36 loups à tuer : la France en infraction et contre l’avis des Français

La ministre de l’écologie vient de publier deux arrêtés fixant les conditions de tirs et le nombre de loups pouvant être tués pour la période 2015-2016. Ces mesures entérinent une politique de destruction dictée par les lobbies agricoles et cynégétiques, au mépris de la demande des citoyens et des obligations de notre pays. Les associations de CAP Loup demandent le retrait de ces arrêtés et portent plainte contre la France.

Ces arrêtés ont été pris alors qu’ils avaient été massivement rejetés par les citoyens lors de la consultation publique, et alors que les Français sont opposés à la destruction des loups (sondage IFOP 2013). L’État obéit aux syndicats agricoles et au monde de la chasse, par des mesures contraires à toute idée de coexistence entre le loup et l’élevage.

Les loups peuvent désormais être abattus même si le bétail n’a pas été attaqué, même s’il n’est pas protégé, et jusqu’à six mois après qu’il est rentré. Les tirs sont possibles jusque dans le cœur des parcs nationaux. Les éleveurs continuent à être subventionnés et indemnisés sans contrepartie ni incitation à protéger leur troupeau.

Le nombre de loups pouvant être tués en 2015-2016 augmente de 24 à 36, alors que la population de loups est en baisse d’après le suivi officiel (ONCFS : 301 loups estimés en 2014, 282 loups en 2015). Les abattages (19 légaux en 2014-2015) ont pourtant montré leur inefficacité depuis des années puisqu’ils n’empêchent par les attaques de continuer sur les troupeaux insuffisamment protégés qui concentrent l’essentiel de la prédation.

Nous demandons depuis un an à rencontrer Ségolène Royal pour lui faire part de nos propositions en faveur d’une meilleure cohabitation entre le loup et le pastoralisme. La ministre de l’écologie refuse de recevoir les associations écologistes, tandis qu’elle reçoit les syndicats anti-loups et applique leurs doléances.

En organisant une chasse aux loups qui met en péril le retour de l’espèce au niveau national et sans chercher à favoriser la coexistence avec les activités agricoles, l’État met la France en infraction par rapport à la convention de Berne et à la Directive Habitats-Faune-Flore. Nos associations portent donc plainte contre la France auprès de la Commission européenne.

Les associations de CAP Loup

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11 Comments

  1. Cette femme est une véritable calamité et a un sens de l’ego démesuré. Voilà la preuve que la parole du citoyen n’a aucune importance pour elle. Seuls les chasseurs l’intéressent…. Peut-être faudrait-il faire une consultation publique pour savoir si on la garde ou pas, elle n’est vraiment pas à sa place, elle fait n’importe quoi, pourquoi ??????? Il faut porter plainte contre cette ministre qui n’en fait qu’à sa tête. Vite, avant que ces arrêtés soient pris. La France est en infraction dans beaucoup de domaines, surtout environnementaux et écologiques, les loups, les ours, que va-t-il nous rester ???

    • Que va t’il nous rester ? Elle !
      En effet c’est une calamité, elle a sévi à l’Education Nationale où elle est l’instigatrice de mesures comme vérifié les papiers des véhicules de transports scolaires et l’état du chauffeur !
      Il y a peu elle a affirmé que même si elle voulait quitter le gouvernement on lui demanderait de rester !
      Alors !
      Est-ce une espèce protégée ?!

      • Je me demande qui souhaiterait qu’elle reste…… ! Même les espèces protégées sont en train de disparaître, souhaitons qu’elle fasse partie du lot. Je la classerais en tête des « nuisibles » qu’elle aime tellement exterminer………. A l’environnement, il faut placer un spécialiste et non pas octroyer des postes en récompense. Que sait-elle de l’écologie ? Rien !!!!! On se demande alors pourquoi on forme des spécialistes…… On est mal partis ! Luttons quand même.

    • Je dois faire hélas le constat suivant : les consultations publiques sont un leurre et ne servent finalement à rien !
      La seule petite bonne nouvelle, c’est que Pierre Athanaze, président d’Action nature, a lui aussi porté plainte dans ce dossier auprès de la commission européenne. Espérons qu’il aura plus de chances que nous…

    • Avez-vous déjà vu un seul loup sur le terrain sinon qu’à la télé ? Je ne sais pas ce qu’il va vous rester, mais vous n’aurez bientôt plus d’éleveurs car la moitié on déjà déclaré forfait et un jour les moutons seront élevés comme les poules : en batterie !
      Belle démarche écologique un tantinet loup(ée).

