Le déterrage des blaireaux retient enfin l’attention des préfets !

 

Une nouvelle saison de consultations publiques s’est ouverte depuis quelques semaines à propos des dates d’ouverture et de fermeture pour la saison de chasse 2021-2022 pour tous les départements. Les consultations ayant une incidence sur l’environnement sont prévues par les articles L.123-19-1 du code de l’environnement. Elles donnent la possibilité à tout le monde de donner son avis sur ces décisions administratives. Celles qui sont liées à la pratique de la chasse entrent bien entendu dans ce cadre.
Nous regrettons comme tout le monde que les avis formulés lors de ces consultations publiques ne soient pas assez pris en compte par l’administration. Cette réalité doit toutefois être nuancée en regard des décisions prises en 2020 par les préfets à l’issue des consultations publiques.

2019, amorce d’une tendance de prises en compte des avis lors des consultations publiques

Nous avons noté l’année dernière un certain nombre de changements tout à fait significatifs et inédits par rapport aux années précédentes. Ainsi, de nombreuses Direction Départementales des Territoires (DDT) ont décidé de ne pas proposer la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau dans le projet d’arrêté publié de 2020.  Beaucoup de préfets et préfètes ont parallèlement décidé de ne pas autoriser la période complémentaire ou l’ont  réduite par rapport à ce qui était initialement prévu.
Ces décisions reflètent une réelle prise de conscience de la part de l’Administration quant aux préoccupations des citoyens vis-à-vis de l’autorisation de la pratique du déterrage. Le bilan des décisions prises l’année dernière nous amène à penser que les avis formulés lors des consultations publiques pèsent de plus en plus dans les décisions des préfets.
Le travail des associations s’ajoute à la participation démocratique du public aux prises de décisions. Les initiatives se multiplient sur le plan médiatique, politique et judiciaire, et participent grandement à cette évolution.

À titre d’exemple, suite à la consultation publique la préfecture des Landes motivait sa décision ainsi :
« De très nombreuses contributions ont été apportées dans ce domaine et les différents arguments avancés par les participants nécessitent un examen approfondi préalable à toute prise de décision. Dans ces conditions, il est décidé de ne pas autoriser une période complémentaire de chasse du blaireau par vénerie sous terre pour la campagne cynégétique 2020/2021.»
La préfecture de la Haute-Loire précisait quant à elle: « Néanmoins, pour prendre en compte une partie des observations et limiter les risques de prélèvement de mères allaitantes, il est retenu de supprimer la période complémentaire du 15 au 31 mai 2021.»

Les changements concrets en 2020

Pendant des années les départements autorisant la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau sont restés quasi invariablement les  mêmes. Une tendance déjà amorcée en 2019 s’est largement confirmée l’année suivante.

Les changements intervenus pour la seule année 2020 sont les suivants:

Les décisions prises en 2020 viennent s’ajouter aux autres départements qui n’autorisent plus la période complémentaire depuis plusieurs années.
L’état des lieux des autorisations, réductions et interdictions des périodes complémentaires s’établit selon cette carte:

Nous encourageons les Directions Départementales des Territoires et les préfets à emboîter le pas aux autres départements qui ont décidé de ne plus autoriser les périodes complémentaires.

La voix du public est de plus en plus écoutée, nous invitons une nouvelle fois chacun à déposer son avis lors des consultations publiques.

Cette année encore nous mettrons en œuvre les moyens nécessaires pour faire entendre aux décideurs que le déterrage n’est plus une pratique acceptée de nos jours. Il est temps pour les pouvoirs publics de légiférer sur les pratiques très critiquées telles que le déterrage afin d’y mettre rapidement un terme.

 

Pour adhérer : https://www.aves.asso.fr/adherer-a-aves-france/

Vous pouvez nous aider à financer nos actions en commandant des articles dans notre boutique Bearz

Renards de Seine-Maritime : le combat continue !

Nouveau rebondissement dans l’affaire qui oppose la préfecture de Rouen aux associations de protection de la nature. Alors que le tribunal administratif de Rouen vient de rejeter le référé suspension de l’association One Voice, une seconde audience aura lieu le mercredi 2 septembre 2020 à 15h30. En effet, un autre recours a été déposé par 4 associations : AVES France, l’ASPAS, la LPO Normandie et le Groupe Mammalogique Normand. Une chance supplémentaire de convaincre le tribunal de suspendre cet arrêté et de faire entendre raison à la DDT et à la préfecture de Rouen. Un rassemblement sera également organisé devant le tribunal administratif. 

1430 renards condamnés par la préfecture au seul bénéfice des chasseurs

Dès la publication de la consultation publique, AVES France a dénoncé la vacuité de la note de présentation qui aurait du justifier le projet d’arrêté.

Car le renard est déjà chassé et piégé à longueur d’année en Seine-Maritime. 10 à 20.000 individus seraient tués chaque année dans notre département. Alors pourquoi autoriser les lieutenants de louveterie à tuer 1430 renards de plus sur l’ensemble du département, par tirs de jour comme de nuit ?

Pour le comprendre, il faut consulter le projet d’arrêté. On y découvre que la demande émane du président de l’association départementale des lieutenants de louveterie et de la fédération départementale des chasseurs de la Seine-Maritime, lesquels considérant – pour faire simple – qu’il y a trop de renards (sur la base de leurs comptages) et qu’il convient de les réguler pour les empêcher de manger les perdrix, relâchées par les chasseurs, pour les chasseurs. On pourrait croire à une farce si la vie d’êtres sensibles n’était pas en jeu. Voici la réalité du pouvoir de la chasse en France : ordonner à des agents de l’Etat la prise d’arrêtés pour leur permettre de tuer les prédateurs qui pourraient s’en prendre à leur gibier.

Bien entendu, prendre un arrêté sur ces seuls arguments serait sanctionné.

Pour justifier les tirs de 1430 renards, on nous rappelle donc que le renard est non seulement un voleur de poules, mais surtout un animal sauvage parfois porteur de maladies. L’argument sanitaire est systématiquement repris par les chasseurs, trop heureux de pouvoir justifier leurs massacres par la protection de la veuve et de l’orphelin, mais également des renards eux-mêmes, qu’ils abattent préventivement pour leur éviter de développer des maladies. Absurde ? Pourtant, il n’y a rien de plus en défense de ce projet d’arrêté. Rien !

