Le déterrage des blaireaux retient enfin l’attention des préfets !

 

Une nouvelle saison de consultations publiques s’est ouverte depuis quelques semaines à propos des dates d’ouverture et de fermeture pour la saison de chasse 2021-2022 pour tous les départements. Les consultations ayant une incidence sur l’environnement sont prévues par les articles L.123-19-1 du code de l’environnement. Elles donnent la possibilité à tout le monde de donner son avis sur ces décisions administratives. Celles qui sont liées à la pratique de la chasse entrent bien entendu dans ce cadre.
Nous regrettons comme tout le monde que les avis formulés lors de ces consultations publiques ne soient pas assez pris en compte par l’administration. Cette réalité doit toutefois être nuancée en regard des décisions prises en 2020 par les préfets à l’issue des consultations publiques.

2019, amorce d’une tendance de prises en compte des avis lors des consultations publiques

Nous avons noté l’année dernière un certain nombre de changements tout à fait significatifs et inédits par rapport aux années précédentes. Ainsi, de nombreuses Direction Départementales des Territoires (DDT) ont décidé de ne pas proposer la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau dans le projet d’arrêté publié de 2020.  Beaucoup de préfets et préfètes ont parallèlement décidé de ne pas autoriser la période complémentaire ou l’ont  réduite par rapport à ce qui était initialement prévu.
Ces décisions reflètent une réelle prise de conscience de la part de l’Administration quant aux préoccupations des citoyens vis-à-vis de l’autorisation de la pratique du déterrage. Le bilan des décisions prises l’année dernière nous amène à penser que les avis formulés lors des consultations publiques pèsent de plus en plus dans les décisions des préfets.
Le travail des associations s’ajoute à la participation démocratique du public aux prises de décisions. Les initiatives se multiplient sur le plan médiatique, politique et judiciaire, et participent grandement à cette évolution.

À titre d’exemple, suite à la consultation publique la préfecture des Landes motivait sa décision ainsi :
« De très nombreuses contributions ont été apportées dans ce domaine et les différents arguments avancés par les participants nécessitent un examen approfondi préalable à toute prise de décision. Dans ces conditions, il est décidé de ne pas autoriser une période complémentaire de chasse du blaireau par vénerie sous terre pour la campagne cynégétique 2020/2021.»
La préfecture de la Haute-Loire précisait quant à elle: « Néanmoins, pour prendre en compte une partie des observations et limiter les risques de prélèvement de mères allaitantes, il est retenu de supprimer la période complémentaire du 15 au 31 mai 2021.»

Les changements concrets en 2020

Pendant des années les départements autorisant la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau sont restés quasi invariablement les  mêmes. Une tendance déjà amorcée en 2019 s’est largement confirmée l’année suivante.

Les changements intervenus pour la seule année 2020 sont les suivants:

Les décisions prises en 2020 viennent s’ajouter aux autres départements qui n’autorisent plus la période complémentaire depuis plusieurs années.
L’état des lieux des autorisations, réductions et interdictions des périodes complémentaires s’établit selon cette carte:

Nous encourageons les Directions Départementales des Territoires et les préfets à emboîter le pas aux autres départements qui ont décidé de ne plus autoriser les périodes complémentaires.

La voix du public est de plus en plus écoutée, nous invitons une nouvelle fois chacun à déposer son avis lors des consultations publiques.

Cette année encore nous mettrons en œuvre les moyens nécessaires pour faire entendre aux décideurs que le déterrage n’est plus une pratique acceptée de nos jours. Il est temps pour les pouvoirs publics de légiférer sur les pratiques très critiquées telles que le déterrage afin d’y mettre rapidement un terme.

 

Pour adhérer : https://www.aves.asso.fr/adherer-a-aves-france/

Vous pouvez nous aider à financer nos actions en commandant des articles dans notre boutique Bearz

Journée mondiale pour sauver les ours 2021

Dimanche 21 février 2021, c’est la Journée mondiale pour sauver les Ours. Comme la crise sanitaire ne nous permet pas d’organiser un évènement en présentiel, nous diffuserons toute la semaine des informations, des témoignages ou des débats sur le thème de l’ours. Nous commençons aujourd’hui avec le Dr Siew Te Wong, fondateur et directeur du centre de conservation des ours malais, basé à Sabah, Bornéo, Malaisie. Nous publions aussi sur notre page Facebook d’autres articles sur les ours malais, les ours à lunettes et les ours à collier.

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Pour célébrer cette journée, nous avons décidé de parrainer 5 ours du Bornean Sun Bear Conservation Centre.

