Le Président d’AVES France entendu par la police suite à une plainte du montreur d’ours Frédéric Chesneau

Lundi 5 août 2019, le Président d’AVES France a été convoqué par les services de police. Il a été entendu pendant deux heures afin de répondre aux accusations portées par le montreur d’ours Frédéric Chesneau, accusant l’association de harcèlement, de menaces de morts réitérées et de diffamation. Cette attaque a lieu seulement quelques semaines après la remise d’un rapport au ministère de la transition écologique et solidaire signé par 11 associations et fondations, demandant l’interdiction des spectacles ayant recours à des ours et des loups et la détention de ces animaux par leurs dresseurs (et plus largement l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques et les spectacles itinérants). Le dresseur, qui nous a tant moqués de ne pas avoir pu défendre nos revendications lors des réunions préparatoires à l’arrêté du 18 mars 2011 aurait-il mal accepté d’avoir été, en 2019, exclu des débats lors de la Mission ministérielle sur le bien-être animal ?

Obtenir l’interdiction des spectacles des montreurs d’ours, un combat qui ne date pourtant pas d’hier pour AVES France

Rappelons en guise de préambule que notre association s’est toujours positionnée contre la captivité des animaux sauvages, que ce soit en zoos ou dans des spectacles itinérants (cirques, montreurs d’ours et de loups). De même, nous nous positionnons régulièrement contre tout spectacle impliquant des animaux ou mammifères marins, aquariums ambulants, delphinariums, etc. Si nous sommes moins présents sur ces actions, c’est que certaines associations se sont plus ou moins spécialisées dans ce domaine, acquérant ainsi des connaissances et compétences certaines, comme Paris Animaux Zoopolis, Code Animal ou C’est assez pour ne citer que celles-ci. Il en de même pour les spectacles de rapaces que nous réprouvons totalement. Nous ne prônons jamais la violence, nous demandons aux communes de ne pas solliciter ce genre de divertissement et de faire appel plutôt à des artistes inventifs et talentueux qui n’ont pas besoin d’animaux pour captiver et émerveiller un public.

Comme vous le savez, AVES France s’est attachée dès sa création à défendre les grands prédateurs et notamment les ours et les loups. Il nous a donc semblé normal et logique de nous opposer aux spectacles utilisant ces deux espèces qui nous tiennent à coeur.

Les montreurs d’ours et meneurs de loups – termes souvent relayés dans les médias, ne sont pas très nombreux en France et il est donc plus facile de se sentir directement « visé » par nos actions lorsque qu’on est un dresseur. Cependant, nous avons comme objectif de faire interdire définitivement ces deux types de spectacles, quelque que soit le dresseur en cause.

Les raisons sont multiples :

Les loups, comme les ours, sont des animaux timides et discrets qui fuient tout contact avec l’homme. L’exposition au bruit et aux foules sont des sources de stress indéniables, quelque que soit leur degré de proximité avec leur propriétaire. Même s’il est né en captivité, l’ours a le même patrimoine génétique les ours sauvages. Par contre, il est confronté à la promiscuité permanente et au contact de l’homme, qu’il s’agisse du dresseur ou du public, ce qui l’empêche de développer un comportement normal pour son espèce.

Les conditions de transport sont inacceptables : ces animaux parcourent (pour les plus exploités) des dizaines de milliers de kilomètres dans des vans, des fourgonnettes ou des remorques pour être exhibés devant des spectateurs. Quand le transport n’est pas spécifiquement en cause, c’est le temps d’attente entre deux démonstrations que nous condamnons également. L’arrêté du 18 mars 2011 permet aux dresseurs de maintenir leurs ours dans le véhicule qui sert au transport jusqu’à 4 jours ! Peut-on dans ces conditions parler de bien-être animal ?

La présentation au public est presque souvent calquée sur les spectacles des dresseurs au moyen-âge. D’ailleurs, montreurs d’ours et meneurs de loups sont souvent demandés à l’occasion des fêtes médiévales. Si la plupart des numéros sont assez simples, et consistent à effectuer quelques déambulations devant un public en adoptant quelques poses récompensées par une friandises, certaines démonstrations sont en revanche plus dommageables pour les animaux  : se hisser sur une poutre, sur un ballon, se jucher sur un vélo, se laisser approcher par le public pour une caresse… des postures entrainant du stress et des douleurs physiques.