 

Une opposition importante au projet d’arrêté

Devant l’absurdité des arguments présentés par la préfecture, une mobilisation d’ampleur a eu lieu. Associations de protection de la nature, partis politiques, citoyens et médias se sont mobilisés et ont relayé la consultation publique. Imaginez notre stupeur à la publication des « Résultats de la consultation du public sur le projet relatif à l’arrêté autorisant la régulation du renard pour les lieutenants de louveterie de la Seine-Maritime de juillet à décembre 2020 ».

Immédiatement, nous avons dénoncé les conclusions de la DDT et les résultats de la consultation publique : https://www.aves.asso.fr/2020/07/malgre-la-consultation-publique-1430-renards-seront-tues-par-tirs-de-jour-comme-de-nuit-en-seine-maritime-aves-france-saisit-la-commission-nationale-du-debat-public/

Quelques jours plus tard, la DDT reconnaissait avoir publié « par erreur » un document de travail. Les vrais chiffres de la participation étant totalement différents, passant de 245 avis reçus à 3300, dont 2468 oppositions au projet d’arrêté (soit près de 75% d’opposition !)

Un premier rassemblement le 31 juillet 2020 :

Le 31 juillet, environ 70 militants se sont retrouvés devant la préfecture de Rouen pour dénoncer cet arrêté.

Nous avions également décidé de déposer un recours commun au tribunal administratif de Rouen.

Finalement, plusieurs recours ont été déposés : le premier par One Voice, un recours commun par AVES France, l’ASPAS, la LPO Normandie et le Groupe Mammalogique Normand, et un dernier par l’association One Life.

La première audience s’est déroulée le 19 août, suite à laquelle le tribunal a rejeté le référé suspension de l’association One Voice. Alors que tous les médias ont repris cette information pour dire que les renards seraient finalement tués, le tribunal nous a communiqué la date de l’audience pour notre recours commun. Une nouvelle audience aura donc lieu le mercredi 2 septembre à 15h30.

Un second rassemblement le 2 septembre 2020 :

Nous invitons les militants à se rassembler mercredi 2 septembre 2020 à partir de 14h30 devant le tribunal administratif de Rouen. Nous souhaitons montrer pacifiquement notre opposition à la condamnation des renards et notre incompréhension face à la guerre que livrent les fonctionnaires de l’Etat à la nature.

De nombreuses études démontrent le rôle du renard dans le contrôle des populations de rongeurs, mais aussi les effets contre-productifs de leur chasse dans la lutte contre la propagation des maladies ! Nous souhaitons donc, lors de ce rassemblement, montrer notre soutien aux associations qui se battent contre les décisions absurdes et partisanes de l’administration.

Lien de l’évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/375424496778912

Parallèlement, Jean-Michel Bérégovoy et Laura Slimani, co-présidents du groupe « Rouen, l’Ecologie en actes », appellent une nouvelle fois le Préfet de Seine-Maritime à revenir sur cette décision écocide et anti-démocratique sans attendre que la justice tranche en ce sens.

« La préfecture ne peut ignorer les attentes des habitants et doit tenir compte notamment de la tendace nettement opposée à cet abattage programmé qui s’est dégagée au moment de la consultation publique. Nous devons considérer les animaux comme des êtres vivants sensibles qui jouent un rôle dans notre écosystème et non plus comme des espèces nuisibles qu’il faudrait limiter » déclare Jean-Michel Bérégovoy, 2e adjoint chargé de la transition écologique et du bien-être animal à la mairie de Rouen.

Consultation publique sur le projet d’arrêté relatif aux mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées

Déjà en 2019, le Ministère de la Transition écologique et solidaire avait déposé un arrêté pour effaroucher les ours dans les Pyrénées, malgré l’avis défavorable du Conseil National pour la Protection de la Nature et celui de 95% des 1543 contributeurs à la consultation publique qui avait été réalisée.

Le Conseil National pour la Protection de la Nature s’oppose toujours au projet d’arrêté qui vient d’être mis à la consultation du public.

A nouveau, AVES France vous invite à exprimer votre opposition à ce projet d’arrêté qui n’a aucun sens et qui ne règlera pas les problèmes de cohabitation avec le monde de l’élevage.

Vous trouverez sur notre site dédié aux consultations publiques une liste d’arguments à reprendre afin de rédiger votre propre commentaire.

Suivez bien les instructions : votre message devra être posté sur le site du ministère. Vous trouverez le lien dans notre article.

-> https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/04/30/consultation-publique-sur-le-projet-darrete-relatif-aux-mesures-deffarouchement-de-lours-brun-dans-les-pyrenees/

 

Notre contribution, postée le jeudi 30 avril 2020 : 

Madame la Ministre,

Au nom de l’association AVES France que je représente en qualité de Président, je tiens à m’opposer à votre projet d’arrêté relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux.

Ce projet d’arrêté concerne la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux. Or, cette expérimentation a déjà été mise en place l’an dernier et cet arrêté n’est que son prolongement, au motif que celle conduite en 2019 n’a pu produire d’effet en raison de sa trop faible période d’application, mais sans apporter de réponse au questionnement méthodologique.

Le conseil national de la protection de la nature a pourtant émis dès l’année dernière de nombreuses réserves sur votre projet, le sanctionnant d’un avis défavorable à l’unanimité. Cette année encore, le 30 mars 2020, la CNPN a émis un avis défavorable à l’unanimité (0 pour, 27 contre, 0 abstention) sur votre projet d’arrêté relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées.

En 2019, la consultation a été particulièrement suivie avec 1543 contributions dont 95% CONTRE cet arrêté. Vous voudrions croire que vous vous souciez réellement de l’avis des personnes qui prennent le temps de répondre à ces consultations du public et que vous tiendrez compte de leurs avis, mais également de celui du Conseil National de la Protection de la Nature.

Pour en revenir à l’arrêté pour lequel vous nous demandez notre avis, il précise en son article 1 qu’il ne s’applique pas aux mesures de conditionnement aversif qui peuvent être ordonnées par les préfets pour prévenir les dommages causés par un spécimen d’ours manifestant l’un des comportements suivants : absence persistante de fuite lors de rencontres avec l’homme ; attaques répétées d’un troupeau le jour malgré la présence du berger ; alimentation régulière à partir de nourriture d’origine humaine. Il n’a donc pas pour but de cibler les ours dits « à problèmes », mais bien des ours dont le comportement est parfaitement normal.