Nous organiserons ces prochains jours plusieurs sessions de discussion en ligne.

Plusieurs partenaires ont également choisi de nous apporter leur soutien pendant cette semaine des ours. La marque Arthur (mardi 23 février), Lush pour les ventes en ligne de Charity Pot du 24 au 28 février, les pizzas Et Piz’C Tout du 22 février au 1er mars.

Nous vous invitons à consulter notre site dédié à la Journée mondiale pour sauver les ours pour accéder aux conférences mardi, jeudi et samedi, mais aussi découvrir nos actions pour les ours et comment nous soutenir : https://www.journeemondialepoursauverlesours.fr/

Plantation de haies bocagères par l’association L’Arbre à Mots de Drefféac

L’un des projets de l’Association « L’Arbre à Mots » pour l’année 2019/2020 était de planter des haies bocagères sur la commune. Parrainé par AVES France, ce projet s’inscrira dans la réalité le mercredi 4 novembre 2020.

Ces haies seront implantées au « Marais de la Vallée » sur trois hauteurs différentes, lesquelles permettront à une plus grande biodiversité de s’installer.

L’intérêt de cette plantation est multiple :

  • but pédagogique grâce à l’observation des éléments faunistiques,
  • réduction de l’érosion,
  • participation à une trame verte initiée par la Mairie de Drefféac,
  • maintien de la faune et de la flore,
  • fixation des polluants.

Ces haies seront composées de plusieurs essences végétales indigènes choisies pour leur capacité à se bien développer et à lutter contre la mutation climatique, mixité qui donnera un caractère naturel et champêtre à l’ensemble : néfliers, cornouillers sanguins, alisiers, houx, hêtres, fusains d’Europe, chênes pédonculés, cormiers, merisiers, sureau noir, noisetiers, bourdaines, aubépines, frênes, érables champêtres.

Au milieu de ces haies, un sorbier des oiseleurs sera planté par « L’Arbre à Mots » en mémoire de Michel Vimard qui fut, avec son épouse, à l’origine de la création de « L’Arbre à Mots ».

Le mercredi 4 novembre 2020, devant la Mairie de Drefféac, 9 heures, « L’Arbre à Mots » donne rendez-vous aux enfants et aux adultes désireux de prêter la main à son équipe. Ils peuvent également se rendre directement sur place au « Marais de la Vallée », lieu d’implantation. Dans cette entreprise, « L’Arbre à Mots » est aidée par l’Amar , Association Missillacaise des Arbres Remarquables, présidée par Joël Letexier.

-> Vous avez un projet de restauration de haies bocagères ? Nous pouvons vous apporter notre aide. 
N’hésitez pas à nous solliciter : https://www.aves.asso.fr/contact/

Renards de Seine-Maritime : le combat continue !

Nouveau rebondissement dans l’affaire qui oppose la préfecture de Rouen aux associations de protection de la nature. Alors que le tribunal administratif de Rouen vient de rejeter le référé suspension de l’association One Voice, une seconde audience aura lieu le mercredi 2 septembre 2020 à 15h30. En effet, un autre recours a été déposé par 4 associations : AVES France, l’ASPAS, la LPO Normandie et le Groupe Mammalogique Normand. Une chance supplémentaire de convaincre le tribunal de suspendre cet arrêté et de faire entendre raison à la DDT et à la préfecture de Rouen. Un rassemblement sera également organisé devant le tribunal administratif. 

1430 renards condamnés par la préfecture au seul bénéfice des chasseurs

Dès la publication de la consultation publique, AVES France a dénoncé la vacuité de la note de présentation qui aurait du justifier le projet d’arrêté.

Car le renard est déjà chassé et piégé à longueur d’année en Seine-Maritime. 10 à 20.000 individus seraient tués chaque année dans notre département. Alors pourquoi autoriser les lieutenants de louveterie à tuer 1430 renards de plus sur l’ensemble du département, par tirs de jour comme de nuit ?

Pour le comprendre, il faut consulter le projet d’arrêté. On y découvre que la demande émane du président de l’association départementale des lieutenants de louveterie et de la fédération départementale des chasseurs de la Seine-Maritime, lesquels considérant – pour faire simple – qu’il y a trop de renards (sur la base de leurs comptages) et qu’il convient de les réguler pour les empêcher de manger les perdrix, relâchées par les chasseurs, pour les chasseurs. On pourrait croire à une farce si la vie d’êtres sensibles n’était pas en jeu. Voici la réalité du pouvoir de la chasse en France : ordonner à des agents de l’Etat la prise d’arrêtés pour leur permettre de tuer les prédateurs qui pourraient s’en prendre à leur gibier.

