut des deux autres. La seule population canadienne en augmentation est celle du détroit de M’Clintock, désormais protégée après une période de chasse excessive en attendant sa reconstitution. Pour autant, l’exploitation des autres populations en déclin, surexploitées et de plus en plus réduites continue d’être autorisée au Canada, incluant les populations composées d’environs 160 animaux seulement (Viscount Melville Sound et le bassin de Kane).

En effet, selon les experts des ours polaires, la plupart des populations du Canada a été surexploitée. Les chasses non soutenables d’ours polaires ont lieu ou ont récemment eu lieu dans au moins neuf sous-populations canadiennes, dont la baie d’Hudson, la baie de Baffin, le bassin de Kane, le sud la baie d’Hudson, le golfe de Boothia, le détroit de M’Clintock, le détroit du Vicomte de Melville, la baie Norvégienne et le détroit de Lancaster.

En raison de la complexité du système canadien responsable de la gestion de la faune, même si le gouvernement central recommandait une réduction des quotas à tuer, celle-ci serait rejetée par les gouvernements locaux. Cette situation s’est récemment produite lorsque le gouvernement central du Canada et le Groupe CSE / IUCN Polar Bear Specialist Group se sont opposés à un triplement du quota de chasse concernant la population de l’ouest la baie d’Hudson : le gouvernement local du Nunavut a rejeté ces préoccupations et a augmenté le quota qui était de 8- donc déjà considéré comme non durable- à 21. Un scénario similaire s’est produit pour la baie de Baffin lorsque, après avoir approuvé un quota de chasse annuel de près de 10% de la population, le Canada a finalement admis que cette action était préjudiciable et a interrompu les exportations pour cette population. Par conséquent, même le Canada a maintenant admis que le commerce de parties et de produits issus d’ours polaire est un facteur de déclin de l’espèce.

A partir de 2008, l’Union européenne a mis en place des suspensions d’importation pour les ours polaires de la baie de Baffin et du bassin Kane, des doutes étant apparus concernant les prélèvements durables; pour les mêmes raisons, la Pologne propose actuellement de suspendre les importations de l’UE pour les sous-populations du détroit de Lancaster, de la baie d’Hudson, du sud de la baie d’Hudson et du détroit de Davis.

La demande du marché concernant les peaux d’ours polaires s’est considérablement renforcée ces dernières années. La demande accrue fait monter les prix des peaux payées aux chasseurs, mais aussi le nombre des ours polaires tués, des quotas de prélèvement et des avances consenties aux chasseurs comme une incitation à chasser. Le prix des peaux d’ours polaires vendues à Fur Harvesters Auction Inc au Canada en 2012 ont plus que doublé par rapport aux prix obtenus en 2007. Le prix maximal des peaux est passé de 6.100 US $ en 2007 à 12.514 US $ en 2012. La moyenne des prix de peaux est passé de 2.079 US $ en 2007 à 5.211 US $ en 2012. Le nombre de peaux d’ours polaires mis aux enchères au Canada a triplé entre 2007 et 2012 : en 2007, 40 peaux ont été proposées contre 150 peaux en 2012. Des prix élevés sont payés pour obtenir des peaux d’ours polaires au détail. Le prix d’une peau d’ours polaire sur les principaux marchés en Russie et en Chine peut coûter jusqu’à 100.000US $ et 63.000US $ respectivement. La pression exercée sur les ours polaires ne cesse d’augmenter en raison de la hausse des prix et de la demande croissante de peaux. En avril 2011, il a été signalé que les chasseurs du Québec ont tué 12 fois le nombre d’ours polaires habituellement collectés dans le sud de la baie d’Hudson pendant l’hiver. Un examen complet de la saison de chasse a établi que 70 individus avaient été tués, ce qui représente plus de 17 fois le nombre habituel d’animaux exécutés. Plus récemment, les trois pays qui se partagent le sud de la baie d’Hudson ont convenu d’un quota de chasse commune de 60 ours par an, quota que la plupart des scientifiques spécialistes des ours polaires estiment non durable.