Pourtant, aucun bilan détaillé des prédations n’a été versé au dossier. Il n’est pas possible de savoir si les exploitations touchées étaient protégées, ni même si les dégâts ont été confirmés ou attribués au bénéfice du doute.

L’ours brun est toujours une espèce protégée en France, classée parmi les vertébrés menacés d’extinction et il est considéré comme une espèce en danger critique d’extinction sur la liste rouge française établie selon les critères de l’UICN. Son effarouchement constitue donc une dérogation à la protection de l’espèce au titre des articles L.411-1 et 2 du code de l’environnement et dans le cas précis, à l’interdiction de perturbation intentionnelle. Elle est donc liée au respect de trois conditions : ne pas nuire à la conservation de l’espèce, ne l’appliquer qu’en cas de dommages importants et s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante, trois conditions cumulatives qui ne sont toujours pas remplies.

Si une expérimentation doit-être limitée dans le temps, elle devrait être également limitée à un certain nombre d’estives et assortie d’un protocole expérimental bien cadré, ce qui n’est pas le cas ici. L’expérimentation ne prévoit pas d’étudier scientifiquement l’impact de cet effarouchement sur les ours et leur comportement. Le dérangement provoqué par ces méthodes d’effarouchement pourrait avoir pour conséquence une perte d’habitat considérable qui menacerait sa conservation des ours, mais pourrait également affecter d’autres espèces.

Les seuils de dommages déclenchant l’effarouchement sont extrêmement bas et ne peuvent être considérés comme des dommages importants : une attaque pour laquelle la responsabilité de l’ours ne peut être écartée, donnant lieu à au moins un animal indemnisable au titre de l’ours dans les douze derniers mois ou quatre attaques cumulées au cours des deux années précédentes. On peut aussi fortement s’interroger sur la possibilité de déclencher une opération d’effarouchement en raison de dommages, sans aucune preuve de la responsabilité de l’ours.

Certaines estives sont considérées par l’administration comme non protégeables, sans qu’il ne soit expliqué sur quels critères a été obtenue cette classification. La préservation de l’élevage de haute montagne ne peut pas se faire au détriment de la nature et des espèces sauvages.

Chez AVES France, nous pensons qu’il faut conditionner les activités humaines comme l’élevage, dans nos parcs régionaux ou nationaux, a un respect strict de la nature. Un cahier des charges mentionnant l’obligation de mettre en place des moyens de protection des troupeaux devrait être imposé en zone de présence des prédateurs.

Des solutions comme la présence de bergers, le regroupement nocturne des troupeaux et le soutien par des chiens de protection ont fait leurs preuves. Le dossier ne précise pas qui devra contrôler sur le terrain la mise en place effective et proportionnée de ces mesures, leur insuffisance éventuelle ou leur inefficacité, qui conditionnent pourtant la délivrance de la dérogation à la protection de l’ours.

D’autres pays ont fait le choix d’accompagner les éleveurs sur le terrain afin de réaliser des bilans de vulnérabilité et de trouver avec eux des solutions fiables pour protéger leurs troupeaux. C’est notamment le cas en Slovénie, qui a revu ses recommandations à la faveur de cette expérimentation :

Ours et loups : et si les prédations n’étaient pas une fatalité ?


Il conviendrait de réaliser ces mêmes recherches en France, et de se poser la question du maintien de certaines estives lorsque les éleveurs refusent de protéger leurs troupeaux, au détriment des espèces sauvages.

Cet arrêté va clairement à l’encontre des objectifs initiaux du plan ours. Son efficacité est contestable, voire dangereuse à terme pour la conservation de l’ours brun et plus généralement de la faune sauvage. Le but de cet arrêté semble être de vouloir chasser les ours des zones d’estive, y compris potentiellement dans un Parc National, alors qu’il est possible d’assurer la cohabitation de l’ours et du pastoralisme moyennant une bonne protection des troupeaux.

AVES France s’oppose donc à votre projet d’arrêté et pense qu’il va à l’encontre du message de respect de la nature qui devrait être tenu par le ministère de la transition écologique et solidaire, alors que nous déplorons chaque jour l’érosion de la biodiversité. Si nous comprenons l’importance de préserver certaines activités humaines, celles-ci doivent être strictement encadrées. L’ours est à sa place dans les Pyrénées. C’est à l’homme de s’adapter à sa présence et certainement pas l’inverse.

Consultation publique : projet d’arrêté portant expérimentation de diverses dispositions en matière de dérogations aux interdictions de destruction pouvant être accordées par les préfets concernant le loup

Sur le projet d’arrêté portant expérimentation de diverses dispositions en matière de dérogations aux interdictions de destruction pouvant être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus)

Le seuil de viabilité démographique du loup, que le PNA « loup et activités d’élevage » a reconnu comme étant de 500 individus, a été atteint en 2019.

Ce qu’il faut retenir de ce projet d’arrêté :

Pour les tirs de prélèvement, les dispositifs de repérage utilisant la technologie d’amplification de lumière ou la détection thermique pourront être utilisés par les chasseurs habilités en l’absence d’un lieutenant de louveterie ou d’un agent de l’OFB

L’expérimentation sur le projet d’arrêté « plafond » qui définit la modalité de calcul du nombre de loups qui pourront être abattus, repose sur une augmentation du taux de prélèvement, porté à 17% pour 2020, au lieu de 10 % (article 5 point I).

Si le plafond ainsi déterminé était atteint avant le 31 décembre 2020, la possibilité d’aller jusqu’à un taux de 19 % est ouverte, afin de permettre la protection continue des troupeaux, en utilisant des tirs de défense (simple, mixte ou renforcée) ainsi que des tirs de prélèvement simple dans le cercle 0.

L’association AVES FRANCE se prononce contre cette expérimentation qui ne vise qu’à réduire drastiquement les effectifs du loup en France.

Ce seuil de loups à abattre, 19%, est énorme et met en péril l’avenir de l’espèce en France. On finirait par oublier que le loup est une espèce protégée !

Il n’y a toujours aucune conditionnalité mise en place sur la protection des troupeaux et les indemnisations (pire, on assiste à la mise en place de zones difficilement protégeables, qui peuvent donc recouvrir tout et n’importe quoi), tout comme il n’y a pas ou si peu de contrôles effectifs sur le terrain quant à la mise en place des moyens de protection. Placer un fil électrique dans les broussailles à 80 cm du sol n’est pas un moyen efficace de protéger un troupeau !