L’aspect pédagogique de tels spectacles est de plus en plus souvent invoqué. Mais comment plaider en faveur de la protection des ours ou des loups quand on se sert de l’animal, on l’exploite pour une somme d’argent, car il s’agit aussi pour le dresseur de payer ses factures, comme tout un chacun ? Comment être crédible alors même que l’animal est tenu en captivité, même si la cage est dorée, et présenté  hors de son milieu naturel ? Qu’est-ce que retiendra le spectateur, qu’il soit enfant ou adulte, d’une rencontre avec le loup ou l’ours sur le bitume, au détour d’une place ou d’une rue ?  Absolument rien sur la biologie de l’animal ou son comportement dans la nature, et pour cause… Un ours, ça mange des baies, pas des chamallows. Ours et loups s’enfuient devant l’homme. Ils ont besoin de calme et d’ombre, pas d’une remorque, même climatisée !

La maltraitance ne se définit pas systématiquement par le fait de battre ou mal nourrir une bête sauvage captive. Elle se définit aussi par le non-respect des besoins biologiques et éthologiques de l’animal. L’ours ou le loup bénéficie au mieux d’un enclos suffisamment vaste pour ne pas dépérir, mais ne peux en aucune façon vivre sa vie d’animal sauvage en parcourant son territoire sur plusieurs kilomètres, en chassant ses proies, en vivant pleinement la saison de la reproduction…  L’animal-divertissement ne doit plus avoir cours dans notre pays et à notre époque.

Le lobbying politique au service de la cause animale

Pendant de longues années, AVES France a dénoncé les spectacles des montreurs d’ours sans obtenir de véritables avancées. Nous avons remis nos méthodes en question il y a deux ans et avons décidé de mettre en place des actions de lobbying avec le collectif Convergence Animaux Politique. Nous avons contacté les députés et avons pu les sensibiliser à notre combat contre ces spectacles d’un autre âge. Le 12 novembre 2018, Paris Animaux Zoopolis et la députée Claire O’Petit nous faisaient l’honneur de nous inviter au Colloque à l’Assemblée nationale Vers la fin des animaux sauvages dans les spectacles : pourquoi nous devons légiférer, en présence d’Allain Bougrain Dubourg. En 2019, la députée Bérengère Poletti a déposé avec d’autres députés du groupe LR une proposition de loi visant à interdire tout spectacle ayant recours à des ours ou des loups : http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/interdiction_spectacle_loupes_ours

Montreurs d’ours et de loups – mettons un terme à l’exploitation des animaux dans les spectacles.

A l’été 2018, suite à un spectacle d’ours et de loups de la compagnie Aïtawak, filmé par nos bénévoles (RAO), nous avons décidé de lancer une pétition pour demander l’interdiction de ces spectacles. Aujourd’hui, cette pétition approche des 100.000 signatures : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/montreurs-loups-mettons-terme-exploitation-animaux/44785

La société est en train de changer. La montée en puissance du veganisme, le statut d’animal sensible, la création du premier parti animaliste français… autant de signaux qui indiquent une mutation en cours. Tout comme un nombre sans cesse croissant de citoyens réclament la fin des corridas, des cirques avec animaux, des marineland et autres aquariums…, nous demandons la fin des spectacles faisant intervenir les ours et les loups, tout simplement parce qu’ils n’y ont pas leur place. Si on veut vraiment sauver un ours ou un loup de l’euthanasie, récupéré d’un zoo où ils sont en surnombre, d’un cirque qui ne veut plus utiliser d’animaux, d’un particulier inconscient qui détient un fauve au fond de son jardin ou d’un quelconque autre trafic, alors trouvons-leur une place dans un sanctuaire où ils pourront finir leurs jours décemment, finançons un centre de sauvegarde pour ces rescapés, où ils n’auront plus besoin de s’exhiber devant un public. Rendons-leur leur dignité.

D’ailleurs, Four Paws, qui gère plusieurs refuges en Europe et dans le monde, s’est engagé à nos côtés pour trouver une place en refuge à chaque ours, lorsque l’interdiction des spectacles aura été décidée par le ministère de la transition écologique et solidaire.

© Ours bruns au refuge de Zarnesti en Roumanie – AVES France

Un dresseur aux abois ?