Néanmoins, nous sommes conscients que certains se demandent si l’ours polaire remplit les critères biologiques adoptés par les Parties de la CITES pour pouvoir inscrire cette espèce à l’Annexe I. Le critère déclare qu’il doit y avoir une baisse marquée de la population à l’état sauvage, définie à plus 50% sur trois générations, soit 45ans pour les ours polaires. Or, il est clair que compte tenu de la dernière prédiction scientifique selon laquelle les populations d’ours polaires vont diminuer de deux tiers d’ici à 2050, le critère est rempli.

Nous devons faire tout en notre pouvoir pour s’attaquer aux facteurs qui menacent la survie des ours polaires. Cela comprend l’élimination du commerce international de cette espèce en inscrivant l’ours polaire à l’Annexe I de la CITES. Poursuivre le commerce international de l’ours polaire est une menace importante qui aggravera les effets dévastateurs engendrés par le changement climatique. Interdire le commerce international de l’ours polaire est une mesure de conservation préventive efficace que la communauté internationale peut mettre en œuvre immédiatement, alors que la réduction de l’impact du changement climatique sur l’espèce s’étendra sur de nombreuses décennies.

Nous vous incitons donc à soutenir la proposition américaine de transférer l’ours polaire à l’Annexe I.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos salutations distinguées.

Christophe Marie – Fondation Brigitte Bardot
Christophe Coret – Association AVES France
Charlotte Nithart – Robin des Bois
Reha Hutin – Fondation 30 millions d’amis
Lamya Essemlali – Sea Shepherd France
Muriel Arnal – One Voice

Pétition : Pour une amélioration des conditions de vie des animaux dans les zoos

AVES France (www.aves.asso.fr) et l’ENDCAP (www.endcaptivity.org) sont à l’initiative de cette pétition visant à faire respecter la Directive Européenne 1999/22/CE concernant les conditions de détention des animaux dans les zoos. Plusieurs études réalisées par le monde associatif ont démontré que de nombreux zoos ne respectent pas la directive et nous demandons des actions correctives afin que ces établissements puissent satisfaire aux besoins spécifiques des espèces qu’ils accueillent.

Signez la pétition sur : http://www.avaaz.org/

Texte de la pétition : (english version  below)

Avant même un nécessaire débat quant au bien fondé des zoos, les signataires demandent à ce que les textes européens et nationaux soient clarifiés et harmonisés afin de ne plus permettre les dérives constatés dans de nombreux établissements. Notamment des normes minimales de détention devraient être établies par espèce.

Les signataires de ce texte demandent que les zoos ne respectant pas la Directive Européenne 1999/22/CE ne soient plus autorisés à reproduire leurs animaux, à les remplacer ou à en acquérir de nouveaux avant que des actions correctives aient été entreprises, notamment pour satisfaire aux besoins spécifiques des espèces.

Pour signer la pétition : http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_une_amelioration_des_conditions_de_vie_des_animaux_dans_les_zoos/?csZvLab

 Associations : Pour rejoindre le mouvement, contactez-nous !

 

For the improvement of living conditions of animals in zoos

Even before a necessary debate regarding the legitimacy of zoos, the signatories are demanding that the European and national laws be clarified and harmonized so that the drifts observed in many establishments are no longer aloud. In particular, minimal norms for detention should be established for each species.

The signers of the document are demanding that zoos who do not respect the European directive 1999/22/CE would no longer be authorized to breed, to replace them or obtain new ones before
that corrective measures be put in place, including meeting the requirements of each individual species.

Une semaine au centre de réhabilitation pour oursons orphelins du Québec

Nicole soteau, amie précieuse et adhérente d’AVES France a suivi Alain Boyaval au Québec pour un voyage extraordinaire pour une passionnée d’ours. Elle nous livre un témoignage que nous relayons avec plaisir.