Bien entendu, prendre un arrêté sur ces seuls arguments serait sanctionné.

Pour justifier les tirs de 1430 renards, on nous rappelle donc que le renard est non seulement un voleur de poules, mais surtout un animal sauvage parfois porteur de maladies. L’argument sanitaire est systématiquement repris par les chasseurs, trop heureux de pouvoir justifier leurs massacres par la protection de la veuve et de l’orphelin, mais également des renards eux-mêmes, qu’ils abattent préventivement pour leur éviter de développer des maladies. Absurde ? Pourtant, il n’y a rien de plus en défense de ce projet d’arrêté. Rien !

 

Une opposition importante au projet d’arrêté

Devant l’absurdité des arguments présentés par la préfecture, une mobilisation d’ampleur a eu lieu. Associations de protection de la nature, partis politiques, citoyens et médias se sont mobilisés et ont relayé la consultation publique. Imaginez notre stupeur à la publication des « Résultats de la consultation du public sur le projet relatif à l’arrêté autorisant la régulation du renard pour les lieutenants de louveterie de la Seine-Maritime de juillet à décembre 2020 ».

Immédiatement, nous avons dénoncé les conclusions de la DDT et les résultats de la consultation publique : https://www.aves.asso.fr/2020/07/malgre-la-consultation-publique-1430-renards-seront-tues-par-tirs-de-jour-comme-de-nuit-en-seine-maritime-aves-france-saisit-la-commission-nationale-du-debat-public/

Quelques jours plus tard, la DDT reconnaissait avoir publié « par erreur » un document de travail. Les vrais chiffres de la participation étant totalement différents, passant de 245 avis reçus à 3300, dont 2468 oppositions au projet d’arrêté (soit près de 75% d’opposition !)

Un premier rassemblement le 31 juillet 2020 :

Le 31 juillet, environ 70 militants se sont retrouvés devant la préfecture de Rouen pour dénoncer cet arrêté.

Nous avions également décidé de déposer un recours commun au tribunal administratif de Rouen.

Finalement, plusieurs recours ont été déposés : le premier par One Voice, un recours commun par AVES France, l’ASPAS, la LPO Normandie et le Groupe Mammalogique Normand, et un dernier par l’association One Life.

La première audience s’est déroulée le 19 août, suite à laquelle le tribunal a rejeté le référé suspension de l’association One Voice. Alors que tous les médias ont repris cette information pour dire que les renards seraient finalement tués, le tribunal nous a communiqué la date de l’audience pour notre recours commun. Une nouvelle audience aura donc lieu le mercredi 2 septembre à 15h30.

Un second rassemblement le 2 septembre 2020 :

Nous invitons les militants à se rassembler mercredi 2 septembre 2020 à partir de 14h30 devant le tribunal administratif de Rouen. Nous souhaitons montrer pacifiquement notre opposition à la condamnation des renards et notre incompréhension face à la guerre que livrent les fonctionnaires de l’Etat à la nature.

De nombreuses études démontrent le rôle du renard dans le contrôle des populations de rongeurs, mais aussi les effets contre-productifs de leur chasse dans la lutte contre la propagation des maladies ! Nous souhaitons donc, lors de ce rassemblement, montrer notre soutien aux associations qui se battent contre les décisions absurdes et partisanes de l’administration.

Lien de l’évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/375424496778912

Parallèlement, Jean-Michel Bérégovoy et Laura Slimani, co-présidents du groupe « Rouen, l’Ecologie en actes », appellent une nouvelle fois le Préfet de Seine-Maritime à revenir sur cette décision écocide et anti-démocratique sans attendre que la justice tranche en ce sens.

« La préfecture ne peut ignorer les attentes des habitants et doit tenir compte notamment de la tendace nettement opposée à cet abattage programmé qui s’est dégagée au moment de la consultation publique. Nous devons considérer les animaux comme des êtres vivants sensibles qui jouent un rôle dans notre écosystème et non plus comme des espèces nuisibles qu’il faudrait limiter » déclare Jean-Michel Bérégovoy, 2e adjoint chargé de la transition écologique et du bien-être animal à la mairie de Rouen.

un blaireau sur un fond de forêt

Vénerie sous terre du blaireau : la Maire de Valaire en action pour la protection de la biodiversité

Catherine Le Troquier, maire de Valaire, petite commune du Loir-et-Cher, a pris un arrêté interdisant la vénerie sous terre du blaireau le 13 septembre 2019 sur sa commune.

