Un abattage massif de loups ordonné à des fins politiciennes

Des milliers de chasseurs sont actuellement mobilisés pour tuer 31 loups par décision de l’État, un nombre insensé qui n’a plus rien à voir avec la protection du bétail et qui compromet le retour naturel de l’espèce. Cette politique de destruction extrêmement grave ne trompe plus personne : une espèce protégée est sacrifiée sur injonction ministérielle pour des raisons strictement politiciennes.

En quelques jours ont été pris 9 arrêtés préfectoraux ordonnant une destruction massive de loups dans le sud-est de la France, jusqu’à 5 individus par secteur, l’équivalent de meutes entières. Alors que l’espèce est « strictement protégée » sur le papier, le nombre total de loups à tuer représente une proportion supérieure à celle autorisée pour des espèces « gibier », avec en plus des moyens inégalés : tirs de nuit, techniques de repérage habituellement interdites et formation de milliers de chasseurs par les services de l’État !

Nos associations attaquent au tribunal administratif les arrêtés préfectoraux qui ne respectent pas les textes ministériels. Mais ceci devient de plus en plus difficile, car les récents arrêtés ministériels eux-mêmes permettent une véritable chasse aux loups, en infraction avec la convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore. C’est pourquoi nos associations portent plainte contre la France auprès de la Commission Européenne.

Les éleveurs sont déjà autorisés à tuer des loups près de leurs troupeaux. Préfets et ministres savent bien qu’ordonner des battues en plus de ces tirs ne solutionne rien, car la prédation continue sur les troupeaux insuffisamment protégés. Rien n’est réellement fait pour favoriser la protection du bétail : les moyens de protection sont subventionnés mais leur mise en place n’est pas vérifiée donc peu effective, la prédation est indemnisée même si le bétail n’était pas protégé, et aucune recherche n’est faite pour adapter le pastoralisme.

La cohabitation de l’élevage avec le loup n’est manifestement pas voulue par le gouvernement. Quelques jours après la visite du Premier ministre en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le déferlement d’arrêtés préfectoraux de tirs ne peut qu’émaner d’instructions ministérielles destinées à contenter les lobbies agricoles et cynégétiques en période de campagne électorale pour les régionales, dans un pathétique concours politicien avec les camps adverses qui réclament autant de tirs, aux dépens de la survie du loup en France.

Les associations de CAP Loup

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3 Comments

  1. Absolument écœurant, il n’y a aucun mot que je puisse trouver pour qualifier cette politique. Et dire que nous avons des gouvernants qui se permettent de donner des conseils, voir plus, à certains pays qui selon eux ne protègent pas leur faune (éléphants, tigres etc.)
    A quand la chasse autorisée aux politiques;
    Pour ma part j’ai une certaine ministre dans le collimateur et le viseur !
    Humour, noire certes !

  2. Une véritable catastrophe ! Une fois qu’on aura tué tous les loups, à quel animal s’attaquera-t-on ? Va-t-on rallonger la liste des « nuisibles » ? Et si on y mettait les chasseurs en première ligne ? La France a un réel problème avec les animaux et surtout les chasseurs. C’est écoeurant. Incroyable comme les arrêtés sont rapidement préparés…. Si l’on pouvait voir cette rapidité pour les autres problèmes intelligents à régler…mais là, bien sûr, le loup ne peut pas parler. Je suis dégoutée par ce gouvernement? Qu’il s’occupe de ce qui est nécessaire au pays et aux citoyens au lieu de s’attaquer à des animaux qui ne demandent qu’à vivre.

  3. Les choses sont maintenant très claires.
    Il n’y a plus que les « protecteurs » à vouloir d’une cohabitation avec le Loup et ils ne pèsent pas grand chose.
    Mais justement, c’est le moment (avant qu’il ne soit trop tard et que les protecteurs, découragés, ne se résignent et disparaissent) de s’interroger.
    D’une part, la situation a évolué peu à peu: les gouvernements, l’Etat ont aggravé leur attitude, qui, même initialement, n’était pas favorable aux grands.
    Les assos de protection ont beaucoup essayé de convaincre, puis de saisir la justice.
    Les seuls succès obtenus l’ont été devant les tribunaux, par des recours.
    Maintenant, il est indiscutable que cela ne suffira pas ou plus.
    Beaucoup des assos ont pensé que les tirs dérogatoires à la Convention de Berne n’empêcheraient pas le retour de l’espèce.
    Que tout cela n’était pas si grave et que, par pragmatisme, on pouvait bien « accepter » (c’est à dire ne pas trop s’opposer) le tir de quelques loups, prévus aux plans les moins anciens afin de :

    -sauver les autres.
    -« garder l’oreille » des autorités pour les conseiller.

    Ce faisant les assos ont cessé de s’adresser d’abord à l’opinion, et c’est pour cela qu’elles se sont affaiblies, devenant une élite restreinte d’experts bénévoles, mais dont les structures (coquilles de plus en plus vides ou de moins en moins pleines) sont subventionnées par l’Etat.

    Pendant des années, elles n’ont pas (pour ces raisons?) voulu s’opposer à la propagande des éleveurs sur leur utilité sociale et écologique: le discours sur le « nécessaire » et utile entretien des paysages contre les avalanches, les incendies et le retour du « chaos » obscur des « broussailles » et de l’ennemi n°1: la forêt d’après les friches.

    Hé voilà où nous en sommes.
    Il est nécessaire de tirer les leçons et de changer à la fois d’opinion, de stratégie et d’orientation en s’opposant radicalement à l’élevage, à toute forme d’aide, en abandonnant les vieux oripeaux qui n’ont pas empêché de tout perdre.

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