Nous déplorons également qu’un seul type de protection soit généralement envisagé par les éleveurs alors qu’il conviendrait de cumuler différents moyens, et notamment renforcer la présence humaine (berger, employé agricole) en appui à l’installation de clôtures ou la présence de chiens de protection.

Nous dénonçons également le fait que cette expérimentation soit programmée alors même que l’Administration n’est pas en mesure de fournir une étude scientifique et indépendante sur les conséquences des tirs sur le comportement des loups et notamment leurs méthodes d’attaques et de prédation puisque les tirs de « prélèvement » ne font pas baisser le taux de prédation.

Enfin, nous regrettons, depuis plusieurs années, que ces prélèvements soient décidés sans prendre en compte non seulement les morts accidentelles (collisions avec les voitures, etc.) mais aussi le taux de braconnage qui ne fait l’objet d’aucune étude, et pour cause !!

Cette expérimentation ne doit pas être mise en place, dites-non aux tirs de loups !

Vous avez jusqu’au 25 décembre 2019 pour envoyer vos commentaires personnalisés en cliquant sur ce lien :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=2110

Consultation publique : AVES France s’oppose au projet d’arrêté fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques

Comme nos autres partenaires associatifs, nous avons été surpris par la publication d’un projet d’arrêté fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques par le Ministère de la transition écologique et solidaire. Comme pour la plupart des consultations publiques, le projet d’arrêté est particulièrement technique et indigeste… c’est pourquoi AVES France vous invite à répondre à cette consultation en vous inspirant du travail de l’association Le Biome et de notre propre contribution.

Nous vous proposons deux actions :

Vous pouvez vous inspirer de notre contribution (ci-dessous) ou consulter l’article de Sylvie sur notre site dédié aux consultations publiques si vous souhaitez prendre connaissance de la totalité de cet arrêté et des argumentaires proposés.

L’association AVES France s’oppose à l’adoption de cet arrêté fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques. En effet, ce nouvel arrêté supprime l’ensemble des mesures ci-dessous, mesures qui demandaient à être complétées et non démantelées :

– Suppression de l’article qui subordonne le maintien de l’autorisation d’ouverture à
• La détention d’oiseaux légalement acquis,
• Leur marquage conforme à la législation
– Suppression de la possibilité de faire appel à des contrôles génétiques pour prouver la descendance légale des animaux.
– Suppression de l’article qui détaille les conditions de suppression des autorisations
– Suppression des démarches obligatoires en cas de prêt d’animaux (le prêt est couramment utilisé pour maquiller des mouvements d’animaux suspect)
– Suppression de la liste des espèces dont seuls les établissements d’élevages et zoologiques peuvent en détenir des individus
– Suppression du livre journal : c’est le registre sur lequel doivent être inscrits les animaux par ordre chronologique d’arrivé. Le croisement des informations qui y figurent avec le deuxième registre obligatoire d’entrée et sortie des espèces permet un contrôle efficace des mouvements illicites. Supprimer le deuxième registre met fin à toute possibilité de contrôle des volume d’animaux commercialisés.
– Suppression de la présentation obligatoire des autorisations en cas de contrôle
– Suppression de la partie sur la détention des rapaces pour la chasse au vol, ceci créant par là même un vide juridique.
– Non reprise des obligations des cessionnaires et des cédants en cas de cession d’un animal et notamment : la vérification des autorisations du futur acquéreur, l’obligation de remettre une fiche sur les besoins physiologiques de l’espèce commercialisée, l’obligation pour la publication d’annonce de vente de faire paraitre l’identification de l’animal lors de la vente et quel que soit le support de l’annonce.

Toutes ces obligations sont fixées par le décret n°2017-230 du 23 février 2017 relatif aux conditions d’identification et de cession des animaux d’espèces non domestique détenus en captivité, et devraient figurer dans le projet d’arrêté.

Il conviendrait également de supprimer le paragraphe suivant que l’on trouve en Annexe III de l’Arrêté du 18 mars 2011fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants : « Les dispositions précitées relatives aux caractéristiques des installations intérieures et extérieures ne s’appliquent pas aux établissements dont les périodes itinérantes n’excèdent pas quatre jours à compter du départ des animaux des installations fixes jusqu’à leur retour. »

Il est inadmissible qu’un ours puisse rester 4 jours à l’arrière d’un van ou d’une fourgonnette. Cette disposition doit donc _ de toute urgence _ être abrogée.

Nous réclamons également le contrôle des installations itinérantes dès le premier jour et, pour les ours, la modification du texte de l’Annexe III de la sorte :

« Les installations lors de la période itinérante doivent ménager un espace disponible d’au minimum 24 mètres carrés pour un maximum de deux animaux et 6 mètres carrés par animal supplémentaires. La hauteur des installations intérieures doit au minimum être de 2,2 mètres.»

Consultations publiques : nouveau site de l’association AVES France

Depuis plusieurs années, AVES France vous incite à répondre aux consultations publiques lancées par les préfectures ou le ministère de l’écologie et du développement durable.

Afin de gagner en efficacité, nous avons développé un site internet dédié. Vous y trouverez toutes les informations sur les consultations publiques en cours, les argumentaires pour vous aider à y répondre ainsi qu’un suivi des consultations passées.

Toutes les associations sont invitées à participer à ce site, à en enrichir le contenu et à le partager, afin qu’un maximum de militants se fasse entendre.

Nous vous invitons dès maintenant à vous inscrire à la newsletter de ce site, indépendante de la Newsletter de l’association, afin de recevoir chaque semaine les dernières informations sur les consultations publiques auxquelles nous vous invitons à participer.

Donnons notre voix à ceux qui n’en ont pas.

-> http://www.consultationspubliques.aves.asso.fr

Consultation publique : l’Etat français autorise le tir de deux loups supplémentaires

Finalement, ce ne sont pas six, mais deux loups que l’Etat français va sacrifier. Une solution pour ménager la chèvre et le chou et qui, au final, ne satisfera personne. Evidemment, grâce à notre mobilisation et à vos nombreux messages, nous pouvons nous féliciter d’avoir évité le scénario du pire, mais cette décision d’ajouter deux loups supplémentaires à la liste des prédateurs à abattre montre bien que le gouvernement souhaite poursuivre sa politique clientéliste à l’égard des éleveurs et s’entête à leur proposer une solution qui n’a rien de durable.