Le préfet a contesté la légalité de cet arrêté municipal et a demandé sa suspension en urgence au Tribunal administratif d’Orléans, suspension provisoire accordée par le juge administratif le 25 octobre 2019 en attendant le jugement définitif. Le mercredi 1er juillet prochain aura lieu l’audience pour défendre cet arrêté municipal, son bien-fondé et sa légalité.

Un maire peut utiliser son pouvoir de police générale pour la prévention des troubles à l’ordre public en cas de circonstances locales particulières.

Parmi les motivations de cet arrêté, il y a la prévention de la santé publique contre le risque sanitaire de zoonose, risque lié au déterrage des blaireaux, puisque le département du Loir-et-Cher est classé en zone 2 de surveillance tuberculose bovine. Cette pathologie issue des élevages bovins conduit souvent à l’abattage des troupeaux et est transmissible à la faune sauvage (cerf, sanglier et blaireau) aux chiens de chasse et aux humains. Dans le rapport de l’ANSES, agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (août 2019), il est mentionné : La vénerie sous terre est déconseillée dans les zones de prospection de département de niveau 2, en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens, pouvant ensuite être un relais de contamination pour l’Homme.

Un autre argument est la protection de la dignité humaine, les actes de cruauté et de barbarie sont indignes de l’Humanité. Ils sont incompatibles avec le projet communal de protection de la biodiversité engagé sur Valaire depuis plusieurs années, projet touristique et économique.

Enfin, le blaireau est une espèce protégée par la Convention de berne, et ni la chasse ni le déterrage ne doivent mettre sa population en péril. Or, il n’existe aucune donnée fiable sur la population des blaireaux, pas plus dans le Loir-et-Cher que sur la commune de Valaire. Un inventaire de biodiversité communale est en cours de réalisation pendant deux ans. Tuer des blaireaux sans en connaître sa population est illégal et le Maire s’oppose à tout risque de mettre leur population en péril.

La protection de la biodiversité est l’affaire de tous, les élus doivent montrer l’exemple. Le rapport au Vivant doit évoluer dans l’intérêt de l’Humanité.

La démarche de Catherine Le Troquier est novatrice.

Son action est soutenue par de très nombreuses associations, personnalités, élus, parlementaires (cités en commentaire dans la publication Facebook ci-dessous).

L’audience aura lieu le mercredi 1er juillet 2020 à 9h45 au Tribunal administratif d’Orléans.

BRACONNAGE : un ours retrouvé mort, tué par balles en Ariège

C’est par un tweet d’Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, que nous avons appris la mort d’un nouvel ours dans les Pyrénées. Cette annonce intervient quelques semaines seulement après la découverte du corps de l’ours Cachou, retrouvé mort le 9 avril dernier dans la commune de Les, dans les Pyrénées espagnoles (Val d’Aran), et dont les résultats de l’autopsie n’ont pas été rendus publics. Alors que de nombreuses personnes considèrent que l’ours Cachou aurait pu être empoisonné, c’est donc maintenant en France qu’un ours est découvert mort, abattu par balles.

L’Etat et de nombreuses associations – dont AVES France – ont annoncé déposer plainte afin de retrouver les auteurs de cet acte de braconnage. Nous sommes scandalisés et particulièrement tristes de voir qu’une minorité violente et extrémiste, rejetant tout dialogue, se permet de tuer un ours, espèce protégée, considérant que la montagne leur appartient et qu’ils sont au-dessus des lois.

AVES France a toujours prôné la communication avec les éleveurs et c’est le sens de notre participation à un processus de dialogue qui s’est tenu en Ariège en 2017/2018. Nous restons convaincus que la cohabitation est possible, mais l’Etat doit envoyer un message fort et condamner fermement cet acte de braconnage. Les auteurs de ce crime doivent être traduits en justice et lourdement condamnés. On ne peut plus laisser des groupuscules armés faire la loi en Ariège. L’Ariège, c’est la France, pas le Far West ! 

