AVES France s’oppose à l’arrêté anti-renards du Préfet de l’Oise

Urgent ! La direction départementale des territoires (DDT) de l’Oise met à consultation du public pour une durée légale de 21 jours, pour la période du 17 décembre 2014 au 6 janvier 2015, un projet d’arrêté pour la destruction des renards.

Alerté par Philippe Charlier et l’association MELES, AVES France a répondu à cette consultation et vous invite à vous opposer au plus vite à ce projet qui autoriserait un lieutenant de louveterie et trois personnes de son choix à détruire au fusil ou à la carabine, avec silencieux et l’utilisation de sources lumineuses, les renards sur son territoire, entre le 7 janvier et le 30 avril 2015.

Pour éviter ce massacre, nous devons envoyer nos commentaire sur le site de la Préfecture, sur cette page : http://www.oise.equipement-agriculture.gouv.fr/projet-d-arrete-pour-la-destruction-des-renards-a2942.html et cliquer sur « Réagir à cet article ».

Si vous avez besoin d’arguments, vous pouvez vous inspirer des commentaires déjà postés, et notamment le notre (Association AVES France)  ou celui de Virigine Boyaval de l’association MELES.


 

Faux prétextes, par Association AVES France , le 25 décembre 2014 à 22h13

 

Monsieur le Préfet,

Une nouvelle fois, vous allez céder aux chasseurs et leur offrir le droit d’entretenir leur loisir morbide en le justifiant par la dérégulation que leurs prédations occasionnent. Vous ignorez l’état des populations de renards et vous vous contentez de prendre pour argent comptant les chiffres qui vous sont annoncés par les fédérations de chasse. En leur permettant de tuer ces animaux, vous ne faites que perturber l’équilibre naturel. Le but du chasseur est de supprimer les prédateurs qui entrent en concurrence avec lui, et même si cela doit avoir un impact négatif sur la nature.

Les prédateurs ne régulent pas les proies, c’est même l’inverse. Les chasseurs, par leurs lâchers, font augmenter artificiellement les ressources alimentaires. Cela a pour effet de faire augmenter le nombre de prédateurs. Ils peuvent alors justifier leur rôle et abattre ces prédateurs… un système bien huilé que vous cautionnez depuis trop longtemps.

Justifier la chasse par le dégât sur l’élevage est ridicule. Pour avoir vécu dans la campagne roumaine, dans une zone fréquentée par petits et grands prédateurs, je peux vous assurer que la mise en place de moyens de protection adaptés peut éviter toute prédation.

Quant au discours qui dit que le renard véhicule des maladies telles que l’échinococcose alvéolaire, ce n’est pas un argument recevable. De nombreux autres animaux, dont des animaux domestiques, peuvent en être atteints. Ils ne sont pas tués pour autant. D’ailleurs, rien ne prouve que les renards abattus souffrent de cette maladie.

Nous sommes au XXIème siècle, il est temps de réfléchir comme des Hommes civilisés et responsables. Arrêtons d’abattre les animaux qui nous gênent et réapprenons à vivre avec eux !

Monsieur le Préfet, profitez donc de vos vacances pour vous rendre dans une forêt primaire, une de celles que doivent détester nos chasseurs français. Dans ces forêts, aucune activité humaine. Et vous savez quoi ? La nature s’équilibre d’elle même. On est bien loin, dans ces forêts, du désastre que certains nous content. La nature n’a besoin ni de chasseur, ni de tronçonneuse. Laissons les renards vivre en paix.

Christophe CORET, Association AVES France


Destruction des renards totalement injustifiée, par BOYAVAL Virginie , le 24 décembre 2014 à 16h05

