Osons de Nicolas Hulot

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On se dit depuis un certains temps (on a perdu le compte pour tout dire) que rien ne va dans notre pays, dès qu’il s’agit de protéger la nature, notre environnement, notre cadre de vie. On régresse sur tous les fronts, biodiversité, agriculture, forêts, etc. et climat !
Alors Hulot s’est dit qu’il fallait mobiliser les citoyens sur cette dernière question. Il fait des propositions (et certaines sont intéressantes), énonce la sempiternelle rengaine des gestes écolos, des engagements individuels. Et là, on pourrait être tenté de dire : ok, M. Hulot, vous nous répétez tous la même chose, on les connait ces gestes.
Oui mais qui les applique sincèrement et régulièrement ?
Ma marotte, c’est de questionner et tester autour de moi, voisins, amis, collègues, vagues connaissances… et bien le constat est pas terrible. Peu nombreux sont ceux qui choisissent le vélo pour les petits parcours, qui pratiquent le co-voiturage. On me dit que la zone rurale ne se prête pas à ce type d’engagement. Admettons. Mais alors manger moins de viande, consommer local et bio ? On me dit que c’est trop cher. C’est vrai qu’à choisir entre un paquet de pâtes bio ou l’écran plat, y’a pas photo. Parce que dans ma zone rurale, même les papys ont le portable dernier cri.
Alors je suppose que tous les gens trient leurs déchets et font du compost. Ben non, ça non plus, c’est pas systématique. « Vous comprenez, je paie des impôts pour qu’on ramasse mes poubelles, je vais pas trier en plus, non ? Et puis le compost, ça pue. »
Vous croyez que je caricature ? Même pas, je travaille dans le secteur des déchets, j’en voie des vertes et des pas mûres.
Alors, inutiles les propositions de M. Hulot. Peut-être pas finalement.
Surtout que ce manifeste s’adresse aussi aux jeunes citoyens, le prix est mini, et la campagne est accompagnée d’une vidéo très rigolote, appelée Break the internet. Ce manifeste ne va peut-être pas révolutionner votre vie, mais s’il vous prenait l’envie d’écrire à votre élu local, votre député sur la question du climat, vous pourrez au moins y piocher des idées concrètes.

Néanmoins, même si chez Aves France, on aime bien Nicolas Hulot, on est aussi conscients de ses contradictions.
Je vous engage à lire aussi l’article d’hervé kempf sur Reporterre.

Posted in Chronique littéraire.

2 Comments

  1. Osons…la timidité.
    Acheter local?
    Manger moins de viande?
    OK.
    Mais les éleveurs reçoivent l’argent de nos impôts, quels que soient nos régimes alimentaires.
    Idem pour les entreprises de l’agro-alimentaire qui, en plus, s’attaquent aux salariés (précarisation, salaires, conditions de travail, retraite dérèglementation).
    Et puis le développement de l’usage du vélo, de l’agriculture biologique et la consommation de produits locaux n’empêchent pas le saccage et la pollution des océans ou la déforestation dans la zone intertropicale et la destruction de la taïga.

    Non, Mr Hulot, vous relancez-là seulement votre créneau lobbyiste,(totalement vain) qui évite la question clivante des choix politiques politiques et sociétaux.
    Faut-il encore, comme pour le Pacte Ecologique, se payer des mots des signataires du Pacte Ecologique ou des affairistes des technologies « vertes »?
    Qui s’en souvient encore?
    Depuis nous avons reculé.

    • Je ne partage pas votre point de vue. Les éleveurs cesseront de recevoir des aides le jour où les végétariens seront plus nombreux que les mangeurs de viande. Et le mouvement est en marche.
      Idem pour le vélo, du moins dans les grandes villes. Il ne faut pas lâcher prise. Alors bien sûr que ça n’arrêtera pas la pollution des océans, mais cela fera une différence. Après, comme je le dis toujours, c’est à chacun de prendre ses responsabilités car à moins de vivre sous une dictature qui oblige demain à laisser la voiture au garage, on ne peut pas forcer les gens à se déplacer en vélo. Il faut continuer à sensibiliser. Le petit manifeste de Hulot n’a pas d’autre but je crois.

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