Il est toujours bon de rappeler que l’ours est une espèce strictement protégée en France. L’Etat a évidemment sa part de responsabilité dans ces opérations de destruction. Rappelons que nos dirigeants autorisent sans aucun scrupule le massacre de nombreuses espèces protégées sur le territoire métropolitain (loups, choucas des tours, bouquetins, grand tétras…) et que les rapports entre le Président Macron et les dirigeants des chasseurs ont souvent été dénoncés, comme dans cet article de presse de février 2018 :

« La présence d’un président à Chambord pour le tableau de chasse est une première depuis quarante ans, se félicite Thierry Coste, conseiller du président sur la chasse et la ruralité. »

Depuis la campagne présidentielle, le natif d’Amiens prend grand soin de caresser les chasseurs dans le sens du poil. Le président de la République recevra d’ailleurs jeudi à l’Elysée le patron de la FNC (Fédération nationale des chasseurs), Willy Schraen.

Jeudi 4 juin 2020, le ministère de la transition écologique et solidaire publiait un communiqué annonçant que : « Pour accompagner la montée des troupeaux en estive dans le massif des Pyrénées, Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire, renforcent les actions en faveur du pastoralisme, de la protection des troupeaux et de la connaissance de la population ursine. Ils se félicitent de l’avancée des consultations menées sous l’égide du préfet de la région Occitanie, coordonnateur de massif, et des travaux de mise à jour de la feuille de route « pastoralisme et ours » visant la cohabitation des activités de pastoralisme avec la présence d’une population d’ours. »

Le communiqué annonçait le déblocage de 500 000 euros supplémentaires destinés à la protection des troupeaux, notamment pour l’équipement de cabanes dans les estives, le renfort de bergers d’appui, ainsi que la mise en place de diagnostics pastoraux et d’analyses de vulnérabilité, la mise en place de mesures expérimentales d’effarouchement ou encore la mise en place d’un protocole dédié aux estives surprédatées en complément du protocole « ours à problème ».

L’Etat n’a toujours pas compris qu’ils n’achèteront pas la paix sociale à coups de millions !

Espérons que ce cas de braconnage incitera la ministre à enfin conditionner les aides octroyées aux éleveurs à la mise en place de moyens de protection des troupeaux. Trop longtemps on a cru acheter la paix sociale à coup de subventions. Les anti-ours les plus extrémistes se sont gavés d’argent public sans jamais évoluer sur la question. Il est temps de couper le robinet des subventions et de dénoncer publiquement les actes des petits barons anti-ours qui sèment le chaos dans les montagnes.

Parallèlement, il faut renouer le dialogue avec les éleveurs et les bergers qui se sentent abandonnés et méprisés. Chercher ensemble les solutions pour que l’ours et les hommes puissent réapprendre à vivre ensemble, dans un climat apaisé. Nous pouvons entendre la colère, la peur, le désespoir, mais rien ne peut justifier le braconnage ! Plusieurs pays européens ont su trouver des solutions pour faire baisser les prédations, mais rien ne sera possible sans dialogue ou en réclamant le retrait des ours. L’ours a sa place dans les Pyrénées. Le pastoralisme aussi. A nous collectivement de résoudre l’équation pour une cohabitation apaisée.

 

Vènerie sous terre du blaireau : six organisations de protection de la nature et de la faune sauvage saisissent le Ministère

Les associations AVES France, ASPAS, Blaireau & Sauvage, One Voice, Meles et la Fondation Brigitte Bardot ont saisi la Ministre de la transition écologique et solidaire afin de solliciter l’interdiction de la vènerie sous terre du blaireau.

Cette pratique consiste à envoyer des chiens dans les terriers des blaireaux afin de les terroriser jusqu’à ce que les chasseurs parviennent à les déterrer puis à les tuer au fusil ou à l’arme blanche, mettant un terme à plusieurs heures de souffrance et de stress infligés à l’animal. 

Cette chasse nuit à l’équilibre cynégétique en ce qu’elle entraîne la mort de blaireautins, comme l’a révélé la vidéo de l’association One Voice qui est parvenue à infiltrer un équipage de vènerie sous terre. Les petits, non matures sexuellement, sont tués avant d’avoir eu la possibilité de se reproduire, ce qui nuit à la croissance démographique de cette espèce au rythme de reproduction lent.

Protégé par la Convention de Berne, le blaireau ne peut être chassé dans de nombreux pays de l’Union européenne. Le Conseil de l’Europe considère d’ailleurs que la vènerie sous terre, spécialité française largement décriée,  « ne peut être considérée comme efficace ni humain[e], et constitue un sport ».

Le blaireau est victime d’une réputation injustifiée : les dégâts qui lui sont reprochés sont minimes et en réalité imputables à d’autres espèces telles que le sanglier. Le petit mammifère peut en outre aisément être repoussé à l’aide de techniques très simples et peu coûteuses.

