Le monde à vol d’oiseaux (C. Moullec)

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Vous avez déjà vu, il y a quelques semaines à peine, le vol émouvant de ces grands oiseaux qui entament leur migration ? Sur fond de ciel très bleu et très pur, ce sont d’abord leurs voix que l’on entend. Et puis en clignant des yeux, pour ne pas être ébloui par la lumière parfois si éclatante de novembre, on regarde passer cette fraternité d’oiseaux, non sans un pincement au coeur. Reviendront-ils dans nos contrées, ces fragiles voyageurs . Parfois ce sont des grues, parfois des oies cendrées.

L’auteur de ce bel ouvrage est un fou des oiseaux. C’est lui qui a réussi le pari complètement dingue des guider, avec son ULM, des oies naines de Suède afin qu’elles soient réintroduites dans leur milieu d’origine, dans des zones protégées. Je vous laisse imaginer les milles et une difficultés techniques et administratives…

Les textes sont intéressants et instructifs, on y apprend aussi bien le parcours de cet homme-oiseau que la biologie des oiseaux qu’il présente. Si le livre est truffé d’anecdotes passionnantes, c’est également un réquisitoire émouvant pour sauver la nature. Et Christian Moullec de donner des exemples de destruction d’oiseaux ou de milieux naturels qui finissent pas être néfastes pour l’homme, que ce soit à propos de la grippe aviaire ou de la destruction des vautours en Inde ou en Afrique. Ses propos sur la protection de la nature relèvent du bon sens et d’une observation attentive du monde qu’il survole. Prendre de la hauteur… n’est pas une vaine expression.

Mais évidemment, la réussite du livre, ce sont ces incroyables photos qui ne sont pas sans évoquer de nombreuses scènes du film Le peuple migrateur, auquel Moullec a participé.

Je ne saurai dire quels sont les oiseaux les plus touchants, les plus étonnants ou les plus gracieux. Tous ont une particularité qui les rendent uniques. La bernache à cou roux ouvre le bal, suivies par d’autres espèces de bernaches, mais aussi des flamants roses, des hérons, des grues et diverses espèces d’oies. Les paysages survolés invitent au respect, Venise, l’Ecosse, l’Espagne et quelques belles contrées en France comme le Cantal.

Et en feuilletant l’ouvrage, je me demande comment on peut ne pas être touché par tant de beauté, de grâce et de fragilité. Comment des gens, chasseurs, décideurs, élus ou promoteurs peuvent sans la moindre hésitation ou le plus petit remords signer l’arrêt de mort d’un oiseau en autorisant la destruction d’un milieu naturel pour un parking, une usine, un centre commercial, un lotissement ou un tableau de chasse…

Posted in Chronique littéraire.

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