Cette année 2019 marque un tournant dans la lutte contre les spectacles ayant recours à des animaux sauvages. Si nous espérons que le ministère de la transition écologique et solidaire y mettra un terme très prochainement, il faut reconnaître qu’il le fera sous la pression d’un public de plus en plus souvent opposé à ces animations. 67% des Français souhaitent l’interdiction de ces spectacles. La fédération des vétérinaires européens recommande « à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire l’utilisation de mammifères sauvages dans les cirques itinérants dans toute l’Europe, compte tenu de l’impossibilité absolue de répondre de façon adéquate à leurs besoins physiologiques, mentaux et sociaux ».

En début d’année 2019, nous avons obtenu de la part du Parc Nigloland l’arrêt des spectacles animaliers dans l’enceinte du parc d’attractions. Cet été, Paris Animaux Zoopolis s’est joint à AVES France pour dénoncer les spectacles d’ours dans les fêtes médiévales. Une représentation de la compagnie Arkann a été annulée à Châteaubleau. A Châteaudun, le maire a annoncé que le dresseur ne serait pas présent l’an prochaine, tout comme celui de Ferrières-en-Gâtinais.

Ces avancées ont probablement énervé le dresseur, d’où cette plainte qui nous semble absurde et abusive. En effet, dans le dossier qui nous a été présenté, des copies d’écran de commentaires extraits des réseaux sociaux Twitter et Facebook. Il est reproché à AVES France de ne pas avoir supprimé ces messages (sauf qu’il est impossible de supprimer les messages d’autres utilisateurs sur Twitter). Le travail de modération des commentaires est devenu une tâche de plus en plus lourde pour nous. Cette plainte est l’occasion de rappeler, une nouvelle fois, que nous n’obtiendrons aucune victoire par les insultes ou la violence, et c’est la raison pour laquelle nous vous demandons toujours d’écrire courtoisement aux organisateurs des fêtes médiévales, avec les arguments que nous mettons à votre disposition. Nous comprenons votre impatience et même votre agacement de ne pas voir les choses aller plus vite. Mais nous devons agir dans un cadre légal. Ce cadre n’étant pas favorable au bien-être des animaux, nous travaillons d’arrache-pied pour modifier la législation. Prochainement, soyez-en assurés, nous obtiendrons la fin de ces spectacles indignes de notre époque, mais en attendant, nous vous rappelons les règles ci-dessous. Rappelez-vous qu’un commentaire contenant une insulte ou une menace ne donne pas seulement une mauvaise image à la cause que nous défendons. Si nous ne le supprimons pas assez vite, votre commentaire peut-être utilisé par le dresseur pour nous menacer et nous affaiblir. Alors aidez-nous en suivant les règles suivantes :

 

Charte de modération pour les réseaux sociaux

L’équipe d’AVES France gère une page facebook, un compte twitter et plusieurs sites ou blogs. Les sympathisants, adhérents ou autres contributeurs sont invités à y partager des témoignages, réactions et commentaires. Cependant, et parce que la protection de la nature et des animaux est susceptible de générer des émotions fortes, nous avons souhaité la mise en place d’une charte de modération afin que les échanges restent constructifs et que nul ne puisse nous reprocher une attitude grossière ou agressive.

Ainsi, il a été décidé que tout commentaire insultant ou diffamant sera supprimé, et son auteur pourra être banni de nos pages s’il continue malgré une première suppression.

Les modérateurs/modératrices sont donc par ailleurs amenés à supprimer les commentaires illicites suivants :

  • incitations à la violence, à la discrimination ou à la haine à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, en raison de sa couleur de peau, de son origine, de sa religion, de son sexe, de sa sexualité ou de son handicap ;
  • commentaires diffamatoires ou dénigrants ;
  • atteintes à la vie privée ;
  • incitation ou représentation d’actes de cruauté envers les animaux ;
  • apologie de crimes ; négationnisme ;
  • commentaires à caractère pédophile / pornographie enfantine,
  • commentaires à caractère pornographique ;
  • etc.

Les spams, les messages hors sujet, la diffusion d’informations volontairement fausses ou biaisées, et la publicité sont également interdits sur nos réseaux sociaux.

La modération se fait a posteriori, les commentaires et contributions des internautes sur nos pages Facebook sont contrôlées et modérées après leur mise en ligne.

Démarquons-nous de nos opposants, n’utilisons pas les mêmes armes qu’eux. Fermes, déterminés mais courtois. L’équipe d’Aves France vous remercie de votre compréhension.

Christophe CORET, Président
Sylvie CARDONA, Vice-Présidente

© Photos : Ours au refuge de Zarnesti, Roumanie. C. CORET pour AVES France

 

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