Le Projet du 4 juillet au 11 juillet 2012 :

Accompagner Alain Boyaval, éthologue, pendant une semaine à Tadoussac, Québec, le suivre dans ses démarches de sensibilisation sur la protection de l’ours noir, interviews pour journaux, radios, conférences… puis rencontrer l’ours dans son milieu, affuts, recherche de traces, moulages, et… la cerise sur le gâteau ! Participer à la remise d’un ourson à la vie sauvage.

Le 4 juillet nous retrouvons Alain Boyaval à l’aéroport de Québec.
Ensemble nous nous rendons à Sacré Cœur, plus précisément au « Domaine de nos Ancêtres », centre de réhabilitation pour oursons orphelins, le seul au Québec, créé en 2006 par Isabelle et Alain Boyaval et deux québécois, Francine et Dany, qui y ont également ouvert un gîte auberge et un centre d’observation des ours.

Pendant le trajet, Alain Boyaval nous fait part d’un fait grave survenu au centre avant notre arrivée, il s’agit du vol d’un petit ours dans la nuit du 26 au 27 juin au Domaine, le cadenas de la cage de l’ourson a été scié. L’ourson s’appelle Chanceux. Ce jeune mâle est né en février. Il a perdu sa mère et pèse 15 kilos. C’est la première fois en 6 ans que cela se produit.
Une plainte a aussitôt été déposée à la Sûreté du Québec et les agents de la faune ont été prévenus du vol de l’ourson. Alain Boyaval a déjà, depuis la France, alerté la presse locale, radios et TV ; il émet 3 hypothèses :
– un acte de malveillance, il faut dire que le refuge n’est pas bien vu par la population environnante composée massivement de chasseurs trappeurs, et si l’ourson est relâché dans la nature, il est condamné car trop jeune pour vivre tout seul ;
– un kidnapping pour une vente en France ou ailleurs dans les cirques ou à un montreur d’ours
– un kidnapping pour l’envoyer dans une ferme à ours en Asie où on lui prélèvera sa bile du foie, très prisée et utilisée dans la pharmaceutique et les cosmétiques.

Il est indigné et fait ouvrir une enquête rapidement afin de retrouver le voleur ou démanteler un éventuel réseau. Ses inquiétudes sont d’autant plus justifiées que lors d’un voyage précédent au Québec, avec sa femme Isabelle, en se faisant passer pour de potentiels acheteurs, ils ont filmé en caméra caché, chez lui, un revendeur d’oursons qui donne les prix, 1500 à 2500 dollars selon la destination, et qui précise bien qu’il s’agit d’ours prélevés dans la forêt.

Lors de la conférence destinée à informer le public sur l’activité du Centre, le comportement des ours et comment vivre avec, Alain Boyaval a projeté en scoop cette vidéo dérangeante. En effet les agents de la faune ont essayé de l’en empêcher invoquant l’enquête en cours… il n’a pas lâché et le public (plus d’une centaine de personnes) a ainsi reçu un message fort.

Il faut savoir qu’au Québec, contrairement au Canada anglophone, l’ours est mal perçu. On peut même entendre parfois « l’ours est une vermine qui pue et qui pollue », on est loin de diffuser dans les écoles les règles élémentaires de vie avec l’ours et les précautions que cela implique, clôtures, poubelles spéciales, ramassage des fruits, nourriture protégée dans des boites hermétiques pour les pique-niques… Un exemple : les gens veulent faire venir des oiseaux dans leur jardin pour leur plaisir, ils disposent des graines pour les attirer, bien sûr cela attire également les ours, alors les gens prennent peur, appellent les agents de la faune qui bien souvent, au lieu de les relocaliser, préfèrent s’en débarrasser en les tuant.

Un détail également significatif : l’image de l’ours n’est pas représentée, encore moins valorisée, au Québec. Il est quasiment impossible de trouver une peluche d’ours noir alors qu’on en trouve partout en Colombie Britannique.

