Le loup autrefois en forêt d’Orléans (Jacques Baillon)

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Ce patient travail de recherches a permis de mettre en lumière le rôle joué par le loup dans l’histoire locale et les traces qu’il a laissées dans de nombreux domaines. Il ressort des différents témoignages, récoltés au fil des siècles, que chroniqueurs et historiens dressaient un portrait à peu près identique de Canis lupus : une bête fauve qui faisait peur, qui était accusée de dévorer des enfants, de tuer les gens faibles et malades, de s’attaquer aux animaux domestiques, bref de semer terreur et zizanie. Les registres paroissiaux ressemblent à de mauvais contes pour enfants où le loup est responsable de bien des méfaits. On y trouve notamment mention d’un cousin de la bête du Gévaudan, appelé la bête d’Orléans (original, non ?), et de loups-garous.

Suivent ensuite plusieurs chapitres consacrés à la chasse au loup, aux lieutenants de louveterie, etc. On y apprend des choses édifiantes, comme « En 1882, par exemple, tuer une louve pleine rapportait 150 francs alors qu’un ouvrier gagnait deux francs par jour ! Un excellent moyen d’arrondir ses fins de mois pour une population rurale globalement pauvre ».

Les tous derniers chapitres sont consacrés aux descriptions de l’animal faites par les anciens naturalistes. Certains font preuve d’un peu plus d’objectivité en admettant que la plupart des méfaits reprochés aux loups sont des contes de bonne femme.
Résultat de ce massacre acharné, le loup disparait définitivement de la forêt d’Orléans à la toute fin du XIXème siècle.

Cette lecture permet de mieux comprendre les préjugés des gens de ces époques éloignées, leur ignorance à propos du loup, et le lourd tribut que ce dernier a payé à la bêtise humaine. A lire tout ceci, je me dis que la situation n’a que très peu changé pour le loup, une si légère amélioration… car les mentalités sont si difficiles à faire évoluer…
Un ouvrage, agrémenté de belles photos, qui contribue à mieux faire connaître le loup, et qui plaira certainement aux habitants de la région, intéressés par l’histoire locale et la nature.

Posted in Chronique littéraire.

5 Comments

    • Bonjour Jacques,
      Ce n’est pas juste histoire de faire de la pub, car il me semble important de présenter des ouvrages de ce type, dont la rigueur et la qualité peuvent faire contrepoids à ceux de Moriceau. Aux lecteurs de se faire ensuite leur opinion…
      Bon, je vais aller jeter un oeil sur vos autres titres 🙂

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