Wild idea de Dan O’Brien

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Ce récit est la suite des Bisons de Broken Heart.
Dan O’Brien, écrivain écolo, a fait le pari fou de réinstaller des bisons sauvages sur ses terres et de restaurer l’écosystème de la grande prairie. Ce livre est le récit de son expérience.
Avouons-le tout de suite, l’idée de participer à la sauvegarde d’une espèce animale en lui trouvant une utilité économique impliquant la mort de certains individus, me gêne considérablement.
C’est un peu le même principe qui régit la conservation des grands prédateurs. On finance la survie du guépard en permettant, de temps à autre, le tir d’un individu moyennant un tarif élevé.

Ici, le but poursuivi par Dan O’Brien est manifestement sincère, bien que tout aussi mercantile. Mais apparemment, vendre de la viande de bison bio n’est pas une affaire aussi rentable qu’il y parait.
Installé avec sa famille dans le Dakota du sud, (non loin des Black Hills et des Badlands, tout un symbole…), au Cheyenne ranch river, il tente tant bien que mal de faire prospérer sa petite entreprise, la Wild idea Buffalo, en commercialisant sa viande de bison authentique et bio.

A la fois chronique familiale, digne de l’école du Montana, mais aussi histoire passionnante d’un rancher écolo qui veut redonner vie à la grande prairie grâce, et pour, les bisons, Wild idea incarne une certaine idée de la conservation de la nature, que nous ne pouvons ignorer. Dans notre monde moderne, toute créature se doit de rapporter quelque chose.

Et pourtant, le récit de O’Brien est exemplaire et très attachant. Son amour et son respect pour la Prairie et les bisons transpirent à chaque ligne. Toute son son entreprise est bâtie autour du respect. Respect de cet écosystème fabuleux, car il faut préserver les herbes indigènes. Respect des bisons qui sont moissonnés, c’est à dire abattus au fusil par un tireur d’élite, sur place, et en présence d’un inspecteur de la Direction des Services Vétérinaires, enfin son équivalent aux USA. Respect enfin de la tradition et de l’histoire de ce pays. Associer les Sioux dans cette affaire, et faire bénir (par des chants et de la fumée de sauge) chaque abattage en dit long sur la personnalité de l’auteur. C’est en tout cas, une alternative certaine aux fermes d’engraissement et à l’élevage industriel.

A méditer.

Posted in Chronique littéraire.

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