A propos de l'auteur

  • Christophe CORET

    Président de l’association AVES FRANCE

    Tél. de préférence au +40 744 743 091

    Tél. : +33 685 424 965

    contact@aves.asso.fr

Accueil du site / Nos articles / Billets d’humeur / Billet d’humeur : Qui veut la peau du loup en France ?

Après le débat sans fin sur la présence de l’ours dans les Pyrénées, c’est celle du loup qui est une nouvelle fois mise sur le tapis par les zournalistes du Dauphiné Libéré. Libéré de quoi me direz-vous ? Probablement libéré du loup, ce prédateur sanguinaire qui fait peur aux touristes et provoque des nuits blanches aux moutons...

"Il y a un lobby écolo à qui on a tout cédé".

Quand un zournal local titre un article sur le loup avec une telle citation, on peut toujours chercher l’objectivité, on ne la trouvera pas !

Dans son article paru dans l’édition 73A du 28/09/2008 (61438), le Dauphiné Libéré n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il reprend toutes les citations anti-loup pour en faire un nouveau tome sur un sujet déjà largement abordé.

Quand il n’y a pas d’actualité chaude ou de méfaits de Canis Lupus à dénoncer, il faut trouver un nouvel angle pour justifier d’un tel article. Mais comme ils sont super forts au Dauphiné et jamais à court d’imagination quand il s’agit d’opposer les écolos au monde de l’élevage, ils ont décidé de créer une nouvelle peur qui pourrait conduire à l’élimination du loup : la peur du patou !

Le patou est un chien qui défend les troupeaux dans les estives.

Avec la présence permanente d’un berger, c’est un atout devenu indispensable pour protéger les troupeaux des prédateurs.

« Dans les montagnes, il y a des loups, des troupeaux, et des touristes. Ça fait trois, c’est un de trop ».

« Il faut que vous réhabilitiez le monde de l’élevage, qui est passé du statut de victime à celui de coupable ». Une bonne partie des zones de montagne ne vit que du tourisme, et la tentation pourrait surgir d’écarter les patous puisque les vacanciers les craignent.

« S’il n’y a plus de patous, et plus d’éleveurs, il faudra qu’on paie pour défricher nos montagne, et bientôt qu’on paie pour que les touristes y viennent ». (les fautes d’orthographe sont d’origine)

Alors, si on remet tout ça dans l’ordre, ça donne :
- les touristes ont peur du patou
- les gens qui vivent du tourisme dénoncent la dangerosité des patous
- la pression du loup oblige les éleveurs a avoir des patous
- les éleveurs sont montrés du doigt car ils font fuir les touristes
- les éleveurs sont indispensables à l’entretien de la montagne, mais ne pourront se passer de patous que si on extermine à nouveau le loup

En résumé, le loup est la cause de tous les problèmes et tous les moyens sont bons pour s’en débarrasser. Ils sont forts ces zournalistes, non ?

L’article se termine par une citation. Notez que la dernière phrase n’est pas entre guillemets et a donc été rajoutée par les auteurs de l’article :

« j’ai promis à mes deux gamins que je leur laisserai la montagne comme mon père me l’a laissée ». En y mettant les moyens.

Une montagne comme mon père me l’a laissé signifie-t-il "sans loup" ou "sans troupeaux divaguants de 2000 têtes" ?

ça m’étonnerait que les éleveurs acceptent de revenir au temps où un berger menait son troupeau de 200 bêtes dans la montagne, pour la production de lait et de fromage, tout en entretenant correctement le paysage... Parce que dans ce cas, le loup ne serait pas un problème pour eux ! Aujourd’hui, on élève de gros troupeaux pour la viande, ce qui est moins contraignant, mais pas nécessairement bon pour le milieu naturel...

Les français seraient-ils tout simplement devenus allergiques à tout ce qui est sauvage ? Certaines associations envoient des écovolontaires garder les troupeaux bénévolement pour aider les bergers, sans que leur discours n’évolue. Peut-être sont-ils simplement opposés à tout partage du territoire...

Voir en ligne Etude du KORA sur le chien de protection (PDF)