Voici, ci-dessous, le résumé de la consultation et la décision officielle.

 


PRINCIPALES CONCLUSIONS
DE LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LE PROJET D’ARRETE :

LES MODALITES DE LA CONSULTATION

Conformément à l’article L120-1 du code de l’environnement, le projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 a été soumis à « participation du public ». Cette phase de consultation a consisté en une « mise à disposition du public par voie électronique », selon des modalités permettant au public de formuler des « observations ».

La mise en ligne est intervenue le 11 février 2016, et la consultation du public s’est étendue jusqu’au 4 mars 2016.

SYNTHESE DES OBSERVATIONS : NOMBRE TOTAL ET PRINCIPALES CONCLUSIONS

5 334 contributions ont été réceptionnées durant la phase de consultation.

1. De nombreuses associations et organisation se sont mobilisées et ont utilisé cette consultation publique pour exprimer leurs positions :

a- Les associations de protection de la nature (majoritairement membres du collectif CAP Loup) défavorables à un tel arrêté :

Des associations de protection de la nature, tant nationales que locales ont activement participé à cette consultation. Cette participation se traduit par des commentaires défavorables à l’arrêté ministériel, directement postés au nom des associations, par leurs membres ou la reprise partielle ou intégrale de leurs messages. Certains commentaires reprennent explicitement les propos de certaines associations (« Je reprends des arguments forts et imparables »), tandis que d’autres messages incorporent des éléments dans leurs commentaires.

Les associations de protection de la nature ont des positions qui convergent sensiblement, avec quelques nuances.

L’une des associations la plus fréquemment citée (plus 50 fois) et reprise (dans plus de 60 commentaires) dans la consultation est l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). L’ASPAS met en avant le fait que « 43 loups […] sont morts à ce jour » du fait des actions humaines, en prenant en compte les animaux morts accidentellement. Cette donnée est largement reprise dans les commentaires. Son argumentaire fait également appel aux expertises du Musée National d’Histoire naturelle, du Conseil National de Protection de la Nature et de l’Union National de Conservation de la Nature, pour qualifier l’augmentation du plafond d’«irresponsable». L’ASPAS conclut que la priorité doit être « la protection des élevages ».

Les propos de France Nature Environnement (FNE) sont repris 35 fois. FNE dégage 6 arguments, indépendamment repris dans les commentaires, notamment l’absence de connaissances sur les effets des destructions des loups sur le fonctionnement des meutes (et leurs comportements de prédation). Les commentaires reprennent également souvent la dénonciation des tirs effectués alors que les « troupeaux n’étaient plus dehors, [ce qui] constitue une faute lourde de l’Etat et de la préfecture coordinatrice ». Les autres arguments portent principalement sur les incertitudes quant au statut de conservation de l’espèce et sur le fait que le plafond fixé en juin dernier soit remis en question. Enfin FNE engage l’Etat à œuvrer en faveur d’une «coexistence loup/homme».

L’association AVES (Association de protection des espèces menacées) a également été citée plus de 25 fois. Le président d’AVES reproche au gouvernement de ne pas tenir compte des précédentes consultations publiques et de l’avis du CNPN, et d’agir en contradiction avec ses engagements lors de la COP21. L’AVES veut placer les éleveurs au cœur de la cohabitation avec les loups : « les tirs sont une mauvaise solution, car ils sont susceptibles de dégager les éleveurs de leurs responsabilités »

L’avis défavorable de la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) a également été repris dans 15 commentaires. Trois principaux arguments sont mobilisés par l’association : l’impact de ces tirs supplémentaires sur l’état de conservation des loups, le non respect des obligations communautaires et internationales par la France et le projet plus général dans lequel cet arrêté s’inscrit (« plutôt que d’encourager la destruction des loups, des mesures pourraient être prises en faveur de la cohabitation entre les loups et l’élevage »).

Enfin la contribution de FERUS est reprise par 6 internautes. FERUS se base sur une étude américaine qui conclut que « pour chaque loup tué, les chances de prédations sur les troupeaux augmentent significativement ». FERUS prétend lier ces conclusions avec certaines données de l’ONCFS. L’association dénonce la « politique de mort » du gouvernement.

D’autres associations de défense de la nature se sont exprimées, soit par le biais de leurs membres soit par des communiqués, rejoignant les précédentes contributions : la Fédération Rhône-Alpes de la Protection de la Nature (FRAPNA, 10 contributions), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO, 4 contributions) (« un scandale » contre productif et contraire aux règlements européens), Humanité et Biodiversité (« pas acceptable »), Animal Cross, la Société alpine de Protection de la Nature des Hautes-Alpes (« le loup ne doit pas être le bouc émissaire des difficultés actuelles des filières agricoles »), la Société Nationale de Protection de la Nature, le Groupe d’études et de protection des mammifères d’Alsace («l’état se décrédibilise totalement et ruine la base scientifique de détermination du nombre de loups pouvant être détruits »), TENDUA, Altaïr, l’Association Lozérienne pour l’Etude et la Protection de l’Environnement, le Groupement pour la Responsabilisation Environnementale et l’Éducation à la Nature, l’Association Terre Lawrence Anthony…

b- Les organisations socio-professionnelles favorables à un tel arrêté :

En parallèle, des organisations socio-professionnelles se sont prononcées en faveur d’un tel arrêté ministériel. Les propos ont largement été repris dans les commentaires suivants.

Le message proposé par la Fédération Nationale des Chasseurs a été repris par plus de 430 commentaires. Il affirme que « les chasseurs ne souhaitent pas le retour de la chasse au loup mais soutiennent les éleveurs dans la défense de leur activité » et rappelle qu’ils sont prêts à opérer les tirs de défense, « en tant que mission de service public ».

Les Jeunes Agriculteurs (JA) des Hautes Alpes apportent également leur soutien au projet d’arrêté, afin de permettre la survie de « l’élevage à l’herbe » aux grandes vertus environnementales et « plébiscité par le consommateur ». Un thème est souvent repris par la suite : « c’est bien beau de vouloir défendre le loup, quand cela n’a pas d’incidence sur sa vie professionnelle et privée ». Les JA du Var précisent que « les agriculteurs ne sont pas anti loup, ils souhaitent seulement pouvoir protéger leur troupeau » ; les loups peuvent avoir « LEUR territoire » à l’écart des zones d’élevage.