        • Les bergers sont bien français et leurs moutons sont bien consommé en majorité en france.
          Par contre, effectivement, si le loup tue la profession, tous les moutons seront alors importés ou élevés en cage.
          On peut être végétarien et être sensible à la déteresse et au désespoir des éleveurs.

          • Bonjour,
            Avant de lancer de pareilles affirmations, je vous suggère de lire les rapports de Franceagrimer, sur l’agriculture française, et la filière ovine pour ce qui nous intéresse ici. En voici un 1er extrait :

            « Le recul de la production française a de multiples causes : les conditions d’accès au marché français
            des animaux et des viandes tant anglaises qu’irlandaises après l’entrée du Royaume-Uni et de l’Irlande en 1973 dans la Communauté européenne, un soutien accru à la production bovine aux dépens de la production ovine suite à la réforme de la PAC de 1992, la libéralisation des échanges internationaux
            (accord du GATT en 1994), le déficit structurel de l’organisation de la filière ovine française ».

            Et le 2ème extrait, encore plus éclairant :
            En outre, l’approvisionnement du marché français a été assuré, de façon croissante, par des importations en provenance de l’Union européenne, surtout du Royaume-Uni et d’Irlande (animaux vivants, viandes fraîches), mais aussi d’Océanie, plus particulièrement de Nouvelle-Zélande (viandes congelées et « chilled »). Ces dernières années, les disponibilités néo-zélandaises se sont fortement réduites, conséquence de conditions climatiques défavorables, de la conversion d’une partie des surfaces dédiées aux ovins à la production laitière plus rentable, ainsi que, en parallèle d’une réduction de l’offre, d’une demande asiatique soutenue ».

            Enfin, si quelques membres d’Aves France sont végétariens, dont moi-même, je vous assure que nous nous soucions aussi du bien-être des moutons. J’aurais du respect pour les éleveurs quand ceux-ci traiteront correctement leurs bêtes. En ce moment, dans mon département, des moutons se sauvent régulièrement de leurs prés faute d’eau. Je passe mon temps à alerter les mairies pour leur signaler ces cas afin que ces braves éleveurs daignent abreuver leurs bêtes qui subissent elles aussi la canicule. Et je ne parle même pas du transport vers des abattoirs éloignés.

            Que les éleveurs balaient devant leur prés avant de hurler au loup…

  2. On ne peut pas être plus claire, bravo ! J’aurais bien des choses à rajouter aussi. Il est vrai que beaucoup d’éleveurs traitent mal leurs animaux (pas uniquement les ovins….), si vous saviez ce qu’on lit sur les sites animaliers (OABA, PMAF….). Mais c’est une polémique qui n’a rien à voir avec nos loups;

  3. On ne peut se servir de quelques brebis galeuses pour discréditer une profession entière.
    Je parle d’éleveurs honnêtes et travailleurs qui aiment leur métier et leurs annimaux, les elèvent avec beaucoup de tendresse (sans jeu de mots).
    Je trouve insultant et pas très honnête que de faire l’amalgame.
    (Point final)

    • Le loup ne met pas la filière en danger, tout comme la vingtaine d’ours dans les Pyrénées n’ont jamais été une menace pour l’élevage. Au mieux, ce sont des boucs émissaires qui permettent aux éleveurs de se faire entendre, aussi bien par les éleveurs que par les politiques. Les politiques d’ailleurs saisissent bien vite l’occasion pour mettre la faute sur les prédateurs… Ça permet de ne pas trop s’intéresser aux vraies difficultés de la filière dont ils sont les principaux responsables, notamment parce que ce sont eux qui ont fait la PAC.

      Je répète toujours la même chose, mais ayant vécu dans la campagne roumaine aux contact de bergers, dans des zones fréquentées par l’ours, le loup et le lynx, je peux vous garantir que même sans moyens techniques, la cohabitation est possible. Il n’y a bien qu’en France qu’on ne peut pas protéger des brebis contre les prédateurs. Peut-être parce qu’il n’y a plus que des éleveurs et plus de bergers ? C’est comme une usine avec des patrons et pas d’ouvriers, ça ne peut pas fonctionner.

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