36 loups morts sur 36 « autorisés » : CAP Loup demande la suspension urgente des tirs

Un jeune loup a été tué par un chasseur le 5 décembre en Savoie, ce qui porte à 28 le nombre de loups tués « légalement » depuis juillet en France. Or 8 autres loups ont été trouvés morts pendant cette période, sans que les causes soient officiellement identifiées pour le moment. Si ces loups sont morts par volonté humaine, l’arrêté ministériel prévoit qu’ils soient décomptés au même titre que les loups abattus « légalement ».

Dans l’attente du résultat des analyses, le total de loups tués depuis juillet est donc de 36 (28+8), ce qui est précisément le « plafond » autorisé par l’arrêté ministériel pour l’année en cours. CAP Loup a écrit à Ségolène Royal pour demander la suspension immédiate des autorisations de tirs, afin que la ministre ne permette pas le dépassement du nombre maximal d’abattages qu’elle a elle-même fixé.

Le courrier de CAP Loup à Ségolène Royal

Madame la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Hôtel de Roquelaure, 246 Boulevard Saint-Germain, 75007 PARIS

Crest, le 07/12/2015

Objet : demande de suspension urgente des tirs de loups

Madame la Ministre,

Votre arrêté du 15/06/15 fixe à 36 le « plafond » ou nombre maximal de loups pouvant être tués pour l’année 2015-2016 (juillet 2015 -> juin 2016). Avec le dernier abattage identifié d’un loup en date du 05/12/15 à Valmeinier (Savoie), le nombre de 36 loups dont la mort est connue depuis juillet 2015 vient d’être atteint.

En effet, depuis juillet, 28 loups ont été tués « légalement » et 8 autres cas de mortalité sont connus : un loup dont l’origine n’est pas encore précisée a été braconné en Dordogne et 7 autres loups ont été trouvés morts en France, avec des suspicions de destruction volontaire mais sans que ceci ait pu être précisé pour le moment, car les analyses sont en cours. Ces 8 cas sont les suivants :

Le loup trouvé mort le 15/08 à Hyères (Var), le loup tué le 30/10 à Saint-Léon-sur-l’Isle (Dordogne), la louve trouvée morte le 01/11 à Freney (Savoie), la louve trouvée morte le 11/11 à Modane/Saint-André (Savoie), le loup tué le 14-15/11 à Vergon (Alpes-de-Haute-Provence), le loup tué le 15/11 à Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence), le loup trouvé mort le 25/11 à Aubenasson (Drôme) et un loup tué sans date précisée dans les Bouches-du-Rhône.

Dans l’attente du résultat de ces analyses, le total connu de 36 loups morts depuis juillet doit donc être considéré comme l’atteinte du « plafond ».

En accord avec vos deux arrêtés du 30/06/15 fixant les conditions de dérogation et le nombre maximal de loups pouvant être détruits pour la période 2015-2016, les « tirs de prélèvement » et les « tirs de défense » (« renforcés » ou non) doivent donc immédiatement être suspendus pour que ce « plafond » ne puisse pas être dépassé.

En tout état de cause, les cas de mortalité par collision ne peuvent qu’être considérés comme une mortalité de cause humaine. En conséquence, si 8 loups devaient encore être abattus en plus des 28 déjà tués légalement (de façon à atteindre un total de 36 loups abattus), le nombre total de loups détruits depuis juillet 2015 serait porté à 44.

Or, selon le « modèle de prédiction pour les possibilités de dérogations » présenté par l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) lors du Groupe National loup du 20 mai 2015, la destruction de 40 loups entraînerait une baisse de la population avec une probabilité de 43%. L’élimination de 44 loups entraînerait une baisse de la population avec une probabilité supérieure à 50%.

Le suivi de l’ONCFS a déjà montré une baisse des effectifs entre 2014 et 2015. Nos engagements internationaux, notamment la Directive Habitats, n’autorisent les dérogations de destruction que dans la mesure où elles garantissent le maintien des populations dans un état de conservation favorable. Tel ne serait pas le cas si de nouveaux abattages étaient réalisés, qui entraîneraient une nouvelle baisse des effectifs.

Dans l’attente de votre annonce urgente d’une suspension des dérogations de tirs de loups en France, au nom des 35 associations réunies dans CAP loup, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Les associations de CAP Loup

Posted in CAP Loup, Grands prédateurs (ours, loup, lynx).

4 Comments

  1. Tant qu’aucune preuve n’est apportée quant au décès de ces huit loups, je ne vois vraiment pas pourquoi il serait procédé à un arrêt des prélèvements, d’autant plus que le plafond de l’année passée était loin d’être atteint.
    Vous pouvez vous attendre à une fin de non-recevoir de la part ministre.

    • Il se trouve que nous pensons tout le contraire. La population de loups est encore fragile en France, ce plafond était déjà bien trop élevé à la base. Qui plus est, ces abattages (le terme de prélèvement est peut-être plus doux à vos oreilles, mais appelons un chat, un chat !) ne sont en aucune façon une réponse au problème de la filière ovine en général et encore moins aux attaques sur les troupeaux. Enfin les actes de braconnage sont plus nombreux qu’on ne veut bien le dire, d’où cette absurdité de quota d’animaux à tuer.
      Le vrai problème c’est la légitimité de l’existence de la filière ovine. Les éleveurs crient haut et fort que le loup coûte cher au contribuable français, mais le mouton aussi ! Et il faut être lucide, ces pauvres brebis n’ont pas leur place en montagne.
      La cohabitation n’est de toute façon pas le point fort des éleveurs, je vous invite à visionner quelques vidéos éclairantes sur notre page facebook.

  2. Vos vidéos diffamatoires je les connais, je travaillais dans le 06 lors de l arrivée des loups fin des années80 vous ne pourrez occulter la réalité des réintroductions beaucoup plus longtemps.
    Le loup n’a pas sa place dans un pays aussi peuplé que la France, où tous les élevages de plein air se touchent.
    Et c »est loin d’être une espèce en voie d’extinction. La biodiversite n’à pas forcément besoin d’eux, bien des pays vivent sans et ne s’en portent pas plus mal.

    • Votre réponse repose sur des contre-vérités. Ces vidéos tournées par l’ASPAS ne sont pas diffamatoires, elles témoignent de la réalité du terrain chez les éleveurs.
      Ensuite, le loup n’a pas été réintroduit, sauf dans l’imagination délirante de certains éleveurs, élus locaux ou chasseurs, mais est revenu naturellement en France.
      Et oui, le loup a toute sa place dans notre pays, lequel est soumis à la déprise agricole, comme d’autres pays européens. La biodiversité est un concept complexe qui implique que toutes les espèces sont nécessaires, dans leurs interactions avec d’autres espèces, dans l’équilibre naturel et pour le bien de l’humanité aussi.
      Si vous n’êtes pas capable de tenir un autre discours et si vous préférez vous buter sur ces affirmations sans chercher à comprendre quelle est la place des prédateurs en général et du loup en particulier dans nos écosystèmes, je vous suggère de poster vos propos à l’emporte-pièce ailleurs que sur notre site, les prochains commentaires seront donc modérés. Nous sommes certes ouverts à la discussion mais vos réponses n’incitent pas au dialogue…

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