Les Préfectures ne sont d’ailleurs jamais en mesure de justifier de la réalité des dégâts qu’il aurait provoqués. Elles se fondent sur les allégations des chasseurs et ne publient aucune donnée démontrant l’existence d’éventuels dégâts.

Cette pratique cruelle et injustifiée, tant scientifiquement que légalement, n’a donc aucune raison de perdurer en France, pays signataire de la Convention de Berne et qui se pose en défenseur de la biodiversité.

Les six organisations demandent donc au Ministère de la transition écologique et solidaire d’interdire cette pratique et de veiller à ce qu’aucune période complémentaire de chasse par vènerie sous terre ne soit autorisée sur le territoire national.

En pièce jointe (PDF) : demande formelle adressée au Ministère de la transition écologique et solidaire, rédigée avec l’aide du cabinet GEO AVOCATS. 

Consultation publique sur le projet d’arrêté relatif aux mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées

Déjà en 2019, le Ministère de la Transition écologique et solidaire avait déposé un arrêté pour effaroucher les ours dans les Pyrénées, malgré l’avis défavorable du Conseil National pour la Protection de la Nature et celui de 95% des 1543 contributeurs à la consultation publique qui avait été réalisée.

Le Conseil National pour la Protection de la Nature s’oppose toujours au projet d’arrêté qui vient d’être mis à la consultation du public.

A nouveau, AVES France vous invite à exprimer votre opposition à ce projet d’arrêté qui n’a aucun sens et qui ne règlera pas les problèmes de cohabitation avec le monde de l’élevage.

Vous trouverez sur notre site dédié aux consultations publiques une liste d’arguments à reprendre afin de rédiger votre propre commentaire.

Suivez bien les instructions : votre message devra être posté sur le site du ministère. Vous trouverez le lien dans notre article.

-> https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/04/30/consultation-publique-sur-le-projet-darrete-relatif-aux-mesures-deffarouchement-de-lours-brun-dans-les-pyrenees/

 

Notre contribution, postée le jeudi 30 avril 2020 : 

Madame la Ministre,

Au nom de l’association AVES France que je représente en qualité de Président, je tiens à m’opposer à votre projet d’arrêté relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux.

Ce projet d’arrêté concerne la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux. Or, cette expérimentation a déjà été mise en place l’an dernier et cet arrêté n’est que son prolongement, au motif que celle conduite en 2019 n’a pu produire d’effet en raison de sa trop faible période d’application, mais sans apporter de réponse au questionnement méthodologique.

Le conseil national de la protection de la nature a pourtant émis dès l’année dernière de nombreuses réserves sur votre projet, le sanctionnant d’un avis défavorable à l’unanimité. Cette année encore, le 30 mars 2020, la CNPN a émis un avis défavorable à l’unanimité (0 pour, 27 contre, 0 abstention) sur votre projet d’arrêté relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées.

En 2019, la consultation a été particulièrement suivie avec 1543 contributions dont 95% CONTRE cet arrêté. Vous voudrions croire que vous vous souciez réellement de l’avis des personnes qui prennent le temps de répondre à ces consultations du public et que vous tiendrez compte de leurs avis, mais également de celui du Conseil National de la Protection de la Nature.

Pour en revenir à l’arrêté pour lequel vous nous demandez notre avis, il précise en son article 1 qu’il ne s’applique pas aux mesures de conditionnement aversif qui peuvent être ordonnées par les préfets pour prévenir les dommages causés par un spécimen d’ours manifestant l’un des comportements suivants : absence persistante de fuite lors de rencontres avec l’homme ; attaques répétées d’un troupeau le jour malgré la présence du berger ; alimentation régulière à partir de nourriture d’origine humaine. Il n’a donc pas pour but de cibler les ours dits « à problèmes », mais bien des ours dont le comportement est parfaitement normal.

Pourtant, aucun bilan détaillé des prédations n’a été versé au dossier. Il n’est pas possible de savoir si les exploitations touchées étaient protégées, ni même si les dégâts ont été confirmés ou attribués au bénéfice du doute.

L’ours brun est toujours une espèce protégée en France, classée parmi les vertébrés menacés d’extinction et il est considéré comme une espèce en danger critique d’extinction sur la liste rouge française établie selon les critères de l’UICN. Son effarouchement constitue donc une dérogation à la protection de l’espèce au titre des articles L.411-1 et 2 du code de l’environnement et dans le cas précis, à l’interdiction de perturbation intentionnelle. Elle est donc liée au respect de trois conditions : ne pas nuire à la conservation de l’espèce, ne l’appliquer qu’en cas de dommages importants et s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante, trois conditions cumulatives qui ne sont toujours pas remplies.