Les agents de la faune sauvage présentent l’ambiguïté d’être, pour la plupart, également des chasseurs trappeurs, donc ils font leur travail mais ils n’aiment pas l’ours, certains pratiquent le piégeage dont les méthodes sont cruelles, comme par exemple le piégeage à chaudière, sorte de seau profond perché dans l’arbre au fond duquel on met un appât, lorsque l’ours y met la patte, celle-ci est aussitôt enserrée par un anneau et il peut agoniser pendu tant que le piège n’est pas relevé ; et que dire du chasseur qui attend son trophée du haut d’un mirador, profitant de la faim de l’ours sortant de tanière en l’attirant avec des appâts ? Quelle lâcheté ! Et pire, la mode est à la chasse à l’arc, avec les dégâts que cela peut faire sur l’animal et ses souffrances !

Ainsi nous sommes directement confrontés au triste sort de l’ours noir au Québec, mais on se laisse quand même envahir par la magie des lieux, la douceur, le calme, les forêts remplies d’empreintes, le Saint Laurent appelé la mer à Tadoussac dont les lumières se confondent avec le ciel dans des tons gris bleuté teintés de mauve et… il se profile un évènement important et majeur : le relâcher de William, l’ourson arrivé chez Francine et Dany l’année dernière, à l’âge de 3 mois, d’abord nourri au biberon et ensuite lâché dans l’enclos où Dany a veillé à ce qu’il apprenne à trouver sa nourriture et à connaître le goût de ce qui l’attend, en lui envoyant par-dessus la clôture, par exemple, des baies qu’il trouvera en automne et même des carcasses de marmottes écrasées sur la route…

Par instinct, l’ourson a dormi une partie de l’hiver en tanière, certains oursons profitent d’une tanière déjà creusée dans l’enclos, d’autres s’en creusent une.

Deux jours avant le relâcher, Alain Boyaval a voulu faire une étude du comportement de l’ourson, nous avons ainsi eu la chance de passer quelques heures dans l’enclos avec lui, tout d’abord, en nous voyant, il a fait quelques charges d’intimidation, puis tout un manège en allant et venant autour de nous, grimpant à l’arbre puis nous approchant à nouveau, Alain Boyaval l’a appâté avec du miel à ours, il s’est aventuré jusqu’à venir prendre doucement le miel dans sa main, ce qui lui a fait dire « il est plus délicat que mon chien ! ».

En conclusion, William, le 12ème ourson à être relâché en 6 ans, n’est pas très craintif, moins que les autres ! Pourtant ce qui l’attend ne sera pas facile, il va devoir faire sa place parmi les autres, probablement courir des kilomètres, se battre pour son territoire… et échapper aux chasseurs !

Il sera relâché dans une réserve, un endroit convenu entre Alain Boyaval et un représentant de la faune, Marc, à deux pas du parc du Saguenay, où la chasse est interdite, en espérant qu’il parte dans cette direction ! Marc est bienveillant, il a l’habitude des relocalisations d’oursons dans son domaine et il confirme, de tous ceux qui ont été relâchés, aucun n’a été identifié comme mort (les oursons portent un clip aux oreilles).

Marc, fort sympathique, mais ambigu lui aussi, nous dit :« l’ours oui je l’ai chassé, je l’ai trappé mais maintenant ça ne rapporte plus, même la peau, les griffes, la vésicule çà ne se vend plus, (il veut dire au marché officiel), j’ai encore ma trappe, (partie de terrain louée lui donnant le droit de trapper) je suis content ma fille va la reprendre, elle a fait des études d’environnement et elle aime trapper !! ????».

Le grand jour arrive, on se lève à l’aube pour retrouver la vétérinaire, et quelques amis des ours, invités pour l’occasion. Tout le monde est ému et conscient qu’il va se passer quelque chose d’exceptionnel pour cet ours.

Quand on arrive à l’enclos l’ourson est déjà en cage, Dany l’avait appâté la veille au soir pour l’amener doucement dans cette cage, sur le moment il s’est beaucoup agité, puis petit à petit s’est calmé pendant la nuit.