Des membres de la Fédération nationale et des Fédérations Départementales des Syndicats d’Exploitants Agricoles (du Jura notamment) se sont également exprimés en faveur de la prise d’un tel arrêté. Après avoir rappelé les dommages causés par les loups à leurs troupeaux, ils demandent notamment l’augmentation de « 12 […] loups à prélever d’ici le 30 juin prochain et […] la possibilité de recourir aux fusils à canon rayé afin de permettre […la poursuite des] opérations de défense »

La Fédération Départementale Ovine de la Drôme apporte également son soutien à ce projet d’arrêté, « indispensable à la survie de l’élevage et du pastoralisme », menacé par le « maintien du prédateur dans nos espaces pastoraux ». Le maintien du loup entrainerait la « fin de l’élevage pastoral » et la désertification des espaces ruraux.

Le Syndicat Ovin de la Côte-d’Or s’inquiète de l’arrivée prochaine des loups dans le département, qui entrainerait un basculement vers l’agriculture céréalière, beaucoup moins «respectueuse de l’environnement ».

2. Dans la continuité de la tendance remarquée l’année passée, la consultation n’est pas dominée par la reprise massive et non personnalisée de courriers types :

Plus de 80% des messages peuvent être qualifiés d’ « individuels ». Même s’ils reprennent des idées développées par les associations précédemment citées, la rédaction est assez personnelle. Cela peut montrer une certaine appropriation du problème par le public : « Je pense que le nœud du problème est plutôt là ».

Ces messages personnels sont également le signe d’un attachement émotionnel fort au sujet : « C’est triste, affligeant, scandaleux ! », « j’ai honte des décisions de nos élus ». Le terme de « honte » est présent dans près de 200 commentaires. L’analyse lexicométrique des commentaires révèle une utilisation fréquente des termes « hécatombe » (972 occurrences), « éradication/éradiquer » (300), « extermination/exterminer » (214), « tuerie » (77), « génocide » (14), « mise à mort » (18), signe de la charge émotionnelle des messages s’opposant à l’arrêté.

Les messages favorables sont également emprunts de marqueurs d’émotion, mettant en avant les difficultés personnelles rencontrées par les éleveurs: « vous qui êtes contre l’abattage des loups, vous me dégoutez tous ! », « Vous n’accepteriez pas notre vie. Alors respectez-la » ou encore « si rien n’est fait c’est la mort pure et simple de nos élevages de montagne ».

Les départements et massifs les plus fréquemment évoqués sont les Vosges, la Haute Savoie, le Jura, la Lozère, les Hautes Alpes et les Pyrénées.

3. Les contributeurs sont en très grande majorité défavorables aux projets d’arrêtés ministériels :

Dans la continuité des années précédentes, les messages sont en très large majorité défavorables à l’arrêté ministériel (entre 90 et 95%). « Je suis contre » est écrit dans plus de 500 commentaires.

La majorité de ces messages défavorables mettent en avant les notions de « nature » (plus de 1000 occurrences, « laissez vivre la nature, sa faune et sa flore EN PAIX !!! »), « biodiversité » (730 occurrences, « la biodiversité est essentielle à notre survie »), signe d’une véritable valorisation de la nature et de la place du loup dans celle-ci. L’attachement au loup est également très marqué : 30 messages le qualifient d’ « animal magnifique », « fantastique », « merveilleux », « sublime », « intelligent » dont le retour constitue une « chance ».

 De nombreux commentaires appuient leurs propos sur des références à des travaux scientifiques. 150 commentaires évoquent des recherches menées aux Etats-Unis, au MNHN, à l’ONCFS, en Italie ou plus généralement des « études scientifiques ». Il faut noter que ces références généralement ont été introduites par les associations de protection de la nature (notamment l’ASPAS et FERUS).

Ces messages défavorables émanent tant de militants que de citoyens, se présentant comme « écologiste », « amoureux de la nature » ou « citoyenne lambda ».

Les plus rares messages favorables à cet arrêté émanent majoritairement de chasseurs (mobilisés notamment par la Fédération nationale de chasseurs), puis d’éleveurs et enfin de citoyens.

 

4. Ces avis défavorables se basent sur des argumentaires très variés, qui vont du refus de certaines dispositions de l’arrêté ministériel à la critique plus globale des orientations sous- tendant le projet :

Les références au statut d’espèce protégée du loup sont très fréquentes. La Directive Habitats est mentionnée 162 fois, la Convention de Berne 218 fois. La majorité des commentaires font cependant preuve d’une certaine méconnaissance ou incompréhension de ces textes. En effet, les possibles dérogations prévues par ces textes semblent ignorées : « Il est interdit par la loi de les tuer !! ». Plus généralement, on note une certaine méconnaissance du dossier, notamment les dispositifs d’indemnisation et les contrats de protection des troupeaux (« l’Etat devrait subventionner l’achat de chiens de garde de troupeaux (patou) ainsi que le coût des soins »).

D’autres commentaires montrent une bonne connaissance du système d’exception. Par exemple la SFEPM indique que « les dérogations à l’interdiction de détruire des loups ne peuvent être accordées qu’à titre exceptionnel et en dernier recours, après que toutes les autres solutions aient été mises en œuvre pour l’éviter ». Cette bonne connaissance de la législation et plus généralement de la question du loup en France se double souvent de critiques sur l’interprétation du bon état de conservation des loups (« l’état de conservation de l’espèce en France est loin d’être aussi favorable que le soutiennent les autorités »). Des commentaires montrent également des connaissances biologiques, citant les impacts positifs des loups sur le reste de la biodiversité : « le parc Yosemite a réintroduit le loup et depuis ils ont constaté une nette amélioration au niveau de la faune mais aussi de la flore »

Beaucoup de commentaires critiquent également la démarche même de l’augmentation du plafond : « Ce qui était un plafond est devenu un quota à atteindre. Et encore quand il est atteint on l’augmente !? ». Cet argumentaire est lié aux accusations de « céder aux lobbys », notamment chasseurs (plus de 75 références, « le lobby des chasseurs devient insupportable ») et du monde agricole (plus de 50 références, « lobbys de viandards »). L’augmentation du plafond est alors considérée comme une mesure de « démagogie politique » et « électoraliste ».