Si une expérimentation doit-être limitée dans le temps, elle devrait être également limitée à un certain nombre d’estives et assortie d’un protocole expérimental bien cadré, ce qui n’est pas le cas ici. L’expérimentation ne prévoit pas d’étudier scientifiquement l’impact de cet effarouchement sur les ours et leur comportement. Le dérangement provoqué par ces méthodes d’effarouchement pourrait avoir pour conséquence une perte d’habitat considérable qui menacerait sa conservation des ours, mais pourrait également affecter d’autres espèces.

Les seuils de dommages déclenchant l’effarouchement sont extrêmement bas et ne peuvent être considérés comme des dommages importants : une attaque pour laquelle la responsabilité de l’ours ne peut être écartée, donnant lieu à au moins un animal indemnisable au titre de l’ours dans les douze derniers mois ou quatre attaques cumulées au cours des deux années précédentes. On peut aussi fortement s’interroger sur la possibilité de déclencher une opération d’effarouchement en raison de dommages, sans aucune preuve de la responsabilité de l’ours.

Certaines estives sont considérées par l’administration comme non protégeables, sans qu’il ne soit expliqué sur quels critères a été obtenue cette classification. La préservation de l’élevage de haute montagne ne peut pas se faire au détriment de la nature et des espèces sauvages.

Chez AVES France, nous pensons qu’il faut conditionner les activités humaines comme l’élevage, dans nos parcs régionaux ou nationaux, a un respect strict de la nature. Un cahier des charges mentionnant l’obligation de mettre en place des moyens de protection des troupeaux devrait être imposé en zone de présence des prédateurs.

Des solutions comme la présence de bergers, le regroupement nocturne des troupeaux et le soutien par des chiens de protection ont fait leurs preuves. Le dossier ne précise pas qui devra contrôler sur le terrain la mise en place effective et proportionnée de ces mesures, leur insuffisance éventuelle ou leur inefficacité, qui conditionnent pourtant la délivrance de la dérogation à la protection de l’ours.

D’autres pays ont fait le choix d’accompagner les éleveurs sur le terrain afin de réaliser des bilans de vulnérabilité et de trouver avec eux des solutions fiables pour protéger leurs troupeaux. C’est notamment le cas en Slovénie, qui a revu ses recommandations à la faveur de cette expérimentation :

Ours et loups : et si les prédations n’étaient pas une fatalité ?


Il conviendrait de réaliser ces mêmes recherches en France, et de se poser la question du maintien de certaines estives lorsque les éleveurs refusent de protéger leurs troupeaux, au détriment des espèces sauvages.

Cet arrêté va clairement à l’encontre des objectifs initiaux du plan ours. Son efficacité est contestable, voire dangereuse à terme pour la conservation de l’ours brun et plus généralement de la faune sauvage. Le but de cet arrêté semble être de vouloir chasser les ours des zones d’estive, y compris potentiellement dans un Parc National, alors qu’il est possible d’assurer la cohabitation de l’ours et du pastoralisme moyennant une bonne protection des troupeaux.

AVES France s’oppose donc à votre projet d’arrêté et pense qu’il va à l’encontre du message de respect de la nature qui devrait être tenu par le ministère de la transition écologique et solidaire, alors que nous déplorons chaque jour l’érosion de la biodiversité. Si nous comprenons l’importance de préserver certaines activités humaines, celles-ci doivent être strictement encadrées. L’ours est à sa place dans les Pyrénées. C’est à l’homme de s’adapter à sa présence et certainement pas l’inverse.

Pandémie de Covid-19 en Indonésie : Patrick Rouxel a besoin de vous pour venir en aide aux ours malais.

La pandémie de coronavirus qui touche de très nombreux pays n’a pas épargné l’Indonésie, où Patrick Rouxel s’est installé avec son association AIDER LES OURS depuis plusieurs années. Aujourd’hui, seul contre Goliath, il est resté sur place pour aider autant d’animaux que possible avec les moyens à sa disposition. Il y a tellement d’animaux qui vivent dans des conditions lamentables en Indonésie, et le COVID-19 ne fait qu’empirer les choses. AVES France vous invite à faire un don pour lui apporter votre aide :

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Le message de Patrick Rouxel :

