Au nom du cerf (Philippe Moës/Gérard Jadoul)

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Un ouvrage exceptionnel, réellement. Ces deux photographes et naturalistes se sont donnés pour mission de faire découvrir le cerf, véritable roi de nos forêts (c’est le plus grand mammifère de nos contrées), à travers des photos sublimes et des textes remarquables, érudits mais plein de poésie. Un vrai coup de coeur pour ce livre !

On ne soupçonne pas la fascination qu’exerce cet animal sur bien des gens. Sur le chasseur, avide de trophée, sur le collectionneur qui recherche inlassablement des mues, sur le simple citoyen qui assiste au brame, dans des conditions parfois peu avouables (un soir de brame, dans une allée forestière, c’est un peu comparable à un samedi soir sur le périph’ parisien !!) ou encore le photographe pour qui une photo de cerf représente l’accomplissement. Fabrice Cahez, photographe lui aussi, l’évoque d’ailleurs dans sa jolie préface.

Les deux auteurs de l’ouvrage (au fait, chapeau, Messieurs !) insistent fortement sur la nécessité de prendre mille précautions pour ne jamais déranger un animal.

On y apprend aussi énormément de choses, évidemment sur la biologie du cerf, mais aussi sur sa place dans l’histoire des hommes, animal chargé de symboles. Pour autant, les biches – souvent dédaignées aussi bien dans la littérature que sur le terrain – ne sont pas oubliées.
Le cerf est intimement lié à la forêt or ils souffrent du même regard de l’homme.La forêt doit être uniformisée et formatée car elle est, hélas, le plus souvent envisagée sous un angle économique; le cerf, considéré seulement comme gibier, est lui aussi « pesé » en terme de trophée. L’animal est aussi l’ennemi du forestier, alors qu’il suffirait de laisser les prédateurs faire leur travail pour que l’équilibre soit rétabli.

Et je reviens à ces photos, parce que vraiment, elles sont magiques. Je serai incapable d’en choisir une en particulier mais je pencherai tout de même pour celles où la forêt est aussi mise à l’honneur. Et puis certaines sont réellement étonnantes comme la série appelée « danse des cerfs décoiffés ». Elles ne sont pas seulement belles, elles sont aussi originales. Alors avis aux amateurs…

Merci aux éditions du Perron pour cet envoi.

Posted in Chronique littéraire.

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