Enfin, certaines participations montrent une opposition par principe aux prélèvements des loups : « partant du principe qu’on ne peut contester à aucun être vivant sa légitimité de vivre ».

D’autre part, la question de la pression du loup sur l’élevage est souvent relativisée dans les commentaires : les loups ne sont pas le « véritable problème », mais les « boucs émissaires » (108 occurrences) de la crise du monde agricole. Les difficultés évoquées sont par exemple « l’importation massive d’agneaux à bas prix, néo-zélandais et autres » et les « chiens sauvages ou errants ». La mauvaise utilisation des moyens de protection est également présentée pas de très nombreux commentaires comme une cause de la prédation.

Enfin, de nombreux messages demandent la « cohabitation » (587 occurrences) « entre les loups et l’élevage ». La destruction de loups « n’est pas la solution », mais d’autres « solutions alternatives » pourraient exister. A cette occasion, de nombreux commentaires évoquent l’Italie (586 fois), l’Espagne (249 fois), la Roumanie et l’Allemagne, où « tout se passe bien » et où « les éleveurs […] montrent l’exemple ». La destruction des loups est alors considérée comme une « solution de facilité ».

5. Cette consultation publique met en exergue des oppositions monde rural/urbain :

La lecture des contributions à cette consultation publique révèle des prises de position et des perceptions de la situation très antinomiques. La construction des répertoires argumentaires mobilisés est différente lorsqu’il s’agit de commentaires favorables ou défavorables.

Les avis favorables à l’arrêté font très souvent référence à leur situation et leur expérience personnelles: «en tant qu’éleveur de brebis ». Leurs commentaires sont étayés d’exemples personnels et concrets, qui exposent leurs difficultés : « nous aimons notre métier et voir des brebis sauvagement égorgées nous écœurent », « il faut qu’on passe nos nuit à surveiller nos troupeaux ». Les éleveurs montrent un front commun, en ayant recours aux pronoms pluriels (nous, on versus vous). Des éleveurs écrivent qu’ils ne sont « pas contre le loup mais […] les agriculteurs devraient avoir le droit de se défendre tout en suivant la loi ». Ils contrent les accusations des « défenseurs de la nature » en mobilisant eux aussi leur amour pour la nature (« protéger son troupeau c’est aussi protéger la vie ») et en relevant les avantages environnementaux de leurs élevages (par rapport aux exploitations extensives et céréalières, qui menaceraient de les remplacer si le loup continue ses actes de prédation).

Les avis défavorables à ce projet d’arrêté font plutôt référence à des concepts généraux tels que « nature », « humanité » (60 occurrences), « cruauté », qu’ils étayent de peu d’exemples personnels.

Il découle de cette dichotomie des interventions assez violentes, signes d’une cristallisation des positions et d’incompréhension. Les éleveurs reprochent aux « pro loups » une certaine déconnection de la réalité : « Il est facile d’être pour le loup lorsqu’il n’a aucun impact négatif sur votre vie professionnelle et familiale. Il serait facile de me positionner pour une non circulation des véhicules dans les villes par exemple » ou encore « Vous Bande De BOBO ECOLO bien cachés derrière votre écran, surement en ville […], vous venez donnez des leçons aux gens du cru, aux gens du terrain ».

En retour, certains « défenseur[s] des loups » reprochent aux éleveurs une certaine incompétence voire une mauvaise volonté, notamment dans la mise en place des moyens de protection : « les loups n’ont pas à payer pour l’incompétence de nos éleveurs » ou encore « un certain nombre d’éleveurs refusent toujours les moyens de protection contre le prédateur ». Les « citadins » appuient leur légitimité sur leur contribution aux finances publiques : « comme contribuable, je préfèrerais que mes impôts servent à une protection réelle et efficace des troupeaux ». Certains commentaires taxent les éleveurs de « profiteurs » : « ces éleveurs sont grassement aidés par nos impôts ». Les chasseurs sont également montrés du doigt : « on massacre pour le bonheur du lobby de la chasse ». En réponse, les chasseurs mettent en avant leur « mission de service public » et répondent qu’ils ne souhaitent pas la mise en place de la chasse au loup.

Il existe cependant quelques commentaires tentant de concilier les deux positions et penchant pour un compromis : « les tirs ne doivent se faire qu’à proximité des troupeaux protégés de façon efficace ».

6. La majorité des avis exprimés ont une portée en réalité plus large que l’arrêté ministériel en question :

Beaucoup de commentaires critiquent la gestion française en matière de loup, de manière plus globale : « vision à court terme », « les tirs n’ont pour effet que de désorganiser les meutes, au risque d’encourager la prédation », « les éleveurs, qui sont indemnisés de leurs pertes même s’ils ne protègent pas leurs troupeaux, ne sont pas incités à mieux se protéger ». Une très large majorité des commentaires portent sur les moyens de protection. Même si beaucoup d’entre eux montrent une méconnaissance de la situation, les commentaires prônent des études sur les moyens de protection efficaces et le déploiement de bergers et de chiens supplémentaires.

Certaines critiques portent sur l’Etat et la politique française en général : « l’État est contre la vie sauvage et l’économie est la seule voie ». Les manquements aux directives européennes et aux traités internationaux sont souvent évoqués (« l’Etat paye des amendes énormes pour ne pas suivre les Directives Européennes »). Certains commentaires remettent également en cause la crédibilité de cette consultation, en référence aux précédentes consultations : « Je ne comprends pas que vous demandiez l’avis des citoyens dont vous ne tiendrez pas compte ». L’organisation actuelle du monde agricole est également mis en cause.

Enfin, certains commentaires flagellent la nature humaine « l’homme ne sait que détruire la nature autour de lui ».

 

 


PARTICIPATION DU PUBLIC – MOTIFS DE LA DECISION

Motifs de l’arrêté

fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016

soumis à participation du public du 11 février au 4 mars 2016

Le loup fait l’objet d’une protection stricte aux niveaux international, communautaire et national de par son inscription :

  • À l’annexe II de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe de 1979, ratifiée en France en 1989 (loi 89-1004)
  • Aux annexes II et IV de la Directive européenne sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (dite « Habitats ») CEE 92/43 du 21 mai 1992
  • À l’annexe II de la CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces en Danger – 1973), ainsi qu’à l’annexe A de son règlement d’application européen
  • Sur la liste des mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national, fixée par l’arrêté ministériel du 23 avril 2007 ; les dispositions de la convention de Berne et de la directive Habitats sont par ailleurs transposées dans le code de l’environnement aux articles L.411-1, L.411-2 et R.411-1 à R.411-5.