Cela est beaucoup plus simple pour l’endormir car si on tire la seringue hypodermique avec un fusil dans l’enclos, l’ours se réfugie en haut d’un arbre, c’est très dangereux car il peut s’y endormir et tomber, tandis que là, la vétérinaire l’a piqué à travers les barreaux, il n’a pas mis longtemps à somnoler puis à dormir et même à ronfler.

Sorti de sa cage la première manœuvre a été la pesée, on l’a mis dans un filet et soulevé, on a fait des paris sur son poids, il nous a étonné, 55 kg, bel ourson ! Puis vinrent les examens nécessaires pour son dossier qui sera remis aux agents de la faune : mensurations du corps, des pattes, des griffes, des dents, et il est badgé aux 2 oreilles avec des poinçons jaunes ! On ne s’est pas privés de caresser son doux poil épais et d’admirer ses paumes aux coussinets bien dessinés.

Il commence à se réveiller juste après sa remise en cage, on le charge dans le coffre de la voiture et hop ! C’est parti !

Après deux heures de route pendant lesquelles je le surveille, il s’agite un peu, se tourne et retourne dans cet espace exigu, l’heure est arrivée, on met la cage par terre et solennellement Alain Boyaval ouvre, grand moment d’émotion ! On y va de notre petite larme, l’ourson s’éloigne de nous progressivement, de buissons en buissons et disparait à notre vue…

La dernière action est de clouer des panneaux dans la région avertissant les chasseurs « ne tirez pas ! Ours marqué et tagué aux oreilles, étude scientifique ».

Nous rentrons à l’auberge, silencieux, chacun revit ce moment à sa façon, on a tous dans la tête l’idée d’avoir assisté à une grande action.

Le lendemain nous participons à l’inspection et au nettoyage de l’enclos, nous y recueillons les traces de la première année de vie de cet ourson, sa tanière, ses griffades, les carcasses qu’il a rongées, on nettoie le bassin où il a découvert les baignades, on fait tout propre et tout neuf pour un éventuel nouvel arrivant qui aurait à la fois pas de chance et de la chance !

Les deux soirs qui ont suivis, nous sommes allés en affût. Ici, contrairement aux pourvoiries où les ours sont appâtés et regardés au mirador dans le but de l’observation des touristes mais également de la chasse, les ours qu’on observe au Domaine de nos Ancêtres sont protégés. Dany dispose quelques brioches sur un portique en bois et, avec le groupe de touristes, nous attendons le passage éventuel d’un ours qui trouverait un bon dessert ! Le premier soir, nous avons vu un beau mâle prélever 2 ou 3 brioches, le deuxième soir sont venus deux adolescents gourmands, un adulte craintif, puis encore un magnifique mâle.

Ils ne se doutent pas, qu’en venant se régaler, ils nous régalent également. Dans la lumière du soleil couchant leur poil noir brille et se détache de la verdure, ah ! Quel beau spectacle !

Le temps encore de faire quelques beaux moulages de traces, d’assister à une interview pour une radio locale et c’est la route du retour vers Québec.

Quelle semaine ! A jamais gravée dans nos mémoires… nous avons la sensation d’un vécu hors du temps, hors du commun et pourtant dans une réalité tragique et merveilleuse à la fois.

500 euros pour le refuge de l’Arche

AVES France a décidé de verser un don de 500 euros au refuge de l’Arche.

Nous souhaitons par ce don montrer au refuge de l’Arche notre soutien et notre reconnaissance, puisqu’il a accueilli hier l’ourse Martha du parc zoologique des Bois de Saint-Pierre et qu’il avait déjà accueilli l’ours Miljen en 2008.

Vous pouvez retrouver une vidéo sur le transfert de Martha sur le site centre-presse.fr et vous tenir informés sur la nouvelle vie de l’ourse au refuge de l’Arche.

500 euros pour la réserve d’ours de Zarnesti (Libearty)

AVES France vient d’effectuer un don de 500 euros à la réserve d’ours de Zarnesti (Roumanie).