Pendant l’année 2019 et début 2020 nous avons réussi à finir la construction des 15 enclos forestiers à Samboja Lestari pour ses 72 ours malais du Borneo Orangutan Survival Foundation (BOSF), et nous avons aussi construit un enclos de 1 hectare pour 5 ours au refuge du Orangutan Foundation International (OFI). Nous sommes actuellement en train de transférer les ours dans ces nouveaux enclos. Pour en savoir plus : http://aiderlesours.org/2019-2/

L’arrivée inattendue de 9 oursons à Samboja Lestari depuis Septembre 2019 nous a gardé bien occupés. Les plus petits ont besoin d’attention 24 heures sur 24 et les plus grands ont besoin d’être promenés en forêt et de recevoir de l’affection afin qu’ils puissent devenir des adultes sains et confiants malgré le fait d’avoir été capturés et privés de leur mère dès leur plus jeune âge. J’espérais que nous puissions tenter de relâcher certains de ces oursons à la vie sauvage comme je l’avais fais dans mon film Life is One, mais avec la crise actuelle du COVID-19 qui frappe aussi l’Indonésie, il n’est plus possible de planifier de tels projets.

Une fois que tous les ours de Samboja Lestari seront installés dans leurs nouveaux enclos et que la crise du COVID-19 sera derrière nous, j’espère me rendre dans un autre refuge appelé le Wildlife Rescue Centre (WRC) à côté de Jogjakarta sur l’ile de Java. Ce refuge abrite environ 150 animaux de toutes les espèces, du crocodile à l’orang-outan, et tous ont besoin de meilleures conditions de vie. Ma prochaine mission sera donc de rendre la vie de ces animaux (et des employés) plus agréable. Mais pour l’instant le WRC fait face à de grandes difficultés financières car ils dépendent des dons des bénévoles étrangers qui ont tous annulés leurs séjours. Le refuge à besoin d’aide pour nourrir les animaux et payer ses frais de gestion. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le blog de Aider les Ours : http://aiderlesours.org/category/blog/

Au nom des ours et de tous les animaux que je parviens à aider grâce à votre soutien, merci.

Bon courage et bonne santé.

Patrick Rouxel
www.aiderlesours.org
Page Facebook : https://www.facebook.com/pg/sunbearoutreach/posts/

portrait de renard sur un fond de forêt de sapins, avec un ciel doré

Recours commun contre le massacre de 850 renards en Seine-Maritime

Entre le 20 janvier et le 10 février 2020, l’Arrêté autorisant la régulation du renard par les lieutenant de louveterie de la Seine-Maritime de février à mai 2020 a été mis à la consultation du public par la préfecture de Seine-Maritime.

Cet arrêté prévoit l’abattage de 850 renards prélevés sur l’ensemble du département par tirs diurne ou nocturne, par tous modes et moyens à leur disposition, au cours d’un maximum de 180 sorties.

La consultation publique a été particulièrement suivie, avec 650 e-mails envoyés à la préfecture :

  • 499 messages s’opposant à cet arrêté
  • 151 messages approuvant l’arrêté

Les résultats de la consultation ont été publiés, mais la préfecture n’en a absolument pas tenu compte. L’arrêté a été pris sans aucune modification du texte initial.

MOTIFS DE LA DECISION :

  • le renard est classé espèce susceptible d’occasionner des dégâts dans le département, par arrêté ministériel du 3 juillet 2019, au regard d’un dossier constitué reprenant les différents items : effectifs importants et en constante évolution, nuisances (agricoles, faune et flore, sanitaires, sécurité publique).
  • l’arrêté mis en consultation ne concerne que les seuls lieutenants de louveterie, auxiliaires bénévoles de l’administration, et non pas l’ensemble des chasseurs. Cette régulation par les lieutenants de louveterie représente moins de 15 % des effectifs régulés au niveau départemental. C’est une régulation spécifique et nécessaire qui vient compléter les autres types de prélèvements sans pour autant les remettre en question.Pour l’ensemble des raisons évoquées ci-dessus, le contenu de l’arrêté relatif à la régulation du renard de février à mai 2020, dans les limites indiquées, reste inchangé.

AVES France (dont le siège social se trouve à Rouen, en Seine-Maritime) et l’ASPAS ont déposé lundi 23 mars 2020 un recours auprès du Tribunal Administratif de Rouen pour contester cet arrêté et demander sa suspension.

Nous avons besoin de vous pour poursuivre nos actions ! Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids pour lutter contre ce massacre injustifié d’animaux sauvages.

Pour adhérer (à partir de 0,85€/mois) : https://www.helloasso.com/associations/aves-france/adhesions/aves-france-formulaire-d-adhesion