Monsieur Le Préfet,

Une fois de plus, vous vous soumettez aux seuls dires de la fédération de chasseurs et du milieu agricole, une fois de plus, les scientifiques et les naturalistes ne sont pas écoutés. Une fois de plus, ce projet d’arrêté n’est pas du tout justifié. On se permet de détruire une population animale sans en connaître les populations. Il est notifié que la population de renards n’est pas en diminution, mais connaissez-vous les chiffres ? Aussi, savez-vous que lorsqu’un renard est tué, il est aussitôt remplacé par un autre afin d’occuper le territoire vacant. Selon, des équipages de déterrage dans le 77, ils ont observé que les zones où les renards n’étaient pas détruits, les portées de jeunes étaient beaucoup moins importantes que sur les secteurs où la destruction était effective. C’est l’instinct de survie de l’espèce. Il est donc inutile de détruire cette espèce et de gaspiller de l’argent à indemniser les piégeurs (prime à la queue).
De plus, à partir de combien d’individus, considérons-nous que la population est correcte et non abondante ? Aucune étude scientifique n’a été menée sur le terrain pour justifier ces destructions. D’autant plus que le renard ne sera jamais en surpopulation car c’est une espèce qui s’autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture. Bien au contraire, son rôle est indispensable à l’équilibre de l’écosystème, en régulant les populations de campagnols et de lapins malades évitant ainsi les contaminations.
Je pense que de stipuler que le renard véhicule des maladies tels que l’échinococcose alvéolaire, est un moyen de justifier sa destruction … car dans ce cas, il faudrait éliminer tous les chats qui peuvent attraper cette maladie en ingérant des souris malades.
Concernant, les dégâts aux poulaillers, encore une excuse supplémentaire… comment expliquez-vous que je retrouve des cadavres de renards avec la queue coupée sur des zones 100% forestière ? et sur le petit gibier …. parlons-en, ils sont relâchés en très grand nombre afin de pallier à la mortalité inévitable dû notamment à l’inadaptabilité à la nature et aux maladies d’élevage (petit gibier issu d’élevage absolument incapable de survivre en nature)…
De plus selon l’ANCER : Effet sur l’autorégulation des populations prédatrices.
Des études nous démontrent que contrairement à ce qui est affirmé par certains : Les prédateurs ne régulent par les proies, mais c’est l’inverse qui se produit.
En effet, la quantité des proies agit directement sur la dynamique des populations prédatrices. Si le « garde manger  » est copieux, les portées et les couvées seront menées à terme. Dans le cas contraire une partie des jeunes mourront.

Les conséquences en sont limpides : Il nous faut convenir que dans bien des cas l’introduction de gibier d’élevage pourra modifier considérablement le comportement et la densité des populations prédatrices.
a) Ces animaux par leur différence de comportement et leur sensibilité accrue à la prédation seront des cibles privilégiées.
b) En augmentant artificiellement et de façon massive les populations proies, on augmente parallèlement les populations prédatrices. (Après cela, on déclare la guerre au renard !!!)

Aussi, il convient de prendre exemple sur les secteurs où le renard n’est plus du tout chassé (Strasbourg) et de voir qu’il n’y a aucun problème de cohabitation, de maladie et de dégâts.
Je vous demande donc, Mr le Préfet, pour une fois, de ne pas suivre la logique de renouvellement d’arrêté de destruction (le renard est détruit depuis de nombreuses années) mais de réfléchir à de nouvelles perspectives pour notre environnement et notre biodiversité et de vous ouvrir au monde des naturalistes, scientifiques, associations de protection de la nature qui font un travail de fond remarquable sur les différentes espèces animales qui peuplent notre pays.

Virginie BOYAVAL


Projet d’arrêté pour la destruction des renards, par Philippe CHARLIER , le 21 décembre 2014 à 18h03

Menaucourt, le 21 décembre 2014

Monsieur le Préfet,

Je viens de prendre connaissance de votre projet d’arrêté autorisant la destruction des renards du 7 janvier au 30 avril 2015 dans le département de l’Oise par les lieutenants de louveterie.

Je m’intéresse à titre personnel à la faune sauvage et en particulier aux carnivores de nos contrées.

Par l’arrêté ministériel du 2 août 2012 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d’animaux classées nuisibles, le Renard est classé « nuisible » sur l’ensemble du département de l’Oise.

Pour ce qui est de la lutte contre l’échinococcose alvéolaire, la régulation des populations de renards s’avère inefficace, qui relève d’une méthode très contestée scientifiquement depuis longtemps. Pour prévenir les dégâts causés aux élevages avicoles en particulier, des mesures de précaution efficaces peuvent être mises en place (cf. Prédation sur les volailles, Ministère de la Région wallonne).

Par sa présence, le Renard, comme les mustélidés et les rapaces, contribue à la régulation des populations de rongeurs (cf. Campagnols : la prédation est votre meilleure arme, efficace et durable, Techniques culturales simplifiées n° 66, janvier/février 2012), et n’a pas à être érigé en bouc émissaire de la disparition du petit gibier (cf. Des mots d’un autre âge, Plaisirs de la chasse n° 738, janvier 2014). Il suffit de rappeler qu’un renard consomme de 6 000 à 10 000 rongeurs par an pour comprendre l’intérêt qu’il représente en tant qu’auxiliaire agricole notamment.

La « régulation conséquente de l’espèce renard » ne se justifie pas.

Philippe CHARLIER

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