Pour rappel, voici le compte rendu de notre visite de juin 2011.

Le 7 juin 2011, je suis parti à la rencontre de Cristina et Roger Lapis, de l’association roumaine Milioane de Prieteni. L’association gère un refuge extraordinaire qui offre une seconde vie à de nombreux ours captifs.

L’association Milioane de Prieteni, domiciliée à Brasov, gère un refuge qui accueille plusieurs centaines de chiens et un autre pour les ours, à Zarnesti.

Vue depuis la réserve
© Christophe CORET – AVES France – Juin 2011

Dans un lieux paradisiaque, la réserve des ours s’étend sur 70 hectares ! Deux immenses enclos ont été aménagés pour les ours, et un troisième est actuellement en construction. Car si plus de 50 ours ont déjà été sauvés, l’association doit poursuivre son développement et l’aménagement des infrastructures pour pouvoir accueillir d’autres ours dans l’avenir.

Ours en quarantaine
© Christophe CORET – AVES France – Juin 2011

Lors de ma visite, 4 ours se trouvaient en quarantaine, attendant impatiemment le jour où ils rejoindront à leur tour les vastes enclos. Un des ours assurait l’animation, luttant avec une souche suspendue pour en faire couler le miel qui y avait été déposé.

Partie de cache-cache
© Christophe CORET – AVES France – Juin 2011

Les plus jeunes, dans un enclos séparés, jouaient, se baignaient dans les piscines, mangeaient les fruits, légumes, viandes et poissons fraîchement arrivés des supermarchés alentours, qui fournissent une partie de la nourriture à la réserve.

Côté sécurité, la réserve est surveillée 24h/24 par une société spécilaisée, et est équipée de nombreuses caméras. Les enclos sont équipés de clôtures électriques. Le personnel est au petit soin avec les pensionnaires. A la différence d’un zoo, les visites se font accompagnées, ce qui permet d’expliquer le projet aux visiteurs, mais aussi de les sensibiliser et de limiter le dérangement des ours.

L’heure du repas
© Christophe CORET – AVES France – Juin 2011

Tous ont l’air parfaitement heureux dans cette grande réserve qui leur offre une vie bien différente que ce qu’ils ont connu auparavant (les ours viennent de saisies dans les zoos, les cirques ou les restaurants). Certains ont encore des comportements qui nous font comprendre qu’elles ont pu être leurs souffrances, comme ce jeune qui tête sa patte dès qu’un visiteur approche de l’enclos. Un autre, plus vieux et isolé, a eu les yeux brûlés pour le rendre dépendant et ses mâchoires ont souffert du mord qu’il devait porter en permanence.

Un peu de vitamines
© Christophe CORET – AVES France – Juin 2011

L’association est soutenue entre autres par le WSPA et la fondation Brigitte Bardot. Elle propose notamment une campagne d’adoption en ligne pour subvenir aux besoins de ses protégés.

Cette rencontre a été également pour moi l’occasion d’évoquer les spectacles de montreurs d’ours en France. La présence d’une représentante de la fondation Brigitte Bardot lors de ma visite m’a permis d’insister sur la poursuite de cette campagne et l’intérêt de renforcer nos échanges pour enfin réussir à condamner ce type d’exhibitions en France.

Si vous souhaitez soutenir la réserve d’ours de Zarnesti, vous pouvez nous envoyer vos dons par courrier au siège d’AVES France (BP6 * 76480 DUCLAIR) en précisant bien qu’ils sont destinés à l’association Milioane de Prieteni. Si vous préférez faire un don en ligne, envoyez-nous à la suite un e-mail afin que nous sachions que ce don leur est destiné. 66% de vos dons sont déductibles des impôts sur le revenu.

Voir en ligne http://milioanedeprieteni.org/

ps: L’association se porte également au secours d’autres animaux de manière plus exceptionnelle. Lors de ma visite, des chevaux très affaiblis se trouvaient à l’entrée de la réserve des ours.