    Ces textes imposent que soient interdites toute forme de détention, de capture, de mise à mort intentionnelle, de perturbation intentionnelle, de commerce des spécimens prélevés dans la nature d’espèces de faune sauvage, parmi lesquelles le loup.

    Des dérogations à l’interdiction de capture ou de destruction (art. 9 de la convention de Berne et art. 16 de la directive Habitats) peuvent être accordées à condition que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ; que cette dérogation s’inscrive dans un cadre prédéfini, justifiant un intérêt à agir (s’agissant du loup, la disposition mobilisée est celle visant à « prévenir des dommages importants à l’élevage »), et qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.

    Ces dérogations prennent en France la forme d’arrêtés préfectoraux. Ceux-ci doivent s’inscrire dans le respect d’un cadre national, fixé par le biais d’arrêtés ministériels. L’arrêté du 30 juin 2015 fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 fait partie du corpus réglementaire existant à cet effet. L’arrêté objet du présent document vient compléter l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé.

    Cette décision est motivée par la nécessité de concilier la présence et la protection du loup avec le maintien d’activités pastorales importantes pour la vitalité des territoires concernés. Le fait d’autoriser la destruction de deux loups supplémentaires au plafond fixé par l’arrêté du 30 juin 2015 susvisé permet de répondre à l’impératif de continuité de la protection des élevages les plus exposés au risque de prédation. Le projet d’arrêté soumis à la consultation du public et à l’avis du Conseil national de la protection de la nature prévoyait d’autoriser la destruction de 6 loups supplémentaire. L’arrêté autorisera la destruction de 2 specimens, afin de garantir que la dérogation ainsi délivrée ne nuira pas au maintien de l’état de conservation favorable de la population de loups en France.

Consultation publique : destruction des corbeaux dans la Nièvre

Le préfecture de la Nièvre organise une consultation publique du 8 au 30 avril 2016. Merci de participer nombreux, les corbeaux sont les mal-aimés de nos campagnes.

Les observations sont à transmettre :
par messagerie à l’adresse suivant : ddt-sefb.consultation-du-public@nievre.gouv.fr
Merci de préciser dans l’objet du message le titre du projet de la décision.
par courrier à la Direction départementale des territoires – Service Eau, Forêt, Biodiversité, 2 rue des Pâtis 58000 NEVERS.

Les documents sont téléchargeables ici :

http://www.nievre.gouv.fr/consultation-du-public-r301.html?page=rubrique&id_rubrique=301&id_article=1996&masquable=OK

Ces projets portent autorisation de destruction de corbeaux freux par tirs sur les arbres d’alignement du domaine public routier départemental sur les communes de Nevers et Sermoise-sur-Loire, d’Alluy et Châtillon-en-Bazois, de Dirol, de Pouilly-sur-Loire, et de Cervon, du 30 avril au 30 mai 2016.

Parmi les arguments que vous pouvez soulever :

Le nombre de corbeaux à tirer n’est pas indiqué, il n’y a donc aucune limitation !!

Pour prévenir les chutes de branches en particulier, l’élagage des arbres en automne et le retrait des anciens nids avant février peuvent être réalisés.
L’effarouchement des colonies lors de leur installation à partir de fin février a déjà été testé sur d’autres communes, il est donc possible d’y recourir.
Pour éviter d’avoir à recourir à ces méthodes tous les ans, il est important de limiter la coupe d’arbres au bord des routes, de laisser les haies de haut jet en place, de planter des arbres dans les zones périphériques  pour fournir des zones de nidification aux oiseaux dans des lieux ne risquant pas de poser problèmes aux usagers.

source : Pixabay CC0 Public Domain

source : Pixabay CC0 Public Domain

Consultation publique : aidons les renards du Nord

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http://www.nord.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/Information-et-participation-du-public/Nature-biodiversite/En-cours/Projet-d-arrete-autorisant-des-affuts-et-des-approches-au-renard-dans-le-departement-du-Nord

Est ainsi proposée dans ce projet d’arrêté, la possibilité pour les lieutenants de louveterie de détruire le renard à l’affût et à l’approche, sur demande motivée des maires, à compter de la date de signature du présent arrêté jusqu’au 30 avril 2017.

Les remarques sur ce projet d’arrêté peuvent être adressées par voie électronique, du 17 mars au 6 avril 2016, à ddtm-see-participation-public@nord.gouv.fr

Déjà, deux choses nous gênent dans cet arrêté : aucune motivation pour les dégâts causés par le renard. Il est juste mentionné « en réponse à la demande écrite des Maires concernés » sans autre précision. Ensuite, l’arrêté présente dans son introduction les affirmations suivantes :

« Considérant la présence croissante du renard dans le département du Nord;

Considérant la nécessité de compléter les dispositifs d’intervention déjà en application
(piégeage, déterrage) dans le département du Nord. »
Qu’est-ce qu’une présence croissante ? Quel est le nombre de renard dans le département ? Où est l’étude scientifique ? Pourquoi faut-il compléter les méthodes de destruction déjà existantes ? Pour quel motif (quelle est la demande décrite de ces maires) ? Dégâts sur le petit gibier ? Des poulaillers ? On ne sait pas !

Voici quelques arguments que vous pouvez reprendre et personnaliser :

 

  • lutte contre l’échinococcose alvéolaire  : la méthode est contestée scientifiquement depuis longtemps et d’ailleurs les abattages de renards se révèlent inefficaces.
  • Pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier ou aux élevages ovins, des mesures de prévention efficaces peuvent être mises en place (enterrer la clôture, effarouchement, etc.).
  • Le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs. Si le petit gibier disparait, c’est essentiellement la faute des chasseurs et d’une urbanisation croissante.  Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole. Par ailleurs, le renard ne sera jamais en surpopulation car c’est une espèce qui s’autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture.
  • Enfin, les tirs de nuit sont susceptibles de générer des erreurs et de la confusion entre espèces, sans compte le dérangement de la faune non visée.